Lundi 7 avril 1969
Drame à Peyton Place
Ce soir, Marsha Russell et le Dr Michael Rossi ont fait de rapides plans pour traverser l’état et se retrouver devant un juge de paix pour prononcer leurs vœux de mariage. Tous deux sont convaincus que leur mariage forcera l’ex mari de Marsha, Fred, a arrêté d’harceler moralement la fille de Marsha, Carolyn. Mais ni Marsha, ni le Dr Rossi n’ont prévu la force avec laquelle Fred refuse d’accepter cette situation.
Marsha se dirige vers le porche de sa maison. Elle s’arrête, sort une clé de la boite aux lettres. Puis elle entre dans la maison.
Dans la maison, Marsha entend quelqu’un et appelle :
— Mike, Mike, c’est toi ?
Elle voit une ombre devant la cheminée, qui s’avance vers elle.
— Mike ?
Mais ce n’est pas Mike. C’est son ex-mari.
— Fred ! Mais que fais-tu ici ?
— Où est Carolyn ? lui demande-t-il.
Voyant Fred très perturbé, elle ne montre pas de signe de frayeur et essaie d’être agréable avec lui. Elle lui dit que Carolyn passe la nuit chez une amie, Pat Porter. Fred a préparé du feu dans la cheminée et aide Marsha à enlever son manteau. Il est beaucoup trop charmant. Il lui offre un verre, qu’il avait préparé avant qu’elle n’arrive. Il se comporte un peu comme s’il était chez lui.
Marsha lui demande gentiment de partir en lui rappelant que Mike sera là dans peu de temps. Il lui dit que Mike ne viendra pas.
— Combien de temps te faudra-t-il encore pour comprendre que nous sommes faits l’un pour l’autre ?
— S’il te plaît, je te le demande un nouvelle fois : va-t-en ! Mike Rossi va venir d’une minute à l’autre et s’il te voit ici, ça risque d’être compliqué.
— Tu mens, Marsha ! Mike Rossi ne va pas venir. C’est moi que tu attendais. Tu ne m’as jamais oublié…
— Fred, regarde-toi. Tu te ridiculises !
— Nous avons passé de belles années ensemble, chérie.
Elle fait volteface et veut partir, puisque Fred n’est pas décidé à s’en aller. Mais Fred l’attaque en l’attrapant par la taille et la fait tomber sur le canapé. Elle crie et essaie de se débattre, mais Fred est bien plus fort (c’est cette scène qui servira de flash back dans l’épisode 514).
Marsha est sauvée par la sonnette de la porte d’entrée. Il lui demande de ne pas crier et se lève pour voir qui est à la porte.
C’est Jeff Kramer qui vient s’excuser auprès de Marsha.
— Monsieur Russell ! Je ne m’attendais pas à vous trouver ici.
— Pourquoi ?
Fred fait un pas dehors et referme la porte, ne voulant pas que Jeff sache ce qui se passe à l’intérieur. Jeff sent que quelque chose ne va pas.
— Je voudrais parler à Mme Russell, insiste le jeune homme.
— Elle est occupée, tu ferais mieux de te tirer d’ici.
— Désolé d’insister, mais je tiens à voir Mme Russell.
Fred le saisit par le bras, et l’emmène jusqu’à la clôture de la maison.
— Tu ferais mieux de partir.
— Mais j’ai menti à propos de Carolyn et Lew, et je veux le lui dire en personne.
— Elle ne te croira pas plus que moi !
Il le saisit par le col de sa veste, mais Jeff ne se laisse pas faire et recule.
— Bas les pattes ! Ne soyez pas agressif avec moi, monsieur Russell, parce que ça fonctionne dans les deux sens.
— Vas-t’en.
— Je vais parler à madame Russell, je vais tout lui dire.
— Vas-t’en !
Jeff s’en va.
Heureusement, Marsha a profité de cette altercation entre Fred et Jeff pour fermer la porte à clé et mettre la chaîne. Fred cogne à la porte et, sachant qu’elle ne lui ouvrira pas, s’en va. Mais avant de partir, il lui promet de revenir très bientôt.
Encore toute tremblante, elle prend le téléphone et appelle le Dr Rossi à l’hôpital. Mike lui demande ce qui ne va pas. Elle le supplie de venir maintenant. Elle balbutie que Fred est venu et a essayé de la violer.
Il lui demande de bien laisser la porte fermée et de n’ouvrir à personne avant qu’il n’arrive. Il part immédiatement, mais ne va pas directement chez Marsha.
Il s’arrête au Colonial Post Inn. Au comptoir, le réceptionniste tend son courrier à une femme blonde tandis que le Dr Rossi se précipite vers Fred Draper pour lui demander s’il a vu Fred Russell. Draper répond que non et Mike sort en trombe pour s’engouffrer dans sa décapotable rouge.
Chez les Miles, Harry rentre à la maison et sa femme Alma l’accueille. Ils s’embrassent. Alma lui tend une lettre reçue de leur fils, Cliff. Il est pour quelques jours à Hong Kong, en permission. Elle lui manque. Il s’assoit et lit la lettre.
Puis il lui montre une lettre qu’il sort de la poche intérieure de sa veste. Il s’agit du rapport du détective sur les activités de Lew à New York. Il l’a reçue à l’hôpital, pour plus de sécurité. Alma saisit l’enveloppe et voit qu’elle est encore scellée.
— Pourquoi tu ne l’as pas ouverte ?
— Je ne sais pas. J’attendais d’être à la maison.
Alma lui dit qu’il serait bien d’attendre un peu avant de l’ouvrir, afin de laisser à Lew une chance de tout leur dire. En ouvrant l’enveloppe, elle aurait l’impression de s’immiscer dans la vie privée de son fils sans sa permission.
Harry est d’accord pour attendre et place la lettre dans un tiroir du buffet.
Vickie Fletcher se rend dans la chambre de Lew afin de lui parler. Le jeune homme écoute de la musique avec son électrophone.
Elle vient lui parler de leur vieil ami commun et arnaqueur, Larry Burrows. Au fil de la conversation, ils finissent par se rappeler les bons moments passés à New York et se rapprochent. Pour une fois, il n’y a aucune tension dans leur discussion. Ils rient des aventures qu’ils ont pu avoir.
Mais Lew se reprend. Il n’y a pas eu que des bons moments. Il lui dit qu’elle ferait mieux de ne pas rester dans sa chambre. Il a entendu son père arriver et le dîner ne devrait pas tardé à être servi.
Le Dr Rossi entre dans la taverne d’Ada Jacks et demande à Ada si elle a vu Fred Russell. Elle lui dit qu’il était là dernièrement et pourrait revenir. Elle voit Mike bouleversé et lui demande ce qu’il y a.
Mike lui dit qu’il revient. Il sort et, juste en face de la taverne va voir Tom dans son bateau. Il lui demande également s’il a vu Russell.
— Aujourd’hui ?
— Non, ce soir. C’est très important, Tom.
Tom lui dit qu’il ne l’a pas vu. Mike le remercie et cours vers une cabine téléphonique, met une pièce dans la fente prévue à cet effet, met le combiné à son oreille et compose le 124-3133.
Lorsque la réceptionniste du Colonial Post Inn répond, Mike Rossi demande la chambre de Fred Russell. Fred répond, mais le Dr Rossi raccroche sans lui parler. Il se précipite vers sa décapotable, direction le Colonial, sous le regard interrogateur de Tom.
Lorsque Steven retourne au manoir Peyton, il est surpris de trouver Jennifer Ivers dans le vestibule, ainsi que sa mère, Hannah Cord, qui se trouve en haut des escaliers. Hannah s’excuse d’être montée à l’étage sans autorisation, mais se demandait quels changements Steven avait pu faire.
Steven croit comprendre ce qui se passe. Il se tourne vers Jennifer.
— Vous n’avez jamais travaillé pour Martin Peyton. Tout ce que vous m’avez dit n’était que mensonges !
— Tout ce que je vous ai raconté est la stricte vérité, se défend Jennifer.
Hannah les rejoint au salon.
— Je pense qu’il serait plus confortable de parler ici.
— Je ne te comprends pas. Ne m’as-tu pas causé assez d’ennuis ? Me laisser aller devant la cour avec un faux témoignage. Tu ne réalises pas que j’aurais pu me faire rayer du barreau.
Hannah regarde le portrait de Betty au-dessus de la cheminée et le critique. L’artiste n’a pas su capturer la chose essentielle chez elle : l’avidité.
— Elle n’aura rien, Steven.
— Quoi ?
— Elle ne mettra pas la main sur l’argent de Martin. Elle n’en a aucun droit. Elle n’en a plus.
— C’est toi qui est derrière tout ça.
— Ne te méprends pas, Steven. Mlle Ivers est un témoin valable.
— Tout ce que je vous ai dit à propos de monsieur Peyton est la vérité, ajoute Jennifer.
Hannah demande à Jennifer de l’attendre dans la voiture, elle aimerait parler seule avec Steven.
— Je veux juste qu’il sache que je n’ai pas menti, insiste Jennifer.
— Je le lui dirais.
Elle tend le manteau à Jennifer, qui s’en va.
— Jennifer était bien l’infirmière de Martin, dit Hannah une fois seule avec Steven.
— Et tu l’as envoyée ici ?
— Oui.
— Pourquoi ? Dans quel but si tu ne veux pas que Betty ait l’argent ?
— Je le veux pour toi.
— Moi ?
— Steven, elle t’a utilisé pour obtenir les faveurs du vieux, et quand elle a pensé avoir ce qu’elle voulait, elle t’a laissé tomber. Ce n’est rien d’autre qu’une petite ambitieuse, une…
— Arrête, maman.
Hannah est surprise et heureuse que Steven l’appelle de nouveau « maman », cela n’est plus arrivé depuis longtemps. Elle lui dit que malgré ce qui s’est passé entre eux, elle a toujours considéré Steven comme son fils. Et la relation mère-fils qu’ils ont longtemps eu ne peut pas s’effacer comme ça.
Steven lui dit qu’il ne partage pas son sentiment.
— Je veux que tu reçoive l’argent de Martin parce que tu le mérites. Tu es le seul qui le mérite vraiment. J’ai envoyé Jennifer te voir parce que si j’étais venu à ton bureau te dire qu’il y avait un moyen de récupérer l’argent, tu aurais rejeté la proposition parce qu’elle venait de moi.
Elle lui dit qu’elle a beaucoup appris de Martin Peyton. Elle lui parle de choses et d’autres. Elle le complimente sur sa coupe de cheveux, sur la décoration du Manoir, etc.
— À la mort de Martin, je suis partie en Europe.
— Je sais.
— J’ai eu le temps de réfléchir. Martin Peyton ne t’a jamais considéré à ta juste valeur. Il ne t’a rien donné, même pas son nom, et même pas les droits de ta naissance.
— Tout ça, c’est fini.
— Tout m’est apparu clairement une nuit d’insomnie. J’ai trouvé un moyen pour toi de contester tous ces ridicules testaments, et réclamer l’argent.
— « Les » testaments ?
— Oui. Celui que Jennifer a signé en tant que témoin, et celui qui laissait l’argent à Betty.
— Il n’y a aucun doute sur le fait de discréditer le dernier testament.
Hannah se redresse.
— Avec le témoignage de Jennifer, tu peux forcer la cour à examiner les deux. L’ancien testament ayant été établi il y a seulement un an, tu peux mettre la pression sur le juge.
Steven réfléchit. En contestant le dernier testament, il peut aussi contester celui où Betty était la seule bénéficiaire, arguant du fait que Peyton pouvait être tout aussi perturbé il y a un an qu’il l’était avant de mourir.
— Oui. Je dois admettre que ces dispositions n’étaient pas normales. Il y a peut-être une chance.
— Oui, il y a un moyen pour toi de récupérer l’héritage. Et tu n’as pas besoin de Betty pour cela. Cet argent t’appartient, Steven. Tu dois le récupérer.
Steven sourit.
Le sergent de police William Wilson Walker et Marsha Russell se dirigent vers la chambre 9 du Colonial Post Inn. La chambre de Fred. Ils entendent Mike appeler doucement Fred.
Ils ouvrent la porte et trouve Fred avec le Dr Rossi. Fred est couché, inerte. Michael est agenouillé à ses côtés. Il essaie de réveiller Fred en lui tapotant le visage.
Marsha demande au Dr Rossi ce qui s’est passé. Mike ne donne aucune explication. Il se lève, saisit le téléphone et appelle l’hôpital pour une ambulance.
Fred git à terre. A côté de lui se trouve un lourd chandelier.






