Episode 138

Jeudi 4 novembre 1965

L’audience préliminaire 

Durant l’année passée, Elliot Carson a accompli une tâche rare aux yeux du monde. Il s’est retrouvé de l’univers carcéral à une paisible vie routinière dans une petite ville. Mais aujourd’hui, il se retrouve propulsé plus de dix-huit ans auparavant, à l’époque où son audience préliminaire se déroulait à Peyton Place. Le défendeur, Elliot Carson, était accusé de meurtre. Il a été déclaré coupable et a passé dix-huit années en prison pour un crime qu’il n’avait pas commis. Aujourd’hui, Rodney Harrington pourrait subir le même sort. 

Elliot Carson marche à l’intérieur du Town Hall et entre dans la salle d’audience. 


M. Edwards, le greffier, entre en même temps qu’Elliot. Il lui fait savoir que la presse doit s’asseoir derrière la grille. Edwards va se chercher un café. 

Pendant ce temps, Gus entre à son tour dans la salle encore vide et salue Elliot. Ce dernier souligne à Gus que ce procès n’est pas celui de Leslie Harrington. 

Gus lui raconte qu’à seize ans, son fils est allé en maison de correction parce qu’il avait volé une voiture. 

L’audience préliminaire qui va avoir lieu a pour but de décider s’il y a suffisamment de preuves pour que Rodney Harrington soit  inculpé de meurtre. Ce sera au juge Webber de prendre la décision ou non d’envoyer Rodney à la Cour Supérieure. 


Au manoir, David entre dans le vestibule tandis que Kim et Doris se précipitent en bas des escaliers. Doris appelle Mme Chernak. Anna a brûlé une robe fraîchement repassée pour Kim. Doris avoue que même mort, Joe cause des problèmes. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Julie arrive avec de bonnes nouvelles. Martin Peyton a appelé le bureau pour dire à David qu’il peut procéder à la mise en place du nouvel équipement pour la fabrique. Peyton lui accorde l’argent nécessaire. Julie a déjà tapé une lettre pour mettre les choses au point. 

David demande à Doris de l’attendre avec Kim dans la voiture. David remercie Julie avant qu’elle ne parte. Avec un large sourire de satisfaction, il enfile son manteau et se dirige vers la voiture où sa femme et sa fille l’attendent. 


À Boston, Martin Peyton dicte une lettre à Hannah concernant le nouvel équipement de la fabrique de textiles. 

Il demande à la gouvernante quel est son pronostic sur l’issue du procès. 

Ensuite, il fait savoir à Hannah qu’il compte partir d’ici pour mettre ses affaires en ordre. Il retourne à Peyton Place. De plus, il veut passer du temps avec sa famille. 

Hannah lui demande pourquoi il a fourni l’argent pour la caution. Comme simple réponse, Peyton demande à Hannah de lui servir un whisky. 


À l’intérieur du tribunal, Rodney attend. Leslie se dirige vers lui pour demander pourquoi il est ici si tôt. Rodney lui répond qu’il n’est pas le premier arrivé. Elliot était là avant lui. 

— Quand j’ai vu Elliot Carson dans cette salle d’audience…, commence Rodney. 

— Qu’est-ce qu’Elliot Carson a à voir dans tout ça ?

— Il a été déclaré coupable dans cette même salle.

Steven et Dowell arrivent et les quatre hommes vont dans la salle d’audience. La salle est déjà à moitié remplie. 

Ada Jacks entre et s’assoit derrière Kim. Stella débarque à son tour et veut s’asseoir près de Gus. Il n’y a pas de chaise à côté de lui, alors elle prend place ailleurs. 

Norman, quant à lui, s’assoit à côté de Betty. Steven le rejoint pour lui parler de sa prochaine audition devant la Cour. 

Le procès débute, présidé par le juge Charles E. Webber. 

Norman est appelé en premier. Il s’avance lentement jusqu’à la barre. Il prête serment. Fowler démarre l’interrogatoire. 

Norman lui raconte comment Kim s’est enfuie de la bibliothèque et comment lui et Allison l’ont recherchée. Ils ont retrouvé la fillette sur le quai. 

Norman témoigne sous serment que Kim était effrayée et pleurait. Steven contre-interroge Norman. Il lui demande pourquoi Kim s’est enfuie. Norman le lui explique. 

Steven veut faire comprendre à la cour que la fillette est perturbée et que son témoignage ne pèsera pas dans la balance. 

Après l’interrogatoire de Norman, c’est le sergent Goddard qui est appelé à la barre des témoins. 

Gus se lève et dit à Stella qu’il faudrait tout de suite mettre une corde au cou de Rodney. Stella lui demande de se taire. 


Episode 137

Mardi 02 novembre 1965

Sérieuse confrontation

Pour la plupart des jeunes gens, l’été est la saison de l’année où le temps passe trop vite. Mais pour Rodney Harrington, les jours passent à une lenteur atroce. Depuis la nuit où Joe Chernak a trouvé la mort, il vit dans l’angoisse, attendant le jour où il pourra publiquement blanchir son nom de cette affaire. Et ce jour arrive enfin. Le jour de l’audience préliminaire pour l’accusation de meurtre. 

Le drugstore, les escaliers menant à l’appartement des frères Harrington.


Rodney se met sur son trente et un. Il cherche sa cravate noir et rouge. 

Norman avoue qu’il l’a portée la semaine dernière. Norman s’excuse pour « l’avoir mis dans les ennuis ». Rodney s’en va. 

Un peu plus tard, l’officier de police Frank frappe à la porte et remet à Norman une citation à comparaître. 


Chez les Fowler, Marian se tient dans le salon lorsque John arrive. Il lui demande si elle a été à l’hôpital. 

— Tu ne vas pas te coucher ? lui demande-t-il. 

Marian lui répond qu’elle ne compte pas aller au lit tant qu’elle n’aura pas terminé son roman policier. (Cette scène fait comprendre aux téléspectateurs que les Fowler ont des problèmes conjugaux.) 

John lui fait savoir qu’il a projeté un voyage ce weekend avec elle. Nous apprenons dans cette scène que Marian est stérile. 


Il est 7 h 44. Stella travaille au bureau du docteur Rossi lorsque Gus vient lui rendre visite. Il veut l’inviter à manger avant d’aller au tribunal. 

Le Dr Rossi arrive et suggère à Stella de prendre le petit déjeuner avec son père. Rossi demande à Gus s’il mange correctement. Gus lui assure que oui. 

Mike prend Stella à part afin de savoir comment va son père. Stella lui dit qu’il a toujours beaucoup de colère envers les Harrington. Mike pense que ce n’est pas bon pour sa santé. 

— Vous voulez dire que vous pensez qu’il pourrait pardonner et oublier ? s’exclame Stella. 

 — Au moins, pardonner. 

— Je me demande si vous pourriez faire cela, docteur, si vous étiez à sa place. 


Rodney se rend à l’hôpital pour voir Allison et parler un moment avec le Dr Rossi. Le médecin n’est guère optimiste sur les chances d’Allison. 

— Rodney, je pense que vous êtes en train d’attendre un miracle. N’y pensez pas. S’il y a une amélioration, je vous préviendrais. 

Rodney demande au médecin s’il peut voir la jeune fille et Michael accepte. 

Plus tard, Michael frappe à la porte du bureau du Dr Morton et entre pour lui dire qu’Allison développe une paralysie du côté gauche. 

Dans la chambre d’Allison, Constance est assise près de la jeune fille lorsque Rodney entre. 

Lorsque Rodney sort de la pièce, Constance le suit et, dans le couloir, lui dit qu’elle reste optimiste. 

Michael parle à Constance de son futur bébé. Au cas où elle serait enceinte, il lui demande quelles sont ses préférences : une fille ou un garçon. Constance lui sourit : 

— Un bébé. 


Elliot travaille au bureau du Clarion lorsqu’Eli arrive pour lui parler juste avant l’audience. 

Eli lui demande comment il se sent. Il se fait du souci pour lui, car selon lui, Elliot ne devrait plus jamais remettre les pieds dans une salle d’audience pour le reste de sa vie. 

Elliot lui parle d’un homme dont le fils de dix ans a été tué accidentellement. Le père a attendu pendant vingt ans et finalement a tué l’homme qui était responsable de l’accident. 

Pour Eli, la colère et la vengeance ont gâché la vie du père. Mais Elliot ne partage pas son sentiment. 


Episode 136

Lundi 01 novembre 1965

La conférence de presse

Ce matin, l’audience pour la libération sous caution dans l’affaire du meurtre de Joe Chernak s’est tenue. Et pour l’instant, Rodney Harrington s’est vu rendre sa liberté. Liberté de voir dans une sombre chambre de l’hôpital de Peyton Place Allison Mackenzie dans le coma. 

L’entrée principale de l’hôpital de Peyton Place. 


Rodney entre dans la chambre d’Allison et se baisse près du lit pour l’embrasser. Allison est toujours dans le coma et Rodney l’observe longuement et amoureusement avant de quitter la chambre. 

Dans le hall, il se voit offrir une tasse de café par Betty Anderson. La jeune femme lui parle de Russ Gehring, le psychothérapeute de l’hôpital. 

Russ Gehring rencontre Marian Fowler dans le hall. Ils commencent à se disputer. Russ souhaite lui parler et elle accepte une rencontre en tête-à-tête dans la salle de thérapie. 


Elliot et Constance retournent chez eux après avoir rendu visite à Allison. Ils reçoivent une lettre de Matthew venant de l’Inde. 

— Nous devrions peut-être lui écrire pour lui dire ce qui s’est passé, suggère Constance. 

Mais Elliot pense que cela ne pourra que l’inquiéter. Le téléphone sonne. John Fowler souhaite rencontrer Constance. 


Theodore Dowell s’entretient avec Rodney, Leslie et Steven pour la préparation de l’audience. Dowell explique pourquoi ils ne veulent pas que Rodney témoigne. 

Le jeune homme dénigre toutes ces explications. Il insiste pour témoigner sur ce qui s’est passé sur le quai. 

Steven est d’accord avec Dowell pour que Rodney ne témoigne pas. Cela ne pourrait que lui porter préjudice. 

Rodney demande à son père s’il va laisser faire ça. 


John Fowler rencontre Elliot et les autres membres de la presse dans son bureau pour une conférence de presse. Randy, le photographe, teste son appareil. Elliot entre et le salue. Sont présents à la conférence : M. Sanford, John Fowler, Elliot Carson, Jim Fogarty, Randy et Mitch. 

John Fowler entre. 

— Messieurs. Tout le monde est là ? Parfait. Bien, vous êtes tous ici pour poser les mêmes questions. Cela semblait donc une bonne idée de tous vous faire venir ensemble. Je présume que vous avez obtenu les informations de routine du palais de justice concernant la caution. Je suis à votre disposition pour plus de détails… Oui, monsieur ?

John donne la parole à un journaliste qui se prénomme Mitch. 

—  Que s’est-il passé, John ? Nous savons tous qu’il n’y a eu aucun précédent de libération sous caution dans une affaire capitale. 

— Eh bien, Mitch, c’est la procédure. Un appel a été fait et a cassé la précédente décision. 

— Sur quelle base ?

— Sur deux bases. D’abord parce que le jeune Harrington a un dossier judiciaire vierge, et aussi parce qu’il y a des circonstances atténuantes.

— Vraiment ? intervient Sanford, un autre journaliste. 

John se tourne vers lui et l’interroge du regard.  Sanford se lève.

— Regardons les faits, monsieur Fowler. La caution dans une affaire capitale est sans précédent. Ici, elle est accordée. Je pense que tout le littoral atlantique est en désaccord avec cette décision. Et je l’espère tout le pays. Nous avons vu assez de favoritisme dû au rang et au pouvoir. 

— Votre jugement est quelque peu présomptueux, fait remarquer Fowler. 

— Peut-être. Mais là n’est pas la question. Nous sommes venus ici pour avoir votre version des faits. Franchement, je trouve exaspérant de vous voir tourner autour du pot de la sorte. Pourriez-vous être un peu moins diplomatique ?

— Je fais mon métier, monsieur Sanford, et je pense que je le fais bien. Tout ce que qui a été entrepris dans cette affaire est légal. 

Stanford poursuit :

— Pensez-vous que si la situation avait été inversée, et que cela avait été le jeune Chernak qui aurait fait appel de la décision, vous le lui auriez accordé ?

— Peut-être. S’il avait des circonstances atténuantes.

— Il n’y en aurait sûrement pas eu.

Fogarty, un autre journaliste, se lève :

— Ce n’est pas tant la libération sous caution qui pose problème, mais le montant de cette libération qui avoisine un chiffre qu’un homme moyen ne pourra jamais voir sur son compte en banque. 

— Allons, soyez franc avec nous, John., reprend Mitch. N’est-ce pas le pouvoir de l’argent qui a fait sortir le jeune Harrington ?

— Je n’ai aucune raison de penser cela. 

— Alors, quelle est votre supposition ? s’enquiert Sanford. 

—  Je ne suis pas d’humeur à supposer. 

— Eh bien, pour être franc, mon journal m’a envoyé ici pour avoir votre supposition. Du temps perdu. 

Sanford se lève, déçu. Il ajoute : 

— Nous devons attraper le prochain train pour Boston.

Il récupère son chapeau. 

— Merci, M. Fowler, vous avez été d’une aide inestimable, raille-t-il. 

Fowler rit pour cacher qu’il est mal à l’aise.  

Sanford s’en va. John reprend contenance :

— Bien, avons-nous fait le tour de la question ? 

— Pensez-vous vraiment avoir fait le tour de la question ? interroge Fogarty. 

Randy avance avec son appareil. 

— OK, si nous prenions quelques photos, monsieur Fowler. 

—  Je ne suis pas très photogénique.

—  Ça ne prendra que quelques minutes. Mon journal en a besoin et si je ne lui fournis pas de clichés, je serai renvoyé. Et vous ne voulez pas avoir cela sur la conscience, n’est-ce pas ? OK. Ne bougez pas… Bien, prenons-en une autre… ici. 

Pendant ce temps, Fogarty s’approche d’Elliot. 

— Vous êtes Elliot Carson, n’est-ce pas ?

— Oui. 

— Jim Fogarty, du Hastings Sun. 

Ils se serrent la main. Fogarty poursuit :

— J’ai couvert votre procès. Je ne savais pas que vous étiez journaliste. 

— Eh bien en fait, j’ai une petite expérience, mais je me considère moi-même comme un néophyte. 

— Matt Swain pensait que vous étiez capable de lui succéder, et il a eu raison.  

— Merci.  

— Vous ne trouvez pas qu’il a le charisme de son père ? demande Fogarty à propos de John. 

— … et son savoir-faire, complète Elliot. 

— Nous devrions nous parler un de ces jours. 

— J’aimerais beaucoup. 

Randy continue à faire ses photos. 

— Ne bougez pas. OK. Encore une dernière, avec un visage plus sérieux, juste ici. 

— Je pense que c’est assez maintenant, Randy, conclut John. 

— OK, je vous en ferais parvenir quelques-unes par courrier. 

Il se tourne vers Mitch :

— Tu es prêt ?

Mitch soupire :

— C’est moi qui t’attends.

Mitch se tourne vers Elliot et Jim. 

— Que diriez-vous d’une petite bière, monsieur Fogarty ? Monsieur Carson ?

— Je suis désolé, mais j’ai un autre rendez-vous, répond Fogarty. 

— Une autre fois pour moi, dit Elliot. 

— Très bien. Dans ce cas, à bientôt. 

Tous partent, à l’exception d’Elliot et de John. Le procureur s’approche du nouveau rédacteur du Clarion. 

— Elliot, je vous ai trouvé très silencieux. 

— Je vous retourne le compliment. Depuis quand une conférence de presse débute-t-elle sans une déclaration d’ouverture ? 

— Eh bien, n’ai-je pas suivi les règles de Robert ? 

— Vous n’avez même pas suivi les règles du marquis de Queensburry.

— M’accusez-vous d’avoir battu en retraite ? 

— Vous êtes également très bon pour rallier l’opinion des gens à la vôtre. Et pour étouffer l’œuf dans la coquille.

— En tant que journaliste, vous objectez à cela ? 

— En tant qu’homme, j’objecte à cela. Si vous avez le sentiment que la caution de Rodney Harrington a été accordée par favoritisme, pourquoi ne le dites-vous pas ? Ou ne l’insinuez-vous pas ?

— Peut-être devrions-nous définir les termes, Elliot. Vous appelez cela une insinuation. J’appelle cela de la discrétion. Cette même discrétion que vous avez utilisée en écrivant votre lettre ouverte au conducteur qui a heurté Allison.


Russ Gehring range la salle de thérapie lorsque Marian Fowler entre pour lui parler. Il la remercie d’être venue. Les enfants qu’il traite le prennent comme il est. Pas les femmes. Il trouve Marian différente des autres femmes. 

Lorsqu’elle s’est proposée pour une place d’auxiliaire, il ne savait pas comment agir vis-à-vis d’elle. 

Au cours de la discussion qu’il a avec elle, il réalise que c’est elle qui a heurté Allison et s’est enfuie. C’était le jour où ils s’étaient vus en cachette. 

Marian était partie bouleversée parce qu’elle avait trompé son mari. Russ l’accuse ouvertement d’être le chauffard qui a percuté la jeune Mackenzie et qui a pris la fuite. 

— Pourquoi ? lui demande-t-il. 

Marian baisse les yeux : 

— J’ai pris peur. Je ne voulais pas que John me demande ce que je faisais sur cette route à pareille heure. 


Episode 135

Vendredi 29 octobre 1965

Libre

Le procureur général Fowler apporte la voiture de sa femme au garage pour redresser le pare-chocs. Mme Fowler a une raison urgente pour que cela soit fait immédiatement. 

John conduit la voiture de Marian au garage d’Al Pearson près du quai. Elle le suit dans sa voiture. 


John sort de sa voiture. Toujours à l’intérieur du véhicule, Marian soupire, anxieuse : 

—Ne me dis pas qu’ils sont fermés. Je me souviens avoir vu des lumières l’autre soir. 

Soulagée, elle lit une pancarte où il est écrit : « de retour dans 20 minutes ». Elle demande à John s’ils peuvent attendre. A contrecœur, il accepte. Mais il ne comprend pas pourquoi sa femme est tellement pressée de faire réparer sa voiture. 


Sur le quai, Norman repeint un bateau lorsque son père vient le voir. Il s’excuse d’être parti comme un voleur la dernière fois et souhaite se rattraper en l’invitant à dîner avec Rita. 

— C’est un peu tard pour ça, lui répond Norman. 

Leslie lui dit qu’il avait une bonne raison de partir et lui explique qu’il est allé voir son grand-père pour qu’il lui donne l’argent pour la caution de Rodney. 

— Et il ne l’a pas fait ? lui demande Norman. 

— Il l’a fait. Mais pas tout de suite. Il m’a mis à porte de chez lui et il a attendu que je revienne à Peyton Place bredouille pour prévenir Steven qu’il payait la caution. 

— Il t’a donné du fil à retordre. 

— Il ne me pardonne pas pour Catherine. Mais ça ne fait rien. Le principal est que Rodney va bientôt pouvoir sortir de sa cellule. 

On sent un rapprochement entre le père et le fils. 

Leslie se rend ensuite à la Taverne d’Ada Jacks pour parler à la propriétaire. Ils partagent de nombreux souvenirs pénibles, notamment sur ce qui s’est passé il y a 18 ans. 

Ada rappelle à Leslie qu’Elizabeth Carson était sa meilleure amie. 

— Tout cela appartient au passé, répond Leslie. 

— Oui, cacher la poussière sous le tapis. Tu es très bon à ce jeu-là. Tu as de la pratique.

Leslie est ici pour prendre Rita pour dîner. 

Rita arrive et Ada lui présente le père de Norman. 

— Je suis venu vous chercher pour dîner, lui dit-il. 

Leslie l’invite au « Repère du Homard », le restaurant en plein air sur le quai. 


Al Pearson, le garagiste, regarde les dégâts causés sur la voiture de Marian Fowler. Il doit garder la voiture jusqu’à la fin de la semaine. 

Marian veut se servir un café, mais elle a un problème avec le distributeur de boissons. Al vient l’aider. Il lui dit qu’il n’aura pas besoin de faire un rapport à la police. 

La police a en effet demandé un rapport complet de chaque véhicule venant en réparation depuis l’accident d’Allison. 

John lui rétorque qu’il ne veut pas de traitement spécial parce qu’il est procureur général.


Comme il l’avait prévu, Leslie Harrington invite Norman et Rita au « Repère du Homard » sur le quai. Leslie y aperçoit Stella. 

Il s’excuse auprès du jeune couple pour aller saluer la jeune femme. Il essaie d’engager une plaisante conversation à propos du père de Stella qui travaille à la fabrique. 

Elle lui rappelle amèrement que Gus avait une place enviable dans l’entreprise, mais Leslie l’a rétrogradé à un simple travail de nuit. Quelles que soient les motivations de Leslie, on comprend la froideur de Stella envers l’ancien directeur de la fabrique. 

— Peut-être pouvez-vous changer les lois et permettre à votre fils de sortir de prison. Mais vous ne pouvez pas changer mon père.  


Chez les Fowler, John se rend dans le salon  où se trouve Marian. Il embrasse sa femme. 

Ils s’assoient à la table et John lit la lettre ouverte publiée dans le Clarion aujourd’hui, et qui est une cinglante critique à son égard. Il évoque l’affaire Harrington et pense que c’était une erreur de la part de l’accusation de faire sortir Rodney :

— Tout ce dont ils vont se souvenir lors du procès est Rodney Harrington, le petit fils de Martin Peyton, le garçon que son père a sorti de prison. S’ils ne se souviennent pas de cela, je le leur rappellerai.

La lettre évoque également le délit de fuite après l’accident d’Allison. On peut percevoir le trouble de Marian. 


Steven va voir Rodney en prison. Il lui annonce que la liberté sous caution a été accordée et qu’il va bientôt être libre de partir de cet endroit. 

Rodney rassemble ses effets, signe quelques papiers, et sort enfin de prison. 


Le Dr Rossi retourne dans son bureau et trouve Stella en train de travailler derrière son bureau. 

Elle semble perdue dans ses pensées. L’entrée du médecin la fait sursauter. Michael lui dit que Mlle Choate souhaite avoir sa fiche d’embauche. Elle ne l’a toujours pas rendue. 

Stella se rend au bureau des informations et tend à Betty, qui est de service, sa feuille d’embauche dûment remplie. Rodney arrive à ce même moment. 

Il affronte le regard de Stella, mais ni l’un ni l’autre ne se parle.


Episode 134

Jeudi 28 octobre 1965

Délit de fuite

Un nouvel article ce matin dans le Clarion : Allison Mackenzie, 18 ans, fille de M. et Mme Elliot Carson habitant au 651 Seaberry Lane a été heurtée par un automobiliste lundi soir sur la vieille route menant à la plage près de Brighton Point. Elle a été transportée d’urgence à l’hôpital de Peyton Place où son état est jugé critique. Le Dr Rossi, membre du personnel médical, affirme que Mlle Mackenzie a souffert d’une hémorragie interne et n’a toujours pas repris connaissance. Fin de l’article. Et début de la peur pour Marian Fowler. 

Résidence des Fowler. Marian Fowler s’engouffre dans sa voiture et démarre. 


Marian Fowler heurte délibérément l’avant de sa voiture au poteau du garage pour couvrir les dommages de l’accident lorsqu’elle a heurté Allison. 

En entendant le fracas, John sort de la maison et constate les dégâts. Il lui dit qu’il va la conduire au garage et qu’elle pourra prendre sa voiture en attendant.


Le Dr Rossi est avec Rodney dans la cellule du jeune homme et lui parle de l’état de santé précaire d’Allison. Il ne lui cache pas que son état est critique. 

Lorsque Michael part, c’est Leslie qui arrive. Il a dit qu’il a été voir Martin Peyton pour obtenir l’argent nécessaire à une libération sous caution. 

Mais malheureusement, le vieil homme l’a flanqué à la porte. Rodney lui dit qu’il a fait ce qu’il a pu et lui est reconnaissant pour ça. 

En sortant du palais de justice, Leslie rencontre Julie à l’extérieur. Ils parlent de Rodney et de Betty.

Il l’invite à dîner un de ces soirs. Elle accepte. Au premier plan, on peut apercevoir la voiture endommagée de Marian. 


À l’hôpital, Betty s’entretient avec Stella. Elle a un message pour elle. Mlle Choate voudrait qu’elle aille au bureau du personnel pour remplir son formulaire d’embauche. Stella la considère de haut, ce qui ne plaît pas à Betty. Elle lui dit que depuis que Stella a un emploi ici, elle ne la regarde même pas. 

— Pourquoi n’essayions-nous pas de nous rendre les choses plus faciles ? Parce que je n’ai pas l’intention de disparaître à cause de vous ou de quiconque d’autre. 

Le révérend Bedford se dirige vers elles pour parler avec Stella. Ils se connaissent bien puisqu’ils étaient à l’école ensemble. Betty les observe. Stella se rend dans son bureau. Jerry se retourne vers Betty et va lui parler.


Marian arrive à l’hôpital et elle est saluée par Doris Schuster. Elles discutent brièvement. Doris lui offre son plus beau sourire. 

— Je travaille moi aussi à l’hôpital, maintenant. 

Mlle Choate vient près d’elles et salue Doris. Elle commence par donner le planning du personnel volontaire. 

Marian et Doris parlent encore un peu ensemble et font plus ample connaissance. 

Le Dr Morton sort de son bureau et discute avec Marian, qu’il semble bien connaître. Il lui demande d’accompagner Constance Mackenzie à la salle de thérapie. Elle acquiesce. 

Dans la salle de thérapie, le Dr Russ Gehring (dont c’est ici la première apparition) se trouve avec des enfants, dont un est en fauteuil roulant. Il travaille avec des enfants qui ont été volontairement blessés. 

Gehring explique comment les enfants peuvent améliorer leur handicap. Marian entre et lance un « bonjour » poli. Elle est suivie par Constance. Marian présente Constance au thérapeute Russ Gehring. 


Au cabinet d’avocats, Steven s’entretient avec Leslie Harrington. Ce dernier lui fait savoir que Peyton a refusé de s’occuper de la caution de Rodney. Ils ont parlé d’une très grosse somme d’argent. 

Leslie ne sait plus que faire. Le téléphone sonne. C’est Martin Peyton qui appelle et demande à parler à Steven. 

Peyton donne finalement son aval pour qu’il entame la procédure de demande de libération sous caution. Leslie dit que Peyton a fait tout cela pour l’humilier. 


John Fowler sort du palais de justice tandis que Steven et Leslie se dirigent vers lui. Ils se saluent poliment. 

— On peut dire que vous avez de la chance dans l’audience pour la libération sous caution, dit le procureur. 

— Vous voulez parler du juge Clark ? s’enquiert Steven. 

— Oui. 

— Si le juge décide en sa faveur, quand pourra-t-il sortir  ?

— Si le juge décide en votre faveur, il n’y a pas de délai. Rodney sortira immédiatement. J’ajoute qu’il a beaucoup de chance d’avoir un père aussi influent et qui peut disposer d’une telle somme d’argent pour une caution. 

Marian Fowler arrête la voiture en face de la Peyton Place Town Hall, sur une place interdite au stationnement. Elle rejoint son mari. 

— Chéri, si nous ne nous rendons pas au garage immédiatement, je n’aurais pas ma voiture avant la fin de la semaine. 

— Oh ! Excuse-moi, j’étais plutôt occupé cet après-midi, Marian. J’arrive. 

— Je te suis et nous repartirons à la maison ensemble.

— Parfait. Excusez-moi, messieurs, il semblerait que j’ai d’autres priorités. 

Ils s’engouffrent chacun dans leur voiture respective et démarrent. 


Episode 133

Mardi 26 octobre 1965

Martin Peyton

Leslie Harrington est à Boston pour une mission urgente. Il est venu demander une faveur à un homme qui a toutes les raisons de l’aider. Mais aussi toutes les raisons de le détester.

Le port de Boston. Le pont. Quelques vues de la ville. 


Leslie arrive à la clinique privée où est soigné Martin Peyton. L’infirmière à la réception le salue. Elle compose un numéro et annonce Leslie. 

Ce dernier se rend dans la suite de Peyton, frappe à la porte et Hannah lui demande d’entrer. Il lui dit qu’il est venu voir Martin Peyton pour une affaire très importante. 

Hannah lui rétorque que monsieur Peyton ne voit jamais personne sans rendez-vous. Elle suggère de lui laisser un numéro de téléphone où on peut le joindre. 

Leslie lui dit qu’elle ne lui laisse aucune alternative et décide de forcer le passage. 

Leslie entre dans la chambre et s’excuse auprès de Peyton pour le dérangement. Martin Peyton (dont c’est ici la première apparition) se trouve dans un fauteuil roulant. 

Leslie lui dit que la seule chose qui le préoccupe et de faire sortir Rodney de prison. 

Peyton revient sur le passé. Il n’a jamais autorisé le mariage entre Leslie et Catherine. 

— Vous avez détruit ma fille. Vous avez détruit Catherine. 

Leslie lui répond qu’il aimait Catherine et il a protégé sa mémoire aussi longtemps qu’il a pu. 

Peyton considère Leslie comme quelqu’un de vil et de corrompu. Il n’aurait jamais dû lui laisser la direction de la fabrique. Il demande à Leslie de partir. 

— Sortez ! lui crie-t-il.


Au manoir, David Schuster prend son petit déjeuner avec Doris. Il lui parle de sa rencontre avec Theodore Dowell. 

Il lui a bien fait comprendre qu’il comptait se retirer si jamais il n’approuvait pas les dépenses pour la restructuration et la rénovation de la fabrique. 

Il veut pouvoir diriger l’entreprise de la meilleure façon possible, et en tout état de cause, il veut rester l’homme qu’il a toujours été. Doris exprime ses regrets de voir son mari défier le puissant Martin Peyton.

Plus tard, Schuster se rend au Clarion pour y voir Elliot. Il demande tout naturellement des nouvelles d’Allison et de Constance. Elliot lui dit qu’il n’y a pas de changement. 

David reconnaît ses torts, mais lui assure qu’il s’est toujours soucié d’Allison. Elliot lui dit qu’Allison avait l’habitude d’écrire une colonne dans le journal pour Matthew Swain. Il l’avait appelée « l’observateur ». Il soupire : 

— Plus nous vivons, plus nous apprenons. 

Elliot est à la recherche d’un papier en particulier qu’Allison avait écrit.

Il raconte à David qu’il a été voir un certain monsieur Banks, l’homme qui a trouvé Allison sur la route, mais qu’il n’a obtenu aucune information supplémentaire. 

Il va se servir d’un des poèmes d’Allison comme préface à sa lettre ouverte dans le Clarion. Il aimerait avoir l’opinion de Schuster à propos de cette lettre. Il précise qu’Allison était consciente de son manque d’expérience. 

Quel genre d’individu a pu commettre un tel acte ? En tant que rédacteur en chef, je serais enclin à dire qu’il s’agit d’une personne mentalement instable, mais en tant qu’homme, je suis forcé d’admettre qu’il s’agit peut-être d’une personne fondamentalement honnête, qui a été pris de panique. Comme Allison l’observait, l’être humain est forcé de faire des choix. Nous savons tous que chaque choix implique des conséquences. Et le choix de se taire ne fait pas exception. Je me demande combien d’entre nous peuvent vivre avec un tel fardeau sur la conscience que ce silence impose. Je ne suis pas un oracle, mais j’ai appris que la culpabilité peut seulement amener à l’érosion de l’âme d’un homme. 

David est touché par cette lettre ouverte. 

— J’aurais aimé l’avoir écrite moi-même, dit-il.

Il voudrait savoir ce qui va se passer si on trouve cet homme qui a pris la fuite. Elliot lui répond qu’il ne pourra jamais oublier sa fille qui avait tellement de joie de vivre. Schuster lui offre toute son aide au cas où Elliot en aurait besoin. Elliot le remercie d’être passé le voir. 


À l’hôpital, Michael se rend dans la chambre d’Allison pour l’examiner. Constance vient avec lui. 

Constance regarde sa fille avec attendrissement. 

— Elle semble si paisible, murmure-t-elle. 

Michael lui demande pourquoi elle a été voir le Dr Morton. Constance lui répond qu’elle espère être enceinte. Si tel est le cas, elle veut cet enfant. 

Michael lui demande si elle a prévenu Elliot. Avant de pouvoir répondre, Allison remue un petit peu. 


Chez les Fowler, Marian Fowler (dont c’est ici la première apparition) est au téléphone avec Nancy Ogden. Son mari John entre et Marian ne le remarque pas. Elle continue sa conversation :

— Dimanche prochain ? Non. Je n’ai rien prévu, mais je dois en parler à John. Il est tellement occupé avec le procès… Non, il ne l’a pas fait. Mais s’il le fait, je ne te dirais rien de toute façon. En tant qu’épouse du procureur général, je suis tenue au silence. Nous prêtons serment. Merci d’avoir pensé à nous. Je te rappelle demain. Très bien. Au revoir. 

En raccrochant l’appareil, Marian réalise que John est ici. 

— John ! Je ne t’ai pas entendu entrer. 

— Je sais. Tu es ravissante.

— Merci. Nancy Ogden vient d’appeler et elle veut que nous venions dîner…

— … dimanche prochain, j’ai entendu. Écoute, avant de dire oui, voyons comment les choses vont évoluer. 

— D’accord. Tu es venu en coup de vent ?

— Non, juste pour t’admirer, sourit le procureur. 

— J’ai bien peur de te décevoir si tu es venu à la maison pour déjeuner. C’est mon jour d’auxiliaire à l’hôpital. 

— Je sais, je n’ai pas oublié. 

— Mais tu es venu tout de même.

— Sur une impulsion, juste pour admirer la beauté de ma femme un instant avant qu’elle ne parte. 

— Tu dois avoir une meilleure raison. 

— Quelle meilleure raison pourrait-il y avoir ?

— Une raison plus pratique.

— Tu m’as démasqué ! En réalité, j’ai égaré mes lunettes de vue. J’espérais les trouver quelque part dans la maison.

— Tu les as laissés sur la table de nuit. Si tu m’avais appelée, je serais venue te les apporter en allant à l’hôpital. 

— J’ai appelé, mais tu n’étais pas là. 

— J’étais à une vente d’été à White River, explique Marian. 

— Et quelle affaire juteuse as-tu conclue cette fois ?

— Je n’ai pas eu la chance d’acheter quoi que ce soit. Le temps d’aller là-bas, j’ai réalisé que j’avais oublié mon uniforme. J’ai dû revenir ici. 

— Tu aurais pu manquer ton travail à l’hôpital aujourd’hui. 

Marian secoue la tête. 

— Je déteste décevoir les enfants. Dès que je suis loin d’eux, ils me manquent. 

John comprend qu’elle fait allusion au fait qu’ils n’aient pas d’enfant. 

— Marian, nous sommes jeunes. D’autres couples…

— Je sais.

— Peut-être pourrions-nous partir pour un long week-end, prochainement. 

— Avant que l’affaire Harrington soit terminée ?

— Eh bien, on ne sait jamais. Ça pourrait se boucler rapidement. 

— Tu travailles tellement dur.

— C’est une affaire compliquée, tu sais. 

— Est-ce à cause de ton père ? demande Marian à brûle-pourpoint. 

— Non, je suis déterminé à me forger des opinions, tu sais cela. 

— Supposons que tu réalises que tes sentiments sont en jeu. Comme ne pas être objectif ? 

— Comme penser comme mon père ? Tu te trompes, Marian. Si je me sentais trop impliqué, je me retirerais de cette affaire et je laisserais la justice suivre son cours. 

— Tu laisserais la justice suivre son cours…

— Pourquoi répètes-tu mes paroles ?

— Je ne sais pas. Tu es tellement sévère. Je suis en retard. Je ferais mieux d’y aller. Merci. Au revoir. 

— As-tu lu l’article à propos de la fille Mackenzie ?

Marian se fige. 

— Oui, le journal parle d’un délit de fuite. 

— Oui. 

— La police a-t-elle découvert quelque chose ?

— Ils enquêtent. 

— Je suppose qu’ils n’ont pas beaucoup d’indices.

John acquiesce. 

— Presque rien. 

— Bien. Ils ne vont pas laisser tomber ?

— Non. Ne t’inquiète pas. Ils n’abandonneront pas. 

— Au revoir. 

Marian se rend dans le jardin, jette son manteau dans la voiture, et à l’abri des regards, heurte délibérément la voiture contre le poteau du garage afin de couvrir les dommages causés lorsqu’elle a heurté Allison. 


Episode 132

Jeudi 21 octobre 1965

Frustration

Le fils de Gus Chernak, Joe, s’est éteint ici même, sur le quai de Peyton Place. Depuis ce tragique moment, Gus a essayé de recoller les morceaux de sa vie brisée. Mais ce jour, il s’est trouvé confronté avec la fureur de son passé.

Le quai. 


Gus se rend à la Taverne et commande à boire. Ada essaie de le dissuader de boire de l’alcool. Il lui répond qu’il n’a pas bu un verre depuis la mort de Joe. 

Ada sait qu’il est alcoolique et lui demande pourquoi il veut recommencer à boire. Gus lui répond ce que tous les alcooliques répondent, à savoir qu’il n’est venu ici que pour un seul verre. 

Gus insiste. Ada se laisse attendrir. 

— Juste un verre, précise à nouveau Gus. 

Il a vu Leslie Harrington aujourd’hui. Ada le prévient en lui disant qu’il risque de s’attirer des ennuis. Gus s’assoit à une table, tandis qu’Ada va dans l’arrière-boutique.


Stella conduit jusqu’à sa maison dans sa vieille voiture et entend, de loin, le téléphone sonner. 

Elle se précipite pour répondre à l’appel d’Ada qui veut qu’elle aille chercher son père à la Taverne. Elle lui répond qu’elle arrive tout de suite. 


Rodney boit un café dans sa cellule lorsque Steven arrive pour donner à Rodney les dernières mises à jour de son travail sur l’affaire. 

Steven lui dit qu’il était tout récemment avec Norman. Il précise aussi que Dowell lui a dit qu’il serait d’une bonne aide dans cette affaire. 

L’avocat parle au détenu de sa déposition volontaire. Il lui confie ses craintes pour le procès. 

À sa demande, Rodney passe une nouvelle fois en revue les événements ayant conduit à la mort de Joe. 


Dans l’appartement à l’arrière de la Taverne, Rita fait entrer Norman. Ce dernier lui parle de la conversation qu’il a eue avec Steven. 

Le jeune avocat prépare le procès et notamment son témoignage devant la cour. 

Il raconte que lorsque Steven a commencé à poser des questions sur Rita, il a coupé court à la conversation et lui a demandé de se taire. 

Norman veut se distraire et souhaite mettre une pièce dans le juke-box. Le jeune couple se rend donc au bar. Norman se dirige vers le juke-box et introduit une pièce dans la fente. Gus le regarde, agacé. Norman l’observe à son tour. Gus jappe : 

— Qu’est-ce que tu regardes ? 

Norman lui dit qu’il a entendu la menace que Gus a faite à son père avant que ce dernier ne parte pour Boston. Gus demande à Ada de prévenir l’élève policier afin de lui dire qu’il y a un mineur qui rôde dans l’établissement. 

Stella arrive à ce même moment pour chercher Gus. 

— Qu’est-ce que tu fais ici ? jappe-t-il à l’attention de sa fille. 

Il lui offre une boisson, pour boire à sa santé. Il lui demande des nouvelles de son nouveau job et veut savoir si Rossi se conduit bien avec elle. Elle répond que oui. 

— Ada n’avait pas à t’appeler, convient-il. 

C’était juste un test, pour savoir s’il allait boire ou non son verre. Stella soupire : 

— Pourquoi ?

Gus la fixe de ses yeux brillants : 

— Devine qui j’ai vu aujourd’hui ? 

Stella suppose à juste titre qu’il parle de Leslie. Gus lui raconte qu’il est allé le voir dans sa chambre à l’auberge. Stella regarde le verre de son père. 

— Que comptes-tu faire avec ce verre ?

Il prend le verre et le jette par terre. Stella lui dit que ça ne fera que plus de travail pour Ada. Elle raccompagne son père à la maison. 


Constance se rend au bureau de Michael, cherchant Elliot. Le médecin lui fait savoir qu’Elliot est parti il y a environ une heure. 

Ils parlent d’Allison et de son état de santé. Constance, les cernes sous les yeux par manque de sommeil, soupire : 

— Allison n’a même pas 20 ans. 


Elliot se dirige à pas décidés vers la poste de police (la scène nous offre une belle vue de la caserne des pompiers). Il va voir l’officier de police Frank, qui s’étonne qu’il ne soit pas endormi à cette heure avancée de la nuit. 

Elliot lui dit qu’il a examiné la route où Allison a été percutée. La voiture vient très probablement de Boston. Il a découvert une aiguille et un bouton. 

Frank lui parle alors d’un certain Timothy Banks, un commerçant et aussi un représentant en boutons. C’est lui qui a découvert Allison. 

— S’il vous plaît, donnez-moi le nom et l’adresse. Ce représentant en commerce est le dernier à avoir vu Allison. Je dois lui parler, Frank. Pouvez-vous comprendre cela ?

Frank prend le dossier. Il vit au 26 Baskin Street, à White River. 

Elliot va voir Mr Banks à l’adresse indiquée. Banks se souvient de « la fille aux cheveux blonds ». Elle était assise, occupée à regarder l’océan. 

Elliot lui demande s’il l’a suivie. Banks lui répond qu’il est retourné à sa voiture et qu’ensuite, il a découvert la jeune fille étendue sur la route. Elliot ressort de chez Mr Banks sans en savoir plus.


Episode 131

Jeudi 21 octobre 1965

Rencontre amère

Leslie Harrington quitte le bureau de son avocat, déterminé plus que jamais à faire libérer sous caution son fils par ses propres moyens. En dépit du chagrin qu’il ressent depuis la mort de son fils, Gus Chernak trouve la force de redémarrer une nouvelle vie. Gus a puisé cette force de vivre dans la profondeur de sa haine pour Leslie Harrington. 

Le square. Le tribunal. La caserne des pompiers. La porte de la caserne est ouverte. Le Dr Rossi se dirige vers Gus Chernak et lui serre la main. Au loin, Leslie Harrington les observe. 


Michael offre à Gus de l’emmener faire une balade à l’hôpital. Gus remercie Michael d’avoir donné un job à Stella à l’hôpital. 

Leslie se dirige vers eux. Il dit à Gus à quel point il est désolé de ce qui est arrivé à Joe. Mais il lui assure que Rodney n’a pas tué son fils. 

En colère, Gus laisse ressortir toute sa haine envers Leslie et lui demande prestement de s’en aller avant qu’il ne le tue. 

Le Dr Rossi tente de calmer Gus, mais déjà Leslie s’en va. Le regard mauvais, Gus l’observe se diriger vers le Colonial. 

Le médecin demande à Gus s’il va à la fabrique et Gus répond que oui. Mike s’en va, mais Gus reste sur place, à fixer le Colonial. 

Dans sa chambre à l’hôtel du Colonial, Leslie appelle la réception et demande un taxi en disant qu’il doit partir pour cette nuit. 

Gus entre dans la chambre de Leslie sans s’annoncer et le fixe de ses yeux emplis de haine. 

Leslie lui dit qu’il doit prendre le train pour Boston et qu’il est pressé. Leslie a essayé de lui donner toute sa sympathie, à lui et à sa famille, mais il ne voit que de la haine dans les yeux de Chernak. Il a fait tout son possible pour l’aider.

— Je vous ai nourris, vous, votre femme, votre fille, votre fils. Est-ce que vous comprenez ?

Il fait rappeler à Gus qu’il l’a gardé à la fabrique quand tout allait mal. Gus, lui n’oublie pas qu’il a été rétrogradé dans ses fonctions. Il claque avec violence Leslie contre la porte en lui disant que Rodney va payer pour avoir tué Joe. 

Depuis le couloir, Norman entend le tapage. Quand Leslie ouvre la porte, Norman les regarde sans comprendre. Gus s’en va. 

Leslie dit à son fils que Gus n’est rien d’autre qu’un pitoyable alcoolique. 

Norman aperçoit les bagages et demande à son père s’il compte se rendre quelque part. Leslie lui répond qu’il essaie de faire libérer Rodney sous caution. Il demande à Norman d’être de son côté et lui demande s’il a besoin d’argent. Il lui dit qu’ils dîneront ensemble lorsqu’il reviendra. 

— Tu pourras même inviter ta petite amie. Comment s’appelle-t-elle déjà ? 

Norman est abasourdi d’apprendre que son père ne retient pas le nom de son amie. 

— Rita. 

— Ah oui ! la fille Jacks. Je dois y aller maintenant. 

Puis il s’en va.


Elliot travaille au Clarion lorsqu’Eli vient le voir. Au mur, on peut apercevoir le numéro du Clarion relatant la fin de la guerre. Elliot travaille sur l’article concernant l’accident d’Allison. Eli a apporté à son fils de quoi souper. Il pense qu’Elliot est en colère, mais ce dernier lui assure que non. Elliot lit l’article à haute voix : 

Allison Mackenzie, 18 ans, fille de Mr et Mme Elliot Carson du 651 Seaberry Lane a été heurtée par un automobiliste lundi soir sur la vieille route menant à la plage près de Brighton Point. Elle a été transportée d’urgence à l’hôpital de Peyton Place où son état est jugé critique. Le Dr Rossi, membre du personnel médical, affirme que mademoiselle Mackenzie a souffert d’une hémorragie interne et n’a toujours pas repris connaissance.

Il demande à Eli de finir l’article et se sert un verre d’alcool pour se donner du courage. Eli lui en demande un pour lui aussi, puis il s’en va. 

Elliot appelle Charlie, de White River, pour lui raconter l’histoire. Il pense que ça peut tenir sur trois colonnes au moins. 


Le Dr Rossi se rend au chevet d’Allison. Il prend sa pression sanguine. Betty entre à son tour dans la chambre et demande des nouvelles d’Allison. Aucun changement. 

Betty va terminer sa garde et offre de faire ce qu’elle peut pour aider. Elle admet avoir dit à Rodney qu’Allison a été blessée. Selon elle, il avait le droit de savoir. 

Elle demande au médecin de l’appeler s’il a besoin d’elle. 


Pete, le livreur délivre une grande armoire à dossiers pour Stella dans le bureau du Dr Rossi. Stella parle à Michael à propos de ses recherches. Michael lui offre, en guise de bienvenue, un mug à café. 

Il lui parle de ses dossiers et notamment d’Allison Mackenzie, qui est dans le coma. Il ne peut rien faire pour elle si ce n’est attendre et prier. Il est particulièrement impliqué, car il est ami avec ses parents depuis qu’il est arrivé à Peyton Place. 

Stella compatit jusqu’à ce qui lui dit que Rodney est le petit ami d’Allison et qu’il doit se faire un sang d’encre pour elle du fond de sa cellule. Stella se ferme, dit à Mike qu’elle a du travail et le laisse se reposer sur son canapé. 


Norman entre dans le bureau de Steven pour lui parler. Il l’informe que Leslie a quitté la ville pour faire libérer Rodney sous caution. 

Comme Norman souhaite témoigner au procès, Steven simule avec lui un interrogatoire avec le procureur. 

— Lorsque Rodney a fait une déposition à la police, il a dit mot pour mot « Je devais arrêter Chernak parce qu’il tourmentait mon frère ».

— Vous mentez, il n’a jamais dit cela. 

Steven finit par pousser Norman à bout au point qu’il lui hurle d’arrêter. Steven veut montrer à quel point un interrogatoire avec Fowler pourrait être éprouvant. 


Episode 130

Mardi 19 octobre 1965

Nouvelles bouleversantes pour Rodney

Pour la première fois depuis qu’il a été accusé du meurtre de Joe Chernak, Rodney Harrington trouve son emprisonnement insupportable. Il vient d’apprendre par Betty Anderson qu’Allison Mackenzie a été heurtée par un chauffeur en délit de fuite.

Le square, le poste de police. 


À l’hôpital de Peyton Place, Betty ouvre les battants de la double porte et se dirige vers le bureau des informations pour demander la permission de téléphoner pendant cinq minutes. 

Elle se rend au téléphone payant et appelle Leslie Harrington pour lui dire que Rodney souhaite le voir immédiatement. Leslie demande de quoi il en retourne. 

— Rodney ferait mieux de vous en parler directement, répond-elle. 

Leslie la remercie et lui dit au revoir avant de raccrocher. 


Le Dr Rossi donne des instructions à mademoiselle Choate au bureau des informations lorsque Betty revient. 

Mademoiselle Choate lui demande si elle a déjà vérifié le linge. Betty lui répond qu’elle compte le faire dès maintenant. 

— Très bien, répond l’infirmière en chef d’un ton suffisant.  

Michael se tourne vers elle : 

— Je serai dans la chambre de mademoiselle Mackenzie, au cas où quelqu’un aurait besoin de moi. 

— Bien docteur. 

Michael se rend dans la salle d’attente et s’assoit à côté de Constance. Cette dernière est déphasée par les événements. Elle dit qu’Allison doit être endormie. 

Michael lui demande de rentrer à la maison. Elle ne pourra rien faire ici. Constance lui répond qu’au moins, elle est présente au cas où sa fille se réveillerait. 


Stella se dirige vers la réception et se présente à mademoiselle Choate. La chef des infirmières l’informe que le Dr Rossi l’attend. Choate lui demande de remplir le formulaire d’embauche. 

— Vous pouvez me le rapporter seulement demain, si vous voulez. 

Choate ne manque pas de formuler ses condoléances pour le décès de son frère. Elle lui dit que ce serait plus confortable pour elle si elle attendait le Dr Rossi dans son bureau. 

Betty observe la façon dont mademoiselle Choate prend soin de Stella. Elle suit Stella jusqu’au bureau de Michael pour parler avec elle. 

Betty lui dit qu’elle l’a vue la nuit où l’on est venu apprendre la mort de Joe à sa mère. 

Betty sait que Stella a accusé Rodney d’avoir tué Joe et qu’elle est en grande partie responsable de son arrestation, mais Rodney n’est pas un assassin, il n’a pas tué Joe. Betty en est persuadée. Selon elle, il s’agit d’un accident. 

Michael arrive et Betty se retire. Le médecin demande à Stella pourquoi elle a accepté le job qu’il lui offre. Elle ironise :

— Nous approchons d’un long et froid hiver. Je voulais entrer ici pour me protéger du mauvais temps, mais votre plafond a une fuite. 


Doris, David et Kim se dirigent vers la librairie depuis le tribunal. Kim demande où est Allison. 

David suggère qu’ils prennent une glace au drugstore. Enthousiaste, Doris dit : 

—  J’adore les crèmes glacées !

Ils passent devant la boutique « Les Femmes » et se rendent au drugstore. Norman se dirige vers eux et parle avec Kim. 

— Je veux voir Allison, lui dit la fillette. 

Norman demande à David ce qui est arrivé pour que Kim arrive à parler. On donne une crème glacée à Kim, qu’elle mange. 

Pendant ce temps, Norman essaie de la questionner et de mettre des idées dans l’esprit de Kim. Il aimerait lui faire dire que Rodney n’y est pour rien dans la mort de Chernak. 

— Norman, calmez-vous, lui suggère David. 

— C’est très important, insiste Norman. Lorsqu’il a pris cet objet, il ne l’a pas jeté à Joe. Il l’a jeté ailleurs, n’est-ce pas. 

— La ferme, Norman ! hurle David

— C’est plutôt à vous de vous calmer !


Leslie va rendre visite à Rodney à la prison. Le jeune homme se plaint parce que Leslie lui reproche de ne pas lui avoir parlé de l’accident d’Allison. Il veut absolument voir Allison. Leslie ne peut rien faire.

Il lui reparle du procès en disant qu’il n’aura pas un jugement équitable dans cette ville. Rodney affirme une nouvelle fois qu’il ne veut pas être jugé dans une autre ville. Excédé, il appelle le gardien pour faire partir son père : 

— Dan ! Dan ! 


Plan de l’extérieur du bâtiment de la banque. David Schuster entre dans le bâtiment pour voir Theodore Dowell. Schuster demande à Dowell l’autorisation de dépenser de l’argent de la fabrique pour un projet important. 

L’avocat lui rétorque qu’il ne peut pas autoriser une sortie d’argent sans le consentement de Martin Peyton et suggère de faire une demande par écrit. 

Schuster lui dit qu’il ne peut pas se permettre d’attendre, car le contrat risque de lui passer sous le nez. Dowell est inflexible. Il ne peut pas lui allouer l’argent sans l’aval de Peyton. 

Schuster lui demande si c’est la voie la plus facile pour Peyton de le renvoyer. 

— Pour quelle raison voulez-vous qu’il vous renvoie ?

— À cause de ma fille, je suis une des personnes responsables de l’envoi de son petit-fils en prison. 

Leslie entre et se présente à Schuster. Il a besoin de parler à Dowell et remercie au passage David d’avoir accordé un job à Rodney à la fabrique. De son côté, David lui dit qu’il est désolé de ce qui arrive à son fils. 

— C’est quelqu’un de bien, dit-il avant de prendre congé.  

Leslie veut que Rodney sorte de prison. Dowell rétorque que ça ne sera pas facile. Leslie veut tout tenter. L’avocat lui dit que la procédure de contestation est en place et que le processus est long. 

Leslie ne veut pas attendre. Il est très remonté et dit qu’il va s’occuper de faire libérer Rodney. 

Dowell lui demande de ne rien faire qu’il pourrait regretter. Leslie ne se laisse pas intimider. Il s’en va en claquant la porte. 

Seul dans son bureau, Dowell se sent fatigué de devoir composer avec des gens aussi têtus que Schuster et Harrington. 


Elliot vient voir Michael Rossi à l’hôpital. 

— Mademoiselle Choate m’a dit que vous vouliez me voir avec Constance. C’est à propos d’Allison ? 

Michael hoche la tête : 

— Elle est en vie et elle restera probablement en vie. Mais il peut y avoir d’autres complications. 

Elliot demande s’il faut l’opérer. Michael lui dit qu’Allison est une fille solide et c’est ce qui est le plus important. Son corps a réagi au choc initial de l’accident. Elle sera dans un état comateux pour un certain temps. 

— Combien de temps ? demande Elliot. 

Michael ne peut malheureusement pas répondre à cette question. 


Constance regarde Allison à travers sa tente à oxygène, lorsque Elliot et Michael entrent. Ils repartent ensuite avec Constance. 


Episode 129

Vendredi 15 octobre 1965

La colère de Leslie

Dans l’affaire criminelle numéro 48255 qui oppose Rodney Harrington à la population de Peyton Place, un autre élément a été ajouté, non officiel. Allison Mackenzie a été heurtée par une voiture dont le chauffeur a pris la fuite. Elle est étendue sur un lit d’hôpital, dans un état critique. En tant qu’avocat de la famille Harrington, Theodore Dowell a été forcé de revoir ses plans de défense.

Quelques scènes autour de Peyton Place. Rodney étendu sur la banquette servant de lit dans sa cellule. 


Elliot, Leslie, Norman et Dowell se rencontrent au square et parlent d’Allison. Leslie dit à Elliot qu’il a été choqué en apprenant ce qui est arrivé à la jeune fille. Elliot et Norman se rendent ensemble au Clarion. 

Leslie dit à Dowell qu’ils doivent faire attention de ne pas mentionner Allison lorsqu’ils vont voir Rodney. Ils se rendent au poste de police pour voir Rodney dans sa cellule. Rodney les salue. 

Leslie dit à Rodney qu’ils veulent que le procès n’ait pas lieu à Peyton Place. Mais Rodney ne l’entend pas de cette oreille. Il veut être jugé dans sa ville. Dowell approuve Rodney. Il est de son avis et pense qu’il fait la meilleure chose. 

Rodney demande des nouvelles de sa libération sous caution, mais de ce côté, l’avocat ne peut rien faire. Rodney insiste en répétant qu’il veut absolument que le procès se déroule à Peyton Place, il ne veut surtout pas de privilèges. 

Leslie lui dit qu’il n’arrive pas à rassembler ses esprits pour l’instant et qu’il est sûr qu’il reviendra à de meilleures considérations plus tard. 

— Ce qui est juste n’est pas forcément ce qui est bon, Rod. 

— Quelquefois…

— Quelquefois, cette ville met un homme innocent en prison.


Une voiture s’arrête devant le tribunal. David et Doris sortent du véhicule. David regarde sa montre : 

— Nous sommes justes à l’heure, dit-il. 

Doris essaie de préparer Kim à parler avec John Fowler. 

Michael se montre. Doris lui demande des nouvelles d’Allison. La jeune fille est toujours dans le coma. 

Doris demande à Michael de venir soutenir Kim. Puis ils montent voir Fowler. 

David serre la main de John. Ce dernier salue Kim. Doris explique que le Dr Rossi est ici parce que Kim est une enfant spéciale. Fowler a une longue conversation avec Kim. À ce stade, on peut parler d’une déposition. Une longue déposition dans laquelle Kim arrive à dire que Rodney s’est battu avec un homme sur le quai, et que l’homme est tombé lorsque Rodney lui a lancé un objet.


Au drugstore, une dame coiffée d’un chapeau ridicule se plaint à Rita qu’il n’y a plus de journaux disponibles. Il n’y a même plus un seul exemplaire du Clarion. Elle dit que la librairie est fermée. Rita lui suggère le rayon presse du supermarché. 

La femme s’en va lorsque Norman entre, et lui explique que la famille Carson est victime d’une tragédie et que c’est pour cette raison que la librairie est fermée. 

Steven arrive et parle avec Rita et Norman. Rita voulait voir Steven, car elle a peur d’avoir à témoigner en défaveur de Rodney. 

Steven lui dit qu’elle n’a rien fait de mal, au contraire, elle a été honnête. Tout ce qu’elle a dit à Fowler, celui-ci l’aurait su un jour ou l’autre, c’était bien mieux qu’il l’apprenne de Rita. Norman embrasse deux fois Rita sur la joue.


Le gardien admet Betty, vêtue de sa blouse blanche de travail, dans la cellule de Rodney et ferme la porte. Rodney demande à la jeune femme si elle est venue directement de l’hôpital. Il indique qu’elle peut s’asseoir sur le bord de la banquette. 

Rodney la remercie d’être venue à l’appartement le soir où il a été arrêté. Betty lui apprend qu’Allison est à l’hôpital. Le jeune homme fronce les sourcils : 

— Que lui est-il arrivé ?

Lentement, gravement, Betty lui explique qu’elle a été heurtée par une voiture la nuit dernière. Elle dit que le chauffard a pris la fuite. Allison est sérieusement blessée. 

Rodney se rend compte qu’Allison est venue le voir peu de temps avant le drame. Il se demande pourquoi son père ne lui a rien dit ce matin. 

Rodney commence à s’agiter. Il veut sortir d’ici. Il doit voir Allison. Il appelle le gardien : 

—Dan ! Dan ! 

Celui-ci arrive. Betty s’en va sans regarder Rodney et le gardien ferme la porte de la cellule devant un Rodney anéanti par le chagrin et l’impuissance.