mercredi 15 janvier 1969
Les doutes de Betty
Depuis un certain temps, Steven Cord a été perturbé par un parfum de ruine et de décadence dans l’empire financier de son défunt grand-père, Martin Peyton. Mais l’odeur est difficile à tracer. Aujourd’hui, Steven sait qu’il est sur quelque chose de particulier. Et il fait un voyage rapide à Boston pour envahir le cœur du monde de Peyton. Une salle de conférence dans les bureaux des avocats Wainwright et Kennerly.
Plan de l’immeuble où se situe le cabinet d’avocats de Boston. Steven fait quelques pas et entre dans le vaste immeuble.
Steven entre dans le bureau de Wainwright, qui ne s’attendait pas à le voir aujourd’hui. Steven est venu s’enquérir du testament de Martin Peyton.
— Vous n’êtes pas concerné, Steven.
— Je voudrais juste savoir ce qu’il en est.
— Le nouveau testament ne vous concerne pas.
— Il y a donc un nouveau testament.
Wainwright ne veut rien lui dire. Steven s’apprête à partir, mais voit Betty sur le pas de la porte. Wainwright la fait entrer et demande à Steven de sortir. Mais Steven veut rester pour entendre ce que l’avocat de Boston va dire à Betty.
Wainwright fait asseoir Betty tandis que Steven reste debout. Arrive enfin le moment de vérité.
— Il y a quelque mois, Martin Peyton a rédigé un nouveau testament, qui annule et remplace le précédent. Il lègue tout à la Fondation Peyton.
Steven et Betty sont stupéfaits. Betty se lève et accuse Steven d’avoir manipulé le vieux Peyton pour qu’il rédige ce nouveau testament et ne lui laisse rien à elle. Steven jure qu’il n’était pas au courant, qu’il ne savait pas qu’il y avait un nouveau testament et que c’est pour ça qu’il est ici.
Wainwright assure que Martin Peyton était en pleine possession de ses capacités mentales lorsqu’il a fait rédigé ce testament.
Avant de leur demander de partir, l’avocat se délecte de leur dire qu’il est ravi de la décision de Martin. Peyton était son ami et il a toujours détesté voir Steven et Betty tourner autour de lui comme des vautours. Ils n’ont que ce qu’ils méritent, c’est-à-dire rien !
En attendant l’ascenseur, Steven répète à Betty qu’il n’a rien à voir avec ça.
— Mon mari est à l’hôpital, paralysé. Après que tu es parti de la maison, nous parlions de la succession et il n’a plus réussi à bouger.
Steven est consterné de l’apprendre.
— Que fais-tu ici ? Tu devrais être auprès de lui.
Betty continue :
— Tu as triché avec nous. Tu as manipulé ton grand-père pour qu’il distille son poison sur nous.
— Mais ton mari est paralysé. Qu’est-ce que tu fais ici ? répète-t-il.
— Je vais me battre contre toi, Steven. Je vais me battre pour Rod.
— Que fais-tu ici ? répète Steven en haussant la voix.
Betty prend l’ascenseur.
Le Dr Rossi entre dans la chambre de Rodney. Une infirmière fait boire le patient avec une paille, puis elle s’en va.
Rodney est de mauvaise humeur, il veut que Mike le remette sur pied. Le médecin lui dit que tous les examens qu’il a passé ne révèle aucune cause physique à sa rechute. Il est donc enclin à penser que les causes réelles sont d’ordre psychique.
Il explique à Rodney qu’il y a des cas où le patient, ayant reçu un choc émotionnel, rechute et revient à son point de départ. Il lui dit que les problèmes avec Steven et Betty pourraient en être la cause.
Il aimerait que Rodney voit le Dr Moses, c’est un psychiatre.
— Je n’ai pas besoin de psychiatre ! crie Rodney. Est-ce que Chuck Atwell est là ?
— Il attend dehors.
— Dites-lui d’entrer.
Mike les laisse seuls. Atwell lui dit que c’était une mauvaise idée de vouloir rentrer à la maison, et que ses problèmes avec sa femme ont certainement dû causer sa rechute. Rodney ne veut rien entendre. Il veut recommencer la thérapie rapidement.
Au Shoreline, la piste de danse est remplie. Le groupe de Jeff diffuse une musique jazzy. Carolyn est assise à une table avec Jeff, Pat et une autre de leur camarade. Fred arrive et voudrait parler à Carolyn. Les amis de la jeune fille s’en vont et Fred s’installe en face d’elle. Carolyn lui demande des nouvelles de la femme dont elle ne connaît pas le nom. Il lui dit qu’elle va bien.
Il demande à Carolyn de venir vivre avec elle à Boston, comme elle l’avait prévue.
— Ça ne fonctionnera pas, dit Carolyn.
Fred insiste. Il lui dit qu’elle aurait de bonnes opportunités à Boston, elle pourrait aller dans un prestigieux lycée. Mais Carolyn ne veut pas. Elle a dit que vouloir aller habiter avec lui était une erreur.
Elle lui demande comment s’appelle la femme qu’elle a vue dans sa chambre la dernière fois.
— Helen, répond-il.
— De Troie ?
— De Chicago.
Fred veut être un bon père pour elle. Il lui dit qu’il regrette d’avoir accepté le divorce avec sa mère. S’il pense qu’il y a la moindre chance de la récupérer, il veut la saisir. Pour cela, il demande l’aide de Carolyn.
Carolyn est stupéfaite. Elle lui rappelle que Marsha va se marier avec le Dr Rossi et qu’il ne pourra rien y faire. Elle lui répète, en haussant la voix, qu’elle ne veut pas aller vivre avec lui à Boston et qu’elle ne l’aidera pas à reconquérir Marsha.
— Je n’aurais jamais dû laisser ta mère divorcer de moi, répète Fred. J’ai besoin d’être avec elle. J’ai besoin d’être avec toi. Avec vous deux. J’ai besoin que ma famille me revienne.
Rita et Norman ont invité Eli et Maggie à dîner. Ça n’a pas l’air de bien se passer. Maggie rappelle à Eli qu’il n’a pas de bonnes pommes dans son magasin.
— Ce sont les meilleures pommes du marché, proteste Eli.
— Elles sont acides et tâchées. M. Riggs disait toujours qu’une bonne pomme n’est jamais tâchée.
— Sauf le respect que je dois à votre défunt mari, il avait encore beaucoup à apprendre des pommes.
Rita va chercher le café et Eli la suit pour l’aider. En aparté, il lui dit qu’elle aurait pu le prévenir qu’il y avait une invitée supplémentaire, il aurait mis un costume. Rita lui dit que l’invitation s’est faite à la dernière minute.
Ils retournent à table et Rita propose une part de tarte à la myrtilles. Eli la goûte et n’est pas très enthousiaste.
— Cela manque un peu de sucre, mais pour une première, c’est plutôt pas mal.
Maggie pince les lèvres.
— Cette tarte à la myrtilles a remporté le prix de la meilleure pâtisserie dans un concours, dit-elle.
Eli est gêné, il pensait que c’était une tarte confectionnée par Rita. Il se confond en excuses. Maggie préfère partir. Rita suggère à Eli de la raccompagner et il accepte.
Après le départ d’Eli et Maggie, Rita et Norman se font la promesse de ne plus jamais jouer les entremetteurs.
Le Dr Miles revient à la maison, abattu. Il salue Alma, abattue elle aussi. Il lui dit qu’il a vu les tests et que Vickie Fletcher est irrémédiablement enceinte. Vickie descend et les rejoint.
— Dr Miles, je ne savais que pas vous viendriez pour le déjeuner, dit-elle.
Voyant que le couple Miles fait mauvaise figure, elle ajoute :
— J’ai interrompu quelque chose ?
— Je disais juste à ma femme que j’ai eu la confirmation de votre grossesse.
— Vous ne m’apprenez rien.
Harry l’appelle « mademoiselle Fletcher » et Vickie pense qu’il est bizarre pour un futur beau-père d’appeler la fille que son fils va marier « mademoiselle ».
Alma dit à Vickie qu’ils sont trop jeunes pour avoir un enfant. Elle aurait aimé que les choses soient différentes. Vickie lui répond qu’elle aussi aurait voulu que les choses soient différentes. Elle monte à l’étage.
Alma dit à son mari que Vickie n’est pas le genre de filles qui attirent Lew et elle sait qu’il n’y a pas d’amour entre eux. Ils décident d’aller parler à Vickie et la rejoignent dans sa chambre.
Ils veulent parler aux parents de la jeune fille. Vickie leur dit qu’elle n’a plus de contact avec eux. Elle provoque Alma qui s’énerve. Harry calme les choses en faisant un chèque à Vickie. Il veut l’acheter pour qu’elle parte de Peyton Place et ne revienne jamais. Vickie prend le chèque et le caresse du bout des doigts. Elle n’a jamais vu autant de zéro sur un chèque à son nom.
Elle le déchire, laissant Harry et Alma stupéfaits. Harry pointe un doigt vers elle :
— Nous allons vous combattre, mademoiselle Fletcher, et il n’y aura aucun moyen pour vous de gagner.
— Je vais me marier avec Lew. Je vais me marier avec Lew quoiqu’il arrive. Vous ne pourrez rien y faire.
Le couple Miles sort de la chambre en claquant la porte.





