Episode 107

Jeudi 26 août 1965

Inquiétude  

La bagarre entre Norman Harrington et Joe Chernak était inévitable. Norman, émotif, passionné, rapidement en colère. Joe, aigri par la perte de sa petite amie, Rita Jacks. Norman a été blessé profondément. Les railleries de Joe au sujet de Rita ont créé un doute dans son esprit.

Le quai. La bagarre. Un filet de pêche. Joe qui repart, laissant Norman sonné dans un filet de pêche. 


Rita marche jusqu’à la porte de derrière de la taverne, la franchit et, à l’intérieur, discute avec Ada. Elle est inquiète. Elle attend Norman, qui ne vient pas. Elle parle du pique-nique de fruits de mer pour quatre organisé par Rodney et Allison. 

Ada lui dit de ne pas s’inquiéter, Norman est sans doute retenu à son travail. Rita informe sa mère qu’elle a vu Stella au drugstore et qu’elle a appris de sa bouche que Joe est de retour en ville. 

Ada conseille à Rita d’appeler Norman. Rita s’exécute, mais c’est Rodney qui répond. Elle demande au jeune homme s’il a vu son frère. Rodney la rassure et lui dit de ne pas s’inquiéter. 

Il lui fait savoir qu’il va chercher Allison et qu’ils vont se retrouver tous les quatre à la plage. 

Avec le retour de Joe, Rita est inquiète pour Norman. C’est plus fort qu’elle.


Rodney descend les escaliers de son appartement avec le panier du pique-nique et entre dans sa décapotable garée devant la pharmacie. On peut voir la caserne des pompiers à l’arrière-plan. Il démarre et s’en va au moment où Norman arrive en voiture, sort de son véhicule et monte dans son appartement. Il est amoché et ses vêtements sont sales. 

Le téléphone sonne au moment où il entre dans la pièce. Il ne répond pas. Il se contente de s’allonger sur le divan.


Elliot accompagne Eli à l’intérieur de la maison des Carson. Constance salue son mari et demande à Eli s’il veut bien rester dîner avec eux. Eli accepte volontiers. Constance prépare un bœuf Stroganoff. 

Ils parlent de la lettre à l’éditeur d’Elliot. Allison se joint à eux et demande à Elliot comment s’est passée sa conversation avec David Schuster. 

Eli émet des réserves sur le nouveau job d’Elliot. Ce denier assure Eli que Matt le connaît assez bien pour lui avoir confié les rênes du journal. 

Eli se remémore une scène passée avec Martin Peyton. L’homme était dans sa voiture et une bande de gosses, dont Elliot, se sont rassemblés autour. Peyton avait braillé, il était en colère et disait qu’il allait tous les manger. Les gosses ont pris peur. Elliot a donné un coup de pied dans la voiture de Peyton et ce dernier l’a grondé.

La sonnerie de la porte d’entrée retentit. Rodney vient chercher Allison pour aller pique-niquer. Ils ont projeté de retrouver Norman et Rita à la plage.


Rodney et Allison arrivent sur le quai et se garent devant l’escalier de la pension de madame Hewitt. Le restaurant « La soupe de poisson » est à l’ouest des escaliers.

Ils vont parler avec M. Jolly, qui est le patron de « La soupe de poisson ». Rodney lui dit qu’ils viennent acheter quelques homards et palourdes. 

— Ça fera ma journée, leur dit joyeusement l’homme. 

Il tend à Allison un sachet et leur demande de l’aider. Rodney pointe un homard. Il demande à Allison à qui lui fait penser ce homard. Pour plaisanter, Allison lui répond : 

— À monsieur Segal, le bibliothécaire. 

Pour Rodney, ce poisson lui fait penser à son arrière-grand-père, Sam Peyton. Ils payent le homard et les palourdes, quatre dollars au total. Rodney appelle le homard « Sam ». 

Il présume que Rita et Norman sont déjà à la plage. Ils partent donc là-bas.


Steven conduit Betty jusqu’au quai. 

— C’est pour ça que vous m’avez kidnappée ? demande Betty en riant. 

Steven lui répond qu’il voulait visiter cet endroit de la ville. Ils voient Rodney et Allison passer en voiture et le sourire de Betty s’efface. Steven fait référence à la mystérieuse Allison Mackenzie et à son escorteur Rodney Harrington

Une voiture apparaît près du garage Shoreline. Michael en sort et appelle Betty. Il est à la recherche de la rue Collins. Il est en fait à la recherche de la maison des Chernak. Betty ne sait pas où elle se trouve au juste. 

Steven et Betty se rendent ensuite au « Shoreline Arcade », situé juste à côté de la taverne d’Ada Jacks. Il s’agit d’un endroit pour jouer à des jeux divers. Ce bâtiment ne doit pas être confondu avec le Shoreline Café, juché un peu plus loin sur le quai. Ils jouent ensemble avec un vieux flipper. 

Betty lui demande ce qu’il a pensé de la lettre à l’éditeur d’Elliot. Il dit qu’il défend les intérêts de Martin Peyton, et par conséquent ceux de Schuster. Cela devrait répondre à sa question.


Chez les Chernak, Stella s’étire dans le canapé. Avec sa mère Anna, elle attend que le Dr Rossi sorte de la chambre de Gus, qu’il est en train d’examiner. 

Stella pense que son père a une cirrhose, étant donné le fait qu’il boit beaucoup. 

Lorsque Michael sort de la chambre de Gus Chernak, il  confirme les doutes de Stella. Gus devrait manger tout particulièrement du poulet, du bœuf et du foie. 

Michael se présente à Stella. Il lui demande comment elle a fait pour reconnaître la maladie de son père. Stella lui annonce qu’elle travaillait dans un centre médical sur la côte ouest. Il lui demande si elle était infirmière. 

— Non, répond-elle. Préparatrice en pharmacie. 

Rossi rit. Elle n’attendait pas une telle réaction d’un médecin. Stella l’informe alors qu’elle est partie pendant sept ans avant de revenir à Peyton Place. Elle avait obtenu un job payé 10.000 dollars par an, avec des statuts. 

Elle demande à Michael s’il veut rester à dîner. 

— C’est bien du pirojki que je sens ? demande-t-il. 

Stella acquiesce. 

— Alors j’accepte ! dit le médecin en souriant.

Le pirojki est un bœuf épicé enveloppé dans un pain. 

Joe entre dans la maison, blessé. Stella présente son frère au Dr Rossi. Michael note les coupures sur son visage. 

Stella informe son frère que le Dr Rossi reste pour dîner. Joe s’éclipse pour aller se laver le visage.


Episode 106

Mardi 24 août 1965

Une bagarre sur le quai 

Allison Mackenzie est convaincue que l’attaque de son père envers la fabrique de Peyton Place, et plus particulièrement envers David Schuster, est plutôt une attaque personnelle contre le nouveau directeur. Elle prend la forme d’une lettre à l’éditeur parue dans les colonnes du Clarion et ouvertement signée par Elliot Carson.

Le square. Un pompier qui lave son camion. Les enfants jouant à la balle.


Allison revient de l’épicerie italienne et s’arrête dans le square pour discuter avec David Schuster. 

Ce dernier lui dit qu’il adore la cuisine italienne et qu’il n’a pas encore eu l’occasion d’avoir un dîner italien depuis qu’il est arrivé à Peyton Place. 

Allison lui dit qu’elle adore aller à l’épicerie italienne pour sentir l’odeur des bonnes saucisses et du fromage.

Elle informe David qu’elle et Rodney ont décidé de faire un pique-nique aux fruits de mer. David espère avoir un jour le temps d’aller faire un pique-nique de fruits de mer. Avec Rodney, elle va aller ramasser les palourdes sur le quai pour le pique-nique. 

Allison et David arrivent devant l’agence immobilière de Peyton Place. Elle s’excuse pour la lettre publiée par son père dans le Clarion. 

Elliot, justement, se trouve dans les parages et les rejoint. Schuster offre à Allison de porter son sac à provisions jusqu’à la librairie. 

Il demande ensuite à parler à Elliot, s’il a un peu de temps. Elliot lui répond qu’il a tout le temps qu’il faut. Ils se rendent au magasin maritime pour discuter. 

Bien entendu, la conversation s’étend sur la fabrique et les ouvriers. Elliot lui dit que les conséquences vont être très graves s’il continue à licencier du personnel. 

— Votre responsabilité, Schuster, n’est pas seulement vis-à-vis de Martin Peyton, mais de la communauté entière.

— Aucun changement radical n’est facile, répond David. On en sort toujours blessé.

David lui dit que son édito était à charge. Il s’en est clairement pris à lui. Elliot s’en défend. 

Elliot lui annonce qu’il va prendre la direction du Clarion. David accuse le coup et le félicite sans enthousiasme. 


Kenneth se rend au cabinet de Michael pour lui annoncer qu’il repart pour Pittsburgh. Il remercie le médecin de l’avoir appelé pour lui parler de l’état de santé de son frère. 

Il lui dit que Vincent est un homme fier et qu’il recevra 110.000 dollars pour sa fondation au Pérou. Michael lui demande s’il compte repartir en hélicoptère. 

Kenneth emprunte un stylo à Rossi et signe un chèque de 10.000 dollars pour l’hôpital de Peyton Place. Il veut aussi que ce soit Michael qui décide comment dépenser cet argent.


Vincent se rend chez les Morton pour parler avec Claire. Il lui annonce qu’il repart pour le Pérou et que son frère a financé son projet. 

Elle s’excuse d’avoir voulu le convaincre de ne pas repartir. Il lui demande à qui appartient son cœur et elle lui répond qu’il appartient à Peyton Place. 

Elle ne repartira donc pas avec lui. Elle lui demande quand est prévu le départ. Il ne sait pas. Probablement demain. 

Il admet avoir reçu la lettre qu’elle lui avait envoyée au Pérou lui demandant le divorce. Et il admet aussi que c’est cette lettre qui l’a fait venir à Peyton Place. Ils parlent longuement et calmement. Vincent ouvre son cœur pour la première fois. Il lui dit à quel point il regrette de ne pas lui avoir parlé de ses sentiments quand ils étaient au Pérou. 

Ils se regardent longuement, puis ils s’étreignent et s’embrassent.


Stella se promène dans le square en mangeant un cornet de glace. Deux vieilles femmes assises sur un banc la regardent passer devant elles. 

Devant la poubelle, Stella veut jeter le cornet, mais n’arrive pas à ouvrir le récipient. 

Le Dr Rossi passe devant elle, et débloque l’ouverture. Elle le remercie. On peut voir la caserne des pompiers au loin, mais aucun camion à l’horizon. 

Michael passe son chemin et salue les deux vieilles femmes sur le banc.  

Stella se rend à la pharmacie et commande à Rita un « green river ». Rita la regarde sans comprendre : 

— Un quoi ?

Stella lui explique qu’il s’agit d’un mélange de soda et de tilleul. 

— Qu’est-il arrivé à Calvin Hanley, est-ce qu’il a pris sa retraite ? s’enquiert-elle. 

Rita fait une grimace. 

— Il est mort l’hiver dernier.  (épisode 48). 

Steven est au comptoir et se tourne vers elle. 

— Tu as l’impression de ne jamais être partie ?

Avec un sourire, il prend sa tasse de café et la rejoint. 

— C’est aussi ce que j’ai ressenti quand je suis revenu. Les noms sur les vitrines changent, mais c’est tout. 

— Je ne m’attendais pas à ce que Peyton Place change, répond Stella.

Elle se tourne vers lui et le reconnaît immédiatement. Elle ne l’avait pas remarqué jusqu’à présent. Stella et Steven étaient amis au collège. 

Steven lui avoue avoir reçu son diplôme d’avocat et Stella lui raconte qu’elle est maintenant préparatrice en pharmacie. 

Steven présente Stella à Rita Jacks qui est en train de préparer le cocktail particulier de la jeune femme. Steven lui dit que sa mère travaille pour Peyton, tandis que Stella rectifie et dit que sa mère travaille chez les Schuster. 

Stella lui dit que Joe est revenu hier soir à Peyton Place. Rita sursaute en entendant cette nouvelle. Steven sourit à Stella : 

— On devrait aller dîner ensemble un de ces soirs.


Sur le quai, Norman essaie d’avoir une conversation calme avec monsieur Kent, son nouvel employeur. Il a une idée pour racler encore mieux le socle du bateau. 

Mais Kent n’est pas intéressé. Il lui dit qu’il a des outils bon marché, de la main-d’œuvre bon marché et pas de frais généraux. Et ça lui va très bien comme ça. Il donne à Norman une clé et lui dit de fermer lorsqu’il s’en ira. Ils se verront demain. 

Au moment où Kent s’en va, Joe Chernak arrive près de lui et lui demande un travail. Mais Kent a déjà quelqu’un. Joe lui demande qui, et Kent lui répond qu’il s’agit de Norman Harrington. Puis Kent s’en va. 

Joe va voir Norman, furieux, et veut se battre avec lui. Il ennuie Norman et lui prenant ses clés et en lui parlant de Rita qu’il considère encore comme sa petite amie. 

— Est-ce que tu t’entends bien avec ma nana ? 

— Fiche le camp, Joe. À moins que tu n’aies assez de tripes pour te battre avec moi. Rita est avec moi maintenant. Tu dois te faire une raison. 

Ils se battent comme des chiffonniers, et c’est Joe qui sort vainqueur de la bagarre.


Episode 105

Vendredi 20 août 1965

L’édito polémique 

Le Peyton Place Clarion est habituellement plus un objet de fierté qu’une controverse locale. Il attend patiemment devant les portes des maisons le matin, jusqu’à ce que les hommes partent travailler, et que les femmes s’assoient avec une tasse de café et lisent les dernières nouvelles. Cependant, l’édition d’aujourd’hui va bouleverser la vie de certains habitants de Peyton Place.

Depuis l’arrière d’une camionnette, le vendeur de journaux jette le Clarion devant la porte des maisons.


Elliot entre dans la cuisine tandis que Constance est occupée à lire le journal. 

— Bonjour, chérie.

— Le héros du jour ! claironne Constance ironiquement

— Ne sois pas si effrayée.

Elliot embrasse Constance sur la joue.

— Tout le monde aimait Don Quichotte.

Allison arrive à son tour et salue ses parents. 

— Je viens de faire un rêve bizarre à propos d’Oncle Matt. Il était en Afghanistan et il grimpait sur une montagne, avec des milliers d’enfants qui le suivaient comme on suit le joueur de Flûte enchantée. Et ils écoutaient tous les mêmes contes qu’il me racontait quand j’étais enfant. Il va me manquer. C’était un bon rédacteur. 

Allison s’assoit à table.

— J’espère que tu seras aussi loyal avec moi, dit Elliot. 

Allison ouvre le Clarion et commence à lire à voix haute :

— Une lettre à l’éditeur, par Elliot Carson.

— Pas à table. Tu le liras après le petit déjeuner, intervient Constance. 

— Oh non, je crois que l’épouse parfaite et la fille du nouveau rédacteur en chef devraient lire le Clarion à tout instant, même dans la baignoire.

— Tu as raison, répond Elliot à sa fille. Laisse-la lire, Connie. 

Constance dispose les sets de table devant Elliot et Allison.

— Tu dois comprendre ce que ton père a essayé de faire en…

— Constance, j’ai dit exactement ce que je ressentais dans cette lettre.

Allison lit la lettre.

— C’est une lettre horrible.

Elliot est surpris par la réaction de sa fille 

— Qu’est-ce que tu entends par horrible ? J’essayais d’être juste.

— Parce que tu trouves que la calomnie est juste ?

— Dire que David Schuster a licencié des ouvriers de la Fabrique n’est pas une calomnie. C’est la vérité.

— Mais c’est sans rapport.

— Je te demande pardon. C’est la raison pour laquelle j’ai écrit cette lettre.

— Non, cette lettre est une attaque personnelle dirigée contre David Schuster. Ce n’est ni vrai, ni…

— Allison, je suis tenté de croire que l’automatisation de la fabrique signifiera la mort de Peyton Place.

— Alors pourquoi n’as-tu pas écrit une lettre contre l’automatisation plutôt qu’une lettre contre David Schuster ?

— Parce que je ne suis pas contre l’automatisation. Je suis contre l’abus de l’automatisation de la fabrique pendant la nuit.

— Mais David Schuster n’a pas…

— Pas encore, mais il le fera. Il a été envoyé ici pour faire ce travail. Sauver la fabrique, ou la couler. Et il le fera, parce que les hommes comme David Schuster n’ont que faire de la vie des gens. S’il décide d’automatiser la fabrique, il le fera rapidement, puis il s’en ira. Il quittera Peyton Place, ravi d’avoir remis l’usine  sur pied, mais sans une seule pensée pour tous ces gens qui auront perdu leur travail.

— Ce n’est pas vrai, s’insurge Allison. 

D’une voix calme, Constance souhaite mettre un terme à cette conversation :

— Il se fait tard. Je ferai mieux d’aller m’habiller.

Constance se lève, quitte la cuisine et se rend au premier.

—  Si Schuster ne m’avait pas renvoyée, est-ce que tu aurais écrit tout de même cette lettre ? s’enquiert Allison. 

— Bien sûr. Quelle question ! Tu ne me crois pas ?

— J’aimerais.

— Mais tu ne peux pas.

— Tu ne connais pas David Schuster. Tu l’as seulement rencontré… combien ? Une fois ou deux ? Et tu utilises des mots comme « arbitraire » et « insensible ». Qu’en sais-tu ? Tout ce que tu sais sur David Schuster, c’est que sa femme m’a virée, arbitrairement.

— Lui a renvoyé de nombreux ouvriers, arbitrairement.

— Il aurait pu avoir une raison, d’après sa femme. Elle pensait qu’il commençait à bien m’aimer.

— Allison, ça n’a rien à voir. Et je te crois. Cela n’a rien à voir.

— En es-tu sûr ?

— Bien sûr. Allison, tôt ou tard, tu vas devoir te réveiller en prenant conscience que le monde ne tourne pas autour de toi. Je t’aime beaucoup, et je m’inquiète pour toi, et je pense à toi, et j’essaie d’être un bon père pour toi.

— Il me semble que les choses seraient beaucoup plus faciles si tu voulais simplement arrêter d’être un aussi bon père.

— J’essaie simplement de te dire que, bien que je pense beaucoup à toi et que tu es très importante pour moi, je dois penser aussi à d’autres choses. Cette ville, par exemple. Je déteste voir Peyton Place, tel que nous la connaissons, mourir à petit feu.

— Ce n’est pas ce que tu as dit. Tu as dit que tu détestais David Schuster. 

Elliot hausse le ton :

— Non, attends une minute ! Cette lettre n’est pas une attaque personnelle. Pas plus d’ailleurs que la défense que tu prends de monsieur Schuster n’en est une pour moi.

Allison ne veut pas en écouter davantage. Elle se lève. 

— Veux-tu bien m’excuser ?

Et elle s’en va. 


À l’appartement, Rodney et Norman prennent leur petit déjeuner. Ils parlent de sport, avec les Red Sox qui ont encore perdu, puis Norman découvre l’édito d’Elliot dans le Clarion. 

Rodney connaissait déjà le problème des licenciements, David Schuster lui en avait parlé lors de son entretien d’embauche. 

Norman lui raconte la soirée superbe qu’il a passée avec Rita et des homards qu’ils ont mangés.  Rodney est furieux contre lui qui a dépensé tout son salaire de la journée (7 dollars) dans un dîner avec Rita à « La soupe de poisson » hier soir. 

Norman doit de l’argent à Rodney et ne devrait pas tout dépenser en un seul rendez-vous avec Rita Jacks. Rodney veut dire par là que Rita se serait contentée d’un simple hamburger à la place du homard. 

D’ailleurs, Norman lui demande de lui prêter cinq dollars pour aller à l’épicerie. 


Le Dr Rossi entre dans la librairie et discute avec Constance. Il parle de la visite que lui a faite Ada Jacks à son cabinet. Ada se fait du souci pour sa fille Rita. Il demande à Constance si elle sent que Rita a des problèmes. 

Constance lui répond qu’elle a le sentiment que Rita est bouleversée et confuse à cause de quelque chose qui a dû se passer. Le médecin ne se voyait pas comme conseiller pour les femmes, aussi n’a-t-il rien dit à Ada.

Michael dit à Constance qu’elle s’est mariée avec un type bien. Il a lu la lettre à l’éditeur du Clarion, et il approuve. Constance remarque qu’Elliot se met facilement en colère et rapidement prêt à l’attaque.

Puis Michael lui parle de Vincent Markham et de la proposition qu’il lui a faite de l’accompagner au Pérou. Il dit qu’il réfléchit encore. 

Il s’en va, tandis que Julie Anderson arrive pour parler à Constance de l’édito d’Elliot. Julie est furieuse. Elle dit à Constance que David Schuster est un homme bon. Certes, Elliot a le droit d’avoir son opinion. Cependant,  Julie sait faire la part des choses et n’oublie pas non plus qu’il a beaucoup aidé George. Pour cela, elle lui en sera toujours reconnaissante.


Kenneth Markham dicte une lettre à Harry Fletcher, son assistant. Vincent frappe à la porte et Kenneth le fait entrer. Vincent est disposé à signer l’accord pour obtenir les fonds dont il a besoin pour son travail au Pérou. Il vient donc lui demander l’argent. 

— Vincent, je ne veux pas que tu te tues, lui dit Kenneth. 

Cependant, Kenneth met le document sur la table pour que Vincent le signe. Vincent s’assoit et signe le papier. Kenneth lui dit à cet instant qu’il a toujours été fier d’être son frère. Il lui demande si Claire compte retourner avec lui là-bas. Vincent ne le pense pas. 

Puisque les deux frères décident de jouer cartes sur table, Vincent admet qu’à une certaine époque, il enviait la vie de Kenneth, avec Elisabeth et ses enfants.


Doris apporte une boîte de bonbons pour Julie à la fabrique. Cette dernière appelle son patron par interphone et David sort de son bureau pour saluer sa femme. Il dit à Doris qu’elle ne l’interrompt pas. Il demande où est Kim. La fillette est à une fête. 

Elle prévient David que toute la ville parle de l’édito d’Elliot paru dans le Clarion. Il lui dit que cette lettre est avant tout émotionnelle et irrationnelle. Doris pense que c’est une attaque personnelle parce qu’ils ont renvoyé Allison. David lui rappelle alors que c’est elle qui a renvoyé Allison, pas lui.


Episode 104

Jeudi 19 août 1965

Stella 

Rita Jacks, qui essaie de s’excuser auprès de Norman Harrington, retrace dans son esprit le parcours orageux de leur romance. Joe Chernak, qui cause un problème sérieux pour eux parce qu’il est obsédé par Rita, étudie sa prochaine action destructive. En ce moment, ni Rita ni Norman ne soupçonnent toutes les complications que va entraîner la colère de Joe. Complications qui, à coup sûr, impliqueront tous les habitants de Peyton Place. 

Rita redescend l’escalier menant à l’appartement des Harrington et monte dans la voiture de Norman, qui vient de se garer. Joe les observe. 


Rita est venue auprès de Norman pour s’excuser de son comportement des derniers temps. Elle ne veut surtout pas briser la relation qui existe entre eux. Rita lui promet qu’elle n’aura plus de secrets pour lui. 

Au début réticent, Norman finit par accepter les excuses de Rita. Il lui dit qu’il gagne un dollar l’heure pour retaper le bateau de Don Newman. Il a donc suffisamment d’argent pour l’inviter à dîner. 

Joe Chernak est assis dans sa voiture et les observe. Il démarre.


Eli entre au Clarion et regarde par-dessus l’épaule de Matthew. Il lit un morceau de la lettre à l’éditeur écrite par son fils Elliot. Il est justement venu lui parler de cette fameuse lettre. 

Pour Eli, Matthew et Elliot risquent d’avoir des problèmes. Mais pour Matthew, depuis qu’il a lu l’article, il sait qu’Elliot est l’homme parfait pour le remplacer au Clarion lorsqu’il partira. 

Eli n’est pas convaincu. Son fils a connu des années terribles en prison et il ne veut pas le voir de nouveau avec des ennuis en dirigeant un journal. Il sait qu’Elliot ne se fera pas que des amis.

Matthew lui dit qu’il exagère et que si Elliot n’était pas son fils, il serait le premier à dire que c’est une bonne chose de reprendre les rênes du Clarion. Eli ne veut peut-être pas qu’Elliot abandonne le magasin, un héritage familial. 


Claire se rend au bureau des renseignements et demande à l’infirmière de garde si l’état de santé de Vincent s’est amélioré. Le Dr Rossi arrive et parle avec Claire. Cette dernière lui annonce qu’elle va travailler avec son père à temps plein. Michael la félicite, mais sans enthousiasme. 

Ils parlent de Vincent et de la vie de Claire. Michael souhaiterait que Claire travaille à devenir une femme (et une épouse). Parce que Vincent a besoin d’elle. 

Mais selon Claire, son mari n’a besoin de personne. C’est un être très individualiste. Pour Michael, c’est plutôt quelqu’un de vulnérable. Il a peur que Vincent ne meure s’il repart au Pérou. 


Kenneth est au téléphone avec son agent de Philadelphie et parle d’une association avec un certain M. Ferguson, lorsque Michael vient lui rendre une petite visite. 

Ils parlent de Vincent et du fait qu’il veut retourner au Pérou malgré sa santé précaire. Michael demande à Kenneth de financer Vincent, il a besoin de cet argent. Kenneth lui répond qu’il a déjà proposé de le financer, mais qu’il a été trop fier pour accepter. 

— Laissez-moi vous raconter notre histoire. Nous sommes nés prématurément, nous avons été séparés à la naissance pour être placés dans des incubateurs. Plus tard, lorsqu’on nous a enfin réunis, Vincent a cessé de sourire. Il n’a jamais plus souri depuis. 

Michael lui demande d’insister auprès de Vincent. S’il n’a pas le support de la fondation Kenneth Markham, ça risque de le détruire. 


Stella Chernak (dont c’est la première apparition) marche sur le pont et rejoint son frère Joe, qui est revenu de Boston. Perdu dans ses pensées, il ne la voit pas immédiatement. Lorsqu’il tourne la tête et l’aperçoit, il va l’embrasser. 

Stella revient de Boston elle aussi. Elle dit à son frère qu’il a l’air d’aller bien, même si elle sent que quelque chose le préoccupe. 


Norman et Rita vont manger du poisson et du homard au « Café des fruits de mer », un bateau restaurant tenu par madame Hewitt. 

Ils s’amusent beaucoup en décortiquant le homard.  Ils parlent de voyages qu’ils aimeraient faire. Norman dépense les 7 dollars qu’il a gagnés dans la journée. Il dit à Rita qu’il songe à reprendre ses études. 

Rita est heureuse d’être avec lui et avoue à Norman qu’elle l’aime. Gênée parce que Norman ne lui répond pas, elle se lève et se précipite aux toilettes. 

Norman gagne 1 dollar de l’heure alors que le minimum légal à cette époque est de 1,25 dollar. Allison gagne 80 cents de l’heure en travaillant dans la librairie de sa mère.


Joe et Stella marchent ensemble sur le quai. Il est surpris de la voir à Peyton Place et lui demande si elle a perdu son job en Californie. 

Stella lui rappelle qu’elle est préparatrice en pharmacie. Ils parlent de la « ferme de l’honneur », à Boston, où Joe est allé récemment. 

Stella lui demande s’il a toujours la voiture qu’il a volée il y a quelque temps. Ils parlent du bon vieux temps, puis Stella demande à Joe de la conduire à la maison. 


Episode 103

Mardi 17 août 1965

Elliot et le Clarion 

Vincent Markham, un médecin à la réputation mondiale d’humanitaire, est venu à Peyton Place pour des raisons personnelles. Maintenant, il se trouve en examen à l’hôpital, victime d’une maladie de sang rare. Mais Vincent Markham est aussi victime de sa fierté et de son ego.

Le square. L’hôpital. L’infirmière entrant par la porte à doubles battants où il est inscrit

URGENCES

ACCÈS INTERDIT

Dr Markham marchant dans le couloir. Sur les murs, une autre inscription

PRESCRIPTIONS

LES TEMPS DE VISITES

SONT LIMITES A

UNE DEMI-HEURE


Au bureau des informations, Betty prend des notes lorsque Vincent vient vers elle. Il lui demande si le Dr Rossi est disponible. Betty appelle le médecin par téléphone. 

Michael lui répond qu’il est occupé et demande à Betty de faire patienter Vincent. Betty raccroche et demande à Vincent comment il se sent. 

Elle lui dit que son frère était venu ici. Elle est frappée par leur ressemblance et parie que souvent les gens doivent les confondre. Vincent lui demande comment elle a été capable de les distinguer et Betty lui répond qu’elle a parlé avec Claire. 

Ils en viennent à parler de Steven, et Betty précise qu’ils ne sont qu’amis. Elle mentionne le fait que Steven est avocat. Vincent lui conseille de se marier. 

Betty appelle de nouveau Michael et cette fois, le médecin est disposé à recevoir Vincent.

Vincent entre dans le bureau de Michael. Ce dernier lui indique qu’il avait essayé de l’appeler. 

Vincent demande une nouvelle fois à Michael s’il veut l’accompagner au Pérou. Michael remarque que Vincent n’est toujours pas préoccupé par sa santé, mais par son travail. Il considère Vincent comme un enfant et la fondation au Pérou comme un jouet. Un jouet de 110.000 dollars par an.


Il est cinq heures à la fabrique. Rodney pointe la fin de ses heures. Betty arrive et dit à Rodney qu’elle est venue chercher sa mère, lui faisant remarquer que Julie est impressionnée par le fait que Rodney a décidé de commencer à travailler au bas de l’échelle. 

Rodney avoue qu’il aime beaucoup Julie. Steven arrive et les rejoint. Il demande à Rodney comment il va. Rodney l’accueille froidement, puis il salue Betty avant de partir. 

Seul avec Betty, Steven lui demande si elle est libre vendredi, car il est invité à dîner chez les Schuster et lui demande de l’accompagner.


Rodney trouve une boîte remplie de nourriture sur le siège de sa voiture. À l’intérieur se trouve entre autres un œuf dur. 

Allison apparaît et Rodney lui demande si elle veut partager l’œuf avec lui. Devinant que c’est elle qui lui a amené le déjeuner, il la remercie et l’embrasse. 

Il désire sortir avec elle et faire quelque chose de spécial dès qu’il aura touché son premier chèque de salaire.


Allison se rend au bureau du Clarion pour voir Matthew. Il lui a laissé une note en lui disant qu’il sera bientôt de retour. 

En l’attendant, Allison regarde la copie du prochain numéro du Clarion qui dit que Matthew a décidé de prendre de longues vacances. Il quitte Peyton Place. Il écrit dans l’article qu’il pense avoir été un bon journaliste, impartial et intègre. 

Matthew arrive dans le bureau et confirme à Allison qu’il s’en va. Il ne sait pas encore où, mais dès qu’il aura trouvé quelqu’un pour le remplacer au journal, il prendra de longues vacances de plusieurs semaines. 

Allison est attristée par la nouvelle. Mais Matthew lui demande d’être contente pour lui. Allison verse une petite larme et étreint son oncle.

C’est une Allison triste qui rentre à la maison. Elliot l’attend sur le pas de la porte d’entrée. Il a quelque chose à lui dire, ainsi qu’à sa mère. 

Ils entrent dans la cuisine où Constance prépare une sauce. Allison leur dit qu’elle a appris le prochain départ de son oncle et cela l’attriste beaucoup. Elle ne veut pas paraître égoïste, et elle sait que Matthew a pris la bonne décision pour lui, mais il va lui manquer. 

Elliot leur indique que Matthew lui a demandé de prendre sa place au Clarion comme rédacteur en chef. 

Allison est enchantée et dit que c’est merveilleux pour lui. Constance est loin de partager l’enthousiasme de sa fille. Elliot, lui, est intéressé de savoir ce que penserons les habitants de la ville d’avoir un ex-détenu comme rédacteur en chef de leur quotidien. 

Elliot demande à Constance de ne pas avoir peur du changement. Allison s’excuse et monte à l’étage. Elliot indique à Constance que le changement fait partie de la vie. Constance lui sourit. 

— Tu as raison, et je suis de tout cœur avec toi. 


Rita entre avec le sourire dans la cuisine où Ada prépare à manger. La jeune fille est exceptionnellement heureuse. Elle vient de s’acheter un foulard blanc et noir. 

Ada lui demande pourquoi elle est sur un nuage. Rita lui répond qu’il n’y a pas de raison particulière à sa bonne humeur. La jeune fille commence à mettre la table et Ada est ravie du changement de sa fille. Elle présume que la relation entre Rita et Norman est au beau fixe. 

Rita va se changer pour un chemisier qu’elle vient d’acheter et demande à sa mère s’il lui va bien. Ada la trouve magnifique. 

Elles s’installent pour dîner. Rita montre à Ada quelques photos du bal de promo que Constance lui a données. Elle l’a rencontrée au square et elle venait de les développer. 

Elle dit aussi qu’elle a décidé de faire table rase du passé. Elle finit de manger très vite avant de partir retrouver Norman. 

Il fait nuit quand Rita marche vers Glover Street où se trouve l’appartement de Rodney et Norman. 

Joe Chernak conduit sa voiture et s’arrête près du square où il observe Rita. Elle frappe à la porte à deux reprises, mais n’obtient pas de réponse. Joe continue à l’observer. Finalement, la porte de l’appartement s’ouvre et Rita entre.


Episode 102

Mardi 10 août 1965

Que s’est-il passé ?

Peyton Place reçoit deux visiteurs de marque. Les frères jumeaux Markham. Kenneth est un industriel réputé, Vincent est un médecin renommé. Tous deux résident à l’auberge du Colonial. 

Le drapeau qui flotte dans le square, côté ouest, près de la caserne des pompiers.


Kenneth Markham s’entretient avec le réceptionniste de l’auberge afin de lui demander quels moyens de transport sont disponibles jusqu’à ce que son assistant Harry Fletcher arrive. 

Fletcher fait finalement son apparition et donne quelques documents à Kenneth. Il s’agit de l’accord pour la Fondation que Kenneth veut créer au Pérou. 

Le réceptionniste porte un télégramme et le tend à Fletcher. Il s’agit d’un télégramme pour le Dr Vincent Markham. Kenneth prend le télégramme et dit qu’il va l’apporter à son frère.

À l’hôpital, Kenneth frappe à une porte et Vincent lui demande d’entrer. Il est en salle de repos. 

Kenneth montre à Vincent le télégramme. Il lui dit également que la Merriman Corporation est d’accord pour financer sa fondation au Pérou. 

Kenneth fait une offre alléchante à son frère : 110.000 dollars par an pour la Fondation. 

Vincent est soupçonneux. Il décline l’offre parce qu’il ne veut pas travailler à la solde de son frère. Il dit qu’il n’a pas besoin de Kenneth Markham pour soigner les nécessiteux péruviens.


Au manoir, Doris s’évertue à enseigner à Kim les mathématiques. La fillette est devant une ardoise. Pendant que Doris s’éclipse dans une autre pièce, Kim tente de résoudre une addition. 

Doris revient avec une surprise. Il s’agit d’un set de thé. Doris veut jouer avec Kim sur la petite table, mais l’enfant prend le carton et le pose sur la grande table. 

Elle dispose les tasses sur la table tandis que Doris part à la cuisine chercher des cookies. Lorsqu’elle revient, Doris s’aperçoit avec peine que Kim a placé ses poupées à table, de sorte que Doris n’a pas de place. 

Le téléphone sonne. C’est madame Dowell qui appelle pour confirmer l’invitation à dîner de samedi prochain. Kim verse tout de même une tasse de thé à Doris. 

David Schuster entre par la porte de devant et se joint à elles. Il s’invite lui-même à prendre une tasse de thé. Kim lui en sert une. 

Doris se prépare pour le dîner, aussi demande-t-elle à Kim de débarrasser les affaires. 

Doris n’attendait pas David si tôt. Elle lui dit que madame Dowell a appelé pour accepter l’invitation. Elle lui a dit qu’elle n’a pas trouvé de partenaire pour Steven Cord à cette soirée. 

David lui répond que Dowell n’est pas un des hommes de Peyton. Il n’est même pas sûr de savoir qui il est vraiment. Ce dîner est important pour lui. Il ne veut pas de Dowell dans « l’équipe adverse », mais plutôt comme allié qui le soutiendrait.


Steven est au secrétariat de la Fabrique lorsque Julie sort du bureau de David. Elle dit à Steven qu’il peut attendre dans le bureau de Schuster. 

David entre et Julie lui fait savoir que Steven l’attend dans son bureau. 

Steven demande à Schuster en quoi il peut lui être utile. Schuster lui a dit qu’il avait lu à nouveau le rapport qu’on avait fait sur lui et qu’il est maintenant d’accord sur les thèmes de ce rapport. 

Ils parlent ensemble de Theodore Dowell et de Martin Peyton. Steven lui rappelle que la fabrique perd de l’argent et que dans ce cas particulier, ses arguments sont faibles. 

Selon Steven, il existe plusieurs solutions pour s’en sortir. Il se propose d’aider David. Ce dernier invite Steven à dîner vendredi prochain pour en parler. Ils se serrent la main et Steven s’en va.  


Ada rend visite au Dr Rossi dans son cabinet au-dessus du Clarion. Elle se fait du souci au sujet de Rita. Elle dit au médecin que sa fille était particulièrement bouleversée le soir où Elliot l’a ramenée à la maison. 

Michael lui demande si elle a vu des traces de blessures sur Rita. Ada lui répond que ce n’est pas physique, mais plutôt moral. 

Elle sent que Rita a peur de Joe Chernak et elle agit bizarrement ces derniers temps. Ada se demande donc s’il faut faire un lien entre les deux. Le téléphone interrompt la conversation. Michael décroche et parle avec un patient.


Au parc de Peyton Place, Constance bavarde avec Rita. Elle lui demande ce qui s’est réellement passé le soir où Elliot l’a reconduite chez elle. Constance ajoute qu’Elliot est concerné. 

— Dites-lui que tout va bien, répond Rita. 

Constance ne veut pas s’immiscer dans ses affaires, mais elle aimerait aider Rita. La jeune fille lui répond que rien ne s’est passé. Joe l’a seulement embrassé. Constance sait qu’il y a plus que ça. Elle encourage Rita à ne pas laisser tomber Norman.


Episode 101

Jeudi 12 août 1965

La proposition de Matthew 

L’arrivée de David Schuster à Peyton Place comportait un risque pour lui. Aussi bien pour sa carrière professionnelle que pour sa famille. Pour l’instant, il n’a ni gagné ni perdu.

Plan de la ville.


David Schuster entre au manoir et appelle sa femme. Il la salue tandis qu’elle descend les escaliers. Ils s’embrassent. 

Elle demande à son mari s’il a eu une rude journée. Lui s’enquiert de Kim. Doris lui dit que tout va bien. 

Elle lui demande une nouvelle fois comment s’est passée sa journée. Il ne semble pas enclin à lui parler de son travail. 

Il lui avoue avoir rencontré Allison au square. Il demande alors à Doris la raison pour laquelle elle ne veut plus qu’Allison s’occupe de Kim. 

Elle lui répond qu’il ne devrait pas être surpris, car ils en ont parlé hier. Il aimerait cependant savoir pourquoi elle ne veut plus qu’Allison voie Kim. 

— Tu sais quoi ? Je suis fatiguée de toujours devoir parler d’Allison, explique Doris en se réservant un verre. 

— Je ne comprends pas pourquoi tu empêches Allison de voir Kim. 

— Tu parles de Kim, ou de toi ?

David est écœuré par l’allusion de sa femme qu’il sort immédiatement du salon sans rien ajouter. 


Allison est dans sa chambre, au premier. Elliot vient frapper et entre doucement. Il lui demande si tout va bien. 

— Tout va bien, répond-elle avec un peu trop d’empressement. Je descends dans une minute. 

Il l’assure qu’elle peut venir lui parler à tout moment si elle en ressent le besoin. 

Allison lui parle du job qu’elle vient de perdre chez les Schuster. Elle se sentait tellement utile pour une fois. Elle avait pourtant le sentiment que les Schuster étaient contents de son travail. 

Elliot bafouille et essaie de lui expliquer que, selon lui, David Schuster est attiré physiquement par elle. Il s’en est rendu compte à la façon dont il lui a attrapé le poignet au square tout à l’heure. Madame Schuster s’est peut-être rendu compte de cette attirance et a voulu mettre de la distance entre elle et le couple. 

Il ajoute qu’il ne l’accuse de rien. Ce n’est pas sa faute. Il lui dit tout cela parce qu’il l’aime. 

Avant qu’il ne quitte la chambre, Allison lui dit :

— Je crois que j’étais consciente que monsieur Schuster m’aimait bien, mais je n’y avais pas prêté attention jusqu’à maintenant. 


Kenneth Markham entre au Colonial et se rend à la réception. Le réceptionniste suppose à juste titre qu’il est le frère de Vincent Markham, le magnat de l’industrie Kenneth Markham. 

Kenneth commande une suite de deux chambres et une chambre pour monsieur Harry Fletcher, son assistant, qui doit arriver demain avec le reste de ses bagages. 

Le réceptionniste prévient Kenneth que la chambre lui coûtera 25 dollars par jour. Il lui assigne les chambres 108 et 109 et lui dit qu’un téléphone supplémentaire sera installé dès ce matin. 

Il informe également que son frère occupe la chambre 206. Vincent arrive à ce même moment et les deux frères parlent entre eux. Kenneth demande à Vincent pourquoi il ne lui avait pas dit qu’il était marié. Il lui répond que Claire et lui pourraient en parler ensemble s’ils le souhaitent. Kenneth n’insiste pas et monte dans sa chambre. 


De retour à la Taverne, Rita discute avec sa mère. Ada lui demande comment s’est passée sa journée et Rita reste sarcastique dans sa réponse. 

Une nouvelle fois, Ada essaie de savoir qui peut mettre Rita dans un tel état d’énervement. Elle doit se rendre à l’évidence, sa fille ne communique plus avec elle. Ni avec les autres d’ailleurs. Elle se renferme sur elle-même et cela l’inquiète.  


Il est cinq heures du matin, dans l’appartement des frères Harrington, au-dessus de la pharmacie. Tous les deux dorment lorsque le téléphone se met à sonner. 

Au bout de la cinquième sonnerie, Rodney sort de sa léthargie et décroche le combiné. C’est Leslie qui l’appelle depuis la Suisse, inconscient du décalage horaire. 

Rodney lui fait savoir qu’il ne lui sera pas possible de venir en Europe comme prévu cet été, car il a obtenu un job à la fabrique. 

Leslie est déçu, il pense surtout que si Rod va travailler pour la fabrique, Martin Peyton aura la main mise sur lui et cela ne lui plaît pas. 

S’apercevant que Rodney est déterminé, Leslie lui souhaite bonne chance pour le job. 

Il lui demande si Norman a réfléchi et s’il est prêt à venir passer les vacances avec lui en Europe. Rodney est embarrassé et lui dit qu’il a certainement considéré la question. 

— Mais il y a « cette fille », dit amèrement Leslie. 

Il voudrait parler à Norman, mais ce dernier fait signe à son frère qu’il ne veut pas lui parler. Rodney dit alors que Norman dort. Il lui dit au revoir et raccroche.


Rodney est au secrétariat du bureau de Schuster pour signer son contrat d’embauche que lui présente Julie. Pour son premier jour, il est vêtu comme un docker. 

Theodore Dowell et Steven Cord entrent pour voir Schuster et bavardent avec Rodney un instant. 

Dowell lui dit qu’il est fou d’avoir pris un travail de docker alors qu’il aurait pu prétendre à un emploi de bureau. Rodney veut faire comme son père : commencer en bas de l’échelle. 

— Un conseil de dernière minute ? demande Rodney à Steven. 

— Travaille doucement et apporte une bonne bouteille d’alcool. 

Tandis que Rodney s’en va, Dowell et Steven Cord entrent dans le bureau de David pour parler avec lui et le prévenir des conséquences qui peuvent découler d’une automatisation de la fabrique au profit de la population ouvrière qui se trouve privée de travail. 

Steven offre à Schuster de prendre son rapport et de l’amener en mains propres à Peyton, car il doit se rendre à Boston. 

Mais Schuster lui dit qu’il préfère le délivrer personnellement. Dowell, Steven, et un David Schuster inquiet s’assoient autour de la table.


Dans sa chambre du Colonial, Steven passe un appel pour Boston, Amber 2-4470. C’est Hannah Cord qui décroche le téléphone blanc et répond à Steven. 

Ce dernier se renseigne sur la santé de Martin Peyton. Ils ont une conversation étrange dans laquelle Hannah dit à Steven qu’il doit prendre ses propres décisions. 

Elle demande à son fils pour quelle raison il l’appelle. Il n’a jamais l’habitude de le faire et ce n’est pas son anniversaire aujourd’hui. Il l’informe que Schuster a décidé d’aller en personne remettre à Martin Peyton le rapport mensuel. 

Hannah termine l’appel par un froid « Au revoir, Steven ».


Matthew Swain est occupé à taper avec deux doigts sur le clavier de sa machine à écrire lorsque Elliot entre dans le bureau du Clarion. 

Matthew débute la conversation par une question en rapport avec ce qu’il tape à la machine : 

— As-tu déjà essayé de justifier les actes des pompiers lorsque trois familles en colère ont perdu tout ce qu’ils avaient dans un incendie ? 

Ils font ensuite référence à la fameuse lettre à l’éditeur d’Elliot. Matthew l’a lue. 

— C’est assez fort, dit-il. Et c’est sévère. Tu attaques Schuster parce qu’il a licencié quinze ouvriers de la Fabrique. 

Matthew lit un extrait de la lettre. Elliot parle du règne de pouvoir de monsieur Schuster qui contrôle la population de Peyton Place. 

Dans sa lettre, Elliot réclame une réunion avec monsieur Schuster et les habitants de Peyton Place afin que monsieur Schuster puisse s’expliquer sur ces licenciements qu’Elliot juge abusifs, et sur le futur de la fabrique également. Le ton de la lettre est cinglant.

— En tant qu’éditeur, je dirais que tu emploies un peu trop le mot « Monsieur Schuster », commente Matthew. 

Il fait savoir à Elliot que cette lettre va sans doute lui attirer pas mal de problèmes. Schuster pourrait l’attaquer pour diffamation.

Ils parlent ensuite de l’avenir du journal. Matthew a eu une offre de reprise par le syndicat et dès que l’affaire sera conclue, il compte prendre  congé de Peyton Place. 

Elliot lui dit qu’il mérite effectivement de longues vacances. Matthew lui propose alors de diriger le Clarion pendant cette période. Il sait qu’Elliot fera du bon travail, car il dirigeait déjà le journal de la prison. 

Elliot promet de réfléchir avec soin à cette proposition et lui donnera sa réponse dès demain. 


Episode 100

Mardi 10 août 1965

Les frères 

Vincent et Kenneth Markham sont venus à Peyton Place. Vincent Markham dévoue son existence au monde compatissant de la médecine. Une vie de service, de dévotion. Mais tandis qu’il approche de la quarantaine, il revoit son frère jumeau. Dans son esprit, il lui semble qu’il n’est que la moitié d’un être humain.

Chute d’eau. Le square.


Le téléphone sonne dans la chambre 206 occupée par Vincent Markham au Colonial. Il s’agit d’un appel de Mr Ferguson de Philadelphie. 

L’opératrice a fait une erreur, car l’appel était pour Kenneth Markham. Vincent l’admoneste avant de raccrocher le téléphone avec brusquerie. 

Puis il se rend à la fenêtre et voit Kenneth dans le square, il se dirige vers le Colonial.

Kenneth prend son petit déjeuner avec Michael au Colonial. Norma, la serveuse, vient près d’eux et prend leur commande. Kenneth ne veut rien, mais il prévient la serveuse qu’il attend un appel important de Philadelphie. 

Kenneth apprend à Michael qu’il va mettre en place une fondation pour lui. Mike apprend à Kenneth que son frère est marié à Claire Morton, la fille du chef du personnel de l’hôpital, et le prévient qu’ils sont en instance de divorce. 

Au moment de partir, la serveuse dit à Kenneth que la personne de Philadelphie a appelé avant qu’il n’arrive et a dit qu’il rappellerait. Kenneth donne l’instruction que si la personne en question le rappelle, de lui dire d’appeler au bureau du docteur Rossi, à l’hôpital.

À l’hôpital, Michael présente l’industriel Kenneth Markham à Claire Morton. Elle demande à Kenneth pourquoi il tenait à la rencontrer. 

Kenneth s’inquiète au sujet de la santé de son frère. Claire est froide avec Kenneth et la conversation est courte. La femme médecin le laisse seul dans le bureau de Mike. 

Le téléphone de Rossi sonne et c’est Ferguson qui lui dit que 110.000 dollars par an sont disponibles pour la fondation. Kenneth apprend la nouvelle à Mike.


David Schuster entre dans son bureau et dit à Julie qu’il est resté bloqué par la circulation. 

Julie lui offre un café salvateur. Elle a un rapport à lui remettre, mais elle offre de le retaper en utilisant des mots moins agressifs. 

Les affaires de la Fabrique vont mal et David a peur pour l’avenir. Le rapport  concerne les licenciements. David a l’impression de marcher sur des œufs. 

Avant de quitter le bureau de David pour retourner dans le sien, elle le prévient que Rodney Harrington est passé le voir et qu’il reviendra plus tard. 

Elle commence à taper le rapport quand David vient la voir. Il se demande comment son ancien patron aurait géré cette crise. Puis il  retourne à son bureau. 

Julie laisse tomber momentanément la rédaction du rapport pour retourner le voir. Elle lui conseille de ne pas se comparer à Leslie Harrington. Elle a confiance en lui et elle est sûre qu’il fera du bon travail ici. David avoue avoir des doutes sur ses compétences en tant que directeur. Elle le rassure. Elle lui parle un moment de George et retourne à son bureau pour y découvrir Rodney, qu’elle fait entrer dans le bureau de David. 

Après avoir discuté un instant avec lui, il décide de l’engager pour cet été. Rodney ne veut pas un travail de bureau, il veut travailler comme docker, conscient que son père a démarré en bas de l’échelle. 

David le prévient que le travail sera dur. Rodney n’a pas peur du dur labeur.


À la librairie, Constance s’entretient avec Elliot. Celui-ci tape une lettre à l’éditeur sur les problèmes de licenciements à la fabrique Peyton. Il demande son avis à Constance. 

Norman entre dans le magasin pour parler avec lui de Rita. Il lui demande s’il sait ce qui est arrivé à Rita le soir du bal de promo. 

Mais Elliot ne peut pas le renseigner. Norman s’en va.


Au square, David rencontre Allison. Elliot les aperçoit depuis la fenêtre de la librairie et voit David attraper le poignet d’Allison. 

Allison apprend à David qu’elle ne travaille plus pour eux comme baby-sitter et lui demande de bien prendre soin de Kim.

David lui dit de ne pas le prendre personnellement. Elle ne doit pas croire qu’elle a été renvoyée parce qu’ils n’étaient pas satisfaits de son travail. 

Allison comprend les raisons de Doris. Elle veut pouvoir passer plus de temps avec sa fille et c’est normal. 

David lui dit qu’elle sera toujours la bienvenue à la maison pour voir Kim. Allison l’informe que malheureusement, Doris ne veut plus qu’elle voie Kim. 

David lui dit qu’il va parler à sa femme à ce sujet. 

Allison retourne à la librairie. Elliot lui demande de quoi elle parlait avec Schuster. 

Allison lui répond que David ne savait pas qu’elle ne s’occupait plus de Kim. Doris ne lui avait rien dit à ce sujet. 

Constance rassure Allison en lui disant qu’elle oubliera toute cette histoire. Elle veut dire par là qu’elle oubliera Kim et les Schuster. Elliot est préoccupé par la façon dont Schuster a attrapé le poignet d’Allison. C’était un geste d’affection qu’il juge déplacé. Il n’aime pas cette façon d’agir.


Episode 99

Jeudi 5 août 1965

Perte d’emploi 

Pour une petite ville de Nouvelle-Angleterre, et, je suppose, pour toutes les petites villes, une arrivée spectaculaire dans un hélicoptère est un événement. Pour bien des résidents de Peyton Place, cet événement va bouleverser leur vie.

L’hélicoptère se prépare à atterrir sur le square. Matthew Swain sort de son bureau au Clarion pour regarder. Michael Rossi et Vincent Markham entendent l’appareil approcher. Vincent regarde par les stores du bureau de Michael. L’hélicoptère atterrit dans le square, en face de la caserne des pompiers. Doris Schuster parle avec sa fille Kim. La fillette espère toujours qu’Amy Warren, sa professeure et son amie, débarque en ville. Kenneth sort de l’hélicoptère et parle brièvement avec un agent de police.


Depuis le cabinet médical, Vincent accuse Michael d’avoir demandé à son frère, Kenneth, de venir à Peyton Place. Rossi admet avoir téléphoné à son frère, mais ne lui a pas demandé de venir. 

Kenneth entre dans le bureau de Michael et se présente. Afin d’en avoir le cœur net, Vincent demande à Kenneth si c’est Michael qui lui a demandé de venir. Vincent assure que ce n’est pas le cas. 

Les deux frères parlent entre eux. Le ton monte. Il est évident qu’ils ressentent de l’hostilité l’un envers l’autre. 

Michael leur dit que comme ils sont jumeaux, Kenneth est susceptible de couvrir la même maladie de sang que Vincent. 

Il compte aller déjeuner au Colonial et invite les deux frères à aller dîner avec lui ce soir. Tous les deux déclinent l’offre. 

Kenneth dit qu’il veut prendre des photos pour les enfants. Il parle de sa femme, Elisabeth. 

Curieusement, Vincent porte un costume blanc, tandis que son frère est vêtu en noir. Kenneth dit à Vincent qu’il veut qu’il prenne soin de sa santé.


Matthew Swain traverse le square et bavarde avec Elliot et un autre homme nommé Ralph Colby. Ralph est un ouvrier du textile qui a été licencié de la fabrique Peyton et qui passe son temps à chercher un emploi. 

— Savez-vous qui vient d’arriver en hélicoptère ? Le frère de Vincent Markham, Kenneth Markham, informe le rédacteur en chef du Clarion. 

— Quelle drôle de façon de voyager, marmonne Elliot. 

Matthew se tourne vers Ralph :

— Comment va la famille ? s’enquiert-il. 

— Tout le monde va bien, assure l’ouvrier. Monsieur Swain, connaîtriez-vous quelqu’un qui recherche un homme pour du travail ?

— Ralph était justement en train de m’en parler, dit Elliot.

Matthew secoue la tête : 

— Pas pour l’instant. Mais si j’en entends parler, je vous le ferai savoir. 

— J’apprécierais. N’importe quel travail qui paie honnêtement. Je ne suis pas difficile. Merci.

Ralph s’en va.

— Viens, entrons, suggère Matthew à Elliot.

Ils se rendent tous les deux au Clarion pour discuter.

— Ralph Colby travaille dans le textile depuis vingt ans, affirme Elliot.

— Je sais.

— Qu’est-il est supposé faire, lorsque la seule fabrique de textile du pays le renvoie ? Maintenant, il a le choix : il peut quitter Peyton Place et vivre de son métier ailleurs, ou bien rester ici et gagner sa vie comme travailleur inexpérimenté, s’il a assez de chance pour trouver du travail.

— C’est ce qui arrive dans une ville industrielle. Nous devons voir le côté positif.

— Est-ce qu’il y en a un ?

— Nous avons parcouru un long chemin, Dieu merci, depuis la dépression des années trente. De nos jours, nous avons les indemnités de licenciement, l’assurance chômage, et non plus la charité pour nous en sortir. 

— Cela ne résout pas le problème de base, soutient Elliot. Comment peux-tu dire à un homme de 45/50 ans qu’il doit recommencer à zéro ?

— Quelle est ton alternative ? Gardez un homme sur le livre de paie quand on n’en a plus besoin ?

— Ce n’est pas seulement Ralph. Ils ont licencié quatorze autres personnes en même temps.

Matthew relativise :

— Cela veut dire qu’il y a quinze personnes dont tu n’as plus besoin. Si tu les gardes, tu dois ajouter leur coût à ton prix, et le prix augmente, tandis que le prix des autres fabriques diminue. Et avant que tu ne le saches, ta fabrique ferme. Tout le monde se retrouve au chômage.

— Très bien. Alors tu ne les gardes pas, et tu es capable de rivaliser. Et maintenant, l’autre fabrique commence à s’automatiser, comme celle de White River. Maintenant, comment fais-tu pour rivaliser sans licencier d’autres travailleurs ?

— Tu sembles être très fort ce sujet, n’est-ce pas ? constate le journaliste. 

— Oui, je le suis. Quelle différence cela fait-il si tout le monde se retrouve au chômage lorsqu’une fabrique ferme, ou si la fabrique continue à fonctionner uniquement en pressant sur un bouton ? Matt, une ville, ce n’est pas une usine, ce sont avant tout des gens.

— Mais quelque part, on peut faire un compromis, si l’on reste objectifs.

— Je ne peux pas. Un homme au chômage, c’est une famille qui est menacée. Un, c’est déjà un de trop. Matt, tu aimes cette ville autant que moi, sinon plus. Écris un éditorial. Fais-leur ouvrir les yeux.

— Je me souviens de quelqu’un qui voulait déjà que j’écrive un éditorial pour ouvrir les yeux des gens. Je lui avais dit : « Tu l’écris, et je l’imprimerais ».

— Tu veux parler d’Allison ?

— Oui. Et c’était à propos de toi.

— Oui, je sais. Je l’ai lu.

— Alors je vais te dire la même chose que je lui ai dite : tu l’écris, et je l’imprimerais.

— Une lettre à l’éditeur ? s’étonne Elliot. 

— Exact. Cher monsieur, etc., etc. Signé : un lecteur.

— Signé : un lecteur indigné, Elliot Carson.


Au manoir, Doris montre quelques livres à Kim. Elle dit à la fillette qu’Allison ne s’occupera plus d’elle dorénavant. Elle a, effectivement, renvoyé Allison. 

Norman frappe à la porte d’entrée et Doris le laisse entrer. Il dit qu’il veut parler à madame Chernak. 

Anna Chernak descend les escaliers et parle à Norman de son fils Joe. Norman veut savoir où se trouve Joe. Anna lui dit qu’il a quitté la ville pour trouver du travail.

Allison sonne à la porte du manoir et Anna vient lui ouvrir. 

Allison aperçoit Norman et, surprise, lui demande ce qu’il fait ici. Pour toute réponse, Norman lui dit qu’il s’apprêtait à partir. 

Il remercie madame Chernak et s’éclipse. Anna va voir Doris pour lui dire qu’Allison est ici. 

Doris la reçoit et lui dit qu’Amy ne viendra pas à Peyton Place. Elle remercie la jeune fille pour tout ce qu’elle a fait pour Kim, mais elle n’a plus besoin de ses services. 

Allison s’apprête à partir et demande à Doris de dire « au revoir » à Kim. Doris ne préfère pas. 

Kim arrive, voit Allison et se précipite vers elle en l’étreignant. Allison dit à Kim de rester une bonne fille. Puis elle s’en va.

Elle se rend à la librairie et raconte à sa mère qu’elle a perdu son job de baby-sitter chez les Schuster. 

Elle est déboussolée et ne comprend pas ce qui se passe dans la tête de Doris Schuster.


Steven entre au secrétariat de Schuster pour trouver Julie en train de bâiller. Ils bavardent un instant. 

Steven lui demande si elle connaît l’homme qui est arrivé en hélicoptère. Elle répond que non. 

Rodney arrive à son tour pour parler avec Schuster. Steven, de son côté, est venu pour le rapport mensuel de la fabrique. 

Julie suggère que les deux hommes entrent dans le bureau de Schuster. Elle va ensuite leur servir un café. 

Steven offre une trêve à Rodney. Ce dernier lui dit qu’il s’attend à avoir un job d’été à la fabrique. Steven lui dit qu’il a l’allure d’un futur cadre. 

— Mon père a commencé comme ouvrier dans cette usine, précise Rodney. 

— Je connais l’histoire de cette famille, lui répond Steven. 

Rodney riposte : 

— Et bien moi aussi, la tienne incluse. 


Episode 98

Mardi 3 août 1965

Une arrivée remarquée 

Un cri d’enfant au milieu de la nuit transperce la quiétude de la maison des Harrington, maison maintenant occupée par David et Doris Schuster. Un cri d’enfant qui finalement sera entendu partout dans Peyton Place.

Kim est dans sa chambre. Les ombres du manège à jouet se reflètent sur le mur.


Le Dr Rossi arrive au manoir. Doris parle doucement avec Kim pour la consoler. David emmène Michael dans la chambre de Kim. 

Michael parle calmement à Kim qui, dans un premier temps, ne veut pas se laisser ausculter. David demande à Doris de se mettre en retrait, pensant que c’est à cause d’elle que l’enfant ne veut pas se faire soigner. 

Rossi montre à Kim le marteau qui sert à mesurer les réflexes des patients. Il frappe un léger coup sur le genou de la fillette. 

Pendant ce temps, Doris et David se disputent dans un coin de la pièce. Doris reproche à David de penser qu’elle n’est pas une bonne mère. 

Michael leur dit que leurs disputes n’aident pas Kim. David prétend que Kim ne peut rien savoir de cette dispute puisqu’elle est sourde. 

Mais Mike lui fait savoir que la fillette n’a pas besoin d’entendre, elle perçoit la tension dans la pièce. 

Doris et David laissent le médecin seul avec Kim pour aller dans le salon parler de Kim et de la position de David à la fabrique. 

David précise qu’il a laissé tomber sa femme Margaret pour Doris parce qu’il l’aime. Doris pense que David lui en veut parce qu’elle l’a forcé à prendre cet emploi à la fabrique et quitter New York. 

Elle voudrait pouvoir être une bonne mère pour Kim et voudrait que ni Amy ni Allison ne vienne s’en mêler. Elle veut élever seule sa fille. David lui dit qu’en faisant cela, elle prend des risques.

Michael descend rapidement l’escalier et parle brièvement avec David et Doris avant de partir. Il leur dit que physiquement, Kim va bien. Le problème est plus profond. Elle a besoin de beaucoup d’attention. 

David arrive à cerner le problème de Kim. Il dit qu’elle veut retourner à New York.


Dans l’appartement au-dessus de la  pharmacie, Rodney ajuste sa cravate et dit à Norman qu’il se rend à la fabrique pour parler avec David Schuster de son job d’été.

De son côté, Norman est morose. Il se demande pourquoi Rita est passée de la joie à la peine en aussi peu de temps. Il a beau retourner l’histoire dans sa tête, il ne comprend pas.

Rodney lui conseille d’aller parler tout de suite à Rita. Elle doit être de service au drugstore.

Norman suit le conseil de son frère et se rend au drugstore pour parler avec Rita. Elle lui dit qu’elle est désolée à propos de l’autre soir. 

Norman encourage Rita à lui dire ce qui ne va pas. Sa mère avait toujours l’habitude d’employer l’expression « Dis-moi où ça fait mal ». 

Le téléphone sonne et Rita décroche. C’est Joe Chernak au bout du fil. Joe lui dit qu’il regrette ce qui s’est passé et qu’il est désolé. Il est à Boston en ce moment. 

Rita parle au téléphone comme s’il s’agissait d’un client. Mais Norman comprend que c’est Joe. Lorsqu’elle raccroche, il veut savoir ce qu’il lui a dit. 

Rita lui demande de la laisser tranquille. Elle veut que lui, sa mère, cette petite ville entière la laissent tranquille !


Au square, Rodney croise Allison. Il porte un costume très élégant. Allison lui demande s’il va à un entretien pour du travail. 

Il acquiesce. Allison lui dit qu’ils s’apprêtent à vivre un merveilleux été. Rodney se propose de l’emmener au manoir où elle doit aller garder Kim.


Matthew Swain entre dans la librairie et parle avec Constance de quitter Peyton Place. Il se sent seul dans cette ville et a envie de changer d’air. 

Il compte simplement faire ses bagages et partir sans regarder derrière lui. Il se plaint du fait que les seules personnes qui achètent son journal sont les membres du syndicat. 

Constance suggère à Matthew qu’avant de partir, il devrait trouver un remplaçant qui ferait un bon rédacteur en chef pour le Clarion. Il lui répond qu’il a justement décidé de vendre le journal au syndicat.


Doris et Kim se rendent au cabinet du Dr Rossi. 

Michael examine les radios de la fillette :

— Rien de cassé. Aucune fracture, aucune grosseur. 

Doris est soulagée. Elle demande à Kim si elle aimerait de la glace. Kim opte pour une double glace au chocolat. Doris offre même à Michael de lui apporter un cône glacé. Il décline l’offre. 

Tandis que Doris et Kim sont sur le point de partir, Vincent entre au secrétariat et se voit présenter à Doris et Kim. Doris lui demande s’il est en ville pour une conférence. Vincent lui répond que non. Doris et Kim s’en vont.

Les deux médecins entrent dans le bureau de Michael. Vincent est ici pour un examen. Il dit que des médecins en qui il a confiance lui ont confirmé le diagnostic de Michael. Markham veut vivre et décide donc de suivre les conseils des spécialistes. 

Il y a une autre raison à sa venue à Peyton Place et il a conscience que ses motivations sont purement égoïstes. 

Il demande à Michael de l’accompagner au Pérou.  Il veut que Michael le garde en vie pour qu’il puisse accomplir ce qu’il doit faire. 

Michael lui dit qu’il ne peut pas se prononcer maintenant. Un bruit d’hélicoptère se fait entendre.

Dehors, quelque part dans le square, Matthew Swain sort de son bureau pour regarder l’hélicoptère atterrir. 

Un officier de police, l’air menaçant et sérieux, traverse le square. Doris est également dans le square, avec Kim. 

— Oh Kim regarde ! C’est un hélicoptère. C’est comme un avion, s’émerveille Doris.  

—Amy! crie Kim en pensant que c’est elle qui est à bord. 

Doris la regarde avec compassion. 

— Non, Amy ne vient pas. Je suis désolée, Kim.   

Kenneth Markham, le frère jumeau de Vincent, sort de l’hélicoptère. L’agent de police se dirige vers lui et lui parle brièvement.

Vincent aperçoit la scène depuis le bureau de Michael. Il se tourne vers le médecin. 

— Rossi, je vous trouve bien présomptueux. Qu’avez-vous dit à mon frère pour le forcer à venir ici ?