Episode 187

Lundi 28 février 1966

Allison au tribunal

Dans quatre heures, Rodney Harrington va se rendre à la barre des témoins pour sa propre défense dans son procès pour le meurtre de Joe Chernak. 

Le canon recouvert de neige dans le square de Peyton Place. L’enseigne du Colonial Post Inn. À l’auberge, Rodney regarde sa montre et attend.


Rodney ouvre la porte, et marche dans le restaurant. Quelques instants plus tard, Steven le rejoint. Pour se détendre, Rodney parle de football. 

Norman arrive à son tour et les rejoint. Il leur dit qu’il vient de découvrir que Rita a un sommeil lourd.


Le Dr Rossi se trouve dans son bureau lorsque Stella entre. Elle lui parle brièvement de la tension qu’il y a entre eux depuis la déposition de Michael. Elle suggère de mettre un paravent entre leurs deux bureaux afin qu’ils évitent de s’ignorer à chaque fois qu’ils seront dans cette pièce. 

Michael lui dit qu’il ne compte pas la renvoyer, car la renvoyer pourrait causer du tort à son témoignage. De son côté, Stella ne veut pas démissionner pour ne pas causer de tort à son propre témoignage. 

Ils concluent donc une sorte de « pacte avec le diable » et continueront à travailler ensemble. Rossi ne veut pas la renvoyer et elle ne veut pas démissionner. 

Michael demande à Stella d’aller travailler au labo et de s’y installer.


Martin Peyton observe la pendule de l’horloge tandis que Betty arrive avec deux heures d’avance. Il ne peut s’empêcher de lui faire remarquer qu’il l’a vue en compagnie de son ex-mari Rodney. 

Martin appelle Thomas. Il a décidé de faire une apparition au tribunal aujourd’hui. Betty lui rappelle qu’il avait promis de ne pas se mêler du cas de Rodney. 

— Les promesses sont faites pour être rompues, lui répond-il sarcastiquement. 

Betty l’en dissuade, rappelant qu’il peut influencer les jurys en défaveur de Rodney.


Connie cuisine des toasts lorsqu’Elliot entre dans la cuisine. Il l’informe qu’il se rend à l’audience aujourd’hui. Rodney doit témoigner, c’est un moment important du procès. 

Il parle ensuite d’envoyer Allison à Boston pour se rétablir. Constance n’est pas d’accord et pense que la place d’Allison est ici. Pour Elliot, ce n’est pas évident dans le sens où Allison refuse de reconnaître qu’il est son père. 


Eli va rendre visite à Allison. La jeune fille dit à son grand-père que le Dr Rossi lui a fait savoir qu’elle devrait bientôt quitter l’hôpital. 

Eli l’informe qu’il ferme le magasin maritime pour ouvrir un magasin général. Il lui raconte également que Rodney est appelé à la barre aujourd’hui. Allison lui avoue qu’elle souhaite déménager dans une chambre d’hôte à sa sortie de l’hôpital, comme Eli. 

Ce dernier pense que ce n’est pas une bonne idée et qu’elle doit affronter ses parents pour régler ses problèmes.


Norman se tient en face du Palais de Justice. Steven, Rodney et Leslie (ce dernier vêtu d’un chapeau), se dirigent vers lui. Allison arrive à son tour, une écharpe autour de son cou et coiffée d’un béret. Elle est conduite par le Dr Rossi.

Rodney se demande à haute voix qui a eu l’idée de l’amener ici. Rodney et Allison se regardent pensivement. Allison se demande si elle devrait aller vers lui. 

Michael la rassure. Elliot se dirige vers sa fille. Il lui offre son aide, mais Allison refuse. En revanche, elle accepte l’aide de Michael. 

À l’aide de ses béquilles, elle se dirige d’un pas mal assuré vers l’entrée du tribunal. Mike se trouve à sa droite et Elliot à sa gauche, prêt à l’aider si nécessaire. Allison aperçoit un banc dans le couloir et s’y assoit. 

Elliot dit à Michael qu’il n’est pas sûr que c’est une bonne idée d’avoir fait venir Allison. Rodney se dirige vers eux et obtient la permission de parler avec Allison. 

Rodney demande à Allison pourquoi elle est venue. Elle est venue parce qu’elle le voulait. Rodney caresse doucement les cheveux d’Allison nouvellement coupés et lui dit qu’il aime bien sa nouvelle coiffure. Il l’accompagne jusqu’à la salle d’audience.

Allison prend place à la gauche du Dr Rossi, près d’Elliot. Le juge Jessup interpelle Ralph, l’huissier, pour lui demander qui est cette fille. L’huissier lui répond qu’il s’agit d’Allison Mackenzie. Il ajoute que c’est elle qui a été renversée par la femme de John Fowler. 

Le juge sermonne en aparté Steven et Fowler pour les coups d’éclat qu’ils font : Fowler en faisant venir Stella tout de noir vêtu et Steven pour avoir fait venir Allison. 

Steven dit au juge qu’il est prêt et appelle Rodney à la barre des témoins. Rodney prête serment et échange un regard avec Allison.


Episode 186

Jeudi 24 février 1966

Sur le quai

Depuis des semaines maintenant, les jurés du procès pour meurtre de Rodney Harrington écoutent les témoignages et examinent les preuves. Aujourd’hui, le juge Irwin Jessup de la Cour Supérieure de Justice du Comté de Peyton leur a ordonné de se rendre sur les lieux de la scène du prétendu crime afin de voir de leurs propres yeux où Joe Chernak s’est battu, et a trouvé la mort. 

Stella marche le long du quai, observant les jurés. Elle s’arrête en face de la Taverne d’Ada Jacks. Ada sort et se plante devant elle.


Le jury visite le quai. Ils posent quelques questions tandis que le bus scolaire qui leur est alloué attend de les ramener au tribunal. De son côté, Stella dit à Ada : 

— Peu importe ce que tu penses, Rodney est un meurtrier !

Tandis que les jurés retournent dans le bus, Rodney demande à Steven ce qu’il faut faire maintenant. Steven lui dit qu’ils vont boire un café avant que l’audience ne reprenne. 

Rodney est en colère contre les jurés. Ils n’ont pas été très réceptifs. 

— Ils n’en ont rien à faire de la vérité. Ils étaient juste impatients de rentrer au chaud. 

Il aurait aimé leur parler, leur expliquer ce qui s’est vraiment passé. Mais il ne peut pas, la loi le lui interdit.

Steven quitte Rodney pour entrer chez Ada. Stella, déjà ici, s’approche de lui pour lui parler. Il commande un café. Stella s’installe à côté de lui. Il lui demande si elle connaît la peine encourue pour parjure. 


Betty se rend à la pharmacie pour prendre les médicaments de Martin Peyton. Elle salue chaleureusement Rita qui s’occupe du drugstore. Elle la félicite pour son mariage et elle est ravie de voir que Rita rayonne. 

Norman entre, et Betty le salue en tant que mari de Rita. 

Tandis qu’elle sort du magasin, elle se heurte à Rodney. Ils discutent et plaisantent.

Dans son cabinet, Steven, qui est au téléphone, écarte les rideaux de la fenêtre de son bureau, et observe Rodney et Betty en train de discuter et de rire. 


Eli se rend à l’hôpital et salue le Dr Rossi qui lui donne des nouvelles fantastiques d’Allison. La jeune fille peut de nouveau marcher. 

Selon le médecin, la confrontation entre Elliot et Russ Gehring a décidé Allison à se lever. 

Eli se rend dans la chambre d’Allison pour la voir peindre à nouveau avec sa main droite. Il est heureux de voir sa petite-fille reprendre des forces. Il lui dit qu’elle doit faire face à la réalité maintenant, et admettre qu’Elliot est son père. 

— Il y a certains faits qu’on ne peut pas effacer comme de la craie sur un tableau. Elliot Carson est ton père.

Allison est réconfortée par la présence d’Eli. 


Marian se rend à l’hôpital dans le but de voir Allison, et se trouve nez à nez avec son ex-amant, Russ Gehring. Russ lui dit qu’il ne sert à rien pour elle de voir Allison, cela ne va rien changer, mais Marian lui assure qu’elle a besoin de la rencontrer. 

Allison se dirige vers elle et lui demande si elle est bien Mme Fowler. Marian demande à parler seule à seule avec Allison. 

Elles se rendent dans la chambre de la patiente, et Marian demande à Allison de lui pardonner. La jeune fille lui pardonne sans problème. Sur le pas de la porte, Mike entend la conversation. 

Plus tard, Allison sort de la chambre pour faire un tour dans le couloir de l’hôpital en béquilles. Mike la rejoint, une cigarette aux lèvres. Il lui dit avoir entendu la conversation qu’elle a eue avec Marian. 

— Je ne suis pas en colère contre Mme Fowler, lui dit Allison.

Michael est furieux, car elle a pardonné à Marian alors qu’elle n’est pas capable de pardonner à ses parents qui, pourtant, l’aiment. 


À son bureau, Steven met le répondeur en marche et s’apprête à partir quand Leslie débarque. Steven lui dit qu’il a un rendez-vous important et qu’il doit partir. Mais Leslie insiste pour lui parler. Il ajoute qu’il le paie assez cher pour qu’il lui accorde un moment. Il voudrait savoir ce qu’il en est de l’enquête sur l’ex-petit ami de Stella.

Steven avoue qu’il a perdu la trace de l’homme. Cette piste ne pourra donc pas être exploitée. 

Leslie se fâche, il veut que Steven utilise un autre moyen pour sortir Rodney de cette affaire. Steven le prend mal et lui dit qu’il est attendu. Il s’en va, laissant Leslie dans l’expectative.  


Au Clarion, Elliot dit à Jerry, l’imprimeur, de revoir la page trois afin d’y intégrer son article sur les Fowler. Jerry veut protester : 

— On a déjà… (il se ravise) : vous êtes le patron. 

Steven arrive et demande à Elliot de convaincre Allison de venir au procès et de s’asseoir dans les premiers rangs. 

Elliot trouve astucieux le fait d’exhiber la victime de la femme du procureur, mais il lui dit que s’il était membre du jury, il serait furieux de voir la défense user d’un tel stratagème. 


Constance va voir Allison. Elle lui dit de ne pas continuer à dormir, sinon elle sera réveillée toute la nuit. Le fait de dormir est une sorte d’échappatoire, lui répond sa fille. 

Constance lui dit qu’elle l’a vue grandir, et qu’elle a toujours été fière d’elle. Elle et Elliot l’aiment. 

Elle annonce à Allison qu’elle et Elliot vont avoir un bébé et elle veut qu’Allison partage leur bonheur. Allison lui rétorque que finalement, sa mère et son père ont réussi à avoir un enfant légitime. 


Episode 185

Mardi 22 février 1966

Un dîner avec Eli

Marian Fowler a confessé le fait qu’elle était la conductrice qui s’est enfuie après l’accident qui a failli coûter la vie à Allison Mackenzie. Reste maintenant à savoir quelles seront les conséquences sur la carrière de son jeune mari, le procureur John Fowler, et quelle orientation va prendre le procès de Rodney Harrington. 

John conduit Marian à la maison. Il conduit très vite, en faisant crisser les pneus de la voiture à chaque tournant. Le couple se dispute. 


Toujours en conduisant la voiture, John demande à sa femme de ne pas fumer dans la voiture. 

Elle lui fait remarquer qu’il roule trop vite et il lui rétorque que son esprit est concentré sur la route, pas comme elle lorsqu’elle a heurté Allison. 


Au bureau du Clarion, Eli s’entretient avec son fils qui tape à la machine un article sur Marian et John Fowler à propos du délit de fuite. Constance donne à Eli une tasse de café. 

Eli se souvient d’une bagarre qu’Elliot avait eue lorsqu’il était jeune. C’était avec Luke Bailey. Eli jette un œil sur l’article d’Elliot et il est choqué par la violence des mots. Elliot a décrit les faits, sans commentaire éditorial. 

Constance est surprise. Elliot lui dit qu’en tant que journaliste, il relate les faits, en tant que père, il va en découdre avec Fowler.


Au poste de police, Elliot parle avec le sergent Edward Goddard. Ce dernier lui donne le rapport sur le délit de fuite et lui demande de le mémoriser, car il ne lui fera pas de copie.

Le policier tente de convaincre Elliot de laisser tomber l’affaire. Il lui dit que Mme Fowler a avoué, et qu’elle se repent. Cependant, Elliot lui rappelle qu’elle a tout fait pour cacher l’accident. De plus, John Fowler a demandé au garage qui a réparé la voiture de ne pas faire de rapport, alors que c’était une obligation. Goddard insiste en disant que Fowler est sous pression en ce moment. 

Ce dernier arrive et accepte de parler à Elliot en privé dans son bureau. Il explique pourquoi il n’y a pas eu d’enquête à propos des dommages sur la voiture de Marian en relation avec le délit de fuite et l’accident. Sa femme lui a dit qu’elle a heurté le mur chez eux, et John ne voyait pas de raison de ne pas la croire. Voilà pourquoi il n’a pas fait faire de rapport au garagiste. 

Le ton monte. Elliot dit à John qu’il n’a plus le droit d’exercer son métier juridique à la suite de ce scandale. John appelle Marian. Il dit à Elliot qu’il doit se rendre au Capitole et qu’il n’a pas le temps de discuter de cela. 


Au Colonial, Leslie s’entretient avec Rodney lorsque Steven frappe à la porte et entre. Il leur informe que c’est Marian Fowler qui est l’auteur du délit de fuite qui a failli coûter la vie à Allison. 

Leslie demande comment cela peut affecter le procès de Rodney. Steven lui dit que Fowler est une personne perspicace et qu’il saura retomber sur ses pieds. 


À l’hôpital, Russ Gehring rend visite à Allison. Il outrepasse ses fonctions en lui apprenant que Marian Fowler est la personne qui l’a percutée.

Elliot entre dans la chambre d’Allison et, voyant qu’il raconte tout à Allison, l’empoigne et le jette dehors. Dans le couloir, ils se disputent. Elliot est en colère en apprenant que Russ savait tout depuis le début.

Elliot aperçoit le Dr Rossi et souhaite lui parler en privé dans son bureau. Allison marche à nouveau avec des béquilles. Gehring retourne dans la chambre de la jeune fille pour lui parler.  


Plan du square. Dans leur appartement, Rita et Norman reçoivent Eli à dîner. Eli donne à Norman des conseils sur la gestion de son argent : un tiers pour le loyer et les charges, un tiers pour la nourriture et les vêtements. La moitié du troisième tiers en cas d’urgence et l’autre moitié du troisième tiers pour les économies. 


Au square, John Fowler gare sa voiture. Il laisse Marian en sortir. Ils sont observés par Steven et Rodney. 

Les deux hommes entrent au tribunal. Deux vieilles femmes, que Marian connaît de l’hôpital, jettent un regard mauvais sur elle. Il semble que la nouvelle ait déjà fait le tour de Peyton Place. 

À l’intérieur du Palais de Justice, dans la salle d’audience encore vide, John informe qu’il est allé voir le procureur général du Massachusetts à Boston pour lui demander d’être remplacé. Puis il s’en va. 

Steven se tourne vers Rodney pour lui parler. 

— Il a pris la bonne décision, dit-il. 

Ce que Steven espère, c’est que l’affaire Marian Fowler prenne une bonne place dans les journaux, et que les jurés lisent chaque mot des articles de presse.

Fowler s’assoit à sa place, l’air totalement abattu.


Episode 184

Lundi 21 février 1966

La déclaration de Marian 

Depuis plusieurs semaines, Russ Gehring, kinésithérapeute, soigne Allison Mackenzie. Depuis tout ce temps, il connaissait l’identité du chauffeur qui l’a renversée et a pris la fuite. Maintenant, il ne peut plus taire cette information. 

Des individus marchent dans la neige. Russ Gehring sort de sa voiture.


John Fowler s’entretient avec Marian à propos de son délit de fuite. Le sergent Goddard prend un formulaire de déclaration. John est ici pour l’interrompre. Il ne veut pas d’une déclaration officielle. 

Russ Gerhing arrive au poste de police pour parler à John. Ce dernier le gifle violemment en apprenant qu’il savait que Marian était la personne qui a renversé Allison. 


Rodney frappe à la porte du bureau de Steven et entre. Il donne à Steven un chèque de 1000 dollars (le cadeau de Peyton pour son vingt-et-unième anniversaire) en tant qu’honoraires. 

Schuster entre dans le bureau pour se plaindre à Steven, qui a demandé à citer Kim une nouvelle fois comme témoin. 

Il est en fin de compte d’accord pour qu’elle témoigne à nouveau, mais il rendra Steven responsable de ce qui pourrait arriver à sa fille. 


John et Marian discutent à l’extérieur du poste de police. Marian dit qu’elle doit voir Allison. 

John décide de l’emmener lui-même à l’hôpital. Il l’aide à entrer dans sa voiture. 


Betty, Rodney et Steven se rencontrent dans le vestibule de l’auberge. Ils se préparent à aller dîner. 

Steven est appelé au téléphone. Betty commande un Rob Roy pour elle et pour Steven. Rodney prend une vodka tonique avec un zeste de citron (il a l’âge requis maintenant). 

Rodney et Betty discutent en attendant le retour de Steven à table. Ils reparlent de la fameuse scène lorsque Rodney a embrassé Betty. Betty ne lui donne aucun espoir pour une nouvelle relation. Rodney lui prend la main. Steven revient et voit la scène.

Il s’assoit, tandis que Rod se lève pour repartir dans sa chambre. Steven fait croire à Betty qu’il peut faire en sorte de perdre le procès pour garder Betty. 

Betty est choquée, mais Steven lui assure que ça n’arrivera pas. Ce n’était que des paroles en l’air. Il est un avocat intègre et fera tout pour gagner le procès.


Norman rentre à la maison avec le sourire aux lèvres. Il apprend à Rita qu’il vient juste d’obtenir un futur emploi au nouveau magasin général qu’Eli Carson va ouvrir. 


Dans la chambre d’hôpital d’Allison, le Dr Rossi essaie une nouvelle fois de faire marcher la jeune fille. Il lui parle des relations tendues qu’elle a en ce moment avec ses parents. 

Allison lui dit qu’elle est fatiguée et qu’elle veut dormir. Dès qu’un problème se pose, Allison fuit la réalité. 

Dans le hall, Michael dit à Elliot qu’Allison ne veut pas voir ses parents. Il lui parle des cheveux qu’elle s’est coupés court. Probablement une rébellion de la part de la jeune fille. Le médecin vient de lui donner un sédatif. 

Tandis que Rossi s’en va, Norman et Rita entrent et souhaitent voir Allison. Mais on leur interdit l’entrée de sa chambre parce qu’elle est en train de dormir. 

Norman en profite pour remercier Elliot au sujet de l’annonce du mariage dans le Clarion.

John et Marian se dirigent vers l’endroit où Elliot et Constance sont assis. Marian et John s’approchent d’eux. 

— Je voudrais voir Allison, fait Marian d’une voix presque inaudible. 

— Elle dort en ce moment, répond Elliot. 

— Je dois la voir, insiste-t-elle. 

— Pourquoi ?     

— J’ai quelque chose à lui dire. 

— Quoi donc ?

— C’est terriblement important.

Constance intervient :

— Est-ce quelque chose que vous pouvez me dire ?

Marian secoue la tête. 

— Pouvons-nous entrer dans sa chambre ?

— Eh bien, fait Elliot, je vous l’ai dit, elle est endormie. Ils lui ont donné un sédatif. Elle n’entendra pas un mot de ce que vous allez dire. 

Marian et Constance se rendent tout de même dans la chambre d’Allison. 

— J’ai entendu dire qu’elle allait mieux, souffle Marian. 

— Elle arrivait à marcher il y a deux jours. Puis elle a régressé. C’est le terme qu’ils ont employé. Maintenant, elle n’arrive plus à bouger toute la partie gauche de son corps… Que vouliez-vous lui dire ?

— John et moi sommes mariés depuis six ans. Il semblerait que nous ne pouvons pas avoir d’enfant. Et j’aime les enfants. J’aime les enfants. J’en ai parlé à une personne, ce qui m’a rendue malade. Puis je me suis précipité dans ma voiture. Et je pense que j’étais en larmes. J’étais tellement bouleversée au risque de voir John. Vous comprenez ce que je suis en train de dire ?

— Non, je ne vois pas où vous voulez en venir. 

Effectivement, une partie du dialogue de Marian n’est pas très compréhensible. Elle poursuit :

— Je me suis rendue en voiture sur la route de la plage pour me calmer et remettre de l’ordre dans mes idées. Il y avait du soleil. J’ai appuyé sur la pédale de l’accélérateur et c’est arrivé. 

Constance fronce les sourcils, tentant de déchiffrer les propos de Marian. 

 — Que voulez-vous dire par « c’est arrivé » ?

— J’ai heurté Allison, confesse finalement Marian. 

Nous sommes maintenant dans le couloir avec Elliot et John.

— Et elle ne vous a jamais rien dit à propos de ça ?

— C’est exact, affirme John. 

 — Et vous n’avez jamais rien suspecté ?

— Non. 

— Pas un seul instant ?

— Non. 

— Pas même lorsqu’elle a disparu ?

 — Je travaillais d’arrache-pied sur le procès, se défend le procureur. 

— Oh oui, le procès. Celui qui peut embellir ou détruire votre carrière. Je ne peux pas vous en vouloir d’avoir délibérément mis de côté ceci. 

Les paroles d’Elliot mettent John en colère :

— Attendez une minute !

— Pouvez-vous imaginer, pouvez-vous concevoir ce qui se passe dans la tête d’un père qui apprend une chose pareille ? De savoir qu’une personne a fait du mal à ma fille et peut marcher tranquillement dans la rue sans scrupules ?

— Vous n’allez peut-être pas le croire, mais je sais ce que vous ressentez.

— J’avais l’habitude d’observer chaque visage qui passait dans le square. Je les regardais attentivement pour voir si je percevais un signe de culpabilité dans leurs yeux. Je vivais dans la haine. La haine était mon pain quotidien. Et ce n’était même pas un homme. C’était une femme. Une femme. 

Elliot se tourne pour aller dans la chambre d’Allison. John l’attrape par le bras. 

— Tenez-vous loin d’elle. 

— Lâchez-moi immédiatement !

— Carson, laissez la justice faire son œuvre. 

— Il me semble que dans cette ville, la justice est uniquement faite pour condamner les innocents et laisser en liberté les coupables. 

Elliot entre dans la chambre. 

— Est-ce que c’est vrai ? s’enquiert-il auprès de Marian. Est-ce que votre mari ne savait rien à propos de ceci ?

 —  Non. 

Elliot, en colère, se détourne de Marian. Les Fowler quittent la chambre. 

Constance s’approche d’Elliot. 

— Maintenant que nous savons, que pouvons-nous faire ? Rien. 

— Au contraire. 

— L’attacher au pilori ? L’envoyer à la potence ? Que peux-tu faire de bien, Elliot ? Est-ce qu’Allison ira mieux ?

—  Je n’arrive pas à croire que Fowler n’était pas au courant. S’il l’était et qu’il n’a rien dit, il ne lui serait plus permis de pratiquer la justice. Si je peux prouver qu’il savait, je le ferai tomber. 


Episode 183

Jeudi 17 février 1966

Le témoignage du Dr Rossi

Une promesse faite à un mort est parfois plus importante qu’une promesse faite à un vivant. Stella Chernak a fait une promesse à son défunt père. Elle a juré, sous serment, que Rodney Harrington avait menacé de tuer son frère. Et maintenant, le Dr Rossi doit ajouter une substance supplémentaire à ce mensonge. 

Emmitouflé dans son manteau, Norman se dirige vers le Palais de Justice. Plan de Stella, puis de Mike. 


Au tribunal, John demande à Michael quand il est arrivé à Peyton Place. Mike dit qu’il connaît bien Rodney, c’est d’ailleurs la première personne qu’il a vue lorsqu’il est arrivé à Peyton Place, Rodney étant chargé de le conduire à l’auberge. 

Après avoir interrogé le témoin, Fowler le laisse au soin de la défense. Steven se lève et commence à interroger Michael sur Gus. Il lui demande notamment si c’était par hasard qu’il se trouvait chez Peyton le soir où il est mort. Michael lui répond qu’il était le médecin de Gus Chernak et qu’il a été appelé. 

Puis Steven demande au médecin de décrire Rodney. Il le décrit comme un brillant jeune homme équilibré. L’avocat fait dire à Mike qu’à aucun moment Rodney n’a paru en colère. 

Steven interroge ensuite Mike sur sa relation avec Stella. 

— Vous travaillez très étroitement avec Mlle Chernak. Est-ce exact ?

— Oui. 

— Diriez-vous que vous êtes plus qu’une connaissance pour elle ?

— Oui. 

Mike dit qu’il a trouvé Stella un peu tendue ces derniers temps et qu’à aucun moment il n’a entendu Rodney menacé de tuer Joe. 

L’interrogatoire se termine. John demande à interroger de nouveau Stella. Steven fait objection. 

— Refusée, fait savoir le juge. 

Stella retourne à la barre. Fowler lui demande d’en dire un peu plus sur son frère Joe. Stella parle de la visite du Dr Rossi chez elle le jour de la mort de Joe. Il était arrivé au moment où Rodney s’en allait. Stella et Michael échangent un regard mauvais. 


À l’extérieur du Palais de Justice, John et Stella aident Anna à entrer dans la voiture du procureur. Elle est vêtue d’une robe noire et porte un voile de la même couleur. La voiture est garée juste en face du Palais de Justice. 

Stella dit à John qu’elle va démissionner de son poste. Fowler lui demande expressément de ne pas le faire. Il lui dit qu’elle se trouve du côté des vainqueurs. 


À l’hôpital, dans la chambre d’Allison, le Dr Rossi tente d’aider la jeune fille à faire quelques pas. 

Elle tombe et lui crie qu’elle n’est pas prête à marcher. Russ Gehring observe la scène. 

Un peu plus tard, dans le couloir, Russ dit à Michael qu’Allison a crié : « il n’est pas mon père ». 

De toute évidence, la vérité lui fait peur. Allison a un problème avec Elliot. Selon Russ, Allison est proche de l’hystérie. Michael demande à Russ où il veut en venir. 

Gehring tente de lui faire comprendre que le problème d’Allison ne vient pas de l’accident. C’est un problème qu’elle a avec son père et qu’elle avait déjà avant l’accident. 

— Que voulez-vous prouver ? demande Mike. 

— Rien. Je me fais juste du souci pour Allison. 

— Comme nous tous. 

Russ Gehring s’excuse et se rend au téléphone payant public. Il passe un appel au bureau du District Attorney. 

À la secrétaire, il dit qu’il souhaite parler à Mr Fowler. Mais il n’est pas là. Russ laisse son nom à la secrétaire pour que Fowler l’appelle dès qu’il revient. 


Steven se trouve avec John et lui dit qu’il a été surpris de voir que le juge avait permis un nouvel interrogatoire de Stella. 

— Un conseiller sage sait quand il doit jeter l’éponge, lui dit John. 

Il ajoute qu’il a un dossier solide. Steven pense que John bluffe. 

John se rend ensuite du tribunal au square et rencontre son étrange femme Marian, avec qui il discute. 

Elliot et Constance sortent du Clarion et remarquent que la femme de John est de retour.


Dans le bureau de Michael, Steven continue à poser des questions au médecin à propos de Stella et du procès. 

Steven avertit Rossi de ne pas renvoyer Stella. Mais le médecin pense qu’il n’a pas le choix. De toute façon, elle démissionnera probablement. 

Il informe Steven que Stella travaille actuellement sur un important projet de recherche. Mike décide de donner sa journée à Stella.


John, de retour à la salle d’audience, discute avec sa femme Marian. Pour lui, la relation extraconjugale qu’elle a eue avec Russ Gehring est du passé. Il veut oublier tout cela. 

De son côté, elle lui dit avoir rompu sa relation avec Russ. Ce n’était pas une histoire d’amour. Elle n’était pas amoureuse de lui. Elle ne voulait plus le voir en dehors de l’hôpital (elle travaillait avec lui comme volontaire en rééducation motrice).  

Et finalement, elle confesse être l’auteure du délit de fuite. Le soleil était dans ses yeux et c’est la raison pour laquelle elle a heurté Allison. 

Elle avait pris conscience de l’impact, mais elle pensait avoir heurté une pierre ou un petit animal. 

John est décontenancé par cette nouvelle : 

— Pourquoi ne t’es-tu pas arrêtée ? Pourquoi tu n’es pas venue me voir ? 

Marian se rend compte qu’elle n’a aucune excuse. Il mentionne l’appel qu’elle a passé à la police depuis la Californie afin de prendre des nouvelles d’Allison et savoir si le chauffeur avait été arrêté. 

— Tu aurais dû le dire à la police, clame John.  

Il ne sait pas quoi faire. Le procès Harrington est loin d’être terminé et cela pourrait lui porter préjudice. De plus, il veut sauver son mariage. 

Finalement, il lui dit qu’elle doit aller voir la police. Marian le sait, elle est préparée et ça ne lui fait pas peur. Elle avait plus peur de le dire à son mari qu’à la police.


Episode 180

Jeudi 10 février 1966

Le cadeau de Peyton

Tandis que Betty Anderson traverse le square de Peyton Place en ce froid matin d’hiver, elle se demande si voir Rodney Harrington aujourd’hui est la meilleure des choses à faire. À tort ou à raison, elle est décidée à y aller. 

Un homme balaye le trottoir devant le Colonial Post. Betty passe devant l’homme et entre dans l’auberge. 


Betty entre dans la chambre de Rodney pour lui souhaiter un bon anniversaire. Elle ne peut rester qu’une minute. Elle a fait du shopping et lui a acheté un cadeau : une casquette de capitaine. 

Rodney est triste du manque de reconnaissance pour son anniversaire. Betty le rassure en lui disant que la journée n’est pas terminée. 

Rodney lui parle du temps où ils étaient ensemble, et qu’il regrette. Il lui dit que tout peut recommencer entre eux. Betty est en larmes, elle était juste venue lui souhaiter un bon anniversaire, c’est tout. 

— Tu ne voulais pas du tout te marier, lui rappelle-t-elle. 

— Toi si ?

— Je savais que je te voulais. Peut-être n’était-ce qu’une envie ? 

Mais Rodney en doute. Il l’embrasse. D’abord, elle se laisse faire, puis elle s’écarte de lui. Leslie arrive pour interrompre ce tendre moment. Betty s’en va sans un mot. 

Elle sort de l’auberge au moment où le facteur y entre. La limousine de Peyton s’approche d’elle et il lui offre une petite ballade à travers la ville. Betty s’engouffre dans la voiture et s’entretient avec le vieil homme. 

Pendant ce temps, Thomas se rend à la réception de l’auberge et remet une enveloppe pour Rodney contenant un chèque de 1000 dollars que Rodney donnera plus tard à Steven pour aider à payer les dépenses juridiques.  


Rodney se coiffe de la casquette offerte par Betty, tandis que Leslie lui reproche d’avoir à nouveau des relations avec elle. Rodney apprécie que son père se soit déplacé depuis l’Europe pour venir ici, mais il lui fait comprendre qu’il n’a pas de leçon à recevoir de lui. 

Un employé de l’auberge frappe à la porte de la chambre de Rodney et lui remet l’enveloppe de Peyton contenant le chèque de 1000 dollars. Pour Leslie, aucun doute possible : Martin Peyton essaie d’acheter la loyauté de Rodney. 


Norman et Rita apprennent la vie de couple. Rita dit à son mari que Rodney est au plus mal depuis qu’il a rompu avec Allison. 


Chez les Chernak, John rend visite à Stella pour voir si elle est toujours d’accord de témoigner lundi, malgré le chagrin de la mort de son père. Il peut obtenir un délai si elle le souhaite. 

Elle mentionne le rapport de police fait après la mort de Gus. Fowler lui apprend que Peyton est venu au poste de police pour signer la déclaration sur ce qui s’est passé au manoir entre lui et Gus. 

Stella lui offre un café, qu’il refuse. Elle remercie le procureur de se soucier de ses sentiments. John lui dit qu’il aura peut-être besoin du témoignage d’Anna. Stella lui dit qu’elle sait que sa mère se montrera coopérante. 


Elliot tape avec ses deux mains à la machine lorsqu’Eli entre pour lui annoncer la grande nouvelle. Il demande s’il peut insérer une annonce dans le Clarion car il a le projet de vendre aux enchères son magasin maritime et d’ouvrir un magasin général. Elliot pense que l’idée est bonne. Eli est très excité par son nouveau projet. 


Le Dr Rossi sonne à la porte du manoir Peyton. Betty le fait entrer et l’installe au salon. Peyton est en train de jouer avec un presse-papier. Il dit au médecin que l’objet appartenait à Charles Dickens. 

Michael demande à Betty de le laisser seul avec Martin afin qu’il puisse l’examiner. Au vu de l’examen, le médecin ordonne à Martin d’aller se reposer dans son lit. La sonnette de la porte d’entrée retentit une nouvelle fois. 

Betty fait entrer Leslie Harrington. Elle lui demande d’attendre, précisant que M. Peyton est avec le Dr Rossi. 

Michael sort du salon et laisse sa place à Leslie, qui reproche à Martin d’intervenir dans le procès de Rodney alors qu’il lui avait expressément demandé de ne pas le faire. 

Il lui reproche les 1000 dollars alloués par Peyton pour Rodney. Peyton dit à Leslie qu’il n’a jamais appartenu à cette maison ni à cette famille. Vexé, Leslie s’en va, laissant Martin Peyton admirer son presse-papier. 


Episode 179

Mardi 8 février 1966

Le problème avec Allison

Depuis plusieurs semaines, l’hôpital de Peyton Place prend soin d’Allison Mackenzie. Allison, victime d’un chauffard qui a pris la fuite, ne reconnaît plus Elliot Carson comme son père. Pour Allison, Elliot est simplement « M. Carson ». Mais du point de vue du Dr Michael Rossi, le temps est venu de révéler à sa patiente la véritable identité d’Elliot. 

Au bureau des renseignements, une infirmière aux cheveux bruns marche droit vers la caméra. Une infirmière blonde, finissant de taper un formulaire à la machine, se lève et dépose la feuille au-dessus de la pile. Michael aide Allison à marcher jusqu’au bureau du médecin.


Michael s’entretient sérieusement avec Allison. Il lui apprend qu’Elliot est son véritable père (répétition de la dernière scène du précédent épisode). 

Allison devient hystérique. Elle ne comprend pas… Son père et sa mère se sont mariés il y a un an à peine. Allison est pour le moins perturbée par cette nouvelle. 


À l’auberge, Rodney va voir Steven, qui pensait que le jeune homme s’était enfui alors qu’il était en liberté surveillée. 

Rodney raconte à Steven sa curieuse rencontre avec la mystérieuse fille chez Ada. Le jeune homme est fatigué et se retire dans sa chambre pour aller dormir. 

Peu de temps après, Steven reçoit un appel du détective Lawrence, de Californie. Il lui demande ce qu’il a trouvé. 


John Fowler se rend au poste de police pour parler avec le sergent Goddard. Pendant qu’ils conversent, l’officier Frank reçoit un appel étrange d’une femme, depuis San Francisco. Il s’agit de Marian, mais elle ne s’identifie pas, et demande des nouvelles d’Allison. Elle voulait savoir si le chauffeur qui a heurté la jeune fille a été trouvé. 

Goddard a essayé de localiser l’appel sur la ligne 3809. Il provient d’une cabine téléphonique publique à San Francisco. Goddard a toujours pensé que le chauffeur était un touriste d’été. 

Fowler pense qu’il est temps maintenant de fermer le dossier, persuadé qu’il est trop tard pour retrouver la personne qui a heurté Allison. 

Peyton arrive pour faire une déposition au sujet de la mort de Gus. Il se dispute avec John au sujet de Stella et du procès de Rodney. Peyton signe sa déposition. 


Steven, muni de son porte-document et de son attaché-case, se dirige vers Martin Peyton en face du tribunal, et lui parle brièvement. Il va se rendre à Los Angeles pour voir Lawrence qui a des informations à lui communiquer sur le passé de Stella. 

Steven hèle un taxi. Peyton, quant à lui, remonte dans sa limousine. 


Eli se rend à la salle de rééducation pour y voir Russ Gehring. Il veut savoir comment parler avec Allison.

Il voudrait aussi savoir s’il doit construire une rampe d’accès à la maison pour l’aider. Gehring lui promet de faire la liste des besoins d’Allison. 

Il lui fait savoir qu’elle devra revenir à l’hôpital pour y suivre son traitement. Gehring rassure Eli en lui disant que tout ira bien pour Allison. 


Elliot et Constance rendent visite à Allison à l’hôpital. Elliot fait savoir à sa fille qu’ils viennent juste de parler avec le Dr Rossi. Ce dernier leur a dit qu’il a informé Allison au sujet d’Elliot. 

Constance dit à sa fille que tout va rentrer dans l’ordre. Mais Allison n’est pas d’humeur à leur parler. Elle leur dit : 

— Bonsoir, et ne fermez pas la porte derrière vous. S’il vous plaît, partez. Sortez de ma chambre ! 

Mais Constance ne veut pas partir. Allison demande alors à parler seule avec sa mère. Elliot lui refuse ce droit et dit qu’il reste. 

Allison invective sa mère parce qu’elle lui a menti pendant des années. Elliot demande à Allison de baisser d’un ton et de respecter sa mère, puis il se met en colère et lui fait un sermon en lui disant qu’elle a toujours été trop gâtée et trop protégée par sa mère. Elle devrait s’estimer heureuse d’avoir une famille qui s’aime et qui l’aime, elle. 

Allison est bouleversée et ne peut pas supporter la présence de ses parents dans cette pièce. Constance et Elliot préfèrent partir. Allison s’étend sur son lit et se met à sangloter. 


Episode 178

Lundi 7 février 1966

L’anniversaire de Rodney

Ce soir, Gus Chernak, le père de Stella Chernak et du défunt Joe Chernak, est mort comme il a vécu, violemment et absurdement, laissant le soin à sa fille Stella de détruire ce qu’il n’a pas pu détruire lui-même.

Le Dr Rossi conduit Stella chez les Chernak avec sa voiture. 


Michael et Stella arrivent chez les Chernak. Le médecin descend du véhicule et va ouvrir la portière de la passagère. Devant la porte d’entrée, Michael demande à Stella si elle veut qu’il entre avec elle. 

On apprend que c’est lundi qu’elle est appelée à la barre des témoins. Mike lui demande de bien considérer la situation. Elle risque, par son témoignage, d’envoyer Rodney en prison pour le reste de sa vie. 

Si elle a menti à l’audience préliminaire en disant que Rodney a proféré des menaces sur Joe, alors elle doit faire son devoir. Elle doit arrêter de vivre sur des mensonges et enfin dire la vérité. Il lui demande de réfléchir à tout ça durant le week-end.


Depuis le Colonial, Leslie téléphone à Norman afin de lui dire que Rodney a disparu et qu’il s’inquiète. Il informe son fils que Rodney a rompu avec Allison aujourd’hui. 

Il a peur que Rodney se soit enfui alors qu’il est en liberté sous caution. Norman promet de le chercher et de le trouver. Rita vient avec lui.


Rodney se rend à la taverne où il est chaleureusement accueilli par Ada. Il lui dit qu’il va avoir vingt-et-un ans dans quelques minutes. 

Il rencontre au bar une jolie étrangère, Karen. 

— Une petite danse, jeune homme ? murmure la jeune femme. 

— Euh, comment vous appelez-vous ? 

— Essayez donc de danser avec une personne que vous ne connaissez pas, cela vous changera. Et puis ça fera jaser. 

— D’où venez-vous ? insiste Rodney. 

— Et de quelle école je viens ? Et qui je connais ?

— OK. 

— Je viens de l’est du Mississippi. Je suis allée à l’école au Caire, en Argentine, à Hong Kong, et euh, à Beyrouth. Je connais tout le monde…

Un jeune client éméché l’interrompt.

— Attends une minute. Tu ne veux pas être antisociale. Je veux dire, c’est une fête. Ce n’est pas tous les jours qu’on fête sa majorité et…

— Laisse tomber, dit Karen. 

— Tout ce que je veux dire, c’est… 

— Laisse tomber, dit à son tour Rodney. 

 — OK, meurtrier, lâche le client opportuniste. 

Rodney est vexé par l’insulte.  

— Attends une minute !

Karen prend Rodney par le bras pour le calmer. 

— Pourquoi n’allons-nous pas siroter notre champagne en tête-à-tête à cette petite table, là-bas ? suggère-t-elle. Vous voulez boire ?

— Non. 

— Voulez-vous parler ?

— Non. 

— Voulez-vous danser ? Depuis combien de temps n’avez-vous pas dansé avec quelqu’un ?

— Mais enfin, qui êtes-vous ?

— Eh bien, disons que nous sommes à un bal costumé et que je porte un masque. 

— Pourquoi ?

— Parce que je veux… danser ?

Karen se lève. Rodney est de plus en plus étonné. 

— Que faites-vous ici ? Dans cet endroit ? Dans cette ville ? Je veux savoir. 

— Je me trouve ici par hasard, comme la plupart des endroits où je me rends. Peut-être vais-je m’en aller, ou bien peut-être vais-je m’inscrire dans cette jolie université… euh ? Comment s’appelle-t-elle déjà ?

— Peyton… OK, allons danser.

Rodney choisit un disque au juke-box. Ada se précipite vers Rita et Norman qui viennent d’arriver et les embrasse. 

Norman aperçoit Rodney en train de danser avec Karen près de la porte d’entrée. Il se dirige vers lui. 

— Rod, tout le monde te cherche. Papa se fait du souci pour toi. 

— Pourquoi ?

— Nous pensions que tu t’étais enfui, ou quelque chose comme ça.

Karen s’en va, non sans avoir lancé un « Joyeux Anniversaire » à Rodney. 

Rita s’approche de Rodney, l’œil malicieux. 

— Êtes-vous monsieur Harrington, monsieur Rodney Harrington ? Vous êtes bien monsieur Rodney Harrington, n’est-ce pas ? Bien, nous avons un télégramme musical pour vous. 

— Oui, nous avons un télégramme musical pour vous, répète Norman. 

Ils chantent « Joyeux anniversaire ». Rodney est ravi. 


Constance et Elliot rendent visite à Allison et ont l’heureuse surprise de voir qu’elle peut marcher. Allison leur dit qu’elle veut rentrer à la maison immédiatement.

— Je veux rentrer à la maison, parce que je déteste être ici. Je veux sortir. J’en ai assez de vous voir me poser des questions.

Elliot s’en va voir le Dr Rossi pour lui demander un rapport sur Allison et son état de santé. 

Elle marche maintenant avec des béquilles. C’est la première fois qu’Elliot la voit marcher depuis l’accident. Il voudrait organiser un déjeuner demain. 

Allison refuse froidement. Elle retourne dans le bureau de Rossi. Elliot et Michael parlent encore un peu. 

Dans le bureau de Michael, Allison tape à la machine avec sa main droite (dans le précédent épisode, elle avait peint avec sa main gauche)

Le médecin entre et s’assoit au bureau de Stella. Il espère qu’Allison s’exerce avec sa main gauche.

Elle lit un poème qu’elle a écrit. Le poème en dit long sur l’état d’âme d’Allison. Michael lui demande ce qui l’effraie. 

Allison veut rentrer chez elle. Elle déteste cet hôpital. Et toutes les questions de Michael la rendent malade. 

Michael lui avoue enfin qu’Elliot est son père. 

— Beau-père, rectifie Allison. 

Michael secoue la tête : 

— Non. C’est ton vrai père. 

Allison est accablée par la nouvelle. 


Episode 177

Jeudi 3 février 1966

Tragédie chez Martin Peyton

Un appel d’urgence a mené le Dr Rossi et Stella Chernak au manoir de Peyton. Pour un des hommes présents à l’intérieur du manoir, chaque seconde, chaque souffle, peut amener la mort. 

Michael et Stella se rendent en voiture chez Peyton. 


La police est ici. Stella attend impatiemment devant la porte d’entrée qu’on vienne leur ouvrir. Ils entrent enfin. 

Hannah est en train d’expliquer à la police que Gus a forcé la porte arrière, et qu’il s’est glissé à l’intérieur de la demeure. 

Hannah se précipite vers le Dr Rossi pour lui demander d’examiner Martin Peyton, dont le pouls est trop élevé. 

Gus, de son côté, est toujours en vie. Stella se penche vers lui et il lui dit qu’il voulait juste récupérer son emploi. 

L’ambulance arrive enfin. Stella dit à Gus qu’elle l’aime. Gus demande à Stella de faire payer Rodney pour la mort de Joe. Stella est en larmes : 

— Ne t’endors pas, papa. 

Mais Gus rend son ultime soupir. Stella, désespérée, veut que les infirmiers donnent de l’oxygène à son père. 

Devant son insistance, Michael fait un signe de tête aux infirmiers pour qu’ils s’exécutent, même s’il sait que Gus est déjà mort. 

Stella est pliée par la douleur. Impuissants, les infirmiers ferment la bouteille d’oxygène et s’en vont. 

Gus est transporté sur un brancard. 

Le Dr Rossi demande à Martin Peyton comment il se sent. Le sergent Goddard est avec eux. Martin ne l’avait jamais vu. Avec la permission de Michael, Martin donne sa version des faits à Goddard. Peyton termine son histoire en disant qu’il est dommage que Gus fût tellement autodestructeur. 

Le vieil homme demande à Hannah un verre d’eau. 

Stella fait une crise d’hystérie et crie à Peyton : 

— Menteur ! Menteur !

Elle impose sa version des faits et incrimine Peyton. Mais Peyton ne se laisse pas faire, il réplique à Stella que Gus a endommagé les machines de la fabrique avec un marteau, qu’il aurait pu porter plainte contre lui et lui demander de payer la réparation des engins. Au lieu de cela, il a été licencié. Il s’en est sorti plutôt bien. 

Stella et Michael sortent du manoir. Il signe l’acte de décès que lui tend un assistant médical, puis s’installe en compagnie de Stella à l’arrière de l’ambulance, laissant ainsi sa voiture chez Peyton. 

Malgré le fait que Gus soit mort, les sirènes de l’ambulance retentissent. 


Dans leur appartement, Norman et Rita entendent l’ambulance. Rita pense qu’il s’agit peut-être d’une femme se rendant à l’hôpital pour accoucher. 

Norman suggère qu’elle pourrait avoir des jumeaux. 

— Non, plaisante Rita. Des quadruplés plutôt  !

Ils sont tellement heureux qu’ils se comportent comme deux enfants. Ils se précipitent dehors et, dans la nuit, font une bataille de boules de neige. 

Rita se précipite vers le bâtiment abritant le Clarion, suivi par Norman, qui glisse et tombe avant d’atteindre la porte d’entrée. 

Eli ouvre la porte et offre aux jeunes mariés un café. Il leur dit également qu’il est enclin à les aider de n’importe quelle façon. Ils entendent à nouveau l’ambulance. 


À l’intérieur de l’ambulance, Stella contrarie Michael. Le médecin lui dit que sa mère va vraiment avoir besoin d’elle maintenant. 

Il explique les implications d’un certificat de décès. Il voudrait savoir quelles ont été les dernières paroles de son père. Stella lui répond que les dernières paroles de son père étaient privées. 

Michael demande de but en blanc si Rodney a réellement menacé Joe ou si Stella a menti. Il lui demande ce qu’elle compte dire à la barre lundi. 

Voyant Stella déterminée à détruire les chances de Rodney, il lui dit qu’elle donne crédit à tous les mensonges que l’on dit sur le jeune Harrington. 


À l’auberge, Steven s’entretient avec Leslie des conséquences de la mort de Gus Chernak sur l’affaire de Rodney. 

Leslie fait appeler Rodney dans sa chambre, sans réponse. Steven demande au réceptionniste de l’auberge de voir si la voiture de Rodney est au parking. Elle n’y est pas. 

Ils se demandent sérieusement où se trouve Rodney, et s’il n’a pas enfreint les règles de la liberté surveillée.


Episode 176

Mardi 1er février 1966

Les quatre cents coups de Gus

La nuit tombe sur l’hôpital de Peyton Place. Et pour Gus Chernak, une mission urgente a démarré, une affaire de vie et de mort. Une vengeance contre Martin Peyton. Une vengeance pour la vie qu’il a vécue, et pour la mort de son fils. 

Gus se glisse hors de l’hôpital (répétition de la dernière scène de l’épisode précédent). 


Steven se rend en voiture à la maison de Peyton, il sonne à la porte et Betty le laisse entrer. 

Peyton demande à Betty de couper la musique. Betty enfile son manteau, prête à partir passer la soirée avec Steven. Mais Martin demande à Steven de s’asseoir un moment et d’enlever son manteau. 

Il tient à lui dire qu’il apprécie la façon dont Steven mène la barque au procès. Il parle de Norman en disant qu’il possède le charme de Catherine. 

Il informe Steven et Betty des dégâts que Gus a provoqués à la fabrique. Ils leur souhaitent bonne nuit et s’en vont. Peyton remet l’électrophone en route. 

À l’arrière de la maison, Gus Chernak brise une vitre et s’introduit à l’intérieur. 

Il trouve une bouteille de whisky et en ingurgite une grande quantité, malgré les recommandations du médecin. 

Il entre dans la pièce où se trouve Peyton et arrête l’électrophone. Il menace Martin en faisant de grands gestes. Il lui reproche tous ses problèmes. 

Martin Peyton lui demande de sortir de sa maison immédiatement. Chernak saisit la canne de Peyton et s’apprête à frapper le vieil homme, mais il s’effondre avant le premier coup. 

Choqué, Peyton ne peut que regarder Gus étendu à terre. 


À la maison de la plage, le Dr Rossi allume un feu dans la cheminée. Il téléphone à la mère de Stella, Anna Chernak, et demande à parler à Stella. Mais elle n’est pas à la maison. 

Elle arrive bientôt à la porte de Michael portant deux sacs de nourriture. Mike est ravi de la voir et le montre. Il porte encore le tisonnier dans la main. 

Il la traite de sorcière parce qu’elle a anticipé l’invitation qu’il voulait lui donner. Elle sourit et lui dit qu’elle prend cela comme un compliment. 


Leslie est dans sa chambre, à l’auberge, occupé à lire le Clarion, lorsque Rodney frappe à la porte. 

— Salut, j’ai pensé devoir te dire que je suis ton nouveau voisin. Ils m’ont donné la chambre en bas du hall. 

— Entre, fait Leslie. 

Rodney entre, mais ne ferme pas la porte. 

— En fait, je dois défaire mes valises, explique-t-il. 

— Je vais descendre t’aider. 

— Non, ça ira. 

— Tu es toujours fâché ?

— Je suppose que oui. 

— Nous ne résoudrons rien à rester planté de cette façon près de la porte. 

Leslie ferme la porte. 

— Je suppose que je devrais plutôt me réjouir pour Rita et Norman. Mais ton frère a toujours tendance à se retrouver dans des situations sans penser aux conséquences. Et lorsqu’il se lance dans une aventure avec un tel enthousiaste, il ne songe jamais s’il arrive ou non à gérer la situation. Ça ne marche pas comme ça, Rod. Ça ne peut pas. Ce mariage n’est qu’un jeu pour Norman. Tu seras la femme et moi je serai le mari et nous enlèverons notre chewing-gum pour nous embrasser. 

— Ils apprendront la vie. 

— Et que va-t-il se passer la première fois qu’ils se disputeront ? La première fois où Norman jettera le passé de Rita en pleine figure ?

— Je sais que ça ne sera pas facile. Si Rita retourne à l’école, ils auront des problèmes, comme les enfants et l’argent. D’autant plus que Norman retourne au collège. 

Leslie se permet d’en douter. 

— Ils n’y retourneront jamais. 

— Peut-être, mais toujours est-il que tu dois rester en dehors de ça. Laisse Norman régler ses problèmes à sa façon.

— Je n’avais pas l’intention de démarrer une dispute avec toi, convient Leslie. 

— Je dois vraiment aller défaire mes valises. 

Rodney s’apprête à partir. Leslie le retient. 

— Rod, ce n’est pas le moment de se quereller. 

— Je ne me querelle pas. 

— Et tu ne peux pas t’offrir le luxe de feindre devant moi. Il y a trop en jeu… Steven semble penser que Fowler va rappeler Stella Chernak à la barre très prochainement. 

— Eh bien, nous savons tous que c’est là le cœur de l’affaire. 

— Son père a perdu son emploi à la fabrique. Schuster l’a viré. 

— Il a fait ça ?

— Il n’avait pas le choix. J’ai cru comprendre que Chernak a perdu les pédales et a cassé du matériel. 

— Est-ce que grand-père Peyton est au courant ?

 — Oui. 

— Et il a soutenu Schuster ?

— Il n’avait pas d’alternative, Rod. 

— Oui, sûrement, murmure Rodney 

— Écoute, j’aurais fait la même chose si j’étais à sa place. Si un homme doit inspirer le respect, il doit montrer du courage et un esprit de décision. 

Rodney ouvre la porte. 

— Maintenant écoute, Rod, poursuit le patriarche. Je pense qu’il était bien mieux pour ton affaire que ton grand-père le fasse. 

Rodney referme la porte. 

— Rien n’est jamais simple, n’est-ce pas ? Un homme ne peut même pas éternuer dans cette ville sans que tout le monde se demande si cela va affecter mon cas. Ce sont des enfantillages, papa. Des enfantillages. Deux garçons qui se battent pour une fille. Et le grand frère que se plante là pour remettre de l’ordre. 

 — Tu n’iras pas en prison, affirme Leslie. 

— Je pourrais y aller. 

— Tu n’es pas un assassin, Rod. Tu n’iras pas en prison. 

— Elliot Carson n’était pas un meurtrier. Peut-être aurais-je plus de chance que lui. Ou peut-être que je sortirais de prison dans 18 ans, avec encore une bonne partie de ma vie devant moi. Nous verrons bien. 

— Arrête ça, Rodney. Tu ne seras pas reconnu coupable. Trop de gens dans cette ville savent ce que tu vaux. 

— Ils savaient aussi ce que valait Elliot Carson. 

Cette fois, Rodney quitte la chambre pour de bon. 

Il se rend à la réception et croise Betty. Il lui demande où se trouve Steven. Il lui parle de Lawrence, le détective privé que Steven a engagé en Californie pour fouiller le passé de Stella.


Retour à la maison de la plage, Michael et Stella dînent tout en parlant plaisamment lorsque le téléphone sonne. C’est la police. 

Michael est informé de l’incident à la maison Peyton au sujet de Gus. Mike répond qu’il va en parler à Stella et qu’il va se rendre chez Peyton le plus vite possible. 

Le médecin informe Stella que son père a eu un accident chez Martin Peyton. 

Michael et Stella arrivent au manoir de Peyton et se précipitent vers la porte d’entrée.