Episode 168

Jeudi 13 janvier 1966

Flash-back pour Rita

La nuit tombe sur Peyton Place et sur Rita Jacks. Demain, elle devra témoigner dans le procès pour meurtre de Rodney Harrington et détailler la relation qu’elle entretenait avec le défunt Joe Chernak. Ces questions tourmentent Rita tandis qu’elle retourne à l’endroit de l’amère rencontre, l’entrepôt désaffecté sur le quai de Peyton Place. 

 Rita marche sur le quai. 


Elle grimpe les marches et entre dans l’entrepôt, où elle a eu une mauvaise expérience avec Joe il y a quelques mois. 


Norman s’entretient avec Rodney tout en se faisant un sandwich au beurre de cacahouètes. Rodney se sert une tasse de café. 

Ils parlent d’Allison surtout, et de la visite que Norman lui a rendue à l’hôpital. Il se demande si c’est une bonne chose pour son couple de voir Allison. De toute façon, Allison n’a pas changé. Elle considère toujours Norman comme son meilleur ami. Il conseille à Rodney d’aller la voir.

— Elle est toujours ta petite amie, dit-il.

Rodney le remercie et lui dit qu’il ira la voir.

Puis Norman appelle Ada et demande à parler à Rita. Ada lui dit qu’elle n’est pas ici, mais qu’elle le rappellera lorsqu’elle rentrera. 


Rita parcourt des yeux l’entrepôt. Elle a un flash-back dans lequel elle voit Joe la harceler. Il lui disait qu’elle était sa petite amie, et qu’elle le resterait pour toujours. Rita se souvient de la peur qu’elle a eue lorsque Joe s’est approché d’elle. 


Stella se trouve avec le Dr Rossi dans leur bureau. Elle l’invite à dîner, mais Michael lui dit qu’il a prévu de dîner avec le Dr Morton et sa femme. L’invitation a été lancée il y a deux semaines. 

Stella comprend et lui dit qu’il n’a pas à se justifier.  

Elle parle du professeur Tobin et demande à Mike s’il a mentionné son nom à elle lorsqu’il lui a écrit.

— Non, répond-il. Vous m’avez demandé de ne pas le faire.

Michael aide Stella à mettre son manteau. Stella lui souhaite de passer un bon moment avec le Dr Morton et s’en va. 


Steven Cord travaille à son bureau lorsque Betty vient le voir. Elle lui dit qu’elle doit aller chercher des médicaments pour Peyton et en a profité pour venir le voir un instant. 

Steven lui demande si elle est venue ici pour chercher de la compassion. Il lui dit qu’il n’a pas aimé la façon dont Rodney l’a abordée tout à l’heure à la sortie du tribunal, et le fait de la voir partir avec lui.

Elle lui dit qu’il n’a fait que la raccompagner. Pour Steven, ce n’était pas une chose à faire. Cela ne peut que donner du grain à moudre à John Fowler. Il pourrait s’en servir pour le procès et démontrer que Betty et Rodney sont toujours liés.

Betty s’excuse et demande à Steven s’il peut faire quelque chose. 

— Je ne sais pas. Je vais essayer.

Betty est gênée par la froideur de Steven.

— Je vais te laisser travailler, dit-elle avant de partir.

Elle se rend au drugstore pour prendre les médicaments de Martin. Elle tend la prescription au nouveau pharmacien, Ralph Courtney, et demande si ce sera long. 

— Je ne pense pas, dit le pharmacien en regardant la prescription. 

Il demande des nouvelles de l’état de santé de Peyton. Stella est assise au comptoir, en train de boire un café. 

Stella fait référence au fait que Betty a été renvoyée de l’hôpital pour avoir volé son dossier personnel et qu’elle a été par la suite engagée par Peyton. 

— Ce doit être bien pratique d’avoir autant de bons amis. 

— Ce doit être déplaisant d’en avoir si peu, rétorque Betty

— Je ne savais même pas que j’en avais dans cette ville. 

— N’oubliez pas le Dr Rossi.

Betty revient sur le fait qu’elle a vu Stella avec Michael au restaurant italien. Elle ne digère toujours pas l’information, qu’elle considère comme une trahison.

La tension entre les deux femmes est palpable.


À la Taverne d’Ada Jacks, Ada sert deux hommes. Norman arrive, toujours à la recherche de Rita. Ada n’est pas d’une grande aide. Elle ne sait pas où se trouve sa fille. 

Norman sort de l’établissement et parcourt le quai, toujours à la recherche de Rita. Il regarde dans l’eau, effrayé à l’idée qu’elle aurait pu faire une bêtise. 


Steven monte les escaliers menant à l’appartement des Harrington au-dessus du drugstore. Il invite Rodney à dîner. 

Mais Rodney s’apprêtait à aller se coucher. Il lui dit d’aller trouver une autre compagnie. Betty, par exemple…


Toujours sur le quai, Norman cherche Rita. Il est de plus en plus inquiet. Elle le voit finalement et Norman se précipite vers elle pour l’étreindre. 

Rita lui dit qu’elle est perturbée par le témoignage qu’elle doit faire demain à la Cour pour Mr Fowler. 

— Qu’est-ce que tu vas faire, Rita ? Mentir une nouvelle fois ? Quitter la ville ? Il est trop tard pour ça. Qu’est-ce que tu vas faire ? Subir un lavage de cerveau ? 

Finalement, ils s’embrassent. 


Episode 167

Mardi 11 janvier 1966

Le témoignage de Betty

Dans l’affaire « le comté de Peyton contre Rodney Harrington », le procureur John Fowler a appelé Betty Anderson à la barre. Le procureur sait que Betty peut être un témoin clé pour la défense. C’est la raison pour laquelle il l’a appelée en premier, pour éviter cette possibilité.

 L’entrée du Palais de Justice où les gens entrent et sortent. 


Betty est appelée à témoigner. Elle prête serment. John Fowler l’interroge. 

— Mademoiselle Anderson, le sergent Goddard a témoigné que la nuit du 16 juillet, lorsqu’il est arrivé à l’appartement de l’accusé pour l’interroger sur la mort de Joseph Chernak, vous étiez présente. Est-ce bien correct ?

— Oui. 

— Mademoiselle Anderson, vous étiez à un moment donné mariée à l’accusé Rodney Harrington. Exact ?

— Oui.

— Mais votre mariage a pris fin il y a plus d’un an. Continuez-vous à entretenir des rapports sociaux avec Rodney Harrington ? 

— Non.

— Étiez-vous déjà allée à l’appartement de l’accusé avant la nuit en question ?

— Non. 

— Veuillez dire à la cour ce qui vous a poussé à vous rendre pour la première fois au domicile de votre ex-mari ce soir-là.

— J’étais inquiète.

— Pour quelle raison ?

— Je ne sais pas. 

— Vous étiez employée à l’hôpital à cette époque, n’est-ce pas ?

— Oui.

— Est-ce que votre visite à son appartement avait quelque chose à voir avec un appel téléphonique reçu pendant que vous étiez de service à l’hôpital ? Un appel téléphonique d’une personne demandant qu’une ambulance soit envoyée sur le quai ?

— Oui.

— Savez-vous qui a passé cet appel ?

— Oui. C’était Rodney Harrington.

— Comment le savez-vous ? S’est-il identifié ?

— Non. J’ai reconnu sa voix.

— À aucun moment durant la conversation, il ne s’est identifié ?

— Non.

— Après avoir raccroché, qu’avez-vous fait ?

— J’ai envoyé une ambulance. Puis j’ai quitté le service peu de temps après. 

— Êtes-vous allée directement à l’appartement de votre ex-mari quand vous avez quitté votre poste ?

— Non. 

— Où êtes-vous allée ?

— À une fête donnée par M. et Mme Schuster. 

— Combien de temps êtes-vous restée là-bas ?

— Un peu plus d’une heure.

— Étiez-vous encore chez les Schuster quand Mme Anna Chernak a été informée du décès de son fils ?

— Oui. 

— Avez-vous fait le lien entre la mort de Joe Chernak sur le quai, et l’appel téléphonique de votre ex-mari demandant qu’une ambulance soit envoyée ?

— Pas exactement.

— Que voulez-vous dire par « pas exactement » ? Avez-vous quitté la fête pour aller à l’appartement de votre ex-mari ?

— Oui. 

— Je vais donc répéter ma question : avez-vous fait le lien entre la mort de Joe Chernak et l’appel téléphonique anonyme ?

— Tout ce que je sais, c’est que je voulais parler à Rodney.

— Votre ex-mari était-il à la maison quand vous êtes arrivée ?

— Oui.

— Qui d’autre était là ?

— Personne d’autre. 

— Le sergent Goddard a pourtant témoigné que le frère de Rodney Harrington était là.

— Norman est arrivé plus tard.

— Alors vous êtes restée seule avec votre ex-mari. Pendant combien de temps ? 

Steven se lève et objecte : 

— Votre Honneur, il s’agit là d’une tentative pour discréditer Mlle Anderson. 

— Je reformule ma question, répond Fowler. Depuis combien de temps étiez-vous là avant que Norman Harrington arrive ? 

— Une dizaine de minutes environ.

— Est-ce que, durant ces dix minutes, l’accusé a admis que c’est lui qui a passé l’appel téléphonique à l’hôpital ?

— Oui.

— A-t-il admis avoir été sur le quai plus tôt dans la soirée ?

— Oui.

— A-t-il admis s’être battu avec Joe Chernak ?

— Oui. 

— A-t-il admis savoir que Joe Chernak était mort ?

— Oui, mais c’était un accident.

— Avez-vous été témoin de la bagarre, mademoiselle Anderson ?

—  Non, mais…

— Je n’ai plus de questions.

Steven se lève pour contre-interroger Betty. 

— Mademoiselle Anderson, vous avez dit avoir assisté à une fête donnée par les Schuster avant de vous rendre à l’appartement de l’accusé. Pourriez-vous dire à la cour qui vous y accompagnait ?

— Vous.

— Avez-vous, à un moment quelconque durant cette soirée, discuté avec moi de l’appel téléphonique que vous avez reçu de l’accusé ?

— Non.

— Pourquoi ?

— Parce que cette affaire ne me concernait pas. 

— En d’autres termes, vous n’aviez pas envie de vous impliquer ou d’impliquer quelqu’un d’autre dans les affaires de Rodney Harrington ?

— C’est exact. 

— Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

— Nous avons appris que Joe Chernak était mort. J’ai pensé à l’appel téléphonique et j’ai pensé à Rodney. Il avait peut-être des problèmes et j’étais la seule à savoir. Je devais découvrir ce qu’il s’était vraiment passé.

— Auriez-vous fait la même chose pour d’autres connaissances si vous pensiez qu’elles pouvaient avoir des problèmes ?

— Oui, je pense que oui.

— Alors, aller à son appartement n’était pas un acte d’allégeance pour un ex-mari, mais un acte de compassion pour un être humain. Vous auriez fait la même chose pour n’importe qui d’autre.

— C’est exact.

— Après que l’accusé a raconté les événements qui s’étaient produits plus tôt dans la soirée, a-t-il annoncé son intention d’aller au poste de police volontairement ?

— Oui.

— Et a-t-il effectivement ouvert la porte pour partir au poste de police ?

— À votre connaissance, savait-il que le sergent Goddard se trouvait devant la porte lorsqu’il l’a ouverte ?

— Non.

— Je vous remercie, mademoiselle Anderson. Je n’ai plus de questions, votre Honneur.

Fowler se lève.

— Une dernière question, mademoiselle Anderson. Êtes-vous toujours employée à l’hôpital de Peyton Place ?

— Non.

— Voulez-vous dire à la cour où vous travaillez actuellement ?

— Je travaille pour M. Martin Peyton.

— M. Peyton. Le grand-père de votre ex-mari ?

— Oui.

— Plus de questions. 

— Vous pouvez vous retirer, mademoiselle Anderson, annonce le juge.

Les gens quittent doucement le Palais de Justice. Betty est avec sa mère, Julie. Rodney appelle la jeune femme et demande à lui parler quelques minutes. Julie les laisse seuls. 

Plus loin, Steven informe Leslie : 

— Fowler a un très bon assistant. Demain nous lui achèterons un collier et une laisse. 

Rodney et Betty partent dans la décapotable du jeune homme. Steven rentre à son bureau. Leslie se dirige vers Julie. Ils font un bout de chemin à pieds ensemble, tout en parlant. 

Leslie se remémore avec nostalgie le temps où elle était sa secrétaire.

— On devrait sortir ensemble, Julie. 

— Je ne sais pas si j’y suis prête, Les. 

— Tu ne savais pas avant non plus, jusqu’à ce que ça arrive.

Julie quitte Leslie et se rend à la librairie. Ne voyant pas Constance, elle l’appelle. 

Constance est en haut des escaliers. Elle descend et demande des nouvelles de Betty. Julie est venue lui demander comment Elliot compte rapporter le témoignage de Betty dans le Clarion. 

— Eh bien, nous n’en avons pas parlé, répond Constance. Je suppose qu’Elliot ne fera rien qui pourrait nuire à Betty.


Rodney conduit Betty jusqu’à la maison sur la colline. Il la remercie de l’avoir soutenu dans le témoignage qu’elle a produit. 

Betty parle de Michael et Stella qu’elle a vus ensemble au restaurant italien. 

Ils arrivent au manoir Peyton. Betty sort de la voiture, remercie Rodney de l’avoir déposée ici. Puis Rodney redémarre et s’en va. 


Rita prépare du café derrière le comptoir du drugstore lorsque Norman arrive. Il plaisante : 

— Aubergiste, un peu de foin pour mon cheval et j’aimerais…  

Norman lui dit qu’il aimerait la voir ce soir, mais elle lui dit qu’elle est obligée de rester à la maison, parce que sa mère a la grippe ou quelque chose comme ça. 


À l’hôpital, dans la salle de rééducation, Allison demande au thérapeute Russ Gerhing un verre d’eau. 

Elle ne veut pas faire ses exercices aujourd’hui. Elle veut retourner dans sa chambre. 

Gehring lui dit qu’elle est trop capricieuse et qu’elle n’est pas une battante. Il la force à faire ses exercices. 

Allison voudrait qu’il l’aide à se coiffer. Il lui répond qu’elle n’a qu’à s’en occuper toute seule. 

Elle le gifle de sa main droite avant de partir. 


John Fowler entre dans la salle de rééducation pour parler à Russ. Il lui demande si Allison commence à se souvenir de l’accident. 

Ils parlent ensuite de Marian et du fait qu’elle travaillait en étroite collaboration avec Russ. John a un petit rictus : 

— Je vois que vous la connaissez bien. Trop bien même. 

Russ s’apprête à frapper John, mais le District Attorney lui attrape le poignet. Ils se regardent un moment, puis John s’en va. 


Au drugstore, Steven s’entretient avec Rita. Cette dernière lui fait savoir qu’elle a reçu une autre citation à comparaître. Cette fois elle émane du bureau du District Attorney. Elle s’attendait plutôt à être appelée par la défense. 


Episode 166

Lundi 10 janvier 1966

Le témoignage du Sergent Goddard

Une accusation, une enquête, un jugement et éventuellement une peine. Aujourd’hui marque le deuxième jour du procès de Rodney Harrington. Le jour de l’accusation est arrivé. 

Le Palais de Justice. Les gens qui entrent dans le bâtiment. Les gens à l’intérieur de la salle d’audience. L’huissier se rend à son bureau et s’assoit. 


Le Juge Irwin A. Jessup entre dans la salle d’audience et prend place. L’huissier annonce le procès. Il demande si les avocats sont prêts. Les deux parties se lèvent et opinent.

Fowler fait une déclaration d’ouverture. Puis arrive le premier témoin. Il s’agit du Dr Clarence L. Healy, médecin légiste. Il déclare que la cause du décès est une plaie. Fowler brandit le crochet de marin comme pièce à conviction. 


Elliot entre dans l’hôpital et embrasse Constance. L’infirmière Phyllis apporte le sac à main d’Allison. Constance sort du sac le bracelet que lui a offert Elliot en espérant qu’il lui rappellera des souvenirs. 

Dans sa chambre, Allison joue avec le bracelet où il est inscrit, en français : « Je veille sur ceux que j’aime ». Elle demande à Elliot comment il connaissait l’inscription. 

Elliot et Constance essaient de lui faire rappeler le passé. Allison veut que sa mère reste avec elle pour manger, mais Constance lui dit qu’elle avait prévu d’aller déjeuner avec Elliot. 


Rossi déjeune à son bureau lorsque Stella arrive avec un panier de pique-niques préparé par sa mère. Elle lui dit qu’elle ne sait pas comment elle doit se comporter avec lui.

Mike lui répond qu’elle n’a pas à se poser de questions. Il apprécie sa compagnie.

— Nous devrions établir des règles entre nous, dit-elle.

Mike ne comprend pas :

— Des règles ? Pourquoi ? Nous n’avons pas besoin de règles. 

Stella lui demande d’oublier ce qu’elle vient de dire et retourne à son bureau.

Cependant, le médecin voit qu’elle semble ennuyée et la rejoint pour lui demander ce qui ne va pas.

— Qu’est-ce que les gens vont dire s’ils nous voient ensemble ? s’inquiète-t-elle. 

— Qui se soucie de ce qu’ils vont dire ?

— Vous n’avez pas peur qu’ils disent que vous prenez parti ? Que vous rejoignez l’ennemi ?

— Il s’agit de notre vie privée.

— Mike, l’autre fois je vous avais dit que j’allais démissionner parce que vous ne me faisiez pas confiance. Cette fois, c’est parce que je ne veux pas gâcher ce qu’il y a entre nous. Devrais-je démissionner ?

Ils sont interrompus par quelqu’un qui frappe à la porte. Constance entre dans le bureau et demande à parler au médecin. Mike l’accompagne jusqu’au parking, il doit partir, car il a un rendez-vous à l’extérieur. Avant de quitter le bureau, il informe Stella qu’il sera de retour dans l’après-midi. 


Dans le couloir de l’hôpital, Constance fait savoir à Michael que le bracelet n’a eu aucun effet sur Allison. Il représentait pourtant beaucoup pour elle.

Elle confie au médecin ses craintes quant au retour de sa fille à la maison. Que devra-t-elle faire, comment devra-t-elle se comporter ? Et comment gérer la situation avec Elliot ? Devra-t-il quitter le domicile conjugal pour ne pas perturber Allison ?

— Oh Mike ! Pourquoi ne pas tout lui dire ? Pourquoi ne pas être direct avec elle ?

Mike lui répond qu’ils ne savent pas ce que serait son état psychologique si elle venait à apprendre qu’Elliot est son père. Se souvenir est un processus lent, mais plus sûr. 


Dans la salle d’audience, un homme complimente Elliot pour ses reportages sur le procès. Eli rencontre Elliot et ce dernier lui parle du bracelet qu’Allison n’a pas reconnu. 

Il est extrêmement déçu. Eli essaie de le rassurer, en vain.


Betty marche dans la rue et aperçoit Michael en voiture. Betty lui demande pourquoi il ne lui a jamais offert de café quand elle travaillait pour lui. Il est évident qu’elle est en colère contre Stella et contre Michael qui l’a invitée au restaurant italien la veille. 

Mike commence à comprendre ce que Stella voulait dire tout à l’heure.

Betty prend congé du médecin et se rend au Peyton Town Hall, plus précisément dans la salle d’audience. 

Steven Cord interroge le sergent Goddard, qui est habillé en civil. Après que Steven en ait fini avec lui, John appelle Betty à la barre. Betty prête serment devant la Cour et débutera son témoignage dans la scène 1 du prochain épisode. 


Episode 165

Jeudi 6 janvier 1966

Michael et Stella ont un rendez-vous

Même si son avenir se joue dans une salle d’audience, ce soir, Rodney Harrington pense qu’il doit se rendre à l’hôpital pour y voir Allison Mackenzie. Le jour de son arrestation, elle lui a dit qu’elle l’aimait. Mais maintenant, elle ne se souvient plus de ses sentiments pour lui. Lui n’a pas oublié ses sentiments envers elle. 

L’hôpital de Peyton Place. Rodney hésite longuement à entrer. Il finit par le faire et pénètre dans la zone de réception.


Au bureau des renseignements, il demande à Mlle Choate s’il peut voir Allison. 

Elle lui donne son accord à condition qu’il ne reste pas trop longtemps. Allison a besoin de repos et de calme. Tout le personnel a été prévenu.

Elle en profite pour lui glisser qu’elle est sûre qu’il n’a pas tué Joe Chernak. 

— J’aurais aimé vous voir faire partie des jurés, lui répond Rodney.


Dans la chambre d’Allison, Rodney découvre Russ Gehring en train de chanter « Down in the Valley ». Gehring lui dit ensuite qu’il va louper sa leçon de guitare s’il ne part pas tout de suite. 

Allison insiste pour qu’il reste et Gehring se met en colère en lui disant qu’elle n’est qu’une gamine gâtée, assommante et solitaire.  Pas vraiment le bon remède pour qu’elle reste au calme. Il s’en va. 

Rodney parle un peu avec Allison et se rend compte qu’elle a oublié beaucoup de choses de son passé. 


En sortant, Rodney aperçoit John Fowler qui parle avec Mlle Choate. Il est à la recherche de Russ Gehring et Mlle Choate lui dit qu’il vient juste de le manquer. 

— Voulez-vous que je lui laisse un message ? suggère l’infirmière.

— Non, ce ne sera pas la peine. Je repasserai.

Elle lui demande ensuite quand Marian compte revenir, elle manque beaucoup à tout le monde. John lui répond qu’il espère qu’elle reviendra bientôt. 

Tandis que l’infirmière s’en va, Rodney s’approche du procureur et lui demande s’il peut lui parler. Il lui demande si l’enquête sur le délit de fuite dont Allison a été victime avance. John lui dit qu’il ferait mieux de se préoccuper de sa propre affaire. 


Chez les Chernak, Stella jette quelques cubes de glace dans un seau. Elle écrit un mot, trouve une épingle et attache la note sur la porte d’entrée. 

Puis elle reçoit un appel de Fowler qui lui indique de ne pas écouter les nouvelles ni lire le journal. 

— Pourquoi m’appelez-vous ? s’enquiert Stella.

— Je voulais prendre de vos nouvelles. Savoir comment vous allez. Je suis à l’hôpital et l’on m’a dit que vous étiez en repos. 

Fowler en vient finalement au but de son appel. Il aimerait que Stella, qui est en bons termes avec le Dr Rossi, pousse celui-ci à faire un témoignage sur l’altercation que Stella a eu avec Rodney sur le parking de l’hôpital.

Stella refuse. Elle dit que tout d’abord, il n’y a pas eu d’altercation, et qu’elle ne veut pas mettre Mike Rossi en porte-à-faux, car il est ami avec Rodney. Elle raccroche.

Michael se dirige vers la maison et lit la note accrochée à la porte. « Si c’est un rendez-vous mérité, c’est une attente méritée. Entrez à vos propres risques ». Michael sourit et entre en appelant Stella. Elle lui demande s’il a lu la note. Ils discutent plaisamment ensemble. Mike est subjugué par la robe que porte Stella et qui la rend irrésistible.


Steven arrive chez les Anderson pour prendre Betty. Elle lui montre la citation à comparaître qu’elle vient de recevoir. Elle espérait témoigner pour la défense. Or, elle doit témoigner contre Rodney.

Steven lui dit que c’est normal. Fowler veut qu’elle clarifie l’appel téléphonique qu’elle a reçu de Rodney le soir de la mort de Joe. 

Betty ne veut pas témoigner contre Rodney, mais elle n’a pas le choix. Steven la prévient : John Fowler va lui poser des questions embarrassantes, notamment sur son mariage et sur l’annulation de celui-ci.


Au restaurant italien, Michael et Stella passent une bonne soirée à boire du vin et à manger. En fond sonore, on peut entendre quelques notes de la chanson « Nel Blu Dipinto Di Blu (Volare) » gagnante du festival de San Remo 1958 et troisième du Concours Eurovision de la chanson la même année. 

La serveuse leur apporte une anguille. Stella goûte d’abord avant de demander ce que c’est. Elle n’a pas l’habitude de manger de tels aliments. 

Ils prennent un peu plus de vin. Stella demande au médecin s’il vient d’une famille nombreuse. Il lui dit qu’il y avait toujours beaucoup de monde autour de la table de dîner lorsqu’il était enfant. Il a toujours voulu pratiquer dans une petite ville. 

Stella lui demande s’il l’aime bien. Il lui répond oui. 

Steven et Betty arrivent au restaurant italien et observent Michael et Stella qui s’en vont. 

Stella s’invite à la maison de la plage de Michael pour un café. Betty est en colère parce que Rossi n’est pas seulement son ami, mais c’est aussi l’ami de Rodney. Elle est déçue de le voir s’afficher avec Stella Chernak.


Déjà un peu éméchés, Michael et Stella retournent à la maison de la plage et ils décident d’un commun accord de boire un cognac à la place du café. 

Stella remarque qu’il n’y a pas de touche personnelle dans cette maison. Rossi lui fait remarquer que la maison était déjà meublée lorsqu’il est arrivé. 

Il l’aide à enlever son manteau et allume un feu dans la cheminée, le premier de la saison.

Michael est à quelques millimètres d’embrasser Stella, mais ne le fait pas. Stella lui demande pourquoi. Il lui répond qu’il le fera à un autre endroit, et à un autre moment. Il ne peut pas oublier le procès, et le fait que Rodney est un ami et qu’elle est témoin à charge.


Episode 164

Mardi 4 janvier 1966

Encore un dîner

Pour Martin Peyton, cet automne aura été la saison du mécontentement. Il est retourné à Peyton Place et maintenant, il doit se charger de ses deux petits-fils. Rodney Harrington qui est en procès pour meurtre et le jeune Norman, qui est son préféré. Mais la source de dispute a toujours été avec sa gouvernante de longue date, Hannah Cord. 

Martin Peyton réfléchit devant son échiquier.


Hannah demande à Peyton s’il gagne. Il lui répond que le plus important n’est pas tant de gagner, mais plutôt la façon de jouer. Et là, le pion est en action. 

Hannah planifie le prochain dîner de Martin et Norman, et demande conseil à Peyton. 

— Tu n’as jamais aimé Norman, n’est-ce pas ? lui demande le vieil homme. 

Elle lui dit se rappeler qu’il était un enfant impossible à l’époque où elle s’occupait de lui. Il était obstiné, irrespectueux et gâté. 

Peyton et Hannah discutent du menu. Elle a choisi des steaks saignants avec de la purée de pommes de terre. Elle rappelle à Peyton à quel point Norman détestait les légumes. Elle a prévu ensuite une tarte à la rhubarbe. 

— Norman préfèrera sûrement une crème glacée… Et moi aussi, d’ailleurs, suggère Martin. 

Ils évoquent ensuite le passé. Hannah le défie du regard : 

— J’ai arrêté de vivre dans le passé lorsque j’ai vu qu’il y avait un futur. 

Peyton admet qu’il est trop vieux pour faire de même. 

Betty arrive avec les médicaments de Martin. Il lui dit qu’il les prendra plus tard. Avant de repartir en cuisine, Hannah suggère à Martin une glace au chocolat.


Leslie arrive au bureau de Dowell et s’entretient avec Ann Nolan, la secrétaire. 

Il entre dans le bureau de l’avocat et a la surprise d’y trouver Julie qui attend l’homme de loi. Elle travaille pour David Schuster et elle est venue apporter des papiers de sa part. Leslie lui dit : 

— Ne t’inquiète pas, Julie. Je ne vais pas te les arracher de la main et me mettre à les lire à la lumière du réverbère.

Puis il ajoute : 

— J’espère que tu as apprécié le dîner avec Schuster. 

Il pense que Schuster s’apprête à être balayé par Peyton. 


Au manoir Peyton, Betty se précipite en bas de l’escalier pour attraper son manteau et s’apprête à partir lorsque la sonnette de l’entrée retentit. C’est Norman. Elle le fait entrer et tous deux ont une longue et plaisante conversation. 

Plus tard, seul dans le salon, Norman observe attentivement le portrait de sa mère au-dessus de la cheminée. 

Il décide de s’asseoir sur le fauteuil roulant de Peyton. Il s’amuse à se prendre pour Norman Bates, du film « Psychose ». Il met en route le fauteuil roulant électrique et heurte l’échiquier. 

Tandis qu’il s’agenouille pour ramasser les pions, Hannah et Peyton arrivent. Peyton salue un Norman rouge de honte. 

Ils ont encore quelques minutes avant le dîner. Peyton observe Norman. 

— Tu es devenu un très beau jeune homme. Tu as les yeux de ta mère, et le menton aussi. 

Martin donne à Norman un album photo de sa mère et de la famille. 


À l’hôpital, Allison a eu une nuit agitée. Elle appelle le service de thérapie. C’est Russ Gehring qui répond. Elle lui demande de venir. 

Gehring arrive dans la chambre d’Allison. Elle lui dit qu’elle a déprimé cette nuit. Elle lui demande de rester un peu avec elle. 

Il lui répond qu’il doit se rendre à une leçon de guitare. Elle lui demande de lui chanter juste une chanson. Cela la calmera. Il accepte en souriant. 


Le sergent Edward Goddard entre dans le bureau du District Attorney John Fowler et lui apporte un dossier sur le thérapeute Russ Gehring. 

Ils parlent brièvement et le sergent confirme que Gehring voyait une femme brune. Il prend congé de lui. John regarde le rapport en fronçant les sourcils et téléphone tout de suite à l’hôpital pour parler avec Russ Gehring, mais n’arrive pas à l’avoir. 

En colère, John jette la photo de sa femme, Marian. Le verre du cadre se brise. 


Episode 163

Lundi 3 janvier 1966

Douze étrangers (deuxième partie)

La difficile tâche de choisir les membres qui constitueront le jury au procès de Rodney Harrington continue. Ce déconcertant procédé est oppressant depuis que la Cour s’est réunie, quelques heures plus tôt. 

Une voiture passe devant le Palais de Justice. Des gens flânent dans le square. Des gens trouvent encore des places dans la salle d’audience. 


Dans la salle d’audience, le procureur général questionne M. Schiller qui travaille au chemin de fer. Il vit à Peyton Place depuis plus de 15 ans. Il a un fils de 21 ans. 

Norman annonce à Leslie qu’il va prendre l’air. Rodney informe Steven qu’il connaît le fils de M. Schiller. Il ne veut pas de lui comme juré. Steven le récuse. 

M. Schiller demande s’il peut savoir pourquoi il est récusé. Le juge lui dit que non. 

Dans le couloir du Palais de Justice, Norman dit à Rita que cette Cour n’est qu’une grosse farce. Il est en colère. Rita essaie de le calmer. 


Le téléphone sonne dans le bureau du Dr Rossi à l’hôpital, et Stella répond. C’est Harry Olsen, l’employé en radiologie. Elle promet de donner le message au Dr Rossi. 

Ce dernier entre dans la pièce et dit à Stella que son bureau n’est plus aussi en ordre que le premier jour où elle a travaillé ici. 

Elle dit à Rossi qu’elle s’attend à être renvoyée, par ordre de Martin Peyton. Michael lui dit qu’il n’a aucune intention de la renvoyer. 

Elle lui demande s’il se souvient l’avoir invitée pour un rendez-vous. Ils conviennent d’une date pour ce rendez-vous : dès ce soir.


Dans sa chambre d’hôpital, Allison songe déjà à rentrer à la maison. Constance est avec elle. Elliot arrive avec un grand paquet. Constance les laisse seuls afin qu’ils puissent parler.  

Tandis que Constance se rend dans le hall, elle croise Michael venu lui parler de l’état de santé d’Allison. 

La jeune fille commence à reprendre goût à la vie. Elle a demandé une radio, et elle a même ri une fois. 

C’est bientôt son anniversaire et Constance souhaite le fêter comme il se doit. 

Dans sa chambre d’hôpital, Allison s’amuse à faire fonctionner la boite à musique qu’Eli lui a offerte. 

— Elle est très belle. Je l’adore. Merci beaucoup, dit-elle au vieil homme. 

Malheureusement, elle la laisse tomber par terre. 

— Je l’ai cassée, dit-elle tristement. 

Eli ne veut pas voir Allison s’attrister et lui dit : 

— Ce n’est pas grave, je peux la réparer et te la rendre demain. Tu n’as pas à t’inquiéter. 

Il lui dit qu’il reviendra la voir dès demain. Elle le remercie une nouvelle fois. Il s’en va. 

Dans le couloir de l’hôpital, Eli rapporte la scène de la boite à musique qui s’est cassée à Constance et Elliot, puis il s’en va. 


Dans la salle d’audience, M. West, comptable de sa profession, est questionné par John Fowler. Il vit à Peyton Place depuis 41 ans, soit toute sa vie. 

Après que Fowler ait terminé, c’est au tour de Steven de l’interroger. Il dit qu’actuellement, il est en vacances. Il est marié et il a deux enfants. Il possède une modeste affaire et il est en excellente santé. Il veut faire partie du jury, mais ses arguments ne convainquent pas Steven : 

— Je n’ai pas pris leur sale argent comme vous l’avez fait. Ils ne vont pas s’en sortir comme ça cette fois. Vous les Harrington, vous n’allez pas vous en tirer cette fois. 

Ralph, l’huissier, est sommé de renvoyer immédiatement M. West. 

Le juge reconnaît que ce juré doit être rejeté en raison d’un regrettable manque de civilité. 

Cependant, Rodney dit à Steven qu’il ne veut pas que le jury soit rejeté. Le juge accède à cette demande et dit que le jury est prié de ne pas tenir compte de ce qui a été dit. 

La Cour ajourne l’audience jusqu’à demain. 

À l’extérieur du tribunal, John salue Steven. Rodney se dirige vers Norman et lui dit que le juge Jessup sera probablement à la grande fête du Vagabond Club ce soir. 

Norman soupire au moment où la limousine de Peyton fait son apparition. Thomas, le chauffeur, invite Norman à dîner au manoir Peyton. Norman se retourne. Ils montent à l’appartement. 


Episode 162

Jeudi 30 décembre 1965

Douze étrangers (première partie)

Trois hommes, Leslie Harrington, son fils Rodney Harrington, et l’avocat de Rodney, Steven Cord. Pour le premier jour du procès « comté de Peyton Place contre Rodney Harrington », ces trois hommes forment la défense. John Fowler est le procureur général du comté de Peyton Place. Cet homme, rodé aux rouages de la loi, est l’accusateur. 

Les gens entrent dans le palais de justice. 


Steven entre dans la salle d’audience, suivi par Rodney, puis Leslie. Steven parle calmement à Rodney à la table des défendeurs. 

Fowler entre à son tour et fait un signe de tête à Steven. 

Gus Chernak se tient debout juste devant l’entrée de la salle. Norman se heurte à lui en entrant. Gus le toise de regard : 

— Vous êtes surpris ? Vous ne pensiez pas que je serais ici. 

— Je savais très bien que vous seriez ici, lui répond Norman. 

Puis le jeune homme s’approche de son père et lui murmure : 

— Où est donc la charmante fille Chernak ?

L’huissier annonce l’entrée du juge Irwin A. Jessup. Ce dernier demande à l’assistance de s’asseoir. 

— Huissier, veuillez faire entrer les futurs membres du jury. 

Les éventuels jurés arrivent en file et s’assoient sur les rangées, à droite du juge. Ils sont 30. Douze devront être choisis. Le juge prévient l’assistance qu’il ne tolèrera pas de bruit dans cette salle. 


Le Dr Rossi arrive à l’hôpital et gagne son bureau. Il complimente Stella pour la poupée en papier qu’elle a confectionné. Stella lui dit qu’elle n’a pas l’esprit au travail aujourd’hui. 

Michael reçoit un appel de Martin Peyton qui lui demande de venir à la maison immédiatement. Michael lui répond qu’il doit aller en radiologie et que la radiologie est plus importante que Peyton. Il viendra donc plus tard. 

Il explique à Peyton, qu’il surnomme « le seigneur du manoir », qu’il est son propre patron et qu’il possède un cabinet en ville, au square, juste au-dessus du Clarion, dans le bâtiment appelé le Peyton Professional. 


C’est un Peyton en colère qui s’assoit devant l’échiquier. Il dit à Betty qu’elle lui a fait de la peine. Betty lui rétorque qu’il ne lui a jamais expliqué ce qu’il attendait d’elle. 

Elle lui demande s’il veut jouer aux échecs. Il lui répond qu’il n’a pas le cœur à ça. Un autre jeu se déroule en ce moment au tribunal : « la roulette Russe ». 

Betty s’apprête à partir, mais Peyton lui demande de rester. Betty s’assoit à la table d’échiquier et ils parlent un moment.

Le Dr Rossi arrive et sonne à la porte. Betty se lève et va ouvrir. Michael est surpris de voir Betty répondre à la porte. Peyton explique : 

— Vous avez renvoyé Mlle Anderson. Je l’ai engagée. Votre perte est mon profit. 

Betty s’en va. 

Peyton tend à Michael son dossier médical. Il veut qu’il devienne son médecin personnel. Il trouve le Dr Morton incompétent. Et tant que Morton sera chef du personnel de l’hôpital, il ne fera aucune donation, au nom de Catherine. 

Peyton lui demande ce qu’il pense de Stella Chernak. Il lui répond que le travail qu’elle effectue est au-dessus de tout reproche. 

Michael lui dit qu’il ne pense pas que Rodney soit un assassin, mais il n’a aucune idée de ce que le jeune homme a dit à Stella le jour de la mort de Joe. 

Puis il lui dit qu’il va réfléchir à l’offre de Peyton d’être son médecin personnel. Peyton le fixe du regard : 

— Vous êtes venu ici comme un étranger. Voulez-vous mourir ici comme un étranger ? Serez-vous toujours un spectateur ? Au lieu de cela, ne préférez-vous pas être, comment dit-on déjà : « engagé » ?


Eli contemple un vieux livre tandis que Rita entre dans le bureau du Clarion avec un café que ce dernier a commandé. 

Eli est en train de surveiller les appels téléphoniques pour Elliot. Il attend un appel d’un service de Boston qui voudrait des informations sur le procès de Rodney. Rita a apporté du drugstore un soda pour Eli.

Eli offre à Rita un emploi de vendeuse dans son magasin maritime. Rita lui dit que les objets relatifs à la navigation ne se vendent pas beaucoup en plein hiver. 

Eli lui dit qu’il lui permettra d’utiliser un de ses bateaux au printemps prochain. Mélancolique, Rita lui répond qu’elle ne s’attend pas à être encore ici après l’hiver. 


Au tribunal, les jurés potentiels sont sur le point d’être questionnés. Dans un premier temps, Steven demande à Rodney s’il connaît des membres du panel. Rodney admet connaître Mr Androtti et Mme Baldwin. 

Le juge demande le silence. Il dit à la cour que le défendeur, Rodney Harrington, est accusé de meurtre. Il est allégué que le 16 juillet 1965, Rodney Harrington a tué Joe Chernak. Il demande donc aux membres du jury ayant un rapport avec Joe ou Rodney de se faire connaître pour qu’ils soient révoqués. 

Le premier juré à être questionné est Mme Voigt. Elle est assise à la droite de M. Schiller, qui lui-même est assis à côté d’une dame qui elle-même est assise à côté de Mlle Choate, également membre du jury potentiel. Mme Voigt est une femme au foyer. Le défendeur récuse la femme, qui peut partir. 

La deuxième personne à être interrogée est Mlle Choate. Elle fait savoir qu’elle travaille à l’hôpital depuis dix-huit ans. Elle n’a aucune famille à Peyton Place. Elle a parlé de l’affaire avec des collègues de travail sans formuler d’opinion. Après que Steven termine l’interrogatoire, John Fowler se lève et lui pose des questions. Mlle Choate demande à être récusée. Le juge Jessup accède à sa demande.

Le troisième juré potentiel à être questionné est Charlie Devlin, un constructeur de bateaux, né dans le comté de Peyton. Mr Devlin pense que si un homme a été accusé, c’est qu’il a forcément fait quelque chose : 

— Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-il. 

Il a déjà été jury au cours du procès d’Elliot Carson. Il est récusé par Steven. 


Episode 161

Mardi 28 décembre 1965

L’ouverture du procès

L’automne est arrivé avec un froid soudain à Peyton Place. À dix heures ce matin, Rodney Harrington va être jugé pour le meurtre de Joe Chernak.

Leslie quitte le Colonial Post, passe le poste de police et se dirige vers le palais de justice. Un camion se dirige vers le Clarion. 


Leslie achète à Jimmy, le distributeur du journal, un exemplaire du Clarion d’aujourd’hui. Eli sort du Clarion et salue Ron, le chauffeur du camion. 

Puis il offre une tasse de café à Leslie, qui refuse. Eli suggère à Leslie d’aller parler à son fils. Il regrette de ne jamais avoir cru son fils Elliot innocent du meurtre d’Elizabeth. 


À l’appartement, le réveil sonne. Il est six heures. Norman se lève. Rodney essaie de se rendormir, mais n’y parvient pas. 

Norman offre à Rodney une part de pizza froide d’il y a quatre jours. Il affirme qu’on peut les conserver au moins deux semaines. 

Norman s’habille et lui dit qu’il part pour une vingtaine de minutes. Il s’en va pieds nus et Rodney le rappelle : 

— Ne crois-tu pas que c’est illégal de conduire pieds nus ? 

Norman prend l’exemplaire du Clarion devant la porte d’entrée. Le gros titre lui frappe l’esprit. 

OUVERTURE DU PROCÈS HARRINGTON

Au manoir, Steven se prépare dans la salle de bains tandis que le téléphone blanc dans sa chambre sonne. L’avocat va répondre. Il sait qu’il doit être trois heures du matin en Californie, donc l’appel de Lawrence doit être important. 

Le détective lui apprend que Stella possède de nombreuses cartes de crédit. Plus de cinq au total dans une seule banque. 

Steven raccroche. Le téléphone sonne à nouveau. Il s’agit cette fois de Martin Peyton. Il ordonne à Steven d’emmener Leslie au manoir. 

— Je vais essayer, soupire l’avocat. 

Martin termine la conversation en lui raccrochant au nez. 


Constance se réveille et appelle Elliot, qui est occupé à sélectionner la meilleure cravate. Elle n’a pas bonne mine ce matin. 

Elliot soupire et parle en connaissance de cause : 

— À compter d’aujourd’hui, douze étrangers vont déterminer le futur de Rodney. 


Mlle Choate se rend au bureau de Michael pour parler avec Stella. Cette dernière lui offre une tasse de café. Elle est en train de travailler. 

Mlle Choate semble compatissante envers Stella à propos du décès qui l’a frappée. Elle indique qu’elle est également compatissante envers Betty Anderson. 

Mlle Choate informe Stella qu’elle fait partie du panel des jurés. 

— On se verra à l’audience, lui dit Stella. 

Choate sourit : 

— On se verra à l’audience. 


Allison fait un cauchemar et se réveille, hystérique. Elle crie à l’intention de l’infirmière venue la voir : 

— Ne fermez pas la porte ! 

L’infirmière informe Mlle Choate de l’agitation, et cette dernière lui demande de prévenir le Dr Rossi. Michael arrive pour calmer Allison. 


Steven et Leslie arrivent au manoir pour y voir Martin Peyton. Martin demande à Steven comment il a réussi à faire venir Leslie. 

— Est-ce que tu lui as dit que j’étais mourant ? ironise-t-il. 

Martin offre une trêve à Leslie et lui parle de la proposition du monument en mémoire de Catherine. Steven arbitre la discussion. Peyton est à l’écoute de l’opinion publique. 

Il demande à Leslie de rester éloigné de la salle d’audience pendant le procès de Rodney. 

— Steven m’a convaincu de ne pas apparaître au procès. Il me parait évident que vous devriez rester en retrait, vous aussi. 

Leslie lui fait savoir qu’il est revenu d’Europe pour le procès et qu’il compte bien y assister. 

— Lorsque ce procès s’ouvrira, je serai présent au côté de mon fils.


Eli frappe à la porte de l’appartement de Rodney et lui offre une tasse de café qu’il a achetée au drugstore. 

Eli dit à Rodney qu’il mérite tout ce qu’il y a de mieux. Il lui apporte tout son soutien. 

Rodney lui répond qu’il n’a pas besoin de soutien moral, mais il est toutefois très reconnaissant envers le vieil homme de la démarche.

Episode 160

Lundi 27 décembre 1965

L’entretien

Martin Peyton a survécu à tout. C’est un tyran parmi les tyrans. Mais aux yeux de Steven Cord, c’est toujours un homme efficace qui aime traîner ses adversaires dans des duels sans merci. 

La limousine de Peyton se gare devant le bâtiment de la banque. Thomas, le chauffeur, aide Martin à sortir de la voiture, puis le conduit à l’intérieur du bâtiment jusqu’à l’étage, au bureau de Theodore Dowell.


Steven et Dowell sortent du bureau de ce dernier pour aller saluer Martin Peyton. Ils vont tous trois dans le bureau de Steven. 

Peyton demande à Dowell d’examiner la proposition des entreprises Markham pour la fabrique. M. Fletcher a fait une offre d’association au nom de Kenneth Markham, et se propose d’automatiser la fabrique. Mais Martin ne veut pas entendre parler d’automatisation. Cela va causer des pertes d’emplois et l’hostilité envers les administrateurs. 

L’audience pour le procès de Rodney est prévue cet après-midi à seize heures au palais de justice. Steven suggère que Martin n’y aille pas. Martin va considérer la question. C’est de toute façon lui seul qui décidera d’y aller ou non. 

Steven s’en va. Peyton dit à Dowell qu’il souhaite changer la pierre tombale de Catherine. Dowell l’informe qu’il lui faut l’accord signé de Leslie. 

— Leslie Harrington, en tant que mari de Catherine, a des droits privilégiés. Des papiers doivent être signés. 

— Arrangez-vous pour qu’il les signe! aboie le vieil homme. 

— Juste comme ça ?

— Juste comme ça !


Betty se rend au manoir pour passer un entretien d’embauche pour Peyton. C’est Hannah qui la reçoit et qui va diriger l’entretien. 

Elle la fait entrer et lui explique les différents services qu’elle devra rendre. Mais Betty veut parler avec Peyton avant d’accepter et demande à Hannah de l’appeler. Hannah fait barrage. 

Betty s’apprête à partir au moment où Peyton rentre. Elle pose ses conditions au vieil homme. Elle ne veut pas porter d’uniforme. Il accède à sa demande. 

Il demande si elle sait faire des tours de cartes ou encore jouer aux échecs. Betty répond que non. 

— Vous ne savez pas jouer aux échecs, s’étonne-t-il. Hannah ! Apporte donc l’échiquier !


À la fabrique, David Schuster s’entretient avec Julie dans son bureau. Il se plaint de Peyton. Selon lui, le vieil homme ne s’intéresse pas à la fabrique. Il ne s’intéresse qu’aux hommes. 

Julie est choquée par ses propos. Elle pense que Leslie n’aurait jamais réagi comme cela et propose sa démission. 

Mais David ne veut pas que Julie s’en aille. Il veut seulement qu’elle soit honnête et loyale. Il lui présente ses excuses et l’invite à dîner avec lui à l’auberge. 


Michael est dans son bureau, à l’hôpital, lorsque quelqu’un frappe à la porte. 

— Entrez ! dit-il. 

Mais personne ne répond. On frappe une nouvelle fois à la porte. Cette fois, Michael se lève et va ouvrir. 

C’est Allison qui est dans son fauteuil roulant. Michael appelle Mlle Shaw, l’infirmière de service, qui est censée s’occuper d’elle, mais il n’obtient pas de réponse. 

Allison entre dans le bureau et Michael lui présente Stella Chernak, qui partage son bureau. 

Allison demande des nouvelles de sa mère Anna et… de son frère Joe. Allison ne se rappelle plus que Joe est mort. Il y a un silence gênant avant que Michael ne demande à l’infirmière Shaw, enfin présente, d’emmener Allison en rééducation. 


Eli discute avec Elliot du fait que maintenant le Clarion fait des bénéfices. Selon Eli, le journal se vend bien parce que les gens aiment lire les scandales. 

Mme Maloney a fait un ragout pour Eli parce qu’il lui a donné une prime (elle travaille au magasin). Eli et Elliot se mettent d’accord pour manger le ragout. 


Au Colonial Post, Dowell rencontre Leslie. Rodney est avec son père. Dowell lui apprend que Martin veut poser une nouvelle pierre tombale pour Catherine et ériger un monument. Sur la pierre tombale, il veut inscrire le nom de « Catherine Peyton » et non « Catherine Harrington », ce qui met Leslie en colère. 

Au restaurant, Rodney et Leslie rencontrent Julie et David. Steven arrive et s’excuse auprès de Leslie pour son retard. Il leur apprend que c’est le juge Irwin A. Jessup qui sera chargé de présider le procès. 


Episode 159

Jeudi 23 décembre 1965

Martin Peyton visite la fabrique

Voici la fabrique de textile Peyton. La pierre angulaire de Peyton Place. Si la fabrique venait à déposer le bilan, c’est la ville entière qui s’effondrerait. Et voici Martin Peyton. Le dernier homme encore vivant portant le nom de Peyton. La ville, la fabrique, la famille. Dans les vieilles mains souffrantes de Martin Peyton se tient l’avenir de cette ville. 

Quelques plans de la ville. Puis plan de la fabrique. Martin Peyton arrive à la fabrique en limousine. Les ouvriers de la fabrique arrivent en même temps. 


Thomas, le chauffeur, sort du véhicule et aide Martin Peyton à sortir de la limousine. Peyton salue un des ouvriers, un certain M. Prohaska. Ce dernier lui présente son fils, Danny. Il annonce fièrement qu’il travaille depuis trois ans dans cette fabrique. 

Un homme du nom de Freddy se joint à eux et braille : 

— Schuster dit que les machines seront plus prolifiques que les hommes. 

Gus vient à son tour pour se plaindre de sa rétrogradation. Il était opérateur, comme Prohaska, et maintenant, ce n’est qu’un ouvrier qui travaille la nuit. Il peut « remercier » Harrington pour ça. Il mentionne aussi son défunt fils Joe. 

L’usine sonne le début des travaux.

Au secrétariat de direction, Julie Anderson arrive et dépose quelques paperasses sur le bureau de David Schuster, le directeur de la fabrique qui remplace depuis quelques mois Leslie Harrington. 

Elle est prête pour l’arrivée de Martin Peyton, le grand patron.


Leslie s’entretient avec Steven dans le bureau de ce dernier. Il s’inquiète pour le procès. Il commence après-demain et Steven n’a encore rien de probant pour garantir une bonne défense. 

Il mentionne la possibilité que ce soit le juge Carter qui préside le procès pour meurtre de Rodney. 

Steven préfèrerait le juge Quigley ou encore le juge Chandler. Leslie lui dit qu’il l’a engagé comme avocat pour défendre Rodney parce qu’il a toujours su mettre cartes sur table. 

— Quelles sont les chances de mon fils ? s’enquiert-il. 

Steven le fixe du regard : 

— Je ne peux rien garantir, annonce-t-il. 

Plus tard, Steven traverse le square et entre dans le bureau du Clarion pour discuter avec Elliot. Il lui demande des nouvelles d’Allison. 

— Elle va bien, répond Elliot sans conviction. 

Steven est venu lui parler du fameux jour où Elliot a volé au secours de Rita lorsque Joe et sa bande de voyous essayaient de la faire monter de force dans leur voiture. Elliot lui dit que ces voyous l’ont tellement terrifiée qu’elle n’a même pas voulu aller avec lui à la police. 

Lorsque Steven lui dit qu’il est inquiet pour Rodney, Elliot n’est pas dupe :

— Vous ne vous préoccupez que de vous-même, Steven. Vous voulez gagner cette affaire parce que ce serait un grand pas de franchi pour votre carrière professionnelle, n’est-ce pas ?


À la fabrique, Julie tape à la machine lorsque Martin Peyton fait sa grande entrée. Elle parle brièvement et poliment avec lui. 

Elle lui explique qu’elle est revenue travailler à la demande de Schuster, après le départ d’Harrington, et qu’elle emploie son expérience à faire fonctionner la fabrique. 

Peyton lui demande des nouvelles de son mari et elle lui apprend que George est dans un hôpital. 

Schuster sort de son bureau et salue Martin. Il le fait entrer. Peyton semble content de savoir Julie de retour à la fabrique. 

Schuster commence à ennuyer Peyton en lui disant qu’ils sont en retard sur les commandes et qu’une automatisation de la fabrique serait plus rentable, voire nécessaire. Mais pour Peyton, il y a un problème : les hommes. Beaucoup risquent d’être licenciés. 

Schuster appelle Julie à l’interphone et lui demande d’apporter le rapport de Howard Cable. Elle lui apporte le dossier en faveur de l’automatisation. 

Il informe Peyton qu’il a reçu un appel de M. Fletcher, qui travaille pour Kenneth Markham. Peyton l’arrête immédiatement : il ne veut pas de partenaires. 


Elliot et Constance sont avec Michael dans le bureau de ce dernier pour parler d’Allison. Michael pense que le Dr Quist, psychiatre à Boston, pourrait aider Allison. 

Il pense que l’idée est bonne de le faire venir pour parler avec la jeune fille et établir un diagnostic sur son état psychique.


Une jeune infirmière apporte le petit déjeuner à Allison. Elle refuse le jus d’orange et le jette à terre. 

Dans un accès de colère, mais aussi d’impuissance, elle dit qu’elle ne veut pas que des étrangers s’occupent d’elle et lui posent des questions personnelles. 

Plus tard, dans le couloir, Constance et le Dr Rossi se préparent à rendre visite à Allison pour lui parler du Dr Quist. 

Michael et Constance essaient de calmer Allison. Cette dernière dit au médecin qu’elle ne croira plus jamais ce qu’il lui dira. Michael lui dit qu’il l’aidera par tous les moyens, qu’elle le veut ou non. 

Michael et Constance sortent de la chambre d’Allison. Constance sent que sa fille est terrifiée. Elle s’est fermée à toute forme de réalité. Pour Michael, c’est une déclaration de guerre. Il fera tout pour sauver Allison.