Constance Mackenzie se réveille à l’hôpital de Peyton Place pour découvrir que son cauchemar est en fait réalité. La nuit dernière, sa fille Allison a été grièvement blessée par un chauffard qui a pris la fuite.
L’entrée principale de l’hôpital. Le bureau des informations. Constance qui dort sur un banc. Elle fait un cauchemar. Elle entend la voix d’Allison. Constance se réveille brutalement et crie : « Allison ! »
Constance se rend dans le couloir principal de l’hôpital. Betty, vêtue de son costume d’aide-infirmière, l’interpelle et lui dit qu’Allison se trouve dans l’unité des soins intensifs. Que son état reste stable. Il n’y a aucun changement, elle est toujours dans le coma.
Betty lui fait savoir qu’elle ne peut pas voir Allison. Michael arrive à son tour et confirme à Constance qu’elle ne peut pas voir sa fille pour l’instant.
Allison se trouve sous une tente à oxygène, aux soins intensifs. Constance insiste quand même pour la voir, mais Betty ne la laisse pas entrer.
John Fowler se rend à la Taverne et se présente à Ada Jacks. Elle conduit le procureur jusqu’au salon où se trouve Rita et la présente à John Fowler.
Ada lui offre un café. Fowler accepte et demande à Ada de rester pendant l’interrogatoire. Il la complimente pour son café.
Rita ne dit rien de spécial à Fowler. Uniquement la vérité sur sa relation avec Joe Chernak, sur le fait qu’il la harcelait.
Elle parle également de l’incident avec Elliot Carson, lorsque ce dernier est intervenu quand Joe ennuyait Rita.
Fowler s’étonne que cet incident n’ait pas été reporté à la police. Rita dit qu’elle n’a pas voulu. Une fois l’interrogatoire terminé, Fowler les remercie et s’en va.
Steven se rend au cabinet d’avocats et s’entretient avec mademoiselle Agnes Nolan, au secrétariat. Les bureaux de Steven et de Dowell se trouvent en face du secrétariat, de chaque côté. Elle prend aussi bien les messages pour Steven que pour Dowell.
Elle dit à Steven que Leslie se trouve dans son bureau. Il est venu pour évaluer l’expérience de Steven en matière de droit criminel, sachant qu’il va défendre son fils.
Steven se vend en lui disant qu’il a notamment travaillé sur l’affaire Murdock. Dowell arrive et leur apprend l’accident d’Allison.
Leslie pense immédiatement à Rodney. Steven y voit un intérêt. Cette histoire pourrait émouvoir les jurés du procès. Celui-ci a donc intérêt à se dérouler à Peyton Place et non dans une autre ville comme l’aurait souhaité Leslie.
Rodney est occupé à lire le journal dans sa cellule lorsque Norman vient lui rendre visite. Rodney lui dit qu’il savait que c’était lui qui venait. Il arrive à reconnaître les gens rien qu’au bruit de leurs chaussures.
Rodney confie à Norman que la visite d’Allison signifie beaucoup pour lui. Ni lui ni Norman ne sont encore au courant de ce qui est arrivé à la jeune fille.
Norman informe son frère qu’Ada veut que Rita quitte la ville jusqu’à la fin du procès.
Rodney lui répond qu’un beau jour, tout ce cauchemar sera terminé. Norman remarque que son frère ne se plaint pas de son incarcération. Rodney le remercie pour sa visite.
Elliot attend dans la salle de lecture de la prison. Le ventilateur au plafond fonctionne. Le sergent Goddard entre et Elliot insiste pour lui parler tout de suite. Il est bouleversé.
Norman arrive à ce même moment et il entend Elliot parler à Goddard d’Allison. Il se dirige vers eux et demande à Elliot ce qui est arrivé à Allison. Elliot lui apprend qu’Allison a été grièvement blessée par un chauffard qui s’est enfui, et qu’elle se trouve dans le coma.
Norman veut l’apprendre à Rodney, mais Elliot suggère d’attendre demain pour le faire.
Quelques minutes plus tôt, une ambulance venait d’entrer aux urgences de l’hôpital de Peyton Place. Cela se produit chaque jour, et dans tous les hôpitaux. Un motocycliste a découvert une jeune fille inconsciente étendue au bord de la route de la plage. Cette fille, c’est Allison Mackenzie.
Une ambulance qui sort de l’entrée des urgences de l’hôpital de Peyton Place.
Michael et le Dr Morton examinent Allison. Morton demande à son collègue ce qui s’est passé. Michael lui explique qu’il s’agit d’un délit de fuite. Une voiture a dû percuter Allison avant de s’enfuir.
Le médecin indique que le cœur d’Allison fonctionne normalement. Elle a quelques contusions.
—Est-ce que les Carson ont été prévenus ? demande Morton.
Michael lui répond qu’il préfère les prévenir lui-même.
Constance nettoie le sol du salon lorsque le téléphone sonne. Eli, présent dans la pièce, va répondre. Michael demande à parler à Constance et souhaite qu’Eli reste près d’elle.
Le Dr Rossi annonce à Constance qu’Allison a eu un accident et qu’elle a été blessée. Il tente de rassurer la mère en disant que la fille a déjà été soignée et qu’elle est entre de bonnes mains.
Le médecin demande à Constance de venir, mais souhaite que ce soit Eli qui la conduise à l’hôpital. Elliot arrive à cet instant. Constance l’informe de l’accident.
— Allons-y, dit-il.
Leslie salue l’hôtesse du Colonial Post Restaurant. Elle prend son chapeau et lui demande si quelqu’un compte se joindre à lui. Il répond non. Elle le conduit à une table.
Il est alors interpellé par Steven Cord, qui termine de dîner avec Betty. Steven l’invite à se joindre à eux. Leslie accepte, commande à l’hôtesse un scotch et un soda, et tente d’avoir une discussion plaisante avec le couple.
Leslie raconte comment Hannah avait l’habitude d’emmener Steven ici à chaque anniversaire du jeune homme.
Betty demande à Leslie s’il compte rester au Colonial Post. Il répond par l’affirmative.
Steven est appelé au téléphone. Il se lève et s’excuse avant de partir prendre l’appel.
Seul avec Betty, Leslie lui demande de but en blanc si elle sort avec Steven. Betty lui rétorque qu’ils ne sont qu’amis. Leslie admet qu’il est content de voir que Betty a décidé de changer de vie. Elle a bien raison de laisser le passé derrière elle. Il entend par là sa relation avec Rodney. Mais Betty le défie en lui disant que rien n’est terminé ni fait.
— Tu n’as pas autant changé que je l’avais supposé, dit Leslie.
—Pas plus que vous, monsieur Harrington.
Leslie se lève pour aller à sa table.
Au téléphone, Steven parle avec Theodore Dowell. L’avocat lui fait savoir que Peyton lui reproche le retour de Leslie.
Betty se lève et parvient à la table de Leslie. Elle voudrait continuer la conversation. Ils discutent ensemble.
Leslie veut que le procès de Rodney ne se passe pas à Peyton Place, mais dans une autre ville. Betty lui demande s’il a consulté Rodney auparavant. Leslie avoue que non.
La jeune femme lui dit qu’il commet les mêmes erreurs qu’auparavant : il décide pour ses fils comme si ceux-ci étaient encore des enfants. Elle pense que c’est à Rodney de prendre ses propres décisions.
Steven revient et se joint à eux. Puis le couple s’en va, laissant Leslie prendre son repas seul.
Elliot et Constance se précipitent au bureau d’information de l’hôpital et y trouvent mademoiselle Choate.
Le sergent Goddard se dirige vers eux et fait savoir au couple qu’il est désolé pour ce qui est arrivé à Allison.
Constance aperçoit Robert Morton et lui demande des nouvelles d’Allison.
— Le Dr Rossi est avec elle, lui dit-il. Il lui fait une ponction lombaire.
À l’extérieur de la taverne, Rita s’arrête et réfléchit. À l’intérieur, Ada remet son chapeau à un client et lui dit au revoir, faisant ainsi comprendre qu’elle souhaite fermer le bar. Bill veut un autre verre. Elle refuse en lui disant qu’elle ferme.
Une fois ce dernier client parti, Ada et Rita se trouvent seules. Rita revient de chez Norman et Ada lui demande ce qu’il pense de toute cette affaire. Ada sait ce qu’il y a de mieux pour sa fille, pas Norman.
Ada ne veut pas que Rita témoigne à propos de sa relation avec la bande de Joe. Elle veut prendre soin de sa fille. Elle a donc décidé de plier bagage et de partir avec Rita le temps du procès. Mais Rita refuse :
— Tu peux partir si tu veux, moi je reste.
Ada est choquée :
— Ce n’est pas Norman qui va prendre soin de toi. C’est moi qui prends soin de toi !
Rita la défie du regard :
— Il fallait le faire avant, à l’époque où je fréquentais la bande de voyous de Kitch !
Ada accuse le coup. Elle dit à sa fille à quel point sa vie a été dure et c’est sans doute pour ça que Rita a été négligée.
Rita se précipite dans sa chambre et claque la porte. Le téléphone sonne et Joe Fowler demande à parler à Rita. Cette dernière est d’accord pour lui parler demain, à la taverne.
Elle descend et informe sa mère que Fowler va venir demain pour lui poser des questions.
Steven reconduit Betty à la maison. Ils parlent de Rodney.
— Steven, vous savez, je vous aime beaucoup, mais je ne veux pas aller plus loin avec vous, lui dit-elle.
Steven lui demande pourquoi. Pour toute réponse, elle l’embrasse, avant de rentrer à l’intérieur de la maison, laissant Steven perplexe.
Au labo, Michael examine une éprouvette. Le Dr Morton entre. Michael n’est guère optimiste en ce qui concerne Allison.
Robert Morton lui rétorque que sa jeunesse est un point en sa faveur. Le chef du personnel lui demande à quel point les résultats sont mauvais.
Michael hausse les sourcils :
— Il semblerait qu’il n’y ait que 20.000 cellules rouges minimum.
Michael étudie les radios et en parle avec Morton.
Eli se lève du banc où Elliot et Constance sont assis. Il vient de voir Michael et Morton venir vers eux. Constance demande si Allison est en vie. Michael l’assure qu’elle est toujours vivante.
— Quelles sont les chances ? s’enquiert Elliot.
— C’est trop tôt pour le dire.
— Peut-on la voir ? demande Constance.
Mike secoue tristement la tête.
— Elle ne vous verra pas et ne vous entendra pas. Elle ne saura même pas que vous êtes ici. Elle est dans le coma.
John Fowler a été élu District Attorney du comté de Peyton Place à une très large majorité. Les citoyens le respectent surtout parce qu’il est le fils de son prédécesseur et que celui-ci avait fait un travail formidable. Maintenant avec la mort du jeune Joe Chernak, John Fowler Jr est déterminé à gagner la confiance de ses citoyens par ses propres moyens. Prudemment, il construit un dossier solide contre Rodney Harrington.
Le procureur général Fowler marche jusqu’au tribunal. Il entre dans son bureau, pièce 112, dépose sa mallette sur la table, se débarrasse de son manteau et s’assoit à son bureau. Il commence à composer le numéro de téléphone de Stella Chernak.
Le Dr Rossi se trouve chez les Chernak pour y voir Stella, lorsque le téléphone sonne. Fowler lui demande comment elle va, puis lui dit qu’il attendait son appel. Il lui rappelle qu’il est très important pour elle de faire une déposition officielle. Elle promet de venir dès que possible, puis raccroche.
Elle continue à parler avec Michael du projet de recherche de l’hôpital. Il offre de l’emmener quelque part et elle demande qu’il la dépose au poste de police.
Son d’un bruit métallique chez les Carson. Constance se précipite dans le salon et découvre Eli Carson en train de nettoyer l’argenterie.
Eli lui dit qu’il était présent au Clarion le soir où Rodney voulait voir Matthew. Il a essayé de faire parler Rodney, mais pas suffisamment. Il s’en veut beaucoup, car il aurait pu persuader Rodney d’aller directement à la police.
Eli se sent responsable. Selon lui, c’est en partie sa faute si Rodney a des ennuis. Constance lui dit qu’il ne doit pas se blâmer pour ce qui est arrivé.
Michael conduit Stella jusqu’au square et se gare en face du Colonial. Il escorte Stella jusqu’au Town Hall. Il sait que ce que va vivre Stella est loin d’être plaisant. Mais elle doit le faire. Et plus vite ce sera fait, mieux cela sera.
Il met la pression sur elle en lui disant que la vie d’un garçon dépend de sa capacité à être le plus honnête possible. Elle doit faire une déposition sans se laisser emporter par l’émotion. Et il sait qu’elle peut le faire.
Quelques officiers de police en costume et en civil se trouvent dans la salle de brigade. Le sergent de police de service se tourne vers Elliot.
— Mr Fowler est occupé.
Le policier se lève et se dirige vers un autre bureau pour tendre un dossier à un autre officier.
— Et le sergent Goddard n’est pas de service, ajoute-t-il.
Elliot hoche la tête.
— D’accord. Avez-vous du nouveau sur l’affaire Rodney Harrington ?
— Tout ce que je sais, je l’ai lu dans votre journal, monsieur Carson.
— Eh bien, je vais attendre ici jusqu’à ce que monsieur Fowler se décide à me voir.
Elliot voit Stella entrer.
— Oh, bonjour, mademoiselle Chernak.
Stella ne répond pas. Le sergent fait un signe à la jeune femme.
— Il vous attend, mademoiselle Chernak.
Il conduit Stella jusqu’au bureau de Fowler et frappe deux fois à la porte avant d’ouvrir. Fowler vient à la porte et invite Stella à entrer.
Le sergent de police referme la porte. Elliot se tourne vers un officier.
— Qu’est-ce que Stella Chernak vient faire ici ?
À l’intérieur du bureau, Fowler fait asseoir Stella.
— Merci d’être venue.
Il ajuste sa cravate.
— Vous m’avez demandé de venir, répond laconiquement Stella.
— Oui, mais il s’agit bien d’une déposition volontaire, n’est-ce pas ?
— Une déposition doit être faite. Je dois la faire. On peut difficilement appeler ça une déposition volontaire.
— Mais vous êtes prête à répéter ce que vous avez dit au sergent Goddard et à moi-même ?
— À votre avis ?
Fowler se lève et ouvre la porte de son bureau.
— Fred, voulez-vous venir ?
Fred entre avec son bloc. Fowler ferme la porte et s’assoit sur le coin de la table, en face de Stella.
— Maintenant, mademoiselle Chernak, de vos propres mots, et en prenant le temps qu’il vous faut, voulez-vous s’il vous plaît nous raconter exactement ce qui s’est passé le jour où Rodney Harrington est venu chez vous ?
— Il est venu à la maison, il cherchait mon frère.
— Qui est venu ? C’est pour la déposition.
— Rodney Harrington… est venu à la maison. Il cherchait mon frère. Je lui ai dit : « Je ne sais pas où est Joey ». Il a dit : « Où est-il ? ». Je lui ai répondu « Je ne sais pas ». Il a répondu : « Alors, donnez-lui un message de ma part : dites-lui que je vais m’occuper de lui ». Je lui ai demandé : « Seriez-vous en train de menacer mon frère ? ». Il a répondu « C’est exactement ce que je fais. Je vais en finir une bonne fois pour toutes avec lui. Je vais le tuer »… et c’est ce qu’il a fait.
— A-t-il dit pourquoi il voulait tuer votre frère ?
— Quelque chose, à propos d’une bagarre que Norman Harrington a eue avec Joey.
— À propos de quoi ?
— Le coup classique : une fille.
— Savez-vous de qui il s’agit ?
— Rita Jacks. Joey était sorti avec elle. Maintenant, elle sort avec Norman Harrington. Je pense que Joey a fait des vagues. Le grand frère Rodney est venu au secours.
— Pourquoi Rodney ?
— Demandez-le-lui.
— Avez-vous essayé de l’arrêter ?
— Je ne pouvais pas. Le Dr Rossi est venu à ce moment-là et il est parti.
— Avez-vous dit au Dr Rossi ou à d’autres ce que Rodney vous a dit ?
— Vous êtes sur la touche, monsieur Fowler. Les Harrington sont le pilier de cette communauté. Les Chernak ne sont que les morceaux de bois pourri de la fondation.
— Avez-vous essayé de prévenir votre frère ?
— Il ne m’aurait pas écouté. Vous n’avez jamais vu le regard de ce garçon.
— Une autre question, mademoiselle Chernak. Comment décririez-vous exactement Rodney Harrington à ce moment-là ?
— Irritable. Extrêmement irritable.
— Pourquoi n’êtes-vous pas allée voir la police ?
Stella se fend d’un petit rire ironique :
— Afin de protéger Joe Chernak de Rodney Harrington ?
— Je vois, vous n’avez jamais pensé qu’il irait jusqu’au bout de ses pensées. Eh bien, merci de votre coopération, mademoiselle Chernak. Nous devons maintenant taper votre déclaration à la machine et vous pourrez la signer.
Fred se lève et retourne à son bureau taper le rapport.
— J’ai cru comprendre que vous êtes préparatrice en pharmacie ? continue Fowler.
— C’est exact.
— Ce doit être un métier passionnant.
— À certains moments. Vous savez, vous n’avez pas besoin de me faire la conversation en attendant le rapport.
— Je suis désolé. Les petites villes ne sont pas mon fort. Vous pouvez attendre dehors si vous préférez.
— Je préfèrerais.
Stella se lève et se rend dans la salle de lecture. Elliot se lève à son tour et s’approche d’elle.
— Vous souvenez-vous de moi, mademoiselle Chernak ?
— Oui.
— Puis-je vous parler un instant ?
— Non. Voyez-vous, monsieur Carson, je ne suis pas comme ma mère.
— Comment va-t-elle ? Votre mère ?
— Perturbée. Et vous pouvez le noter dans votre canard.
Fowler arrive et fait un signe à Elliot.
— Monsieur Carson, vous désirez me voir ?
— Oui, si vous n’êtes pas trop occupé.
— Je ne suis jamais trop occupé pour le Clarion.
Elliot se tourne vers Stella.
— Merci, mademoiselle Chernak. Je suis désolé de vous avoir importuné.
— Et moi donc !
Elliot se rend dans le bureau de Fowler et ferme la porte.
Le procureur suggère à Elliot de mettre un autre journaliste sur l’affaire, quelqu’un qui n’ait pas un rapport direct avec l’histoire.
Elliot pense qu’il ne veut pas l’avoir dans les pattes par rapport au fait que son père était procureur à son procès dix-huit ans plus tôt. Fowler l’admet :
— Je n’ai pas besoin de vous voir à chaque fois pour me rappeler l’erreur qu’a faite mon père.
— Je pense que vous devriez. Histoire de ne pas répéter cette erreur, lui répond Elliot.
Rita frappe à la porte de l’appartement des frères Harrington et entre. Elle s’est arrêtée chez Guido et rapporte un dîner italien à Norman. Elle essaye de lui remonter le moral, mais n’y parvient pas.
Elle dit qu’elle va probablement devoir témoigner. Sa mère veut l’éloigner quelque temps de Peyton Place.
— Je crois que ta mère a peur de cette affaire, pense Norman.
— Tu n’y es pas. Je ne vois pas pourquoi. Elle est simplement effrayée de ce qui pourrait m’arriver.
— Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée de t’en aller un certain temps.
— C’est ce que tu veux ?
— Non, mais c’est peut-être préférable pour toi de ne pas être exposée.
Rita lui dit qu’elle veut rester auprès de lui. Ils s’embrassent tendrement.
Leslie se rend chez les Anderson afin de voir Julie. Il sonne à la porte et Julie l’invite à entrer.
Elle lui demande pourquoi il est venu et lui rappelle qu’il ne lui a même pas dit au revoir lorsqu’il a quitté la ville.
Il est venu pour avoir un renseignement et pour voir comment elle va. Il lui raconte qu’il s’est assis au bureau du gouverneur et qu’il a raconté toute l’histoire de l’affaire Carson. Il ne voulait pas revenir à Peyton Place de peur de devoir faire face au mépris des autres.
Julie lui rétorque qu’il risque de faire plus de mal que de bien à Rodney parce qu’il n’est pas très populaire ici. Les gens pensent qu’il est responsable de la mort d’Elizabeth Carson.
Leslie a conscience que Rodney n’aura pas un procès équitable à Peyton Place. Julie lui dit qu’ils feront tout ce qui est possible pour que le jeune homme puisse avoir un procès juste.
Leslie lui demande s’il y a une chance qu’elle accepte de dîner avec lui. Elle lui répond non. Il lui dit au revoir et s’en va.
Michael parle brièvement avec une infirmière. Le Dr Morton arrive près d’eux. Ils se trouvent dans le couloir de l’hôpital.
Morton demande à Michael où il puise toute son énergie à une heure aussi avancée de la journée.
— 80 tasses de café, répond Michael en plaisantant.
Morton le questionne à propos du choix qu’il a fait en désignant Stella Chernak comme son assistante dans le nouveau projet de recherches. Michael lui répond que Stella est une fille compliquée, mais il est sûr qu’elle fera du bon travail.
Pendant qu’ils parlent, on entend la sirène de l’ambulance au loin. Michael demande à Morton s’il a une quelconque objection à ce que Stella travaille ici. Morton lui répond que non.
Une infirmière se précipite au bureau des renseignements et demande à l’infirmière de garde si le Dr Rossi est de service. Elle lui répond par l’affirmative.
Le Dr Rossi est appelé en urgence pour un accident avec délit de fuite. Il se précipite pour aider le patient qui se trouve être Allison Mackenzie. On l’informe qu’elle s’est fait renverser par un véhicule qui a pris la fuite.
Ce matin, Gus Chernak a enterré son fils. Pratiquement à l’ombre de la fabrique Peyton, qui a dominé la vie entière de Gus et de sa famille. Plus les jours passent, et plus la douleur d’avoir perdu son fils se transforme en fureur.
Gus longe le quai pour se rendre à l’usine Peyton.
Gus se rend à la fabrique et parle avec Julie Anderson. Elle a une photo de Betty posée sur sa table. Il lui demande de prendre le téléphone, de composer le 214 et de lui donner une avance sur salaire.
Elle appelle donc le numéro en question qui s’avère être le service comptabilité et qui accorde l’avance. Gus lui dit que Leslie l’a détruit et son fils a détruit la vie de son fils à lui.
Schuster arrive et demande à Gus de quelle façon il peut l’aider. Gus lui répond que Julie s’est déjà occupée de lui.
Schuster demande à Julie de venir dans son bureau et se plaint que Peyton veut recevoir un rapport par courrier le plus tôt possible.
Le téléphone sonne. Julie répond. C’est Leslie Harrington. Leslie voudrait la voir ce soir après son travail. Elle accepte. Puis elle raccroche et Schuster lui demande si c’était bien Leslie qui était au bout du fil. Elle acquiesce en précisant qu’il s’agissait d’un appel personnel.
Plan de la boîte aux lettres des Harrington, près des escaliers menant à l’appartement, sur Glover Street. Leslie monte les escaliers et Norman le fait entrer.
Le jeune homme souhaite la bienvenue à son père dans leur humble demeure. L’appartement est en désordre. Norman va s’efforcer de le nettoyer. Leslie rappelle que c’est l’ancien appartement de Paul Hanley.
Leslie n’est pas venu ici pour être hébergé. Il a déjà réservé une chambre à l’auberge. Ils tentent maladroitement de parler du passé, Leslie lui dit qu’ils ne se sont pas parlé avant son départ en Europe.
Leslie lui dit qu’il a échoué en tant que père. Il demande à son fils s’il croit toujours qu’il a menti en disant que Catherine était la coupable du meurtre d’Elizabeth.
— Te croire me fait peur, et ne pas te croire me fait tout aussi peur, avoue Norman.
L’abcès est crevé et Norman l’invite à rester pour déjeuner.
Steven se rend à la Taverne pour parler avec Ada. Deux clients fidèles viennent de partir. Le juke-box est en route. Ada lit le journal derrière son comptoir.
Elle lui demande ce qu’il veut boire. Steven n’est pas ici pour boire, mais pour lui poser quelques questions au sujet de Joe.
Ada lui dit qu’elle aimerait beaucoup partir un mois en vacances. Steven lui fait savoir que lorsque débutera le procès, elle et Rita seront appelées à comparaître et à témoigner en public. Ada lui dit que Stella était à la Taverne le soir où Joe a été tué.
Rita se montre et salue Steven. Puis l’avocat s’en va, voyant qu’Ada ne veut pas qu’il parle avec Rita.
Ada dit à nouveau à Rita qu’elles ne devraient pas s’impliquer avec les Harrington, car c’est une source de problèmes pour elles.
Elle a prévu de partir avec elle en vacances pour quelques semaines, financièrement elles peuvent se le permettre, mais Rita lui rappelle qu’elle a un travail.
Le téléphone sonne. Ada va répondre tandis que Rita s’éclipse. Ada raccroche le téléphone, perplexe. Il n’y avait personne au bout du fil.
Stella se promène sur le quai, habillée en noir. Le Révérend Jerry Bedford l’appelle depuis le Chowder Pot.
Stella ne savait pas que Jerry était revenu en ville. Ils se connaissent bien. Stella et lui étaient à l’école ensemble. Elle ignorait qu’il était devenu révérend.
Il l’invite à boire un café. Il commande donc deux cafés à Frank, le patron. Tout en sirotant la boisson, ils parlent tranquillement. Stella lui dit qu’elle croit en la justice et qu’elle fera tout pour que son frère soit vengé.
Jerry lui répond que la justice n’est pas suffisante pour apaiser une âme meurtrie. Elle le remercie pour le café et s’en va.
Le Dr Rossi se rend chez les Chernak et frappe à la porte d’entrée. Comme il n’y a personne, il écrit une note puis voit Stella s’approcher. Il l’appelle.
Elle l’invite à entrer. Il est venu lui apporter de bonnes nouvelles. On lui a alloué l’argent pour son labo de recherche.
Il lui demande quel était son véritable job sur la côte ouest. Elle reste évasive en disant que c’était presque des vacances pour elle.
Il voudrait qu’elle soit son assistante. Elle lui offre un café crème. Stella avoue qu’elle n’a pas encore décidé de rester ou de repartir.
Le téléphone sonne et Stella répond. C’est John Fowler qui lui demande de venir quand elle peut pour faire une déposition. Il voudrait qu’elle vienne le plus vite possible. Elle lui répond qu’elle viendra plus tard dans la journée.
Michael réitère sa proposition d’offrir un emploi à Stella à l’hôpital et finalement elle accepte. Michael la remercie. En partant, le médecin lui demande s’il peut la déposer quelque part et elle lui répond qu’il pourrait l’emmener au poste de police.
La salle d’interrogation du poste de police de Peyton Place. Habituellement, cette pièce est réservée à la routine d’une petite ville de province. Mais aujourd’hui, cette pièce est une arène. Elliot Carson et Leslie Harrington viennent de s’y rencontrer, après tant d’années, et se sont affrontés l’un et l’autre.
Extérieur de la Peyton Place Town Hall et poste de police.
Dans la salle d’interrogation, Leslie dit à Elliot que c’était bien de sa part de l’avoir prévenu du drame alors qu’il était en Europe.
Elliot hausse les épaules :
— Il fallait bien que quelqu’un le fasse.
Leslie fait remarquer à Elliot qu’il a l’air en pleine forme. Elliot hausse les sourcils :
— Les hommes grandissent avec les responsabilités.
Leslie a lu l’édito d’Elliot à propos de la fabrique et de David Schuster, et lui dit que les hommes grandissent avec la force du pouvoir. Elliot lui rétorque qu’il a de l’influence, mais pas de pouvoir.
Elliot suggère d’une manière accusatrice que Leslie voudrait qu’il écrive un édito contre John Fowler et le bureau du procureur général. Selon lui, Leslie agit toujours en manipulateur. Il lui dit que discréditer Fowler ne pourra que desservir Rodney.
Avant de partir, Leslie veut lui serrer la main pour enterrer le passé. Elliot refuse.
— Je ne peux pas enterrer mes sentiments.
— Promets-moi au moins d’être impartial quand tu écriras sur le procès.
— Je serai impartial.
Elliot sort du poste de police et se dirige vers la librairie. Il passe devant le pilori. Une voiture passe devant lui rapidement. Elliot regarde dans les deux sens et traverse la rue.
À la librairie, Constance parle au téléphone avec l’infirmière de l’hôpital afin d’avoir un rendez-vous avec le Dr Morton.
Elliot arrive et lui dit que Leslie souhaite régler lui-même le problème de Rodney. Il ne va faire que causer des ennuis à son fils en voulant agir de la sorte.
Constance l’informe qu’Allison a l’intention de rendre visite à Rodney plus tard dans la journée.
Elliot pense qu’il serait bon pour Allison de s’en aller quelque temps. Il suggère de l’envoyer à New York. Il ne veut pas qu’elle soit mêlée à cette affaire sordide et veut la préserver.
— Je ne veux pas qu’Allison voie ce déballage pour les prochaines semaines.
— Je ne vois pas comment nous pourrions l’éviter.
— Mais tu n’as jamais assisté à un procès pour meurtre.
— Il y en a un auquel j’aurais aimé assister.
Constance lui rappelle qu’elle ne pardonnera jamais à sa propre mère de ne pas l’avoir laissée revenir à Peyton Place pour le procès d’Elliot dix-huit ans plus tôt.
En face de la cheminée dans le salon, Doris joue avec Kim. Elle lui chante la chanson « This is the way we clean our house ». Elle essaie de faire dire le mot « maison » à Kim. Elles sont en face d’un grand miroir.
David entre et dit à Doris d’envoyer Kim jouer ailleurs car il veut lui parler.
Doris dit à Kim qu’il y a un sandwich qui l’attend dans la cuisine (la cuisine du manoir n’a jamais été montrée dans la série). Doris sourit à sa fille :
— Nous pourrions aller en ville plus tard, qu’en dis-tu ?
Kim fait non de la tête. Doris lui propose alors une « tea-party » et Kim hoche la tête avec contentement avant de se rendre à la cuisine. Tout semble bien se passer entre la mère et la fille.
L’air grave, David informe sa femme que Fowler veut que Kim vienne en ville faire une déposition au poste de police dès demain. Doris commence à s’affoler. David lui dit qu’ils ne peuvent pas éviter cela.
Le téléphone sonne. C’est Hannah Cord qui appelle. David lui demande si elle a parlé de sa visite à Martin Peyton. David la remercie pour l’appel.
Il raccroche et annonce à Doris que Peyton veut un rapport immédiatement. Il le lui enverra par courrier recommandé. C’est lui-même qui emmènera Kim chez Fowler demain.
Constance arrive à l’hôpital et rencontre mademoiselle Choate.
— J’ai rendez-vous avec le Dr Morton.
Michael la rejoint et, rayonnant, lui apprend que son projet de labo de recherche vient d’être approuvé par le comité de direction.
Morton est libre pour voir Constance maintenant. Choate lui dit qu’elle pourra remplir le formulaire plus tard.
Tandis que Constance va voir Morton, Mike s’interroge sur ce rendez-vous, d’autant plus que mademoiselle Choate lui dit qu’elle était tellement nerveuse qu’elle a eu du mal à écrire son nom sur le formulaire. Elle ajoute qu’elle ne comprend pas pourquoi elle est allée voir le Dr Morton et pas lui, vu qu’ils sont amis.
Dowell se trouve dans son bureau en train de parler avec Steven lorsque sa secrétaire l’appelle à l’interphone. Fowler est ici.
Dowell le fait entrer et lui présente Steven en tant qu’associé. Dowell offre un cognac à Fowler, qu’il refuse. Ce dernier hausse les sourcils :
— J’ai pensé que nous devrions parler avant l’audience.
John veut établir des règles au cours de cette audience. Dowell lui rétorque que ce n’est pas lui qui défend les intérêts de la ville.
Steven s’interpose en disant que Leslie sera présent et que la moitié de la ville le déteste pour ce qu’il a fait à Elliot.
Dowell se tourne vers Fowler :
— Pas de compromis, John.
Le procureur s’en va. Steven admet que Fowler est un procureur redoutable.
Allison est admise à voir Rodney dans sa cellule. Ils parlent avec émotion. Allison passe ses bras autour du cou de Rodney et ils s’embrassent.
— Je suis content que tu sois venue, murmure-t-il.
Rodney lui dit qu’il a tout le confort possible : une vue imprenable sur le square. Il demande à la jeune fille de remercier son père pour les livres et les magazines.
Allison ne sait pas quoi lui dire pour le réconforter.
Un barbier arrive pour raser Rodney car il n’est pas autorisé à se raser lui-même. Il ne doit être en contact avec aucun objet contondant.
Rodney mentionne le fait qu’une fois, il avait parlé à Allison de quitter la ville. Tout cela ne serait pas arrivé s’il l’avait fait. Ils discutent encore un peu avant que le gardien ne vienne et qu’Allison parte.
Rodney Harrington se trouve à la prison de Peyton Place. Sa liberté sous caution a été refusée. Il attend maintenant l’audience préliminaire de son procès pour meurtre. Durant les deux nuits et la journée qu’il a passées sous les barreaux, il a pensé à chaque vie se trouvant à l’extérieur. À l’intérieur, il se retrouve seul avec ses pensées, des pensées de colère et de culpabilité, de peur et de frustration. Dans le même temps, son père, Leslie Harrington, prend la température de la ville.
Rodney dans sa cellule. Deux marins. Le cours d’eau. Des enfants jouent à la balle.
Leslie se rend au cabinet du Dr Rossi. Il est en fait venu parler à Julie Anderson. Michael l’informe que Julie est retournée travailler à la fabrique en tant que secrétaire de David Schuster.
— Tout au gagnant, soupire Leslie.
Il parle des changements qui sont intervenus à Peyton Place depuis son départ. Michael lui demande des nouvelles de Rodney.
— Il va bien, répond Leslie. Il a besoin d’un bon avocat.
— Il a aussi besoin d’un père, répond Mike.
Il lui dit que c’est bien qu’il soit revenu.
La sonnerie de la porte d’entrée de l’appartement retentit et Norman dit à la personne non identifiée de le laisser tranquille.
— Fichez le camp, qui que vous soyez, braille-t-il.
La personne en question se trouve être Steven Cord. Il rappelle à Norman qu’il a été invité par lui à venir lui parler quand il le voulait lorsqu’il est arrivé à Peyton Place.
— En tant qu’avocat de votre frère, me permettez-vous d’entrer ?
Steven a appris que Rita sortait avec Joe avant qu’elle ne sorte avec Norman. Il veut d’autres renseignements qui seraient utiles pour Rodney.
Norman le fait entrer. Il lui raconte qu’il s’est battu lui-même avec Joe. Et que Rodney s’est aussi battu avec des amis de Joe auparavant.
Betty se rend à la fabrique afin de parler avec Julie. Elle informe sa mère qu’elle a déjeuné avec Steven. Elle voulait savoir ce qui s’était passé à la lecture de l’acte d’accusation.
Elle informe également sa mère que Leslie Harrington est de retour en ville.
David Schuster entre. Julie l’informe à son tour que Leslie Harrington est de retour en ville.
Le téléphone sonne. Julie répond. C’est Mr Fowler à l’appareil.
— Je le prends dans mon bureau, dit David.
Pendant ce temps, Betty dit à sa mère qu’elle ne sait pas si le retour de Leslie aidera Rodney ou bien le desservira. Julie lui répond que cela va aider Rodney, ajoutant qu’il a fallu du courage à Leslie pour revenir à Peyton Place.
Quelques instants après, David sort de son bureau et annonce à Julie qu’il doit rentrer chez lui.
Elliot se rend à la librairie pour dire à Constance qu’Allison n’a rien mangé au déjeuner ce midi.
Lorsque Leslie est entré dans la salle d’audience, Elliot a eu un flash-back. Toute la haine qu’il éprouvait a refait surface d’un seul coup. La moitié de sa vie a été gâchée à cause de Leslie.
Constance lui dit que les choses sont différentes maintenant. Elliot secoue la tête :
— Lorsque Leslie est entré dans la salle d’audience, je l’ai vu comme je l’ai vu vingt ans plus tôt, assis derrière. Observant silencieusement, comme un simple spectateur.
— En tant que journaliste, tu ne dois pas te permettre d’avoir des opinions. Tu dois être impartial.
— Supposons que je ne le peux pas ?
Steven Cord se rend au bureau de Theodore Dowell. Ce dernier lui demande s’il a consigné par écrit sa rencontre avec Norman. Steven lui donne une copie de la liste avec le nom de toutes les personnes ayant un rapport avec l’affaire.
Steven admet que John Fowler a des ambitions politiques et il pense qu’il va se servir de cette affaire pour lancer sa carrière.
Il s’est permis de faire une petite enquête sur le procureur. Fowler est un magnat du barreau. Il a été le rédacteur en chef d’une revue juridique. Il est également réserviste dans l’Air Force. Il est issu d’un milieu juridique, ce qui lui a permis d’aller à l’école de la magistrature sans réel problème. Lorsqu’il est sorti de l’école, il a obtenu un premier poste très bien payé avant de travailler pour l’État.
Dowell est impressionné. Il change d’avis et pense que Steven pourrait être d’une aide utile au cours du procès. Steven poursuit : Fowler est procureur général depuis deux ans. C’est un conservateur.
Le téléphone sonne. C’est justement Fowler qui appelle pour dire qu’il va venir.
Rodney regarde par la fenêtre de sa cellule, située au deuxième étage de la prison. Il observe les gens aller et venir.
Elliot vient lui rendre visite. Il lui apporte quelques livres et magazines que Constance a pensé qu’il aimerait lire.
— Pourquoi êtes-vous venu ? s’enquiert Rodney.
Elliot lui répond qu’il a quelques conseils à donner pour survivre en prison ainsi que pour le procès. Puis il part, laissant à nouveau Rodney seul dans sa cellule.
Dans la salle réservée à la police de la prison, Elliot arrive et parle avec Leslie. Il lui dit qu’il est venu apporter des livres et des magazines à Rodney.
Leslie le remercie et dit à Elliot qu’il est temps maintenant pour eux d’avoir une sérieuse discussion.
Leslie Harrington est de retour à Peyton Place. Il est revenu pour soutenir son fils, Rodney, durant l’épreuve de l’inculpation et l’audience préliminaire. Et probablement le procès pour meurtre en lui-même. Le passé des Harrington ne doit pas être un fardeau pour lui maintenant. La famille essaie de se persuader que les échecs du passé sont derrière elle.
L’horloge sonnant midi. Le pilori. Leslie se lève.
Leslie se rend dans le bâtiment de la banque afin de voir l’avocat Dowell. Ce dernier est occupé avec sa secrétaire. Une fois terminé, il consent à voir Leslie. Dowell dit à Leslie de ne pas essayer d’user de son influence dans l’affaire de Rodney, car cela pourrait être préjudiciable.
Mais Leslie n’a jamais eu peur d’une bonne bagarre. Dowell avoue ne pas être spécialisé dans le domaine criminel et suggère à Leslie d’engager le meilleur avocat en criminalité qu’il trouvera. Mais Leslie ne veut pas d’un étranger pour s’occuper de cette affaire. Il veut que ce soit Dowell qui s’en occupe.
— Avez-vous des raisons personnelles pour ne pas vouloir le faire ? s’enquiert Leslie.
Dowell lui fait lire le papier où il est écrit qu’il représente les intérêts de Martin Peyton. Steven fait irruption dans la pièce et salue Leslie Harrington, qu’il n’a pas vu depuis très longtemps.
Leslie demande à Steven comment va sa mère. Dowell explique à Leslie que Steven est son associé.
Norman se rend à la pharmacie pour parler avec Rita. Cette dernière est avec un client et Norman s’impatiente. Le client finit par partir et Norman se demande pourquoi l’homme a pris autant de temps à partir.
Rita lui dit de se calmer et lui demande s’il veut une tasse de café. Norman l’informe qu’ils ont bouclé Rodney.
— La ville sera plus tranquille, ironise-t-il.
Il estime que c’est lui le coupable dans cette affaire, et pas son frère.
— Tu n’as rien fait, lui dit Rita.
Il informe aussi sa petite amie du retour de son père. Il espère qu’ils pourront de nouveau former une vraie famille. Il voudrait présenter Rita à son père.
— On ferait peut-être mieux d’attendre, suggère Rita.
Il s’approche de Rita et lui dit qu’il n’y a pas de retour en arrière possible. Ils s’embrassent.
À l’hôpital, Michael et Robert se préparent à la réunion du comité. Mike doit proposer son projet de recherches, celui qui devrait être financé par la fondation Markham.
La réunion du comité débute. Mike semble nerveux. Le Dr Morton se penche vers lui :
— Michael, c’est seulement notre comité de direction. Vous ressemblez à quelqu’un qui se retrouve devant ses bourreaux.
— Y a-t-il une chance qu’ils acceptent ? s’enquiert nerveusement le Dr Rossi.
— Il y a toujours une chance, bien sûr. Et s’ils acceptent, alors que ferez-vous ?
— Bien, ne sommes-nous pas en retard ?
Les deux médecins entrent dans la salle d’audience de l’hôpital. Le comité de direction est déjà présent.
— Je suis désolé messieurs, nous sommes en retard, s’excuse Mike. Ce sont les inconvénients du métier.
Le président du comité hoche la tête d’un air entendu.
— Prenez place, Dr Rossi. Dr Morton.
Les deux médecins s’assoient.
— Comment va Mme Wilkerson ? interroge le président.
— Elle va bien, répond Michael.
— Eh bien, messieurs, pouvons-nous commencer ?… Docteur, nous avons lu votre proposition. Je l’ai personnellement trouvée très intéressante. Pour résumé, vous avez besoin des 10.000 dollars de Kenneth Markham pour le projet d’un centre de recherche. Et 10.000 de plus qui viendraient de notre caisse.
— C’est exact.
— Comme début ?
— Comme début, oui.
Monsieur Thackery, un membre du comité, intervient :
— Très honnêtement, docteur, il y a un bon nombre de choses dont nous avons plus besoin qu’un laboratoire de recherche.
— Docteur, vous devez comprendre le point de vue de monsieur Thackery, enchaîne le président. Vous devez savoir que nous attendons depuis longtemps de pouvoir élargir notre service chirurgical. Vous avez vous-même parlé du problème des salles trop petites en chirurgie.
Mike acquiesce :
— Oui, c’est vrai. Nous pouvons utiliser plus d’espace. Comme tous les hôpitaux.
— Mais vous voulez utiliser cet argent dans un domaine dont les habitants de Peyton Place ne bénéficieraient pas immédiatement, rétorque Tackery.
— Eh bien, c’est une façon de voir les choses, monsieur Thackery.
— Ne pensez-vous pas qu’un tel projet serait plutôt du ressort d’une université ou d’un hôpital plus grand ? demande le président.
— Le traitement et la prévention sont la pierre angulaire de notre profession, messieurs. Je vous demande de considérer qu’il y a suffisamment de place pour les deux spécialités à Peyton Place.
— Regardons le côté purement médical un instant, docteur. Vous voulez un laboratoire en hématologie ? N’y a-t-il pas déjà assez de médecins qui font des recherches sur les maladies du sang ?
— Oui. Des milliers dans le monde, concède Mike.
— Alors, pourquoi devrions-nous investir dans ce domaine ?
— Parce que nous pouvons le faire. Notre contribution sera en effet minime. Cela permettra seulement d’éliminer quelques mauvaises réponses. Toutefois, lorsque les réponses seront les bonnes, nous aurons notre part de responsabilité.
— Vous en faites une affaire personnelle, docteur. Je ne savais pas à quel point cela comptait pour vous.
Robert Morton vient au secours de Mike :
— Vous savez tous que le Dr Rossi a travaillé en hématologie avec le Dr Zeitner à New York, avant de venir à Peyton Place.
— Mais il est venu ici. Vraisemblablement pour pratiquer la médecine générale dans une petite ville. Puis un médecin célèbre est venu nous rendre visite. Et…
— Vous avez raison, Dr Hoyt, approuve Mike. Vincent Markham a eu beaucoup d’effets sur moi. Il m’a ouvert les yeux. Il m’a fait me poser des questions sur ma véritable vocation. Si je pouvais donner tout ce que j’ai à offrir.
Un autre membre du comité prend la parole pour la première fois :
— Dr Rossi, nous ne sommes pas dans un tribunal et nous ne voudrions certainement pas vous faire penser que vous êtes à votre procès.
— Oui, opine le président. Peut-être que je manque un peu de tact. Mais…
— Messieurs, arrêtons de nous voiler la face, dit soudain Michael. Je suis en procès ici. Vous m’accusez d’utiliser cet hôpital à des fins d’immortalité.
Morton pose un bras sur son confrère pour le calmer.
— Michael…
Mais Mike est remonté :
— Je peux finir s’il vous plaît ? Je ne suis pas dans le business de l’immortalité. Je suis simplement soucieux de la vie humaine. Et je pense que nous le sommes tous.
Morton croit bon d’intervenir :
— Michael, si vous le permettez… Lorsque le Dr Rossi est arrivé à Peyton Place, j’étais le premier à le trouver arrogant et égocentrique. J’aurais voulu qu’il quitte la ville immédiatement. Mais je suis heureux qu’il soit resté.
— Bob, nous sommes tous d’accord pour dire que le Dr Rossi a fait du bon travail jusqu’à présent, affirme le président. Nous n’aurions pas tenu cette réunion autrement.
— Je vous rappelle que Kenneth Markham lui a donné l’argent personnellement. Pour l’utiliser à sa convenance. Maintenant, laissez-moi vous poser une question, messieurs. Qu’attendons-nous d’un homme de la trempe du Dr Rossi à Peyton Place ? Il nous a beaucoup apportés. Nous pourrons construire un nouveau service chirurgical plus tard. Messieurs, en tant que chef du personnel de cet hôpital, je recommande à ce que le comité accorde au Dr Rossi ses fonds pour le centre de recherche.
Michael se lève.
— Eh bien, si vous voulez bien m’excuser, messieurs, on m’attend en chirurgie dans une demi-heure.
Le président du comité le retient :
— Dr Rossi. Une dernière question. Si vous n’obtenez pas les fonds pour la recherche, quitterez-vous notre hôpital ?
— Eh bien, je ne sais pas. Cela demande réflexion. Excusez-moi.
Michael se lève et s’en va.
Steven frappe à la porte du bureau de Dowell et entre. Il lui parle de Leslie. Il s’est rendu compte que ce n’est pas un homme très facile. Leslie semblait plutôt insatisfait lorsqu’il a quitté le bureau.
Dowell lui dit que Leslie veut un avocat local pour défendre son fils. Steven saute sur l’occasion et dit qu’il veut défendre Rodney. Dowell le regarde, surpris :
— Pourquoi ?
Les raisons de Steven sont purement égoïstes, et il le dit. Il pense que cela pourrait booster sa carrière. Après tout, Rodney est le petit-fils de Martin Peyton. Les poursuites judiciaires ne sont basées que sur un témoin oculaire. Ils ont besoin d’un mobile. Steven souhaite vraiment faire partie de la défense de Rodney Harrington.
Gus Chernak se balade sur le quai, passant devant la Taverne d’Ada Jacks. Il rejoint Stella qui se trouve sur la jetée où Joe a trouvé la mort. Elle se tient debout, fixant l’eau.
Gus rappelle à sa fille qu’elle n’a pas mangée de la journée. Il la complimente pour avoir dit la vérité à la police. Puis il lui parle de Leslie Harrington. Gus était dessinateur à la Fabrique et Leslie l’a rétrogradé à un travail à la chaîne de nuit. Son salaire s’en ressent sévèrement.
Stella lui dit qu’il doit accepter sa condition. Gus se renseigne à propos du job de Stella en Californie et lui demande si elle est ici en vacances. Il lui demande de rester à Peyton Place pour soutenir Anna dans sa peine.
— Je ne peux pas, répond Stella.
— Tu pourrais travailler ici pour le Dr Rossi.
— Je ne sais pas, il est trop tôt pour prendre une décision.
— Je suis fier de toi, lui dit-il.
Leslie s’entretient avec John Fowler tandis qu’ils marchent depuis le Colonial Post vers la pharmacie, en passant par le pilori.
Leslie demande à Fowler d’accepter la demande de liberté sous caution de Rodney. Il lui demande des nouvelles de son père. John lui dit que Fowler Sr vit actuellement en Arizona. Leslie fait des accusations voilées contre John :
— Vous me persécutez, Fowler.
Selon Leslie, la volonté du procureur à ne pas libérer Rodney sous parole vient d’un différend qu’il a eu avec le père de Fowler à l’époque du procès d’Elliot Carson.
Le procureur affirme qu’il a un dossier très solide contre Rodney et qu’il est hors de question qu’il le libère sous caution.
— Si je n’avais pas de lourdes charges contre votre fils, je ne l’aurais jamais inculpé pour meurtre.
Les 48 heures que Rodney Harrington a passées en prison ont été un véritable cauchemar pour lui et d’autres habitants de Peyton Place. Maintenant, il se dirige vers un avenir effrayant et incertain. Il a été inculpé de meurtre.
Town Hall. La prison. La salle d’audience du tribunal. Rodney est amené de sa cellule à la salle d’audience et s’assoit. A sa droite se trouve Theodore Dowell, à sa gauche Steven Cord.
Rodney est amené de sa cellule à la salle d’audience. Allison se penche contre la barrière pour lui parler.
— Rodney, est-ce que tu vas bien ?
— Oui.
— Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour t’aider ?
— Rien.
— Je veux t’aider, insiste-t-elle.
— Tu es ici, c’est ce qui compte.
— Je veux que tu saches…
L’huissier les interrompt :
— Veuillez vous lever. La Court va siéger. Section 2 du district judiciaire du comté de Peyton. Le Juge Charles E. Webber préside.
Le juge entre et s’assoit. Il retire ses lunettes et prend le dossier qui se trouve devant lui.
— Peyton Place contre Rodney Harrington. Êtes-vous Rodney Harrington ?
— Oui Monsieur.
— Les citoyens de Peyton Place accusent Rodney Harrington de meurtre. Dans l’esprit de nos lois, en ce 16 juin 1965, le comté de Peyton accuse Rodney Harrington d’avoir violé la loi, et d’avoir ôté volontairement la vie d’un être humain, Joseph Chernak, par un acte de malveillance. Il y a donc violation de la section 189 du code pénal protégeant les habitants de ce pays… (à Rodney) : souhaitez-vous être informé de vos droits ?
— Le défendeur a été avisé de ses droits, Votre Honneur, et renonce à leur lecture, dit Dowell.
— Êtes-vous prêt à plaider ?
— Oui, Votre Honneur.
— Vous venez d’entendre les charges. Que plaidez-vous ?
— Non coupable, affirme Rodney.
— Rodney Harrington, je vous renvoie à la garde du shérif de ce comté. Le shérif devra vous présenter à cette cours le 27 de ce mois à 9 heures pour l’audience préliminaire sur les charges que l’on retient contre vous.
L’avocat de Rodney intervient :
— Avec la permission de Votre Honneur, j’aimerais faire une requête concernant une liberté sous caution pour le défendeur. Le défendant, Rodney Harrington, habite cette ville depuis toujours. Il n’a jamais été arrêté auparavant. Il est connu pour être responsable et respecté par tous ceux qui le connaissent dans cette communauté. Je suis certain que Votre Honneur comprendra qu’il n’y a aucun risque à signer une demande de liberté sous caution.
Fowler n’est pas de cet avis :
— Votre Honneur, il n’a a jamais eu de précédent dans ce pays pour un défendeur accusé d’un meurtre d’être mis en liberté sous caution.
— Je soumets ce cas particulier à la considération de Votre Honneur, répète Dowell.
— Je ne crois pas que cela soit un cas particulier qui requiert une considération spéciale, annonce le juge. La demande de liberté sous caution est rejetée.
Leslie arrive dans la salle et s’assoit derrière Dowell et Rodney.
— Papa…
— Je suis content de vous voir ici, Leslie, dit Dowell.
— Salut, fiston.
— Salut.
Leslie s’adresse au juge :
— Votre Honneur, puis-je voir mon fils un instant ?
— Je vous laisse mon office.
— Merci.
Leslie se tourne vers Norman et le salue.
— Norman.
Rodney précède Leslie et Norman dans l’office du juge.
— J’ai pris le premier avion.
— Merci, papa.
— Est-ce qu’ils te traitent bien, au moins ?
— Je suis désolé que tu sois revenu en de telles circonstances.
— Peut-être que si je serai resté ici, en première place, tout ceci n’aurait pas eu lieu.
— C’est de ma faute, papa, intervient Norman.
Rodney secoue la tête :
— Ce n’est pas le moment de jouer les bons samaritains, Norman.
— Ecoute, il a le droit de savoir.
— Elliot m’a dit que vous avez essayé de me joindre.
Norman opine.
— J’ai hésité avant de le faire.
— L’instinct était présent Norman, c’était un début.
— Je lui ai demandé de te laisser en dehors de cela, lui dit Rodney. Je ne voulais pas que tu te fasses de soucis à propos de ça.
— Et voilà ce qui est arrivé. Mon fils qui a peur de m’inquiéter ?
— C’était avant que la police ne m’arrête.
— Elliot a été plutôt vague au téléphone. Je ne sais pas s’il a essayé de me ménager ou…
— Je ne suis pas un assassin, papa.
— Tu n’as pas à me le dire, Rod.
— À propos de quoi toi et le jeune Chernak vous êtes battus ?
— A propos de moi, souffle Norman. Rodney essayait de me protéger.
— De quoi ?
— Rita était la petite amie de Chernak. Je t’ai parlé d’elle la nuit du bal de promo lorsque tu as appelé. Et bien, il répandait de nombreux mensonges à propos d’elle, et Rodney a essayé de l’arrêter avant que je ne le fasse. Il a essayé de me protéger, parce que je lui avais dit que je voulais le tuer.
Rodney tente d’interrompre son frère, mais Norman poursuit :
— Ecoute, il est dans la panade à cause de moi. Nous devons faire quelque chose pour le faire sortir d’ici.
— C’est ce que nous allons faire, Norman, déclare Leslie. Depuis combien de temps tout cela mijotait ?
— Quelque temps.
— Et il n’y avait personne avec qui tu pouvais parler de ça ?
Rodney secoue la tête.
— Il n’y avait personne.
— Ted Dowell était là.
— Il n’est pas notre père. Je… Je suis désolé, Papa.
— Moi aussi, fiston… Moi aussi.
A la librairie, une cliente achète un livre et s’en va. Allison entre pour parler à sa mère de l’inculpation de Rodney. Elle trouve sa position actuelle semblable à celle de sa mère dix-huit ans plus tôt, quand Elliot a été arrêté pour le meurtre de sa femme.
Constance lui rappelle qu’elle lui avait dit un jour qu’elle n’était pas assez mûre pour devenir écrivain, parce qu’elle n’avait pas assez d’expérience de la vie. Maintenant, elle a acquis assez d’expérience et de sagesse pour le devenir.
Allison lui demande comment elle a fait pour tenir le coup à l’époque. Elle était seule à New York. Constance se remémore cette douloureuse période où sa mère avait décidé de l’envoyer dans la grande ville afin, disait-elle, de la protéger. Mais Constance se sentait terrifiée, dans cette énorme cité, portant seule un enfant.
Allison exprime sa culpabilité d’avoir forcé Kim à dire ce qu’elle a vu sur le quai le soir de la bagarre. Cela ne va pas aider Rodney, mais plutôt le desservir. En s’étant mêlée de cette affaire, elle a l’impression d’avoir creusé la tombe de Rodney.
Allison demande à sa mère si, à un moment donné, elle a douté de l’innocence d’Elliot. Car elle a dit à Rodney qu’elle le savait innocent, mais avoue qu’à un bref moment, elle a pensé qu’il avait pu tuer Joe Chernak.
— Est-ce que tu le crois toujours ? demande Constance.
— Oh, non. Je suis sûre qu’il est innocent.
— J’ai cru ton père coupable moi aussi, et pendant très longtemps, avoue Constance.
Elliot entre dans la libraire Allison se jette à son cou, à la grande surprise de son père. Allison lui dit qu’elle est heureuse de le voir, et qu’elle le lui montre.
Michael Rossi conduit sa Ford coupée 1956 jusqu’à la maison des Chernak et Anna est soutenue par Gus, Stella et le Dr Rossi. Gus dit à Anna de monter à l’intérieur. Stella sanglote. Gus leur dit qu’elles ne devraient pas gaspiller du temps à pleurer.
Chacun se remémore Joe à sa façon. Anna dit qu’il était un bon nageur, Gus qu’il jouait bien au football. Stella réagit différemment, elle ne veut pas voir quelque chose qui puisse lui rappeler Joe. Elle enlève la photo sur la cheminée et son trophée de football et, dans la chambre du défunt, commence a réunir toutes ses affaires, avant de s’effondrer et de pleurer, demandant pardon à son frère de ne pas avoir été présente quand il avait besoin d’elle. Gus vient la rejoindre pour la consoler.
Michael appelle son service de messageries et demande s’il a eu des appels. Il dit à Stella et Anna qu’il doit partir pour l’hôpital car il y a un briefing. Le médecin dit à Stella qu’il a un nouveau projet de recherches et il voudrait l’engager comme assistante. Stella est surprise et lui dit qu’elle va réfléchir à la proposition.
Au Colonial, la salle du restaurant est bondée. Steven rejoint Betty à une table, près de la fenêtre. Elle est songeuse. Lorsqu’il s’assoit en face d’elle, elle lui demande immédiatement comment s’est déroulée l’audience.
— Pourquoi ?
— Je suis curieuse.
— Vous auriez pu venir, après tout, vous êtes en congé aujourd’hui.
— Je ne pense pas que cela aurait été approprié.
Il lui demande si elle est toujours amoureuse de Rodney. Elle répond immédiatement « non », mais Steven la sent sur la défensive.
Il l’informe aussi que Leslie Harrington est revenu d’Europe. Il lui demande pourquoi elle était à l’appartement de Rodney le soir de la mort de Joe.
Betty lui raconte qu’elle était de garde cette nuit-là à l’hôpital. Elle a reconnu sa voix lorsqu’il a appelé pour avoir une ambulance. Elle est donc allée à son appartement pour voir ce qui se passait. Elle n’en avait pas parlé à Steven avant car elle ne lui faisait pas confiance. Aujourd’hui, elle se sent obligée de lui confiance.
Leslie Harrington attend à l’extérieur du bâtiment la sortie du juge Webber et du procureur John Fowler.
— Juge Webber. J’avais espéré que vous puissiez m’accorder une minute.
Les trois hommes font un bout de route ensemble, vers le Colonial Post.
— Je suis plutôt pressé, lui dit le juge.
— Je vois, mais ça ne sera pas long. Je suis très perplexe à propos de votre décision de ne pas accorder la liberté sous caution à Rodney. Cette affaire n’est-elle pas un peu inhabituelle ?
— Je ne sais pas, Harrington. C’est simplement une histoire de précédent.
— Oui, je sais, c’est que ce vous avez dit à l’audience. Et je suis sûr que c’est très important dans une grande ville où personne ne se connaît.
— La question n’est pas là.
— Juge Webber, vous avez vu mon fils grandir.
— Je n’ai rien de personnel contre Rodney, mais je me serais discrédité moi même si j’aurais accepté la demande de caution.
— Pourquoi ? Vous savez très bien que ce garçon n’allait pas s’enfuir. Il n’a pas de passé criminel. Dans ce cas précis, n’est-il pas possible de créer un précédant ?
— Le précédant n’a rien à voir avec la conduite passée de l’accusé. Il a à voir avec l’affaire en cours comme celle dont il est question.
Fowler se mêle à la conversation :
— Monsieur Harrington, notre structure légale est basée là-dessus. Je suis sûr que quelques mois passés en Europe ne vous ont pas fait oublié cela.
— J’étais simplement en train de demander au juge Webber de m’éclairer sur sa décision de ne pas accorder de demande de caution à Rodney.
— Il n’y a rien de personnel, monsieur Harrington, poursuit Fowler. C’est simplement une question d’éthique.
— Bien sûr que ça l’est. Mais c’est un peu dur.
— Ça ne semble jamais dur lorsque ça arrive aux autres. Seulement lorsque ça arrive à quelqu’un de proche.
Le juge souhaite prendre congé d’eux :
— Si vous voulez bien m’excuser.
Leslie insiste :
— Juge Webber. Est-il possible pour moi de faire appel à votre décision ?
— C’est votre droit. Ted Dowell vous renseignera sur la procédure à suivre.
— Eh bien, merci de m’avoir accordé de votre temps. J’espère que je ne vous ai pas retenu trop longtemps. Au revoir, monsieur Fowler.
Leslie Harrington les quitte. Il se dirige vers le square et s’assied au pied du pilori. Une large partie de cette scène sera répétée au début de l’épisode suivant.
Le Peyton County Town Hall inclut la bibliothèque, les salles d’audience, et la prison. La prison comporte au moins une salle d’interrogatoire. Lorsque John Fowler Sr était procureur général, il opérait dans le vieux tribunal.
Il y a des moments tellement choquants dans la vie des gens, tellement remplis d’angoisse et d’émotions, qu’ils en deviennent des événements marquants. Un tel moment s’est produit chez les Schuster il y a quelques instants à peine. Et le résultat va être que les vies de David et Doris Schuster vont en être affectées. Pour Doris, le moment où sa fille Kim rompt un long silence marque le début d’une nouvelle expérience. Une de celle qu’elle n’est pas capable de partager avec David.
Quelques plans de Peyton Place. Allison s’assoit au pied de la maison des Schuster.
Allison s’occupe de Kim. Doris fait remarquer à David que le premier mot de Kim était à propos de Joe Chernak. Allison dit aux Schuster que Rodney n’a pas pu tuer Joe Chernak. David se passe la main sur ses cheveux et soupire :
— Quel cauchemar ! Doris dit que Kim n’est qu’une enfant. Elle veut que personne ne lui pose d’autres questions.
À l’hôpital, Michael parle avec Gus et Betty. Le médecin informe Gus qu’il doit signer un papier pour récupérer le corps de Joe. Il offre à Gus de l’aider dans toutes les démarches administratives.
Gus se rappelle avoir ramené Joe de l’hôpital à la maison lors de sa naissance. Il avait distribué des cigares à tout le monde. Michael essaie de calmer la peine de Gus.
Ce dernier se plaint des arrivistes comme Leslie Harrington. Il a suffi qu’il épouse la fille de Peyton pour que tout lui sourie.
Betty lui rétorque que quoi qu’ait pu faire Leslie, ça ne fait toujours pas de son fils un assassin.
Stella se rend au drugstore pour prendre la prescription d’Anna. Rita lui dit que le pharmacien, Mr Courtney, s’est absenté un moment et elle offre à Stella une tasse de café. Stella s’excuse de la façon dont elle a agi la nuit dernière.
Mr Courtney arrive et Stella lui donne la prescription. Steven entre dans la pharmacie et parle avec Stella. Il lui demande des nouvelles d’Anna.
Stella lui fait remarquer amèrement que si tous les gens avaient pris autant de soin à s’occuper de Joe comme ils s’occupent maintenant de leur mère, Joe serait encore en vie. Au cours de la conversation, elle mentionne le fait qu’elle a été à Harvard. Monsieur Courtney dit à Stella que sa prescription est prête. Stella paie et s’en va.
Ada va rendre visite à Constance à la librairie, et la remercie d’avoir parlé à Rita. Rita aime bien Allison. Constance se souvient qu’Allison avait mis un seau rempli de grenouilles dans la basse du musicien de la fanfare. Elle n’avait que 13 ans. Et Norman 14 (Allison mentionnera les grenouilles à Norman dans l’épisode 158).
Ada devient nostalgique et dit à Constance qu’elle n’arrive pas à stopper Rita lorsqu’elle se fait du mal. Un client entre et demande à Constance le livre de Kenner sur la contribution de Samuel Beckett sur le mouvement avant-gardiste du théâtre. Constance le dirige vers un rayon et il la remercie.
Chez les Chernak, Stella dit à Gus qu’elle va le rembourser pour tout l’argent qu’il a dépensé pour qu’elle aille au collège. Joe n’a même jamais terminé le lycée.
On frappe à la porte. Le sergent Edward Goddard présente le procureur John Fowler Jr à Stella. Gus se joint à eux. Stella présente le sergent et le procureur à son père.
John est venu interroger Stella sur les relations de Joe avec Rodney, Norman et Rita. Stella dit que Rodney Harrington détestait son frère. John lui dit qu’il n’est ni un professeur d’anglais ni un chasseur de têtes. Il veut simplement connaître la vérité. Stella lui dit que Rodney a menacé son frère de le tuer.
— Il a menacé Joe. Il a dit… il a dit qu’il allait tuer Joe si jamais il le trouvait.
— Êtes-vous prête à faire une déposition officielle ?
Stella acquiesce.
Schuster attend dans la salle de police de la Peyton County Town Hall lorsque Fowler et Goddard entrent. Il informe Fowler que sa fille a vu Rodney se battre et qu’elle a vu Joe Chernak tomber.
Allison se précipite dans l’appartement de Rodney et se jette dans ses bras. Il l’appelle : « Ma princesse ». Elle lui raconte qu’elle vient de chez les Schuster. Elle a demandé au Schuster de la laisser parler avec Kim.
La fillette a dit qu’elle a vu Rodney jeter quelque chose à Joe et qu’il est tombé. Rodney lui dit qu’il s’agissait de la gaffe. Il l’a jetée par terre, et non sur Joe. Allison est venue rapidement le dire à Rodney. La porte était ouverte et elle est entrée directement.
Rodney demande à Allison d’aller faire un tour avec elle. Rodney se plaint que Norman ne ferme jamais la porte à clé. Un jour, quelqu’un entrera et mettra l’appartement à sac. Quoiqu’il en soit, il l’aura mérité.
Rodney et Allison descendent les escaliers. Ils traversent le square jusqu’à la porte de la banque, où se trouve le bureau de l’avocat.
Le sergent de police Goddard arrive précipitamment vers eux, enfuit ses pouces dans sa ceinture. Il vient arrêter Rodney pour le meurtre de Joe Chernak.
La famille Chernak a perdu un fils. Les marques de sympathie ont envahi leur petite maison, près du Peyton Place Shoreline. Sans doute les condoléances les plus douloureuses viendront aujourd’hui de Rodney Harrington.
Rodney marche en direction de la maison des Chernak. Des dames apportent de la nourriture à Anna Chernak. Cette dernière invite silencieusement Rodney à entrer.
Rodney entre et dit à Anna Chernak à quel point il est désolé de la mort de son fils. Anna ne comprend pas pourquoi il est venu ici.
Une dame frappe à la porte. Anna lui ouvre. Elles s’embrassent et Anna pose la nourriture apportée par la dame sur la table. Stella s’approche de Rodney.
— La tradition du pays, explique-t-elle.
Rodney lui dit qu’il souhaite faire quelque chose pour soulager la peine de la famille. Stella lui dit poliment que sa mère a apprécié sa visite. Rodney est venu ici pour voir s’il y avait quelque chose qu’il pourrait faire.
— Pourquoi ? demande Stella. Tu ne connaissais pas plus Joe que moi.
Pour Rodney, c’est très difficile. Il espère que tout ira bien pour Stella et sa famille. Il lui dit au revoir. Stella lui dit qu’il n’obtiendra pas de pardon d’elle. Rien.
Au bureau du Clarion, Elliot dit à son père qu’il est en train d’écrire la nécrologie de Joe Chernak. Eli regarde par-dessus son épaule et lui dit que c’est très bien, que les habitants de Peyton Place auront l’impression que Joe Chernak était un citoyen important de cette ville.
Elliot, sarcastique, lui répond qu’il aurait pu dire que Joe Chernak était célèbre à Peyton Place pour être un marginal et un voleur de voitures. Pour Eli, cela serait effectivement plus proche de la réalité.
Le vieil homme se souvient de ce qu’il avait ressenti lorsqu’il avait lu la nécrologie d’Elizabeth. Calvin Hanley avait dû être fier de sa fille. Il a fait d’elle un modèle de fille et un modèle de femme.
Eli ajoute qu’hier Rodney était venu pour voir Matthew. Il semblait avoir besoin d’aide. Une information qui intéresse fortement Elliot.
Suffisamment pour qu’il se rende à l’appartement des frères Harrington, où Norman le fait entrer.
— Rodney n’est pas ici, n’est-ce pas ?
Norman l’informe qu’il est sorti. Elliot est venu pour voir Rodney et lui donner du courage dans cette épreuve. Il est venu en tant que père d’Allison et aussi en tant que rédacteur en chef du Clarion.
Il suggère à Norman de prévenir leur père. Norman lui fait savoir qu’il a appelé hier soir et qu’on lui a dit que Leslie était en Grèce. Norman ne sait pas ce que ressent au juste Rodney à propos de ce drame. Elliot lui dit au revoir et s’en va.
Il descend les marches de l’appartement de Glover Street et se dirige sur la droite, en direction du bâtiment abritant la banque et le bureau de l’avocat Theodore Dowell.
Au bureau, Rodney s’entretient avec Dowell. L’avocat lui conseille vivement de ne parler à personne de cette affaire. Une nouvelle fois Dowell lui dit qu’il n’aurait pas dû signer sa déposition.
Dowell reprend la déposition et lui dit qu’elle n’est pas complète. Elle laisse place à beaucoup de questions et c’est peut-être un bon point pour eux. Rodney ne comprend pas pourquoi il parle avec un avocat puisque la mort de Joe est accidentelle.
— Je ne suis pas un assassin ! clame-t-il.
— Vous ne le voyez pas Rodney, mais vous avez besoin de moi et de mon expérience. Vous devez me faire confiance.
— Je commence à me demander à quel point vous avez confiance en moi.
Norman se trouve dans son appartement lorsque Rita frappe à la porte. Il la laisse entrer et elle lui demande si Rodney est ici. Il lui dit qu’il est avec son avocat.
Rita se rend compte que l’appartement des Harrington est en désordre. Norman lui dit qu’il revient de course et qu’il n’a pas eu le temps de ranger. Rita aperçoit le gros titre du Clarion :
UN HOMME RETROUVÉ MORT
Le quai est le théâtre d’une mort mystérieuse.
En dessous du titre, on peut voir la photo de Joe Chernak. Rita avoue à Norman qu’elle a vu Joe le jour où il est mort, et que Joe l’a attrapée et l’a forcée à l’embrasser.
Et lorsqu’il est parti, il était très mal. Norman lui demande si elle en a parlé à la police. Rita lui avoue que non, elle ne veut pas être mêlée à tout ceci.
Au manoir, David parle à Doris du comportement étrange de Kim. Doris suggère de l’emmener voir un médecin. La sonnette de la porte d’entrée retentit.
David va ouvrir et trouve Allison sur le pas de la porte. Elle demande à voir Kim juste un instant. Il l’invite à entrer.
Allison a des raisons de penser que Kim se trouvait sur le quai la nuit où Joe est mort. Elle informe Doris qu’elle a l’intime conviction que Kim a vu le drame sur le quai et que ça l’a énormément perturbée.
Allison a conscience que Kim pourrait être la seule chance pour Rodney de se disculper. La jeune fille demande à Doris d’emmener Kim sur le quai.
Kim commence à pleurer. Le mot « quai » la terrifie. David s’approche de la fillette.
— Dis à papa ce que tu as vu sur le quai la nuit dernière.
La fillette se met à pleurer de plus belle et, effrayée, se jette dans les bras de sa mère en prononçant le mot « Maman ». Doris, heureuse d’entendre enfin le son de la voix de sa fille, étreint Kim.
— Je t’aime tellement.
David demande à Doris de laisser Allison parler avec elle. Allison prend Kim à part dans le vestibule et la regarde dans les yeux.
— Je veux que tu me dises la vérité sur ce que tu as vu. Étais-tu sur le quai la nuit dernière ? As-tu vu un homme blessé ? Était-il seul ? Sais-tu qui était avec lui ? Est-ce que Rodney a blessé l’homme ?
Kim s’essuie les yeux avant de dire :
— Rodney a fait tomber l’homme, il a fait du mal à l’homme.
Allison prend Kim dans ses bras et lui dit :
— Non, il n’a rien fait.
Kim s’enfuit dans sa chambre, suivit par Doris. Allison reste assise sur l’escalier et ne cesse de secouer la tête, l’air choqué.