Episode 147

Jeudi 25 novembre 1965

Steven enquête sur Stella

C’est lundi matin à Peyton Place. Ce samedi, un léger mouvement a été observé dans les yeux d’Allison. Une petite chose en soi, mais pour ceux qui observent et attendent au chevet d’Allison, c’est un événement, et une nouvelle raison d’espérer. 

La camionnette d’un fleuriste-livreur de chez Robinson et Gaynes arrive en face de l’entrée principale de l’hôpital de Peyton Place et se gare. Elliot se gare à côté de la camionnette. Il sort de son véhicule et marche en direction de l’entrée de l’hôpital. 


Elliot se rend à l’hôpital, s’arrête brièvement au bureau des renseignements avant de se rendre derrière le comptoir pour parler avec Betty dans la salle des dossiers. 

— Savez-vous où se trouve le Dr Rossi ? lui demande-t-il. 

Elle lui répond qu’il se trouve dans la chambre d’Allison. Il lui demande si quelque chose est arrivé. Tout ce que sait Betty, c’est que le Dr Russ Gehring est sorti de la chambre d’Allison et a bipé Rossi. 

Il se précipite dans la chambre de sa fille et découvre Michael à son chevet, occupé à inscrire des notes sur un bloc. 

Le Dr Gehring est en train d’expliquer qu’il ne s’agit pas seulement de spasmes musculaires. Allison a bougé sa main. 

Elliot note que les yeux d’Allison sont mi-ouverts. Il dit à Michael que ses yeux semblent se porter sur lui. Michael examine les yeux d’Allison avec une petite lampe torche. Il est optimiste. Un beau jour, Allison le verra et l’entendra. 


Steven se rend au bureau des renseignements pour voir Betty. Il cherche toujours des renseignements sur le passé de Stella, mais n’en trouve aucun. 

Betty lui dit qu’elle a regardé, par curiosité, le dossier personnel d’embauche de Stella, mais ne peut pas dire à Steven ce qu’il contient, car elle l’a lu trop rapidement, il contenait des noms et des dates dont elle ne se rappelle plus. 

— Les renseignements personnels de Stella. Les avez-vous déjà vus ? s’enquiert Steven. Betty, tant que le dossier personnel de Stella restera dans un tiroir, Rodney aura des problèmes.

Steven lui demande de regarder de nouveau, mais Betty refuse, cela risquerait de lui couter sa place. 

Michael arrive et lui demande son emploi du temps, qu’elle n’a pas encore eu le temps de lui donner. 


Doris et David se trouvent dans leur chambre à coucher, au manoir. Ils sont prêts à envoyer Kim à l’institut de New York. C’est Doris qui l’emmène. 

Elle résidera à New York, tandis que David restera à Peyton Place. Doris se rassure en disant qu’il pourra venir leur rendre visite le week-end. Doris soupire : 

— Tu vas me manquer. 

— Toi  aussi tu vas me manquer, répond David.


À l’appartement, Rodney invite Elliot à entrer. Elliot lui donne des nouvelles optimistes d’Allison. 

Il souhaite lui parler de l’altercation verbale qu’il a surprise entre le jeune homme et Stella sur le parking de l’hôpital. 

Rodney doit s’estimer heureux qu’il soit venu pour régler la situation et empêcher qu’elle dégénère. Rodney se justifie :

— Stella Chernak a menti. Et si elle continue à mentir, je vais être déclaré coupable, à moins que j’arrive à prouver qu’elle a menti. 

Elliot fait comprendre à Rodney que ce genre d’altercation peut le reconduire directement en prison. Avant de s’en aller, il conseille à Rodney de se tenir à l’écart. 


Gus vient voir Stella à l’hôpital. Il discute brièvement avec Russ Gehring juste avant. Stella lit un journal médical. Elle lui demande de ne pas venir ici lorsqu’elle travaille. 

Il lui demande d’aller voir John Fowler pour lui reporter l’incident avec Rodney. Elle refuse de le faire. Il lui dit qu’elle n’a pas le choix. Si elle ne veut pas le faire, c’est lui qui ira. Elle accepte donc d’aller voir Fowler. 

Gus s’en va en lui disant qu’ils se verront ce soir à la maison. Il s’arrête au bureau des renseignements et dit à Betty que si elle voit Rodney, elle doit lui dire qu’il a du souci à se faire. Cela fait réfléchir Betty sur la proposition de Steven.


Rodney descend les escaliers de son appartement et manque de heurter un gosse en roller. Il traverse la rue et s’arrête pour regarder le pilori. 

Il se retourne et voit Eli Carson se rendant à la banque. Ils font un bout de chemin ensemble. Rodney demande à Eli s’il peut travailler pour lui jusqu’à ce que démarre le procès (l’audience préliminaire a décrété le meurtre et a renvoyé Rodney aux assises). 

Il veut commencer aujourd’hui. Eli accepte volontiers. Il se rappelle à quel point Elliot était nerveux avant son procès. Eli donne les clés du magasin à Rodney. 


Rita est dans le bureau de Steven pour faire une déclaration à propos de Joe Chernak. Elle tient un microphone dans ses mains. Mais elle ne sait pas s’en servir. 

— Je suis désolée.  

— Ce n’est rien, répond l’avocat. 

Il lui prend le microphone des mains et le pose sur le bureau à côté du magnétophone, qu’il éteint.  

— Être enregistrée me rend nerveuse. Plus que nerveuse, explique la jeune fille. 

— Bien sûr, je comprends.  

— Je savais que vous vouliez me parler.  J’aimerais en terminer avec ceci. J’ai connu Joe bien avant qu’il n’aille en maison de correction. En fait, j’étais sa petite amie. J’avais presque dix-sept ans…

— Attendez une minute Rita. Ce que j’aimerais savoir, c’est tout ce dont vous pouvez vous souvenir à propos des attitudes ou des sentiments de Joe à l’égard de sa sœur Stella. 

— Oh, je pensais…

— J’apprécie votre bonne volonté à vouloir parler de votre relation avec Joe. C’est un peu ma faute. Lorsque je vous ai demandé de venir, cela me semblait clair. Maintenant, je veux tout connaître sur Joe et Stella. Apparemment, ils étaient proches avant qu’elle s’en aille. Ça a dû être difficile pour lui. Elle est partie sept ans.  

— Eh bien, je l’ai vue quelques fois avant qu’elle ne parte.

— Où ? Quand ? 

— Quand elle était au collège.

— Quel collège ?

— Je ne sais pas. 

— Ce devait être plusieurs années avant. 

— Bien sûr. Lorsque j’ai commencé à entendre parler de Joe pour la première fois, je venais juste de commencer le lycée. Il était déjà dans l’équipe de football et d’athlétisme. Je ne suis sortie avec lui que quelques années plus tard. Il avait déjà quitté l’école alors. Je pensais que c’était le garçon le plus intelligent, et le meilleur qui quittait l’école. 

— Quand a-t-il quitté l’école ? 

— Je ne sais pas.  

— Lorsque vous sortiez ensemble, vous parlait-il de Stella ?

— Je savais qu’il lui écrivait. Je pense qu’il avait reçu une lettre d’elle, une fois. Je m’en souviens parce que ça l’avait rendu dingue. 

— Vous a-t-il montré cette lettre ? 

— Non. Je trouve ça bizarre.  

— Quoi donc ? 

— Simplement de parler de Joe, de cette manière. Et ce n’est que le commencement, n’est-ce pas ? Lorsque le procès démarrera, monsieur Fowler va me poser un tas de questions personnelles. Je pense qu’on ferait mieux d’utiliser ceci.  

Elle pointe son index vers le magnétophone.  

— Ce serait préférable, Rita. Oui. 

— Allons-y.  

Rita reprend le microphone. 

— Vous pouvez m’enregistrer, si vous voulez. 

— Merci, Rita. 

Steven appuie sur le bouton d’enregistrement du magnétophone. 

— Savez-vous autre chose à propos de cette lettre ?

— Joe ne m’a jamais montré la lettre. Mais il m’en a parlé, en quelque sorte. Il détestait tout ce qu’elle avait écrit. Il lui a répondu, mais sa lettre lui est revenue, je suppose qu’elle avait déménagé. En tout cas, ça l’avait rendu malade. Il faisait peur à voir quand il était dans cet état. En fait, je ne me rappelle plus l’avoir entendu prononcer le nom de sa sœur après cela. J’étais vraiment dupe. Un soir, il est venu chez moi pour me montrer la superbe voiture qu’il venait d’acheter. Je pensais : « il m’aime vraiment. Il est venu partager ce moment de bonheur avec moi ». Puis il m’a appris qu’il avait volé la voiture, et qu’il allait quitter la ville pour de bon. Il est parti en Californie pour voir Stella. Mais il n’a pas été bien loin. La police l’a cueilli au barrage autoroutier.  

— Et lorsqu’il est revenu de la maison de correction, il a découvert qu’il vous avait perdu au profit de Norman… Joe devait être choqué et en colère lorsqu’il a rencontré Rodney sur le quai. Ce sera dur à prouver… Que s’est-il passé pour vous, Rita ? Ce qui arrive à des gosses solitaires. Chercher quelque chose dans le mauvais chemin, avec la mauvaise personne. 

La secrétaire de Steven l’appelle à l’interphone. 

— Je vous ai dit que je ne voulais pas être dérangé… Oui ? Non. Une minute. Je vais prendre l’appel. 

Il appuie sur un bouton pour prendre la ligne. 

— Steven ?

L’avocat reconnaît la voix. 

— Qu’y a-t-il, Betty ?

— Je voulais juste vous parler de… ce que vous savez.

— Un instant… (il se tourne vers Rita). Merci, Rita. Ce sera tout. 

Rita se lève et quitte le bureau. Steven reprend le combiné. 

— Oui, Betty ? 

— J’ai repensé à ça. C’est important, n’est-ce pas ? 

— Oui. Oui, c’est très important. 

— Eh bien, dans ce cas, je vais vous aider. 

Steven a un regard pensif, puis raccroche. 


À l’hôpital, une voix dans le micro annonce : « Dr Morton aux urgences… Dr Morton aux urgences ». 

Une infirmière rejoint Betty au bureau des renseignements. 

— Tu viens déjeuner Betty ?

— Non merci, je surveille ma ligne. 

— Dis plutôt que tu évites la nourriture de la cafétéria, plaisante sa collègue. 

Mademoiselle Choate arrive et s’adresse à l’infirmière. 

— N’oubliez pas, les vacances du Dr Clayton commencent demain. Le Dr Sloan prendra ses appels. 

— J’en prends bonne note, mademoiselle Choate. 

— Très bien, mademoiselle Dalton. Je pars déjeuner, maintenant. 

Une fois restée seule, Betty se rend dans le bureau de Mlle Choate et vole le dossier de Stella. 


Episode 146

Mardi 23 novembre 1965

La confession de Marian

Marian Fowler rentre à la maison. Elle s’est forcée à se poser des questions. Et elle a trouvé de vagues, mais effrayantes réponses. Des réponses qui l’ont conduite à la conclusion qu’elle a passé sa vie entière à tout éviter. Mais la maison n’est pas aussi vide ou sécurisante qu’elle l’avait espéré. 

Marian conduit jusqu’à la maison. 


Dans le salon, John salue Marian, qui entre dans la pièce. 

— Te voilà ! dit John en souriant. 

— Tu es rentré tôt, s’étonne Marian. Quelque chose est arrivé ?

— Eh bien, la même chose qui arrive aux navigateurs depuis la nuit des temps. La météo. 

John tente d’embrasser Marian, mais elle esquive son baiser. 

— C’est bon d’être à la maison, dit-il. Veux-tu un verre ?

— Oui, s’il te plaît. 

John prépare la boisson pour sa femme. 

— Des rafales, des vagues de quinze pieds. Je n’avais aucune chance de lire plus de trois mots sans être extirpé de mon siège. Alors j’ai pensé que la meilleure des choses à faire était de revenir à la maison et m’asseoir tranquillement pour lire sans être propulsé à travers la pièce à chaque meurtre juteux. (Il tend le verre à Marian.) Et toi, Marian ? Qu’as-tu fait pendant mon absence ?  

— Moi ? Rien. 

— Et ton coup de froid ?

— Réglé en un coup d’éternuement. 

— As-tu pris quelque chose pour ça ?

— Oui. Pour être franche, je reviens juste du drugstore. 

— Je te trouve toujours pâle. Peut-être serait-il bon pour toi de t’étendre un moment. 

— Non, je sens… John, qu’es-tu en train de faire  ?

— Je pensais qu’on était en train de parler de ta santé. 

— Non, tu parlais de mon mensonge. Je n’ai pas de grippe et nous le savons tous les deux. Nous parlons dans le vide et tout ceci n’aboutit à rien. 

— Y a-t-il un endroit en particulier où tu aimerais aller, Marian ? 

— Ne sois pas si condescendant. Ta femme te ment et tu réagis comme si cela arrivait tous les jours. La météo était au beau fixe aujourd’hui. 

— D’accord, la météo était au beau fixe. Calme-toi, Marian. 

— Je reste calme depuis le jour de ma naissance… Te souviens-tu de la nuit où ton cousin Nolan nous a présentés ?

— Quel est le rapport ?

— Cette nuit a résumé toute notre vie. Je n’avais pas réalisé cela jusqu’à ce soir. J’avais le sentiment de te connaître depuis toujours. Tout ce que tu disais ou faisais m’était tellement familier. 

— Est-ce si mauvais, deux personnes qui se connaissent complètement ? 

— Oui, parce que cela empêche les délices des surprises. Je ne te jette pas la pierre. C’est ce que je voulais. Ou plutôt ce que je pensais vouloir. Jusqu’à…

— Jusqu’à quoi ? interroge John. 

— Travailler à l’hôpital a signifié beaucoup pour moi. Les enfants… ils sont si vivants. 

— Nous pouvons avoir des enfants. Il n’y a rien qui cloche chez toi. 

— Ils sont vivants, et ils me sentent être vivante. 

John fronce les sourcils. 

—  De quoi parles-tu ?

— John, je dois te dire ce qui est arrivé. Je dois te le dire, mais j’ai si peur. 

— Peur de quoi ?

— Peur de te blesser. 

— Marian…

— Il y a eu cet homme. Ne me demande pas de t’expliquer. Il était si différent. Je suis allée vers lui. 

John fixe Marian du regard. Il comprend ce que sa femme est en train de lui dire. 

— VA-T’EN ! hurle-t-il. Maintenant ! Va à Boston. Reste avec ta sœur. Plus tard, nous pourrons parler du divorce. Calmement et comme des gens civilisés. Quand je serai de retour, je ne veux plus te voir ici. 

John attrape son manteau pour partir. 

— John… laisse-moi t’expliquer…

John la gifle violemment avec sa main droite. Puis il s’en va. 


Elliot se trouve au poste de police, essayant d’obtenir des informations sur le délit de fuite. Le sergent de police lui montre le rapport de l’accident. 

Fowler arrive précipitamment et l’officier lui parle du rapport d’Al Pearson sur le pare-chocs de la voiture de Marian. 

Fowler demande à Elliot de le suivre dans son bureau. Il est furieux contre l’officier. Elliot ne l’a jamais vu aussi survolté.


Chez les Anderson, Julie entre dans le salon tandis que Betty descend les escaliers. Julie lui demande où Steven l’emmène ce soir. Betty hausse les épaules : 

— À l’auberge, probablement.  

Puis elle parle à sa mère de Rodney. Elle mentionne le fait que Julie doit rendre visite à George demain. Julie lui demande pourquoi. 

On sonne à la porte. Betty lui dit par-dessus l’épaule : 

— Parce que c’est son anniversaire. 

Julie ouvre la porte et trouve Leslie Harrington face à elle. Elle l’invite à entrer. 

Betty, peu ravie de le voir, remonte à l’étage. Julie soupire : 

— Que viens-tu faire ici ? 

Il lui répond qu’il pensait l’inviter à dîner. Le téléphone sonne et fait diversion. C’est David Schuster. Il lui parle de son projet d’automatiser la fabrique, de Howard Cable, Bates et Davis, des spécialistes de l’automatisation à Chicago. Ils doivent venir demain et il lui demande de se mettre à son avantage et de les traiter comme des rois. Elle raccroche. 

Julie offre un verre à Leslie et accepte son invitation. 


Constance se trouve dans la chambre d’Allison lorsque Michael entre et se joint à elles. 

Il lui demande de rentrer chez elle et de se reposer. Mais elle ne veut pas partir. 

Michael décèle un mouvement dans les yeux d’Allison. Cela prendra du temps, mais le premier pas a été franchi. Il y a de l’espoir. Une lueur d’espoir réapparaît dans les yeux de Constance. 


Fowler retourne chez lui. Il s’assoit dans la pénombre de son salon. Dans la chambre, il voit que les affaires de sa femme ne sont plus là. Marian est partie.


Betty et Steven se rendent au bureau de ce dernier. C’est la première fois que Betty voit son bureau. Elle demande si elle doit attendre à l’extérieur. 

— Vous faites comme vous voulez, lui dit-il en souriant. 

Betty lui parle de Ted Dowell et du fait qu’il a démissionné. Elle se demande pourquoi. Steven lui répond qu’il ne pouvait pas défendre Rodney parce qu’il n’est pas un avocat d’assises. 

Betty pense plutôt que c’est parce qu’il n’a pas d’ambition… contrairement à Steven. Il se vexe. Betty s’apprête à partir, mais il la retient et ils s’embrassent. 


Episode 145

Jeudi 25 novembre 1965

Rodney affronte Stella

Stella Chernak et Rodney Harrington sont tous les deux nés et ont tous les deux grandi à Peyton Place. Maintenant, leurs vies se croisent. Et l’un est la destinée de l’autre.

L’hôpital de Peyton Place. L’entrée principale. Le parking de l’hôpital réservé au personnel.


Rodney se trouve avec Stella au parking, près de la porte d’entrée de l’hôpital. Il accuse la jeune femme d’avoir menti au tribunal. 

— Je vous signale que j’ai posé ma main sur une bible et que par conséquent, j’ai dit la vérité, souffle-t-elle. 

— Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme vous. 

— Pourquoi n’essayez-vous pas de me jeter quelque chose à la tête ? N’importe quoi. Une pierre, un morceau de bois… un crochet de pêcheur. 

Ils se disputent à propos de son fameux témoignage. Elliot se joint à eux. Il calme les deux jeunes gens et demande à Rodney s’il est ici pour voir Allison. Rodney dit non et s’en va.  


Chez les Fowler, Marian commence à appeler son mari via l’opérateur de la marine, puis abandonne. 

À la place, elle appelle le bureau 162 de l’hôpital de Peyton Place. Elle demande à Russ Gehring de le rejoindre au terrain de jeu dans une demi-heure. 


Dans son bureau, Steven Cord écoute la cassette d’enregistrement de la déposition de Stella à la police. Steven ajoute une étiquette à l’enregistrement. 

Leslie se montre : 

— Votre secrétaire n’était pas là, dit-il pour s’excuser d’entrer sans permission. 

Steven lui fait savoir qu’elle ne travaille jamais le samedi, comme la plupart des habitants de Peyton Place. 

Leslie demande à Steven s’il connaît un bon avocat en droit pénal capable de reprendre l’affaire de Rodney. Steven admet que Ashley est le plus célèbre, mais Foster fera sans doute mieux l’affaire. 

— Que pensez-vous de Farrow ? demande Leslie. 

Steven dit à Leslie qu’il souhaite prendre sérieusement l’affaire en main. Jusqu’à présent, il était assistant, mais il pense qu’il peut arriver à disculper Rodney. 

La première chose que ferait un nouvel avocat serait une demande d’ajournement du procès afin d’étudier l’affaire. 

Mais cette affaire, Steven la connaît de A à Z. 

Rodney arrive et raconte son altercation verbale avec Stella. 

— Quelqu’un vous a vu ensemble ? s’inquiète Steven. 

Rodney admet qu’Elliot Carson était présent. Leslie et Steven s’accordent à dire que Rodney a pris un risque qui peut lui coûter cher. 

Steven est convaincant dans son rôle d’avocat. Leslie retourne la liste des profils d’avocats à Steven. Il n’en a plus besoin, il décide de faire de Steven l’avocat de Rodney. Steven le remercie.


Elliot va voir Allison qui est toujours dans le coma. Il s’assoit et poursuit la lecture à sa fille. Il s’arrête soudain, pensant que cela ne fait pas réagir le cerveau de sa fille. 

Cependant, le bras droit d’Allison se met à bouger doucement, mais Elliot ne le remarque pas, car il a déjà quitté la chambre.


Marian Fowler et Russ Gehring se rencontrent sur le terrain de jeu de Peyton Place. 

Il lui conseille de dire à John que c’est elle qui a heurté Allison. Marian est-elle prête à un tel aveu ?  


Steven va voir Elliot pour essayer d’avoir des indices sur le passé de Stella Chernak dans les archives du Clarion. 

Eli arrive avec un grand sourire aux lèvres. Il est heureux, car il vient d’apprendre qu’il va être de nouveau grand-père. 

Eli et Elliot plaisantent sur le fait que dans la famille Carson, il a y a eu des cas de triplés. Eli s’en va, car il doit aller acheter des fleurs à la future maman. 

Steven est plongé dans les archives du journal. Il trouve quelque chose susceptible de l’intéresser : un article sous-entendant que Stella aurait pu tricher au cours d’une compétition.

Steven parle ensuite à Elliot de l’altercation entre Rodney et Stella dont il a été témoin. S’il a confiance en Elliot pour qu’il n’en parle pas aux autorités, Steven se demande si Stella va porter plainte pour harcèlement, ce qui serait catastrophique pour Rodney. 


Episode 144

Jeudi 18 novembre 1965

La démission de Theodore Dowell

L’hôpital de Peyton Place est une nouvelle arène dans l’affaire de Rodney Harrington. Aujourd’hui, Rodney est déterminé à affronter Stella Chernak, employée dans cet hôpital, qui a témoigné sous serment qu’il a menacé la vie de son défunt frère, Joe. 

Rodney se gare en voiture non loin de l’hôpital et note la présence de la voiture de Joe. Déterminé, il se dirige vers l’entrée de l’hôpital. 


Rodney se dirige vers le bureau des informations et demande à mademoiselle Choate si Stella est dans son bureau. 

La chef des infirmières lui répond que oui et lui demande si elle doit prévenir Stella de sa présence. 

— Ce ne sera pas nécessaire, prévient Rodney. 

Non loin de là, le Dr Morton est bipé pour une urgence. 

Rodney jette un œil dans le bureau de Rossi et demande au médecin des nouvelles d’Allison. Toujours aucun changement. 

Puis Rodney fixe Stella des yeux, avant de fermer la porte pour aller voir Allison. 

Michael dit à Stella qu’elle va devoir affronter Rodney après qu’il aura vu Allison. Puis il laisse Stella seule au bureau. 

Rodney aperçoit Betty qui lui demande s’il va bien. Ensuite, elle est bipée pour se rendre en radiologie. 

Rodney retourne dans le bureau de Michael pour rencontrer Stella, mais elle n’est pas là. Elle a dit à une infirmière qu’elle passerait tout l’après-midi au laboratoire avec le Dr Randall. 


Theodore Dowell demande à Leslie la permission d’abandonner l’affaire. Leslie sait que cette décision vient de Peyton. 

Il lui parle du temps où Martin Peyton lui fermait la porte de son bureau. Dowell lui rappelle qu’à cette époque, il était un jeune avocat inexpérimenté. 

Steven rencontre Dowell au restaurant du Colonial. Dowell demande à Steven de ne surtout pas perdre sa fougue. Puis il s’en va, les épaules basses. 

Steven rencontre ensuite Michael et voudrait connaître le sujet de la conversation qu’il a eu avec Betty l’autre soir. Puis il parle de Stella Chernak, convaincue qu’elle a menti à l’audience. 

— De quel côté êtes-vous ? demande Steven à Michael en s’apercevant que le médecin défend Stella. 

Michael lui rétorque qu’il ne sait pas ce que Rodney a vraiment dit à Stella le jour de la mort de Joe. 

La serveuse leur amène les plats. Selon Michael, Stella est digne de foi, sinon il ne l’aurait pas engagée comme assistante dans son nouveau centre de recherches. Steven sent Michael mal à l’aise par ses questions. 

Michael remercie Steven pour le hamburger et prend congé de lui. Avant qu’il ne parte, Steven lui dit qu’il essaie de sauver la vie d’un homme et demande au médecin de laisser le bénéfice du doute à Rodney. 


Rodney est assis sur les marches de l’hôpital lorsque Rita vient à sa rencontre. Elle lui demande une faveur. Rodney fait quelques pas avec elle jusqu’à sa voiture. 

Rita est vraiment désolée de la tournure que prennent les choses. Ils aperçoivent la voiture de Joe. Selon Rodney, Stella conduit la voiture de son frère uniquement pour que les gens se souviennent de lui. 

Rita lui demande si elle a dit ou fait quelque chose qui aurait pu le bouleverser le jour de la mort de Joe. 

Rodney lui dit que Stella a menti à l’audience. Rita lui sourit faiblement en lui disant que tout le monde croira la version des faits de Rodney, et non à celle de Stella. Rodney retourne vers l’hôpital, laissant Rita près de sa voiture. 


Constance et Eli passent la réception et se rendent dans la chambre d’Allison, décorée par de nombreux bouquets de fleurs. 

Eli dit soudain qu’il vient de voir Allison bouger. Mais c’est l’infirmière qui l’a bougée. Allison est bel et bien toujours dans le coma. 

Constance informe Eli qu’elle attend un enfant. Eli est ravi d’être une nouvelle fois grand-père. 

— C’est tout simplement merveilleux, ajoute-t-il à sa bru. 

Constance lui fait savoir qu’Elliot est également ravi. 

Ils sortent de la pièce et discutent avec Rodney. Stella sort du labo et parle avec une infirmière. 

Eli dit à Rodney que l’attente est dure. Puis il lui propose un petit job au magasin. Rodney observe Stella qui parle toujours à une infirmière, puis qui s’en va. Il laisse Eli et Constance en leur précisant qu’il revient. 

Plus tard, Stella sort de l’hôpital, suivi par Rodney. Le jeune homme se précipite vers elle et bloque l’entrée de sa voiture. Elliot arrive au même moment pour calmer le jeu. 


Episode 143

Mardi 16 novembre 1965

L’ultimatum de Peyton

À Peyton Place, le samedi est souvent un jour relaxant, où l’on se promène à la maison avec de vieux habits dans lesquels on se sent bien. Mais ce samedi est particulier pour Steven Cord, qui doit porter un costume. 

Le jardin de Theodore Dowell.


Steven regarde le jardin de Dowell et s’en émerveille. Steven revient de Boston. Il a besoin de faire une enquête sur Stella Chernak. Il a le sentiment que c’est la seule façon de s’en sortir dans ce procès. 


Elliot Carson entre dans la salle d’attente de l’hôpital, passe le bureau des informations et frappe à la porte du bureau du Dr Rossi. Il entre et demande à Stella quand Michael reviendra. 

Stella lui parle de la nécrologie de Joe publié dans le Clarion. Michael entre dans le bureau et Elliot lui fait savoir qu’il a décidé de faire la lecture à Allison dans l’espoir qu’elle réagisse. 

Michael lui sourit faiblement : 

— Les miracles arrivent parfois. 

Elliot se rend dans la chambre d’Allison. Il porte un livre dans sa main. Il s’assoit et commence à lire, l’espoir en lui. 

Gehring entre à son tour et dit à Elliot qu’il a lu sa lettre ouverte dans le Clarion. Russ lui raconte l’histoire d’un garçon qui a été victime de la même chose qu’Allison. Il avait quatorze ans et il est tombé dans le coma. Mais il a fini par se réveiller.


Norman se trouve à la librairie avec Constance lorsque John Fowler entre dans le magasin. Constance a trouvé le livre qu’il cherchait la dernière fois. 

Rita arrive pour chercher Norman. Fowler la salue. Rita est mal à l’aise devant le procureur.


À l’auberge, Leslie accepte un appel de Boston. Peyton lui dit qu’il veut que Dowell abandonne l’affaire. 

Peyton lui fait savoir que contrairement à l’opinion populaire, un homme compétent n’est pas si difficile à trouver. Leslie grimace : 

— Je ne travaille pas pour vous et je ne vous dois rien. Je vous ferais savoir ce que j’ai décidé. 


Rodney entre dans son appartement pour y trouver Dowell. Ce dernier lui dit qu’ils doivent prendre une décision. Dowell ne veut plus s’occuper du cas de Rodney et voudrait que le jeune homme accepte sa démission. 

L’avocat lui fait savoir qu’il n’est pas compétent pour ce genre d’affaires. C’est avant tout un avocat en droit civil, et non pénal. 

Rodney a besoin d’un avocat compétent en la matière, et coriace aussi. Norman entre dans l’appartement, tandis que Dowell s’en va. 


Steven se rend à la taverne pour parler avec Ada. Les affaires marchent bien pour elle, il y a du monde. Elle sert à l’avocat un bourbon. Steven lui pose des questions sur Stella. Ada le toise du regard : 

— Si vous voulez savoir quoi que ce soit sur Stella, j’apprécierais que vous le lui demandiez à elle plutôt qu’à moi. 

Steven lui rappelle que Joe est mort à quelques pas de sa porte. Elle lui rétorque que ce n’est pas plus près que la porte du restaurant « Le repère des homards ». 

Ada lui dit cependant que Stella a travaillé à White River, aux emballages Jackson. Steven lui demande si Stella a mentionné Rodney la nuit où Joe est mort. Ensuite, il informe Ada qu’il a besoin de parler à Rita. Il le faut, et le plus vite possible. 

Il sort de la taverne et, sur le quai, il rencontre John Fowler qui s’apprête à partir naviguer en mer. 

Steven se rappelle que John est un bon marin puisqu’il a gagné la Coupe Walton lors d’une course l’année dernière. 

Steven pense que Marian doit être une bonne « second » pour ainsi dire. John lève l’ancre et souhaite une bonne journée à Steven. 

Ce dernier met un ruban adhésif autour du crochet de gaffe que Joe a balancé à Rodney le soir du drame. Il l’observe en réfléchissant. 


Episode 142

Lundi 15 novembre 1965

Les Harrington unis

Peyton Place porte un nom orgueilleux. Cette petite ville de la Nouvelle-Angleterre n’a plus eu de résident nommé Peyton depuis de nombreuses années. La seule personne qui possède encore ce nom réside à Boston, à deux heures de la petite ville. Aujourd’hui, Martin Peyton a convoqué l’avocat Steven Cord, le défenseur de son petit fils Rodney Harrington. 

Le square. Le tribunal. Le drugstore. Boston.


Hannah Cord introduit Steven dans l’appartement. Peyton réprimande Steven pour sa performance à la cour. Il lit les minutes du procès devant lui et lui dit qu’il a été trop théâtral dans sa façon de diriger ses débats.

Ils se disputent. Peyton pense connaître toutes les subtilités du métier, mais c’est Steven l’avocat, et il sait ce qu’il fait. 

Martin doute que Steven ait fait au mieux son travail. Après tout, il a toujours jalousé la famille Harrington. Enfant, il détestait Rodney qui avait droit à tout et lui n’avait droit à rien. 

Steven lui dit qu’il connaît son métier et qu’il a fait au mieux pour Rodney. De plus, il est persuadé de l’innocence du jeune Harrington. C’est le témoignage de Stella Chernak qui a pesé dans la décision du juge. 

Martin peste : 

— Je veux détruire Stella Chernak. 

Une fois Steven parti, Peyton se déplace avec son fauteuil roulant jusque devant le portrait de sa fille Catherine et le regarde fixement. 

Hannah entre à ce même moment, puis s’en va aussitôt, laissant le vieil homme à ses souvenirs.


Rodney arrive à la réception de l’hôpital, portant un grand bouquet de fleurs, et demande à Betty s’il peut aller déposer le bouquet dans la chambre d’Allison. 

Rodney se rend dans la chambre et il est bientôt rejoint par Russ Gehring. 

— Je reviendrai plus tard, assure Russ. 

Rodney se tourne vers le thérapeute. 

— Oh non, j’allais partir.

Russ explique à Rodney que se retrouver dans le coma équivaut à être KO. Il veut en savoir plus sur Allison. 

Rodney lui suggère de lire le poème qu’elle a écrit et qui a été publié dans le Clarion. 


Norman rentre à la maison pour trouver son père occupé à faire du rangement. Leslie lui dit qu’il n’a pas trouvé la moutarde forte. 

Norman demande à son père de s’installer à la table pendant qu’il prépare des spaghettis. 

Rodney arrive à son tour. 

— Je reviens de l’hôpital. Il n’y a aucun changement. 

Leslie pose une main sur l’épaule de Rodney. 

— Il faut être patient. 

Tout en préparant à manger, Norman demande à son frère où Steven l’a emmené. 

— Sur le quai, répond Rodney. 

Il lui explique qu’il voulait reconstituer la scène. 

Leslie dit à Norman de laisser tomber les spaghettis. Ils les invitent tous les deux à dîner au Colonial. Après tout, ils n’ont pas à se cacher. 


Pendant ce temps à l’auberge, Betty et Steven arrivent, suivis bientôt par Michael. Frances, l’hôtesse qui place les clients aux tables est au téléphone. 

En attendant, Betty discute avec Michael. Elle aimerait savoir pourquoi Stella a fait une telle déclaration à la cour. Michael reste perplexe.


Au Clarion, Eli aide Elliot à boucler la prochaine édition. Jerry demande à sortir pour un moment. 

Le père et son fils parlent de l’audience de Rodney. 

— Écoute, Stella Chernak a fait ce témoignage sous serment, papa. 

— Quelquefois, les gens se souviennent des choses comme elles auraient aimé qu’elles sont.

Eli revient à nouveau sur le procès d’Elliot pour le meurtre d’Elizabeth et sur son témoignage. Il se sent un peu responsable, car il aurait pu faire en sorte qu’Elliot soit déclaré innocent. 

Elliot le rassure en lui disant que c’est principalement le témoignage de Paul Hanley qui l’a envoyé en prison. 

Elliot rentre chez lui. Dans la cuisine, Constance lui apprend qu’elle attend un bébé. Elliot est fou de joie et l’embrasse fougueusement. Il a plein de projets prometteurs pour l’enfant. 


Episode 141

Jeudi 11 novembre 1965

Une bonne nouvelle 

Stella Chernak vient de témoigner, lors de l’audience préliminaire, que Rodney Harrington a menacé la vie de son défunt frère, Joe. Son témoignage terminé, elle retourne travailler à l’hôpital de Peyton Place. 

Un homme sort de l’hôpital par la porte principale au moment où Betty entre. Elle se dirige vers la réception et rencontre Stella Chernak qui vient à son tour d’entrer.


À la réception, Betty dit à Stella que son témoignage n’était qu’une représentation de sa part et qu’elle aurait dû être actrice. Stella ne répond pas. 

Elle se rend dans le bureau du Dr Rossi, qui est désormais le sien aussi. Michael pensait qu’elle prendrait sa journée. 

Il ne la comprend pas. Il rappelle à Stella qu’il était présent au moment où Rodney est sorti de chez les Chernak. Il n’a pas eu le sentiment que Rodney était hors de lui. 

— Vous tombez dans le stéréotype, lui dit Stella. 

— On croirait entendre votre père. Est-ce lui qui vous a murmuré ces paroles à l’oreille ?

Il pense que c’est son père qui lui a inculqué sa haine envers les Harrington. Stella ne veut pas causer d’ennuis à Michael et se propose de démissionner. 

Michael lui répond froidement qu’il n’a pas le temps de passer des entretiens pour trouver un autre assistant. Ceci pour lui faire comprendre qu’elle n’a pas à démissionner. 


Constance se gare devant la librairie. Leslie lui ouvre la porte et se propose de lui porter ses affaires. 

À l’intérieur de la librairie, il enlève son chapeau et demande des nouvelles d’Allison. Constance a décidé d’ouvrir la librairie quelques heures par jour. 

Norman entre à son tour avec un carton rempli de livres. Il demande à Constance si elle veut qu’il l’ouvre à sa place. Leslie pense que c’est une bonne idée. 

Constance observe Norman : 

— Tu as l’air soucieux.

Norman lui dit que son frère est inculpé. Constance le savait, car elle avait entendu Betty en parler au Dr Rossi. 

Leslie et Norman s’en vont. Le téléphone sonne. C’est le Dr Morton qui lui donne le résultat de ses tests. Constance apprend qu’elle est enceinte. Elle est heureuse de la nouvelle.


Pendant ce temps au tribunal. Jim Fogarty, du Hastings Sun, fait quelques pas en compagnie d’Elliot. 

Jim compare le témoignage de Stella à celui de Paul Hanley, le petit garçon de dix ans qui a incriminé Elliot dix-huit  ans plus tôt. 

Elliot se demande pourquoi ils n’ont pas permis à Rodney de témoigner. Elliot est persuadé qu’il est innocent. Rien ne prouve que ce garçon soit un meurtrier. 

Marian arrive et John la présente à Jim et Elliot. Marian se retrouve face au père d’Allison et en éprouve une certaine gêne, d’autant plus que John parle de cette affaire et assure à Elliot que la police fait tout son possible pour retrouver le chauffard qui s’est enfui comme un lâche. 

John se rend ensuite dans son bureau avec Marian. Il lui dit qu’elle a une mine affreuse et elle répond qu’elle a attrapé la grippe. Elle est désolée de l’importuner. Elle sait qu’il a besoin de repos pour la suite du procès.


Steven Cord a emmené Rodney sur le quai pendant la pause et Rodney reconstitue ce qui s’est passé la nuit où Joe est mort. 

Il se souvient qu’il s’est retourné et s’apprêtait à partir quand Joe a fait quelques pas et s’est évanoui. Il s’est alors agenouillé devant Joe pour voir s’il pouvait l’aider. 

Joe avait sorti le crochet de pêcheur du bateau. Steven veut que Rodney retrace chaque étape de cette scène, comme John Fowler l’avait fait auparavant. 


Rita rentre à la maison (c’est l’appartement se trouvant derrière la taverne). Norman est avec elle. 

Rita demande à Ada si elle veut qu’elle mette la table. 

— Non. Nous devons parler, répond sa mère. 

Ada veut toujours partir. Elle veut s’éloigner de la ville avec Rita le temps du procès. Et elle veut partir dès maintenant. 

Rita demande quoi faire à Norman. Ce dernier lui dit qu’elle doit prendre seule sa décision. 


Sur le quai, Steven et Rodney parlent toujours de la bagarre. 

— Je voulais juste parler avec lui. J’aurais dû me douter que Joe ne voulait pas parler. 

Rodney décrit la bagarre en détail. C’était la marée basse. 

Stella se trouve devant l’entrée de la Taverne d’Ada Jacks et observe Rodney et Steven. Elle et Rodney se lancent des regards furieux l’un envers l’autre. Puis Stella regarde le réverbère près duquel Joe est mort. 


Episode 140

Mardi 9 novembre 1965

Le témoignage de Stella

Dans le procès opposant Rodney Harrington à la population de Peyton Place, une enfant, Kim, a témoigné qu’elle avait vu Rodney sur le quai en train de jeter un crochet de pêcheur à Joe Chernak. Maintenant, le procureur général John Fowler est prêt à appeler son dernier témoin, un témoin crucial. 

Le Square. Le tribunal. La salle d’audience. John Fowler appelle Stella Chenak à la barre.


— J’appelle Stella Chernak à la barre. 

Stella se lève doucement de son siège, à côté d’Ada, et se dirige vers la barre des témoins où elle prête serment. 

John lui demande quelle relation elle a avec le défunt. Elle lui répond qu’elle est sa sœur. John démarre l’interrogatoire : 

— Connaissez-vous Rodney Harrington ?

Stella regarde Rodney : 

— Nous nous sommes rencontrés. 

Elle raconte alors que Rodney est venu chez elle le jour du meurtre pour voir Joe. Rodney a menacé de tuer Joe. Murmures dans la salle. 

John lui demande de dire mot pour mot ce que Rodney lui avait dit. Elle répète lentement : 

— Dites à votre frère que je l’aurais. Dites-lui que lorsque je l’aurais attrapé, je le tuerais. 

Nouveau murmure dans la salle. Le juge cogne son marteau pour faire silence. Rodney se lève. 

— C’est un mensonge. C’est un mensonge, crie-t-il. 

Le juge demande à la défense si elle veut un ajournement. Steven répond que non et il contre-interroge Stella. 

Il demande à Stella de lui dire comment Rodney était habillé ce jour-là. De par les réponses évasives de Stella, il tente de prouver qu’elle ne pouvait pas se rappeler mot pour mot ce qu’a dit Rodney. 

Il essaie aussi de prouver qu’il n’y avait pas de témoins de la scène. Il est un peu déstabilisé lorsque Stella lui dit que le Dr Rossi était là. Mais il lui fait dire qu’il n’a pas entendu la conversation parce qu’il examinait Gus dans une autre pièce. 

L’audience préliminaire est terminée. Le juge a suffisamment d’éléments en main pour prendre une décision et décide d’envoyer Rodney en procès. Il est convoqué à la cour supérieure le 18 de ce mois à neuf heures. 

Dans le couloir, Leslie, Steven et Rodney s’entretiennent. La tension est palpable. 

Norman s’en va, sans doute, pour rejoindre Rita. 

Steven demande à Rodney d’aller se balader avec lui sur le quai. Leslie, de son côté, demande à Dowell ce qu’a dit Martin Peyton, et il exige une réponse. Il veut savoir si Peyton lui a demandé de perdre l’affaire, car après tout, Dowell représente Peyton et Peyton déteste suffisamment Leslie et ses fils pour faire une chose pareille. 

— Vous nous représentez, moi et mon fils. Vous représentez aussi Martin Peyton. Martin Peyton fera tout ce qui sera en son pouvoir pour me détruire, moi et mes fils. Et vous savez cela. Vous l’avez toujours su.

Cependant, Dowell assure qu’il n’a jamais pensé à ceci. Pour Leslie, ce n’est éthiquement pas correct de défendre à la fois les Harrington et Martin Peyton.


À l’hôpital, Michael donne une prescription à une infirmière. 

Constance arrive, les traits tirés, et parle avec le médecin. Elle a fait les examens prescrits par le Dr Morton et attend maintenant les résultats. 

Marian Fowler arrive à son tour et parle brièvement à Michael et Constance.  Elle demande des nouvelles d’Allison et Constance lui dit qu’il n’y a pas de changement. 

Betty se dirige vers eux l’air sombre. Elle ne les salue même pas tant elle est perdue dans ses pensées. 

Mike l’appelle et elle se retourne. Elle lui raconte que Stella Chernak a témoigné et qu’elle a enfoncé Rodney en prétendant qu’il avait menacé de tuer Joe. Et à cause de sa petite protégée, Rodney est maintenant inculpé de meurtre. 


Au manoir, Doris demande à Kim si elle va bien. Kim incline la tête pour dire oui. 

— Bien, lui répond Doris avec un faible sourire. Papa va bientôt rentrer et nous ferons quelque chose d’amusant, qu’en penses-tu ma chérie ?

Anna Chernak entre dans la pièce, le visage livide, et demande si elles veulent prendre un verre de lait dans le salon. 

Doris préfère du café pour elle. Soudain, Kim prononce une phrase qui fait sursauter les deux femmes : 

— Joe est mort. 

Doucement, Kim monte les escaliers menant au premier tandis que Doris s’assoit sur le canapé du salon. Anna lui apporte le café. Doris porte un regard condescendant sur Anna : 

— Je suis désolée, Anna.  

Pour Anna, il serait préférable qu’elle s’en aille pour quelques jours. 

— Nous en reparlerons plus tard, s’empresse de lui répondre Doris. 

Kim jette la poupée par-dessus la balustrade des escaliers et descend la chercher. Elle s’approche de Doris et pleure : 

— Ma poupée est morte !

David entre et prend Kim dans ses bras. 

— Que se passe-t-il ?  

Doris lui dit qu’ils doivent rentrer à New York et mettre Kim dans un institut, où des personnes compétentes pourront l’aider. David porte Kim tandis que la scène prend fin. 


Episode 139

Lundi 8 novembre 1965

Le témoignage de Kim

Tandis que Rodney Harrington fait face à une accusation de meurtre sur la personne de Joe Chernak, Rita attend dans l’angoisse. Elle a peur d’être plus impliquée qu’elle ne le voudrait dans cette mort. 

Plan du tribunal. Le pilori au premier plan. 


Au drugstore, Eli est content de voir Rita. Cette dernière lui demande pourquoi cela prend autant de temps. Elle parle de la déposition sous serment de Norman. 

Ce dernier arrive enfin. Il demande à Eli s’il a déjà reçu une citation à comparaître. 

— Une fois, répond Eli. 

Et c’était bien évidemment pour le procès de son fils. Norman s’en va. Eli avoue que Norman n’est pas très délicat. Rita donne une tasse de café à Eli. 


Norman se rend à l’audience et entre dans la salle au moment où Fowler appelle Kim à la barre. 

Doris informe doucement Kim qu’elle va parler avec monsieur Fowler, maintenant. Elle escorte sa fille jusqu’à la barre. 

Le greffier demande à Kim de lever sa main droite. Le juge l’interrompt en disant que la fillette est dispensée de serment. Le juge informe la fillette qu’elle va devoir dire la vérité. 

Fowler se lève pour interroger Kim et lui parle de la déposition qu’elle a faite à son bureau. Il lui pose des questions sur la nuit de sa fugue : 

— Où es-tu allée ?

— Sur le quai, répond la fillette. 

— Combien y avait-il d’hommes sur le quai ?

Il demande à Kim de montrer du doigt l’homme qui se trouvait sur le quai. Kim pointe son doigt en direction de Rodney. 

Dowell fait objection : tout le monde sait que Rodney était sur le quai ce soir-là. Fowler montre à Kim une photo de Joe et en lui demandant si c’était bien lui qui était avec Rodney sur le quai. Elle acquiesce. 

Il produit ensuite devant la fillette le crochet et lui demande si Rodney l’a lancé à Joe. De nouveau, Kim acquiesce. 

Steven commence son contre-interrogatoire. Il arrive à faire dire à Kim qu’il faisait noir sur le quai et qu’elle n’avait pas une bonne visibilité de la scène. Aussi qu’elle était loin de la scène et bouleversée par sa fugue. 

Il lui demande si elle est parvenue à lire sur les lèvres pour savoir ce que les deux hommes se sont dit, mais Kim secoue la tête, voulant dire par là qu’elle n’a pas compris leur conversation. 

Steven se tourne afin que Kim ne puisse lire sur ses les lèvres. Il fait mine de jeter un objet et dit :

— Je n’ai pas besoin de ça. 

Ce sont les paroles de Rodney au moment du drame. Il se retourne et demande à Kim si elle a compris ce qu’il a dit. Kim bredouille qu’il a lancé quelque chose. Cela met le doute quant à savoir si elle a bien interprété la scène. 


Dans le couloir de l’hôpital, Russ Gehring accélère le pas. Il se rend dans la chambre d’Allison et l’observe. Puis il s’en va. 

Dans le couloir, Michael l’interpelle, car il voudrait mettre au point un programme de thérapie pour Allison afin qu’elle ne souffre pas d’atrophie. 

Marian se trouve avec Michael, et toise du regard Russ. 


Au tribunal, John demande à parler au juge. Theodore Dowell et Steven Cord jugent nécessaire de l’accompagner. Ils se rendent dans l’arrière-salle pour parler.  

Une dispute éclate. Steven menace d’appeler un psychiatre pour prouver que Kim est perturbée. 

Le juge Charles E. Webber, Theodore Dowell et Steven Cord retournent dans la salle d’audience. 

Le procureur général poursuit. Il appelle à la barre Stella Chernak. Elle se dirige lentement vers la barre et elle prête serment. Elle est habillée en noir. 

On lui demande de s’asseoir sur la chaise des témoins. L’interrogatoire peut commencer.


Episode 138

Jeudi 4 novembre 1965

L’audience préliminaire 

Durant l’année passée, Elliot Carson a accompli une tâche rare aux yeux du monde. Il s’est retrouvé de l’univers carcéral à une paisible vie routinière dans une petite ville. Mais aujourd’hui, il se retrouve propulsé plus de dix-huit ans auparavant, à l’époque où son audience préliminaire se déroulait à Peyton Place. Le défendeur, Elliot Carson, était accusé de meurtre. Il a été déclaré coupable et a passé dix-huit années en prison pour un crime qu’il n’avait pas commis. Aujourd’hui, Rodney Harrington pourrait subir le même sort. 

Elliot Carson marche à l’intérieur du Town Hall et entre dans la salle d’audience. 


M. Edwards, le greffier, entre en même temps qu’Elliot. Il lui fait savoir que la presse doit s’asseoir derrière la grille. Edwards va se chercher un café. 

Pendant ce temps, Gus entre à son tour dans la salle encore vide et salue Elliot. Ce dernier souligne à Gus que ce procès n’est pas celui de Leslie Harrington. 

Gus lui raconte qu’à seize ans, son fils est allé en maison de correction parce qu’il avait volé une voiture. 

L’audience préliminaire qui va avoir lieu a pour but de décider s’il y a suffisamment de preuves pour que Rodney Harrington soit  inculpé de meurtre. Ce sera au juge Webber de prendre la décision ou non d’envoyer Rodney à la Cour Supérieure. 


Au manoir, David entre dans le vestibule tandis que Kim et Doris se précipitent en bas des escaliers. Doris appelle Mme Chernak. Anna a brûlé une robe fraîchement repassée pour Kim. Doris avoue que même mort, Joe cause des problèmes. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Julie arrive avec de bonnes nouvelles. Martin Peyton a appelé le bureau pour dire à David qu’il peut procéder à la mise en place du nouvel équipement pour la fabrique. Peyton lui accorde l’argent nécessaire. Julie a déjà tapé une lettre pour mettre les choses au point. 

David demande à Doris de l’attendre avec Kim dans la voiture. David remercie Julie avant qu’elle ne parte. Avec un large sourire de satisfaction, il enfile son manteau et se dirige vers la voiture où sa femme et sa fille l’attendent. 


À Boston, Martin Peyton dicte une lettre à Hannah concernant le nouvel équipement de la fabrique de textiles. 

Il demande à la gouvernante quel est son pronostic sur l’issue du procès. 

Ensuite, il fait savoir à Hannah qu’il compte partir d’ici pour mettre ses affaires en ordre. Il retourne à Peyton Place. De plus, il veut passer du temps avec sa famille. 

Hannah lui demande pourquoi il a fourni l’argent pour la caution. Comme simple réponse, Peyton demande à Hannah de lui servir un whisky. 


À l’intérieur du tribunal, Rodney attend. Leslie se dirige vers lui pour demander pourquoi il est ici si tôt. Rodney lui répond qu’il n’est pas le premier arrivé. Elliot était là avant lui. 

— Quand j’ai vu Elliot Carson dans cette salle d’audience…, commence Rodney. 

— Qu’est-ce qu’Elliot Carson a à voir dans tout ça ?

— Il a été déclaré coupable dans cette même salle.

Steven et Dowell arrivent et les quatre hommes vont dans la salle d’audience. La salle est déjà à moitié remplie. 

Ada Jacks entre et s’assoit derrière Kim. Stella débarque à son tour et veut s’asseoir près de Gus. Il n’y a pas de chaise à côté de lui, alors elle prend place ailleurs. 

Norman, quant à lui, s’assoit à côté de Betty. Steven le rejoint pour lui parler de sa prochaine audition devant la Cour. 

Le procès débute, présidé par le juge Charles E. Webber. 

Norman est appelé en premier. Il s’avance lentement jusqu’à la barre. Il prête serment. Fowler démarre l’interrogatoire. 

Norman lui raconte comment Kim s’est enfuie de la bibliothèque et comment lui et Allison l’ont recherchée. Ils ont retrouvé la fillette sur le quai. 

Norman témoigne sous serment que Kim était effrayée et pleurait. Steven contre-interroge Norman. Il lui demande pourquoi Kim s’est enfuie. Norman le lui explique. 

Steven veut faire comprendre à la cour que la fillette est perturbée et que son témoignage ne pèsera pas dans la balance. 

Après l’interrogatoire de Norman, c’est le sergent Goddard qui est appelé à la barre des témoins. 

Gus se lève et dit à Stella qu’il faudrait tout de suite mettre une corde au cou de Rodney. Stella lui demande de se taire.