La nuit tombe sur l’hôpital de Peyton Place. Et pour Gus Chernak, une mission urgente a démarré, une affaire de vie et de mort. Une vengeance contre Martin Peyton. Une vengeance pour la vie qu’il a vécue, et pour la mort de son fils.
Gus se glisse hors de l’hôpital (répétition de la dernière scène de l’épisode précédent).
Steven se rend en voiture à la maison de Peyton, il sonne à la porte et Betty le laisse entrer.
Peyton demande à Betty de couper la musique. Betty enfile son manteau, prête à partir passer la soirée avec Steven. Mais Martin demande à Steven de s’asseoir un moment et d’enlever son manteau.
Il tient à lui dire qu’il apprécie la façon dont Steven mène la barque au procès. Il parle de Norman en disant qu’il possède le charme de Catherine.
Il informe Steven et Betty des dégâts que Gus a provoqués à la fabrique. Ils leur souhaitent bonne nuit et s’en vont. Peyton remet l’électrophone en route.
À l’arrière de la maison, Gus Chernak brise une vitre et s’introduit à l’intérieur.
Il trouve une bouteille de whisky et en ingurgite une grande quantité, malgré les recommandations du médecin.
Il entre dans la pièce où se trouve Peyton et arrête l’électrophone. Il menace Martin en faisant de grands gestes. Il lui reproche tous ses problèmes.
Martin Peyton lui demande de sortir de sa maison immédiatement. Chernak saisit la canne de Peyton et s’apprête à frapper le vieil homme, mais il s’effondre avant le premier coup.
Choqué, Peyton ne peut que regarder Gus étendu à terre.
À la maison de la plage, le Dr Rossi allume un feu dans la cheminée. Il téléphone à la mère de Stella, Anna Chernak, et demande à parler à Stella. Mais elle n’est pas à la maison.
Elle arrive bientôt à la porte de Michael portant deux sacs de nourriture. Mike est ravi de la voir et le montre. Il porte encore le tisonnier dans la main.
Il la traite de sorcière parce qu’elle a anticipé l’invitation qu’il voulait lui donner. Elle sourit et lui dit qu’elle prend cela comme un compliment.
Leslie est dans sa chambre, à l’auberge, occupé à lire le Clarion, lorsque Rodney frappe à la porte.
— Salut, j’ai pensé devoir te dire que je suis ton nouveau voisin. Ils m’ont donné la chambre en bas du hall.
— Entre, fait Leslie.
Rodney entre, mais ne ferme pas la porte.
— En fait, je dois défaire mes valises, explique-t-il.
— Je vais descendre t’aider.
— Non, ça ira.
— Tu es toujours fâché ?
— Je suppose que oui.
— Nous ne résoudrons rien à rester planté de cette façon près de la porte.
Leslie ferme la porte.
— Je suppose que je devrais plutôt me réjouir pour Rita et Norman. Mais ton frère a toujours tendance à se retrouver dans des situations sans penser aux conséquences. Et lorsqu’il se lance dans une aventure avec un tel enthousiaste, il ne songe jamais s’il arrive ou non à gérer la situation. Ça ne marche pas comme ça, Rod. Ça ne peut pas. Ce mariage n’est qu’un jeu pour Norman. Tu seras la femme et moi je serai le mari et nous enlèverons notre chewing-gum pour nous embrasser.
— Ils apprendront la vie.
— Et que va-t-il se passer la première fois qu’ils se disputeront ? La première fois où Norman jettera le passé de Rita en pleine figure ?
— Je sais que ça ne sera pas facile. Si Rita retourne à l’école, ils auront des problèmes, comme les enfants et l’argent. D’autant plus que Norman retourne au collège.
Leslie se permet d’en douter.
— Ils n’y retourneront jamais.
— Peut-être, mais toujours est-il que tu dois rester en dehors de ça. Laisse Norman régler ses problèmes à sa façon.
— Je n’avais pas l’intention de démarrer une dispute avec toi, convient Leslie.
— Je dois vraiment aller défaire mes valises.
Rodney s’apprête à partir. Leslie le retient.
— Rod, ce n’est pas le moment de se quereller.
— Je ne me querelle pas.
— Et tu ne peux pas t’offrir le luxe de feindre devant moi. Il y a trop en jeu… Steven semble penser que Fowler va rappeler Stella Chernak à la barre très prochainement.
— Eh bien, nous savons tous que c’est là le cœur de l’affaire.
— Son père a perdu son emploi à la fabrique. Schuster l’a viré.
— Il a fait ça ?
— Il n’avait pas le choix. J’ai cru comprendre que Chernak a perdu les pédales et a cassé du matériel.
— Est-ce que grand-père Peyton est au courant ?
— Oui.
— Et il a soutenu Schuster ?
— Il n’avait pas d’alternative, Rod.
— Oui, sûrement, murmure Rodney
— Écoute, j’aurais fait la même chose si j’étais à sa place. Si un homme doit inspirer le respect, il doit montrer du courage et un esprit de décision.
Rodney ouvre la porte.
— Maintenant écoute, Rod, poursuit le patriarche. Je pense qu’il était bien mieux pour ton affaire que ton grand-père le fasse.
Rodney referme la porte.
— Rien n’est jamais simple, n’est-ce pas ? Un homme ne peut même pas éternuer dans cette ville sans que tout le monde se demande si cela va affecter mon cas. Ce sont des enfantillages, papa. Des enfantillages. Deux garçons qui se battent pour une fille. Et le grand frère que se plante là pour remettre de l’ordre.
— Tu n’iras pas en prison, affirme Leslie.
— Je pourrais y aller.
— Tu n’es pas un assassin, Rod. Tu n’iras pas en prison.
— Elliot Carson n’était pas un meurtrier. Peut-être aurais-je plus de chance que lui. Ou peut-être que je sortirais de prison dans 18 ans, avec encore une bonne partie de ma vie devant moi. Nous verrons bien.
— Arrête ça, Rodney. Tu ne seras pas reconnu coupable. Trop de gens dans cette ville savent ce que tu vaux.
— Ils savaient aussi ce que valait Elliot Carson.
Cette fois, Rodney quitte la chambre pour de bon.
Il se rend à la réception et croise Betty. Il lui demande où se trouve Steven. Il lui parle de Lawrence, le détective privé que Steven a engagé en Californie pour fouiller le passé de Stella.
Retour à la maison de la plage, Michael et Stella dînent tout en parlant plaisamment lorsque le téléphone sonne. C’est la police.
Michael est informé de l’incident à la maison Peyton au sujet de Gus. Mike répond qu’il va en parler à Stella et qu’il va se rendre chez Peyton le plus vite possible.
Le médecin informe Stella que son père a eu un accident chez Martin Peyton.
Michael et Stella arrivent au manoir de Peyton et se précipitent vers la porte d’entrée.
Pour Allison Mackenzie, après avoir été percutée par un chauffard en délit de fuite, le rétablissement est long et difficile. Mais maintenant, elle a commencé à se souvenir d’une partie de sa vie qu’elle avait oubliée. Elle se rappelle les faits, mais elle doit encore découvrir leur sens profond.
Le pilori, le kiosque à musique, la neige sur le sol. Deux hommes passent la porte de l’hôpital. Allison se promène en fauteuil roulant, puis peint avec sa main gauche.
Allison peint avec sa main gauche dans la salle de rééducation tandis que Russ Gehring travaille à son bureau. Ils discutent tranquillement lorsque Rodney entre dans la pièce.
Russ s’en va pour les laisser seuls. Allison avait demandé à Rodney de venir la voir. Ils parlent du procès et de l’amour qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre avant l’accident.
Il lui apprend que c’est Leslie qui l’a fait sortir de prison sous caution. Rodney lui rappelle sa visite en prison et le fait que l’on pouvait voir le square depuis sa cellule.
Il dit à Allison qu’il a besoin d’elle. Il lui avoue enfin qu’ils s’aimaient tous les deux avant l’accident. Rod prend la main d’Allison, mais celle-ci la retire immédiatement.
Rodney comprend qu’il n’a plus rien à faire ici. Allison lui demande d’être patient, mais pour Rodney, on ne contrôle pas ses sentiments et si Allison n’en a plus maintenant, c’est qu’elle ne l’aime plus. Il lui dit qu’il ne reviendra plus la voir.
Le Dr Rossi rencontre Rodney au bureau des renseignements, ce qui donne à Rodney l’opportunité de demander des nouvelles de la santé d’Allison.
Michael lui dit que sa rééducation peut prendre du temps, ainsi que le recouvrement total de sa mémoire. Rodney lui dit qu’il n’a pas le temps. Il ne lui reste peut-être que trois semaines de liberté avant la fin du procès. Rodney est pessimiste et pense qu’il sera déclaré coupable.
Norman et Rita entrent dans leur appartement, désormais bien rangé. On peut voir la cible de fléchettes en arrière-plan. Leur nouvelle vie de couple leur sied à merveille.
Rodney entre dans l’appartement pour y prendre des affaires lui appartenant. Rita invite Rodney à dîner. Ce dernier la remercie, mais il décline l’offre et s’en va.
Stella frappe à la porte du bureau de Michael et entre. Elle lui dit qu’elle était au labo tout l’après-midi. Michael lui dit qu’il n’est pas disposé à plaisanter. Ils parlent d’Allison et du procès.
John Fowler arrive pour parler avec Stella. Rossi les laisse seuls, prétextant avoir un appel personnel à donner.
John veut que Stella témoigne à nouveau lundi. Elle est leur témoin clé. Stella lui demande s’il était au courant du renvoi de son père par Schuster, qu’elle surnomme le « sous-fifre de sa majesté Martin Peyton ». John veut que Stella aille témoigner. Il a bien l’intention de gagner ce procès.
Plus tard, Fowler se précipite vers Russ Gehring qui manœuvre le fauteuil roulant d’Allison.
John parle à Allison de son accident et du délit de fuite. Allison se souvient qu’il faisait sombre, mais la voiture qui l’a renversée était bleue ou vert foncé.
Gehring semble s’opposer à ce qu’on interroge Allison. John la remercie et s’en va.
Toujours à l’hôpital, Stella va rendre visite à son père, Gus, étendu dans son lit. Gus admet avoir fait une chose stupide en cassant des machines de la fabrique, et dit qu’il est désolé. Il est surtout désolé d’avoir été pris en flagrant délit. Stella parle encore brièvement avec lui avant de quitter la chambre.
Puis Gus se lève, s’habille et se glisse hors de l’hôpital.
Pour Allison Mackenzie, chaque jour est un jour d’espoir. Un espoir pour l’avenir. Le jour où elle emboîtera les pièces du puzzle de son passé.
Deux hommes entrent à l’hôpital. Allison, dans son fauteuil roulant, se rend dans le bureau du Dr Rossi.
Allison frappe à la porte, puis roule avec sa chaise à l’intérieur du bureau de Michael. Elle y trouve Stella qui écoute les nouvelles à la radio.
— Bonjour, mademoiselle Chernak.
— Bonjour Allison.
Stella éteint la radio pour ne pas que la jeune fille puisse entendre des nouvelles qui pourraient la perturber.
— Oh, vous avez très bien appris à vous servir de cette chaise, s’exclame-t-elle.
— Oui. Ma main droite commence à faire ce que je lui dis de faire.
— Vous devez être fière de vous.
— Eh bien, ce n’est pas moi en réalité. C’est M. Gehring. Il a fait en sorte que je le déteste suffisamment pour que j’aille mieux, uniquement pour le contrarier. Parfois je pense que le Dr Rossi utilise la même technique dans ses soi-disant entrevues.
— Oh, est-il sévère avec vous ?
— Hier, il m’a rendue tellement malade, je ne pouvais pas bouger mon bras.
— Tout semble aller mieux, aujourd’hui.
— Je souhaite qu’il me laisse un peu tranquille, soupire la jeune patiente.
— Pourquoi me dites-vous cela ? Vous voulez peut-être que je prenne pitié de vous ?
— Non. C’est juste que vous êtes une des rares personnes ici qui ne tourne pas autour de moi tout le temps.
— Eh bien, voilà une bonne base pour démarrer une amitié.
— Vous écoutiez quoi avant que je vienne ? s’enquiert Allison.
— Oh, les informations.
— Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas écouté la radio ni lu les journaux.
Allison rallume la radio. Pensant qu’ils vont bientôt parler du procès de Rodney, Stella se précipite sur la radio et l’éteint.
— Voyez-vous, elle n’est pas à moi, bredouille-t-elle. Je ne voudrais surtout pas la casser. Je suis désolée.
Allison fronce les sourcils.
— Que se passe-t-il ?
— Où ?
— Aux informations.
— Rien… Vraiment rien… Allison, je dois y aller maintenant. Le Dr Rossi va arriver dans deux minutes, OK ?
— OK.
Stella quitte la pièce et Allison en profite pour rallumer la radio au moment où le journaliste commente l’actualité de Peyton Place :
— … ceci a provoqué un tollé et a bouleversé la ville. Le jeune Rodney Harrington est accusé d’avoir tué Joe Chernak la nuit du 16 juillet. Le mobile serait la vengeance, pour avoir insulté son frère, Norman Harrington. Harrington est le petit-fils de Martin Peyton et le fils de Leslie Harrington, l’ancien directeur de la fabrique Peyton. Peyton Place a été sous le choc du témoignage des tiers produits par le procureur général, John Fowler. Tous les yeux sont rivés sur cette ville et…
Allison ferme les yeux d’une façon dramatique. Le journaliste poursuit :
— … Vous suivez grâce à nous le procès de Rodney Harrington minute par minute…
Le Dr Rossi entre et éteint brutalement la radio. Allison ne comprend pas.
— Pourquoi ne m’avoir rien dit ? Pourquoi ne m’avoir rien dit à propos de Rodney ?
— Pourquoi as-tu oublié ? Allison, je veux que tu te souviennes par toi-même, à ton allure.
— Cela ne vous dérange pas si l’on annule la séance d’aujourd’hui ?
— Je pense qu’on devrait plutôt faire face à cela.
Mike s’assoit sur le coin du bureau.
— Qu’as-tu entendu ?
— Un vrai méli-mélo. Rodney en procès pour meurtre… Ça ne peut pas être vrai. Pourquoi ne m’a-t-il rien dit lorsqu’il est venu me voir ?
— Parce que tu ne te souvenais plus et qu’il ne voulait pas te bouleverser. Te souviens-tu de quelque chose, maintenant ?
— Non. Rien.
— Te souviens-tu de la dernière fois où tu as vu Rodney ?
— Non.
Michael se lève et se dirige vers Allison.
— Allison, la dernière fois où tu as vu Rodney, tu étais allée lui rendre visite en prison. Lorsque tu es sortie, tu étais totalement bouleversée et juste après, tu as été renversée par la voiture.
— Non, ce n’est pas vrai ! crie la jeune fille.
— Allison, tu ne vas pas constamment fuir dans ta chambre à chaque fois que quelque chose te bouleverse. Pourquoi es-tu bouleversée ?
— Je pense que c’est une question parfaitement stupide, étant donné que je viens d’apprendre à la radio que quelqu’un que je connais est en procès pour meurtre.
— Qu’est-ce que Rodney représente réellement pour toi ? Qu’est-ce que tout ce procès signifie pour toi ?
— Qu’essayez-vous de dire ?
— Penses-y.
— Ça n’a rien à voir avec moi. Si je suis allée voir Rodney en prison, c’était probablement parce que je me sentais désolée pour lui. Ça n’a rien à voir avec moi, répète-t-elle.
— Je suppose que Rodney n’est rien d’autre pour toi qu’un ami.
— C’est exact. Personne ne représente rien pour moi, à l’exception de ma mère.
— Allison, tu es une fille chaleureuse, une belle jeune fille. Cela ne te semble pas étrange qu’à presque 19 ans, personne ne représente rien pour toi à l’exception de ta mère ?
— Docteur Rossi, si vous avez quelque chose à me dire, j’aimerais que vous me le disiez maintenant, que je puisse m’en aller.
— Peux-tu voir Rodney Harrington sans être bouleversée maintenant ?
— Bien sûr que je le peux. J’aimerais beaucoup le voir prochainement. Pouvez-vous lui en toucher un mot ?
Le médecin acquiesce, tandis qu’Allison retourne dans sa chambre.
Le Dr Rossi entre au labo avec la radio et l’allume. Stella entend la radio et se dirige vers Mike, l’air penaud.
— Je sais. Je me suis souvenue de la radio après être partie.
— Vraiment ?
— Que s’est-il passé ?
— Elle a entendu les nouvelles.
— Et puis ?
— Elle a essayé de se persuader que ce n’était pas vrai, et finalement a convenu que Rodney n’est qu’un simple ami.
— Eh bien… Cela n’a fait de mal à personne ?
— Je ne sais pas. Stella, vous connaissez les dangers d’un choc soudain dans son état. Cela aurait pu la faire régresser, la faire encore plus se détacher de la réalité. Cela aurait pu l’amener directement à une dépression.
— Je suis désolée.
— Vous êtes désolée ? Et c’est tout ? Vous avez permis qu’une telle chose se produise parce que vous saviez au fond les conséquences que cela pouvait avoir. Et…
Stella se tourne pour partir. Elle ne veut pas en entendre davantage.
— Où allez-vous ? lui demande Mike.
— Dehors.
— Voilà un trait de votre caractère intéressant, mademoiselle Chernak. À chaque fois qu’une chose ne vous plaît pas, vous claquez des talons et vous partez.
— Disons que c’est mieux que rester ici, et se faire injurier.
— Laissez-moi vous poser une question. Juste par curiosité. Avez-vous laissé ceci (il prend la radio) dans la pièce intentionnellement ?
Stella hausse les sourcils, incrédule.
— Intentionnellement ?
— Oui.
— Pour quelle raison aurais-je fait cela ?
— Donc, ce n’était que par négligence ?
— Oui. C’était par négligence…
Elle fait une pause pour réfléchir, et avoue :
— Non, vous avez raison. J’ai laissé la radio intentionnellement.
— Vous n’aviez aucun droit de faire ça.
— Je ne suis pas médecin. Je ne suis qu’un être humain avec des sentiments. Pourquoi ne devrait-elle pas savoir que mon frère est mort ? Pourquoi ne devrait-elle pas savoir que Rodney en est responsable ?
— Peut-être avez-vous raison. Peut-être devriez-vous partir avant que je ne dise quelque chose que je regretterais par la suite.
Stella quitte le labo.
Ada est venue à la librairie voir Constance et Elliot pour leur parler du mariage, et notamment du faire-part à publier dans le journal pour l’annonce. Constance a une idée à ce sujet :
— Que diriez-vous de : « Mme Ada Jacks vous fait part du mariage de sa fille Rita…
Elliot entre dans la librairie.
— Charmaine, rectifie Ada. Rita Charmaine.
— … Rita Charmaine avec M. Norman Harrington ». Qu’est-ce que vous en dites ?
— Ça me paraît bien.
— Très, très élégante, la complimente Elliot. Félicitations.
Il embrasse Ada sur la joue.
— Eh bien, comment as-tu appris la nouvelle ? s’enquiert Connie.
— Toute la ville est au courant. Norman va l’annoncer au monde entier si ça continue.
Ada rit.
— Ne me laissez pas vous interrompre, dit le journaliste aux deux femmes.
Constance montre quelques cartes à Ada.
— Que diriez-vous de celle-ci ?
— Un peu trop voyante.
— Celle-ci semble être plus simple et moins conventionnelle. Je pense que Rita aimera celle-là.
— Si vous le dites, madame Carson.
— Et avant que tu ne te décides, puis-je suggérer comme cadeau l’annonce du mariage dans le Clarion ? intervient Elliot.
— Merci Elliot. Je paierais l’annonce cette fois, et je te laisse le soin de l’annoncer… mais pas dans la page « actualités mondiales ».
— Chiche ?
— Merci pour tout, Constance.
— Nous vous appellerons lorsque les cartes seront prêtes. Et félicitez le couple de notre part.
— Je le ferais. Au revoir.
Ada s’en va.
— On dirait qu’elle est au septième ciel, commente Elliot.
— Elle a des raisons de l’être.
Le ton employé par Constance est mélancolique, et Elliot croit savoir pourquoi.
— Tu penses à Allison. Bien, sois juste contente pour Norman et Rita.
— Elle a le même âge que Rita. Elle et Rod.
— Allison ira mieux bientôt.
Ils se regardent amoureusement dans les yeux. Puis Elliot embrasse Constance.
Rodney entre dans le bureau de Steven.
— Bonjour Rod.
— J’ai un bulletin d’informations à t’apporter avec le petit déjeuner. Norman Harrington et Rita Jacks se sont mariés hier soir.
Steven est d’abord surpris par la nouvelle. Puis en colère.
— Quoi ? Tu plaisantes !
— Je ne mens jamais. Mon avocat m’a dit que ce n’était pas bien.
— Bon sang ! Ça change tout. Cette nouvelle va changer la donne du témoignage de Rita. Et nous faire revenir au point de départ.
— En quoi ce mariage affecte-t-il le témoignage de Rita ?
— Ils vont croire qu’il l’a payée pour se marier avec elle, explique l’avocat. Et ainsi plaider ta cause.
— Tu es étonnant. Steven, tu es vraiment étonnant.
— Je dis cela parce que c’est ce qu’ils vont penser.
— Ce n’est pas pour ça qu’ils se sont mariés.
— En es-tu sûr ? Ton volatile jeune frère a le profil typique d’un adolescent loyal vis-à-vis de sa famille.
— Je ne te suis pas.
— Eh bien, quand un gamin doit entrer dans le monde cruel des adultes, il se sent parfois un peu paumé. Et c’est ce qu’il a ressenti après le témoignage de Rita. Ces deux-là sont collés l’un à l’autre. C’est un peu un Don Quichotte qui vole au secours d’une demoiselle en détresse.
— Dis-moi une chose. N’est-il vraiment pas possible que des gens agissent autrement que par intérêt ? Par amour, par exemple ?
— Bien sûr, cela arrive. Mais il doit contrôler tout cet amour. Pourquoi n’ont-ils pas attendu une semaine ? Un mois ? Ou mieux encore, jusqu’à ce que le procès soit terminé ? Tu sais, épouser Rita le jour même de son témoignage ne pourra que nous être néfaste.
— Fowler a cité Norman à comparaître ce matin, annonce Rodney.
Steven accuse le coup de cette seconde nouvelle. Il est en colère et hausse la voix.
— Autre chose ? Tu sais, si la terre s’ouvre et engloutit la statue de Samuel Peyton, j’apprécierais que tu me dises.
— Fowler l’a cité à comparaître ce matin, je n’y suis pour rien.
— En réalité, je ne suis pas très surpris.
— Eh bien, moi si. Et j’ai peur.
Norman s’entretient avec Leslie et Rodney dans l’appartement. Il fixe une cible de fléchette sur la porte.
— Alors, ça ressemble à quoi ? Propre, hein ?
Il ajuste la cible qu’il trouvait mal fixée.
— C’est mieux ? Donnons à cet endroit un sentiment de… de classe.
— Ton attitude laisse vraiment à désirer, soupire Leslie.
Norman s’en étonne.
— Pourquoi ? C’est le premier cadeau que quelqu’un m’a fait depuis que je me suis marié.
— Une citation à comparaître n’est pas à prendre à la légère.
— Je sais. Je suis désolé, se reprend le jeune homme.
Rodney intervient.
— Norman, tu es stup…
— La ferme. Je ne vais pas laisser ceci me saper le moral.
— Je souhaite toujours que tu prennes ma demande en considération, Norman, dit Leslie.
— Non. Je ne vais pas prétendre que Rita et moi ne sommes pas mariés alors que nous le sommes.
— Ne pourrais-tu pas attendre un peu, le temps que le témoignage de Rita soit oublié ?
— Je vais dire la vérité. Notre bon et noble avocat a toujours dit que la vérité nous servirait toujours. Mon mariage avec Rita est un fait. Et nous allons y faire face.
Phyllis Sloan débarque au palais de justice de Peyton Place. Dans le couloir, elle croise John qui sort de son bureau. Elle lui reproche la disparition de sa sœur Marian. Fowler lui assure qu’il ne sait pas où se trouve sa femme et lui dit qu’elle n’était pas obligée de faire tout le chemin depuis Boston. Il est sûr que Marian va bien.
Steven, qui passe par là, surprend la conversation.
John demande à sa belle-sœur de repartir pour Boston. Elle insiste pour rester et savoir ce qui s’est passé. John lui rétorque qu’il a la situation bien en main et qu’il va la retrouver. Il se trouve que le problème qu’ils ont est un problème entre un mari et sa femme. Phyllis n’y peut rien, et n’a rien à faire dans cette histoire.
Au tribunal, Norman, en tant que témoin hostile, est interrogé par John Fowler au sujet de la bagarre. Il lui demande si Joe Chernak a défié la virilité de Norman.
Fowler veut lui faire dire que Rodney était en colère contre Joe Chernak parce que celui-ci a battu Norman alors qu’il était conscient d’être plus fort que lui.
Lorsqu’il l’interroge sur la relation qu’il a avec Rita, Norman avoue qu’elle est sa femme et qu’ils se sont mariés la nuit dernière.
Fowler est intéressé par cette nouvelle et insinue que le mariage est un arrangement en faveur de la défense.
Steven contre-interroge Norman. Il fait dire à Norman que le mariage n’était nulle autre chose qu’un acte d’amour.
Norman Harrington et Rita Jacks se sont enfuis la nuit dernière. Instinctivement, sans doute, mais aussi parce qu’ils sont profondément amoureux l’un de l’autre. Maintenant, ils reviennent pour vivre une nouvelle vie ensemble, et découvrir un nouveau monde. La première neige commence à tomber sur Peyton Place.
Le square de Peyton Place, les deux canons, le panneau de bienvenue de la ville.
Rita et Norman sortent de la décapotable et se précipitent dans le square pour s’amuser dans la neige. Ils sont heureux.
Ils aperçoivent Eli. Ils se précipitent vers lui et lui apprennent leur mariage. Eli est sincèrement ravi pour eux. Il embrasse la mariée et leur souhaite bonne chance pour l’avenir.
Plus tard, Rita et Norman se trouvent devant le porche d’Ada et hésitent avant d’entrer. Ada s’est assoupie à la table de la cuisine.
Rita la réveille et lui annonce la nouvelle. Ada l’étreint. Elle offre aux jeunes mariés sa chambre en disant qu’elle dormira sur le canapé. Elle souhaite aussi faire une fête pour célébrer l’événement, et prévoit un barbecue.
Gus s’agite sur son lit d’hôpital. Il appelle l’infirmière. Il veut qu’on lui enlève « cette chose » de son bras (il veut parler de la perfusion).
Stella est avec lui et tente de le calmer. Gus lui conseille de ne pas revenir sur ses déclarations faites lors de son témoignage.
— Tu es assise sur une mine d’or. Il te suffit de garder tes lèvres fermées et le jackpot est pour toi. Vas-y et montre-leur…
— La menteuse que tu veux que je sois, raille Stella.
Michael entre dans la chambre. Il sermonne Gus à propos de son alcoolisme. Gus veut savoir s’il va mourir. Il a une cirrhose très avancée. Les veines de son œsophage se sont rompues la nuit dernière.
Schuster va voir Peyton au manoir afin de lui dire que les dégâts causés par Gus à la fabrique s’élèvent à 500 dollars. Il lui précise qu’il a renvoyé Gus.
Peyton lui demande si la compagnie d’assurance a été prévenue. Avant que Schuster ne parte, Peyton lui demande des nouvelles de sa famille et dit qu’il faudra qu’il prépare Kim à témoigner à la barre.
David lui répond que son témoignage à l’audience préliminaire a bien failli la détruire et qu’il ne laissera pas Fowler l’interroger. Martin pense que Steven pourrait le faire, ce serait dans la logique des choses. Schuster lui dit qu’en tant que père, il ne le permettra pas.
Norman apprend son mariage avec Rita à Rodney. Ce dernier lui dit qu’il va déménager de leur appartement pour les laisser seuls.
Leslie arrive. Rodney lui offre une tasse de café. Norman apprend à son père qu’il s’est marié avec Rita. Leslie soupire :
— Eh bien… ce qui est fait est fait.
En réalité, il n’a rien contre ce mariage, sauf qu’il pense que cela pourrait desservir Rodney pour le procès.
Rod lui dit qu’il n’a rien à craindre et qu’il en a plus qu’assez de voir son père constamment s’immiscer dans leur vie comme il le fait.
— Tu ne peux pas prétendre qu’il n’est pas marié. Maintenant, sa vie est avec Rita. Et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu ne te mêles pas de leurs affaires.
Il sort pour se changer les idées et se rend au square. Il s’arrête près du pilori, il prend de la neige dans les mains pour en faire une boule.
L’officier de police Frank se dirige vers lui et lui demande si Norman est ici. Il lui dit qu’il a une autre citation à comparaître à lui donner. Frank grimpe les escaliers menant à l’appartement de Norman. Rodney lance la boule de neige au hasard.
À chaque chose est associée une saison. Et un but pour chacun sous les cieux. Un temps pour garder le silence. Un temps pour parler, un temps pour aimer, et un temps pour haïr. Et pour Norman Harrington et Rita Jacks, un temps pour attendre.
Norman conduit Rita à Owens Ridges. Les deux lignes du gros titre du Clarion : « L’accusation appelle un nouveau témoin dans l’affaire Harrington ».
Le révérend Dr Brown et sa femme, Martha, ont une chapelle en bordure de route à Owens Ridge. Le Dr Brown essaie de dissuader Norman et Rita de se marier, prétextant qu’ils sont encore jeunes et qu’ils ont le temps pour réfléchir.
— Ce sera pour la vie. Ce n’est pas un truc de gosse, assure Norman.
— Alors vous ne devriez pas avoir peur de tester votre amour en attendant.
Mais les deux jeunes gens semblent décidés.
Dans son bureau, à la fabrique, David Schuster dicte une lettre.
— Concernant l’offre sur les ordinateurs, le S-105 semble…
Soudain, il se fige. Il entend du bruit, se lève et regarde par la fenêtre en direction de l’étage de production. Il voit Gus mettre à mal les machines avec un marteau. Il prend le téléphone.
— David Schuster à l’appareil. Pouvez-vous sonner le gardien de nuit ?
Schuster éteint la lumière, surprenant Gus, qui s’écrie :
— Hey ! Qu’est-ce qui se passe ?
David rallume et se rend à l’étage de production.
— Bonne question, fait-il. À vous de me le dire.
— Pourquoi devrais-je vous dire quoi que ce soit ? Vos chaussures sont bien cirées. Laissez-moi tranquille.
David tente de l’amadouer :
— Attendez une minute… une minute… une minute… Venez, venez, allons parler dans mon bureau.
— Votre bureau ? Vous voulez dire le bureau de Harrington. Oh, je l’entends encore me dire : « Gus, vous n’êtes pas un bon styliste. Nous allons vous trouver un emploi aux machines. Gus, on ne peut plus vous laisser aux machines, nous allons faire de vous un gardien de nuit ».
— Attendez une minute… Je ne suis pas Leslie Harrington, se défend David.
— Quelle différence cela peut-il faire ? Simplement le nom sur la porte.
— J’ai essayé de vous aider.
— M’aider ? Comment ? En me permettant de me mettre à genoux pour mendier une petite avance sur mon salaire, hein ? En laissant ma femme laver votre vaisselle sale ? Vous auriez pu m’aider, mais vous ne l’avez pas fait.
— Comme donner un job à votre fils ?
— Vous n’avez pas la conscience pour vous. Mon fils Joe. Joe Chernak. Il n’était pas assez bien pour travailler dans votre fabrique. Mais Rodney Harrington, oui !
— Je suis désolé. Je ne pouvais pas lui donner un travail. Lorsque j’ai regardé son CV, j’ai appris qu’il n’avait jamais gardé une place plus d’une semaine.
— Mais il n’avait jamais tué quelqu’un comme l’a fait votre précieux Rodney Harrington.
— Donnez-moi ce marteau, Gus.
— Venez me le prendre.
Schuster se met en position de combat.
— Gus…, prévient-il.
— Qu’est-ce que vous allez faire ? Me renvoyer ?
— Vous ne me donnez pas le choix.
— Vous n’êtes pas assez fort.
Gus frappe une nouvelle fois avec le marteau sur une machine. David se précipite vers lui et lutte pour lui prendre le marteau des mains. Gus s’effondre, le souffle coupé. David se penche vers lui pour l’aider.
— Gus ? Gus ?
Voyant Gus évanoui, Schuster court vers le téléphone.
— C’est de nouveau monsieur Schuster. Et c’est une urgence. Appelez l’hôpital !
Plus tard, le bruit d’une ambulance retentit. Le Dr Rossi débarque à l’étage de production.
— Que s’est-il passé ? s’enquiert le médecin.
— Je l’ai trouvé en train de s’acharner sur les machines avec ce marteau, explique David. J’ai essayé de le raisonner.
Michael se penche et examine Gus. Il prend son pouls.
— Est-ce le cœur ? demande le directeur de la fabrique.
— Non, non. Je ne pense pas.
Gus est placé sur un brancard par deux ambulanciers, aidés par Michael. On le couvre.
— C’est arrivé lorsque j’ai essayé de lui prendre ce marteau des mains, explique David.
— Comme s’il était déterminé à tout détruire, en conclut Michael. Lui y compris.
Gus est porté jusqu’à l’ambulance.
Nous apprendrons plus tard que les dommages causés par Gus s’élèvent à 500 dollars (une fortune à l’époque).
Norman et Rita sont devant la porte de la chambre de leur motel. Norman sourit à Rita, la porte dans ses bras et ouvre la porte de la chambre en lui donnant un léger coup de pied. Dans la chambre, Rita allume la radio et admire sa bague de mariée.
Au Colonial, Rodney se rend au bar. Il commande à Charlie, le barman, un jus d’orange et lui demande de rajouter un brin d’alcool. Le barman refuse poliment.
Michael arrive et commande un martini on the rocks. Il informe Rodney qu’il revient de la fabrique où il a été appelé d’urgence pour Gus Chernak.
Gus a une maladie du foie. Rodney ironise en disant qu’il est content d’avoir un alibi cette fois. Il parle au médecin du témoignage de Rita aujourd’hui.
Puis Rodney évoque Stella.
— Ce que je ne comprends pas, c’est comment vous pouvez la garder comme assistante, après ce que vous savez.
— Après que je sache quoi ?
— Que c’est une menteuse !
Pendant ce temps, au motel, Rita tourne le bouton de la radio pour changer de station. Elle est seule. Elle entend une sirène au loin. Probablement une ambulance.
Elle regarde dehors à travers les stores vénitiens. Inquiète, elle prend le téléphone et appelle la réception pour savoir si quelqu’un a vu Norman. Elle se présente comme Mme Harrington.
Norman frappe à la porte et entre. Il vient de lui acheter un déshabillé. Rita s’émerveille devant le tissu. Norman admet qu’il a mis au clou sa montre chez le bijoutier pour vingt-cinq dollars afin de lui offrir ce déshabillé.
Rita se rend dans l’autre pièce pour le mettre. Pendant ce temps, Norman sort d’une boite à chaussures des pantoufles en duvet qu’il dispose sur le lit. Rita revient vêtue du déshabillé et aperçoit les pantoufles.
Norman jette un coup d’œil à travers les stores vénitiens. Rita allume une bougie. Norman apporte une bouteille de champagne, qu’il ouvre et ils portent un toast à leur nouvelle vie.
Rita Jacks a témoigné qu’elle est devenue la petite amie du défunt Joe Chernak dans le but d’entrer dans sa bande. Son témoignage a permis de cerner la véritable personnalité de Joe. Une personnalité qui a détruit la jeune femme.
Après le témoignage de Rita, Elliot Carson la conduit avec sa mère à travers la ville. Elles sont assises à l’arrière de sa belle limousine. Elliot dépose Rita et Ada à la Taverne.
Dans sa chambre, au Colonial, Steven est étendu sur son lit lorsque le téléphone sonne. Perturbé, il jette l’oreiller sur l’appareil qui tombe à terre.
Betty frappe à la porte et Steven la fait entrer. Elle l’informe que M. Peyton souhaite qu’il l’appelle. Steven n’est pas d’humeur à parler au vieil homme.
— Je lui enverrais une copie du témoignage de Rita, et nous verrons ça demain.
Betty lui dit qu’elle n’a pas aimé ce qu’il a fait à Rita à l’audience. Il lui rétorque qu’il devait le faire, mais que ça a été difficile pour lui. Il est très tendu, le témoignage de Rita l’a vraiment bouleversé et il se sent sale. Betty le comprend et le rassure. Ils s’embrassent.
À la Taverne d’Ada Jacks, le juke-box diffuse une chanson. Ada se dirige vers l’appareil et baisse le son. Les chaises sont empilées sur les tables, signifiant ainsi que le bar est fermé.
Gus Chernak entre en trombe pour parler à celle qu’il appelle « la menteuse ». Il mentionne évidemment Rita, qui selon lui a sali le nom de son fils.
Ada protège sa fille en criant sur l’homme. Gus ne se laisse pas faire et braille à son tour. Ils se battent (il est rare de voir un homme et une femme se battre dans une série, cela doit être une première).
Stella se précipite dans la pièce et essaie de refréner la colère de son père. Elle parvient à le faire sortir de la Taverne.
Ada se rend dans la chambre de Rita. La jeune fille est étendue sur le lit, pleurant toutes les larmes de son corps. Ada, devant le désespoir de sa fille, pleure également.
Finalement, Rita essaie de la réconforter. Ada se rend ensuite dans la cuisine pour préparer une collation. Rita vient la voir pour lui dire qu’elle sort prendre l’air frais.
Dehors, elle aperçoit Norman assis sous le porche. Ils s’embrassent et s’enlacent. Norman veut lui parler sérieusement. Ils descendent dans la rue.
Ada ouvre la porte à la recherche de Rita et elle voit Norman partir avec Rita. Un sentiment de soulagement se lit sur son visage.
Chez les Carson, Elliot traverse la chambre en désordre d’Allison. Constance entre et lui dit qu’elle vient de préparer du café.
Elliot se décide à mettre en ordre la chambre de sa fille. Allison va bientôt rentrer de l’hôpital. Il remercie Constance d’avoir si bien élevé Allison. C’est une jeune fille brillante et extraordinaire. Constance lui répond qu’elle n’a rien fait pour ça.
Elle réfléchit au fait que Rita a été capable de faire face à sa réalité, tandis qu’Allison est incapable de faire face à la vérité. Elle soupire :
— Le Dr Rossi m’a dit qu’il faudrait du temps avant qu’Allison accepte le fait que M. Mackenzie n’existe pas.
Cette déclaration déprime Elliot qui se demande combien de temps il va jouer à l’intrus dans cette maison, et dans la vie de sa famille.
Chez les Chernak, Stella entre et demande à Gus où se trouve sa mère. Il lui répond qu’Anna est partie remplir l’église de ses larmes et les essuyer avec ses cheveux. Gus porte Joe aux anges :
— C’était un gosse qui avait du cran, affirme-t-il.
Stella lui rétorque que Joe était un être égoïste et égocentrique. Elle se dispute avec son père qui n’accepte pas cette version.
Stella lui rappelle qu’elle a fait un faux témoignage qui risque d’envoyer un innocent en prison pour des années. Il la gifle violemment.
— Je t’interdis de changer un seul mot à ton témoignage, la prévient-il.
Puis il se précipite dehors en claquant la porte.
Sur la plage, Norman et Rita discutent de l’avenir et de la possibilité d’avoir un jour des enfants. Rita ne veut pas de filles. Elle ne veut que des garçons. Norman lui dit que, cependant, Peyton Place a besoin d’une bonne équipe de baseball. Ils rient.
Norman lui demande si elle a froid. Il lui pose son manteau sur ses épaules. Ils se blottissent l’un contre l’autre et s’avouent leur amour mutuel. Puis ils s’embrassent.
À la Taverne, les clients affluent. Rodney entre et fait remarquer à Ada qu’il est assez âgé pour être jugé, mais pas assez pour consommer de l’alcool. Ada sert un client.
Rodney lui demande si elle sait où se trouve Norman. Elle lui répond qu’il est dehors avec Rita. Rodney l’aurait parié.
De son côté, Ada lui avoue qu’elle est surprise, car elle pensait qu’après le sordide témoignage de Rita, Norman n’aurait plus voulu entendre parler d’elle.
Le jeune homme demande à la patronne de l’appeler lorsque Norman reviendra. Ada lui dit qu’il ne doit pas se faire de souci pour son frère. Puis Rodney s’en va.
Norman et Rita s’acheminent vers la maison de la jeune fille. Rita voudrait que ce soir ne s’arrête jamais. Elle ne veut pas lui dire au revoir ni bonne nuit. Norman la regarde dans les yeux en souriant.
— Marions-nous, déclare-t-il soudain.
Rita est d’accord, mais elle pense à sa mère qui va s’inquiéter. Norman lui suggère de se marier d’abord et de l’avertir après. Rita baisse les yeux.
— J’ai peur à l’idée de me marier.
Elle trouve cependant le courage de s’engouffrer dans la voiture de Norman. Avant de partir, il lui dit :
— La prochaine fois que tu entreras dans cette voiture, tu seras Mme Norman Harrington.
La maison des Anderson. Julie Anderson est tombée dans les escaliers, selon son mari. Et le Dr Michael Rossi reçoit son premier appel d’urgence à Peyton Place
Le Dr Rossi gare sa voiture dans la rue et se dirige vers la maison des Anderson.
George Anderson fait entrer le docteur en l’appelant Russo. Le Dr Rossi le corrige. (Dans l’épisode 3, Catherine Marie Peyton Harrington l’appelle Rosey. Il se moque de son propre nom dans l’épisode 439 lorsqu’il fait appel à Marsha Russell).
George dit au docteur Rossi qu’il a porté Julie à l’étage, qu’il ne pouvait pas la laisser par terre. Rossi lui répond qu’il n’aurait pas dû déplacer Julie.
Betty entre et est présentée au Dr Rossi. Elle est gênée de voir le médecin, car elle s’est enfuie de son cabinet la dernière fois.
Rossi monte à l’étage. Les craintes de Betty se portent maintenant sur sa mère lorsqu’elle apprend qu’elle est tombée des escaliers. George minimise l’étendue des blessures de Julie.
Betty n’a pas envie de parler de sa rupture avec Rodney à son père. George n’hésite pas à lui dire qu’elle est bien trop bien pour le jeune Harrington.
Le docteur Rossi descend les escaliers et dit à George qu’il a donné un sédatif à Julie et que George doit l’amener à son cabinet demain pour passer une radio de sa main.
George se plaint de toute la malchance qu’il a eu ces derniers temps. Rossi est agacé et fait remarquer que c’est Julie, et non George, qui est tombée dans les escaliers.
À la librairie, Constance s’efforce de faire une vente à Catherine Peyton Harrington. George Anderson entre en sifflotant et cherche quelque chose de drôle à offrir à Julie.
Constance met George en colère en essayant de lui vendre un roman. Il finit par acheter un livre intitulé « Sophisticates », un livre soi-disant humoristique où l’on voit en couverture le dessin d’un homme qui tire une femme par les cheveux. Il pleure de rire en parcourant le livre.
Puis il se plaint à Catherine que Rodney a largué sa fille, Betty. Catherine ne semble pas du tout perturbée par cette nouvelle et est plutôt méchante avec George, comme à son habitude.
Dans son bureau, situé au Peyton Professional Building, au-dessus du Peyton Place Clarion, le Dr Rossi discute avec Julie Anderson.
Le Peyton Professional Building constitue l’entrée extérieure du bureau du journal Clarion et des bureaux professionnels situés à l’étage.
Il montre à Julie une radiographie de sa main. [Cela semble être une incohérence, car rien n’indique qu’il y ait une machine à rayons X dans son bureau et il ne fait pas encore partie du staff de l’hôpital.] Elle n’est pas cassée.
Ils parlent ensuite de Betty. Julie l’informe qu’elle est au courant de sa « situation ». Le Dr Rossi aimerait que Julie persuade sa fille de revenir pour une consultation.
Elle ne veut surtout pas que George apprenne l’état de Betty. Michael lui demande si elle pense que George a besoin d’aide. Elle lui répond que George est colérique. Rossi assure à Julie qu’il veut aider la famille Anderson de toutes les manières possibles.
George attend dehors, dans la rue, que Julie quitte le Peyton Professional Building. Il offre le livre à Julie et elle fait semblant d’être contente de ce cadeau. Elle n’a pourtant qu’une envie : le lui jeter à la figure !
Toujours dans son bureau, le Dr Rossi discute avec Laura Brooks, la veuve du Dr Donald Brooks, le médecin qu’il a remplacé, et qui travaille maintenant comme sa secrétaire. Elle évoque le mode de vie de Peyton Place, bien différent de celui des grandes villes comme New York
Rossi ouvre une lettre du Dr Carl Landau et lit : « Michael, que fais-tu dans un avant-poste provincial comme ce Peyton Place ? »
Allison se précipite dans la rue et tombe sur le Dr Rossi qui sort du Peyton Professional Building. Elle s’excuse. Ils discutent brièvement.
Le Dr Rossi se rend ensuite à la librairie, apparemment pour acheter encore des cartes postales. En réalité, il est là pour parler avec Constance.
Il lui demande pourquoi elle est venue à son bureau pour parler. Constance est plutôt évasive. Rossi pense qu’elle l’a fait parce qu’elle se trouvait dans un endroit où le secret professionnel prévaut. Il lui dit qu’il ne veut pas qu’elle essaie de l’exclure de sa vie.
Dans sa chambre à l’étage, allongée sur le dos dans le lit, ses longs cheveux blonds flottant, Allison écoute un album 33tours de « Roméo et Juliette », et lit en même temps, lorsque le téléphone sonne.
Elle descend en courant dans le salon pour répondre. À cette époque, la plupart des familles de la classe moyenne n’avaient qu’un seul téléphone.
Son amie, Abby Chapman, appelle pour parler de Rodney Harrington et savoir comment s’est passé son rendez-vous avec lui. Allison dit qu’elle va avoir un deuxième rendez-vous avec Rodney, probablement au Shoreline Cafe, le lieu de rencontre des adolescents.
Constance entre par la porte d’entrée et Allison met fin à l’appel.
Leslie Harrington rentre au manoir alors que Rodney se prépare pour son rendez-vous avec Allison.
À l’étage, ils discutent de l’autre soir, lorsque Rodney est monté dans le bureau de Leslie et a vu Leslie embrasser Julie, la mère de Betty Anderson.
Rodney demande à son père : « Pourquoi a-t-il fallu que tu t’en prennes à la mère de la fille avec laquelle je sortais ? ».
Rodney informe Leslie que le père de Betty, George Anderson, vient d’arriver en voiture.
Leslie descend les escaliers. Norman demande à Rodney ce qui le tracasse. Rodney dit à Norman que George est de retour d’un voyage d’affaires et qu’il vient parler à leur père. Norman les a entendus parler du baiser échangé entre Leslie et Julie. Il se demande si George est au courant et si c’est pour ça qu’il est venu.
Dans le salon, Leslie veut parler affaires, mais George veut parler de sa fille, Betty, et de sa femme, Julie. Ils parlent de l’époque de l’école et de l’accident de Julie, qui est tombée dans les escaliers.
George demande à Leslie de reporter de quelques jours le voyage de vente Detroit-Cleveland. Voyant qu’il ne veut pas, il dit sournoisement qu’il aimerait emmener Julie pendant ce voyage afin qu’elle ne soit pas seule.
Leslie répond qu’il a besoin d’elle au bureau. George répond : « J’ai besoin d’elle aussi, Leslie ». Leslie dit qu’il va y réfléchir.
De leur fenêtre à l’étage, Rodney et Norman observent George Anderson et leur père sortir du manoir et se serrer la main.
De passage à New York, un habitant de Peyton Place broie du noir à la fenêtre d’un hôtel. Son esprit est tourmenté par la découverte d’une vérité qu’il sait ne pas pouvoir affronter.
New York City. George Anderson, le mari de Julie, décroche le téléphone pour passer un appel.
Il demande à l’opératrice (n’oublions pas que nous sommes en 1964) de le mettre en communication avec la Fabrique Peyton à Peyton Place, Massachusetts 555-2786, et demande à l’opérateur de l’hôtel de faire transiter l’appel par Boston. Il appelle de la chambre 1104 de son hôtel.
Julie décroche. Il demande des nouvelles de Betty et lui dit qu’il rentre demain soir. Il demande à Julie ce qu’elle veut faire à son retour.
La conversation devient gênante surtout lorsque George essaie de la convaincre de l’embrasser au téléphone. Elle hésite à le faire, car Leslie est entré dans le bureau du secrétariat. Mais il insiste tant qu’elle s’exécute.
Après avoir raccroché, Julie informe Leslie que George sera de retour demain matin. Leslie perçoit une certaine fébrilité dans la voix de sa secrétaire. Elle est inquiète, car Rodney les a surpris l’autre soir.
Leslie mentionne que c’était la première fois qu’ils s’embrassaient et que ce n’est pas de chance que Rodney soit entré dans la pièce au même moment.
Allison se précipite à la librairie, demande à Constance un dollar d’acompte pour acheter un rouge à lèvres, et ouvre la caisse. Elle demande à sa mère si elles peuvent dîner tôt ce soir, car elle a un rendez-vous. Allison s’empresse de partir.
Matthew Swain salue un certain Dan alors qu’il traverse le square près du kiosque à musique. Allison croise son oncle Matt au milieu de la place et lui confie qu’elle a rendez-vous avec Rodney Harrington.
Matthew entre dans la librairie pour parler avec Constance. Elle rentre le stand de journaux, car elle a décidé de fermer plus tôt.
Elle raconte à Matthew qu’elle voulait donner à Allison le nom d’Alicia, la mère de Rossi. Mais elle trouvait qu’Allison sonnait plus « Nouvelle-Angleterre ». Elle sait qu’elle doit clarifier les choses avec le Dr Rossi. Elle ferme la boutique et va rendre visite au médecin.
Rossi aide un patient, Seth Clay, à enfiler son manteau. Ce patient est un ouvrier d’usine qui a peur de perdre son emploi s’il tombe malade. Rossi lui dit de ne pas exécuter de travaux lourds. Seth demande à Rossi de glisser un mot à Harrington pour lui. Rossi répond : « Je vais m’en occuper ».
Constance entre au moment où Seth s’en va. Elle prévient le médecin qu’il ne s’agit pas d’une visite professionnelle.
Elle admet qu’elle n’a pas été complètement honnête avec lui tout à l’heure. Rossi dit qu’il le savait.
Constance est désolée de lui avoir menti en prétendant ne pas le reconnaître. Rossi lui demande de quoi elle a peur. Elle répond qu’elle a raconté une histoire à Allison à propos de sa naissance. Elle avait trop honte pour dire à sa fille qu’elle était née dans un service public de l’hôpital Bellevue à New York.
Rossi lui rappelle qu’il était l’infirmier qui lui apportait des fleurs à l’hôpital. Il lui propose de dîner avec elle ce soir, mais elle refuse. Il la prévient qu’il renouvellera sa demande.
C’est le soir du grand rendez-vous pour Rodney et Allison. Ils flânent sur Glover Street, la rue commerçante. Ils rencontrent l’officier Dan qu’ils saluent au passage.
Puis ils croisent un couple devant l’agence immobilière et la femme se retourne et fixe brièvement le jeune couple d’un air désapprobateur. Peyton Place étant une petite ville, tout le monde se connaît plus ou moins, et la réputation de tombeur de Rodney n’est un secret pour personne.
Les deux jeunes gens continuent jusqu’au quai et montent à bord d’un bateau d’excursion.
Allison dit qu’elle aime être sur le quai, car elle se sent libre. Elle ajoute que Joe le Portugais, un des pêcheurs qui a son bateau amarré non loin d’ici, leur apportait des homards lorsqu’elle était enfant.
Ils parlent de la vie. Rodney lui demande d’être son ami. Il l’appelle « Allison aux pays des merveilles ». Ils entendent le carillon de l’église sonner 23h00. Il est l’heure pour Rodney de ramener sa belle à la maison. Il lui demande si elle a passé un bon moment. Elle admet que oui.
Dans la maison des Anderson, Betty écoute de la musique forte et Julie descend pour lui demander de baisser le son.
Betty dit à Julie que le monde est plein de garçons. Elle peut toujours claquer des doigts et en trouver un autre. Mais le problème, c’est qu’elle ne veut personne d’autre.
Elle pensait que Rodney l’aimait, et que c’est pour ça qu’elle s’est laissée séduire. Julie comprend avec horreur ce que sa fille lui dit à demi-mot, à savoir qu’elle est enceinte.
Betty dit qu’elle s’est enfuie du bureau de Rossi parce que Laura, la tante de Rodney, s’y trouvait.
On entend George siffler dehors. Il entre et offre à Betty une boîte de chocolats de 5 livres, ajoutant sans tact qu’elle était en promotion.
Julie dit à George qu’elle ne l’attendait pas avant demain matin. Betty dit à son père qu’elle et Rodney se sont séparés, mais qu’ils vont se réconcilier.
George assure à Betty de ne pas hésiter à venir le voir si elle a des problèmes, qu’il s’occupera personnellement de Rodney si c’était le cas.
Betty décide d’aller se promener afin de se changer les idées, laissant ses parents seuls.
George dit à Julie qu’elle lui a manqué. Il veut la prendre dans ses bras et l’embrasser, mais elle est plutôt froide avec lui. George lui crie dessus. Il se plaint des chambres d’hôtel minables qu’il est obligé de supporter et espère en rentrant chez lui trouver un peu de réconfort de la part de sa femme.
Il lui demande de lui dire exactement ce qui se passe. Julie est effrayée par son comportement menaçant. Il s’énerve et fonce droit sur elle. Julie hurle.
Par un matin ensoleillé, il y a presque 300 ans, une jeune femme a traversé cette place au son du tambour pour faire pénitence au pilori. Ensuite, ils lui ont rasé la tête et l’ont envoyée hors de la ville, pour toujours. Comme toutes les filles de Peyton Place d’aujourd’hui, Betty Anderson a entendu cette histoire de nombreuses fois. Le fait de la connaître ne l’a pas empêchée de donner son amour à un garçon avant le mariage.
La pharmacie de Peyton Place, située à Glover Street, dans l’allée commerçante, le bâtiment de 4 étages derrière elle, et l’extrémité est de la place.
Betty Anderson traverse la rue en direction du Colonial Post Inn et s’arrête devant le pilori. Elle lit la plaque :
PEYTON PLACE – MONUMENT HISTORIQUE – PILLORI – LIEU DE PUNITION PUBLIQUE – 1650-1700
Allison s’approche de Betty. Nous avons une vue panoramique depuis l’est de la place jusque devant le bâtiment de Peyton Place Banking & Trust Co. La caserne de pompiers est cependant masquée par le kiosque à musique.
Allison et Betty parlent des femmes pécheresses qui ont été prisonnières du pilori. Betty se demande pourquoi il est toujours là, et Allison pense que la ville l’a laissé pour les visiteurs.
Allison est une lycéenne de 17 ans et Betty a trois ans de plus et a déjà quitté l’école. Betty et Allison ne s’attardent pas à bavarder davantage. Elles se saluent et chacune part dans des directions opposées : Allison vers l’auberge, et Betty vers le Peyton Professional Building, là où se trouve le cabinet du docteur Rossi.
Rodney arrive dans sa décapotable et klaxonne à la charmante Allison. Il lui demande s’il peut la conduire à l’école.
Après quelques plaisanteries et discussions, elle et sa pléthore de livres montent dans la voiture. Rodney évoque le rendez-vous qu’ils doivent avoir vendredi soir. Il lui assure que son histoire avec Betty est terminée. Les deux jeunes gens partent en direction du lycée Peyton.
Dans son bureau du Peyton Professional Building, au-dessus du Clarion, le Dr Rossi examine Betty.
Il lui demande si elle a déjà été traitée par le Dr Donald Brooks. Elle lui répond que le Dr Brooks s’est occupé de ses maladies d’enfance.
Il dit qu’il va essayer de trouver son dossier. Pendant ce temps, Betty regarde par la fenêtre et voit le pilori qui semble la narguer. Elle en parle au médecin et lui fait comprendre qu’elle pense être enceinte.
Rossi tente de la réconforter en lui disant que ce genre de chose est déjà arrivé auparavant. Ce n’est pas d’un grand réconfort pour Betty.
Laura Brooks passe devant le palais de justice et la caserne de pompiers, se gare en face de la librairie et entre au Peyton Professional Building. Les doubles portes de ce bâtiment permettent de sortir du bureau du journal Clarion et de monter les escaliers menant au bureau du Dr Rossi (et probablement à d’autres bureaux professionnels).
Laura entre dans le bureau de Michael qui lui demande de trouver le dossier médical de Betty Anderson. Elle voudrait savoir si l’on aura besoin d’elle pour la consultation et Rossi répond que ce n’est pas encore le cas.
Betty est perturbée par la présence de Laura car elle ne veut pas que toute la ville soit au courant de sa grossesse. D’autant plus que Laura est la sœur de Leslie Harrington, et par conséquent la tante du garçon qui a mis Betty enceinte. Elle préfère fuir le cabinet avant d’avoir été examinée.
Laura revient dans le bureau intérieur et commence à fouiller dans des papiers.
Rossi lui demande si elle s’est décidée à rester sa secrétaire. Elle répond qu’elle le restera s’il a besoin d’elle. Michael pense qu’il aura bien besoin d’elle pour connaître les habitants de Peyton Place. Elle informe le docteur qu’il a deux visites à domicile et qu’elle le conduira jusqu’à ce qu’il trouve une voiture pour se déplacer.
Michael Rossi et Laura Brooks se dirigent vers sa décapotable et y montent. L’entrée du Peyton Professional Building est à un pâté de maisons de l’entrée latérale de l’hôpital.
Matthew Swain sort du bureau du Clarion et descend la rue jusqu’à la librairie pour rendre visite à Constance.
Il rend un livre et admet qu’il ne le recommanderait pas aux enfants. Il exprime ses sentiments sur la censure. Il observe que Constance a l’air fatigué.
Matthew demande si le Dr Rossi est revenu la voir. Selon lui, elle devrait aller lui parler pour mettre les choses au clair.
Une cliente nommée Frances prend un livre en location et part. Matthew observe qu’Allison a presque 18 ans, l’âge de comprendre les circonstances de sa naissance. Il suggère à Constance d’en parler avec elle, mais elle lui répond qu’elle ne peut pas. Elle a peur de la faire souffrir, et même de la perdre.
Un homme polit la plaque de bronze de la Fabrique Peyton lorsque Catherine Peyton Harrington arrive en voiture.
Elle est passée voir son mari, Leslie, pour signer quelques documents avant de se rendre à Boston pour assister à une exposition d’art et rendre visite à son père vieillissant et malade, Martin Peyton.
Julie tape sur une machine à écrire mécanique (en 1964, les machines électroniques n’étaient pas encore développées, et il n’était bien évidemment pas question d’ordinateurs). Catherine lui jette un regard plein de sous-entendus, et entre directement.
Leslie lui demande de signer des papiers, et lui en donne d’autres à emporter à Boston pour que Martin Peyton les signe.
Il est clair que si Leslie est directeur de la Fabrique, il doit néanmoins faire vérifier tous les documents par Peyton. Avant de partir, Catherine dit qu’elle sera de retour à temps pour le dîner.
Elle quitte le bureau intérieur, parle brièvement à Julie en lui demande des nouvelles de George, son mari, et s’en va.
Dès que Catherine est partie, Julie se rend dans le bureau de Leslie et insiste pour savoir pourquoi Rodney a laissé tomber sa fille, Betty.
Leslie lui explique que leur comportement, la nuit où le Dr Rossi est arrivé en ville, est à blâmer. Cependant, il ne semble pas du tout perturbé par le fait que Rodney ait largué Betty.
Julie en prend ombrage, songeant que Leslie ne souhaite pas que son fils se marie avec une simple fille de secrétaire. Il lui assure le contraire. Julie craint que Rodney ne raconte à Betty ce qu’il a vu ce fameux soir.
Au collège Peyton, Rodney sort du « Humanities Building » et est interpellé par Betty Anderson.
Il demande à Betty ce qu’elle fait là et ne semble pas le moins du monde ravi de la voir. Elle insiste sur le fait qu’ils doivent vraiment parler. Betty est à fleur de peau. Elle assure à Rodney qu’elle l’aime.
Rodney lui répond que ça ne marchera pas entre eux. Elle veut savoir pourquoi il pense ça. Elle lui dit qu’elle est blessée et confuse et qu’elle ne comprend pas pourquoi il la traite comme il le fait. Rodney refuse d’expliquer les raisons et la cause de leur séparation.
Betty demande carrément à Rodney pourquoi il l’a abandonnée, mais Rodney ne veut pas l’éclairer.
Il tente de s’enfuir mais Betty continue de le poursuivre. Il dit qu’il a besoin de temps pour réfléchir. Il propose de la reconduire chez elle ou de l’emmener en ville.
Laura Brooks conduit le Dr Rossi devant la caserne de pompiers et se gare sur la place. Le square de Peyton Place, situé au centre-ville, est un carré de verdure où l’on trouve, entre autres, la statue de Samuel Peyton (le fondateur de la ville), un kiosque à musique, le pilori et quelques bancs pour s’assoir.
Constance les voit juste devant la fenêtre de son magasin. Laura avait proposé de conduire le nouveau médecin dans ses tournées jusqu’à ce qu’il découvre la ville.
Le Dr Rossi se rend à la librairie et demande des cartes postales. Il en choisit une avec la photo d’un pont couvert. Constance lui dit que le pont n’est pas loin de la ville.
Il la regarde droit dans les yeux et lui dit qu’il se souvient d’elle. Elle était patiente à l’hôpital Bellevue de New York, section maternité, et lui était interne. C’était il y a dix-huit ans. Ils avaient sympathisé et il se souvient très bien de la naissance d’Allison. Il mentionne qu’il a suggéré que le bébé porte le nom de sa propre mère, Alicia.
Rossi pense que Constance doit souhaiter qu’il ne soit jamais venu en ville. Constance ne peut plus nier ne pas le connaître.
Allison arrive chez elle et coupe des fleurs dans le jardin. Elle entre et parle avec Mme Salazar, qui est dans la cuisine en train de terminer son travail et se prépare à partir. Allison dit qu’elle aimerait que Mme Salazar puisse venir tous les jours car elle fait merveilleusement bien la cuisine.
Tandis que Mme Salazar s’en va, Allison met la table de la cuisine en commençant par les fleurs. Elle ajoute deux bougies. Puis elle met les couverts sur la table quand Constance entre.
Constance s’excuse de son retard. Allison mentionne que les Harrington dînent toujours à la lumière des bougies.
Le téléphone sonne et Allison se rend dans le salon pour répondre. C’est Rodney qui l’appelle pour demander quel genre de fleurs elle aime. Ils passent un agréable moment à discuter. (Les Mackenzie n’ont apparemment qu’un seul téléphone noir. Plus tard, après le retour d’Elliot Carson en ville et son emménagement, on voit un téléphone à l’étage).
Au manoir des Harrington, Rodney informe Norman qu’il a un rendez-vous avec Allison. Norman lui demande où il en est de Betty. Rodney avoue que c’est fini avec elle.
Il aimerait qu’Allison devienne sa petite amie, mais ne veut pas « marcher sur les platebandes » de son frère.
De retour à la cuisine des Mackenzie, Allison allume une bougie et dit les grâces : « Seigneur, nous Te remercions pour notre pain quotidien, nous te remercions pour les liens qui nous unissent tous. Amen ».
L’histoire raconte la vie des habitants de Peyton Place, une petite ville du Massachusetts qui n’est pas la petite ville tranquille qu’elle semble être. Dans le premier épisode, le nouveau médecin Michael Rossi arrive par le dernier train et installe son cabinet médical, qu’il a acheté à Laura, la veuve du docteur Donald Brooks, qui est aussi la sœur de Leslie Harrington.
Une locomotive à vapeur tire un train qui se dirige vers Peyton Place.
Le conducteur du train engage une brève conversation avec le docteur Rossi. Il dit que la plupart des gens quittent Peyton Place quand ils le peuvent. Et il lui semble étrange que le médecin s’installe à Peyton Place, car selon lui, la plupart des gens préfèrent déménager de ce genre de petite ville plutôt que d’emménager.
Dans la rue résidentielle portant le nom de Chesnut Street, Norman Harrington raccompagne Allison Mackenzie chez elle. Ils sont tous deux étudiants au lycée et reviennent de la bibliothèque.
Allison l’invite à entrer un moment chez elle. Il décline poliment l’invitation. La jeune fille perçoit une forme de résignation de la part de son camarade. Elle laisse entendre que Norman était le garçon le plus intelligent de la classe, et ne comprend pas ses récentes mauvaises notes.
Norman répond qu’il est devenu bête tout d’un coup, une réponse qui ne lui correspond pas. Ils entendent le sifflement du train. Norman mentionne que son frère est allé chercher le nouveau docteur à la gare.
Portant une pléthore de livres à bout de bras, Allison entre dans la maison et est interrogée par Constance, sa mère surprotectrice, mais aimante. La jeune fille lui dit que Norman l’a raccompagnée chez elle. Constance affirme qu’elle aime bien Norman, mais qu’elle émet des réserves sur son frère, Rodney.
Très romantique dans l’âme, Allison pense que son « prince charmant » se cache quelque part. Elle jette un coup d’œil au cadre posé sur la cheminée et dit qu’elle aimerait que sa mère se débarrasse de la photo de son père. Constance est surprise par cette soudaine déclaration. Allison souhaiterait simplement que sa mère se détache de son passé et ne vive plus seule. Constance admet qu’elle ne vit pas seule, puisqu’elle est avec Allison.
Rodney Harrington et Betty Anderson se rendent en voiture à la gare de Peyton Place et se garent près d’un panneau de stationnement interdit, ce qui ne semble pas déranger l’héritier de la plus grande fortune de la ville.
En attendant le train, Rodney et Betty profitent du temps passé seuls pour s’embrasser et s’enlacer, mais aussi pour parler de l’avenir et des voyages qu’ils pourraient faire ensemble. Puis Betty aperçoit le docteur Rossi sortant de la gare, une valise à la main. Il vient d’arriver de New York.
Rodney, qui par ailleurs porte une veste du lycée Peyton avec une grande lettre « P », sort de sa décapotable et se présente au médecin. Il met les valises de Michael à l’arrière de sa décapotable et lui dit qu’il a réservé une chambre au Colonial Post Inn. Betty ajoute : « Oh, c’est la seule auberge de la ville, n’est-ce pas, Rod ? » (Les scénaristes ont affligé Betty de dialogues vraiment stupides. Heureusement, on lui donne de bien meilleurs dialogues au fur et à mesure que la série progresse).
Rodney et Betty déposent Michael au Colonial Post Inn. Puis Betty suggère à Rodney d’aller faire un tour à l’étang, l’endroit où, la nuit, les jeunes couples flirtent. Il est d’accord, mais doit d’abord se rendre à la Fabrique Peyton pour voir son père et lui dire qu’il a conduit le docteur Rossi à bon port.
De retour chez les Mackenzie, Allison se souvient qu’elle a oublié de remettre la rubrique « Teen Talk » de cette semaine à Matthew Swain, alors elle se précipite dehors. (Remarquez qu’il n’y a pas de chaînes sur les doubles portes. Plus tard dans la série, une chaîne de porte a été installée).
Matthew est le rédacteur en chef du journal du Comté de Peyton, le Clarion. C’est aussi le cousin germain de sa mère. Elle retourne en courant au bureau du Clarion, situé sur la place principale de la ville, pour remettre l’article à Matthew.
Le journaliste est d’accord avec Allison lorsqu’elle lui rapporte la conversation qu’elles viennent d’avoir, notamment sur le fait que Constance devrait penser à son bien-être à elle et devrait arrêter de vivre dans son passé.
En quittant Matthew, elle lui dit qu’elle part faire une petite promenade avant de rentrer. Le beau temps de la Saint-Martin s’y prête bien.
Rodney et Betty arrivent à la Fabrique Peyton, près du quai. Il s’agit d’une fabrique de textile qui appartient à la famille Peyton, et dont Leslie Harrington (le père de Rodney) est gérant. C’est la plus importante société de la ville. Betty attend dans la voiture pendant que Rodney monte à l’étage pour informer son père de l’arrivée du Dr Rossi.
Pendant ce temps, dans son bureau, Leslie Harrington et Julie Anderson, sa secrétaire, travaillent tard et parlent affaires. Leslie lui demande de l’accompagner à New York pour un voyage d’affaires, mais elle lui répond que ce n’est pas une bonne idée.
Leslie a des sentiments pour elle, mais Julie est la mère de la fille avec laquelle sort son fils et ce ne serait pas correct. Leslie prend la liaison de Rodney et Betty trop à la légère et Julie en prend ombrage : « Pourquoi ne le dis-tu pas ? Allez, dis-le. Betty n’est pas le genre de fille avec qui on se marie. Elle ferait juste une bonne secrétaire, comme sa mère. »
Leslie assure à Julie qu’elle se trompe, qu’il ne pense pas cela. Leslie s’approche d’elle et ils s’embrassent au moment où Rodney entre.
Le jeune homme est en état de choc. Il les salue tous les deux. Julie (la mère de Betty Anderson) s’éclipse du bureau, gênée par la situation.
Avec un trémolo dans la voix, Rodney informe son père qu’il a récupéré le Dr Rossi à la gare et l’a déposé au Colonial Post Inn. Leslie dit à Rodney qu’il ne doit pas se faire de fausses idées sur ce dont il vient d’être témoin.
Rodney part, redescend les escaliers, et retourne à sa décapotable et à Betty. Perturbé par la scène qu’il vient de vivre, il dit à Betty qu’il va la ramener chez elle, sans lui donner la moindre explication.
De retour dans le bureau du deuxième étage de l’usine, Leslie et Julie regardent par la fenêtre la voiture de Rodney disparaître dans la nuit.
Leslie assure à Julie qu’il fera comprendre à Rodney qu’il a sans doute mal interprété les choses. C’est loin de rassurer Julie.
Rodney remonte dans sa voiture et conduit Betty directement à la maison de ses parents, George et Julie Anderson. Betty sent que Rodney a un problème et veut savoir ce qui se passe. Rodney ne lui parle pas du baiser auquel il vient d’assister entre son père et la mère de sa petite amie.
Betty pense que c’est sa faute et lui demande ce qu’elle a fait de mal. Rodney répond que les choses sont devenues trop sérieuses entre eux, et que ça va trop vite pour lui. Furieuse, Betty sort de la voiture et rentre chez elle. Rodney démarre en trombe et conduit de façon imprudente.
Au détour d’une rue, il manque de renverser Allison Mackenzie qui rentre chez elle après avoir déposé son article au bureau du journal Clarion.
Il s’excuse et, pour se faire pardonner, l’invite à la ramener chez elle. Après un temps d’hésitation, Allison accepte. Cependant, il reprend sa conduite imprudente, faisant peur à la jeune fille. Il pile devant la maison des Mackenzie en faisant crisser ses pneus.
Allison lui demande pourquoi il conduit de cette façon. Rodney répond en haussant les épaules : « Sans raison particulière ». Il est manifestement encore très contrarié. Ils discutent un moment. Rodney lui demande pourquoi elle est si timide et effacée, et pourquoi elle n’a pas d’amis au lycée. Elle se défend en répondant qu’elle a des amis.
ll semble tomber sous son charme et lui demande de sortir avec lui vendredi prochain. Elle promet d’y réfléchir. Rodney l’embrasse.
Constance, qui regarde par la fenêtre de devant, les observe. Allison sort de la décapotable de Rodney et court à l’intérieur de la maison.
Dans la maison des Mackenzie, Constance commence à interroger Allison sur sa relation avec Norman et avec Rodney. Constance dit à Allison qu’elle ne veut pas qu’elle soit blessée. « N’essaie pas de me protéger. Laisse-moi m’occuper de moi. », lui répond la jeune fille. Elle souhaite bonne nuit à sa mère et monte dans sa chambre.
Plus tard dans la soirée, le journaliste Matthew Swain se présente au Dr Rossi sur la place principale de Peyton Place, juste en face du Colonial Post Inn. Il l’informe avoir fait un article sur son arrivée dans la ville et Michael est flatté.
Matthew lui demande s’il a déjà vécu dans une petite ville et le médecin lui répond que non. Matthew le prévient : « Certains matins, vous allez vous réveiller et vous rendre compte que chacun des visages que vous verrez dans la journée vous sera familier. Et vous aurez des sentiments bien définis à l’égard de chaque personne et ils auront des sentiments bien définis à votre égard. Ils pourront vous aimer ou vous détester mais ils ne resteront jamais indifférents. »