Épisode 493

Lundi 20 janvier 1969

Un baril de pommes

Un jour frais en Nouvelle-Angleterre, et Betty Harrington sent le froid s’incruster en elle. Aujourd’hui, Betty se précipite pour rendre visite à son mari, Rodney, un des patients de l’hôpital de Peyton Place. Il ne sait pas que Betty a fait un court voyage à Boston, pour se trouver en face de John Wainwright, l’avocat du défunt Martin Peyton, afin de lui demander des comptes sur les biens, qui ont été retirés à Rodney et elle-même avec la révélation d’un nouveau testament. Betty, qui fut l’une des principales bénéficiaires de la vaste fortune Peyton, est maintenant bénéficiaire de… rien. 

Betty porte un manteau gris, des gants, et un sac à mains noir. Elle passe devant le drugstore et traverse le square pour entrer par la porte principale de l’hôpital de Peyton Place. 


Betty arrive au bureau des renseignements, où le Dr Rossi l’accueille et l’invite à entrer dans son bureau. Elle proteste : elle veut voir Rodney.

Mike lui demande de ne pas bouleverser son mari en lui parlant de son voyage à Boston ni de sa confrontation avec Wainwright. Il ajoute que le Dr Dave Wilkinson est très inquiet au sujet de Rodney et soupçonne que son mariage puisse être à l’origine de sa rechute.

Betty lui rétorque qu’elle sait comment s’y prendre avec Rodney et lui demande de la laisser faire. Elle quitte le bureau du médecin et se rend dans la chambre de son mari.

Rodney a les yeux fermés, mais il sent sa présence et lui sourit. Il lui dit combien elle lui manque. Les médecins veulent qu’il consulte un psychiatre, mais il refuse. Il est convaincu que cela ne servira à rien : selon lui, sa paralysie n’a rien à voir avec son mariage ni avec Steven. Elle est purement physique.

Betty se penche vers lui et l’embrasse tendrement.


Chez les Russell, le téléphone sonne. Carolyn décroche. C’est Fred Russell, qui appelle depuis une cabine téléphonique à Boston.

— C’est toi, ma douce ?

Il lui propose de le rejoindre à Boston le week-end suivant. Carolyn prétexte une surcharge de travail, notamment à cause du projet de sciences.

Fred revient sur leur dernière conversation. Lorsqu’il lui avait demandé de l’aider à reconquérir Marsha, il voulait surtout son soutien moral. Il reconnaît s’être mal exprimé et ne veut pas que Carolyn fasse quoi que ce soit contre sa volonté. Il lui demande si elle a réfléchi à ce qu’ils se sont dit. Elle lui répond qu’elle n’en a pas encore eu le temps.

Après avoir raccroché, Marsha entre dans la pièce. Carolyn lui dit que son père l’a appelée et lui fait comprendre qu’il est toujours très attaché à elle.

— Il veut revenir. Il est encore amoureux de toi. Tu le sais, n’est-ce pas ?

Marsha n’y croit pas. Elle reproche à Carolyn de lire trop de romans à l’eau de rose et lui affirme que son père est un manipulateur né.

On sonne à la porte. Le Dr Rossi apparaît, visiblement très enthousiaste. Il annonce avoir une bonne nouvelle pour Carolyn et demande aussitôt à utiliser le téléphone pour appeler l’hôpital.

Puis il propose à Carolyn d’aller chiner avec lui dans un magasin d’antiquités le samedi suivant. Elle lui donne la même excuse qu’à son père : elle a beaucoup de choses à faire.

— Vous pouvez y aller avec ma mère, suggère-t-elle. Elle sera ravie.

— Non, non, non, répond Mike. C’est avec toi que je veux y aller. Et un refus n’est pas une option.

Face à son insistance, Carolyn accepte à contrecœur de trouver un moment pour l’accompagner, puis monte dans sa chambre.

Au téléphone, Mike tombe sur Mlle Choate et lui annonce qu’il sera de retour à l’hôpital dans une demi-heure.

Marsha remercie le médecin pour son attention envers Carolyn. Ils s’enlacent et s’embrassent avant que Mike ne reparte.


Au magasin général, Eli conclut une vente avec Alma Miles. Il prend des nouvelles de toute la famille lorsque Maggie Riggs entre à son tour. Eli s’enquiert également de Cliff, leur fils engagé au Vietnam.

— Il va bien, répond Alma.

— Je pense souvent à lui et je prie pour qu’il revienne sain et sauf.

— C’est très gentil de votre part, monsieur Carson, répond Alma, touchée.

Elle règle ses achats et s’en va. Eli lui tient la porte par pure courtoisie. Maggie attend patiemment son tour.

Eli s’excuse de l’avoir fait patienter. Maggie lui propose alors de lui acheter l’intégralité de son stock de pommes : elle fabrique du cidre. La négociation commence. Eli est surpris d’apprendre qu’elle produit un cidre sec.

Elle lui offre trente cents par livre. Il refuse. Elle monte à trente-cinq cents. Finalement, ils tombent d’accord. Eli lui annonce qu’il lui livrera personnellement un baril de pommes dans la soirée. Avant de partir, Maggie l’invite à partager une part de tarte aux myrtilles lorsqu’il viendra faire la livraison.

Dès qu’elle est sortie, Eli se précipite sur le téléphone et appelle Rita pour lui raconter la vente… et lui confier, à voix basse, que Maggie fabrique du cidre. Il lui demande d’être discrète.

Peu après, Norman entre. Rita s’apprête à lui parler de l’appel d’Eli, mais Norman n’est pas d’humeur. Il revient de l’hôpital et il n’y a aucune amélioration. Rodney peut parler et cligner des yeux, mais il est incapable de bouger le moindre membre.

Norman en veut à Betty et la rend responsable de ce qui est arrivé. Rita, voyant son mari si affecté, ne le contredit pas.


Le Dr Miles rend visite à son fils au laboratoire. Lew tape péniblement un rapport à la machine à écrire. Ils sont seuls : Carolyn est sortie faire une course.

Harry aborde à nouveau le sujet de Vickie et demande à Lew s’il l’aime. Lew évite la question.

— Nous allons nous marier, dit-il simplement.

— Oui, mais est-ce que tu l’aimes ?

Lew n’arrive pas à répondre clairement et répète qu’ils vont se marier, point final. Harry l’exhorte à réfléchir à son avenir. Lew n’a que dix-sept ans et doit poursuivre des études de médecine. Se marier et élever un enfant rendrait tout cela extrêmement difficile.

Lew affirme qu’il compte trouver du travail à New York. Harry lui rappelle qu’un jeune Noir sans diplôme, à New York, n’a que très peu de chances de s’en sortir.

Lew reproche alors à son père de rester à Peyton Place, à soigner principalement des patients blancs.

— Sais-tu combien de médecins s’occupent des Noirs à Harlem ?

— Combien ?

— Pas assez.

Harry lui demande de réfléchir sérieusement à l’avenir qu’il pourrait offrir à un enfant dans ces conditions, puis quitte la pièce.


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