Épisode 499

Lundi 17 février 1969

Les craintes de Marsha

Tandis que le Dr Michael Rossi lutte contre le froid hivernal de la Nouvelle-Angleterre, il ajoute son engagement personnel dans la vie de son patient et ami, Rodney Harrington. Pour le Dr Rossi, la ligne entre les conseils professionnels et l’intérêt personnel est difficile à trouver, particulièrement à l’égard de Betty Harrington, qui souffre d’une séparation. 

Par un jour particulièrement froid, le Dr Rossi est sur le quai, sans chapeau, et se rend au Cider Barrel.


À l’intérieur, Laurie lui sert un cidre chaud. Elle parle du froid, d’un hiver qu’elle n’a jamais connu aussi dur. Michael hoche distraitement la tête. Son regard s’est déjà posé ailleurs.

Betty est seule, assise à une table, le regard perdu. Il s’approche et s’assoit en face d’elle.

Elle ne cache pas sa tristesse. Rodney lui manque. Il lui manque au point qu’elle ne sait plus comment occuper ses journées. Michael lui parle doucement, avec cette voix qu’il réserve d’ordinaire à ses patients. Il lui dit que Rodney a besoin de temps, qu’un jour il reviendra vers elle.

Betty secoue la tête. Rodney ne lui parle presque plus. Il se confie à Tom Winter, pas à elle.

Michael va plus loin. Il lui conseille d’abandonner toute idée de contestation du testament. Renoncer à l’héritage serait un geste fort. Une preuve d’amour.

— Et si je renonce à l’héritage et que je perds Rodney, murmure-t-elle, j’aurai tout perdu.

Michael se lève.

— C’est un risque qui vaut la peine d’être pris.

Il la laisse seule avec sa tasse refroidie.


Sur le quai, Lew rattrape Joanne qui rentre de l’école. Elle lui demande de la laisser tranquille. Elle n’a pas oublié la dernière fois, lorsqu’il est parti en courant sans explication.

Lew tente de plaisanter, de rappeler leurs souvenirs communs. Pendant un instant, elle hésite. Puis elle s’enfuit. Il la suit jusqu’à chez elle.

Son père est absent. Lew entre, mais Joanne lui demande aussitôt de repartir retrouver Vickie.

— Elle ne compte pas pour moi, insiste-t-il.

Joanne le fixe.

— Tu veux me dire quelque chose, n’est-ce pas ?

Il acquiesce.

— J’ai de graves ennuis.

— Et tu ne peux pas m’en parler ?

— Non.

— Mais tu peux en parler à Vickie.

— Elle fait partie du problème.

Joanne comprend. Elle lui demande de partir. Cette fois, définitivement.


Dans le bureau du Dr Rossi, Marsha l’attend. Ils s’embrassent, mais Michael sent immédiatement son inquiétude.

Elle lui raconte la dispute entre Fred et Carolyn. Michael refuse de croire une seconde à une liaison entre Lew et Carolyn. Ce qui l’inquiète davantage, c’est Fred. Marsha a peur. Fred a décidé de rester en ville. Et lorsqu’il se fixe un objectif, rien ne l’arrête.

Elle avoue, presque à contre-cœur, ce qui la trouble le plus. Lorsque Fred a évoqué Lew, elle a été choquée. Pas seulement par l’accusation, mais par ce qu’elle révélait.

— Si Lew n’était pas noir, cette discussion n’aurait jamais existé.

Elle ajoute, honteuse, qu’une relation entre une fille blanche et un garçon noir lui semble dangereuse. Pas moralement. Dangereuse tout court.

Michael l’embrasse et lui promet que tout ira bien.

Mais Marsha n’est pas rassurée.


Au Shoreline, la musique résonne dans le sous-sol. Carolyn descend les escaliers et traverse la piste sans hésiter. Jeff joue avec son groupe. Elle l’interpelle. Il demande à être remplacé et la suit à l’écart.

Elle l’accuse d’avoir menti à son père. Jeff reconnaît avoir parlé sous la pression. Fred l’harcelait. Il voulait une réponse. Lew a été le premier nom qui lui est venu.

— Tu étais mon ami, souffle-t-elle.

— Je le suis toujours.

Elle lui ordonne d’aller réparer ses mensonges. Il ose demander si c’en était vraiment un.

Carolyn le regarde avec dégoût. Elle lui rend les clés du Shoreline.

— Donne-les à celle qui me remplacera.

Puis elle s’en va.


Chez Rodney, un ouvrier décroche le portrait de Betty. Rodney explique calmement qu’il appartient à Steven. Il doit retourner au manoir.

Betty lui dit qu’elle l’aime, qu’il lui manque. Elle ne comprend pas pourquoi ils ne peuvent pas vivre ensemble, même séparés.

— Se réveiller à tes côtés rendrait les choses pires, répond-il. Ce serait insupportable.

Elle comprend. Avant de partir, elle lui tend ses béquilles et lui demande de marcher. Il s’exécute. Ils s’approchent l’un de l’autre, s’embrassent.

Betty sort dans le froid. Elle marche seule dans la rue.nd que c’est fini entre eux. Avant de partir, elle voit les béquilles, les prend et les lui tend en lui demandant de marcher pour elle. Il s’exécute. Il s’approchent d’elle et ils s’embrassent. Elle le remercie et s’en va. On la voit marcher dans la rue. 


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