
Ruby Dee, 1968-1969, Episodes 467-514
Femme de Harry et mère de Lew, elle est élégante et bien élevée. Tout le monde l’aime bien. Elle se rapproche de Marsha Russell lorsque celle-ci s’apprête à se marier à Mike Rossi. Elle se lie d’amitié avec la jeune Vickie Fletcher, une fille que Lew a connu à New York.
Ruby Dee
Nom de naissance : Ruby Ann Wallace
Nom professionnel : Ruby Dee
Naissance : 27 octobre 1922, Cleveland, Ohio, États-Unis
Décès : 11 juin 2014, New Rochelle, État de New York, États-Unis
Nationalité : américaine
Professions : actrice, écrivaine, scénariste et militante des droits civiques
Rôle dans Peyton Place : Alma Miles (1968-1969)
Ruby Dee est une actrice américaine née le 27 octobre 1922 à Cleveland, dans l’Ohio. Figure majeure du théâtre, du cinéma et de la télévision américaine, elle mena pendant plus de soixante-dix ans une carrière étroitement associée à la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains.
Née Ruby Ann Wallace, elle grandit à Harlem, à New York. Elle étudie au Hunter College, où elle obtient en 1945 un diplôme en langues romanes, tout en développant parallèlement sa passion pour le théâtre.
Elle rejoint l’American Negro Theatre, compagnie qui joue un rôle essentiel dans l’émergence de plusieurs grands acteurs afro-américains. Elle fait ses débuts à Broadway dans les années 1940 et rencontre en 1946 l’acteur et dramaturge Ossie Davis, alors qu’ils travaillent tous deux sur la pièce Jeb. Ils se marient en 1948 et auront trois enfants.
Ruby Dee et Ossie Davis forment dès lors l’un des couples les plus célèbres du théâtre et du cinéma afro-américains. Leur collaboration artistique se poursuivra pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’à la mort d’Ossie Davis en 2005.
Au cinéma, Ruby Dee obtient l’un de ses premiers rôles importants dans ** The Jackie Robinson Story ** en 1950, où elle interprète Rachel Robinson aux côtés du véritable Jackie Robinson.
Mais c’est surtout le théâtre qui lui apporte la consécration. En 1959, elle crée à Broadway le rôle de Ruth Younger dans A Raisin in the Sun (Un raisin au soleil), la célèbre pièce de Lorraine Hansberry consacrée aux aspirations d’une famille afro-américaine de Chicago.
Elle reprend le personnage dans l’adaptation cinématographique de 1961, aux côtés de Sidney Poitier. Le film devient un classique du cinéma américain et l’interprétation de Ruth Younger reste l’un des rôles emblématiques de Ruby Dee.
Elle joue également avec Ossie Davis dans Purlie Victorious, pièce écrite par son mari, puis dans son adaptation cinématographique Gone Are the Days! en 1963.
En 1968, Ruby Dee rejoint Peyton Place dans le rôle d’Alma Miles. Son véritable mari, Ossie Davis, interprète le docteur Harry Miles, tandis que Percy Rodriguez joue leur fils, Lew Miles.
L’arrivée de la famille Miles constitue une étape importante dans l’histoire de Peyton Place. Pour la première fois, une famille afro-américaine occupe une place récurrente dans les intrigues du feuilleton.
Alma Miles est l’épouse du docteur Harry Miles et la mère de Lew. Femme intelligente, digne et attentive à sa famille, elle doit composer avec les difficultés rencontrées par son fils et avec les préjugés raciaux auxquels les Miles sont confrontés dans leur nouvelle communauté.
Ruby Dee et Ossie Davis participent eux-mêmes aux discussions concernant la représentation de leurs personnages. Ils souhaitent éviter que la famille Miles soit réduite à des stéréotypes et veillent à ce que leurs réactions correspondent à l’expérience réelle d’une famille noire américaine de cette époque.
Leur présence permet ainsi à Peyton Place d’aborder plus directement la question des relations raciales aux États-Unis à la fin des années 1960.
Cette dimension fait écho à la vie personnelle de Ruby Dee. Avec Ossie Davis, elle est profondément engagée dans le mouvement américain des droits civiques.
Le couple entretient notamment des relations avec Martin Luther King Jr. et Malcolm X et participe à de nombreuses manifestations et actions en faveur de l’égalité raciale. Ruby Dee prend part à la Marche sur Washington de 1963 et s’engage pendant plusieurs décennies dans différentes causes sociales et politiques.
Après Peyton Place, sa carrière reste particulièrement riche.
Elle apparaît au cinéma dans Buck and the Preacher en 1972 et travaille régulièrement pour la télévision. En 1979, elle participe à la prestigieuse mini-série ** Roots: The Next Generations **.
À partir de la fin des années 1980, une nouvelle génération de spectateurs la découvre grâce au réalisateur Spike Lee. Elle joue notamment Mother Sister dans Do the Right Thing en 1989, aux côtés d’Ossie Davis. Elle retrouve ensuite Spike Lee pour Jungle Fever en 1991.
Ruby Dee poursuit parallèlement une carrière très active à la télévision. Son interprétation dans le téléfilm Decoration Day lui vaut un Emmy Award en 1991.
En 1998, Ruby Dee et Ossie Davis publient ensemble leurs mémoires, With Ossie and Ruby: In This Life Together, retraçant leur vie familiale, leur carrière artistique et leur engagement politique.
Le couple reçoit de nombreuses distinctions. En 1995, Ruby Dee et Ossie Davis reçoivent la National Medal of Arts. Ruby Dee reçoit également le Screen Actors Guild Life Achievement Award en 2000 et, en 2004, le couple est honoré par le Kennedy Center pour l’ensemble de sa contribution à la culture américaine.
Ossie Davis meurt en 2005 après cinquante-six années de mariage.
Ruby Dee poursuit néanmoins sa carrière. En 2007, à plus de 80 ans, elle connaît l’un de ses plus grands succès au cinéma avec ** American Gangster ** de Ridley Scott. Elle y interprète Mama Lucas, la mère du gangster Frank Lucas joué par Denzel Washington.
Cette prestation lui vaut le Screen Actors Guild Award de la meilleure actrice dans un second rôle ainsi qu’une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 2008. Cette nomination, obtenue très tardivement dans sa carrière, constitue une remarquable reconnaissance de son travail au cinéma.
Ruby Dee continue à travailler presque jusqu’à la fin de sa vie. Sa carrière s’étend ainsi sur plus de sept décennies, du théâtre afro-américain des années 1940 aux grandes productions hollywoodiennes du XXIe siècle.
Elle meurt de causes naturelles le 11 juin 2014 à son domicile de New Rochelle, dans l’État de New York, à l’âge de 91 ans.
Ruby Dee laisse derrière elle une œuvre considérable. Actrice de théâtre, de cinéma et de télévision, mais également écrivaine et militante, elle est devenue l’une des grandes figures de la culture afro-américaine du XXe siècle.
Sa participation à Peyton Place ne représente qu’une petite partie de cette immense carrière, mais elle possède une véritable importance historique. Avec Ossie Davis, Ruby Dee contribua à introduire dans le feuilleton une famille afro-américaine récurrente et à faire entrer plus directement les questions raciales dans l’univers jusque-là essentiellement blanc de Peyton Place.
Pour les amateurs de la série, Ruby Dee reste ainsi Alma Miles, épouse du docteur Harry Miles et mère de Lew, mais son parcours permet surtout de mesurer le prestige exceptionnel de l’actrice que Peyton Place accueillit dans sa distribution durant ses deux dernières années.
Son histoire dans la série originale
Automne 1968
Alma est la femme de Harry et la mère de Lew. Sa relation avec Harry est chaleureuse et solide. Elle est beaucoup moins directive que lui envers leur fils. Elle comprend qu’il doit trouver lui-même sa voie.
Mais elle perçoit également que quelque chose de grave s’est produit à New York. Lew commence à lui parler du racisme et d’une jeune femme, mais leur conversation reste inachevée.
Hiver 1969
Alma reste le contrepoids émotionnel de Harry. Elle comprend avant lui qu’une confrontation brutale ne poussera pas Lew à parler. Elle tente constamment de préserver le dialogue.
Lorsque Vickie arrive, Alma est bouleversée. Mais elle l’accueille malgré tout chez elle. Elle lui donne la chambre de Cliff. Elle l’aide lorsqu’elle souffre de nausées. Elle lui parle de grossesse. Elle lui propose d’acheter des vêtements. Progressivement, elle s’attache même à la jeune femme.
Cela ne signifie pas qu’elle approuve le mariage. Elle sait parfaitement que Lew n’aime pas Vickie. Elle envisage d’autres solutions pour le bébé, y compris l’adoption. Vickie refuse catégoriquement.
Alma vit donc une contradiction très forte : elle veut protéger son fils, mais elle ne peut pas maltraiter une jeune femme enceinte vivant sous son toit.
Elle reste plus confiante qu’Harry, notamment après l’enquête new-yorkaise apparemment infructueuse.
À la fin de l’hiver, Alma est devenue une présence rassurante pour Vickie malgré elle, ce qui pourrait compliquer encore davantage le conflit à venir.
Printemps 1969
Alma est la personne qui permet finalement à Lew de parler. Elle refuse la méthode du rapport du détective privé. Elle pense que leur fils doit choisir lui-même le moment de dire la vérité. Elle le rassure. Quoi qu’il ait fait, il restera leur fils.
Cette sécurité émotionnelle permet à Lew de raconter l’accident. Alma reçoit la vérité sans chercher immédiatement à le condamner. Mais elle lui rappelle une chose essentielle : la victime est avant tout un être humain. La couleur de peau ne change rien à cette responsabilité. Elle lui dit qu’il devra faire face aux conséquences.
En parallèle, Alma développe une relation de plus en plus forte avec Vickie. Elle reconnaît que la jeune femme a menti. Mais elle voit aussi en elle une adolescente vulnérable, enceinte et presque sans famille.
Elle lui propose de rester chez les Miles. Elle lui dit même qu’ils en sont venus à l’aimer. Vickie ne comprend pas cette générosité et cherche immédiatement « le piège ». Il n’y en a pas.
À la fin du printemps, Alma est donc le pilier émotionnel de la famille Miles : celle qui protège sans nier la responsabilité.

