Épisode 512

Lundi 19 mai 1969

Réconciliation

Le Dr Michael Rossi est en prison, suspecté du meurtre de Fred Russell. Toute la ville est choquée et divisée en deux camps, ceux qui croient en la culpabilité du médecin, et ceux qui croient en son innocence. Le Dr Rossi, jurant qu’il n’est pas coupable, ne cesse d’arpenter sa cellule et attend l’audience préliminaire. Marsha fait de son mieux pour révéler des informations aussi positives que possible à Steven Cord, qui travaille dur sur l’affaire Rossi. Steven a assisté à l’enquête du coroner hier soir et aujourd’hui il est persuadé que la défense à une chance.

Le palais de Justice. Michael Rossi dans sa cellule, tripote une couverture. Il est vêtu d’un costume sans cravate ni ceinture. Un employé de la prison, muni d’un badge et accompagné d’un gardien apporte le petit déjeuner au médecin : de l’avoine, un pamplemousse, du café, un muffin, de l’eau, une serviette, une assiette et des couverts. Il place le plateau sur la petite table de la cellule.


Marsha se rend au bureau de Steven. Elle porte deux colliers de perles à son cou. La secrétaire de Steven, Mlle Nolan, offre du café à Marsha pendant qu’elle attend Steven, mais Marsha décline l’offre. Elle lui demande des nouvelles de sa petite fille.

Lorsqu’il arrive, Steven la fait entrer immédiatement dans son bureau et lui demande des informations à propos des fréquentations de Fred. Il veut tout connaître de son passé pour ne rien laisser au hasard.

Elle mentionne bien évidemment la petite amie de Fred, Donna Franklin, qui est à Boston. C’est à cause d’elle que Marsha a demandé le divorce. Donna a un mari, Bob. L’avocat lui demande s’il n’a jamais menacé Fred. Pour Steven, Bob a un mobile pour venir à Peyton Place et frapper Fred. Marsha lui dit que cela fait plus d’un an que Bob est au courant de l’infidélité de sa femme : il serait venu s’expliquer avec Fred depuis longtemps s’il en avait eu l’intention.

Il lui demande également si Fred avait des ennemis sur le plan professionnel. Marsha lui réplique que Fred avait de nombreux ennemis. Il a été poursuivi à de nombreuses reprises à la suite de plaintes judiciaires, notamment par la société Slade Corporation. Elle parle aussi d’un certain Roger Barnes qui travaillait avec Fred. Il lui en a beaucoup voulu quand Fred a reçu une promotion alors que Roger travaillait depuis plus longtemps dans l’entreprise. Ils se sont même disputés devant des témoins.

De plus, Fred était un homme à femmes. Carolyn avait d’ailleurs surpris une femme chez lui à Boston.

Steven lui dit que son travail n’est pas de trouver la personne qui a frappé Fred, mais d’insinuer le doute dans l’esprit du juge. Et plus il aura de témoignages de personnes qui en voulaient à Fred, mieux cela sera. Si le juge a un doute, il ne poursuivra pas jusqu’au procès.


Au square, côté pilori, Jeff Kramer et deux autres garçons jouent à se faire des passes avec un ballon de football américain, tandis que Lew passe par là.

Jeff lui dit qu’il a parlé à Fred Russell quelques jours avant sa mort pour lui dire qu’il avait menti au sujet de leur prétendue relation. Lew lui demande quelle a été la réaction de Fred, et Jeff lui répond qu’il n’a rien voulu savoir.

Lew en veut encore à Jeff. Il lui rappelle la première fois qu’ils se sont battus. Ils devaient avoir une dizaine d’années et jouaient aux cow-boys et aux Indiens. Chacun voulait être un grand cow-boy et Jeff avait dit à Lew qu’il ne pouvait pas incarner le cow-boy parce qu’un cow-boy n’était pas un « nègre ». Ils s’étaient battus longuement après cela.

Jeff lui dit qu’il ne devrait pas lui en vouloir pour ça, il n’était qu’un gosse. Lew n’est pas convaincu :

— Tu as dit que tu avais menti à M. Russell uniquement parce que tu étais jaloux de me voir avec Carolyn. Mais quelque chose dans mon esprit me dit que ce n’est pas la seule raison.

Jeff lui répond qu’il est injuste envers lui. Lew s’en va, mais Jeff le rappelle. Lew se retourne et Jeff lui lance le ballon. Puis il lui sourit.

Lew capitule et décide de se réconcilier avec Jeff en jouant une partie.


Betty revient de Boston et se rend au magasin de motos pour parler avec Norman, qui boit un soda à l’orange. Il lui en offre un, mais elle n’en veut pas.

Elle lui dit qu’elle a enfin vendu la maison, c’est pourquoi elle est ici. Elle doit rencontrer les acheteurs tout à l’heure. Norman lui dit que c’est une bonne chose car cela lui évitera dorénavant de faire tous ces allers-retours.

Ils parlent de l’installation de Betty et de Rodney à Boston. Rodney travaille beaucoup. Norman et Rita voulaient passer le week-end dernier, mais avec ce qui s’est passé ici, ils n’ont pas pu. Betty lui dit que, de toute façon, Rodney a passé tout le samedi à la bibliothèque, ils ne l’auraient pas beaucoup vu.

La conversation, dans un premier temps plaisante, s’envenime lorsque Norman fait une remarque à Betty :

— Il préfère sans doute travailler à la bibliothèque plutôt qu’à la maison.

Betty prend la mouche, pensant que Norman fait allusion au fait que Rodney préfère travailler plutôt que de rester avec sa femme un samedi. Il lui dit d’oublier, ce n’était qu’une plaisanterie de sa part. Betty n’en est pas convaincue.

— Tu as toujours pensé que j’étais une fille ambitieuse, qui aimait l’argent et le pouvoir, et qui aurait fait n’importe quoi pour faire partie de la famille Peyton.
— Avoue que tu étais à l’aise quand tu habitais la grande maison sur la colline.

Betty ne nie pas être ambitieuse. Oui, elle s’est toujours plu au manoir Peyton, mais cela ne fait pas d’elle une femme insensible. Elle aime Rodney et l’a prouvé en renonçant à contester le testament.

Betty voudrait que Norman se batte pour obtenir l’argent de Peyton. Après tout, il est son petit-fils et il a le droit de toucher l’héritage. Elle ne veut pas que Steven remporte la bataille. Norman ne croit pas que Steven puisse obtenir un cent de l’héritage, pas plus que lui d’ailleurs. Et de toute façon, l’argent des Peyton ne l’intéresse pas.

— Alors Steven va se battre sans adversaire, dit Betty. Il gagnera par défaut.


Sur le quai, Marsha Russell se dirige vers l’ex-révérend Tom Winter. Ils montent à bord du minuscule bateau dans lequel il vit pour parler. Elle dit à Tom que Michael a besoin d’elle, maintenant. Elle ne peut pas s’occuper des obsèques de Fred.

Tom se propose d’organiser les funérailles. Marsha est soulagée d’avoir ce poids en moins. Elle lui dit que Fred n’était pas très porté sur la religion et n’accompagnait pas souvent Carolyn et elle à l’église le dimanche. Tom comprend qu’il doit faire quelque chose de très simple. Marsha lui dit qu’il est très compréhensif.

Elle lui parle un peu de Fred. Tom ne doit pas croire que c’était quelqu’un de foncièrement mauvais. Il avait de bons côtés. Elle se rend compte que sa vie a été compliquée. Il était souvent absent pour son travail, allait d’hôtel en hôtel et devait se sentir seul.

Tom promet d’organiser de belles et simples funérailles. Marsha le remercie et s’en va.

Une fois de retour à la maison, elle trouve Carolyn assise sur le canapé.

— Tu es partie tôt ce matin.
— Je n’ai pas voulu te réveiller. Je suis allée voir Tom Winter.
— Pourquoi ?
— Je lui ai demandé de s’occuper des funérailles de ton père, et il a accepté.
— Des funérailles organisées par un ancien révérend, ce n’est pas très orthodoxe.
— Si tu ne veux pas, je peux annuler.
— Non, c’est très bien comme ça. De toute façon, papa n’était pas croyant.
— J’ai réfléchi à une chose. Ta tante Kate a dit qu’elle viendrait passer quelques jours ici, mais pourquoi est-ce que ce n’est pas toi qui irais là-bas ? Tu es passée par des moments affreux et tu as besoin de changer d’air.

Carolyn refuse de s’enfuir à l’autre bout du pays. Elle veut être là pour les funérailles et elle veut être à l’audience préliminaire pour soutenir Mike. Elle le lui a promis.

Marsha est touchée par l’affection que Carolyn porte à Mike.


À l’hôpital, Lew s’apprête à entrer dans le labo au sous-sol quand il voit son père qui prend l’ascenseur. Il le retient car il veut lui parler. Harry lui dit qu’il n’a pas le temps, il a une réunion avec le staff de l’hôpital pour l’organisation des tâches en l’absence du Dr Rossi.

Lew insiste, et Harry insiste pour aller à la conférence. Lew prend l’ascenseur avec son père. Il veut lui parler de ce qui s’est passé à New York. Mais Harry se précipite dans la salle de réunion où plusieurs médecins sont déjà assis autour d’une table ovale.

La séance s’apprête à démarrer quand Lew fait irruption dans la pièce. Contraint, Harry s’excuse auprès de ses collègues et retrouve Lew dans le couloir.

Harry est en colère contre son fils. Celui-ci répète qu’il doit lui dire ce qui s’est passé. Le médecin rétorque qu’il avait tout le temps de le faire avant. Il sait qu’Alma est au courant, il aurait aimé que Lew lui parle avant.

Il l’informe qu’il a fait appel à un détective privé, qu’il avait son rapport mais qu’il ne l’a pas ouvert. Il attendait, et attendait, et attendait encore que Lew lui parle, avant de finalement jeter le rapport au feu.

Lew prévoit de tout lui raconter ce soir. Harry lui dit qu’avec le manque d’effectif à l’hôpital, il rentrera tard à la maison, et dit à Lew de ne pas prendre la peine de l’attendre.


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