Épisode 496

Mercredi 29 janvier 1969

La séparation

Tard hier soir, le Dr Michael Rossi a téléphoné à Betty Harrington et l’a informée que son mari a retrouvé l’usage de ses membres. Betty s’est donc précipitée pour aller voir Rodney, pour lui donner tout son amour. Puis elle est retournée à la maison faire ses bagages pour donner à Rodney la séparation qu’il souhaite. Ce matin, Betty a délibérément évité d’aller rendre visite à son mari à l’hôpital, sachant que Rodney éprouve le plaisir de pouvoir bouger son corps normalement. 

Betty marche dans le couloir de l’hôpital et frappe à la porte du bureau du Dr Rossi. 


Dans la chambre de Rodney, le Dr Dave Wilkinson, le psychiatre, Chuck Atwell, le thérapeute, le Dr Rossi et Rodney lui-même évoquent les progrès spectaculaires du jeune homme.

Rodney a le sentiment d’avoir reçu une seconde chance. Le psychiatre lui adresse quelques mots d’encouragement avant de quitter la pièce.

Le Dr Miles entre à son tour et félicite Rodney. Celui-ci lui serre la main avec vigueur. Harry est sincèrement impressionné par la force de sa poigne.

En sortant de la chambre, Michael aperçoit Betty dans le couloir. Elle demande à lui parler. Il l’invite dans son bureau.

Betty lui annonce qu’elle a quitté la maison. Le médecin ne paraît pas surpris. Elle lui explique qu’elle a suivi son conseil et respecté le souhait de Rodney : le laisser se reconstruire sans elle.

Michael acquiesce simplement. Betty a fait ce qu’il fallait.


Chez les Miles, dans sa chambre, Vickie souffre de bouffées de chaleur liées à sa grossesse. Alma lui tend une serviette humide qu’elle passe lentement sur son visage.

Elle lui suggère de sortir prendre l’air, de ne pas rester enfermée toute la journée.

— Pourquoi êtes-vous si gentille avec moi, madame Miles ? demande Vickie.

— Parce que vous êtes enceinte. Et parce que vous êtes sous mon toit.

Vickie a des nausées. Alma évoque Cliff, leur fils aîné, né un an après leur mariage et actuellement au Vietnam. Puis elle revient sur un sujet qui la préoccupe : elle aimerait que Vickie prenne contact avec ses parents.

La jeune fille se ferme aussitôt.

Alma lui rappelle que Lew et elle sont très jeunes, et qu’il existe d’autres solutions.

— Comme faire adopter le bébé ? rétorque Vickie. Qui voudrait adopter un bébé noir ?

— Beaucoup de familles noires adoptent des bébés noirs, Vickie.

Mais la jeune fille est catégorique. Elle n’abandonnera pas son enfant et compte l’élever avec Lew.

Alma descend au salon. Harry arrive, souriant, et l’embrasse tendrement. Il semble détendu. Alma s’étonne : il est censé être de garde.

— Mike s’occupe de tout, explique-t-il. J’ai pris un congé.

— Très bien, répond Alma. Maintenant dis-moi la vraie raison.

Harry avoue : il part à New York. Il veut comprendre ce qui s’est réellement passé là-bas avec Lew… et en apprendre davantage sur Vickie.


Au Colonial, Steven Cord rejoint Susan Winter au bar. Elle est assise entre deux clients et a déjà commandé plusieurs verres.

Il l’interroge sur sa consommation avant et après le déjeuner, puis revient sur le testament de Martin Peyton, qui lègue l’intégralité de sa fortune à la Fondation Peyton.

Steven lui confie qu’il revient de Boston avec des informations susceptibles de faire basculer la situation. Betty pourrait être tentée de contester le testament.

Ils se lèvent pour rejoindre leur table lorsqu’ils croisent Betty. L’échange est bref et froid. Betty quitte rapidement les lieux.

Steven s’excuse auprès de Susan et sort à son tour. Il rattrape Betty à l’extérieur et lui annonce qu’un témoin affirme que Martin Peyton n’était peut-être pas pleinement lucide lors de la rédaction du nouveau testament.

Betty n’y croit pas. Elle y voit une nouvelle tentative pour se rapprocher d’elle.

Steven insiste : il ne fait pas cela uniquement pour elle, mais aussi pour lui-même. Il veut récupérer sa part de l’héritage et dispose désormais d’un moyen légal pour contester le testament.

Il lui propose d’en discuter calmement, de prendre rendez-vous avec sa secrétaire. Betty refuse catégoriquement. Ils n’ont rien à se dire.

Steven lui rappelle l’importance de l’enjeu et lui reproche de se fermer.

Il retourne à l’intérieur, où Susan l’attend, visiblement agacée.

— Tu cherches un moyen de retourner avec Betty, dit-elle.

— Aucune chance.

— Pour le moment…


Dans la réserve du magasin des Harrington, Lew est avec Joanne. Il surveille les lieux en attendant le retour de Norman.

Il tente de lui expliquer sa situation avec Vickie, mais Joanne sent que quelque chose cloche.

Elle lui demande pourquoi le Dr Miles est allé voir son père récemment. Lew minimise, parlant d’une simple visite de courtoisie. Joanne n’y croit pas : Harry Miles et le sergent Walker ne sont pas amis.

Carolyn entre dans la réserve et a l’impression d’interrompre une conversation intime. Joanne s’en va.

Lew propose à Carolyn de retourner au laboratoire, mais change d’avis. Il décide d’aller parler à son père.

Chez lui, il trouve Alma assise dans le salon.

— Où est papa ?

— Il part pour New York. Deux jours.

— Pourquoi ?

— Demande-lui.

Harry entre, vérifie ses papiers et son billet d’avion. Lew exige une explication. Harry élude, prétendant que ce voyage n’a rien à voir avec lui. Lew n’est pas dupe.

Après le départ d’Harry, Lew interroge sa mère. Alma lui dit que s’il veut la vérité, il devrait le rattraper.

Lew monte prévenir Vickie.

— L’avion part dans une heure, précise Alma.

Lew entre précipitamment dans la chambre.

— Mon père part à New York. Il va tout découvrir.

Vickie tente de le rassurer.

— Peut-être est-ce pour autre chose. Le travail.

— Non. Il est allé voir le père de Joanne. Et c’est un flic !

Vickie relativise.

— Très bien. Il découvre le délit de fuite, l’homme à l’hôpital à cause de nous… Et alors ? Tu crois vraiment qu’il ira dénoncer son propre fils ?

— Je ne conduisais pas cette voiture !

— Tu veux regagner sa confiance. Mais fais-moi confiance à moi. Je suis la seule à pouvoir témoigner. Et si je deviens ta femme, je n’aurai pas à témoigner.

Lew s’en va, désemparé. Vickie s’allonge sur le sofa, le regard fixé au plafond.Lew s’en va, tandis que Vickie va s’allonger sur le sofa. 


Laisser un commentaire