Épisode 494

Mercredi 22 janvier 1969

La vérité selon Norman

Depuis des heures maintenant, Betty Harrington marche dans les rues de Peyton Place, essayant de faire face au fait que son jeune mari, une nouvelle fois étendu dans un lit d’hôpital, est victime de paralysie. Cette fois, il n’y avait pas d’accident de moto, pas de chute accidentelle. Il n’y avait qu’eux deux, le mari et la femme. 

Betty arpente le quai et se dirige vers la jetée. Elle voit Tom Winter près de son bateau et il lui fait signe de venir.


Tom Winter lui demande ce qu’elle fait sur le quai. Il s’enquiert des nouvelles de Rodney et l’invite à entrer dans la cabine pour boire un café fraîchement préparé. Il se montre plus accessible qu’il ne l’a été ces derniers temps.

Betty le suit dans la petite cabine exiguë et se confie à lui.

— Je ne supporte pas de voir mon mari dans cet état. Je veux qu’il revienne à la maison. Je veux des enfants.

Tom s’étonne qu’elle n’ait pas pris une chambre à l’hôpital afin de rester près de Rodney. Elle se justifie en disant qu’elle est très occupée. Pour Tom, rien ne devrait être plus important que Rodney à ses yeux.

Elle rétorque qu’elle passe beaucoup de temps avec lui, qu’elle s’est seulement absentée une journée pour se rendre à Boston, et lui explique qu’elle a découvert l’existence du nouveau testament de Martin Peyton.

Tom lui répond que Rodney a besoin d’elle bien plus que de l’argent de Peyton.


Norman se rend au bureau des renseignements de l’hôpital de Peyton Place et échange quelques mots avec le thérapeute Chuck Atwell. Celui-ci lui conseille de frapper avant d’entrer : Rodney est avec sa femme.

Au moment où Norman s’apprête à entrer, Betty sort de la chambre. Elle le prend à part.

— Norman, je t’en prie, ne le perturbe pas.

— Et c’est toi qui me dis ça ? s’emporte le frère de Rodney.

— Peu importe ce que tu penses de moi. Ne le perturbe pas.

Norman entre dans la chambre et, fidèle à la promesse faite à Rita, évite toute allusion à Betty et à l’influence néfaste qu’il pense qu’elle exerce sur Rodney. À la place, il parle affaires : il a vendu deux motos aux jumeaux Grover, et le magasin de motos de White River cherche un repreneur.

Rodney l’interrompt et lui demande de se taire. Il a quelque chose d’important à dire. S’il a rechuté, s’il ne peut plus bouger, c’est parce qu’il a peur. Peur de rester toute sa vie dans un fauteuil roulant. Peur de ne plus plaire à sa femme. C’est l’explication qu’il donne à sa rechute.

— C’est ton explication… ou celle de quelqu’un d’autre ? demande Norman avec amertume.

Il n’ajoute rien de plus. Il quitte la chambre et laisse Rodney se reposer.

Norman rentre à l’appartement. Rita boit un café en lisant le journal. Il s’en sert un à son tour et lui parle de Rodney. Il lui confie combien cela le rend triste de le voir ainsi, et qu’il ne pense plus pouvoir tenir sa promesse. Il devra lui dire ce qu’il pense vraiment de Betty.


Chez les Russell, le Dr Rossi montre à Marsha des livres sur la survie. Il n’a jamais été aussi heureux que depuis qu’il est avec elle, et cela se voit. Il a décidé qu’ils commenceraient leur mariage par un retour à la nature : camping dans les bois, sacs de couchage, vie rudimentaire.

Il décrit avec enthousiasme une existence rude et dépouillée. À mesure qu’il parle, Marsha se montre de moins en moins convaincue. Mike le remarque et se dit déçu par son manque d’enthousiasme. Marsha lui assure alors qu’il se trompe, qu’elle veut vraiment partir camper avec lui.

En réalité, Mike plaisante. Il sort de sa poche une brochure pour les Bahamas. C’est là qu’ils partiront en voyage de noces. Marsha, soulagée et ravie, pousse un cri de joie et se jette dans ses bras.


Jeff marche aux côtés de Carolyn dans la rue. Ils passent devant la taverne et se dirigent vers le Shoreline. Ils parlent de la difficulté d’être adolescent dans un monde qui leur semble déjà trop lourd.

Carolyn s’excuse de son comportement récent et lui confie que ses parents la rendent folle. Son père veut qu’elle parte vivre avec lui à Boston, tandis que sa mère refuse de la laisser partir. Elle se sent prise en otage, prisonnière de leurs attentes.

Jeff lui répond qu’elle a de la chance d’avoir deux parents qui tiennent à elle. Ils avaient prévu d’aller faire une promenade en voiture, mais Carolyn change d’avis au dernier moment. Jeff s’agace : selon lui, elle ne sait jamais ce qu’elle veut.

— Je pensais qu’on pourrait parler tous les deux, pour une fois. Je vois que ce n’est pas possible, dit-elle, blessée.


Au Cider Barrel, Lew plaisante avec ses camarades du projet scientifique. On reconnaît Pat, Dennis, deux autres étudiants, ainsi que Joanne. Peu à peu, les autres s’en vont et Lew se retrouve seul avec Joanne. Ils s’installent à une table.

Lew lui parle de New York, de la vie là-bas, des amis qu’il s’y est faits. Il lui décrit une communauté soudée, des gens qui se soutiennent et s’impliquent les uns pour les autres.

Soudain, ils aperçoivent Vickie par la fenêtre, se dirigeant vers le Cider Barrel. Joanne devine immédiatement que cette jeune fille vient de New York et qu’elle connaît Lew.

Vickie entre et salue Lew.

— Tu dois être Joanne, dit-elle d’un ton mielleux. Lew m’a beaucoup parlé de toi.

Puis elle se tourne vers lui.

— Je vais préparer le dîner. Il est temps qu’on y aille.

Lew lui demande de le laisser dire correctement au revoir à Joanne. Vickie accepte et sort l’attendre.

Joanne comprend aussitôt que Vickie vit chez les Miles. Lew lui confirme qu’il l’a rencontrée à New York. Elle lui demande alors s’il est amoureux de cette fille.

Il ne répond pas. Il se lève, attrape son manteau.

— Nous allons nous marier.

Joanne est anéantie. Elle baisse les yeux, incapable de prononcer un mot. Lew quitte le Cider Barrel. Joanne relève la tête. Une larme glisse sur sa joue.


Norman retourne à l’hôpital pour voir Rodney. Il est tard et Rodney s’apprêtait à dormir. Il lui demande de revenir le lendemain. Mais Norman ne peut plus se retenir : il doit parler, maintenant.

— Si tu as rechuté, ce n’est pas parce que tu as peur. Tu n’as jamais eu peur de ta vie. Tu as rechuté à cause de Betty.

— Norman, va-t’en !

Le ton monte entre les deux frères.

— Elle te monte contre Steven. C’est le jeu qu’elle jouait quand elle était mariée avec lui. Et c’est exactement le même jeu qu’elle joue avec toi maintenant.

— Sors d’ici ! hurle Rodney, si fort qu’une infirmière accourt pour voir ce qui se passe.

Norman fixe son frère droit dans les yeux et crie :

— Elle est en train de te tuer. Tu ne le vois pas ? Elle est en train de te tuer !

Puis il s’en va, laissant Rodney profondément bouleversé.. 


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