Lundi 3 février 1969
Le vol 21 pour New York
Ce soir, Lew Miles se bat contre la montre. Dans très peu de temps son père, le Dr Harry Miles, va s’envoler pour New York, ayant des soupçons sur les activités de Lew trois mois plus tôt, et convaincu que Lew a de sérieux problèmes. Maintenant, Lew doit prendre une décision. Soit se précipiter à l’aéroport et arrêter son père pour lui dire toute la vérité, sans se soucier des implications. Ou bien le laisser partir, espérant et priant qu’il ne découvre rien.
Lewis Miles marche dans la neige jusqu’à la maison des Walker.
Lew sonne. Le sergent William Wilson Walker lui ouvre et l’invite à entrer. Lew demande à voir Joanne. Walker l’installe dans le salon et appelle sa fille avant de retourner à son fauteuil et à son journal.
Mal à l’aise, Lew tente une conversation maladroite.
— Votre nouvelle télévision a une très belle image.
— Je l’ai achetée il y a quatre mois, répond Walker sans lever les yeux.
Joanne descend. Lew l’entraîne aussitôt sur le porche.
— Qu’est-ce que mon père a dit au tien ?
— Je n’étais pas dans la même pièce.
— Tu as dû entendre quelque chose. C’est important… Est-ce qu’il a parlé de New York ?
Joanne hésite.
— J’ai entendu le Dr Miles mentionner tes amis là-bas. Et quand je suis montée à l’étage, j’ai vu mon père lui donner un papier.
Le visage de Lew se décompose. Il s’élance dans la rue enneigée et court jusqu’à la cabine téléphonique la plus proche. Il appelle l’aéroport de White River et demande à parler au Dr Miles, passager du vol 21.
On lui répond que le vol 21 a déjà décollé.
Lew raccroche, anéanti.
Eli gare sa voiture blanche et bleue devant le magasin général. Il aide Maggie Riggs à descendre. Tous deux portent des patins à glace.
Ils entrent dans le magasin, ravis de leur sortie à l’étang. Devant le poêle, ils se réchauffent avec un verre de cidre. Maggie confie qu’elle n’est tombée qu’une seule fois. Eli lui dit, avec douceur, qu’elle devra être plus prudente la prochaine fois. Elle est touchée par son attention.
Tom Winter entre pour acheter du café et du sucre, à mettre sur son compte. Eli les présente. Maggie est persuadée d’avoir déjà vu Tom.
Elle se souvient soudain : à l’église de Peyton Place, lorsqu’elle vivait à Hastings Valley. Elle avait été profondément marquée par ses sermons et était revenue deux dimanches de suite. Après la mort de son mari, ces paroles l’avaient aidée à survivre à son chagrin.
Eli tente de l’interrompre, mais Tom lui-même explique qu’il n’est plus révérend : il a démissionné.
Maggie est attristée. Elle désapprouve le divorce et confie que lorsqu’on se marie, on devrait être sûr de vouloir passer sa vie entière avec la même personne. Son regard se voile de nostalgie.
Tom règle ses achats : un dollar quatre-vingt-quatorze. Il s’en va, laissant Maggie songeuse.
Au collège, les élèves se croisent dans les couloirs. Carolyn discute avec Pat lorsque Jeff arrive. Pat s’éclipse.
Jeff propose de déjeuner ensemble. Carolyn refuse : elle a rendez-vous avec le Dr Rossi.
Jeff doute. Il trouve étrange qu’elle passe du temps avec l’homme qu’elle critique tant.
— Est-ce que tu es en train de me traiter de menteuse ? s’indigne-t-elle.
Jeff pense qu’elle voit quelqu’un d’autre. Carolyn refuse de se justifier et lui répète qu’elle déjeune avec le Dr Rossi.
Chuck Atwell raccompagne Rodney à la maison. Il l’aide à s’installer dans son fauteuil roulant.
Rodney ne quitte pas des yeux un foulard que Betty a oublié sur une chaise.
Chuck lui reparle de l’idée d’une infirmière à domicile, puis lui expose le programme : exercices le matin, pause déjeuner à l’hôpital, reprise l’après-midi.
Rodney insiste pour rentrer chez lui à midi. Chuck refuse : ce n’est pas raisonnable.
Le thérapeute inspecte la cuisine, ce qui irrite Rodney. Il le congédie sèchement.
Chuck lui donne rendez-vous le lendemain matin et s’en va. Rodney reste seul, fixant le foulard.
Au Colonial Post Inn, Betty boit un café en lisant le Peyton Place Clarion. Susan Winter s’installe à la table voisine et commande une vodka au jus de tomate.
Elle propose un verre à Betty. Celle-ci refuse. Susan insiste, bavarde, provoque. Betty finit par lui demander des nouvelles de Steven avant de partir.
Susan commande une autre vodka.
Le Dr Rossi emmène Carolyn au marché aux fruits de mer pour choisir les homards qu’il cuisinera le soir même. Ils en sélectionnent trois magnifiques. Tommy Magnuson promet qu’ils seront prêts après le déjeuner.
Ils entrent au Cider Barrel. Carolyn est surprise d’y voir son père, assis au comptoir. Fred et Mike échangent une poignée de main polie.
Fred veut parler à sa fille. Mike s’efface et s’en va régler les homards.
Carolyn propose de déjeuner à trois. Fred préfère parler en tête-à-tête. Mike cède et s’en va.
Fred dit à Carolyn qu’elle lui a manqué.
Puis il aborde Marsha et le Dr Rossi.
— Veux-tu vraiment qu’il l’épouse ?
Carolyn hésite.
— Je veux qu’elle soit heureuse.
Fred insiste, réclame son aide. Carolyn refuse. Elle l’aime, mais elle ne peut ni manipuler sa mère, ni combattre ses choix.
— Tu me dois une faveur, dit Fred.
— Je ne te dois rien. Je t’aime parce que tu es mon père, pas parce que je te dois quelque chose.
Fred insiste encore. Carolyn se lève.
— Si tu veux récupérer maman, tu devras te battre seul.
Elle s’en va, le laissant seul à la table.






