Épisode 478 

Mercredi 20 novembre 1968

Dis-moi, Carolyn…

La nouvelle de la mort de Martin Peyton est parvenue en premier à Steven Cord. Il n’a pas tardé à la transmettre à Betty Harrington. Mais Betty l’a surpris. Elle a accueilli la disparition de Peyton d’une manière très particulière, une réaction qui pourrait bien menacer les projets de Steven.

Steven Cord traverse le square pour se rendre au Clarion. L’édition du jour affiche un gros titre :

« MARTIN PEYTON EST MORT »


Dans la salle de rééducation, Rodney s’exerce sur la nouvelle machine thérapeutique, à la fois moderne et performante. Chuck Atwell l’encourage. Il lui dit avoir appris la mort de son grand-père et lui présente ses condoléances à sa manière.

Steven entre dans la pièce. Il tente de parler à Rodney et lui explique qu’il souhaite réellement s’occuper des funérailles. Mais Rodney lui répond sèchement que Betty a tout pris en main. Il lui demande de quitter la salle, ajoutant qu’il ne le supporte plus.


À la maison de la plage, le Dr Rossi passe un moment agréable avec Marsha Russell. Ils s’embrassent, échangent des mots tendres. Mike choisit une musique qu’il n’écoutait jamais avec son frère Joe : des valses de Strauss.

Ils discutent longuement, puis la conversation dérive vers Carolyn. La discussion dégénère rapidement et ils se disputent comme un vieux couple. Mike commet l’erreur de dire qu’il a vu Carolyn entrer seule au Shoreline, suivie par Jeff. Marsha s’inquiète aussitôt pour sa fille. Carolyn lui avait affirmé qu’elle ne voyait plus Jeff. Si elle lui cache cette relation, cela pourrait vouloir dire qu’elle a couché — ou s’apprête à coucher — avec lui.

Michael tente de calmer les choses et lui demande de laisser le temps faire son œuvre. Marsha s’emporte. Mike hausse à son tour le ton et lui demande combien de temps encore sa fille va se dresser entre eux.

Furieuse, Marsha attrape ses affaires et quitte la maison en claquant la porte.


Steven travaille dans son bureau lorsque Susan Winter arrive. Elle frappe doucement et il l’invite à entrer. Elle jette un regard furtif à travers les stores vénitiens de la fenêtre. Elle est venue parce qu’elle a aperçu la voiture de l’avocat garée sur le square.

Steven lui dit qu’il est débordé de travail et l’encourage à partir, mais elle s’avance vers lui et l’embrasse. Steven ne résiste pas. Elle lui confie qu’il lui a manqué aujourd’hui. Elle l’enlace en lui disant qu’elle le désire, puis décroche le téléphone afin qu’ils ne soient pas dérangés.


Lew est seul au Cider Barrel. Il s’occupe de la fermeture. Quelqu’un frappe doucement à la porte et il va ouvrir. Le Dr Rossi entre et lui demande s’il est encore possible de boire un café.

— J’ai même une dernière part de tarte aux pommes, si vous voulez. Vous venez de l’hôpital ?

— Non, je me promenais.

Mike lui dit qu’il a parlé de lui avec son père. Harry se fait beaucoup de souci. Lew lui répond qu’il ne devrait pas. Le médecin lui demande alors ce qui s’est passé à New York. Lew s’emporte.

— Mon père me l’a demandé, ma mère me l’a demandé, mon frère au Vietnam me l’a demandé, et maintenant vous ! Il ne s’est rien passé. Rien de grave.

— Mais tu ne veux plus devenir médecin. Pourquoi ?

Mike devine que Lew a découvert ce qu’est réellement le racisme dans une grande ville. Il lui rappelle que son père s’est battu pour devenir médecin, justement pour prouver qu’un homme noir pouvait réussir. Il veut la même chose pour son fils.

Mais Lew lui répond qu’il ne peut pas se mettre à sa place. Mike n’est pas confronté quotidiennement au racisme.


Dans sa chambre, Carolyn est allongée sur son lit, lisant un roman, lorsque Marsha entre brusquement. Elle demande à sa fille quand elle a vu Jeff pour la dernière fois. En réalité, elle cherche à savoir quelle est la nature exacte de leur relation, ce qui déclenche une nouvelle dispute. Carolyn se braque aussitôt contre sa mère.

Finalement, elle affirme qu’il ne s’est rien passé entre elle et Jeff. Mais Marsha ne la croit pas. Elle connaît sa fille et sait reconnaître quand elle ment.Marsha redescend au salon et appelle Fred. Elle compose les chiffres sur le cadran téléphonique. Fred répond. Marsha lui demande de l’aide à propos de Carolyn et de Jeff. Elle souhaite qu’il parle à leur fille, car elle est vraiment très inquiète. Fred lui promet d’être présent dès le lendemain.


Épisode 477 

Lundi 18 novembre 1968

Le gros lot

Ce soir, Steven Cord apporte une information qu’il vient tout juste de recevoir de la clinique de Boston. Il est déterminé à observer l’impact que cette nouvelle aura sur Betty Harrington. Il est convaincu que sa vie va soudainement basculer sur une voie destructrice et que, par ricochet, cela affectera tous ses proches.

Il fait nuit. Steven Cord se rend en voiture chez Rodney et Betty Harrington, près du Shoreline Café et du magasin de motos des frères Harrington. Il sort du véhicule et marche le long du trottoir enneigé. Il frappe à la porte.


Betty ouvre et lui demande immédiatement de s’en aller. Steven lui annonce alors le décès de Martin Peyton. Elle s’adoucit et le laisse entrer.

Elle n’arrive pas à croire que cela soit arrivé. Elle est sous le choc. Betty doit normalement être la principale bénéficiaire de l’héritage du vieil homme. Steven est amer.

— Tu as touché le gros lot, madame Rodney Harrington, ricane-t-il.

Avant que Steven ne parte, elle lui demande comment Rodney a réagi à la nouvelle. Steven lui répond qu’il n’est pas encore au courant, pas plus que Norman. Il voulait l’annoncer en premier lieu à Betty, puisqu’elle est la principale bénéficiaire.

Plus tard, Steven et Betty retrouvent Norman et Rita au bureau des renseignements de l’hôpital. C’est Steven qui les a convoqués : il doit leur parler.

Ils entrent dans la chambre de Rodney et se placent autour de lui. Il était en train de lire lorsque tout le monde est arrivé.

Steven annonce la nouvelle à Rita, Norman et Rodney réunis. Rodney n’est pas étonné : le vieil homme était malade. Steven précise qu’il va s’occuper des formalités et des funérailles. Betty s’y oppose et estime que c’est Rodney qui devrait s’en charger.

Steven lui rappelle que Rodney ne pourra pas faire grand-chose en fauteuil roulant. Betty rétorque que les démarches peuvent très bien être faites par téléphone.

Finalement, Norman intervient et dit que si Steven souhaite s’occuper des funérailles et des démarches administratives, il le laisse volontiers faire. Il demande à Rodney s’il est d’accord. Rodney ne répond pas. Steven prend ce silence pour un accord et s’en va. Rita et Norman prennent également congé.

— Tu as l’impression que l’argent est pratiquement à toi, maintenant, dit Rodney à sa femme.

— Pas à moi, répond Betty. À nous.


Dans le salon des Miles, Harry a une discussion à cœur ouvert avec son fils, Lew. Il ne sait toujours pas ce que cache ce dernier. Il sait seulement qu’il n’a pas effectué l’intégralité de son stage à l’hôpital de New York.

Lew dit qu’il se cherche. Harry lui explique qu’il aime ses deux fils de la même façon, mais qu’il a toujours cru devoir protéger davantage Lew, parce qu’il est le plus jeune. Il veut pour lui une belle vie.

Harry comprend que Lew ne veut plus devenir médecin, et cela l’attriste. Lew prétend le contraire, affirmant qu’il n’a pas abandonné cette idée. Mais Harry est persuadé qu’il a renoncé.


Au magasin de motos des frères Harrington, le Dr Rossi est venu présenter ses condoléances à Norman pour la perte de son grand-père. Il avoue que c’est la première fois qu’il entre dans le magasin.

Il souhaite également lui parler de la thérapie de Rodney. Ce dernier a repris ses exercices, ce qui est très positif. Mais Mike le sent encore fragile et estime que Norman doit continuer à le motiver et à le surveiller.

Il se rend près de la fenêtre, d’où il a une vue directe sur l’entrée du Shoreline. Il voit Carolyn y entrer, ce qui le perturbe au point qu’il s’interrompt au milieu de sa phrase.

Intrigué, Norman regarde à son tour et aperçoit Jeff sortir de son buggy pour entrer dans le café. Il dit que Jeff est un brave garçon et qu’il a beaucoup de talent comme musicien. Le Dr Rossi, quant à lui, est perdu dans ses pensées.


Lew se promène dans le square enneigé et monte sur le kiosque à musique. Il aperçoit au loin une jeune fille de son âge, Joanne Walker, et l’appelle. Joanne est la fille du sergent Walker.

Lew tente d’être aimable, mais elle lui reproche de ne plus lui donner de nouvelles. Elle dit ne plus le reconnaître depuis son retour de New York.

Il lui demande si elle est libre pour qu’ils passent du temps ensemble, mais elle le repousse.

— Tu es quelqu’un d’autre. Tu as changé. Le Lew Miles que je connaissais était correct avec moi.


Tom travaille sur le bateau, amarré juste en face de la taverne, sur le quai. Il aperçoit le Dr Miles et l’interpelle. Harry semble préoccupé, mais Tom n’a pas l’impression qu’il s’en rende compte.

Tom lui demande des nouvelles de Liza Newton. La dernière fois, Harry était venu le voir pour lui demander de lui rendre visite et de la réconforter, mais Tom avait refusé. À présent, il aimerait la rencontrer et demande si cela est possible.

Harry lui annonce que, malheureusement, Liza Newton est morte la veille. Tom est sous le choc. Il demande si elle était accompagnée à ce moment-là, sachant qu’elle n’avait pas de famille. Harry lui explique qu’il a fait appel au révérend de White River, mais que ce n’était pas la même chose. Madame Newton ne le connaissait pas comme elle connaissait Tom.

Harry s’en va.

Eli rejoint Tom Winter et lui parle à son tour de la mort de Liza Newton. Tom s’en veut de ne pas être allé la voir. Eli lui demande de lui promettre d’être présent à ses funérailles, lorsque le moment viendra.


À l’hôpital, le Dr Miles est de mauvaise humeur. Il reproche à Mlle Choate d’avoir laissé un patient se promener dans le couloir sans assistance.

Le Dr Rossi s’approche et met fin au calvaire de l’infirmière en chef en invitant Harry à entrer dans son bureau pour discuter.

Harry lui confie qu’il est convaincu que Lew abandonne la médecine. Son fils ne lui a rien dit explicitement, mais il le ressent profondément. Mike lui répond qu’à dix-sept ans, on ne sait pas toujours ce que l’on veut faire de sa vie et qu’il faut parfois du temps.

Harry explique alors qu’une personne de couleur doit exercer un métier prestigieux pour être respectée dans la société, et que c’est ce qu’il souhaite pour son fils.


Betty se rend au manoir pour voir Steven. Elle lui annonce qu’elle se chargera des funérailles de Martin Peyton. Elle ajoute qu’il était présomptueux de sa part de penser pouvoir s’en occuper seul.

Les avocats de Peyton, à Boston, l’ont informée qu’elle doit s’y rendre afin d’accompagner le cercueil dans le corbillard jusqu’à Peyton Place.

— Est-ce que tu fais cela en tant qu’héritière Peyton, ou en tant qu’épouse ? demande Steven.

— Les deux, répond Betty. Et je resterai héritière Peyton et épouse de Rodney.

Elle s’en va.


Épisode 476 

Mercredi 13 novembre 1968

Des nouvelles de Boston

Les premières neiges de la saison arrivent en avance. Le quai de Peyton Place se couvre d’un manteau blanc et prend soudain l’allure familière de la Nouvelle-Angleterre. Betty Harrington n’y prête guère attention. Quelques minutes plus tôt, elle a quitté l’hôpital sur ordre de son mari. Rodney refuse de la voir et a fait dire à l’infirmière qu’il était en thérapie. Mais Betty sait la vérité : ce refus est nourri par ses soupçons, par sa conviction qu’elle lui serait infidèle. À présent, elle est déterminée à voir la seule personne capable, peut-être, de dissiper ces doutes : Tom Winter, ancien révérend devenu pêcheur.

Un couple marche le long du quai enneigé, puis se met à courir. Betty, emmitouflée dans un manteau couleur or, avance seule sur les planches gelées.


Arrivée devant le bateau où travaille Tom, Betty lui demande l’autorisation de monter à bord. Il refuse. Qu’importe. Elle reste sur le quai et lui parle.

Tom se rend à l’avant du bateau ; Betty le suit, sans y avoir été invitée.

Il admet avoir vu Rodney à l’hôpital. Betty s’anime… puis retombe lorsqu’il précise qu’ils n’ont pas échangé un mot.

Elle le supplie d’aller lui parler. Rodney est persuadé qu’elle entretient une liaison avec Steven Cord. Cloué dans son fauteuil, il se sent incapable de se battre pour elle et préfère abandonner, refusant même la thérapie.

— J’ai tout essayé, dit-elle. Le Dr Rossi, le Dr Miles, Norman, Rita… personne n’a réussi. Il ne reste que vous, monsieur Winter.

Tom baisse les yeux.

— Vous attendez un miracle ?

— Juste un peu d’aide.

— Betty… je ne peux pas aider Rodney. Je ne sais même pas m’aider moi-même.

— S’il vous plaît…

Tom ne répond pas.

Déçue, Betty s’éloigne dans la neige.


Lew rentre chez les Miles. Alma voudrait lui parler, mais il doit repartir aussitôt travailler. Elle espérait poursuivre la conversation amorcée au Cider Barrel.

— Je ne peux pas être en retard, dit-il en l’embrassant. On se voit ce soir au dîner.

Avant de partir, il se retourne.

— Dis, maman… tu me fais confiance, n’est-ce pas ? Je sais que je n’ai pas tout raconté sur New York, mais je ne suis plus un enfant.

— Tu le seras toujours pour moi.

— J’ai juste besoin de temps. Tout ce que j’ai fait là-bas, c’est vivre ma vie.

Alma est inquiète. Lew la rassure, puis s’en va.

Sur le chemin, il aperçoit Carolyn entrer au Shoreline Café, pourtant fermé. Il s’arrête un instant pour l’observer.


Au manoir Peyton, Steven entre et trouve Susan qui l’attend, un verre à la main. Elle parle sans discontinuer. Lui voudrait qu’elle parte.

Elle lui dit qu’ils se ressemblent : lui aime toujours Betty, elle aime toujours Tom.

— Parce que vous aimiez Tom, vous avez détruit sa carrière. Et parce que j’aime Betty, j’ai failli tuer son mari.

Susan dit qu’elle donnerait tout pour reprendre une vie avec Tom. Elle s’approche, passe ses bras autour du cou de Steven et l’embrasse. Il répond à son baiser.

Ils sont interrompus par Mary, la gouvernante, qui annonce un appel urgent d’Hannah Cord, de Boston.

Steven s’isole pour répondre. Hannah lui annonce la mort de Martin Peyton. Elle est bouleversée. Elle dit avoir voulu prévenir Steven en premier — avant Rodney et Betty — et ajoute qu’il saura tirer profit de la situation. Puis elle raccroche.

Steven revient dans le salon, monte l’escalier sans un regard pour Susan, puis redescend lorsqu’elle l’interpelle.

— Ce sont de mauvaises nouvelles ?

— Tout dépend du point de vue, répond-il calmement.

Il lui annonce la mort de Martin Peyton. Ils boivent un verre à sa mémoire. Steven lève ensuite son verre vers le portrait de Betty.

— Vive la reine.

Soudain, il éclate. Il brise des bouteilles, renverse des vases, fracasse des bibelots. Susan recule, inquiète. Steven rit : tout cela est à lui maintenant. Il peut faire ce qu’il veut, ici.


Tom Winter se rend à pied à l’hôpital. Il demande à Mlle Choate s’il peut voir le Dr Rossi pour faire vérifier son pansement. Elle consulte le planning, mais Tom s’est déjà éloigné.

Il se dirige vers la chambre de Rodney et hésite.

Finalement, c’est Rodney lui-même qui arrive, de retour d’examens. Ils entrent ensemble. L’infirmière qui accompagne Rodney précise que la visite doit être brève : le patient doit se reposer.

Rodney se montre cruel.

— Je n’ai pas besoin de vous. Vous êtes pathétique. Vous portez votre échec comme une médaille.

Tom encaisse, puis répond :

— Vous êtes tellement occupé à pleurer sur votre sort que mes propres larmes ne signifient plus rien pour vous.

Il tourne les talons et sort.

Rodney reste seul. Il saisit le téléphone.

— Passez-moi Chuck Atwell, dit-il sèchement.

Il marque une pause.

— Je veux reprendre la thérapie. Tout de suite.


Épisode 475 

Lundi 11 novembre 1968

Pas de visiteurs

Depuis quelque temps, Tom Winter semble incapable de se soucier de qui que ce soit. Mais quelques minutes plus tôt, il est entré dans la chambre d’hôpital de Rodney Harrington. À l’insu du patient, il a perçu la souffrance brute, le désespoir d’un homme qui ne veut plus lutter. Et Tom, presque malgré lui, a ressenti de nouveau une chose qu’il croyait perdue : l’empathie, l’attention portée à un autre être.

Il s’éloigne de l’hôpital et atteint le square. Norman et Rita sont près du pilori.


Norman l’interpelle en apercevant sa main bandée. Tom minimise : une simple coupure, un patron trop prudent, rien d’important. Rita n’est pas de cet avis et lui rappelle qu’on ne doit jamais prendre une blessure à la légère.

Norman lui propose de le raccompagner en moto jusqu’au quai. Tom décline : il préfère marcher.

Norman lui demande alors s’il a vu Rodney. Tom admet être passé devant sa chambre… mais sans entrer. Puis les trois se séparent.

Plus loin, Susan se tient devant le drugstore. Rita et Norman échangent quelques mots avec elle. Rita remonte ensuite à l’appartement, laissant Norman seul avec Susan. Elle lui dit que personne n’a encore compris que Tom veut souffrir. Qu’il s’impose une pénitence. Elle le sait, parce qu’elle connaît Tom mieux que quiconque.


Carolyn entre au Cider Barrel au moment où un couple en sort. Elle échange quelques mots avec Lew au sujet de Jeff, puis de Joe Rossi, qui a quitté la ville avec Jill. Lew lui sert le fameux breuvage de Charlie.

Alma arrive, et Carolyn la salue avant de filer.

Alma s’assoit au comptoir : elle veut parler à son fils. Depuis son retour de New York, quelque chose le ronge, et elle entend bien comprendre quoi.

Lew hésite, puis, voyant que sa mère n’abandonnera pas, il murmurera avoir découvert à New York ce que signifie être Noir dans une grande ville. À Peyton Place, il est protégé ; là-bas, il ne l’était plus. Il n’était pas prêt.

Alma sent qu’il y a autre chose. Lew finit par évoquer une fille rencontrée là-bas… mais Charlie surgit pour lui demander de venir préparer la pâte à crêpe. Il félicite Alma pour les qualités de son fils, fier de l’avoir derrière son comptoir.

Lew s’en va travailler, mais Alma le fait promettre d’en reparler rapidement.


À l’hôpital, Steven entre dans la chambre de Rodney. La réplique d’accueil est sèche :

— En repartant, ferme la porte.

Steven s’approche, déterminé à suivre les recommandations de Rossi. Il dit à Rodney qu’avant l’accident il voulait reconquérir Betty — mais que ce n’est plus le cas depuis des semaines.

Rodney lui répond qu’il les a vus ensemble dans le couloir.

Steven explique : elle venait d’apprendre qu’il était le donateur de la machine de rééducation, et il lui demandait de garder le secret.

Rodney accuse le coup.

— J’aurais dû m’en douter.

Alors Steven le provoque ouvertement. Il lui dit qu’il aime toujours Betty, lui avoue qu’il garde sa bague de fiançailles parce qu’il espère encore la revoir un jour. Il affirme aussi que Betty l’aime toujours, lui.

Et si Rodney n’est pas d’accord, il n’a qu’à faire ce qu’il faut : se lever de ce fauteuil et se battre.

— Tu vas jusqu’à la salle de rééducation, dit-il. Par toi-même, ou je te pousse.

— Me pousse pas.

L’avocat avance le fauteuil vers la porte. Rodney s’agrippe désespérément à la barre du lit… et finit par tomber lourdement au sol.

Steven le regarde, impassible.

— Lève-toi. Allez, lève-toi !

Le Dr Rossi entre à cet instant et découvre Rodney étendu.

— Que s’est-il passé ?

— Votre patient est tout à vous, docteur, coupe Steven avant de sortir.

Plus tard, Rossi convoque le Dr Miles. Il lui parle de l’état de Rodney, persuadé que Betty et Steven constituent le nœud du problème.

Mike dit qu’il a échoué, Betty aussi, Steven également. Pour lui, Harry est le dernier recours.

Mais Harry refuse : le dernier recours, dit-il, c’est Michael. Personne ne connaît Rodney comme lui.


Betty arrive à l’hôpital et se rend au bureau des renseignements, où Paula Dixon lui apprend que Rodney a demandé expressément qu’on mette le panneau PAS DE VISITEURS.

— Mais je suis sa femme !

— Justement… il a précisé que cela vous concernait aussi.

Betty blêmit. Paula tente d’atténuer le choc : il est fatigué, ce sera sûrement différent demain. Mais Betty chancelle. Elle se rend jusqu’à la porte de sa chambre, hésite la main sur la poignée… puis se détourne et quitte l’hôpital, bouleversée.


Épisode 474 

Mercredi 6 novembre 1968

Démotivation

Le Dr Michael Rossi a un problème avec un patient — mais aussi un ami : Rodney Harrington. Il pensait pouvoir le laisser aux bons soins de son thérapeute pour enfin s’attaquer au retard administratif qui l’accable, mais on l’a rappelé. Rodney pose problème, et Michael doit de nouveau intervenir.

Le Dr Rossi gare sa décapotable rouge vif devant l’entrée de l’hôpital. Il attrape sa mallette, sa veste, et s’apprête à entrer quand Chuck Atwell surgit et le rejoint.


Ils traversent ensemble le hall pour gagner le bureau des renseignements. Chuck lui confie que Rodney n’est plus motivé : il refuse de travailler avec la machine thérapeutique flambant neuve. Il pense que seul Rossi pourra l’aider à reprendre goût aux efforts. Sans exercice, Rodney risque de rester prisonnier du fauteuil roulant.

Michael se rend donc dans la chambre.

La pièce est plongée dans le noir ; Rodney est étendu, prostré.

Mike ouvre les stores, laissant la lumière inonder la chambre.

Il lui réexplique patiemment l’importance de la régularité. Rodney, convaincu que ses jambes ne marcheront plus, refuse d’y croire.

— À quoi bon devenir un colosse des bras si mes jambes restent inertes ?

— Dis ça à Atwell la prochaine fois qu’il t’ajoutera des poids.

— Dites-le-lui vous-même. Moi, j’arrête.

Michael comprend que tout cela n’a rien à voir avec des haltères ni des routines d’exercices. Le problème est ailleurs : Betty. Steven. La jalousie. L’incertitude.

Mike lui conseille d’affronter la situation au lieu de la laisser l’empoisonner.

Rodney ne répond pas. Il détourne la tête.

Rossi ressort. Chuck Atwell l’attend, prêt à entendre de bonnes nouvelles.

Michael n’en a pas. Chuck baisse les bras : il ne sait plus quoi faire.


Carolyn rentre, monte les marches… mais la voix de Marsha la tance :

— Viens ici tout de suite.

— Je pose mes livres et je redescends.

— J’ai dit : tout de suite !

Carolyn entre dans la cuisine. Marsha est furieuse. Sa fille avait promis de rentrer directement après l’école pour aller faire les magasins ensemble — et elle arrive avec trois heures de retard.

— C’est pourtant toi qui voulais faire du shopping, proteste Carolyn.

— Je veux ton emploi du temps exact depuis ta sortie de l’école.

Carolyn tente une version : bibliothèque, puis glace.

Marsha l’a déjà vérifié. Elle n’était ni là, ni là.

— C’était un marchand ambulant, dit Carolyn. Il n’a pas de téléphone.

Marsha suggère qu’elle a été voir Jeff au Shoreline.

Carolyn nie, s’excuse à nouveau, puis monte s’enfermer dans sa chambre, où elle s’effondre sur son lit, contrariée.


Norman ferme les grandes portes du garage Harrington. Jeff sort du Shoreline, traverse la rue et vient le voir.

Il demande des nouvelles de Rodney. Ils échangent quelques mots sur la musique. Norman remarque qu’il a entendu Jeff jouer cet après-midi, mais pas comme d’habitude — ni seul.

Jeff se défend immédiatement :

— Je sais ce que tu crois. Oui, j’étais avec Carolyn. Mais il ne s’est rien passé, d’accord ?

— Si tu le dis, répond Norman sans conviction.

Jeff s’en va. Norman ferme boutique et part en moto.


Sur le quai, Tom Winter travaille sur un piège à homards et s’ouvre la main sur un crochet.

Il se retire dans le bateau pour se soigner, mais Andy Davies arrive et s’emporte : la blessure est profonde et Tom doit aller à l’hôpital, point final.

Tom refuse. Andy insiste. Il va même jusqu’à menacer de le renvoyer.

Norman arrive en moto, comprend la situation et propose d’emmener Tom.

Cette fois, Tom accepte.


Dans son bureau, Steven Cord termine un coup de fil. Le Dr Rossi l’observe par la fenêtre, nerveux. Steven raccroche, maugréant contre un client.

Mike est venu lui demander une faveur : aller parler à Rodney. Le jeune homme doit affronter ses démons et mettre un terme à ses suspicions.

Steven ne voit pas pourquoi ce serait à lui de le faire.

— Vous voulez que je lui dise que je n’ai plus de sentiments pour sa femme ? Vous croyez que ça va l’aider ?

— Je veux que vous lui disiez la vérité, répond calmement Mike.

Steven est stupéfait.

Rossi lui explique : Rodney doit extérioriser sa colère et avancer. L’enfermer dans un cocon de mensonges ne l’aidera pas.

Il doit entendre ce qu’il redoute, ou ce qu’il espère, afin de faire face.


Dans le couloir de l’hôpital, Tom Winter revient du service des urgences, la main bandée. Il croise Rossi.

Michael lui demande d’aller parler à Rodney : le jeune homme a besoin de conseils, de repères.

Tom proteste : tout le monde veut le remettre dans les ordres. Il n’en a aucune envie. Il ne redeviendra pas révérend.

Mike n’insiste pas. Tom quitte le couloir… puis hésite.

Il s’approche de la chambre de Rodney.

La porte est entrouverte.

Il voit Rodney, avachi dans son fauteuil, écrasé de découragement.

Tom reste là un long moment, indécis.

Puis il fait demi-tour et s’éloigne, incapable d’entrer.


Épisode 473 

Mercredi 30 octobre 1968

Enfin heureux !

Aujourd’hui, Joe Rossi a épousé Jill Smith, et ce faisant, prouve enfin quelque chose à cette ville : qu’il n’est pas seulement l’ombre de son frère, le Dr Michael Rossi. Qu’il est, lui aussi, un individu à part entière, capable d’aimer, de choisir sa voie et de se réaliser pleinement. Pour Jill, ce mariage marque la fin d’une errance et le début d’une vie nouvelle, lumineuse.

Joe et Jill sortent du Palais de Justice, fraîchement mariés. Joe porte un costume, Jill une ravissante robe turquoise. Ils se dirigent vers le square.


Les jeunes mariés montent ensemble les marches du kiosque à musique. Ils rayonnent.

Le Dr Rossi, tout aussi heureux qu’eux, les rejoint. Il échange avec son frère une salve de mots italiens réjouis, parmi lesquels ressort un très distinct « fiesta ! »

Les trois Rossi — Mike, Joe et Jill — s’enlacent en riant tandis qu’ils se dirigent vers le drugstore. Puis ils gravissent les marches de l’appartement de Rita et Norman Harrington.

Ils entrent sans frapper. À l’intérieur : Norman, Rita, Ada… et la presque officiellement future Kelly McCormick Smith Rossi.

La joie est générale — mais une question demeure : le juge a-t-il rendu Kelly à ses parents ?

Joe prend sa fille dans ses bras et murmure qu’il espère que ce ne sera pas la dernière fois.

— Ne parle pas de malheur, dit Jill.

Joe regarde par la fenêtre. Il aperçoit Steven Cord, agitant des documents officiels dans leur direction, le visage souriant. Il fait un signe très clair : Tout est OK.

Joe se tourne vers Jill, radieux.

— C’est bon, dit-il.


Sur le quai, Tom Winter racle la vieille peinture d’un bateau. Andy Davies arrive, furieux.

Il lui hurle qu’il n’avait jamais demandé de retirer l’ancienne peinture, mais bien d’en appliquer deux nouvelles couches.

Il lui reproche de ne pas suivre les consignes, de vouloir trop en faire et, ce faisant, de se mettre en danger — comme le jour où il a posé des pièges à homards en pleine tempête, malgré l’interdiction formelle.

— Qu’est-ce que tu cherches à faire ? À te tuer ?!

— Je veux juste m’occuper l’esprit…

Andy lui dit que s’il veut garder sa place, il devra obéir, comme n’importe quel ouvrier.


Au Cider Barrel, un homme boit un café au comptoir. Jeff en commande un à son tour. Il reste stupéfait de voir Lew sortir de l’arrière-boutique, tablier blanc noué à la taille.

Lew, malicieux, lui fait croire qu’il travaille pour le gouvernement et qu’il est chargé de surveiller Charlie, soupçonné d’espionnage.

Un client sort, et Carolyn arrive juste derrière. Elle salue Lew, qu’elle n’avait pas encore vu depuis son retour. Ils échangent quelques mots sur son séjour à New York. Puis elle s’assied près de Jeff et demande à Charlie son breuvage favori. Il lui dit qu’il en a justement terminé la préparation.

Carolyn boit le liquide brunâtre avec ravissement.

Jeff tente de savoir comment s’est réellement passé le séjour de Lew, mais celui-ci esquive.

— Je n’ai fait que travailler, dit-il.

Le téléphone public sonne. Charlie décroche : c’est un appel longue distance de New York pour Lew.

Lew prend l’appel. Une voix féminine lui demande quand il reviendra. Il lui répond qu’il a encore des choses à régler ici avant de la rejoindre. Elle dit que le temps est long. Lew, nerveux, met fin rapidement à la conversation.

Pendant ce temps, Jeff dit à Carolyn qu’il sait pourquoi elle a quitté le Shoreline en les voyant, Nancy et lui.

— Tu te fais des idées, dit Carolyn.

Mais Jeff voit bien qu’elle ment.

Lew revient. Jeff lui demande, en riant, qui est cette fille et à quoi elle ressemble.

Lew se renfrogne.

— Lâche-moi avec ça.


À l’hôpital, le Dr Miles confronte Rodney au sujet de ses exercices. Atwell lui a rapporté qu’il refusait de travailler aujourd’hui.

— J’ai juste décidé de prendre un jour de congé. Qu’y a-t-il de mal à ça ?

— Rodney, la régularité est essentielle. Sinon, les exercices perdent toute efficacité.

— Je suis fatigué, c’est tout. Pas de quoi en faire une histoire.

Harry soupire.

— Vous me faites penser à mon fils Lew. Aussi têtu que vous. Parfois, je pourrais le secouer. Il est revenu de New York et refuse de me dire ce qui le tracasse.

Il plante son regard dans celui de Rodney.

— Mais sachez une chose : je suis encore plus têtu que vous deux. Je ne vous laisserai pas baisser les bras.


Dans leur appartement, Norman et Rita rassemblent les affaires de Kelly pour les rendre à Jill et Joe. Le jeune couple quitte Peyton Place pour recommencer ailleurs une vie neuve.

Rita est triste : Kelly va lui manquer. Mais elle est heureuse pour Jill et Joe, enfin unis.


Sur le quai, Eli accompagne Jill, qui porte Kelly dans ses bras, jusqu’à la voiture. Joe les rejoint. Le vieux tacot d’Eddie Jacks est chargé comme une mule.

— Il est temps de se dire au revoir, dit Jill.

— Je ne crois pas aux au revoir, répond Eli avec chaleur.

Elle le remercie pour tout ce qu’il a fait — ou tenté de faire.

— Prenez soin de vous, dit-il.

Jill aperçoit Tom Winter qui les observe depuis son bateau. Elle confie Kelly à Joe et s’approche de l’ex-révérend.

— Eli Carson n’aime pas dire au revoir. Vous le saviez ?

— Non.

— C’est logique. Quand c’est fini, c’est fini. Alors… au revoir.

— Au revoir, Jill.

— C’est étrange de vous voir travailler ici. Je suis désolée de ce qui vous est arrivé.

— C’est gentil, Jill. Mais ce qui est arrivé… c’est moi qui l’ai provoqué.

— Ne gâchez pas votre vie, dit-elle doucement. S’il vous plaît… ne la gâchez pas. Au revoir, Monsieur Winter. Je ne vous oublierai jamais.

Elle retourne vers Joe. Le couple grimpe dans la voiture avec Kelly. Eli les regarde s’éloigner.

Susan rejoint Tom.

— Tom… regarde-moi.

Mais Tom fixe la route que la voiture a empruntée.

— Tom, elle est partie. Nous pouvons recommencer une nouvelle vie ensemble.

Il ne répond pas. Il retourne simplement dans son bateau, l’ignorant totalement.


Épisode 472 

Lundi 28 octobre 1968

L’amour existe encore

Joe Rossi baisse les bras. Il a décidé de quitter Peyton Place, d’arracher Jill Smith de son esprit une bonne fois pour toutes. Oublier qu’elle est la mère de son enfant. Oublier, si possible, l’enfant lui-même. Mais il y a une chose qu’il ne peut oublier : son frère Mike. Le Dr Michael Rossi.Mike, qui a tant de fois essayé de remettre la vie de Joe en ordre… et qui a échoué.

Au cottage près de la plage, Joe boucle ses valises. Il dépose dans sa valise le mug où figure le prénom de son frère et laisse à Mike celui qui porte son propre nom.

Jill arrive.


Jill entre. Elle l’a cherché partout : au dock, où on lui a dit qu’il avait quitté son travail.

— C’est mon frère qui te l’a dit ?

— Je ne lui ai pas parlé. Où vas-tu aller ?

— Je n’en sais rien. J’ai un bus à prendre. On s’est tout dit, Jill. Maintenant, on se dit au revoir.

Alors qu’il veut franchir la porte, Jill le retient.

— Pourquoi es-tu venue ? demande-t-il.

— Tout à l’heure, à l’hôpital, je ne t’ai pas laissé finir ce que tu voulais me dire.

— Tu ne m’as jamais écouté avant. Pourquoi écouterais-tu le reste ?

— Je veux l’entendre.

Joe soupire.

— J’ai l’impression que tout ce que je te dis te blesse. Laissons tomber.

— Tu m’aimes toujours, n’est-ce pas ?

— Tu n’as cessé de me faire mal en rejetant tout ce que je te disais.

— Je sais. Et j’en suis désolée.

— Et quand je t’ai demandé de m’épouser…

— Tu ne me l’as jamais demandé.

— Bien sûr que si.

— Bien sûr que non. Tu as présenté ça comme un accord : prendre soin de Kelly.

— C’est comme ça que tu l’as pris ?

— Comment voulais-tu que je le prenne ? Tu n’as parlé que d’elle. Pas de nous. Pas de moi.

Elle continue, la voix tremblante :

— Je sais que tu veux le meilleur pour Kelly. Je sais que tu l’aimes. Et c’est bien. Mais… quelle est ma place ?

— Tu es sa mère.

— Il doit y avoir plus. Qu’en est-il de toi et moi ?

— Tu serais ma femme.

— Et tu serais mon mari. Mais… quel genre de mari et de femme serions-nous ?

Joe hésite.

— Je ne sais pas. C’est difficile à dire. Tout à l’heure, quand on a parlé de Kelly, tu as été si dure…

Il respire profondément.

— Je veux qu’on se marie pour les bonnes raisons. Pas juste parce qu’on a un enfant qui a besoin d’un nom. Imagine une seconde qu’il n’y ait pas Kelly. Je veux prendre soin de toi. Qu’on prenne soin l’un de l’autre. Et qu’un jour, on décide ensemble d’avoir un bébé. Un bébé qu’on appellerait Kelly.

Jill murmure :

— Et que les parents de Kelly ne soient pas seulement des amis… mais qu’ils s’aiment.

Joe baisse la tête.

— J’ai été stupide de penser que je ne t’aimais pas. J’ai essayé de te détester. J’ai vraiment essayé. Mais…

Jill pose sa tête contre son épaule.

— C’est tout ce que je voulais entendre. Tout ce dont j’avais besoin. Je t’aime depuis le début. Tout était devenu si dur… Je voulais que tu saches que j’ai toujours voulu ce bébé, parce qu’elle était une partie de toi.

Elle relève les yeux.

— Je t’aime. Mais je ne savais plus si tu m’aimais encore.

Joe est bouleversé. Ils s’embrassent longuement, tendrement.


Le Dr Miles examine une radiographie crânienne en compagnie du Dr Rossi. Ils parlent du patient, mais Harry sent que quelque chose préoccupe Mike.

Michael lui avoue que Joe quitte la ville. Il révèle aussi que Joe est le père du bébé de Jill, la nouvelle aide-soignante.

Pour lui, c’est un échec personnel : il n’a jamais su comment se comporter avec Joe — comme un frère ? un ami ? un père ?

Harry lui rappelle qu’il n’est pas responsable. Les jeunes suivent leur propre route.

Après le travail, Harry rentre chez lui et embrasse Alma. Elle a reçu une lettre de Cliff, leur fils aîné, qui sert dans l’armée : il vient d’être promu capitaine.

Harry est fier et propose un voyage à San Francisco pour aller voir Cliff avec Lewis. Alma est ravie.

Ils sont interrompus par un appel. Une jeune fille demande Lewis. Lorsque Harry dit qu’il n’est pas encore rentré, elle raccroche aussitôt. Harry trouve cela étrange, mais Alma minimise : les jeunes sont souvent impolis.

Lew rentre. Alma lui annonce fièrement la promotion de Cliff et lui tend la lettre. Lew se réjouit.

Harry mentionne l’appel mystérieux. Lew dit ne pas savoir de qui il s’agit. Harry ne le croit pas, la tension monte.

— Je te demande juste qui est cette fille.

— Tu ne me demandes rien ! Tu m’accuses !

Harry évoque alors le fait que sa tante n’a pas validé tout son stage à New York. Il veut en connaître la raison. Lew préfère fuir la discussion et monte dans sa chambre.

Steven est au bureau des renseignements de l’hôpital, parlant à Mlle Choate. Un jeune garçon en fauteuil roulant montre qu’il peut remuer son poignet.

Mlle Choate le félicite et souligne que l’équipement thérapeutique récemment acquis — grâce au généreux donateur anonyme — aidera beaucoup de patients.

Steven lui rappelle qu’il souhaite rester anonyme. Il vient d’ailleurs de verser le dernier acompte sur l’équipement.

Betty arrive au moment où il demande à l’infirmière de n’en parler à personne. Elle l’a entendu.

Elle le prend à part : pourquoi cacher qu’il est le donateur ?

— Parce que si Rodney l’apprend, il refusera d’utiliser la machine. Tu dois me promettre de ne rien dire.

— Encore un secret entre nous, c’est ça ?, dit-elle avec amertume.

Chuck Atwell amène Rodney vers la salle de rééducation. Rodney s’arrête en voyant Betty parler avec Steven. Il les observe, méfiant.

Dans la salle, Atwell remarque que Rodney est troublé.

— Ils discutaient, c’est tout.

— Fermez-la ! hurle Rodney.

Betty entre et demande à rester seule avec lui. Elle lui demande si la nouvelle machine est efficace. Rodney répond qu’elle ne fait travailler que les muscles qui fonctionnent déjà.

Elle explique que c’est nécessaire pour renforcer ce qui devra soutenir le reste lorsqu’il retrouvera de la mobilité.

Elle veut lui parler de ce que Steven lui a dit, mais se ravise. Elle évoque plutôt les comptes des Harrington Brothers.

Rodney devient encore plus suspicieux. Atwell revient. Betty s’en va, promettant de revenir le lendemain.


Joe et Jill montent l’escalier de la pension Hewitt, bras dessus, bras dessous, s’embrassant comme deux adolescents.

Depuis la rue, Tom Winter les observe, un rictus aux lèvres.


Épisode 471 

Mercredi 23 octobre 1968

Le désir de Joe

Pronostic d’un mariage : favorable, avec de solides chances d’harmonie… à condition de lever les ombres qui persistent. Ce soir, Rodney et Betty Harrington se sont déclarés leur amour, mais Betty quitte la chambre avec un malaise tenace : quelque chose se dresse toujours entre eux, un mur invisible.

À l’hôpital, Betty embrasse Rodney et quitte la chambre.


Dans le couloir, elle croise le Dr Rossi, qui l’invite à venir discuter dans son bureau.

Amère, elle se plaint que Rodney ne lui ait pas dit qu’il avait obtenu une permission pour sortir pour la première fois. Mike tente d’atténuer sa déception : la décision s’est prise très vite et la sortie était brève.

Mais Betty y voit un choix délibéré. Selon elle, Rodney a volontairement omis de l’en informer. Mike lui dit qu’en tant que médecin, il ne se voyait pas intervenir en appelant Betty à la dernière minute.


Le Dr Harry Miles s’arrête devant l’hôpital et laisse Lewis descendre de voiture.

Harry veut que son fils aille remercier le Dr Rossi, car c’est lui qui lui a trouvé son stage dans un hôpital de New York.

Lewis prétend manquer de temps : il a prévu une sortie avec Jeff. Jeff arrive justement et se gare sans vergogne sur une place réservée aux médecins, ce qu’Harry choisit d’ignorer.

Lewis demande à Jeff de patienter et entre avec son père. Ils rejoignent le bureau du Dr Rossi. Mike est ravi de revoir Lew.

Ils parlent du stage ; Mike évoque ses anciens collègues new-yorkais. Lew paraît mal à l’aise et Harry le remarque.

Lorsque Lew repart, Harry demande à Mike s’il a remarqué que son fils avait changé. Le médecin estime qu’à son âge, c’est normal.


Jill descend les escaliers de l’appartement des Harrington et traverse la rue pour aller travailler. Joe Rossi l’observe depuis le square. Il la rejoint et demande des nouvelles de Kelly. Jill lui dit qu’il peut aller la voir.

Il veut parler. Joe la suit jusqu’à l’hôpital, puis dans l’ascenseur qu’il bloque pour être seul avec elle.

Pour la première fois, il lui dit qu’il veut fonder une famille.

Jill n’y croit pas.

— Aucun projet que je fais pour l’avenir ne t’inclut, dit-elle.

— Écoute, Jill. Réfléchis. Kelly a besoin de nous.

— Laisse-moi tranquille !

L’ascenseur débloqué, Jill rejoint son service, tandis que Joe se dirige vers le bureau de son frère.

Il entre en trombe dans la salle de réunion où Michael, Harry et deux autres médecins travaillent. Michael lui dit d’attendre une demi-heure. Joe insiste : il a besoin de parler tout de suite.

Saisissant la détresse de son frère, Mike sort dans le couloir avec lui.

Joe vient lui dire au revoir : il quitte Peyton Place immédiatement.

Mike tente de l’en dissuader, mais Joe semble déterminé. Il remercie son frère pour tout… puis s’en va. Mike reste là, impuissant.


Au Cider Barrel, Eli vient récupérer une commande. Susan est assise à une table. Elle se lève pour l’intercepter.

Elle demande si Eli a vu Tom. Elle s’inquiète : son salaire de pêcheur ne doit pas suffire et il ne mange sans doute pas à sa faim. Elle dit qu’il ferait bien de venir ici se restaurer.

Eli lui raconte qu’il a tenté de lui offrir un sandwich, mais Tom a refusé.

En réalité, Susan veut autre chose : elle veut parler à Tom et demande à Eli d’organiser une rencontre sans prévenir l’ancien révérend.

Eli refuse : Tom semble vouloir garder ses distances.

— C’est important non seulement pour moi, mais pour Tom aussi, insiste-t-elle. Si nous ne nous parlons pas, nous ne pourrons jamais revivre ensemble.

Eli lui répond qu’il ne veut se mêler ni de près ni de loin à leurs histoires. Il paie Charlie et s’en va.


Carolyn est dans sa chambre, écoutant un disque. Elle arrête la musique et ferme la porte lorsque Marsha entre.

Marsha lui demande si elle s’est disputée avec Jeff. Carolyn lui reproche d’intervenir constamment dans sa relation.

Marsha reparle de la soirée où elle a surpris les deux jeunes dans le canapé.

— Je vous ai embarrassés, toi et Jeff ?

— Et que dirais-tu si je faisais la même chose avec toi et le Dr Rossi ? La prochaine fois, tousse ou dis quelque chose, au lieu de rester plantée là.


À la maison de la plage, Joe Rossi fait ses valises. Il regarde deux mugs. Sur l’un : « Joe ». Sur l’autre : « Mike ».

Il choisit d’emporter celui au nom de son frère.

Jill arrive. Elle a appris qu’il avait quitté son travail au quai. Elle veut lui parler.


Épisode 470 

Lundi 21 octobre 1968

Première sortie

Aujourd’hui marque une petite victoire dans la bataille de Rodney Harrington pour retrouver l’usage de ses jambes après son accident de moto. Pour la première fois depuis son admission en chirurgie, Rodney quitte l’hôpital de Peyton Place. Le Dr Rossi a suggéré une brève sortie pour lui changer les idées. Rodney doute de la loyauté de Betty, et ce doute l’a plongé dans une profonde dépression. Tout ce qui peut attaquer cette morosité sera utile au patient.

Deux infirmières sortent de l’hôpital, suivies de Norman qui pousse Rodney dans son fauteuil roulant. Rossi marche derrière eux. Tous s’unissent pour aider Rodney à descendre les marches. Rita sort de l’appartement, ravie de le voir enfin dehors.


Rita et Norman aident Rodney à entrer dans le square. Eli, un balai à la main, vient à leur rencontre, heureux de le voir dehors.

Rodney précise que ce n’est que pour un court moment : une simple promenade dans le square.

D’autres habitants le saluent chaleureusement.

Depuis son bureau, Steven observe la scène à travers la fenêtre. Susan est venue le distraire. Elle commence par un banal commentaire sur la belle journée. Puis elle dit que Rodney se porte bien physiquement, au vu de la gravité de son accident.

— Pourquoi êtes-vous ici ? demande Steven, agacé.

Elle l’informe qu’elle a renoncé à invoquer l’adultère comme motif de divorce, mais qu’elle maintiendra la cruauté mentale. Jill n’aura donc rien à craindre.

Elle lui dit qu’elle va descendre saluer Rodney et demande s’il veut lui transmettre un message. Finalement, elle change d’avis : elle reste ici un moment. Elle ne va manifestement pas bien.

Elle tente d’embrasser Steven, mais il la repousse.

— La dernière fois, je vous ai dit que je n’étais pas intéressé à rendre votre mari jaloux. Aujourd’hui, je ne suis pas plus intéressé à rendre votre ex-mari jaloux.

— Je suis disponible maintenant, Steven.

— Moi, je ne le suis pas.

— Betty ?

Steven lui demande de quitter son bureau.


À l’hôpital, le Dr Rossi est plongé dans ses dossiers lorsqu’on l’appelle via l’interphone. Carolyn Russell est là et souhaite le voir. Mike est surpris, mais heureux.

Carolyn entre et remarque le désordre. Mike s’excuse : il consulte les rapports financiers. Elle lui parle de l’école, puis en vient à sa mère.

Elle veut savoir quelles sont les intentions du médecin envers Marsha.

Michael reste prudent, mais finit par répondre que ses intentions sont honorables.

— Je veux vraiment savoir, insiste Carolyn. Êtes-vous profondément engagé, ou… ?

— Pourquoi veux-tu savoir ?

— Parce que ma mère est très vulnérable. Je ne veux pas qu’elle souffre.

— Est-ce la seule raison ?

— C’est la plus importante. Ce que vous déciderez tous les deux m’affectera forcément.

Mike soupire.

— D’accord. J’aurais dû t’en parler plus tôt. J’aime ta mère comme je n’ai jamais aimé personne. Et je pense que c’est réciproque.

— Allez-vous vous marier ?

— Non. Je ne veux pas me précipiter. Je suis quelqu’un de prudent. Je veux apprendre à mieux connaître ta mère avant de m’engager.

— Vous la connaissez depuis que nous avons emménagé dans la maison des Carson, et vous êtes pratiquement inséparables. Je n’appelle pas ça un excès de prudence.

— Ce qui t’embête, c’est que ta mère s’est attachée à quelqu’un peu après le divorce.

— Je ne suis pas embêtée, ni perturbée, ni ennuyée. J’aimerais seulement savoir quels sont vos plans.

Mike finit par perdre patience.

— Eh bien, dis ce que tu penses vraiment !

— Très bien. Peut-être que vos intentions ne sont pas si honorables. Peut-être que vous profitez d’elle parce qu’elle est disponible.

— C’est ce que tu crois ?

— J’ai tort ?

— Oui, tu as tort, et tu es grossière ! Ma relation avec ta mère est très spéciale, et je ne vais pas écouter les divagations d’une écolière !

— Je savais que vous vous mettriez en colère.

— Et là aussi, tu te trompes. Tout ce que tu veux, c’est briser notre relation !

— Ce n’est pas vrai.

— Sache une chose : rien ni personne, pas même toi, ne m’empêchera de continuer à voir ta mère !

— Je n’en attendais pas moins, répond Carolyn avant de quitter la pièce.


Steven se rend sur le quai pour parler à Tom Winter, occupé à installer des pièges à homards. Il lui annonce que Susan abandonne les accusations d’adultère, retenant seulement la cruauté mentale.

Une fois encore, Tom n’y prête que peu d’attention. Steven lui demande de se ressaisir : il doit affronter la réalité, cesser de se comporter comme si rien ne le touchait.

Puis Steven va au magasin des Harrington. Betty fait les comptes avec une vieille machine.

Il entre et lui tend un contrat. Il dit être venu parce qu’il pensait que Norman serait là, et parce qu’il voulait l’informer de la sortie de Rodney.

Betty accuse le choc. Elle ignorait totalement que Rodney avait eu l’autorisation de sortir, et elle souffre de ne pas l’avoir su par lui.

Elle accuse Steven d’être venu exprès pour le lui annoncer. Il nie : il pensait qu’elle était au courant. Elle ne le croit pas.

— Je ne te fais pas confiance. Je ne sais jamais si tu dis la vérité. Je ne sais pas si tu viens pour ce contrat ou pour tout me dire sur Rod.

Steven préfère partir avant que la discussion ne dégénère.


Une infirmière quitte le bureau des renseignements. Betty arrive et demande humblement si elle peut voir Rodney, même après les heures de visite. L’infirmière, touchée, finit par accepter.

Betty entre dans la chambre. Rodney lit calmement. Elle l’embrasse plusieurs fois. Elle lui dit qu’elle a appris qu’il était sorti. Rodney pense que Norman le lui a dit ; Betty préfère ne pas mentionner Steven.

Il lui explique qu’il ne l’a pas prévenue parce que la sortie était brève et que Norman est passé à l’improviste.

Ils s’embrassent encore. Rodney est déçu qu’elle reparte si vite. Betty lui promet de venir dès demain matin.


Au Shoreline Café, Nancy chante une chanson douce tandis que Jeff l’accompagne au clavier. Carolyn, avec deux amies, observe la chanteuse et ne peut cacher sa jalousie : la complicité entre Nancy et Jeff est évidente.

Après la chanson, Jeff et Nancy s’installent ensemble et flirtent. Dégoûtée, Carolyn quitte le café en courant.

Elle passe devant la taverne d’Ada Jacks et heurte Joe Rossi. Ils discutent calmement.

Elle lui dit qu’elle n’était pas faite pour Jeff — et il acquiesce. Elle avoue l’avoir fréquenté pour embêter sa mère. Puis elle demande : pour embêter qui, lui ?

Joe regarde sans cesse la pension de famille de Mme Hewitt. Carolyn comprend : il a toujours des sentiments pour Jill. Il nie, mais elle n’est pas dupe. Elle l’incite à aller voir Jill et à lui avouer ce qu’il ressent.

Il se met en colère. Elle s’en va. Joe reste là, le regard fixé sur la pension.


Épisode 469 

Lundi 14 octobre 1968

Lewis

Pour le Dr Harry Miles, tout semble à sa place. Sa vie hors de l’hôpital de Peyton Place est aussi simple et ordinaire qu’il l’espérait. Ses relations avec sa femme, Alma, sont aussi sereines qu’au début de leur mariage. Ses liens avec son fils adolescent, Lewis, restent aussi francs et ouverts qu’à l’époque où Lew était enfant. Tout est à sa place… jusqu’à ce soir.

Le Dr Miles et Alma garent leur voiture près de la porte 7 de l’aéroport de White River.


Un avion atterrit. Alma et Harry attendent derrière une grille, impatients. L’escalier se fixe, les passagers descendent. Parmi eux, Lewis, qui s’avance vers ses parents.

Les retrouvailles sont chaleureuses : ils s’embrassent, heureux. Lew revient de New York où il a effectué un stage dans un hôpital.


Norman descend la poussette dans l’escalier de l’appartement. Rita, portant Kelly, le suit. Ils se dirigent vers le square pour une promenade.

Jill, qui marche le long de Glover Street pour se rendre à l’hôpital, regarde plusieurs fois le trio — Rita, Norman et la petite Kelly — avec envie et nostalgie.

Arrivée devant l’hôpital, elle continue à les observer.

Le Dr Rossi gare sa décapotable rouge à sa place réservée. En sortant, il aperçoit Jill en uniforme.

— Pourquoi ne vas-tu pas les rejoindre ?

— Je ne veux pas arriver en retard. Vous connaissez Mlle Choate et son obsession des horaires.

— Je lui dirai que tu faisais une course pour moi.

— Non, docteur Rossi. Je vous en prie, je ne veux pas.

Mike n’insiste pas. Ils entrent ensemble.

Jill pointe pendant que Mike prend ses dossiers. Ils s’installent ensuite sur un canapé de l’accueil et parlent de Kelly.

— En ce moment, Kelly a une famille et un foyer, dit Jill. Comment pourrais-je lui enlever cela pour ne lui offrir qu’une moitié de famille, qu’une moitié de foyer ?

— Tu es sa mère, tu as beaucoup à lui offrir.

— Je ne suis pas et ne serai jamais une bonne mère. Rita l’est bien plus que moi.

Mike voudrait qu’elle cesse de se dévaloriser.


Chez les Russell, Marsha fait des tâches ménagères lorsque la sonnette retentit. C’est Susan Winter, seule, venue se confier.

Elle entre et s’assied, encourageant Marsha à continuer ce qu’elle faisait.

— Nous avons un point commun, dit-elle. Nos maris nous ont abandonnées.

— La comparaison s’arrête là, répond Marsha. Fred et moi nous sommes séparés d’un commun accord. Tom, lui, a perdu l’esprit. Ce n’est pas la même chose.

Marsha l’encourage à ne pas se détruire avec l’alcool : elle pourrait refaire sa vie.

Mais Susan réplique qu’une vie sans Tom n’est pas une vie. Alors, elle s’est trouvé un compagnon : l’alcool.

— Très bien, n’allez-vous pas me proposer un verre ?

— J’ai du café.

— Parfait, tant qu’on peut y ajouter un ingrédient.

— Du sucre, ou de la crème. Rien d’autre.

Susan se lève, agacée.

— Vous n’êtes pas drôle, Marsha. Dans ce cas, je préfère boire ailleurs.

Elle s’en va. Marsha ne l’en empêche pas.


Sur le quai, Eli rejoint Tom Winter, occupé à raccommoder un filet. Eli complimente ses nœuds : il avait lui-même l’habitude de réparer des filets, lorsqu’il pêchait le homard dans sa jeunesse.

Il lui dit être allé voir Rodney à l’hôpital. Le jeune homme, autrefois si vigoureux, travaillait dur avec ses mains ; maintenant, il doit travailler dur pour espérer remarcher.

C’est la manière détournée d’Eli d’encourager Tom à rendre visite à Rodney.

Avant de partir, il invite Tom à venir faire une partie de dominos un de ces jours.


Au Cider Barrel, Charlie sert une crêpe à Jeff lorsque Carolyn entre. Elle veut lui parler, mais pas ici. Jeff refuse de bouger.

Il ne veut pas lui parler. Il s’assoit près d’un client pour l’empêcher de s’installer à côté de lui. Carolyn, têtue, prend la table voisine.

Elle lui explique qu’elle ignorait que sa mère serait là lorsqu’ils ont été surpris au salon. Marsha devait dîner avec le Dr Rossi.

Jeff ne la croit pas. Et même si c’était vrai, il n’aime pas la manière dont elle traite sa mère. Il s’est senti ridicule et piégé.

Carolyn riposte :

— Si tu réagis comme ça, si tu refuses de me pardonner, c’est peut-être parce que tu ne m’aimes pas.

— Dans ce cas, tu ferais mieux de m’oublier.

Jeff acquiesce :

— Excellente idée. Peut-être trouveras-tu quelqu’un qui aime être ridiculisé. Ou mieux encore, tu n’as qu’à sortir avec Joe Rossi.

Toujours en colère, il la plante là et sort.

Charlie s’approche :

— Un petit quelque chose à manger ?

— Non, merci, dit Carolyn, bouleversée.


Le Dr Miles termine son petit-déjeuner et se prépare à partir. Il doit se rendre au Memorial de White River pour une conférence et risque d’être en retard pour le dîner.

Il ouvre la porte et se retrouve face à Lew, revenu d’une promenade.

Harry espère que son fils viendra le voir à l’hôpital — ce serait bien pour un futur médecin. Lew se braque et dit qu’il est fatigué. Il promet tout de même de venir le lendemain.

Une fois Harry parti, Alma reproche gentiment à Lew de ne pas l’avoir remerciée pour la chaîne hi-fi qu’il a trouvée dans sa chambre. Il sourit, l’embrasse et la remercie.

Elle lui propose d’inviter Joanne Walker à un concert rock à Boston samedi. Mais Lew se ferme à nouveau : il n’en a pas envie. Il monte dans sa chambre.