lundi 1er avril 1968
Besoin d’aide
L’audience pour la garde est terminée. Le bébé que Jill Smith a amené à Peyton Place a trouvé un foyer légal chez les Carson. Une reconnaissance que le bébé est né de leur fille disparue, Allison. Mais qui a pour implication le fait que Rodney Harrington puisse être le père.
Plan du Peyton Place Town Hall. Rodney sort du bâtiment.
Elliot sort du tribunal, appelle Rodney et parvient jusqu’à lui pour lui parler. Il le remercie pour ne pas avoir entravé l’audience en prétendant être le père et revendiquer la garde de Kelly.
— J’avais l’intention de dire quelque chose à l’audience, mais le juge m’en a dissuadé… pour l’instant.
Elliot fronce les sourcils.
— Qu’entends-tu par « pour l’instant » ?
— Oh ! Rien, prétend Rodney. Vous avez la garde temporaire de Kelly, et je ne vais rien faire contre cela.
Rodney l’interroge sur le nom de famille du bébé. Elliot lui dit qu’elle est une Carson, et qu’elle portera ce nom.
— Nous allons l’élever comme notre propre enfant, ajoute-t-il. Si tu y réfléchis bien, Rodney, tu dois réaliser que Kelly aura un meilleur foyer chez nous, dans notre maison.
— Son nom devrait être « Harrington », et non « Carson », plaide Rodney. Quelle sera la vie de cette enfant si elle doit commencer par un mensonge ?
Steven et Jill sortent à leur tour du tribunal et Jill reproche une nouvelle fois à Steven ses motifs cachés concernant Betty et Rodney.
— Vous auriez dû voir votre tête lorsque le juge a demandé à Rodney s’il voulait contester la garde de Kelly.
— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, dit Steven.
— Allons, maître Cord. Pourquoi ne l’admettez-vous pas ? Vous avez essayer d’utiliser le bébé d’Allison pour séparer Rodney et votre ex-femme, et ça n’a pas marché.
Jill voit Rodney se diriger vers le Colonial Post Inn, où vit Betty.
Steven lui dit qu’il n’a jamais cru à l’histoire de Jill sur le comment, le quand et le pourquoi elle s’est retrouvée avec le bébé d’Allison.
— Vous avez fait semblant d’y croire parce que vous vouliez récupérer votre ex-femme, c’est cela que vous voulez dire ? s’insurge Jill.
Elle tourne vers Steven un regard de défi.
— Eh bien, tout cela n’a servi à rien, monsieur Cord.
— J’imagine que vous allez quitter la ville, maintenant que le bébé d’Allison est pris en charge.
Jill lui répond qu’elle compte rester encore à Peyton Place.
Betty entend qu’on frappe à la porte de sa chambre.
— Entre, Rod, dit-elle, sachant déjà de qui il s’agit.
Rodney raconte à Betty l’audience, et le fait qu’il ne s’est pas opposé à la garde provisoire de Kelly par les Carson.
— Le juge m’a invité dans son bureau, il m’a offert un cigare et m’a demandé ce que je comptais faire pour la fille que j’avais engendrée. Engendré… c’est le mot qu’il a employé. Je lui ai dit la vérité, ce qu’il a apprécié. Je lui ai dit que toi et moi allons nous marier, que tu connaissais la mère de l’enfant et que tu estimais qu’il n’était pas naturel d’aimer le bébé d’une femme que j’avais aimé. Il m’a dit qu’il ne serait pas juste ou bon que le bébé habite dans ta maison si tu ne pouvais pas l’aimer. Il m’a donc recommandé de ne pas m’opposer à la garde durant l’audience. Je me suis assis sur un banc, j’ai écouté toute l’audience, et je n’ai pas bronché. Le juge a donc recommandé que la petite habite pour un temps chez les Carson, en attendant un jugement définitif.
— Tu es en colère contre moi, constate Betty.
Rodney comprend son point de vue. Il serait difficile pour elle de démarrer un mariage avec un bébé qui n’est pas à elle.
Il ironise la situation et pousse le bouchon un peu trop loin lorsqu’il l’appelle « madame Cord », et lorsqu’il lui demande où elle veut aller en lune de miel.
— Si je me souviens bien, nous avions exclu la Chine, le désert du Sahara. Les îles Fidji, la Suède et la Nouvelle Orléans sont toujours en examen.
— Tu es toujours en colère contre moi. Tu me donnes l’impression que je t’ai forcé à abandonner le bébé, mais tout ce que je veux, c’est un nouveau départ. Juste toi et moi. Sans Allison, sans le bébé d’Allison, et sans Steven.
Betty lui demande de penser à l’éventualité qu’il n’est pas le père de Kelly. Elle lui rappelle aussi qu’ils avaient convenu qu’aujourd’hui, ils choisiraient la date du mariage.
— Attendons encore un peu, dit Rodney avant de partir.
Michael Rossi conduit jusqu’aux docks et sort de sa voiture. Il va parler avec Norman qui a un petit bandage du côté droit de son front. Ils prennent un café dans le camion de restauration.
Rossi dit à Norman que Rita est émotionnellement perturbée. Il suggère que Rita parle avec le révérend Tom Winter. Il obtient souvent de bons résultats dans ce domaine.
Norman lui répond qu’il est là pour elle.
— Norman, tu ne seras qu’une béquille pour elle. Elle a été blessée et émotionnellement choquée. Elle a besoin de conseils venant de quelqu’un d’autre pour l’aider à retomber sur ses pieds. Le révérend Winter a beaucoup d’expérience dans ce domaine.
— Tom Winter est efficace dans beaucoup de domaines, mais il n’accepte pas l’apitoiement, il n’est pas très compatissant et il est plutôt dur envers les gens qui sont émotionnellement fragiles.
— Eh bien, justement ! Rita a besoin de quelqu’un qui est assez dur pour l’aider à franchir l’obstacle qu’elle n’a pas voulu franchir quand elle a perdu le bébé. Ça lui a fait douter d’elle-même.
Il propose à Norman de rencontrer Tom et de lui parler.
— Écoute-le, vois ce qu’il a à dire, puis décide de ce que tu veux faire.
Norman finit par accepter de parler au révérend.
À l’hôpital, Jill va voir Joe Rossi. Joe a un large bandage tout autour de sa tête.
— Je ne pensais pas que tu viendrais.
Jill lance sur son lit un sachet qui contient un instrument pour se muscler les mains. Joe lui dit qu’il ne pensait pas qu’elle finirait par confier Kelly à la garde des Carson.
Joe veut redémarrer à zéro dans cette ville et il menace Jill si elle ne lui laisse pas l’occasion de le faire. Joe veut lui demander quelque chose, puis se ravise.
Jill s’en va au moment où entre le Dr Rossi. Le médecin voit la jeune fille pleurer. Il demande à Joe s’il est vraiment le père du bébé. Joe nie cette fois. Michael lui dit qu’il pourra sortir de l’hôpital demain.
Elliot Carson entre à la maison pour trouver Constance tenant Kelly dans ses bras. La petite pleure et Constance marche pour la bercer. Elliot lui dit qu’elle sera mieux dans son lit, à l’étage, et Constance consent à l’y emmener.
Elliot enlève son manteau et sa cravate, et se place devant la cheminée pour alimenter le feu. Il est d’humeur joyeuse et chantonne. Constance redescend.
Il lui dit en plaisantant qu’il se sent négligé. Il voudrait aussi apporter son aide dans cette maison.
Ils parlent du Festival des Fondateurs qui va bientôt avoir lieu. Constance doit s’occuper de la déco, tandis qu’Elliot est le vice-président du comité d’organisation. En riant, Elliot lui dit qu’à moins qu’elle ne coopère avec le vice-président, elle pourrait subir une humiliation publique au pilori de la ville. Il nommera son père gardien du pilori.
Norman se trouve au Cider Barrel, attendant le révérend Winter avec qui il a rendez-vous. Il le voit dehors parlant brièvement avec une femme.
Puis Tom entre et demande à Laurie, qui sert au comptoir, comment va son frère. Laurie commence à vouloir s’épancher sur ses problèmes, mais Norman l’arrête et lui dit qu’elle devra attendre son tour. Tom commande deux cidres et ils s’assoient à une table.
Norman demande à Tom de parler avec Rita. Laurie apporte les cidres Au passage, Tom dit à la jeune femme qu’ils parleront ensemble après son service.
Norman apprend au révérend que Rita fait de plus en plus de cauchemars. Il demande son aide.
— Le Dr Rossi semble vouloir dire que cela n’est pas de mon ressort d’aider ma femme. Il doit avoir raison, elle ne veut plus m’écouter.
— Je suis sûr qu’elle continuera à avoir besoin de votre aide, Norman.
— Je sais que je devrais vous parler comme à un ami, mais je ne me fais pas facilement des amis, affirme Norman.
— Peut-être devriez-vous parler à quelqu’un de proche. Votre père, par exemple ?
Norman lui répond que lui et son père ne sont pas vraiment proches. Il lui demande s’il a entendu parler de Joe Chernak. Tom acquiesce et se souvient qu’il s’agit de l’homme que Rodney a été accusé d’avoir tué.
— Joe a fait beaucoup de mal à Rita, dit Norman. En ce moment, tout lui revient. Elle fait des cauchemars au point qu’en se réveillant, elle ne se rappelle pas qu’il est mort.
Tom dit qu’il va essayer de l’aider, lui et Rita. Norman s’en va après avoir remercié le révérend.
Le téléphone payant sonne et Laurie répond. C’est un appel pour Tom. Il s’agit de l’hôtesse d’une auberge de l’autre côté de White River qui l’informe que sa femme, Susan, est ivre et a besoin d’aide. Tom lui dit qu’il sera là dans trente minutes.


















































