Steven Cord a fait un long trajet, de Boston jusqu’à Peyton Place, et une pensée s’est peu à peu imposée à son esprit. Quelque chose ne va pas à Boston. Quelque chose qui concerne son défunt grand-père, Martin Peyton. Quelque chose qui va l’affecter profondément et accabler d’innombrables personnes dans la ville. Ce n’est encore qu’une intuition, mais tandis que Steven se dirige vers son bureau, il est convaincu d’avoir mis le doigt sur quelque chose. Quelque chose d’important.
Steven traverse le square, se gare, puis se rend à son bureau.
Steven entre et salue Mlle Nolan. Il lui demande d’appeler maître Kennerly, à Boston. Cependant, la secrétaire l’informe que Mme Harrington l’attend déjà dans son bureau.
Il ouvre la porte et découvre Betty assise à sa place. Il demande à Mlle Nolan d’attendre avant de joindre Kennerly.
Steven invite Betty, non sans ironie, à quitter son fauteuil. Elle lui reparle aussitôt du manoir et lui propose une somme considérable pour le racheter. Elle lui tend un document : une offre officielle, dont le montant semble très élevé.
Steven lui répète que la maison n’est pas à vendre. De plus, Betty n’a pas encore perçu l’héritage de Martin Peyton.
Elle lui explique que le banquier Charlie Tomlinson lui a avancé l’argent, sur la base de cet héritage à venir. Steven l’accuse alors de ne reculer devant rien pour parvenir à ses fins.
Pour Betty, Steven n’a plus aucune raison de vivre dans cette maison. Il n’y a, selon elle, aucun bon souvenir à y conserver. Elle admet que, tant que Peyton était en vie, Steven cherchait surtout à l’occuper pour contrarier le vieil homme. Mais maintenant qu’il est mort, elle estime que ce lieu n’a plus aucun intérêt pour lui.
— À moins que Susan Winter ne tienne absolument à y habiter, sous-entend-elle.
Steven lui répond sèchement que Susan n’a rien à voir dans cette affaire et qu’il est parfaitement capable de décider seul. Sa décision est irrévocable : il refuse de vendre la maison.
Il lui demande de partir, prétextant beaucoup de travail. Une fois Betty sortie, il demande à Mlle Nolan d’appeler l’avocat de Boston.
Une femme, que l’on apprendra plus tard s’appeler Maggie Riggs, se tient devant le comptoir du magasin général, une pomme à la main.
Rita s’occupe du magasin en l’absence d’Eli. Maggie lui demande si elle serait prête à lui céder tout le panier de pommes pour un bon prix.
Norman arrive, visiblement pressé de parler à Rita, mais Maggie ne lui laisse pas la priorité. Elle conseille à Rita de se méfier de « cet homme ». Rita s’en amuse et ne précise pas à la cliente qu’« cet homme » est en réalité son mari.
Une fois Maggie partie, Norman s’approche de Rita et lui demande quand elle compte rentrer à la maison. Rita lui demande encore un peu de temps. Norman lui assure qu’il était sincère lorsqu’il a promis de ne plus chercher à séparer Rodney et Betty. Ils s’embrassent.
Rodney effectue ses exercices avec le thérapeute Chuck Atwell. Le problème est qu’il en fait trop. Une fois dans son fauteuil roulant, il se relève pour tenter de marcher. Atwell le réprimande sévèrement, mais Rodney s’emporte :
Il fait quelques pas, et Atwell le force à se rasseoir. Le Dr Rossi entre à ce moment-là et assiste à la dispute entre le patient et le thérapeute. Atwell demande à Michael de raisonner Rodney, puis s’en va, les laissant seuls.
Michael met Rodney en garde : l’impatience n’est pas compatible avec la guérison. Rodney lui répond qu’il doit se remettre sur pied au plus vite. Le Dr Rossi comprend que cette urgence est liée à Betty.
Mike retourne ensuite dans son bureau, où Steven ne tarde pas à le rejoindre. Le médecin mentionne à l’avocat que Rodney commence à marcher.
Steven est venu parler au Dr Rossi des biens de Peyton et du legs prévu pour l’hôpital. Il y a bien un don destiné à l’établissement dans le testament de Peyton, mais Michael refuse d’en discuter avec lui.
— Je ne peux pas en parler avec vous, ni avec qui que ce soit d’autre.
— Vous en parlerez avec moi si vous découvrez que quelque chose menace les legs sur lesquels vous comptez.
Steven n’en dit pas davantage et quitte le bureau.
Marsha rejoint Fred Russell au Colonial pour déjeuner. Fred lui demande si Carolyn va bien : la façon dont elle est partie de chez lui la dernière fois l’a beaucoup inquiété. Marsha lui répond qu’elle va bien, compte tenu des circonstances.
Fred parle alors avec sincérité. Il aimerait donner une nouvelle chance à leur couple. Marsha et Carolyn lui manquent profondément. Mais Marsha lui annonce que ce n’est pas possible : elle prévoit de se marier avec le Dr Rossi.
Déçu, Fred se lève sans toucher à son déjeuner et lui souhaite, avec amertume, tout le bonheur du monde avant de partir.
Betty HarringtonMike RossiRita HarringtonFred RussellMarsha Russell
Ce soir, le Dr Harry Miles est un homme amer et en colère. Une étrange et troublante conversation téléphonique avec une jeune femme résidant à New York l’a convaincu que son fils, Lew, lui a menti et qu’il se trouve dans de sérieux ennuis. Dès lors, Harry est persuadé que tous les démentis de Lew seront vains.
Le salon des Miles.
Harry et Alma ont décidé de parler à leur fils. Lew descend l’escalier et enfile son manteau pour sortir, ce qui surprend Harry.
— Tu sors ? Mais tu viens juste de rentrer.
— Disons que j’ai un peu la bougeotte en ce moment.
Harry lui demande de rester un instant afin de discuter. L’interrogatoire commence. Il lui avoue qu’il n’a pas raccroché à temps et qu’il a entendu la jeune femme au téléphone lui dire : « Ils vont se poser des questions. » Le médecin exige de savoir exactement de quoi il s’agit.
Lew refuse de s’expliquer. Il estime que son père n’a pas simplement oublié de raccrocher, mais qu’il a espionné la conversation.
— J’ai presque dix-huit ans, et je pense avoir le droit de régler mes problèmes moi-même.
— Tu nous caches quelque chose. Je veux savoir ce que c’est, et je le veux maintenant.
La discussion dégénère. Harry manque de frapper son fils. Lew quitte la maison. Dehors, il passe un appel longue distance depuis une cabine téléphonique.
Eli joue aux dames, seul, devant un bol de chocolat chaud, lorsque Rita frappe à la porte. Il l’invite à entrer et lui dit que Mme Hewitt a préparé des cookies, si cela lui fait envie. Il se réjouit de sa visite, car il se sent un peu seul. Rita accepte volontiers le chocolat chaud et les cookies.
Elle s’installe à la table et Eli lui explique qu’il joue avec « Winston Churchill » : il s’invente des partenaires de jeu. Rita lui confie qu’en ce moment, rien ne va très bien et qu’elle vit chez sa mère.
Norman frappe à son tour et entre. Sentant la tension entre le couple, Eli décide d’aller remercier Mme Hewitt pour les cookies, laissant Rita et Norman seuls.
Rita comprend que Norman n’est pas venu chez Eli par hasard : il l’a suivie. Sa position n’a pas changé. Elle refuse de rentrer à la maison tant que Norman ne lui aura pas promis de ne plus interférer dans le mariage de Rodney et Betty. Norman lui affirme qu’il a compris. Son mariage est trop important pour lui, et Rita lui manque. Il promet donc de ne plus s’occuper de Betty et de Rodney.
Il s’en va. Eli, qui écoutait derrière la porte, apparaît. Norman le regarde avec un mélange de reproche et d’amusement. Gêné, Eli lui souhaite bonne nuit.
Comme d’habitude, la musique est assourdissante au Shoreline. Depuis la scène, Jeff observe Carolyn et Dennis en train de danser. Une fois le morceau terminé, il les rejoint et les salue. Il demande ensuite à Carolyn s’il peut lui parler en privé.
Ils se dirigent vers un coin plus calme du Shoreline. Jeff se montre jaloux de l’avoir vue avec Dennis.
— Tu es la dernière personne que je pensais jalouse, s’étonne Carolyn.
— Je ne suis pas jaloux, se défend Jeff. Mais je ne m’attendais pas à ce que tu me tournes autour en me jetant ça à la figure. Je veux juste savoir où nous en sommes.
Carolyn lui assure qu’elle ne sort pas avec Dennis : il l’accompagne simplement à une soirée. Sa mère, en revanche, était ravie d’apprendre qu’elle passait la soirée avec Dennis et non avec Jeff.
Jeff veut savoir où ils en sont tous les deux dans leur relation. Carolyn lui rappelle que c’est lui qui a proposé de voir d’autres personnes. Il admet finalement que ce n’était peut-être pas une si bonne idée. Ils s’embrassent passionnément avant que Jeff ne retourne sur scène.
La soirée touche à sa fin. Chez eux, Betty et Rodney sont assis sur le canapé. Rodney se détend et parle à Betty de son grand-père. Puis il se lève et retourne dans son lit. Betty le borde et l’embrasse.
Le Dr Miles entre au Cider Barrel et demande à Charlie s’il peut voir son fils. Charlie lui apprend que Lew est parti depuis un moment déjà.
Le médecin salue le sergent William Wilson Walker, assis à une table en train de siroter un cidre. Harry commande un café et demande au policier s’il peut se joindre à lui.
Walker s’enquiert de la santé de Rodney Harrington. Harry lui répond que Rodney fait des progrès considérables. Le sergent se plaint ensuite de la façon dont Lew traite sa fille, Joanne. Harry promet d’en parler à son fils.
Lew MilesEli Carson, Norman et Rita HarringtonCarolyn RussellBetty et Rodney HarringtonHarry Miles, Sergent Walker
La longue nuit du retour de Rodney Harrington à la maison est terminée. Désormais, Betty doit aider son mari à affronter un nouveau jour et une nouvelle vie, une vie dans laquelle elle doit lui apporter tout le soutien possible.
L’extérieur de la maison de Rodney et Betty.
Betty descend et trouve Rodney en train de préparer tant bien que mal un jus d’orange. Il a déjà préparé le café. Elle lui propose de lui faire des œufs frits, s’approche de son fauteuil roulant et l’embrasse. Elle est un peu gênée : ce serait plutôt à elle de lui préparer le petit déjeuner.
Chuck Atwell se présente à la porte d’entrée. Il entre et demande à Rodney s’il a bien dormi. Il l’aide à enfiler son manteau. Betty refuse que son mari parte le ventre vide : elle le force à boire son jus d’orange et fait promettre à Chuck de le faire manger à l’hôpital.
Rodney roule seul jusqu’à l’entrée, et Betty tend les béquilles à Chuck. Celui-ci aide Rodney à s’installer dans la voiture. Betty les regarde partir, l’air pensif.
Michael arrive chez les Russell avec un bouquet de fleurs. Il demande à Marsha si Carolyn est à la maison et si elles ont parlé de la situation. Marsha lui répond que Carolyn semble accepter sans difficulté leur futur mariage. Ils partent ensuite dîner chez les Miles, qui les ont invités.
Chez les Miles, Alma fait les derniers préparatifs pour la soirée qu’elle donne en l’honneur de Marsha et du Dr Rossi. Elle s’inquiète des sentiments de Marsha à propos du fait que Carolyn travaille avec Lew sur le projet scientifique.
Harry tente de la rassurer. Il embrasse son épouse et lui dit qu’elle est très séduisante.
— C’est bien pour ça que tu m’as épousée, non ? plaisante-t-elle.
Ils parlent ensuite de Lew. Alma se fait du souci pour lui ; elle est persuadée que quelque chose s’est produit à New York et que leur fils refuse d’en parler.
Betty est dans la cuisine lorsque Susan frappe à la porte. Betty l’invite à entrer et à s’asseoir, puis lui demande ce qu’elle veut. Susan lui annonce que la maison Peyton n’est pas à vendre. Betty se demande ce que cela peut bien lui faire que Steven vende ou non la maison.
— Le fait est que la maison Peyton n’est pas à vendre. Il est inutile d’essayer de convaincre Steven, parce que j’ai l’intention d’y vivre une fois que Steven et moi serons mariés.
Betty doute fortement que Steven soit au courant des projets de Susan. Elle espérait que Susan pourrait convaincre Steven de vendre la maison Peyton, mais il apparaît clairement que Susan entend jouer dans la cour des grands. Les deux femmes se disputent violemment avant que Susan ne s’en aille.
La nuit est tombée sur le square. Lew se dirige vers le drugstore et croise le sergent de police William Wilson Walker accompagné de sa fille, Joanne. Le sergent confie Joanne à Lew et lui demande de ne pas rentrer trop tard.
Joanne interroge Lew sur New York et sur les amis qu’il s’y est faits. Lew lui répond que tous ses amis new-yorkais sont noirs. Leur rencontre lui a fait du bien, car ici, à Peyton Place, il a l’impression de vivre dans un cocon de Blancs.
Joanne lui demande ce que cela a à voir avec eux. Ce n’est pas une raison, selon elle, pour qu’il l’ignore. Lew s’excuse s’il s’est montré distant depuis son retour.
Au moment de partir, Joanne glisse et Lew la rattrape. Ils se regardent. Lew tente de l’embrasser, mais Joanne recule. Il propose de la raccompagner, mais elle lui répond qu’ici, ils ne sont pas à New York : les rues sont calmes et personne n’osera s’en prendre à la fille d’un policier.
La soirée chez les Miles touche à sa fin. Marsha remercie Alma pour le dîner et l’excellente soirée qu’ils ont passée. Mike et Marsha prennent congé et s’en vont.
Ils montent dans la décapotable rouge vif de Mike. Marsha regrette le nombre de fois où elle a remercié Alma ; en réalité, elle ne s’est pas sentie complètement à l’aise durant la soirée. Mike lui demande si c’est à cause de certains préjugés. Marsha lui répond que la soirée était agréable, mais qu’elle n’a pas pu s’empêcher de penser qu’ils dînaient avec des Afro-Américains. C’était plus fort qu’elle, et elle s’en veut.
Mike lui rappelle qu’il travaille avec Harry depuis longtemps et qu’ils sont rapidement devenus amis en prenant le temps de se connaître et de s’apprécier.
Lew arrive chez lui au moment où Mike et Marsha démarrent. Il entre, enlève sa veste, et échange quelques mots avec son père avant de monter dans sa chambre.
Le téléphone sonne et le Dr Miles décroche. L’appel est pour Lew : une communication longue distance en provenance de New York. Harry appelle son fils, qui lui dit qu’il prendra l’appel dans sa chambre.
Harry s’apprête à raccrocher, mais il entend malgré lui la conversation. Lew demande à une jeune fille de le laisser tranquille et de ne plus l’appeler. Elle lui dit : « Ils vont poser des questions. » Puis Lew raccroche brusquement.
Harry s’apprête à aller parler à son fils, mais Alma tente de l’en dissuader. Savoir qu’il épie Lew ne l’aidera pas à se confier.
Aujourd’hui, Rodney Harrington rentre enfin à la maison. Une victoire personnelle pour ce jeune homme qui avait été paralysé à la suite d’un accident de moto quelques mois plus tôt. Pendant des jours, Rodney n’a pas pu bouger ses membres. Puis, lentement, la sensation est revenue dans ses bras, puis dans l’ensemble de son corps. Est venue ensuite la reprise douloureuse de ses fonctions motrices. Avec l’aide du thérapeute Chuck Atwell, Rodney est de retour chez lui. Et à présent, il parcourt la courte distance qui le mène à sa maison, non sans un certain sentiment de fierté.
Chuck Atwell gare sa voiture rouge et, avec Norman, aide Rodney à en sortir.
Devant la porte d’entrée, Betty sourit et souhaite un bon retour à la maison à son mari. Elle l’embrasse. Rodney entre et découvre aussitôt le portrait de Betty qui trône sur le mur.
Norman attend la réaction de son frère. Betty explique à Rodney qu’elle pensait pouvoir conserver la mémoire de son grand-père à travers ce tableau. Rodney lui répond qu’il est très bien là où il se trouve et qu’il aime beaucoup ce portrait. Norman ne fait aucun commentaire. Il s’excuse et retourne au magasin.
Atwell se plaint du lit : Betty a fait installer un lit ordinaire. Il lui dit qu’elle doit louer un lit d’hôpital. Puis le thérapeute remarque que la rampe n’est toujours pas installée. Rodney apaise la situation en disant qu’il préfère un lit d’hôpital et qu’il veillera à ce que la rampe soit posée rapidement.
Chuck s’en va en précisant qu’il viendra chercher Rodney dès le lendemain. Pour fêter son retour, Betty sert une coupe de champagne à son mari.
Sur le trottoir longeant l’hôpital, Carolyn rattrape Lew et lui lance de la neige dans le cou pour s’amuser. Ils jouent et rient ensemble.
Ils entrent ensuite dans le laboratoire, au sous-sol de l’hôpital, pour prendre la relève de Pat et Dennis. Carolyn tient une feuille sur laquelle est inscrit : « Rodent Heights Gazette ».
Un peu plus tard, Carolyn évoque New York avec Lew. Elle lui dit qu’il a eu de la chance de pouvoir passer du temps dans une si grande ville et qu’elle aurait aimé être à sa place. Lew se ferme lorsqu’elle essaie de parler des amis qu’il s’est faits à New York.
Le Dr Miles entre pour s’informer de l’avancée du projet « Rodent Heights ». Carolyn lui assure que tout progresse bien. Alors qu’il s’apprête à partir, Lew le rejoint dans le couloir pour lui dire qu’il est inutile de le surveiller.
— Je ne te surveille pas, rétorque Harry.
— Tu crois que je ne vois pas ton petit manège, papa ? Tu viens prendre des nouvelles du projet, mais tu viens surtout vérifier si j’en fais toujours partie. Écoute, je t’ai dit que j’avais accepté ce projet. Je ne vais pas m’en retirer.
Lorsque Lew revient dans le laboratoire, Carolyn lui parle de son père et de l’intérêt qu’il porte à ce que fait son fils. Lew pense qu’elle interprète mal les raisons de la venue de Harry.
Le Dr Rossi vient voir Marsha chez elle, inquiet de ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis un certain temps.
Marsha vient de se brûler la main en cuisinant. Le médecin la fait asseoir à la table de la cuisine et soigne sa blessure. Elle lui raconte la petite escapade de Carolyn à Boston et le fait qu’elle ait « rencontré » une femme dans la chambre de son père. Elle est convaincue qu’il ne s’agissait pas de Donna Franklin.
À la façon dont elle en parle, Mike croit percevoir de la jalousie, mais Marsha le rassure aussitôt : il n’y a que lui qui compte. Lui, et personne d’autre.
Ils parlent longuement de leur relation et de Carolyn, puis finissent par se mettre d’accord pour resserrer leurs liens. Mike rappelle à Marsha que Carolyn a dix-sept ans et qu’elle est assez mature pour comprendre leur relation.
Il demande Marsha en mariage, et elle accepte. Il lui dit qu’il est l’homme le plus chanceux et le plus heureux du monde. Ils s’embrassent tendrement.
Norman rend visite à Rita, qui loge provisoirement chez sa mère. Elle est en train de préparer des crevettes. Il lui annonce que, avec Chuck Atwell, il a ramené Rodney à la maison. Rita est ravie.
Ada entre au moment où une querelle éclate entre le couple. Elle s’apprête à repartir, mais Rita lui demande de rester. Rita reproche à Norman de vouloir s’immiscer dans la vie de Betty et de Rodney.
— Je rentrerai à la maison avec toi quand tu m’auras promis de ne pas interférer dans le mariage de ton frère. Personne n’a le droit de se dresser entre deux personnes qui s’aiment.
Rita est persuadée que Betty aime Rodney.
— C’est l’argent qu’elle aime, lui rétorque Norman.
Il est incapable de promettre à Rita qu’il ne fera rien pour séparer son frère de Betty. Rita décide donc de rester chez sa mère tant qu’il n’aura pas pris conscience de l’erreur qu’il commet en voulant briser le couple de Rodney et Betty.
Marsha s’admire dans le miroir, souriante, lorsque Carolyn vient la voir. Marsha savait que sa fille finirait par revenir à la maison.
Elle lui annonce qu’elle et le Dr Rossi vont se marier. Carolyn se contente de répondre qu’elle espère qu’ils seront heureux ensemble, mais l’on sent bien que l’adolescente est troublée par cette annonce.
Elle demande à sa mère s’ils ont fixé une date, et Marsha lui répond que le mariage devrait avoir lieu dans environ deux mois.
Rodney est allongé dans son lit médicalisé, installé juste au-dessous du portrait de Betty. Il demande à sa femme s’il lui a manqué. Elle s’approche, l’embrasse, puis lui dit qu’elle l’aime plus que tout au monde.
Elle monte ensuite à l’étage. De toute évidence, la virilité de Rodney ne répond plus.
Carolyn RussellMarsha Russell, Mike RossiNorman et Rita HarringtonCarolyn et Marsha RussellRodney Harrington
À cette heure de la nuit, en cette période hivernale, le bus qui va de Boston à Peyton Place roule lentement et met plus de deux heures à arriver à destination. Un temps suffisant pour Carolyn, afin de prendre une décision. Une décision qui va changer le cours de sa vie et affecter celle de ses proches. La première personne qui aura la chance de la partager n’est pas sa mère, Marsha, mais la meilleure amie de Carolyn, Patricia Anne Cheney, dont le regard objectif pourra l’aider.
Le bus entre dans Peyton Place et s’arrête devant le bâtiment de la banque (qui semble être son arrêt depuis que la station de bus a disparu). Carolyn Russell en descend. Elle se retrouve devant le drugstore, puis traverse le square enneigé jusqu’à la maison de Patricia Anne Cheney.
Pat aperçoit son amie par la fenêtre et lui ouvre. Elles parlent à voix basse pour ne pas réveiller les parents de Pat. Carolyn enlève son manteau, tandis que Pat prend un thermos de café et une assiette de cookies. Elles montent dans la chambre de Pat.
Carolyn lui raconte ce qui s’est passé ce soir avec son père, et le fait qu’elle ait surpris une femme dans sa chambre. Son père ne lui a même pas dit qu’elle était là. Elle a dû le découvrir par elle-même.
Chez les Russell, Marsha éteint les lumières du salon. Elle est seule, car Carolyn l’a prévenue qu’elle dormait chez les Cheney cette nuit-là.
Le téléphone sonne. Fred appelle pour prendre des nouvelles de Carolyn. Il est allongé dans son lit, apparemment seul. Il veut savoir si leur fille est bien rentrée à Peyton Place. Marsha, elle, ne savait pas que Carolyn était partie à Boston.
Ils se disputent, chacun se faisant des reproches. Marsha s’inquiète : et s’ils avaient tous les deux perdu l’affection de leur fille ?
À l’hôpital, les docteurs Rossi et Miles entrent voir Rodney. Celui-ci leur annonce qu’il est prêt à rentrer à la maison. Cela fait des mois qu’il est enfermé ici, et il n’en peut plus.
Le Dr Rossi demande l’avis du Dr Miles.
— Ne me regarde pas comme ça, dit Harry à son collègue. Je n’ai rien suggéré.
Rodney insiste : c’est son idée. Il en a assez de rester entre ces murs. Mike a peur que, s’il sort, il laisse tomber la thérapie.
Rodney lui répond qu’il n’en a pas l’intention. Il compte bien remarcher correctement, le plus vite possible.
Chuck propose de venir chercher Rodney tous les jours pour l’emmener faire ses exercices à l’hôpital. Cela lui paraît un bon compromis. Cependant, Mike est peu disposé à accepter un tel arrangement. Il consulte le Dr Miles. Celui-ci tranche : ils vont tenter un essai, au grand bonheur de Rodney.
Au magasin de motos, Norman boit un café lorsque Betty arrive travailler. Elle lui dit qu’elle se prépare à accueillir Rodney à la maison, et qu’elle est très heureuse de son retour. Norman lui demande si elle compte continuer à travailler ici. Elle répond que tant qu’elle peut s’occuper convenablement de Rodney, cela ne la dérange pas de continuer.
Elle demande à Norman s’il s’indigne de l’argent qu’elle va bientôt recevoir du testament. Elle mentionne que Norman a tout de même reçu cinquante mille dollars de son grand-père, ce qui lui a permis de financer une partie du magasin.
Avant de rentrer chez elle, Betty remercie Norman d’avoir accroché son portrait. Elle est persuadée que Rodney appréciera de pouvoir contempler le tableau chaque jour.
— Arrête, Betty ! Tout ce à quoi Rodney pensera en voyant ce portrait, c’est à Steven.
— Pense ce que tu veux. En tout cas, merci de l’avoir accroché.
— Pas de souci. Si tu as d’autres insanités à accrocher pour rompre avec Rodney, n’hésite pas à faire appel à moi. Je serai ravi de t’aider. Si tu tiens tant à saboter ton mariage, tu peux compter sur mon aide. Fais-le-moi simplement savoir.
Il retourne à l’atelier en claquant la porte.
Chez elle, dans la grange reconvertie en maison, près du quai et du Shoreline, Betty installe une pancarte de bienvenue pour Rodney. Chuck Atwell vient lui rendre visite afin d’étudier la maison et de prendre les dispositions nécessaires au retour de Rodney.
La première chose qu’il remarque, c’est qu’il faudra installer une rampe pour les escaliers, et prévoir certains aménagements pour le lit, la cuisine et les fenêtres. La chambre étant à l’étage, il est impossible pour Rodney d’y dormir. Il faut donc installer un lit dans le salon.
Betty le veut au fond, afin qu’il ne gêne pas l’agencement des meubles. Mais Chuck insiste pour le placer à l’entrée, à droite, sous la fenêtre : Rodney dort fenêtre ouverte et apprécie l’air frais.
Betty concède ces changements, mais c’en est trop lorsqu’Atwell lui annonce qu’il faudra un lit d’hôpital. Betty rétorque que Rodney veut rentrer précisément parce qu’il en a assez des lits médicalisés.
Chuck ne discute pas. Avant de partir, il laisse à Betty les coordonnées d’une société de White River spécialisée dans les installations pour malades à domicile.
Dans la salle à manger du manoir Peyton, Steven et Susan terminent de dîner.
— Encore un peu de café ? demande Susan.
— Mmm… encore un brandy ?
— Volontiers.
— Très bien. Viens en prendre un.
Susan se lève, Steven l’imite. Ils se rapprochent et s’embrassent. La sonnette retentit. Mary fait entrer Betty. Steven ouvre la porte de la salle à manger.
— C’est Mme Harrington, annonce la servante avant de s’éclipser.
— Madame Harrington ! Et comment allez-vous, madame Harrington ?
Betty s’avance.
— J’espère que je n’interromps pas votre dîner.
— En fait, j’ai bien peur que tu interrompes plus que mon dîner.
— Oh ?
— Mais peu importe. Contente de ton portrait ?
— Je l’ai toujours été. C’est bon de l’avoir récupéré… Steven…
Elle s’interrompt en voyant le nouveau tableau accroché à la place du sien, au-dessus de la cheminée. Il représente les contours d’une femme nue enlacée dans les bras d’un homme. Betty est déconcertée, ce qui amuse Steven.
— Tu disais ?…
Elle se ressaisit et vient à l’objet de sa visite.
— Je suis venue te demander une autre faveur.
— Quoi, cette fois ? Je ne vois plus aucun autre souvenir de notre bref, mais ô combien intéressant mariage.
— Je veux cette maison.
— Ah ! Tu veux cette maison depuis le jour où tu es née.
— Je te demande de me la vendre.
— Elle n’est pas à vendre.
— Tu n’as aucune raison de la conserver, objecte Betty. Je veux dire : tu en as fait le tour. Tu t’es assis dans la chaise de ton grand-père. Tu as siroté son brandy. Maintenant, qu’as-tu encore à prouver ?
— Rod déteste cette maison. Il a passé la plupart de ses dernières années à vouloir la fuir.
— Je pense comprendre mon mari mieux que toi.
— J’espère bien ! Tu as travaillé tellement dur à briser l’emprise du vieil homme sur lui. Et maintenant, tu voudrais le replonger dans le passé ?
— Steven, cette maison était un symbole pour toi. Maintenant, tu n’en as plus besoin. Ton grand-père est mort. Tout le monde reconnaît ton importance.
— La petite fille au grand regard colérique. La petite fille aux grands rêves. La petite fille nommée Betty Anderson Harrington Cord…
Steven lui saisit le menton.
— Et de nouveau Harrington. Ça fait beaucoup. Un léger goût d’ambition, dirait-on. Avec une pointe de : si tu n’y arrives pas, recommence.
— Steven…
— Eh bien, tu as déjà ma réponse. Non. Et je ne changerai pas d’avis.
Steven se dirige vers le bar et se sert un verre.
— Et qu’en est-il de ce merveilleux cottage ?
— Nous l’aimons. Mais il ne correspond plus à nos besoins actuels.
— Ou à votre futur rempli de richesse.
— La chambre est au grenier. Les escaliers sont trop hauts pour Rodney. Il ne pourra pas les monter.
— Alors installe-le dans le salon.
— Ça risque d’être trop encombré.
— Alors déménage dans une maison plus grande. Pourquoi n’achèterais-tu pas un de ces ranchs qu’ils construisent derrière le terrain de golf ? Ça n’a peut-être pas beaucoup de style, mais c’est spacieux, et il n’y a pas d’étage.
— Steven, je peux comprendre que cette demeure ait été importante pour toi lorsque ton grand-père était en vie. Tu vivais ici dans le but de te rapprocher de lui. Mais maintenant, il est mort.
— Malheureusement, je suis aussi sentimental que vindicatif. Nous nous sommes mariés dans cette demeure. Toi et moi.
— Tout ça est fini. C’est du passé. Tu ferais mieux de te trouver un endroit où tu puisses oublier tout cela.
— Merci pour le conseil.
— Steven, cet endroit doit être un terrible fardeau pour toi, financièrement.
Susan apparaît.
— Il peut toujours le garder à flot.
Betty est surprise de voir Susan. C’est la deuxième fois en peu de temps qu’elle surprend une conversation et s’y immisce.
— Oh… je ne savais pas que les ex-femmes de révérends ne recevaient pas de pension alimentaire.
— Je suis née dans la richesse. Je n’ai pas eu besoin de me marier pour cela.
— Oh oui… j’oubliais votre père. Mais je suis sûre que d’autres, eux, en ont besoin. Vous avez l’air comme chez vous ici.
— Oh, mais c’est le cas. Complètement. Je me suis même permis de choisir ce nouveau tableau. Vous aimez ?
— Non, ce n’est pas mon goût.
— Je ne pensais pas que ça vous plairait. L’autre était plus flatteur. J’ai dit à Steven, lorsque j’ai acheté celui-ci, qu’il me rappelait un peu votre portrait. Juste un peu.
— Je n’étais pas d’accord, murmure Steven, timidement.
— C’est justement pour ça que je l’ai acheté. Dites-moi, madame Harrington, pourquoi voulez-vous vivre ici, au sommet de cette colline ?
— Pour regarder en bas. Et pour l’intérêt de Rod.
— Eh bien, je peux comprendre. Elle veut pouvoir s’asseoir devant ce feu et raconter à ses enfants l’histoire de grand-mère Catherine, qui a eu des jumeaux et les a distribués comme des bonbons : un pour sa gouvernante, un pour l’ex-mari de sa gouvernante… Et l’histoire de grand-père Leslie, qui détestait voir l’arrière-grand-père Peyton s’assurer qu’il ne toucherait jamais l’héritage… Ah ! Et aussi l’histoire du demi-oncle Steven, qui avait été marié avec maman !
— Ça suffit, Susan, l’interrompt Steven.
Mais Susan continue :
— Moi, je trouve ça charmant. Un passé charmant. Madame Harrington, qu’essayez-vous de prouver ? Vous avez l’argent du grand-père de Steven. Pourquoi trouvez-vous nécessaire d’en rajouter ?
— Susan…
— J’ai une suggestion, poursuit Susan. Si vous tenez tant à vivre au manoir Peyton, pourquoi ne pas vous acheter une autre colline et y construire une copie conforme de cette maison ?
Steven se tourne vers son ex-femme.
— Mais ce ne serait pas la même chose, n’est-ce pas, Betty ?
Betty comprend qu’elle n’obtiendra pas ce qu’elle est venue chercher. Elle s’en va. Steven referme la porte derrière elle.
— Rodney ne peut pas avoir changé d’avis sur cette maison, dit-il. Elle lui rappelle trop de mauvais souvenirs. Surtout une forme d’emprisonnement. Une gigantesque prison.
Susan s’approche de lui et se love contre lui.
— Laisse-moi te dire une chose, mon cher, à propos du sexe faible : les femmes veulent toujours le beurre et l’argent du beurre. Et toi, mon cher, tu te tiens sur son chemin.
Steven termine son verre.
Marsha RussellRodney HarringtonBetty HarringtonSteven Cord, Susan WinterSteven Cord, Betty Harrington
Ce soir, Marsha Russell se retrouve dans une maison qui lui paraît presque étrangère. En dépit de ses innombrables efforts pour gagner la confiance de sa fille, Carolyn, elle perçoit désormais une distance considérable entre le salon et la chambre de sa fille, à l’étage. Une distance qui ne cesse de s’accroître. Carolyn, de son côté, est elle aussi consciente de cette distance, ainsi que de son besoin de grandir et de s’épanouir dans le sillage de son père.
La boîte aux lettres des Russell. Dans la maison, Marsha éteint la lumière du salon et monte à l’étage.
Marsha entre dans la chambre de Carolyn. La jeune fille est installée dans son lit, un roman à la main. Marsha pose la main sur son front.
— Je ne pense pas avoir de fièvre, dit Carolyn.
Elle est enrhumée. Lorsque Marsha s’assoit sur le lit, celui-ci grince et elle remarque qu’il est vieux, désormais. Elle suggère qu’elles aillent toutes les deux à une vente à Haverhill pour acheter un nouveau lit.
Carolyn lui répond qu’elle aimerait bien discuter, mais qu’elle a besoin de dormir. Elle trouve toutes sortes d’excuses pour refuser la proposition de sa mère : elle doit travailler sur son projet scientifique, même le week-end. Marsha comprend parfaitement que sa fille la fuit.
Le projet scientifique des élèves, installé au sous-sol de l’hôpital, s’intitule Rodent Heights. Il s’agit d’une étude mesurant le développement des rongeurs.
Dennis et Pat ont terminé leur travail, mais doivent attendre l’arrivée de Carolyn et de Lew avant de partir. Carolyn arrive et s’excuse de son retard. Lew entre peu après, se plaignant des lumières infrarouges. Avant de s’en aller, Pat demande à Carolyn de ne plus arriver en retard la prochaine fois.
Pour leur expérience, ils utilisent également des rats, dont l’un a été baptisé Mr Ed, en clin d’œil à la série Monsieur Ed, le cheval qui parle, une sitcom des années soixante.
Carolyn dit à Lew qu’elle le trouve changé depuis son retour de New York. Il se confie à elle, en partie du moins. Il lui explique qu’à New York, il a rencontré des amis. De vrais amis, précise-t-il. Des gens qui le comprennent, comme il ne pourra jamais en trouver à Peyton Place.
Dans le couloir de l’hôpital, Rodney marche à l’aide d’un déambulateur. Il a fait de grands progrès. Chuck Atwell lui ouvre les portes. Tandis que Rodney continue à marcher, Atwell va voir le Dr Miles.
Il lui demande d’aller parler à Rodney, qui en fait trop. Lui-même n’arrive plus à le raisonner. Harry le réprimande en lui rappelant que c’est son travail de s’assurer que le patient respecte les consignes.
Alma, la femme d’Harry, arrive au moment où Chuck repart rejoindre Rodney, qui insiste pour continuer. Elle embrasse son mari et lui demande s’il est libre pour déjeuner. Il ne l’est pas, mais il a le temps d’aller boire un café à la « cafétéria ». Par cafétéria, il entend un marchand de café ambulant installé aux abords de l’hôpital.
Tout en sirotant leur café, Harry revient sur l’étrange appel téléphonique passé à New York. Alma lui dit qu’il n’est pas certain que Lew en soit l’auteur, mais Harry en est persuadé. Il précise qu’il ne l’a pas accusé et qu’il préfère attendre que son fils lui en parle de lui-même, sans pression.
Pendant qu’ils rendent leurs gobelets vides au marchand, Carolyn sort de l’hôpital et se dirige vers le square. Elle voit un bus s’arrêter en face de la banque et y monte. Le bus démarre.
Lew va voir Tom Winter, qui travaille, comme toujours, sur le bateau amarré au quai. Tom l’invite à monter à bord. Lew aimerait recevoir ses conseils.
— Je ne suis pas la meilleure personne pour ça, dit l’ancien révérend. Tu ferais mieux de te confier à ton père.
Lew le prend mal et se referme.
— Vous avez raison.
Il s’apprête à partir, mais Tom le retient.
— Tu crois que je ne voulais pas t’écouter parce que tu es noir et que je suis blanc ? Ce n’est pas ça, Lew. Je n’arrive simplement plus à donner des conseils.
Dans l’appartement situé derrière la taverne, Ada et Rita jouent aux cartes. Le téléphone sonne. Rita dit que si c’est Norman, elle ne veut pas lui parler.
Ada décroche. C’est un faux numéro. Elle revient à la table et se penche vers sa fille. Elle lui suggère de rentrer chez elle et de parler avec Norman. Mais Rita lui répond qu’elle a du mal à lui pardonner d’avoir pensé du mal de Betty et d’avoir voulu provoquer une rupture entre elle et Rodney. Elle remercie sa mère de la laisser dormir ici pour la nuit.
Carolyn sonne à la porte de l’appartement de son père, à Boston. Surpris de la voir, Fred lui ouvre et la laisse entrer. Il est heureux de la voir et la serre longuement dans ses bras. Il lui demande naturellement comment elle est venue jusqu’ici. Elle lui répond qu’elle a pris le bus.
Ils parlent de Marsha et de Jeff. Fred lui assure que sa mère l’aime profondément. Mais Carolyn lui répond qu’elle et Marsha n’ont plus rien à se dire. Elle aimerait venir vivre avec lui, car elle ne supporte plus vraiment sa mère en ce moment.
Le téléphone sonne. Fred répond. Charlie, son associé, souhaite obtenir quelques évaluations, notamment celle de River Road. Fred précise à Carolyn que cet appel concerne son travail.
Pendant que son père est au téléphone, Carolyn ouvre la porte d’une chambre et découvre une femme. Apparemment, ce n’est pas Donna Franklin, même si elle lui ressemble. Carolyn est surprise et profondément choquée.
Fred abrège la conversation et prend Carolyn par le bras pour la ramener au salon. Il referme la porte de la chambre. Il est très embarrassé que sa fille ait découvert la présence de cette femme.
Carolyn n’a plus qu’une envie : partir. Elle comprend enfin. Elle avait toujours pensé que sa mère était responsable du divorce. Ce soir, elle réalise que la faute incombe à son père, et non à Marsha.
Fred tente de la retenir. Il ne veut pas qu’elle reparte seule alors qu’il fait nuit. Mais Carolyn refuse. Elle veut partir immédiatement. Et c’est ce qu’elle fait, en claquant la porte.
Lew MilesHarry MilesTom WinterRita HarringtonFred Russell
Il y a quelques jours, dans le couloir de l’hôpital de Peyton Place, le jeune Lew Miles a confié à son père, le Dr Harry Miles, qu’il souhaitait reprendre son projet scientifique. Une décision qui a redonné de l’espoir au Dr Miles : peut-être, finalement, Lew deviendrait-il médecin.
À présent, Lew se trouve avec les autres élèves de la classe de sciences de Mlle Gladys Roberts. Mais le jeune homme mène un combat plus intime : apprendre à se connaître lui-même.
À l’hôpital de Peyton Place, dans le laboratoire de sciences, Gladys Roberts entre dans la salle.
Le laboratoire est rempli de bouteilles en verre, de produits chimiques et de flacons. Une table périodique est accrochée au mur. L’hôpital prête cette salle aux élèves du lycée pour leur projet scientifique.
Carolyn, Lew, Dennis et Pat ont été retenus pour le projet. Lew, qui a accepté d’y participer, n’est guère enthousiaste et semble absorbé par ses pensées.
Mlle Roberts leur annonce qu’ils devront travailler en binômes. Le projet exige un travail long et minutieux. Elle a établi un planning strict : ils devront venir travailler ici trois fois par semaine, de dix-sept à dix-neuf heures.
Les binômes sont tirés au sort. Lew travaillera avec Carolyn, tandis que Dennis fera équipe avec Pat.
Les élèves quittent le laboratoire et proposent d’aller boire quelque chose ensemble. Lew décline et dit qu’il reste à l’hôpital, prétextant vouloir observer son père au travail. Une fois seul dans le couloir, il se dirige vers un téléphone. Il appelle le Harper Hospital, à New York, en s’identifiant comme le Dr Miles. Il demande des nouvelles d’un patient nommé E. J. Cunningham. L’infirmière lui répond que son état est stable. Lew demande s’il est toujours dans le coma. Agacée, elle répète qu’il n’y a aucun changement. Lew la remercie, raccroche et s’en va.
Plus tard, le Dr Miles découvre qu’un appel longue distance vers New York a été passé à ses frais.
Au bureau des renseignements, il croise le Dr Rossi, qui lui confirme que Lew était présent à l’hôpital : les élèves de sciences utilisent le laboratoire du sous-sol pour leurs expériences.
Mike retourne à son bureau et y trouve Marsha. Elle est bouleversée et se jette dans ses bras. Elle lui explique que Fred a découvert la relation entre Carolyn et Jeff, et qu’il est si furieux qu’il veut récupérer la garde de leur fille.
— C’est ridicule, dit le médecin. C’est toi qui en as la garde.
— Il veut la contester devant le tribunal.
Elle lui dit qu’elle n’a pas le choix : ils doivent rompre. Fred pourrait utiliser sa relation avec Mike pour la discréditer au tribunal, en affirmant qu’elle donne le mauvais exemple à sa fille.
Michael refuse l’idée de la rupture. Il tient trop à Marsha. Elle le regarde, en larmes.
— Tu crois que ça me réjouit ? Tu crois que je veux te perdre ?
Mike entrevoit une autre solution.
— On pourrait se marier ?
Marsha répond qu’on ne se marie pas pour régler un problème. Mais elle est touchée par sa proposition et l’embrasse.
Dans le couloir du lycée, Jeff rattrape Carolyn. Il veut savoir ce qu’elle a dit à son père. Carolyn fait demi-tour et s’enfuit en courant : elle ne veut pas en parler. Jeff la suit.
À l’extérieur, il lui confie à quel point il s’est senti humilié lorsque Fred a débarqué au Shoreline pour lui hurler dessus. Il pense qu’il serait peut-être préférable qu’ils voient d’autres personnes, afin d’apaiser la situation.
Carolyn est profondément blessée par cette suggestion. Elle ne veut voir personne d’autre.
Rodney est installé dans une baignoire d’eau chaude. Le thérapeute Chuck Atwell l’aide à se concentrer sur ses exercices. Norman et Rita viennent lui rendre visite.
Norman fait quelques allusions maladroites au fait que Rodney va devenir riche.
— C’est quoi le problème de ton mari ? demande Rodney à Rita.
— Je crois qu’il est nerveux. Il a rendez-vous chez le dentiste pour se faire arracher une dent. D’ailleurs, il faut qu’on y aille, il va être en retard.
Ils prennent congé de Rodney et se dirigent vers l’ascenseur.
— Pourquoi as-tu dit que j’avais rendez-vous chez le dentiste ? Ce n’est pas vrai, proteste Norman.
— J’ai eu l’impression que la conversation allait dégénérer, explique Rita.
Elle lui demande pourquoi il agit ainsi. Norman lui répond que tout vient de Betty.
— Norman, ne recommence pas avec Betty et Steven.
— J’ai essayé de croire qu’elle aimait mon frère. J’ai presque réussi. Mais la seule raison pour laquelle elle a épousé Rodney, c’est l’héritage de mon grand-père. Tu le sais.
— Je ne sais rien du tout. Et si tu dis un seul mot de ça à Rodney…
— C’est pourtant la vérité. Ce qui pourrait arriver de mieux à Rod, ce serait de se séparer de Betty. Le plus tôt sera le mieux.
Rita est furieuse.
À l’extérieur, Norman lui confie que Betty l’a appelé pour lui demander d’accrocher un grand tableau dans son salon : le portrait qui trônait autrefois au-dessus de la cheminée du petit salon du manoir. Un cadeau que Martin avait fait à Steven pour son anniversaire. Betty lui a dit qu’elle voulait ce portrait chez elle pour le retour de Rodney, afin qu’il se souvienne de son grand-père. Norman lui a répondu que cela lui rappellerait surtout Steven.
— Tu ne l’as pas accroché, au moins ? demande Rita.
— Bien sûr que non. Je suis parti. Mais ensuite, j’ai réfléchi. Si Rod voit ce portrait à son retour, il pensera exactement ce que je pense. Alors je suis revenu. Betty n’était pas là. J’ai accroché le tableau.
Norman est convaincu que plus vite Rodney découvrira la véritable nature de sa femme, plus vite il pourra tourner la page.
Rita secoue la tête.
— Tu as perdu la tête, Norman.
Au Cider Barrel, Lew nettoie les tables, puis s’arrête pour lire un journal qu’un client a laissé derrière lui. Un article attire son attention.
Le Dr Miles entre pour lui parler. Lew lui sert un verre de cidre. Le médecin lui explique que quelqu’un a utilisé son nom pour passer un appel longue distance vers New York.
Lew répond que ce n’est sûrement rien, probablement une erreur. Harry suppose alors qu’un des élèves du projet de sciences a pu profiter de sa présence à l’hôpital pour appeler un ami à New York.
— Bien sûr, plaisante Lew. C’est toujours la faute des jeunes.
La conversation s’arrête là. Harry ne l’accuse pas ; il préfère sans doute que son fils lui avoue lui-même la vérité. Il le remercie pour le cidre. Lew lui propose une bouteille pour la famille, ce soir. Harry refuse.
Une fois son père parti, Lew frappe violemment du poing sur la table.
Lew MilesMike RossiJeff KramerRodney, Norman, Rita HarringtonLew et Harry Miles
Fred Russell est revenu à Peyton Place. Il a été appelé par la femme dont il a divorcé quelques mois plus tôt, Marsha Russell, qui ne se sentait pas capable de gérer l’engagement — peut-être un peu trop mûr — de leur fille avec l’un des musiciens du Shoreline. Ce soir, Fred a décidé de prendre les choses en main. À sa manière, une manière froide.
Fred Russell est sur le quai. Il se dirige vers le Shoreline et y entre.
Au Shoreline, le groupe de Jeff interprète un morceau. Les adolescents bavardent entre eux. Une fois la chanson terminée, Jeff s’installe à une table avec quelques fans. Il porte son horrible costume de scène, qui le fait ressembler à un membre d’équipage d’un vaisseau spatial dans une mauvaise série de science-fiction.
Fred s’approche de lui. Il se présente et Jeff lui serre la main. Fred veut lui parler en tête-à-tête ; ils vont au comptoir. Le père de Carolyn lui paie un verre et dit au barman qu’il offre aussi une tournée à ceux qui sont avec Jeff.
Les amabilités terminées, Fred lui demande, de but en blanc, quel type de relation il entretient avec sa fille. Jeff parle d’une « relation insouciante ». Il se sent bien avec elle, mais il n’est pas engagé à fond. Fred lui répond que son ex-femme se fait du souci et pense qu’il y a plus, entre lui et Carolyn, qu’un simple flirt. Jeff suppose que cela vient du soir où Marsha les a vus sur le canapé en train de s’embrasser. Il précise qu’ils ne comptaient pas aller plus loin.
Cela suffit à Fred pour comprendre les intentions de Jeff. Il comprend surtout que le jeune homme n’est pas sincère. Il lui ordonne de ne plus voir Carolyn. Il hausse la voix lorsque Jeff proteste et se fait menaçant. Persuadé d’avoir été clair, Fred s’en va.
Norman se rend chez Betty. Elle demande à son beau-frère d’accrocher le portrait d’elle-même, celui qui vient du manoir Peyton. Elle lui dit qu’elle l’a laissé dans la voiture. Norman va le chercher et, lorsqu’il découvre le tableau, il lui demande si c’est une blague. Il lui dit qu’elle ne peut pas garder ça ici.
— Betty, c’est un cadeau que mon grand-père a fait à Steven.
— Il n’est plus à Steven. Il est à moi maintenant.
— Ce n’est pas sain. C’est comme une mauvaise blague.
Betty s’obstine et répète que cette toile lui appartient. Selon elle, l’accrocher chez elle, c’est rendre hommage à Martin.
Mais Norman pense qu’elle ferait mieux de mettre ce portrait au fond d’un placard si elle veut préserver son mariage. Que va penser Rodney en voyant, sous son nez, le cadeau de Martin à Steven ?
Betty entend l’irritation dans la voix de Norman, mais elle n’en fait qu’à sa tête. Elle lui dit qu’elle trouvera quelqu’un d’autre pour accrocher le tableau.
Norman ne demande pas mieux. Il laisse tomber le portrait au sol, puis s’en va en lui disant qu’il ne l’a jamais vraiment comprise… et qu’il ne la comprendra sans doute jamais.
Fred se rend chez Marsha pour lui parler de Jeff et de Carolyn. Elle est surprise de le voir à une heure aussi tardive et lui dit que Carolyn est au cinéma.
Fred entre dans le salon et lui annonce qu’elle avait raison : Carolyn a bien une liaison avec Jeff. Marsha est bouleversée. Même si elle s’en doutait, elle est anéantie d’apprendre que Carolyn lui a menti.
Fred lui dit que, de toute évidence, elle n’arrive pas à élever correctement leur fille. Selon lui, tout cela ne serait jamais arrivé s’il avait été là. Il affirme qu’il a déménagé à Boston justement pour que Marsha puisse refaire sa vie ici.
Marsha hausse la voix.
— Si quelqu’un a donné le mauvais exemple dans cette affaire, c’est bien toi. Comment crois-tu qu’elle réagirait si elle découvrait les vraies raisons de notre divorce ?
Ils se reprochent tout. Fred est persuadé que la liaison — connue de tous — de Marsha avec Michael Rossi a joué un rôle majeur dans le comportement de Carolyn.
Pour « protéger » leur fille, il annonce que Carolyn va venir vivre avec lui à Boston. Marsha refuse. Fred rétorque que le tribunal sera probablement d’accord avec lui. Il compte demander la garde de Carolyn. Et, selon lui, il n’en aura même pas besoin : Carolyn aura le dernier mot et choisira de venir vivre à Boston.
— Tu te fais des idées si tu penses que Carolyn ira vivre avec toi, souffle Marsha.
— C’est ce que nous verrons.
Il s’en va, furieux.
À l’hôpital, Rodney essaie de marcher en s’aidant de barres parallèles — le genre d’appareil qu’on associe aux champions de gymnastique. Il fait un aller, et Chuck Atwell lui dit que c’est un bon début : c’est suffisant pour aujourd’hui. Mais Rodney veut faire le retour. Il y parvient, sous les applaudissements de Betty.
Betty échange quelques mots avec le thérapeute et lui demande si ce « Golden Boy » — comme elle surnomme Rodney — lui donne du fil à retordre. Chuck avoue qu’il est d’une sacrée ténacité quand il s’y met. Sans s’en rendre compte, Betty utilise ce terme pour Rodney, un terme que Joe Chernak et Lee Webber employaient souvent à son sujet.
Elle embrasse Rodney et s’en va.
Rodney refait un parcours aux barres… mais il chute.
— Relevez-vous ! ordonne Chuck.
— Je ne peux pas, se plaint Rodney.
Il essaie tant bien que mal de se redresser.
Norman va voir Steven dans son bureau en forçant le passage devant Mlle Nolan. Il fait des reproches à son demi-frère au sujet de Betty. Steven lui répond qu’il dérange sa secrétaire en entrant comme ça, puis lui demande ce qu’il veut. Il comprend vite : le portrait.
Norman veut que Steven récupère le tableau. Steven rétorque que c’était l’idée de Betty de le ramener chez elle : c’est elle qui l’a voulu. Norman lui répond que Steven en est le propriétaire : il lui appartient, et il peut donc le reprendre à Betty.
Steven dit qu’il n’a pas le temps. Si Norman veut qu’il récupère le portrait, il n’a qu’à le faire envoyer ici : Steven se chargera ensuite de le rapatrier au manoir.
Norman lui dit que Steven est néfaste, qu’il cherche toujours à se glisser entre Rodney et Betty et ne manque jamais une occasion. Avant de partir, il ajoute que Betty et Steven se ressemblent : tous les deux aiment manipuler les gens.
Betty gare la voiture devant sa maison. Elle sort du véhicule avec un sac de provisions et remonte l’allée enneigée. Dans la cuisine, elle pose le sac sur le comptoir et appelle Eli Carson au téléphone — elle connaît par cœur le numéro de la pension de famille, semble-t-il.
Betty lui demande s’il peut venir accrocher un grand tableau chez elle et le prévient que la toile est lourde. Puis elle se tourne vers le salon… et découvre, stupéfaite, que le portrait est déjà accroché.
Elle remercie tout de même Eli et raccroche.
Fred RussellBetty HarringtonMarsha RussellRodney HarringtonSteven Cord
Aujourd’hui, Betty Harrington prend le pouvoir. Tandis que les habitants de la ville se rendent à la chapelle pour rendre un dernier hommage à Martin Peyton, Betty se place elle-même dans une position d’autorité. Elle veut faire comprendre aux citoyens de Peyton Place qu’elle et son mari, Rodney, vont hériter d’une vaste fortune et que, d’une manière singulière, les jeunes Harrington vont prendre la place de Martin Peyton. Pendant que les gens se pressent devant l’église, le Dr Miles se dirige vers l’endroit où il travaille : l’hôpital.
Les gens entrent dans la chapelle.
Sur le square, le Dr Miles croise Rodney, en fauteuil roulant, qui se dirige vers la chapelle en compagnie de Norman et Rita.
— Toutes mes condoléances, dit Harry à la famille.
— Merci, Dr Miles, répond Rodney. Vous ne connaissiez pas mon grand-père, je crois ?
Le Dr Miles hoche la tête.
— Nous nous sommes rencontrés une fois.
Puis le médecin reprend le chemin de l’hôpital.
Fred Russell emmène sa fille Carolyn déjeuner au Colonial. Il lui confie qu’il n’a jamais vu l’établissement aussi vide : c’est sans doute à cause des funérailles de Martin Peyton. Il a lu dans un journal de Boston que c’était aujourd’hui.
Carolyn commande un club-sandwich et un verre de lait. Elle demande des nouvelles de la petite amie de Fred, Donna Franklin. Il répond que Donna est quelqu’un de bien, mais que ce n’est qu’une amie.
Pour lui prouver qu’elle a mûri, Carolyn lui dit qu’elle ne voit pas d’inconvénient à ce qu’il fréquente Donna. Il est divorcé et a le droit de vivre sa vie.
Ils en viennent ensuite à Marsha et à ce qu’elle pense de la relation entre Carolyn et Jeff. Marsha croit qu’ils ont une aventure. Carolyn nie et ajoute qu’elle se doutait que sa mère imaginait une telle chose.
Fred aborde ensuite l’école et lui demande comment ça se passe. Carolyn lui parle du projet de sciences et du fait que Lew est premier de la classe. Elle trouve dommage qu’il abandonne.
On devine que Fred n’apprécie pas beaucoup les Afro-Américains.
Les gens venus assister à l’office quittent l’église. Rodney, Norman et Betty sortent à leur tour : le service est terminé.
Betty dit à Rodney qu’elle va s’assurer que tout est en ordre et qu’elle revient tout de suite. Elle retourne dans la chapelle et parle avec William Kennerly Sr., l’avocat de Martin Peyton.
Il lui assure que tout est en ordre concernant les dispositions et qu’ils procéderont bientôt à la lecture du testament. Betty lui demande combien de temps il faudra avant la convocation.
— J’en ai bien peur, répond l’avocat. Les termes du testament sont complexes.
Kennerly apprécie peu l’impatience de Betty, tout comme les ordres qu’elle lui donne.
— Est-ce que ce sera tout ? demande-t-il, sarcastique.
Betty répond oui, et ils quittent ensemble la chapelle.
Steven Cord et Susan Winter ont assisté ensemble aux funérailles de Martin Peyton. Ils reviennent dans la chapelle et échangent quelques mots.
— Quand j’étais avec Tom, j’avais voulu faire installer un bar ici, plaisante Susan. Mais je ne sais pas pourquoi, Tom n’a pas voulu.
Steven lui fait remarquer que les funérailles ont été simples, dans une petite chapelle. Simple et petit : cela ne ressemblait pas à Martin Peyton.
Susan souligne alors que Betty a pris le pouvoir et s’en sort très bien dans son nouveau rôle. Steven avoue qu’il se battra à sa manière, avec ses propres armes, et qu’il prendra son temps.
Derrière Steven, on aperçoit le vitrail réalisé à la mémoire de Catherine Harrington.
Betty et Hannah Cord sont dans la limousine. Le chauffeur ramène Betty chez elle. La voiture s’arrête devant la maison. Betty descend et salue Hannah froidement, puis donne ses instructions au chauffeur : une fois madame Cord reconduite à Boston, il devra rester à sa disposition, car elle pourrait avoir besoin de lui prochainement.
Le chauffeur propose de raccompagner Betty jusqu’à la porte, mais elle décline.
— Ramenez plutôt Mme Cord à Boston, dit-elle avec dédain.
Betty entre, enlève son manteau. Elle est vêtue de blanc, ce qui fait mauvais effet pour un jour de funérailles. Elle monte à l’étage, sort une boîte à bijoux de son armoire, l’ouvre et essaie un collier.
Betty entend alors la porte d’entrée s’ouvrir et se refermer.
Sans y être invitée, Hannah est entrée dans la maison. Betty redescend.
— Tout est question de classe, dit Hannah.
Betty ne comprend pas.
— Quoi ?
Hannah sourit méchamment.
— Prendre le pouvoir. Tu es tombée dedans, Betty.
Elle parle de Martin Peyton, raille Betty. Betty n’en peut plus et lui demande de partir. Hannah continue pourtant.
— Je suis fascinée par ton approche des choses.
— S’il vous plaît, Hannah, je vous ai demandé de partir.
— Tu aurais pu jouer la femme éplorée par la mort de ton grand-père par alliance… mais tu as choisi d’être la femme forte : celle qui s’occupe des funérailles, des démarches, de tout. Tu aurais pu pleurer Martin Peyton avec les amis et la famille. Mais tu es seule, ici. Sans personne.
— Très bien. Je suis une manipulatrice. J’ai pris le contrôle et je veux l’héritage. Maintenant que les choses sont claires, vous pouvez partir, Hannah.
— Combien de millions vas-tu recevoir ? Oh, allez… je suis sûre que tu as déjà une idée.
— Je détecte une note de jalousie.
— Non.
— Combien vous a-t-il laissé, Hannah ?
— Suffisamment.
— Mais vous êtes habituée à un grand train de vie.
Hannah explose.
— Tu as pris le pouvoir aujourd’hui sous le nez de Steven ! Tu l’as humilié ! Moi, je voulais que la fortune revienne à Steven.
— Humilié ?
— C’est le fils le plus âgé de Martin. C’est lui qui aurait dû s’occuper des démarches, recevoir les invités. Au lieu de ça, tu l’as traité comme s’il n’était que le petit garçon de la famille. Je t’ai prévenue : j’avais annoncé la mort de Martin à Steven en premier. Je voulais qu’il s’occupe de tout.
Elle s’avance vers Betty.
— Martin Peyton est mort. Mais moi, je suis encore en vie… et je vais beaucoup m’amuser à te voir prendre les mauvaises décisions.
Hannah s’en va. Betty lui claque la porte au nez.
Le Dr Miles rentre à la maison. Dans le salon, Alma danse sur de la musique et s’esclaffe en le voyant l’observer. Il l’embrasse. Il lui parle des funérailles de Martin Peyton, un homme très riche qui aurait pu donner davantage à l’hôpital de son vivant.
Lew les rejoint et demande de quoi ils parlaient. Harry répond qu’il en veut à Martin de ne pas avoir davantage financé la clinique qu’il dirigeait il y a cinq ans. Lew estime plutôt que c’est la faute de son père, qui s’est retiré. Harry lui explique que la clinique n’était financée que par des dons, et que Martin Peyton n’a jamais été généreux : il préférait investir dans l’art afin d’être exonéré d’impôts.
Alma intervient : il n’est pas bon de critiquer un mort. Lew continue et lance que son père devrait soigner les Noirs au lieu de tourner autour du petit-fils de Martin Peyton.
Harry fait asseoir Lew.
— Maintenant, tu vas m’écouter, fiston. Je suis un homme noir depuis bien plus longtemps que tu n’es un garçon noir. Si tu ne veux pas d’une carrière médicale, très bien. Mais n’essaie pas de me dire comment être médecin.
Au manoir Peyton, Betty et Steven discutent devant le portrait de Betty, qui trône toujours au-dessus de la cheminée.
— Enlève-le, ordonne Betty.
— Ça ne va pas être facile, répond Steven.
— Tu n’as qu’à prendre une échelle.
Steven rappelle que ce tableau représente beaucoup : c’était son cadeau d’anniversaire. Il lui demande de s’asseoir une minute pour parler.
— Il y avait une petite échelle de bibliothèque quelque part…
— Elle est toujours là, dit Susan.
Betty et Steven se retournent. Susan est installée dans un fauteuil. Ils sont surpris : ils ne l’avaient pas vue. Susan se lève et va chercher la petite échelle.
— Enlevez donc cette peinture cramoisie. Peut-être qu’il y a un coffre-fort derrière.
— Fermez-la, dit froidement Betty.
Betty s’en va. Susan suggère à Steven de dessiner des moustaches sur le portrait de Betty. Puis ils se rapprochent l’un de l’autre.
Steven fixe le tableau. Il dit alors que Betty faisait figure de remplaçante de sa fille Catherine aux yeux de Peyton. Finalement, Steven se décide à décrocher le portrait.
Carolyn RussellSusan Winter, Steven CordBetty HarringtonHannah CordHarry Miles
Martin Peyton est mort. Sa disparition était prévisible. Toujours est-il que la ville qui porte le nom de sa famille est sous le choc. Le corps est accompagné par Betty Harrington, appelée à devenir la principale héritière de l’empire Peyton. Tous ceux qui vivent depuis longtemps à Peyton Place connaissent l’impact qu’a eu Martin Peyton sur la ville. Et maintenant qu’il n’est plus, les habitants doivent trouver une nouvelle source de stabilité, ou peut-être une nouvelle source de rancœur. Betty a souvent eu l’habitude de trôner dans cette limousine lorsqu’elle était maîtresse de maison au manoir Peyton, à l’époque où elle était mariée à Steven Cord. Aujourd’hui, elle se retrouve à nouveau dans cet imposant véhicule, seule, se projetant dans une position d’autorité, dominant la ville, maniant avec aisance les subtilités du comportement humain qu’elle a apprises auprès de Peyton lui-même. Pendant ce temps, son mari l’attend à l’hôpital, pressant nerveusement le dernier cadeau qu’elle lui a offert : une balle de tennis sur laquelle est inscrit : La finalité, c’est l’amour.
Le corbillard avance lentement dans les rues de la ville, transportant le corps de Martin Peyton. La limousine de Betty Harrington le suit.
Betty se rend à l’hôpital pour voir Rodney. Elle l’informe qu’elle a parlé à Steven. Il était prêt à partir à Boston pour s’occuper des funérailles, mais elle a préféré prendre cette responsabilité elle-même.
Rodney dit à Betty qu’il est persuadé que Steven l’aime toujours. Elle lui rétorque qu’elle est enfin ce qu’elle a toujours voulu être : la femme de Rodney. Elle l’embrasse avant de partir.
Rodney jette la balle de tennis portant l’inscription : La finalité, c’est l’amour.
Nous sommes dans la salle de classe de sciences de Gladys Roberts. Une table périodique est accrochée au mur, indiquant clairement qu’il s’agit d’un cours de chimie.
Les élèves observent des animaux en cage avant l’arrivée de leur professeure. Lorsque madame Roberts entre, les élèves prennent place à leur bureau. C’est la première fois dans la série qu’une scène se déroule dans une salle de classe.
Madame Roberts annonce une excellente nouvelle : la classe a été sélectionnée pour participer au championnat régional de sciences. Si leur projet remporte la première place, il sera qualifié pour le championnat national. Les élèves accueillent la nouvelle avec enthousiasme, à l’exception de Lew, assis au premier rang aux côtés de Pat, une jeune fille aux cheveux roux.
Les élèves se lèvent tour à tour pour donner leur impression sur le projet. Dennis, assis à côté de Carolyn, commence, puis passe la parole à Pat, qui la donne à son tour à Lew.
Mais Lew ne se lève pas. Il annonce à madame Roberts qu’il abandonne le projet, que cela ne l’intéresse plus. L’enseignante est choquée par cette déclaration, d’autant plus que Lew est le meilleur élève de la classe et sans doute le plus investi dans le projet.
Pour éviter de l’embarrasser davantage, Carolyn se lève et prend la parole. À la fin du cours, madame Roberts souhaite parler à Lew et lui demande les raisons de son retrait. Il se contente de répéter que cela ne l’intéresse plus, puis s’en va. L’enseignante tente alors d’interroger Carolyn, mais celle-ci ignore pourquoi Lew agit ainsi.
À l’extérieur, Carolyn appelle Lew, mais il l’ignore et s’éloigne. Jeff rejoint Carolyn et lui demande ce qui ne va pas avec Lew. Elle lui explique qu’il abandonne le projet de sciences alors qu’il y tenait énormément avant son séjour à New York.
Carolyn lui confie que Marsha se pose des questions à leur sujet et pense qu’ils couchent ensemble. Elle aimerait que Jeff aille parler à sa mère, mais il refuse. Il dit ne pas être prêt pour le mariage et insinue qu’il fréquente Carolyn uniquement pour passer du bon temps, ce qui la met en colère.
Dans son bureau, le Dr Harry Miles a une conversation sérieuse avec son fils. Il lui explique combien il lui a été difficile d’atteindre la position qu’il occupe aujourd’hui. Mais tout ce que Lew perçoit, dans ce bureau élégant, c’est ce que son père a gagné de ses propres mains.
Occuper une position sociale élevée n’est pas facile lorsqu’on est Afro-Américain, et Harry tente d’encourager son fils à poursuivre ses études avec sérieux. Lew lui répond que ce n’est pas parce qu’il a abandonné le projet de sciences qu’il n’est plus intéressé par l’école. Il n’y voit pas matière à dramatiser.
Mais Harry ne parle pas du projet. Il veut comprendre pourquoi son fils semble moins enthousiaste à l’idée de devenir médecin. Il est persuadé qu’il s’est passé quelque chose à New York que Lew refuse de lui raconter. Il lui demande si cela a un lien avec la jeune fille qui a téléphoné chez eux récemment.
— Qui est cette fille ?
— Je ne sais pas, papa ! Elle n’a pas laissé son nom !
Harry souhaite que son fils lui parle honnêtement. Lew hausse les épaules.
— Les choses ont changé.
— C’est vrai. Les choses ont changé, et tu peux aider à les faire changer toi aussi.
— Comment ? En étant premier de la promotion ? En devenant médecin ?
— Et qu’y a-t-il de mal à être un bon médecin noir ?
Harry lui demande de l’accompagner. Il veut lui montrer quelque chose d’important.
Ils se rendent ensemble dans la chambre d’hôpital de Rodney. Le patient se trouve avec le Dr Rossi et Betty. L’ambiance y est plutôt bonne.
Mike informe le Dr Miles que Rodney ressent quelque chose au niveau de la plante des pieds. Il tend un stylo à Harry, qui l’utilise pour tester la sensibilité. Il constate que Rodney a retrouvé une sensibilité au niveau de son pied droit. Ce n’est que la plante du pied, mais c’est un excellent début.
Betty et Rodney sont ravis, et les médecins les encouragent. Harry présente Lew à Rodney. Ils se serrent la main. Rodney dit à Lew qu’il peut être fier de son père, car c’est un excellent médecin.
Les médecins et Lew quittent la chambre, laissant Rodney et Betty seuls. Rodney demande à Betty de lui rapporter une paire de pantoufles.
Exaltée, Betty se met à faire des projets. Elle aimerait aller vivre à Boston, voyager, parcourir le monde.
— Avec l’argent de grand-père ?
— Avec notre argent.
Betty lui confie qu’elle n’a désormais plus aucun scrupule à accepter cet héritage. Elle veut en profiter et faire profiter Rodney de cette nouvelle vie.
Marsha fait entrer Fred chez elle. Elle est nerveuse et le remercie d’être venu si rapidement. Fred espère que ce n’est pas pour rien, car il a manqué un rendez-vous important à Boston.
— Je ne t’aurais pas appelé si ce n’était pas important, plaide Marsha.
— Tu m’as dit au téléphone que ça l’était. Et Carolyn est notre fille à tous les deux. S’il y a un problème, je veux être là.
Marsha se tourne vers la cheminée pour éviter le regard de son ex-mari. Elle avale difficilement sa salive.
— Carolyn…
— Quoi ? Elle s’est mariée avec un homme qui a six enfants ?
— Carolyn a une liaison avec quelqu’un.
Ils s’assoient sur le canapé.
— Comment le sais-tu ? demande Fred.
— Parce que je suis sa mère.
— Commence par le début.
Marsha lui explique que leur fille s’est lancée dans une relation pour plusieurs raisons, aucune n’ayant trait à l’amour. La principale est la relation que Marsha entretient elle-même avec Mike Rossi.
— Que t’a-t-elle dit ?
— Rien.
— Avec qui crois-tu qu’elle a une liaison ?
— Est-ce important ?
— Oui.
— Jeff Kramer.
Fred se lève et fait les cent pas.
— Depuis combien de temps cela dure-t-il ?
— Je ne sais pas.
Il lui reproche de n’avoir aucune preuve tangible, mis à part son intuition maternelle. Marsha lui raconte alors qu’elle les a surpris ensemble sur le canapé, un soir où ils pensaient qu’elle n’était pas à la maison.
— Ils faisaient l’amour ?
— Ils s’y préparaient.
Fred tente de relativiser, suggérant qu’ils se contentaient peut-être de s’embrasser. Mais Marsha ajoute que Mike les a vus se rendre seuls au Shoreline.
Fred remarque que le nom de Mike Rossi revient souvent dans la discussion.
— Nous parlions de Carolyn, répond Marsha.
— Non. Nous parlions de ta version de Carolyn, et de celle de Mike Rossi. Mais tu n’as aucune preuve.
Fred s’emporte, estimant que Marsha réagit de manière excessive à de simples soupçons. Puis, voyant qu’elle est profondément bouleversée, il se calme.
— Marsha, je sais que la situation n’est pas idéale. Toi ici, moi à Boston. Mais tu ne peux pas m’appeler chaque fois que Carolyn rentre tard. Tu dois lui faire confiance.
— C’est facile à dire pour toi, qui vis ta vie à Boston.
— C’est toi qui as obtenu sa garde.
— Tu dis ça comme si c’était une punition. Tu ne vas pas lui parler, n’est-ce pas ?
— Si. Mais à ma manière.
— Merci.
— Je reste dans le coin et je te tiendrai au courant.
Fred attrape son manteau et s’en va.
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