Return to Peyton Place (1961)
Titre français : Les Lauriers sont coupés
Réalisation : José Ferrer
Scénario : Ronald Alexander
D’après le roman : Return to Peyton Place de Grace Metalious
Production : Jerry Wald
Distribution : Twentieth Century-Fox
Durée américaine : 122 minutes
Sortie américaine : 5 mai 1961
Sortie française : 20 octobre 1961
Présentation
Sorti quatre ans après Peyton Place (Les Plaisirs de l’enfer), Return to Peyton Place constitue la suite cinématographique directe du film de 1957.
Le scénario, écrit par Ronald Alexander, adapte le second roman de Grace Metalious, Return to Peyton Place, publié en 1959.
Cette fois, Allison MacKenzie n’est plus seulement une jeune femme rêvant de devenir écrivain : elle a écrit un roman inspiré de Peyton Place et de ses habitants. Sa publication déclenche un scandale dans sa ville natale, chacun reconnaissant derrière les personnages fictifs des secrets que la communauté aurait préféré voir rester cachés.
Le film développe ainsi une idée particulièrement intéressante : Peyton Place devient, à l’intérieur même de la fiction, le sujet d’un livre scandaleux, créant un évident jeu de miroir avec Grace Metalious et son propre roman.
Fiche technique
| Fonction | Crédit |
| Titre original | Return to Peyton Place |
| Titre français | Les Lauriers sont coupés |
| Année | 1961 |
| Pays | États-Unis |
| Genre | Drame / Mélodrame |
| Réalisation | José Ferrer |
| Scénario | Ronald Alexander |
| D’après le roman de | Grace Metalious |
| Production | Jerry Wald |
| Producteur associé | Curtis Harrington |
| Sociétés de production | Jerry Wald Productions / Associated Producers |
| Distribution | Twentieth Century-Fox Film Corporation |
| Photographie | Charles G. Clarke |
| Montage | David Bretherton |
| Musique | Franz Waxman |
| Orchestration | Leonid Raab |
| Direction artistique | Jack Martin Smith / Hans Peters |
| Décors | Walter M. Scott / Fred M. MacLean |
| Costumes | Don Feld |
| Maquillage | Ben Nye |
| Coiffures | Helen Turpin |
| Son | Bernard Freericks / Warren B. Delaplain |
| Couleur | De Luxe |
| Format | CinemaScope |
| Son | Westrex |
| Durée AFI | 122 minutes |
| Première à New York | 5 mai 1961 |
| Sortie française | 20 octobre 1961 |
Résumé
Plusieurs années ont passé depuis les événements de Peyton Place.
Allison MacKenzie a réalisé son rêve : elle est devenue écrivain.
Son premier roman, largement inspiré de Peyton Place et de ses habitants, attire l’attention d’un important éditeur new-yorkais, Lewis Jackman, qui l’invite à New York afin de travailler avec lui sur la version définitive du manuscrit.
Jackman, homme séduisant et beaucoup plus âgé qu’Allison, comprend immédiatement le potentiel du livre. Il encourage la jeune femme à ne pas édulcorer son récit et à assumer pleinement ce qu’elle souhaite dire sur la petite ville où elle a grandi.
Mais leur relation devient progressivement personnelle.
Allison tombe amoureuse de Lewis.
Le problème est que celui-ci est marié.
Pendant ce temps, le roman paraît et devient un succès.
À Peyton Place, cependant, l’accueil est tout autre.
Les habitants reconnaissent rapidement leur ville et certains de leurs propres secrets derrière les personnages du livre. Beaucoup considèrent qu’Allison a trahi la communauté en exposant publiquement ce que chacun voulait conserver dans l’ombre.
Même sa mère Constance, désormais mariée à Michael Rossi, est d’abord profondément choquée.
Le scandale prend une dimension politique lorsque Mike, directeur de l’école, refuse de retirer le roman de la bibliothèque scolaire.
Il est finalement renvoyé de son poste.
Une autre crise secoue parallèlement Peyton Place.
Ted Carter a épousé Raffaella, une jeune femme d’origine italienne.
Mais la mère de Ted, Roberta Carter, femme autoritaire, snob et profondément intolérante, déteste sa belle-fille.
Elle considère Raffaella comme indigne de son fils et fait tout pour détruire leur mariage.
Ted est incapable de s’opposer réellement à sa mère, ce qui laisse Raffaella de plus en plus isolée.
Enceinte, la jeune femme finit par quitter la maison après une nouvelle humiliation.
Bouleversée, elle se rend sur les pistes de ski et manque de provoquer une fausse couche.
Ted doit alors choisir entre l’emprise de sa mère et sa femme.
Selena Cross, quant à elle, porte toujours les blessures du passé.
Les événements qui ont entouré la mort de son beau-père Lucas et son procès continuent de la hanter.
Elle aime désormais Nils Larsen, moniteur de ski, mais se sent incapable de lui révéler complètement ce qu’elle a vécu.
Convaincue que son passé la rend indigne d’être aimée, Selena tente de repousser l’homme qui voudrait pourtant construire une vie avec elle.
Toutes ces tensions convergent vers une assemblée publique organisée à Peyton Place.
La question du roman d’Allison et du renvoi de Michael Rossi divise profondément la communauté.
Allison et Lewis Jackman reviennent assister à la réunion.
C’est finalement Constance qui prend publiquement la défense de sa fille.
Elle dénonce l’hypocrisie de ceux qui condamnent Allison simplement parce qu’elle a osé écrire la vérité sur leur communauté.
Elle s’en prend notamment à Roberta Carter, dont elle condamne le sectarisme et la cruauté.
Le rapport de forces bascule.
Mike Rossi est rétabli dans ses fonctions.
Ted trouve enfin le courage de tenir tête à sa mère et se réconcilie avec Raffaella.
Selena accepte finalement l’amour de Nils.
Quant à Allison, elle comprend que sa liaison avec Lewis Jackman ne peut lui apporter le bonheur.
Même si elle l’aime, elle refuse de construire sa propre vie sur la destruction du mariage d’un autre couple.
Plus mûre qu’au début de l’histoire, Allison renonce à Lewis.
Son retour à Peyton Place lui aura appris qu’exposer les secrets d’une communauté peut être nécessaire, mais que la vérité possède elle aussi un prix.
Distribution principale
Carol Lynley — Allison MacKenzie
Carol Lynley succède à Diane Varsi dans le rôle d’Allison.
La jeune fille idéaliste du premier film est désormais une véritable romancière.
Son livre sur Peyton Place constitue le moteur principal de l’intrigue.
Allison doit simultanément affronter les conséquences publiques de son œuvre et sa relation amoureuse avec son éditeur Lewis Jackman.
Jeff Chandler — Lewis Jackman
Puissant éditeur new-yorkais qui découvre le talent d’Allison.
Lewis l’encourage à écrire sans compromis et contribue à faire de son roman un succès.
Il devient également son amant potentiel.
Lewis est toutefois marié, ce qui oblige finalement Allison à choisir entre son désir et ses principes.
Eleanor Parker — Constance « Connie » Rossi
Eleanor Parker reprend le personnage incarné par Lana Turner dans le premier film.
Constance a désormais épousé Michael Rossi.
D’abord choquée par le livre de sa fille, elle finit par comprendre qu’Allison n’a fait que révéler l’hypocrisie que Peyton Place s’efforce depuis toujours de dissimuler.
Son intervention lors de l’assemblée publique constitue l’un des moments culminants du film.
Robert Sterling — Michael « Mike » Rossi
Robert Sterling succède à Lee Philips.
Mike est désormais marié à Constance.
Il occupe toujours une fonction importante dans l’enseignement et refuse de céder aux pressions exercées contre le roman d’Allison.
Son refus de retirer le livre de la bibliothèque scolaire lui coûte temporairement son poste.
Attention à la continuité
Comme dans le film de 1957, Michael Rossi n’est pas médecin.
Il appartient au monde de l’éducation.
Le Dr Michael Rossi interprété par Ed Nelson dans la série télévisée de 1964 constitue une nouvelle version du personnage.
Mary Astor — Roberta Carter
L’un des personnages les plus marquants du film.
Roberta est une femme riche, autoritaire, snob et possessive qui exerce une influence considérable sur son fils Ted.
Elle méprise sa belle-fille Raffaella, en particulier en raison de ses origines italiennes.
Roberta représente une grande partie de l’intolérance et de l’hypocrisie sociale que le film associe à Peyton Place.
Brett Halsey — Ted Carter
Fils de Roberta.
Ted aime Raffaella mais reste trop longtemps incapable de résister à l’emprise de sa mère.
Il doit progressivement devenir adulte et choisir entre l’autorité maternelle et son mariage.
Luciana Paluzzi — Raffaella Carter
Épouse italienne de Ted.
Raffaella subit continuellement le mépris et les humiliations de Roberta.
Enceinte, elle traverse une grave crise lorsque les manipulations de sa belle-mère menacent son mariage.
Luciana Paluzzi deviendra quelques années plus tard particulièrement célèbre grâce au rôle de Fiona Volpe dans Thunderball.
Tuesday Weld — Selena Cross
Tuesday Weld succède à Hope Lange dans le rôle de Selena.
Selena reste traumatisée par les violences qu’elle a subies et par les événements ayant conduit à la mort de Lucas Cross.
Elle est désormais amoureuse de Nils, mais son sentiment de honte l’empêche d’abord d’accepter cette nouvelle chance.
Gunnar Hellström — Nils Larsen
Moniteur de ski amoureux de Selena.
Il tente de lui faire comprendre que son passé ne change rien aux sentiments qu’il éprouve pour elle.
Les sources contemporaines présentent parfois le personnage sous différentes formes de nom — notamment Lars — mais Gunnar Hellström incarne bien l’homme qui permet à Selena d’envisager une vie nouvelle.
Un recasting pratiquement total
L’une des caractéristiques les plus frappantes de Return to Peyton Place est qu’il est censé être la suite directe du film de 1957, alors qu’aucun des principaux rôles récurrents n’est tenu par le même acteur.
| Personnage | Peyton Place (1957) | Return to Peyton Place (1961) |
| Allison MacKenzie | Diane Varsi | Carol Lynley |
| Constance MacKenzie | Lana Turner | Eleanor Parker |
| Michael Rossi | Lee Philips | Robert Sterling |
| Selena Cross | Hope Lange | Tuesday Weld |
Le spectateur doit donc accepter une véritable substitution de distribution tout en considérant qu’il s’agit des mêmes personnages.
Les grands absents du premier film
Plus surprenant encore, plusieurs personnages essentiels de Peyton Place disparaissent complètement de la suite.
Rodney Harrington
Rodney était mort pendant la Seconde Guerre mondiale dans le premier film.
Il n’est donc naturellement pas présent.
Betty Anderson
Betty était devenue la veuve de Rodney.
Elle ne joue aucun rôle dans Return to Peyton Place.
Leslie Harrington
Le père de Rodney ne constitue plus l’un des centres du récit.
Norman Page
Le jeune homme aimé d’Allison dans le premier film disparaît lui aussi.
La nouvelle intrigue sentimentale d’Allison est entièrement construite autour de Lewis Jackman.
Une suite du second roman de Grace Metalious
Le film adapte le roman Return to Peyton Place, publié en 1959.
Après le succès phénoménal de Peyton Place, Grace Metalious avait ainsi repris plusieurs de ses personnages pour raconter les conséquences du départ d’Allison et de sa carrière littéraire.
L’idée centrale possède une dimension fortement autobiographique.
Comme Grace Metalious elle-même, Allison écrit un roman révélant les secrets d’une petite communauté de Nouvelle-Angleterre et doit ensuite subir les réactions de ceux qui se sentent visés.
Il existe donc un jeu de miroir particulièrement évident entre Allison et Grace Metalious.
Allison devient en quelque sorte, à l’intérieur de la fiction, l’équivalent de la femme qui l’a créée.
Peyton Place devient un livre dans Peyton Place
C’est peut-être l’élément le plus fascinant de cette suite.
Dans le premier film, Allison rêve de devenir écrivain.
Dans le second, elle a effectivement écrit son roman.
Et ce roman décrit Peyton Place.
Les habitants découvrent donc une version fictive d’eux-mêmes et de leurs secrets.
Le film pose ainsi une question nouvelle :
Une communauté peut-elle reprocher à un écrivain d’avoir raconté la vérité simplement parce que cette vérité est dérangeante ?
Le scandale qui frappe Allison reproduit volontairement celui qui avait entouré Grace Metalious après la publication de Peyton Place.
La censure du livre d’Allison
Le roman d’Allison devient également l’objet d’un conflit sur la liberté intellectuelle.
Parce qu’il est considéré comme immoral par certains habitants, ceux-ci exigent son retrait de la bibliothèque scolaire.
Michael Rossi refuse.
Il estime qu’une école ne doit pas censurer un livre simplement parce que celui-ci dérange une partie de la population.
Son attitude lui vaut son renvoi.
Cette intrigue permet au film de déplacer une partie du conflit moral : il ne s’agit plus seulement de cacher les scandales de Peyton Place, mais de déterminer qui a le droit de raconter cette ville et qui peut décider de ce que les autres ont le droit de lire.
Roberta Carter : la nouvelle grande antagoniste
Alors que le premier film reposait largement sur la violence de Lucas Cross et les secrets de Constance, la suite possède une antagoniste beaucoup plus clairement définie :
Roberta Carter.
Mary Astor en fait une matriarche dominatrice qui incarne :
- le snobisme social ;
- le conformisme ;
- l’intolérance ;
- les préjugés envers les étrangers ;
- l’emprise maternelle ;
- l’hypocrisie morale.
Elle devient naturellement l’adversaire principale de Constance lors du grand affrontement public final.
La musique
Franz Waxman, déjà compositeur de la musique du film de 1957, revient pour cette suite.
Le film comporte également la chanson :
The Wonderful Season of Love
Musique : Franz Waxman
Paroles : Paul Francis Webster
Interprétation : Rosemary Clooney
Rosemary Clooney chante la chanson durant le générique.
Format et durée
Le film est de nouveau tourné en :
- CinemaScope
- couleurs De Luxe
- son Westrex
L’American Film Institute indique une durée de 122 minutes.
Certaines sources françaises donnent toutefois 1 h 58, soit 118 minutes.
Il est donc possible que la copie exploitée en France ait été légèrement plus courte ou que les bases françaises utilisent simplement une durée différente selon les copies disponibles.
Pour une fiche de référence, 122 minutes est la durée à privilégier puisque c’est celle enregistrée par l’AFI.
Sorties
États-Unis
5 mai 1961 — New York
Le film est distribué par la Twentieth Century-Fox.
France
20 octobre 1961
Titre français :
Les Lauriers sont coupés
Le distributeur français est également la Twentieth Century-Fox.
Le titre français
Le titre Les Lauriers sont coupés ne constitue évidemment pas une traduction littérale de Return to Peyton Place.
Il évoque l’expression et le titre littéraire français Les lauriers sont coupés, suggérant ici que le succès d’Allison et le prestige de Peyton Place cachent une réalité beaucoup moins glorieuse.
Comme Les Plaisirs de l’enfer pour le premier film, le distributeur français préféra donc un titre évocateur et mélodramatique plutôt qu’une traduction littérale telle que Retour à Peyton Place.
Production
Jerry Wald, producteur du premier film, produit également cette suite.
Le réalisateur change toutefois.
Mark Robson laisse la place à José Ferrer, acteur et réalisateur oscarisé.
Le scénario est confié à Ronald Alexander.
La photographie est assurée par Charles G. Clarke, tandis que David Bretherton, déjà associé au premier film, assure ici seul le montage.
La continuité esthétique avec le film de 1957 reste néanmoins évidente grâce au CinemaScope, aux couleurs De Luxe et au retour de Franz Waxman à la musique.
Un succès inférieur au premier film
Return to Peyton Place rencontre un véritable public mais ne reproduit pas le phénomène commercial de son prédécesseur.
Selon les chiffres aujourd’hui compilés par The Numbers :
- Peyton Place (1957) : environ 25,6 millions de dollars au box-office américain
- Return to Peyton Place (1961) : environ 10 millions de dollars
La suite reste donc rentable et obtient un résultat respectable, mais son impact est très inférieur à celui du film original.
Accueil critique
La réception critique est globalement moins enthousiaste que pour le premier film.
Le film est souvent considéré comme plus excessivement mélodramatique et moins subtil que Peyton Place.
La disparition de la distribution originale constitue également un handicap évident : le public retrouve les personnages, mais pas les visages auxquels il les associait.
Avec le temps, le film a parfois acquis une réputation de mélodrame particulièrement flamboyant, voire « camp ».
Cependant, plusieurs éléments restent intéressants, en particulier :
- la dimension autobiographique du parcours d’Allison ;
- le conflit autour de la censure de son livre ;
- l’affrontement Constance-Roberta ;
- le personnage de Selena ;
- la représentation de Peyton Place confrontée à sa propre image publique.
Pas de nouvelle moisson aux Oscars
Contrairement au premier film, qui avait obtenu neuf nominations aux Oscars, Return to Peyton Place ne connaît pas de parcours comparable lors de la saison des récompenses.
Le film de 1957 avait bénéficié du prestige d’un grand mélodrame hollywoodien ; la suite est davantage reçue comme un prolongement commercial du phénomène Peyton Place.
Différences importantes avec la future série télévisée
Comme le premier film, Return to Peyton Place appartient à une continuité distincte de la série ABC lancée en 1964.
Michael Rossi
Dans les films :
Michael Rossi est un éducateur et directeur d’école.
Dans la série :
Michael Rossi est médecin.
Allison
Dans ce film, Allison est déjà une romancière publiée et célèbre.
La série de 1964 revient en arrière et présente une Allison beaucoup plus jeune, encore au début de sa vie adulte.
Selena Cross
Selena est l’un des principaux personnages des deux films.
Elle ne deviendra pourtant jamais une héroïne centrale de la série télévisée.
Constance
Dans le film, Constance est désormais mariée à Michael Rossi.
Dans la série, Constance MacKenzie et Michael Rossi ne forment jamais ce couple marié.
Rodney et Betty
Le Rodney du cinéma est mort.
La série repart complètement à zéro : Rodney est vivant et sa relation avec Betty devient l’une des grandes intrigues des premières saisons.
Comparaison des deux films
| Élément | Peyton Place(1957) | Return to Peyton Place(1961) |
| Allison | Diane Varsi | Carol Lynley |
| Constance | Lana Turner | Eleanor Parker |
| Michael Rossi | Lee Philips | Robert Sterling |
| Selena | Hope Lange | Tuesday Weld |
| Réalisateur | Mark Robson | José Ferrer |
| Scénario | John Michael Hayes | Ronald Alexander |
| Producteur | Jerry Wald | Jerry Wald |
| Musique | Franz Waxman | Franz Waxman |
| Format | CinemaScope / De Luxe | CinemaScope / De Luxe |
| Thème central | Les secrets cachés de Peyton Place | Les conséquences de leur révélation |
| Oscars | 9 nominations | Aucune nomination majeure comparable |
Cette opposition résume assez bien les deux films :
Le premier révèle les secrets de Peyton Place.
Le second montre ce qui se produit lorsqu’une habitante décide de les publier.
Une transition involontaire vers la série télévisée
Le film sort en 1961.
Trois ans plus tard, la 20th Century-Fox réutilisera l’univers de Grace Metalious pour créer la série télévisée Peyton Placediffusée par ABC.
La série ne poursuivra toutefois pas cette continuité.
Elle reviendra aux personnages de départ et reconstruira entièrement leurs biographies et leurs relations.
Le cinéma et la télévision donnent ainsi naissance à deux Peyton Place parallèles.
Place dans la franchise
| Année | Production | Type |
| 1957 | Peyton Place — Les Plaisirs de l’enfer | Film |
| 1961 | Return to Peyton Place — Les Lauriers sont coupés | Film |
| 1964-1969 | Peyton Place | Série ABC |
| 1972-1974 | Return to Peyton Place | Soap NBC |
| 1977 | Murder in Peyton Place | Téléfilm NBC |
| 1985 | Peyton Place: The Next Generation | Téléfilm |
À retenir
Les Lauriers sont coupés possède une position singulière dans l’histoire de Peyton Place.
Il est à la fois :
- la suite directe de Les Plaisirs de l’enfer ;
- l’adaptation du second et dernier roman de Peyton Place écrit directement par Grace Metalious ;
- une suite dont presque toute la distribution a été remplacée ;
- une réflexion sur le scandale provoqué par la publication du premier roman ;
- et, indirectement, une mise en abyme de la propre expérience de Grace Metalious.
Son idée la plus forte est sans doute celle-ci :
Peyton Place a réussi à vivre avec ses secrets. Ce qu’elle ne supporte pas, c’est de les voir imprimés noir sur blanc et exposés au monde entier.
Cette idée annonce déjà parfaitement le principe qui fera quelques années plus tard le succès de la série télévisée : dans Peyton Place, chacun possède un secret — et chaque secret finit tôt ou tard par devenir l’affaire de toute la ville.


