Pour Betty Anderson, désireuse d’apporter du changement dans sa vie, ce soir pourrait marquer un nouveau commencement. Avec le révérend Jerry (Jerome) Bedford, il y a la promesse d’un futur, mais sans oublier le triste passé.
Le square. L’enseigne du Colonial Post. Rodney, Allison, Jerry et Betty devant l’auberge.
Rodney et Allison s’apprêtent à entrer dans l’auberge tandis que Betty et Jerry en sortent après y avoir dîné. Jerry leur souhaite un bon appétit et ils se saluent tous les quatre.
Betty et Jerry marchent jusqu’à la boîte du révérend. Betty est très satisfaite de la soirée, elle a passé un bon moment.
Steven Cord est assis au bar tandis que Rodney et Allison pénètrent dans le restaurant de l’auberge.
L’hôtesse salue le couple et le fait s’asseoir pas très loin de Steven. Ce dernier entreprend d’aller parler avec Rodney et Allison.
Steven se présente une nouvelle fois au couple. Allison se souvient avoir vu Steven à la librairie et lui avoir vendu un exemplaire du Clarion.
Steven lui dit que lorsqu’il habitait Boston, il avait l’habitude d’acheter le journal dans la rue à un voyou au nez cassé portant une casquette en cuir.
Rodney mentionne le fait que Steven va travailler au cabinet de Maître Dowell. Ils bavardent un instant avant que Steven ne demande à Allison si elle a déjà rencontré Martin Peyton.
Elle lui répond qu’elle ne l’a vu que de loin. Steven voit qu’il n’est pas le bienvenu quand Rodney gratte la table avec sa fourchette d’un geste impatient.
L’avocat s’excuse et s’en va. Rodney explique à Allison que la mère de Steven était la gouvernante de Peyton. Lorsque son grand-père est parti à Boston, Hannah Cord l’a suivi avec son fils.
Il avoue à Allison n’avoir jamais aimé Steven.
Pendant ce temps chez les Anderson, Julie sort de la cuisine avec une tasse de thé à la main.
Elle allume la télévision et s’installe sur le canapé au moment où Betty entre et dit : « Interruption des programmes, flash spécial », s’exclame la jeune femme.
Elle éteint alors la petite télévision, et bavarde avec sa mère. Julie avait encouragé Betty à sortir avec le Révérend Bedford et Betty lui raconte comment la soirée s’est déroulée.
Elle lui dit que c’était bon pour elle de sortir de la maison. Elle a vraiment apprécié cette soirée et Julie est ravie de voir que sa fille commence à reprendre goût à la vie.
— Il est tard, dit Betty. Est-ce que tu m’attendais ?
— Non, je n’arrivais pas à dormir. J’ai pris une décision.
Elle annonce à Betty qu’elle a décidé de reprendre le poste de secrétaire à la fabrique, elle en avertira le Dr Rossi demain matin. Betty approuve.
Julie lui explique qu’elle a toujours été faite pour ce travail, bien plus qu’elle n’est faite pour le mariage racial de secrétaire médicale.
Dans la salle derrière la Taverne d’Ada Jacks, Rita est assise à la table, plusieurs livres ouverts devant elle.
Ada observe que Rita étudie plus qu’elle ne l’a jamais fait quand elle était à l’école. Elle lui demande si elle fait tout ceci pour Norman.
Rita lui répond qu’elle fait ça pour elle-même. À cet instant, Rita entend quelqu’un frapper à la porte et elle laisse Norman entrer.
Norman souhaite passer un moment agréable avec Rita. Il a apporté un disque comme cadeau et dit qu’il vient en toute humilité. Elle le fait entrer.
Voyant les livres éparpillés sur la table, il lui demande pourquoi elle veut étudier puisqu’elle n’est plus à l’école. Il lui fait une remarque qu’il juge innocente sur le fait qu’elle n’a rien à apprendre.
Rita le prend mal et demande à Norman de partir. Norman s’excuse, il lui dit qu’il la respecte et il respecte le fait qu’elle veuille obtenir son diplôme. Reprendre ses études est une excellente chose pour elle.
Rita est heureuse d’entendre le point de vue de Norman, mais à nouveau la conversation s’envenime lorsque plusieurs coups de klaxon retentissent dehors. Norman comprend que les « anciens amis » de Rita l’appellent.
Elle lui dit qu’elle n’a pas demandé à ce qu’ils viennent. Norman s’en va, vexé, laissant Rita en pleurs devant la porte.
Matthew Swain se trouve chez les Carson. Il fait savoir à Elliot à quel point il a été ravi de dîner en leur compagnie ce soir.
Ils prennent maintenant un digestif au salon. Elliot évoque la guerre dans le Pacifique et ses exploits dans la zone européenne.
Michael arrive pour chercher la clé de la maison de la plage et dit à Matt qu’il retourne vivre là-bas.
Matthew impose au médecin de le déposer au square qui est sur son chemin. Constance est déçue que Matt parte déjà.
Plus tard, Michael arrête la voiture près du square et parle avec Matthew de sa vie de célibataire. Ils marchent ensemble vers le Clarion.
Le médecin lui avoue s’être senti très seul lorsqu’il habitait New York. Matthew parle du temps où lui et Elliot avaient l’habitude de jouer aux échecs.
Steven apparaît et salue brièvement Michael pendant que Matthew va chercher à l’intention du médecin la première copie du Clarion. Puis il passe son chemin.
Matthew rejoint alors Mike et lui dit, à propos de la maison de la plage, que les gens vont jaser, mais qu’il ne doit pas les écouter et vivre sa propre vie. Michael le remercie.
Elliot est en bas des escaliers de la maison Carson, juste en face de la porte d’entrée.
Dehors dans la voiture, Rodney et Allison parlent des choses de la vie. Allison dit à Rodney que la soirée a été une totale réussite. Elle le fait sourire.
Constance s’approche d’Elliot en souriant. Elle lui dit qu’il se comporte en véritable père, angoissé de voir sa fille sortir avec un garçon.
Rodney sort de la voiture, fait le tour et aide Allison à sortir du véhicule. Puis il l’accompagne jusqu’à la porte d’entrée. Rodney est sur le point de l’embrasser lorsque Elliot ouvre brusquement la porte d’entrée.
Pour Rita Jacks, une nouvelle et prometteuse vie s’est offerte à elle lorsqu’elle a rencontré Norman Harrington. Et pour commencer cette nouvelle vie, Rita est déterminée, par n’importe quel moyen, à oublier son ancienne vie. Mais à Peyton Place, il n’est pas facile d’enterrer le passé. Surtout quand les autres tiennent à le découvrir.
Rita marche le long du côté sud du square, s’arrête devant la librairie tandis que Joe Chernak et Earl se promènent dans le coupé de Joe. Ils sortent de la voiture et se dirigent vers Rita.
Joe et Earl informent la jeune femme que Kitch a quitté la ville et qu’il veut lui parler. Rita dit qu’elle n’a pas l’intention de revoir Kitch.
Les deux garçons se font insistants. Allison, depuis la vitrine du magasin, voit Rita en difficulté.
Elle ouvre la porte et invite Rita à entrer dans la librairie. (nota : Joe, Earl et Kitch font partie de la bande qui avait attaché Norman au pilori lors de sa rencontre avec Rita).
Rita entre à l’intérieur de la librairie et s’assoit pour converser avec Allison. Cette dernière veut appeler la police, mais Rita lui dit que cela ne ferait qu’envenimer les choses. Elle lui dit qu’elle ne veut surtout pas commencer à avoir des problèmes.
Joe et Earl reprennent la voiture et s’en vont. Rita ne veut pas compromettre ses chances de sortir avec Norman. Elle dit qu’elle compte retourner à l’école. Mais elle ne voit pas comment. Elle devrait abandonner son emploi.
Allison lui dit qu’il y a d’autres moyens comme les cours du soir ou bien des cours par correspondance.
Norman arrive et parle avec Allison et Rita. Il est désagréable envers Rita, qui préfère partir.
Allison est en colère contre Norman et lui reproche sa façon de traiter Rita.
Rodney se rend chez les Schuster pour ramener Allison chez elle. Elle garde Kim. Il s’annonce en frappant à la porte d’entrée. Sur la porte figure une plaque en cuivre où il est gravé le nom des Schuster.
Rodney est accueilli par David Schuster. Les deux hommes s’assoient dans le canapé du living-room pour bavarder.
David lui demande si, entre lui et Allison, c’est sérieux. Rodney lui dit simplement qu’ils aiment être ensemble.
Doris les rejoint. Ils entendent alors le bruit de quelque chose qui tombe et se précipitent à l’étage.
Allison a eu un problème avec Kim, qui ne l’écoute pas. Doris prend la défense de Kim, et Allison lui dit que si elle laisse Kim s’en tirer à bon compte, elle ne la respectera jamais.
David est d’accord avec la jeune fille et laisse Allison libre arbitre de la discipline qu’elle veut inculquer à sa fille.
Doris et David partent en fermant la porte de la chambre. Kim continue à provoquer Allison dans un premier temps, mais finalement, c’est Allison qui a le dernier mot.
Plus tard, alors qu’Allison est sur le point de partir, Doris lui dit qu’ils auront encore besoin d’elle le prochain soir, et lui demande si elle peut faire la baby-sitter.
Allison lui répond qu’elle doit étudier avec Rodney pour un test, mais Doris propose à Allison et Rodney de venir travailler ici. Ils acceptent.
David offre à Allison un emploi à mi-temps pour s’occuper de Kim.
— Pensez-vous que je sois qualifiée ? interroge la jeune fille.
— Vous venez de la prouver ce soir, répond David.
— J’en serai ravie, dit-elle.
Doris intervient :
— Peut-être devriez-vous en parler à vos parents.
— Ils seront d’accord, affirme Allison.
Elle et Rodney s’en vont.
Une fois seul, le couple Schuster commence à se disputer, Doris n’étant pas contente que David ait proposé en emploi à Allison sans lui en parler.
David lui dit qu’il n’est plus temps de parler, mais d’agir. C’est son travail d’embaucher Allison et la jeune fille est la meilleure chance possible pour Kim.
Il voudrait automatiser la fabrique, mais Peyton ne veut pas. David se pose la question de savoir s’ils ne feraient pas mieux de retourner à New York.
— Encore une décision que tu vas prendre seul ? se plaint-elle avant que quitter la pièce, vexée.
Betty se repose sur le sofa en lisant, tandis que Julie arrive. Elle suggère à sa fille de sortir avec Jerry Bedford. Elle lui fait savoir qu’elle voudrait que Betty accepte son invitation la prochaine fois que le Révérend l’appellera.
Betty évoque son passé et insiste sur les erreurs qu’elle a commises avec Rodney. Un révérend pourra-t-il accepter de sortir avec elle s’il savait tout de son passé ?
Le téléphone sonne. Julie va répondre et appelle Betty en disant que l’appel est pour elle. C’est Jerry qui est à l’appareil. Betty prend l’appel.
Elle accepte finalement de dîner avec lui.
Le soir même, ils dînent au Colonial Post. Jerry demande à Betty si son col la met mal à l’aise.
Il commence à lui raconter une histoire sur la guerre afin de la détendre. Il insiste pour que Betty l’appelle Jerry et non Révérend.
Frances Wilkerson, une femme d’un certain âge et un peu guindée, aperçoit le révérend et se dirige vers leur table.
Jerry lui présente Betty. Elle demande si Betty est une nouvelle membre de la congrégation. Jerry lui dit que non, qu’elle est une amie.
Frances dit à Betty qu’elle a été ravie de faire sa connaissance. Une fois la femme partie, Betty raconte à Jerry qu’elle a été mariée à Rodney Harrington.
Il l’interrompt, en lui disant qu’il sait déjà tout à son sujet. Betty se détend. Arrive le dessert. Steven Cord entre dans la salle et fixe Betty du regard.
À son cabinet, Michael sert un verre à Claire. C’est elle qui a fourni le champagne. Il lui dit qu’il retourne vivre à la maison de la plage maintenant que celle-ci est libre.
Claire informe Michael qu’elle a décidé de divorcer de Vincent. Elle lui a écrit une lettre à cet effet.
Le Dr Morton arrive, et Claire lui propose du champagne, qu’il refuse. Claire retourne à son bureau et discute avec son père.
Robert Morton lui dit que le Dr Rossi est un bon médecin. Mais il lui rappelle aussi qu’elle est toujours mariée avec Vincent. Elle lui dit alors qu’elle va divorcer.
La caisse enregistreuse sonne et la serveuse rend la monnaie à Steven. Betty et Jerry s’apprêtent à quitter l’auberge et Bedford remercie Frances.
Steven se tourne vers eux et se présente à Jerry. En fait, ils se connaissent, ils étaient à l’école ensemble.
Ils parlent un peu de sport. Steven offre à Jerry et Betty d’aller prendre un verre. Jerry refuse.
Dehors, ils rencontrent Rodney et Allison. Jerry leur dit qu’ils ont passé une très belle soirée.
David Schuster n’est arrivé que récemment à Peyton Place pour prendre la direction de la fabrique de Martin Peyton. Mais il a déjà des problèmes. Ses tentatives pour les résoudre impliqueront Julie et Betty Anderson.
Le square. David Schuster conduit sa voiture en direction de la maison des Anderson.
Betty ouvre la porte et fait entrer David Schuster. Elle lui demande de s’installer le temps que Julie descende. Une fois qu’elle est là, Betty s’éclipse.
David est venu demander à Julie de récupérer son travail de secrétaire à la fabrique avec une augmentation substantielle.
Elle s’inquiète pour le sort de Marian, l’actuelle secrétaire. David lui dit de ne pas s’en faire, car Marian est mutée au service comptabilité où elle sera plus à l’aise.
Julie ne donne pas de réponse à David. Elle lui promet d’étudier sa proposition et de donner sa réponse à la fin de la semaine. Il la remercie et s’en va.
Betty rejoint sa mère et lui dit qu’elle devrait accepter. Même si Schuster lui offre un meilleur salaire que celui qu’elle a au cabinet de Dr Rossi, accepter cette offre équivaut à faire un pas en arrière. Et elles ont désespérément besoin d’aller de l’avant pour guérir leurs blessures.
Julie pense qu’elle a sans doute raison.
Chez les Carson, Elliot glisse un présent dans sa poche. Il prend du café tandis qu’Allison arrive.
Elliot donne à Allison le bracelet. Il est en or massif et il a appartenu à son arrière-grand-père.
Émue, Allison lui dit qu’elle a désormais le sentiment d’être réellement une Carson. Le bracelet porte une inscription en français :
JE VEILLE SUR CEUX QUE J’AIME.
Constance se joint à eux dans la cuisine. Allison répète en français l’inscription figurant sur son bijou. Puis elle part pour l’école. Elliot est ravi de voir que le bracelet lui plaît.
Quelque part du côté sud du square de Peyton Place, Allison se dirige vers la librairie. Elle s’arrête et se baisse pour prendre un journal. Elle fait tomber un de ses livres d’école.
Steven arrive juste à ce moment et l’aide à ramasser ses affaires. Puis Steven achète un journal.
Norman, depuis la fenêtre de son appartement, aperçoit Steven Cord. Steven continue jusqu’au bâtiment de la banque où se trouve son bureau d’avocat.
Norman appelle Rodney et lui montre Steven.
— C’est le fils d’Hannah Cord ? demande distraitement Rodney.
Norman informe Rodney que Steven Cord travaille désormais pour Theodore Dowell. Il ajoute qu’il a pris un café avec Steven à la pharmacie. Enfin, il signale à son frère que leur grand-père, Martin Peyton, ne croit pas une seule seconde que Catherine soit la meurtrière d’Elizabeth Hanley Carson. Cela lui procure un maigre réconfort.
Steven entre au cabinet d’avocats et dépose son chapeau sur l’armoire. Dowell arrive et lui dit que le bureau a été nettoyé à fond pour qu’il puisse s’y installer confortablement.
Il note que Steven lit le Clarion. Steven assure à Dowell que son bureau est confortable.
Dowell retourne dans le sien. Steven jette un coup d’œil méditatif par la fenêtre vers le square. Il voit Norman descendre les escaliers de l’appartement et se rendre au drugstore.
Pensif, Steven saisit un dossier et le consulte.
Au lycée, une étudiante se précipite dans le hall et se heurte à Allison qui sort d’une classe. Elle fait tomber ses livres par terre. L’étudiante s’excuse et se dépêche de reprendre sa course, sans même attendre une réponse d’Allison.
Rodney arrive et l’aide à ramasser ses livres. Allison lui parle alors de Kim Schuster en disant qu’elle est sa baby-sitter.
Rodney lui dit que de son côté, il reprend ses cours de chimie et que c’est très dur pour lui.
Il avait l’intention de l’appeler, mais ne l’a pas fait. Ils discutent encore un instant. Le moment le plus intense est lorsque Rodney apprend à Allison qu’il voulait rester chez elle lorsqu’il l’avait raccompagnée (à l’époque ou Constance et Elliot étaient en lune de miel).
Allison lui répond qu’il aurait pu rester. La cloche annonçant le début des cours retentit. Rodney rend ses livres à Allison et les deux jeunes gens rejoignent leur salle de classe respective.
À l’hôpital, Claire Morton demande à mademoiselle Choate si son père est occupé. L’infirmière en chef lui répond qu’il est libre et Claire va le voir sans son bureau.
Ils engagent une conversation dans laquelle Robert Morton mentionne qu’il a oublié de donner l’heure du dîner au Dr Rossi pour demain.
Elle lui dit qu’elle l’aime avant de lui avouer, difficilement, qu’elle est mariée.
Il est surpris, mais il savait que Claire lui cachait quelque chose. Il lui dit que chacun a toujours respecté la vie privée de l’autre. Il veut savoir si sa mère est déjà au courant. Elle avoue lui avoir annoncé la nouvelle il y a quelques jours.
Il lui demande ensuite pourquoi cela a été si dur de le lui dire.
— J’ai échoué dans ma vie de femme, dit-elle.
— Et il était plus facile pour toi de te confier à une autre femme, je comprends. Mais dis-moi une chose : as-tu peur de moi ?
— Un peu,avoue-t-elle.
— Pourquoi ? Quand tu étais enfant, tu me racontais tout sur ta vie, tes problèmes…
— J’ai grandi, papa.
— Nous devons réapprendre à nous faire confiance, conclut Robert.
Au bureau des renseignements, Betty rapporte à mademoiselle Choate que le Dr Rossi voulait lui parler au sujet de son insubordination.
Jerry Bedford arrive et tente d’avoir un rendez-vous galant avec Betty. Comme elle lui dit qu’elle ne peut pas parce qu’elle a du travail, il se propose de la ramener chez elle après son service.
Betty coupe court à la conversation, car elle est attendue dans le bureau du Dr Rossi.
Ce dernier lui dit qu’elle doit montrer du respect envers mademoiselle Choate, qui est sa supérieure hiérarchique.
Il ajoute qu’elle est une excellente aide-infirmière, mais qu’elle ne doit pas se laisser submerger par ses sentiments.
Michael a le sentiment que Betty est à fleur de peau et lui demande ce qui ne va pas.
Elle lui répond qu’elle en a marre que tout le monde lui renvoie l’image de ce qu’elle a été par le passé. Chacun lui reproche silencieusement son passé. Elle veut pouvoir l’oublier et vivre une vie de femme épanouie. Comment le peut-elle si tout le monde la juge ?
Michael demande à Betty d’aller s’excuser auprès de mademoiselle Choate.
Betty promet de le faire, mais d’une manière assez particulière :
—Certainement docteur. Je vais la trouver immédiatement et lui dire que je suis désolée qu’elle soit aussi vicieuse et sorcière.
Elle quitte le bureau précipitamment et rencontre Steven Cord. Elle lui dit qu’elle a beaucoup entendu parler de lui.
En fait, Steven attend Michael. Betty dit au révérend Bedford qu’elle est prête s’il veut la ramener chez elle.
Beaucoup de choses se sont passées depuis que George Anderson a tiré sur Elliot Carson. Mais il y a deux femmes à Peyton Place pour qui ce drame coûte encore beaucoup : la femme de George, Julie, et sa fille Betty.
Julie et Betty marchent en direction du bâtiment de la banque.
Au cabinet d’avocats, Dowell ouvre la porte de son bureau et appelle Steven Cord.
Steven parvient jusqu’au bureau de Dowell. Ce dernier lui donne une lettre.
— Martin Peyton. Pourquoi diable veut-il signer une demande pour vérifier les comptes alors que cela a déjà été fait ?
— Eh bien, disons que Mr Peyton aime se surpasser en ce moment.
— Vous voulez dire qu’il n’a pas vérifié les comptes du temps de Wainwright ?
— Non. Sans doute une envie soudaine.
— Je me demande s’il n’essaie pas plutôt de tester mon efficacité ou tout simplement ma patience, s’interroge Dowell.
— Ils auront besoin de la signature de Schuster.
— Pouvez-vous vous occuper de cela cet après-midi ?
Steven hésite :
— Oh, eh bien, je…
— Cet après-midi sera parfait, coupe Dowell.
Le téléphone sonne. Dowell prend l’appel :
— Allô ? Oh, bonjour Mark. (à Steven) : Voulez-vous m’excuser ? (à Mark) : Oui… au sujet de votre décision sur le cas Anderson.
Steven retourne à son bureau tout en prenant soin de fermer la porte. Julie et Betty entrent et Julie se présente à Steven.
— Je suis Mme Anderson. J’ai rendez-vous avec Maître Dowell.
— Il est au téléphone, mais il n’en aura pas pour longtemps. Je suis Steven Cord, son nouvel associé.
— Enchantée. Voici ma fille, Betty.
— Bonjour, mademoiselle Anderson.
Betty se tourne et fait face à Steven.
— Bonjour.
— Je pense que vous pouvez y aller, maintenant, les informe Steven.
Julie et Betty entrent dans le bureau de Dowell. L’avocat les salue.
— Vous m’avez demandé d’obtenir le transfert de votre mari de l’institution où il est maintenant traité.
— Où il est enfermé, rectifie Betty.
— George n’était pas lui-même lorsqu’il a tiré sur Elliot Carson, précise Julie. Il a été manipulé.
— Oui, mais il y avait une victime visée : Leslie Harrington.
— Et d’autres griefs, intervient Betty.
Dowell acquiesce. Il s’assoit sur le divan, près de Betty.
— Oui. Il a été prouvé que votre père n’était pas sain d’esprit lorsqu’il a commis cet acte. Et apparemment, il n’a pas recouvré ses esprits depuis. Je suis désolé Betty, mais je dois vous parler franchement, même si cela doit être dur pour vous d’entendre cela.
— Comment peut-il recouvrer ses esprits s’il est derrière des barreaux ?
— Dans un hôpital, Betty. C’est l’arrangement convenu par la justice jusqu’à ce qu’il soit capable de passer en jugement.
— Soyons lucides, Maître Dowell. Nous savons ce que le psychiatre nous a dit. L’état mental de mon père ne s’améliorera pas.
Dowell se lève.
— Nous devons penser qu’il y a une chance.
Betty se lève à son tour.
— Pour combien de temps ? Pour le reste de sa vie ? Maître Dowell, tout ce que nous demandons, c’est de le remettre au Sanatorium Greenvale ou dans un autre établissement du même genre.
— Nous espérions que vous pouviez faire quelque chose, dit Julie. Naturellement, nous paierons pour les soins privés.
— Nous paierons tout ce qu’ils voudront. Nous prendrons tout en charge, confirme sa fille.
— J’ai déjà vérifié, soupire Dowell. Malheureusement, je crains que ce ne soit pas possible.
— Pourquoi ? Aussi longtemps qu’il reçoit les soins adéquats, il ne mettra en danger personne. Doit-il vraiment rester derrière des barreaux ? Est-ce un traitement ou une punition ?
— Je suis désolé, Betty.
Julie se tourne vers sa fille.
— Betty, veux-tu bien m’attendre à l’extérieur ? Je veux parler avec Mr Dowell.
— Je dois aller à l’hôpital. Je suis déjà en retard.
Betty part pour l’hôpital.
— Je veux divorcer, dit à brule-pourpoint Julie à l’avocat.
— Madame Anderson…
— Cela ne peut pas faire souffrir George maintenant. Il ne se souvient même pas de moi. Il ne s’en souviendra plus.
— C’est un problème de raison, madame Anderson.
— Il est fou. Fou criminel. Il est dans un asile. N’est-ce pas une raison suffisante ?
Dowell secoue la tête.
— Malheureusement non. Dans notre état, ce n’est pas considéré comme une raison pour mettre fin à un mariage.
— Mais quel mariage ? Que reste-t-il de notre mariage ?
— Aux yeux de la loi, le mariage est toujours valide.
— C’est inhumain.
— C’est la loi.
— Ne réalisez-vous pas que la seule à être punie dans cette histoire, c’est moi ? George ne sait pas ce qui lui arrive, ni même où il se trouve. Je veux pouvoir vivre. Regardez, je suis mariée à un homme avec qui je ne peux même pas vivre.
Julie tourne les talons et s’en va.
Michael sort du bureau du Dr Morton et se retrouve à la réception de l’hôpital. Betty travaille au bureau des renseignements.
La Dr Claire Morton Markham se dirige vers Michael pour lui faire un petit numéro.
— Mike ? C’est moi, Claire Morton.
Claire agite son index gauche sous les yeux de Michael.
— Dites-moi lorsque vous voyez l’objet se rapprocher. Rien. Rien. Vous êtes totalement distrait. Votre esprit est à un million de miles d’ici.
— Je viens juste de parler à votre père.
— Une discussion professionnelle ?
— Il m’a invité à dîner.
— Il vous aime bien.
— Claire…
— Eh bien, avec mon mari qui est au Pérou, il pense probablement que j’ai besoin d’une compagnie virile, à distance sûre cela va de soi.
— Et à propos du dîner ?
— Quoi ?
— D’une manière ou d’un autre, votre père ne me donne pas l’impression d’être le genre d’homme à fournir une compagnie virile à sa fille. En tout genre de circonstances.
— Il ne sait pas que je suis mariée. Je ne le lui ai pas dit.
— Pourquoi ? s’étonne Michael.
— Je ne sais pas.
— Oh, allons, Claire…
— Je ne peux pas.
— Votre père est à la tête de cet hôpital. Il respecte…
Michael est interrompu par Betty qui passe devant eux et les salue.
— Dr Rossi. Dr Morton.
Mike la salue.
— Bonjour, Betty.
— Mike, pouvons-nous parler de tout ceci dans un autre endroit ?
— En fait, il n’y a plus grand-chose à dire.
— Mais…
— Nous étions en train de parler de respect. Le respect que j’ai pour votre père. Le respect, je pense, qu’il a aussi à mon égard. Je ne veux pas aller chez lui sous de mauvais prétextes.
— C’est moi le mauvais prétexte.
— J’ai du respect pour vous, Claire. Et je veux conserver ce respect.
— Je suis désolée, Mike. Je… Je ne suis pas capable de lui en parler. Notre relation…
— Quelle relation ? Dr Morton, vous devez grandir. Arrêtez de vous comporter comme une enfant effrayée. Quelle que soit votre peur, allez vers votre père.
— Les enfants vont vers leur père.
— Raison de plus. Vous êtes toujours son enfant. Allez vers lui. Ne mettez personne dans de fausses positions. Vous-même, votre mari, votre père, moi… Écoutez, je vais aller dîner chez vous. Mais je veux être là parce que votre père me connaît et qu’il peut avoir confiance en moi. Et il sait qu’il peut avoir confiance en vous. Je ne suis pas un chevalier en armure. (après un instant de silence) : Dites-lui.
Betty continue à flâner autour. Michael passe les portes battantes, quittant ainsi l’hôpital. Claire se dirige vers le bureau de son père, mais n’entre pas.
Michael entre dans la librairie et il est surpris d’y voir Constance.
— Depuis quand êtes-vous revenue ? s’enquiert-il.
— Ça fait deux jours.
— Comment va Elliot ?
— Bien. Enfin pas vraiment, si l’on compte le fait que nous n’étions pas pressés de reprendre la vie de dur labeur qui est la nôtre.
— C’est compréhensible. Je suppose qu’on vous a déjà dit que le mariage vous réussit.
— C’est bon de l’entendre de votre bouche. Puis-je faire quelque chose pour vous ?
— Oui. Je, euh… en fait, non. Je passais juste comme ça. Est-ce que tout va bien ?
— Oui, bien sûr.
— C’est bon de vous revoir.
— Vous avez toujours été un bon ami, Michael. Et vous continuez à l’être…
Allison entre dans la librairie tandis que Constance termine sa phrase :
— …pour nous tous.
— Bonjour, Dr Rossi, claironne Allison.
— Salut Allison.
— Je parie que vous êtes venu dire à ma mère que le mariage lui réussit.
— Mot pour mot. Il y a à peine 15 secondes. Pourquoi les jeunes gens sont-ils si perspicaces ?
— Est-ce que les jeunes gens n’ont pas de révisions à faire pour les examens ? demande Constance.
— En réalité, c’est déjà fait. Je suis allée à la bibliothèque. Et soudain, j’ai eu cette irrésistible impulsion.
— Quel genre d’impulsion ?
— De venir te voir.
— De venir me voir ou trouver une occasion de sortir de la bibliothèque ?
Michael intervient :
— Si je ne connaissais pas Allison et si je ne savais pas à quel point c’est une bonne élève, j’aurais opté pour la deuxième solution. Bon, il faut que je parte. J’ai quelques patients qui m’attendent au cabinet. Au revoir Allison.
— Au revoir, Dr Rossi.
Rossi s’en va. Allison fait une suggestion à sa mère :
— Puisque je suis ici maintenant, on pourrait peut-être déjeuner ensemble, qu’en dis-tu ?
— Bien sûr. Veux-tu aller jusqu’au magasin pour prévenir ton père ?
Une ombre passe sur le visage de la jeune fille.
— Très bien. Si tu veux…
— Allison…
— N’était-ce pas agréable de voir le Dr Rossi ici ? Je veux dire, rien n’a changé.
— Tu ne veux pas que ton père vienne avec nous ?
— Ce n’est pas ça. C’est juste que depuis que tu es revenue, nous n’avons pas pu passer deux minutes seules.
— Je sais. Nous avons été si occupés.
— Je ne veux pas être difficile. C’est… quand tu étais partie, tu m’as manquée. Et tu me manques encore maintenant.
Constance étreint Allison.
Eli et Elliot travaillent ensemble au magasin maritime.
— Je t’avais dit que ce ne serait pas facile, dit Eli. Et qu’il y aurait beaucoup de problèmes.
— Le seul problème est dans ma tête. Elle est pleine de rêves, de grandes choses que je voudrais faire pour ma femme et ma fille. Et que je ferais, si je le peux.
Eli évoque un poème :
— Si les vœux étaient des chevaux…
— … alors les mendiants les monteraient. C’est comme si je marchais…
— Pour te retrouver toujours à la même place.
— C’est un peu près ça, Papa.
— Elliot, comment Allison prend-elle les choses ?
— Quelles choses ?
— Le fait que vous viviez tous les trois ensemble comme une famille. En avez-vous parlé ?
— De quoi veux-tu que nous parlions ?
— Eh bien, savoir déjà si Allison n’est pas ennuyée par votre mariage.
— Si c’était le cas, elle ne me le dirait pas. Tu sais Papa, c’est très bizarre, mais Allison et moi pouvions aborder n’importe quel sujet quand je n’étais qu’un étranger rencontré à la bibliothèque.
— Et maintenant ?
— Maintenant… Oh, à propos, j’oubliais de te dire. J’ai fait monter le gousset de la montre de l’arrière-grand-père Carson en bracelet et j’ai l’intention de le donner à Allison, si toutefois tu n’y vois pas d’inconvénient.
— Bien sûr que non. C’est de ma petite fille que tu parles. Mais Elliot, nous ne pouvons pas acheter son amour, tu sais cela.
— Ce n’est pas ce que j’essaie de faire. Je veux simplement lui donner quelque chose. Je veux qu’elle se sente comme une Carson, même si son nom est Mackenzie. Cela paraît logique, non ?
— Ça l’est, approuve Eli. J’espère simplement que le bracelet que tu as choisi sera digne de la fille qui le portera.
— Tu fais référence à Allison ou à la montre ?
— Le gousset de la montre est en or massif.
Eli se retire dans l’arrière-boutique. Quelques instants après, Allison entre dans le magasin.
— Salut.
— Eh bien, en voilà une bonne surprise ! s’exclame Elliot.
Eli revient.
— Oh, bonjour. J’ai une annonce à vous faire. Toute la famille Carson est invitée à aller déjeuner ensemble.
— C’est une invitation ou une sommation, plaisante Elliot.
— Une sommation.
— Eh bien, cela répond à la question.
Cette scène est à retenir pour l’avenir, car le bracelet dont fait référence Elliot sera un des points clé de l’histoire.
Dans son bureau privé, David parle avec Mr Boudreaux au sujet du licenciement des ouvriers de la fabrique.
— Nous devons fermer toute une ligne, explique-t-il.
— Je trouverai quelque chose pour les occuper, monsieur Schuster.
— J’ai bien peur que nous ne puissions nous offrir ce luxe.
— Monsieur Schuster, nous sommes en train de parler d’environ quinze personnes à qui il faudra dire de ne plus venir travailler la semaine prochaine.
— N’essayez pas de faire de moi un être immonde, Boudreaux.
Boudreaux se tourne pour partir. David lui demande de rester un instant et s’adresse à Marian :
— Dites-lui d’attendre un moment, s’il vous plaît. Et Marian, apportez-moi le dossier du personnel.
— Oui, monsieur.
— J’aurais le nom des licenciés pour vous dès demain matin, dit David à l’attention de Boudreaux
— Très bien. Préparez-vous à des représailles. Beaucoup de gens dans cette ville ne vont pas comprendre. Beaucoup de gens.
Marian entre dans le bureau tandis que Doris attend toujours. Boudreaux, de son côté, s’en va.
— Marian, venez. Je vais vous montrer ce que vous allez faire. Ici, vous trouverez l’estimation des capacités du personnel de la fabrique. Je veux que vous choisissiez quinze personnes à licencier. Les capacités des ouvriers sont plus importantes que l’ancienneté. D’accord ? Vous pensez être capable de faire ça ?
Marian est incrédule face à la demande de son patron.
— Oh, je ne sais pas…
— Que voulez-vous dire par « je ne sais pas » ? Ce n’est pourtant pas compliqué !
Marian hésite :
— Ce n’est pas ça, monsieur. C’est que…
— Très bien, s’impatiente David. Je prendrais cela à la maison et je le ferais moi-même.
— Je ne peux pas prendre cette responsabilité, se justifie la secrétaire.
— Demandez à ma femme de venir.
— Oui, monsieur.
— Vous pouvez rentrer chez vous, si vous avez terminé.
— Merci.
Marian ouvre la porte et fait entrer Doris. Cette dernière la remercie et lui souhaite une bonne soirée.
Doris referme la porte derrière elle.
— Salut.
— Salut chérie.
Doris va vers lui et l’embrasse. Elle lui tend un paquet.
— Pour toi.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un cadeau pour ton bureau.
— Eh bien, mon bureau te remercie.
Doris l’observe en fronçant les sourcils.
— David, tu sembles si fatigué.
— Oh, je ne sais pas. Donner des ordres sur papier, c’est une chose, mais lorsque tu dois faire face aux gens qui vont être impliqués, c’est autre chose.
— Tout s’améliore avec le temps.
— Ou va en s’empirant.
— Ouvre ton cadeau, s’impatiente Doris. Je l’ai vu dans la vitrine d’un magasin lorsque je suis sortie de chez le coiffeur.
David ouvre le colis. Il s’agit d’une petite horloge de table.
— Tu aimes ?
— Peut-être que ça m’aidera à rentrer plus tôt à la maison.
— À ce propos, as-tu terminé ? Je pensais que nous pourrions peut-être rentrer ensemble et nous arrêter quelque part prendre un verre.
— Non, j’ai bien peur d’avoir encore des choses à faire au bureau. J’essaierai de ne pas rentrer trop tard.
— Très bien, je te laisse dans ce cas. Peut-être rentreras-tu tôt ce soir. Oh, au fait. J’ai entendu quelque chose sur Allison Mackenzie chez le coiffeur. Il semblerait qu’Elliot Carson ne soit pas son beau-père comme nous le supposions. C’est son vrai père.
— Et ?
— Le temps.
— Quoi, le temps ?
— Oh, ne joue pas avec moi David. Ils ont attendu dix-huit ans avant de se marier.
— Et alors ?
— Et alors, Elliot Carson était en prison pendant tout ce temps pour le meurtre de sa femme.
— Oh, Doris.
— Mais il ne l’a pas assassiné.
— Arrête !
— Janet a dit que nous le saurions en jour.
— Eh bien, je ne l’ai pas à l’entendre de toi.
— David, j’ai entendu parler de ça. Et depuis qu’Allison passe du temps avec Kim, je pensais que nous devrions le savoir.
— Est-ce que tu condamnes la fille ?
— Non.
— Très bien, pourquoi es-tu venue jusqu’ici avec un cadeau ?
— Tu n’as pas le droit de me condamner, David.
— Pas plus toi que moi. Surtout pas nous.
— Je ne parlais pas de ça. Tu me condamnes.
— Oh, Doris !
— Tu m’as demandé si je condamnais cette fille ?
— Je t’ai demandé si tu…
— Oh non. Tu as supposé…
— Tu te précipites ici pour…
— Je suis venue ici pour te donner ce cadeau.
— OK.
— Et t’inviter à prendre un verre. Et te donner des informations sur Allison. Elle passe du temps avec notre fille. Je suis venue t’informer. Parce qu’il semblerait que cette fille ait un gros problème, elle aussi.
Doris se précipite à l’extérieur du bureau et se heurte à Steven Cord.
— Oh.
L’avocat s’excuse :
— Je suis désolé, je vous ai fait peur.
— Non, ce n’est rien.
David s’approche de Steven.
— Que puis-je faire pour vous ?
— Je suis Steven Cord, l’associé de Theodore Dowell.
— Oh, entrez.
— David, tâche de ne pas rentrer trop tard, recommande Doris.
David présente Doris à Steven avant qu’elle ne quitte le bureau.
— Je ne savais pas que Dowell avait un associé, commence Schuster.
— Il n’en avait pas jusqu’à hier. J’étais avec Kennerly et Wainwright lorsque Mr Peyton a transféré toutes ses affaires chez Maître Dowell.
— Et vous avez fait partie du transfert.
— Je ne dirais pas ça comme ça.
— Que puis-je faire pour vous, monsieur Cord ?
Steven ouvre sa serviette et tend des papiers à David.
— Je suis supposé autoriser le fait que j’ai déjà autorisé la vérification des comptes ? s’étonne David
— Je sais. Cela paraît totalement inutile à moi aussi. En revanche, Mr Peyton aime faire les choses à sa façon.
— Très bien.
David signe les papiers.
— Voilà. Autre chose ?
— C’est tout. Disons qu’il s’agit là d’un premier contact. J’ai hâte de débuter cette nouvelle association.
— Je suis sûr que nous nous entendrons très bien. Surtout lorsque l’on doit signer des papiers qui autorisent une autorisation. La prochaine fois, je suggère de le faire devant un bon dîner.
— Ce serait avec plaisir. Bonsoir.
— Bonsoir.
Steven s’en va.
Julie Anderson est en train de coudre sur une vieille machine Singer ® tandis que Betty arrive par la porte de devant de la maison des Anderson. Julie sursaute lorsqu’elle aperçoit sa fille.
— Oh, Betty ! Tu m’as fait peur. Comment s’est passée ta journée ?
— Bien.
— Je t’ai attendue avant de commencer à dîner.
— Je n’ai pas encore faim… Maman, est-ce que tu vas divorcer de papa ? Est-ce cela que tu as demandé à Maître Dowell ?
— Oui.
— Pourquoi m’as-tu demandé de quitter le bureau ?
— J’étais embarrassée.
— Pourquoi ?
— Eh bien, je sais à quel point tu aimes ton père.
— Je l’aime toujours, mais cela ne m’empêche pas de comprendre ta position.
— Betty, je ne vais pas divorcer. Il n’y a pas de raison valable. En tout cas, pas ici. Je pourrais quitter l’état pour divorcer, mais je ne suis pas sûre que le divorce serait valide.
— Tu en es sûre ?
— Dans cet état, la folie n’est pas une cause de divorce.
— C’est horrible. Que ce soit juste ou pas. Tout dépend d’une simple ligne sur un papier.
— C’est la loi. Je ne peux pas la changer.
— La même loi qui a décrété que mon mariage avec Rod n’a jamais existé. Une loi qui maintenant te punit. Ça n’a aucun sens.
— Non, en effet. Pourquoi ne vas-tu pas te mettre à table maintenant ?
— Maman, que comptes-tu faire ?
— Que veux-tu que je fasse ?
— J’espérais que tu pourrais me le dire. J’ai beaucoup réfléchi au sujet de notre avenir. Comment sommes-nous supposées vivre le reste de vie ? Rentrer à la maison, dîner, se coucher tôt. Comment … ?
— Le dîner est prêt, annonce Julie qui aimerait changer de sujet.
— Maman, je sais que nous étions en train de parler de toi, et soudainement, j’ai pensé à moi. Pardonne-moi.
Julie étreint Betty tandis que la sonnette de la porte d’entrée retentit.
— Oh, veux-tu répondre ?
Julie prend le vêtement sur lequel elle travaillait.
— Tu attendais quelqu’un ? s’enquiert Betty.
— Oui. Monsieur Schuster, de la fabrique.
— Que veut-il ?
— Je ne suis pas sûre. Il a téléphoné pour dire qu’il voulait venir me voir. Il a dit que c’était très important.
Schuster attend devant l’entrée tandis que l’épisode se termine.
L’aube se lève sur Peyton Place. Pour Allison et sa mère, cette matinée est marquée par le commencement d’une nouvelle phase dans leurs vies.
Mr Foley, le facteur, met le courrier dans la boîte aux lettres des Carson.
Allison ouvre le réfrigérateur et Constance lui suggère de prendre le jus d’orange.
Elliot descend pour prendre le petit déjeuner. Il cherche ses marques, car cette maison est nouvelle pour lui. Tout comme la situation. Il cherche un verre et Constance lui indique où ils sont rangés.
Il complimente Allison et lui demande comment se passe son année scolaire.
Allison lui parle de David Schuster et du fait qu’il lui ait demandé de prendre soin de Kim. Elliot se demande si cela ne va pas empiéter sur son travail scolaire.
Allison apprend à ses parents que Kim est une enfant sourde, et qu’elle a besoin d’une compagnie.
Pendant ce temps au manoir, David Schuster descend les escaliers et se rend dans la salle à manger. Il salue sa femme.
Doris sonne la cloche pour prévenir madame Chernak de servir le petit déjeuner, puis elle embrasse David.
Madame Chernak arrive.
— Madame Chernak, vous pouvez servir le petit déjeuner maintenant, suggère Doris.
— Oh, je prends juste un café, dit David.
— Oh, non non non… Tu dois prendre un bon petit déjeuner. Tu as passé une mauvaise nuit ?
David saisit le Clarion.
— C’est peu de le dire !
— C’est très inhabituel de ta part… Pourrais-je avoir une partie du journal ?
David lui concède une partie du Clarion. Doris s’en empare.
— Merci… Oh, puis-je te poser une question, et après, je promets de te laisser en paix ? À quoi penses-tu ?
— Au travail.
— Merci pour la réponse. Maintenant, tu peux continuer à bouder tranquillement.
— Oh, c’est juste que je vais avoir une semaine particulièrement difficile, et en plein milieu de cette nuit, cette évidence m’est venue l’esprit.
— Eh bien, David, je suis sûre que tu vas très bien t’en sortir.
— Je ferai ce qui doit être fait. J’espère seulement le faire bien.
— Est-ce que quelque chose t’ennuie en particulier ?
— Je dois m’occuper de quelques ouvriers.
— Que veux-tu dire par là ?
— Les licencier. Une lourde tâche que Leslie Harrington m’a laissée. Tu ne peux pas imaginer à quel point je vais être populaire après cela !… Kim est toujours endormie ?
— Non, non. Elle est dans sa chambre. Après ce qu’Allison m’a dit la nuit dernière, à savoir que Kim se parlait à elle-même, je pensais qu’elle allait me parler à moi.
Anna Chernak pose une assiette en face de David. Il la remercie et reprend le fil de sa conversation.
— Eh bien, il faut être patient, ma chérie.
— David, que penserais-tu d’embaucher Allison pour qu’elle s’occupe de Kim ?
Anna entend la conversation par hasard.
— Pourquoi pas ? Après tout, elle est capable de faire réagir Kim.
— Eh bien, comment pouvons-nous être sûrs que la fille des Mackenzie…
Madame Chernak pense utile d’intervenir :
— Vous pouvez lui faire confiance… Peu importe ce que vous allez entendre sur elle.
Anna se dirige vers la cuisine. Intriguée Doris l’appelle. Elle se retourne :
— Ce n’est pas moi qui vous en parlerais, dit l’employée avant de repartir en cuisine.
— Mais de quoi parle-t-elle ? s’exclame Doris.
— Je ne sais pas, mais nous ferions mieux de le découvrir.
— Eh bien David, nous le découvrirons. Nous sommes dans une petite ville et tout se sait rapidement.
David réfléchit.
— Attends une minute. Peut-être que je l’ai imaginé, mais la nuit dernière, lorsque j’ai ramené Allison chez elle, son beau-père était très bizarre. Il n’a rien dit. Mais c’est la façon qu’il a eue de me regarder. J’avais l’impression d’être un adolescent qui ramenait sa petite amie chez elle. Comme si je devais me sentir coupable de quelque chose.
— Étrange, murmure Doris.
Elle boit une gorgée de café.
— Tu ne m’as pas parlé de ça lorsque tu es rentré hier.
— Eh bien, pourquoi l’aurais-je fait ? Je n’ai pas à me sentir coupable de quoi que ce soit.
Dans l’appartement au-dessus de la pharmacie, Norman et Rodney discutent au sujet du jour de la remise du diplôme de Norman. Ce dernier veut que Rodney agisse comme un véritable ami pour lui, à la place d’agir comme un père.
Ils quittent l’appartement ensemble. Norman lui demande de l’argent pour aller boire un chocolat à la pharmacie.
Norman s’assied dans un coin de la pharmacie, tandis que Steven Cord vient le rejoindre. Norman le salue et lui dit qu’il est heureux de le revoir, après tout ce temps.
Steven l’informe qu’il travaille dorénavant avec Theodore Dowell. Kennerly et Wainwright s’occupaient auparavant des affaires de Martin Peyton. Et c’est maintenant Dowell qui a pris la relève.
Steven assure à Norman que Martin Peyton ne croit pas une seule seconde que c’est Catherine qui a tué Elizabeth Hanley Carson.
Norman est content de l’apprendre. Il s’en va en serrant la main de Steven et en lui disant de passer un jour à l’appartement.
Devant le bureau des renseignements de l’hôpital, Betty regarde un tableau tandis que Rodney arrive avec un cadeau pour le bébé des Sinclair.
Betty lui dit qu’il doit attendre l’heure des visites. Rod lui demande si elle peut donner le cadeau à sa place. Elle accepte.
Betty est distance envers lui. Elle quitte la réception. Michael arrive à ce même moment et dit à Rodney qu’il sait ce qu’il peut ressentir.
Pour Rodney, cette naissance fait tout remonter à la surface : son mariage avec Betty, le bébé qu’ils n’ont pas eu… Il se demande ce qui serait advenu s’ils n’avaient pas divorcé.
Janet Sinclair, la nouvelle maman, parle au téléphone lorsque Betty entre dans la chambre pour lui remettre le cadeau de Rodney. Elle exulte de joie et d’émotion si bien que Betty en devient jalouse.
Elle quitte la chambre et se heurte à mademoiselle Choate qui en profite pour lui faire une remarque déplacée.
— Vous voilà enfin !
— Je suis allée remettre un cadeau à une patiente.
— Avec le temps que vous avez pris, vous avez dû le fabriquer.
— Cette remarque est déplacée, mademoiselle Choate.
— Vous trouvez ? Je vous cherche depuis quinze minutes.
— Je n’étais pas cachée.
— J’aimerais bien que vous accomplissiez vos devoirs sociaux en dehors de vos heures.
— Vous êtes injuste.
— Et vous, impertinente.
— Le pensez-vous vraiment ? Suis-je impertinente parce que je vous dis que je suis fatiguée de vous voir me harceler ?
— Je suis intransigeante sur la discipline à l’hôpital, se défend l’infirmière en chef.
Fatiguée d’être toujours harcelée par la chef des infirmières, Betty lui dit qu’elle commence à en avoir assez, avant de tourner les talons et de partir.
Dans leur bureau au-dessus de la banque, Steven Cord et Theodore Dowell discutent des intérêts de Martin Peyton.
Dowell lui rappelle la question qu’avait posée Steven : est-ce à cause de sa mère Hannah qu’il hésite à l’embaucher ? Dowell avoue qu’il a des préjugés sur la mère de Steven.
Il a parcouru le CV du jeune avocat et le trouve assez exceptionnel. Il est sorti major de sa promotion à Harvard, et le cabinet Wainwright ne tarit pas d’éloges sur lui.
Cependant, Ted Dowell se pose la question de savoir pourquoi Steven veut venir travailler dans une petite ville comme Peyton Place alors qu’il pourrait rester au prestigieux cabinet bostonien.
Steven lui répond que c’est parce que Dowell va devenir l’avocat de Martin Peyton.Dowell accepte finalement que Steven vienne travailler avec lui. Steven jubile.
David et Doris Schuster ont passé leur première soirée sociale à Peyton Place. Ils étaient les invités de Theodore Dowell, un homme représentant une opportunité et un défi. Quoi que Dowell décide de faire affectera la vie de David et Doris Schuster, plus qu’ils ne le pensent. Maintenant, Theodore Dowell quitte l’auberge et une réunion qui l’a profondément troublé. Il considère que sa décision est prise. Mais il est également troublé par l’arrivée à Peyton Place d’un homme nommé Steven Cord et qui le confronte à une autre décision.
David et Doris Schuster marchent de l’auberge jusqu’à leur voiture. David aide Doris à entrer dans la voiture, garée près du pilori. Tandis qu’ils démarrent, Steven Cord scrute du regard Théodore Dowell depuis la fenêtre de sa chambre, qui sort du Colonial. (La ville de Peyton Place est très clémente en ce qui concerne les stationnements gratuits. Le stationnement est autorisé sur les deux rues latérales du square, excepté bien entendu devant la caserne des pompiers, à l’ouest du square. Enfin, le stationnement est restreint à côté de l’entrée de l’hôpital, un demi-bloc à l’est du square.)
Ted Dowell revient de la chambre de Steven Cord à l’hôtel et se rend au Clarion pour aller chercher Mme Dowell qui l’attend en compagnie de Matthew Swain.
— Désolé de t’avoir fait attendre, ma chère. Cela m’a pris plus long que je ne le pensais pour prendre ces papiers.
Andrea n’en prend pas ombrage.
— Matt m’a divertie en attendant.
— Oh, c’est ce que vous faites toujours, dit Dowell à Matthew.
— Ted a toujours l’habitude de dire que vous êtes le célibataire le plus dangereux de Peyton Place, s’exclame la femme de l’avocat.
— Eh bien, c’est juste une flatterie d’un vieil ami.
Andrea rit. Matthew se tourne vers Dowell.
— Ted, quelles ont été vos impressions sur David Schuster ?
— Il semble avoir les capacités requises. Je peux comprendre pourquoi Martin Peyton lui a donné la charge de la fabrique.
Les Dowell prennent congé de Matthew.
David et Doris roulent vers le manoir.
— Pas mauvais, ce dîner, clame David. Nous n’avons pas de homard cuisiné ainsi à New York.
— Peyton Place a parfois de bons côtés.
— Oui, des bons et des mauvais. Ce dîner n’était pas un dîner d’amabilité. Moi et Dowell, nous nous sommes évalués.
— Cela se passe tout le temps comme ça à New York.
— Oui, la coutume du pays. Un dîner, une conversation polie, se scruter l’un et l’autre avec boissons à volonté. Pourquoi faut-il toujours s’évaluer ?
— Tu l’as dit toi-même. C’est la coutume du pays.
— Je pensais que tu avais aimé cette soirée.
— Ha. Ha. Ha. Mme Dowell est une véritable magicienne.
— En tout cas, tu as été un peu vite en besogne avec cette histoire d’auxiliaire d’hôpital.
— Je veux faire quelque chose de ma vie, ici. Je ne veux pas rester à la maison tout le temps, réplique Doris.
— Tu penses à Kim ?
Doris soupire.
— Encore…
— OK, je suis désolé.
David pose un bras autour d’elle pour s’excuser.
— Une chose m’a ennuyée, soupire Doris.
— Quoi ?
Doris me met à imiter madame Dowell :
— Ma chère, dites-moi comment vous et votre mari vous êtes rencontrés.
— Elle voulait juste savoir, dit David.
— Nous sommes dans une petite ville, David. Ils veulent tout savoir de leurs voisins. Et tout le monde est notre voisin ici. Ils commenceront par découvrir des petites choses, puis ils découvriront que tu as déjà été marié.
— Dans ce cas, raconte-leur une histoire… Je veux dire par là une histoire ordinaire.
— Kim n’est pas ordinaire.
— Non, Kim n’est pas ordinaire. Et peut-être que nous ne sommes pas aussi ordinaires qu’on le laisse penser quelquefois. Mais nous n’avons pas à nous défendre nous-mêmes, même si nous sommes dans une petite ville. Si tu penses qu’on doit le faire, si vraiment tu penses qu’il faut le faire, alors nous devrions repartir pour New York.
— Est-ce que tu me reproches de t’avoir fait venir ici ? Doit-on toujours revenir sur ce même sujet ?
— C’est toi qui es venue sur le sujet.
David arrête la voiture. Il se tourne vers sa femme.
— Maintenant, écoute. Nous sommes dans un nouvel environnement, mais nous sommes toujours nous-mêmes, n’est-ce pas ?
— Oui.
Ils s’embrassent longuement.
Steven Cord entre dans la Taverne d’Ada Jacks et s’assoit à l’extrémité du bar. Ada le rejoint.
— Vois désirez ?
— Un bourbon arrosé d’eau. Avec deux glaçons dans l’eau.
Ada prépare la boisson. Elle n’a pas l’habitude qu’on lui réclame un bourbon avec de l’eau.
— J’espère que ça sera bon.
— Ça le sera, affirme Steven. Vous êtes Ada ?
— Je suis Ada. Qui êtes-vous ?
— Steven Cord.
— Oh, vous êtes le fils d’Hannah. Comment va-t-elle ?
— Bien.
— Et comment va Martin ? Je veux dire, monsieur Peyton ?
— Pas très bien. Il ne reviendra pas à Peyton Place.
— Oh, je suis désolée. Je suis désolé.
— Je pensais que vous le seriez. Eddie est parti et lui aussi n’est jamais revenu.
Les traits du visage d’Ada se durcissent. Elle n’aime pas qu’on lui rappelle son mari qui l’a abandonnée.
— Qui vous a dit cela ?
— Ma mère. C’est elle qui me l’a raconté.
Ada lui répond froidement :
— Vous avez votre Bourbon. Vous avez votre eau et vos deux glaçons. Prenez-les et ne revenez plus.
— Ada ?
— Madame Jacks, corrige-t-elle.
— Madame Jacks, je ne suis pas venu ici pour me disputer.
— Très bien.
— Mais je suis ici pour une raison. Je suis venue vous voir.
— Pourquoi ?
— Parce que je me souviens de vous. Je me souviens de vous lorsque j’étais enfant. Vous aviez de longs cheveux. Blonds comme les blés. Pour moi, ils paraissaient être en or. Vous étiez très belle.
— Vous aviez besoin d’une fée Carabosse.
— Pas d’une fée Carabosse. Seulement d’un grand roi. Et deux princes… J’ai vu les deux princes ce soir… Ils dînaient à l’auberge avec le Dr Rossi. Ils ne m’ont pas reconnu, bien sûr… Ils discutaient gentiment… Puis l’un d’eux s’est levé brusquement et il est parti… Norman Harrington.
— Pourquoi êtes-vous revenu ? s’inquiète Ada.
— Norman…
— Il aimait profondément sa mère. Il ne s’est jamais remis de sa mort.
— Comment a-t-il pris le fait que son père ait dénoncé sa mère comme meurtrière ? s’enquiert l’avocat
— Très mal.
— Et pour Rodney ?
— Rodney est différent.
— Pourquoi Norman était-il tellement gâté par sa mère ?
— Qu’êtes-vous venu faire dans cette ville ?
— Je suis venu pour du travail.
— Et c’est tout ?
— Pour parler aussi.
— Du bon vieux temps ?
Steven veut payer sa boisson.
— C’est pour la maison, objecte Ada.
Steven s’en va. Ada tourne la tête et aperçoit Rita qui regarde par la fenêtre de la porte. Elle va la rejoindre.
— Qui était-ce ? demande la jeune fille.
— Oh, quelqu’un qui vivait ici quand il était gosse. Sa mère était la gouvernante de la maison de Martin Peyton… Qu’est-ce que tu as fait ce soir ?
— Je suis allée voir un film.
— Seule ?
— Pourquoi pas ? J’ai vu deux copains là-bas, mais je ne suis pas sortie avec eux pour autant. Je pensais peut-être que je verrais Norman.
— Vas-y doucement, Rita.
— Pourquoi ?
— D’après ce que j’ai entendu, Norman Harrington n’est pas très fréquentable en ce moment.
— Ce n’est pas une raison pour le laisser tomber, proteste Rita.
— Que dirais-tu d’aller dans une école privée ? dit soudain Ada.
— Tu veux dire une école pour filles ?
— Oui, j’ai l’argent nécessaire.
— Maman, quel est le problème ?
— Cette ville n’a jamais été bien pour moi. Et elle ne le sera pas pour toi.
Ada se retire dans sa chambre.
Michael Rossi pénètre dans la zone de réception de l’hôpital et s’adresse à l’infirmière de garde.
— Est-ce que le Dr Morton est en salle de travail ? La Dr Claire Morton ?
Claire arrive précipitamment.
— Vous venez trop tard, docteur, dit-elle. Le nombre des habitants de Peyton Place vient d’augmenter d’un.
— Oh, c’est formidable, se réjouit le médecin.
— Merci d’être venu, en tout cas.
— Tout va bien ?
— Très bien. Je suis désolée de vous avoir dérangé.
— Vous avez fait ce qu’il fallait. Que s’est-il passé ?
— Je ne sais pas. Juste un moment de doute. Maintenant, je me sens ridicule.
— Tout le monde a le droit d’avoir un moment de doute.
Rodney arrive près du comptoir de la réception.
— Oh, Rod et moi dînions ensemble, explique Michael. Il se trouve qu’il est ami avec le nouveau père.
— Bonjour, Rodney.
— Dr Morton. Qui est le père ?
— Monsieur Sinclair. Et maintenant, il y a un monsieur Sinclair Jr.
— Il a eu un fils. C’est super !, s’exclame le jeune Harrington.
— Pourquoi est-ce que les hommes disent toujours ça ? plaisante Claire.
— Où est-il ? s’enquiert Rodney.
— Je suppose qu’il attend à l’extérieur de la salle de travail.
— Est-ce que je peux aller le voir ?
Claire acquiesce :
— C’est contraire au règlement. Mais si mademoiselle Choate vous dit quelque chose, dites-lui que je vous ai donné la permission.
Rodney s’en va voir son ami. Claire est désormais seule avec Michael. Elle perçoit une contrariété sur le visage du médecin.
— Est-ce que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas, Mike ?
— Il a été marié avec Betty Anderson.
— Je l’ignorais.
— Vous n’étiez pas là à l’époque. Betty a perdu son bébé.
— Quelle tragédie pour elle !
— Oui.
— Comment peut-elle supporter de travailler ici ?
— Eh bien, la vie doit continuer, n’est-ce pas ?
— Oui, il le faut.
— Écoutez, pourquoi n’irions-nous pas célébrer ce premier triomphe devant une tasse de ce merveilleux café de l’hôpital ? (Il se tourne vers l’infirmière de garde) : oh, veuillez dire à monsieur Harrington lorsqu’il revient que nous sommes dans la salle du personnel.
Rodney et Bob Sinclair sont à la nurserie. À travers la vitre, Betty montre le bébé à Bob. Elle et Rodney se regardent longuement.
Michael et Claire s’assoient à une table, dans la salle du personnel de l’hôpital.
— J’aimerais vous expliquer pourquoi j’ai paniqué, dit Claire. Ce que j’ai dit tout à l’heure va dans les deux sens. Ce soir, le professionnalisme a fait place à une soudaine apathie. Je me suis revue au Pérou en train d’aider tous ces enfants à trouver le réconfort. Je les entendais me supplier, parler du grand Dr Vincent Markham, de la morphine… Ils pensaient que j’avais le feu sacré.
— Et qu’avez-vous fait ?
— J’ai essayé Michael. Mais ce n’était pas ce qu’ils voulaient. Dans la tradition du Dr Robert Morton, j’ai essayé d’être parfaite. Dans la tradition du Dr Vincent Markham, j’ai essayé d’être une sainte. Lui voulait que je sois une femme.
Elle avoue qu’elle ne se sentait pas à sa place au Pérou. Elle dit aussi à Mike qu’elle est mariée avec le Dr Vincent Markham.
David et Doris arrivent au manoir et découvrent Allison endormie avec ses livres scolaires éparpillés sur le sol.
Elle se réveille et parle un instant avec le couple. Allison leur explique tout ce qui s’est passé au cours de la soirée et en particulier le moment où Kim a voulu s’enfuir et où Allison l’a laissée faire.
David et Doris sont impressionnés par la façon dont Allison a géré la chose. David décide de la ramener.
Tandis qu’il ramène Allison à la maison, David lui parle de son enfance. Il est l’unique garçon d’une famille de quatre enfants. Ce qui ne lui a pas procuré que des avantages.
Lorsqu’ils arrivent à la maison Carson, Allison présente David Schuster à Elliot et Constance.
On sent qu’Elliot se méfie de Schuster à travers le regard particulièrement glaçant qu’il lui offre. David s’en va et Allison dit à Elliot combien les Schuster sont sympathiques.
Constance dit à Elliot qu’il s’est conduit comme un père protecteur en accueillant froidement Schuster. Elle est fière de lui.
À Peyton Place, un homme nommé Steven Cord vient d’arriver. À Steven Cord, tout semble à la fois un peu familier et un peu moins familier. Cela fait des années qu’il a quitté la ville. Steven est maintenant de retour à Peyton Place à la demande de Martin Peyton.
Le square la nuit. Steven marche à côté du tribunal jusqu’à la porte de l’Auberge Colonial Post, qu’il franchit.
Steven entre dans l’auberge. M. Raymond Gorby, le chauffeur de la limousine des Peyton, se lève d’un petit bureau et va bavarder avec lui.
Gorby prend une clé sur le tableau des clés de la réception et la tend à Steven, en lui demandant ce que ça fait d’être de retour.
Steven lui répond qu’il vient juste d’arriver. Il enlève son chapeau et son manteau et entre dans le restaurant pour commander un Scotch on the rocks.
Doris Schuster arrive au bar et demande un téléphone. Elle appelle le 555-3140 et en attendant d’avoir une réponse, commande une boisson.
Lorsqu’elle sort une cigarette et la porte à sa bouche, Steven lui offre galamment du feu.
Doris appelle le manoir pour savoir si Allison et Kim vont bien. Allison lui assure que tout se passe pour le mieux.
Allison essaie de gagner la confiance de Kim, mais la fillette refuse de manger son cake et boire son verre de lait.
Vexée de ne pas être le centre d’intérêt, Kim tente une nouvelle fois de se sauver, mais Allison l’intercepte par la porte de devant.
Comme boutade, Allison recommande à Kim de mettre un pull-over, car il fait froid dehors. Allison entre dans le living-room et s’assoit sur le divan. Finalement, Kim la rejoint.
Steven est encore au bar. Quelques mètres plus loin, au restaurant, Michael dîne avec Norman et Rodney.
Norman mentionne le fait qu’il compte aller au collège, ou alors s’engager dans l’armée. Tous trois discutent chacun de leur vie de célibataire.
Michael leur dit qu’il lui a fallu du temps pour s’adapter à la vie en solitaire.
Théodore Dowell les aperçoit et vient les saluer. Il invite les frères Harrington à dîner un de ces soirs.
Norman lui lance un regard furieux et dit à Michael que Maître Dowell est l’avocat de son père.
Rodney suggère à Norman d’améliorer son savoir-vivre. Le Dr Rossi dit à Norman qu’il doit cesser de se sentir désolé pour lui-même. Il doit aussi pouvoir se libérer de sa colère.
Norman s’excuse, se lève et s’en va. Plus loin, au bar, Steven Cord continue à boire.
Pendant ce temps au manoir, Allison dit à Kim qu’il est temps pour elle d’aller se coucher. Kim résiste, mais Allison insiste.
Kim consent finalement à se mettre au lit et prétend dormir. Allison quitte la chambre en fermant la porte. Allison voit la lumière de la chambre se rallumer, et retourne voir Kim.
La fillette lit son livre. Allison le lui prend et éteint de nouveau la lumière. Elle repart avec le livre pour ne pas tenter de nouveau Kim. Elle reste à proximité et voit à nouveau la lumière se rallumer.
Elle retourne donc une seconde fois dans la chambre pour voir que Kim a pris un autre livre. Elle reprend à nouveau le livre et le repose à sa place, éteint la lumière et quitte la chambre.
Allison attend à l’extérieur et cette fois revient dans la chambre pour découvrir Kim lisant sous sa couverture avec une lampe de poche électrique. Allison confisque la lampe électrique.
Elle s’assoit alors dans la chambre et attend que Kim s’endorme. Kim commence presque à parler. Elle fait des bruits vocaux qui ressemblent presque à des mots. C’est évident pour Allison que Kim pourrait parler si elle le voulait vraiment.
À l’Auberge, David et Doris Schuster, ainsi que Matthew Swain dînent avec Théodore et Andrea Dowell. Débute une conversation polie dans laquelle Andrea demande à Doris où elle a rencontré David. Doris lui donne une réponse évasive appropriée.
Dowell informe Schuster qu’il s’occupe des intérêts de Martin Peyton et qu’il voulait rencontrer David dans un endroit neutre et non à la fabrique.
De son côté, Doris dit à Matthew et Theodore qu’elle aimerait beaucoup rejoindre le staff de l’hôpital en tant qu’auxiliaire. Cependant, Andrea suggère qu’ils attendent un peu, le temps que la famille s’installe à Peyton Place, d’autant plus que Kim aura besoin de beaucoup d’attention de la part de sa mère.
Dowell se lève de table et se rend près du bar. Steven en profite pour l’aborder et se présenter à lui.
Dowell se souvient de lui. Steven dit qu’il a un papier à donner à Schuster. Ils consentent à se rencontrer plus tard dans la chambre d’hôtel de Steven.
Betty réconforte Janet Sinclair qui est en plein travail. La Dr Claire Morton entre dans la chambre. Janet est effrayée par la venue de son bébé. Elle n’est pas sûre de vouloir le garder.
Claire demande à « Miss Anderson » d’aller chercher mademoiselle Choate, puis elle aide Janet à respirer profondément.
Pendant ce temps, à l’auberge, le Dr Rossi dîne encore avec Rodney. Le médecin reçoit un appel de Claire qui l’informe que Janet Sinclair, une des patientes du Dr Burgess, est sur le point d’accoucher.
Michael invite Rodney à venir avec lui à l’hôpital, car le jeune homme connaît Bob Sinclair, le mari de Janet. Ils jouaient ensemble au football à l’école.
Steven Cord reçoit Theodore Dowell dans sa chambre au Colonial.
Il lui donne une lettre personnelle de Martin Peyton et demande à l’avocat qu’il la lise. Steven lui fait savoir qu’il connaît le contenu de la lettre.
Il lui dit aussi que Peyton suggère à Dowell d’engager Steven dans son cabinet. Mais Dowell lui dit qu’il a toujours travaillé seul. Il ne veut pas engager quelqu’un sous prétexte que Martin Peyton le lui demande.
Cependant, Steven lui fait remarquer que Peyton n’a fait qu’une suggestion. Steven lui demande s’il est réticent à l’embaucher parce qu’il n’a pas besoin d’un assistant, ou bien par ce que lui, Steven, est le fils d’Hannah Cord ? Dowell avoue qu’il ne sait pas quoi penser.
Le temps a suspendu son vol, et maintenant il redémarre avec une rapidité inattendue. Les parents d’Allison Mackenzie sont de retour à la maison. Et pour la première fois dans sa vie, Allison se surprend à regarder chez elle avec les yeux d’une étrangère.
Trafic dans le square. Allison, en portant des fleurs, parvient à la porte d’entrée de la maison des Mackenzie, devenue maintenant la maison des Carson.
Elliot ouvre la porte. « Bonjour, Allison. Viens, entre ».
Constance va chercher les cadeaux pour sa fille. Allison tend les fleurs à Elliot. Elle reçoit un ours Théodore Roosevelt.
Elliot invite sa nouvelle famille à manger au Colonial. Allison refuse en disant qu’elle a promis aux Schuster de garder leur fille ce soir. Elle leur dit qu’elle est heureuse qu’ils soient de retour à la maison.
Elle monte ensuite à l’étage se changer, tandis qu’Elliot dit à Constance qu’il y a tant de choses qu’il voulait lui dire. Les deux parents sont déçus de ne pas avoir leur fille avec eux pour leur première soirée ensemble.
David Schuster entre au manoir et annonce à tout le monde qui est à portée de voix qu’il est à la maison. Doris lui répond qu’elle est à l’étage.
Il lui dit qu’il va se préparer une boisson. Elle l’appelle d’en haut en lui disant qu’il doit y avoir du martini quelque part.
Il monte et découvre sa fringante femme prête pour leur repas du soir. Ils sont invités par Maître Théodore Dowell. David n’était pas prévenu et il est un peu contrarié. Doris lui répond qu’elle a laissé un message à sa secrétaire, mais David était à White River toute la journée. Elle lui annonce que c’est la « fille Mackenzie » qui garde Kim ce soir, précisant qu’elle la trouve très intelligente.
Doris aimerait pouvoir aider David à la Fabrique, lui donner des conseils sur le travail, mais David n’est pas très chaud pour ça. « Ne me repousse pas », dit Doris en se lovant contre lui, avant que la sonnette de la porte d’entrée retentisse.
David descend l’escalier et laisse entrer Allison. Il la remercie d’être venue et lui dit que sa femme va bientôt descendre pour lui donner des instructions. Puis il retourne en haut afin de se préparer pour le dîner avec les Dowell.
Allison aperçoit Kim cachée derrière le canapé. « Bonsoir Kim », dit la jeune fille à l’enfant.
À l’hôpital, Bob et Janet Sinclair attendent au bureau des renseignements. Janet est enceinte, et sur le point d’accoucher.
Betty se montre et Mlle Choate lui dit d’emmener Mme Sinclair à la chambre 115, pendant qu’elle s’occupe d’installer son mari dans une salle d’attente.
Betty est un peu choquée, car elle connaît bien Janet et son mari, ils étaient à l’école ensemble.
Betty aide Janet à s’installer dans son lit. Elle lui dit qu’elle avait appris son mariage avec Bob. Janet assure qu’elle voulait lui envoyer une invitation, mais le mariage s’est décidé trop rapidement. Betty lui dit de ne pas s’en faire pour ça.
Janet a une contraction, et Betty est bienveillante avec elle. Janet voudrait que Betty reste près d’elle, elle aurait moins peur. Elle lui avoue qu’elle n’a jamais eu l’intention de lui envoyer une invitation au mariage.
La jeune infirmière la met à l’aise et lui dit qu’elle doit s’absenter un instant, mais qu’elle revient dès que possible.
Elle sort de la chambre et rencontre le Dr Rossi. Il voit qu’elle semble contrariée. Elle raconte au médecin que la patiente sur le point d’accoucher, elle la connaît. Elle et Rodney avaient l’habitude de sortir ensemble avec Bob et Janet.
Et maintenant, Janet va avoir un bébé, alors que Betty a perdu le sien. C’est dur pour elle. Mais Mike lui dit qu’elle doit agir en professionnelle et la renvoie dans la chambre de Janet.
Au manoir, Allison s’occupe de Kim tandis que Doris lui donne les dernières directives pour la soirée. Doris demande à Allison de coucher Kim à 8 heures. David vient à son tour et embrasse sa fille. Ils se disent au revoir.
Allison et Kim ont dessiné une image. Allison dit à l’enfant que ce serait bien de l’achever avant l’heure du coucher. Mais Kim gribouille le dessin avec rage, sous le regard choqué d’Allison.
La limousine Peyton arrive à l’auberge Colonial Post et Raymond Gorby, le conducteur des Peyton, aide un homme à en sortir.
Un passant s’arrête un instant et observe le mystérieux homme, avant passer son chemin.
— On dirait qu’il vous connaît, dit le chauffeur.
— Ce n’est pas impossible, répond l’homme.
Pendant que Gorby prend les bagages dans le coffre et les emmène à l’intérieur du Colonial, l’homme mystérieux en profite pour observer la place. Il regarde Matthew entrer au Clarion.
À l’intérieur du Clarion, Matthew vérifie sa montre de poche et la remet dans sa poche. L’avocat Théodore Dowell entre afin de parler avec Matthew de Martin Peyton.
Dowell dit qu’il a organisé un dîner parce qu’il veut savoir quel genre d’homme est David Schuster en dehors du travail.
Dans l’appartement au-dessus de la Pharmacie, Norman et Rodney se préparent pour aller dîner au Colonial. Rodney offre à Norman d’emprunter sa cravate.
Norman ne veut pas y aller, mais Rodney insiste :
— Le Dr Rossi a eu la gentillesse de nous inviter, nous ne pouvons pas refuser.
— Vas-y, toi. Tu n’auras qu’à lui dire que j’ai d’autres plans.
— Mais tu n’as pas d’autres plans, proteste Rodney.
Norman finit par accepter de venir. Depuis la fenêtre, ils aperçoivent la limousine de leur grand-père et se demandent ce qu’elle fait là. L’homme mystérieux les observe depuis le square.
De même qu’il observe attentivement Doris sortir de la voiture et s’engouffrer au Colonial.
David Schuster dépose Doris devant l’auberge et dit qu’il va l’attendre dans le couloir.
Au comptoir du Colonial se tient le conducteur de la limousine Peyton, monsieur Gorby. Il reconnaît Doris et elle le salue. Elle pense que monsieur Peyton est ici, mais le chauffeur lui dit qu’il n’en est rien.
— Comment va M. Peyton ?, s’enquiert-elle.
— Pas mieux, mais pas pire non plus.
— Est-ce que vous pensiez que j’essayais de vous soutirer des informations ?
Il ne répond pas. Soudain gênée, elle quitte la zone de réception.
Dehors, dans le square, l’homme mystérieux (dont on apprendra dans le prochain épisode qu’il s’agit de Steven Cord) admire un canon planté comme décor.
Il allume une cigarette et, avec son briquet, fait mine d’allumer la mèche imaginaire du canon. « Boom », dit-il.
Une nuit sombre à Peyton Place. Une nuit sombre pour Norman Harrington. Conduit par sa solitude et sa perte d’identité, il a essayé de revenir dans la maison où il est né, mais l’a trouvée occupée à jamais par des étrangers. Encore plus solitaire, plus désemparé que jamais, il revient dans l’appartement qu’il partage avec son frère.
Le square. La caserne des pompiers. Norman conduit jusqu’à la caserne et se gare devant la pharmacie.
Rita ouvre la porte de l’appartement et laisse entrer Norman. Elle porte un jeans. Norman enlève sa veste, et demande à Rita où se trouve « le grand homme » (il veut bien évidemment parler de son frère Rodney).
Rita réplique qu’elle s’est inquiétée à mort à son sujet. Norman sait de quelle façon Rita l’aime. Elle a mis les choses au clair à ce sujet la nuit dernière à l’étang lorsqu’elle n’a pas voulu qu’il l’embrasse.
Rita s’en va en pleurant tandis qu’arrive Rodney. Norman compare Rodney à leur père. Rodney parle à Norman de sa petite escapade chez les Schuster. Il sent que son frère est déboussolé.
Dans la chambre de Kim, Doris essaie de faire dormir l’enfant. Le mobile accroché au plafond jette des ombres surnaturelles sur les murs, elles sont plus effrayantes que relaxantes.
Doris quitte la chambre et retrouve David, assis sur la troisième marche de l’escalier. Elle dit que Kim s’est endormie profondément comme si rien ne s’était passé.
Pour David, cette petite escapade est un avertissement, même si Doris prétend que cela n’arrivera plus jamais.
— Nous étions deux dans cette maison lorsqu’elle s’est enfuie, rappelle Doris.
— J’ai dit que c’est un avertissement, s’écrie David.
S’enchaîne une violente conversation. Ils hurlent l’un avec l’autre, se faisant chacun des reproches.
— J’ai appris ma leçon, affirme David.
— Et tu penses que moi, non ?
— Doris, je suis à la fabrique, toute la journée. Elle est avec toi la plupart du temps.
— Laisse-moi te faire la promesse que cela n’arrivera plus.
— Doris, ce que je veux te dire, c’est qu’elle est bouleversée. Profondément bouleversée. Nous devons faire face à cela.
— Tu continues à dire « nous », mais tu veux dire « moi ». D’accord, elle est bouleversée, mais elle ne s’est pas tournée vers toi. Elle s’est tournée vers une étrangère. Vers « cette fille ».
Doris se calme et veut parler normalement à David. Elle se demande pourquoi ils agissent de la sorte. Ils ne font que détruire leur relation, et détruire Kim par la même occasion. Ils se mettent d’accord pour dire qu’ils ne s’écoutent pas l’un l’autre.
David s’approche de sa femme.
— Je t’aime, murmure-t-il.
Ils s’embrassent tendrement.
Kim se met à crier. Il s’agit probablement d’un cauchemar. Doris s’apprête à aller voir la fillette, mais David l’arrête.
Kim crie une nouvelle fois. Doris monte. Ce sont les ombres en mouvement du mobile qui ont sans doute effrayé Kim.
David conduit jusqu’à la maison des Carson et sonne à la porte. Allison, qui était dans la cuisine en train de cuire du bacon, va lui ouvrir.
David s’excuse du dérangement et de la façon dont il a réagi la nuit dernière lorsqu’Allison a ramené Kim. Allison se rend compte que le bacon brûle et court à la cuisine.
David en profite pour entrer. Le laitier vient à la porte de devant parce qu’il n’obtenait pas de réponse à la porte de derrière. Allison présente M. Schuster au laitier qu’elle n’appelle pas par son nom. Le laitier s’en va.
David demande à Allison si elle se souvient de quelque chose de précis. Il est étonné qu’Allison ait entendu parler Kim, car la fillette n’a pas prononcé un seul mot depuis qu’ils sont arrivés à Peyton Place.
Allison lui ment en lui disant qu’elle ne se souvient de rien de précis. David la remercie et s’en va.
À l’hôpital, le Dr Rossi croise Claire, et souhaite lui parler. Mais Claire prétend que Michael la critique. Elle s’aperçoit qu’à chaque fois qu’elle voit Michael, ils ne peuvent s’empêcher de se disputer.
Michael lui répond qu’en fait, elle l’esquive constamment. Elle prend mal à la remarque et le médecin lui dit que ce n’était pas une critique.
Il souhaite parler de docteur à docteur et lui dit qu’il est dommage que Claire refuse un poste à l’hôpital simplement parce qu’elle croit qu’il ne veut pas d’elle ici. Il aimerait savoir si elle pense qu’il est vraiment impossible pour elle de travailler avec lui.
Elle lui répond que cette conversation n’a pas lieu d’être, car elle a consenti finalement à reprendre le poste laissé vacant par le Dr Burgess et rejoint donc le personnel de l’hôpital.
Michael est ravi. « Bienvenue, Dr Morton », lui dit Michael. Ils se serrent la main. Puis le Dr Rossi s’en va. Claire affiche un visage dubitatif.
Au manoir, Rodney est venu parler avec Doris. Doris lui dit qu’il n’est pas un intrus. Rodney est venu s’excuser pour Norman qui est entré incognito sur la propriété.
Doris minimise l’incident. Elle s’excuse d’avoir été dure avec Rodney la dernière fois. Elle est très conciliante avec lui. Elle lui dit que ce n’est plus leur maison, mais que Norman n’a pas encore intégré cette information.
— Ce n’est pas une excuse pour s’introduire chez vous de la sorte, dit Rodney.
— Voilà une étrange conversation, je n’ai accusé votre frère de rien.
— Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je veux juste que mon frère ne fasse rien qui puisse lui nuire.
— Votre frère ne m’a pas ennuyée, monsieur Harrington.
Rodney veut simplement que Norman passe à autre chose et ne se raccroche pas au passé.
À la librairie, Allison salue une cliente qui s’en va parce qu’elle n’a pas trouvé le livre qu’elle voulait, lorsque Doris Schuster entre dans le magasin.
— Je suis venue vous parler, Allison. Est-ce que vous avez un moment ?
— Bien, j’étais sur le point de fermer. Mais oui, bien sûr, je vous écoute.
— D’abord, et le plus important, j’aimerais m’excuser pour mon mari et aussi pour mon comportement hier soir. C’était vraiment très incivil de notre part.
— Je pense qu’un enfant perdu est une raison suffisante pour des parents d’être bouleversés, tempère Allison.
— Ce n’était pas un début très propice à notre vie à Peyton Place, n’est-ce pas ?
Allison se rappelle une des phrases fétiches de son professeur de latin :
Des débuts difficiles naissent souvent de belles amitiés.
— Comment va Kim ?, s’enquiert-elle.
— Elle va bien. Elle est avec madame Chernak dans le parc cet après-midi. Je pensais qu’après l’épisode d’hier soir, une promenade était beaucoup plus importante qu’avoir des sols de cuisine propres…
Doris hésite un instant, puis poursuit :
— Allison, j’ai un problème et j’aimerais en parler avec vous. Mon mari David et moi sommes invités ce soir. C’est une soirée très importante pour David. J’ai remué ciel et terre pour trouver une baby-sitter.
— Sans succès ?
Doris acquiesce.
— C’est à croire que toutes les étudiantes du collège ont attrapé la grippe ou sortent avec un garçon.
— Et madame Chernak ?
— Elle a une famille dont elle doit s’occuper.
Doris s’approche d’Allison.
— Allison, Kim vous connaît maintenant. J’espérais que peut-être vous pourriez rester avec elle ce soir.
— J’ai peur de ne pas pouvoir. Je suis désolée.
— Nous ne rentrerons pas tard.
— Oh, non. Ce n’est pas ça. Vous voyez, mes parents reviennent à la maison ce soir. Et c’est leur première soirée à la maison. Je pense que je me dois d’être là.
— Oh, je vois. Vous devez être très proche d’eux. Eh bien, merci tout de même. Peut-être une autre fois.
Doris s’apprête à partir, mais Allison la retient.
— Madame Schuster, est-ce que je pourrais avoir un peu de temps pour réfléchir ? Puis-je vous rappeler dans une heure environ ? Ou bien est-ce qu’il sera trop tard ?
— C’est parfait comme ça. Merci Allison.
Doris s’en va et dehors se heurte à Norman.
— Bonjour, Norman Harrington. Levez les yeux. La lumière du soleil est de ce côté.
Norman adopte un ton sarcastique :
— Tiens, tiens. N’est-ce pas là « la dame du manoir ». « Vient le printemps et les beaux matins, Dieu est dans son paradis et tout va bien dans le monde de madame Schuster. »
Doris proteste devant l’arrogance du jeune homme :
— Norman. Attendez juste une minute. Je…
— Madame Schuster, avec cette jolie bouche de menteuse, dit « Venez Norman, venez visiter votre ancienne demeure. Restez avec nous. Partagez notre pain ». Et dès que j’ai le dos tourné, elle me plante un couteau dans le dos. Passez une bonne journée.
Sans attendre la réponse, Norman s’en va.
Note de Marvin :
Dans cette scène, Norman fait référence à un poème de Robert Browning qui dit ceci :
The year’s at the spring
The day’s at the morn
Morning’s at seven
The hill-side’s dew-pearled
The lark’s on the wing
The snail’s on the thorn
God’s in his heaven
All’s right with the world.
Rodney inspecte attentivement la nouvelle voiture de Norman et regarde à l’intérieur, lorsque Betty arrive à pied et attire son attention.
— Des soucis ?
Il se dirige vers elle.
— Comment as-tu deviné ?
Elle lui explique que lorsqu’il a des problèmes, elle remarque un petit plissement sur son front.
Le Dr Rossi les rejoint. Betty leur dit qu’elle doit se rendre à l’hôpital, car elle n’ose pas arriver en retard, mademoiselle Choate est un vrai dragon. Elle s’en va.
Michael a remarqué que Rodney observait la voiture. Rodney précise qu’elle n’est pas à elle, mais à Norman.
— Je voulais justement te parler de lui, enchaîne Michael.
— Je ne veux rien entendre contre mon frère, oppose Rodney.
— Je ne veux pas dire du mal de lui, je veux juste te parler. Je sais que c’est difficile pour vous deux, vous avez vécu toute votre vie dans un manoir, avec des parents, et maintenant vous êtes seuls. Si vous avez besoin de parler, sachez que je suis disponible.
Rodney apprécie ces paroles et remercie le médecin.
Allison rentre à pied à la maison. Elle porte un bouquet de fleurs. On voit qu’il a été cueilli à même la terre. Elle s’arrête au portail un instant, appréhendant sa rencontre avec ses parents.
Elle se dirige lentement vers la porte d’entrée. Elliot l’ouvre avec un large sourire. Constance est derrière lui. Allison leur sourit.
Pour Doris Schuster, la décision de déménager à Peyton Place s’est retournée contre elle ce soir et vient la hanter. La ville entière et son mari sont à la recherche de son enfant disparu. Doris est seule dans la grande maison et elle est terrifiée par une menace à laquelle elle doit maintenant faire face.
Le manoir Peyton. Doris est seule dans le living-room du château lorsqu’une ombre arrive près de la porte d’entrée.
L’ombre n’est autre que Norman. Ill entre par la porte de devant et s’excuse d’avoir effrayé Doris. Elle demande à Norman qui il est et ce qu’il vient faire ici.
Norman se présente et lui rappelle qu’il vivait ici auparavant. Elle lui demande s’il a vu Kim. Elle décrit sa fille. Norman demande s’il y a n’importe quoi qu’il peut faire pour aider.
Il lui précise qu’il n’a pas vu la fillette. Lorsqu’elle lui demande à nouveau pourquoi il est ici, il lui répond qu’il est venu « comme ça », sans but précis.
Allison emmène Kim à la librairie et la retient car la fillette veut toujours s’enfuir.
Rodney arrive. Kim mord Allison qui lâche prise, libérant ainsi l’enfant qui s’enfuit en courant.
Allison crie à Rodney de l’attraper. Rodney l’attrape et arrive à calmer Kim. Il semble que son charme fasse effet car Kim lui sourit. Pendant ce temps, Allison téléphone au manoir.
Le téléphone sonne chez les Schuster et Doris répond. Allison dit à Mme Schuster qu’ils ont retrouvé Kim et qu’elle est saine et sauve. Doris est soulagée.
Ils offrent de la ramener directement à la maison. Doris accepte et les remercie.
Doris dit à Norman que Kim a été retrouvée.
Norman mentionne le changement qu’il a du subir ces derniers temps. Pour lui, rien ne sera plus comme avant.
Doris invite Norman à revenir un jour pour parler. Elle sait ce que c’est la solitude. Norman la remercie et s’en va.
Schuster se rend dans une cabine téléphonique et appelle Doris. Elle informe David que Kim a été retrouvée.
Il lui dit qu’il sera de bonne heure à la maison. Puis il dit à Michael que Kim est sur le chemin de la maison. David est soulagé.
Le Dr Rossi propose à Schuster de le ramener au manoir. Il accepte volontiers.
Dans la voiture, David dit à Michael qu’il se sent épuisé. Selon le médecin, c’est une réaction normale après le soulagement de savoir sa fille saine et sauve.
Betty Anderson marche depuis l’hôpital jusqu’à la maison. Elle entre tandis que Julie descend les escaliers.
Elles parlent de Jerry Bedford et Julie encourage sa fille à le fréquenter car elle trouve qu’il dégage « quelque chose de spécial ».
Betty demande ce que Julie compte faire au sujet de George. Elle ne veut pas que sa mère gâche sa vie à l’attendre. Julie lui répond que quoiqu’il puisse arriver à George, elle continuera à vivre sa vie, et encourage Betty à faire de même.
Elles s’étreignent et se disent mutuellement qu’elles sont contentes d’être ensemble.
Le révérend Jerry Bedford travaille sur un sermon dans son bureau lorsqu’on frappe à la porte. C’est Claire Morton qui est venue lui parler.
Claire et Jerry sont amis d’enfance. Ils étaient à l’école ensemble.
Jerry lui confie qu’il a beaucoup de mal à écrire son sermon. Il lui montre d’ailleurs une page vierge. « Je pense savoir ce qui m’arrête : je ne dois pas l’écrire seul. Je dois pourvoir convaincre mes paroissiens qu’ils ne peuvent pas rester sans rien faire. Ils ne doivent pas seulement rester debout et me fixer dans ma chaire, ils doivent aussi pouvoir agir. »
Il est aussi effrayé par l’échec. C’est la raison pour laquelle il envie Claire. C’est une femme qui sait ce qu’elle veut, elle ne doute jamais. C’est en tout cas ce que pense Jerry.
Mais Claire lui avoue le contraire. Elle aussi a peur de l’échec. Son séjour au Pérou a été un échec pour elle.
— Jerry, je suis totalement déboussolée. Je suis revenue à Peyton Place en espérant quelque chose. Une normalité. Avoir cette sensation de vie normale. Maintenant j’ai cette chance. Le Dr Burgess doit quitter l’hôpital. Il est très malade. On m’a offert son poste. Mais je suis terrifiée rien qu’à l’idée de le prendre.
Lorsque Jerry lui demande pourquoi, elle lui répond qu’elle ne se sent pas digne de cet emploi.
Jerry lui répond que tout le monde, à un moment donné de sa vie, a le sentiment d’échouer. Mais il faut toujours faire front aux échecs pour pouvoir avancer.
Le carillon de la porte d’entrée du manoir retentit et Rodney entre en portant Kim.
Doris prend Kim dans ses bras et l’étreint chaleureusement.
David et Michael arrivent. David présente le Dr Rossi à Doris. Le médecin souhaite examiner l’enfant mais Doris s’y oppose en disant qu’elle va bien. Michael n’insiste pas.
David suggère que Kim devrait aller au lit. Doris est du même avis. Mais au lieu de monter à l’étage, Kim se précipite vers Allison et l’étreint.
David a l’air embarrassé par la situation, et Doris semble perdue.
Michael dit bonsoir et s’en va. David prend Kim et la porte en haut.
Allison raconte à Doris que Kim parlait avec sa poupée lorsqu’elle l’a trouvée. Elle ne raconte cependant pas que Kim a dit qu’elle déteste sa mère. David est intrigué car Kim ne parle pas d’ordinaire. Doris pense qu’Allison se trompe et a cru l’entendre parler. Mais Allison maintient l’avoir entendue. Elle mentionne même le nom d’Amy, que Kim avait glissé dans une phrase.
Puis elle suit David et Kim au premier. Restée seule avec Rodney, Doris lui oppose un discours différent de celui avec Norman. En effet, elle lui dit que son frère s’est introduit au manoir comme un voleur.
Elle lui rappelle assez abruptement que cette demeure est dorénavant la sienne et elle souhaite que les gens la laisse en paix.
Dans leur chambre d’hôtel à Boston, Constance et Elliot discutent des couleurs qu’ils veulent pour le living-room.
Elliot dit qu’il aimerait un établi dans le garage, et quelques outils, bien évidemment.
Constance lui répond qu’il peut commencer sa carrière de menuisier en fabriquant une table basse.
Dès qu’ils seront de retour à Peyton Place, elle appellera monsieur Payne afin d’obtenir un devis pour la peinture murale. Elliot étreint Constance. C’est l’image du bonheur.
Rodney ramène Allison à la maison. Allison note la tranquillité qui émane de la propriété des Mackenzie.
Rodney lui rapporte ce que Doris lui a dit au sujet de Norman qui est venu au manoir. Allison a du mal à croire que Norman soit entré par effraction. « Pourquoi mentirait-elle ? » s’interroge Rodney.
Ils se disent bonsoir, puis à la dernière minute, Allison invite Rodney à entrer, mais il refuse. Elle lui dit une nouvelle fois bonsoir encore.
Rodney demande à Allison pourquoi elle est allée sur le quai ce soir. Elle lui répond que c’était un endroit idéal pour réfléchir.
— Réfléchir a quoi ?, demande-t-il.
— A tout.
— Moi compris ?
Allison acquiesce :
— Toi compris.
Rodney l’embrasse tendrement et lui souhaite bonne nuit, puis Allison entre dans la maison.