Mercredi 1ᵉʳ janvier 1969
Vickie
Un bus transcontinental arrive aujourd’hui à Peyton Place. Parmi les passagers, une jeune femme, Vickie Fletcher, réalise soudain qu’elle a trouvé le moyen d’échapper à la pression d’une vie qui l’a blessée. Ce moyen, c’est cette petite ville en général et un être humain en particulier : Lew Miles, le fils de l’éminent médecin local. À cet instant précis, Vickie Fletcher est convaincue d’avoir pris la bonne décision. Cette ville, et Lew Miles, lui seront bénéfiques.
Le bus transcontinental s’arrête devant le bâtiment de la banque. Vickie Fletcher descend du véhicule et demande son chemin à une infirmière qui se tient en face du Colonial Post Inn. Elle se dirige ensuite vers le palais de justice, rejoint le quai, puis entre au Cider Barrel.
Au Cider Barrel, Vickie demande à Charlie où elle peut trouver Lew. Charlie lui répond qu’il vient travailler ici après les cours. Elle décide de l’attendre sur place. Charlie lui fait remarquer que cela risque de prendre du temps et lui propose de lui laisser un message, afin de ne pas perdre son après-midi.
— Je vous ai dit que je vais l’attendre ici, rétorque Vickie d’un ton peu amène.
Elle s’assoit à une table.
Au manoir Peyton, Steven entre et commence à monter l’escalier menant à l’étage. Puis, finalement, il s’arrête et s’assoit sur les marches. Susan vient à sa rencontre et prend place à ses côtés. Elle lui tend une tasse de café, et Steven apprécie de pouvoir boire quelque chose de chaud par un temps aussi glacial.
Steven lui demande à quel point elle le connaît vraiment. Il ajoute qu’ils ont besoin l’un de l’autre. Il lui demande si elle a déjà parlé à Rodney. Susan lui raconte alors la conversation qu’ils ont eue à l’hôpital, lorsqu’elle cherchait de l’alcool.
Steven a un service à lui demander : il aimerait qu’elle aille voir Rodney et qu’elle lui dise que Betty ne cesse de tourner autour de lui. Susan ne voit pas pourquoi elle ferait une chose pareille, mais Steven parvient à la convaincre en lui disant qu’ils forment une équipe et que cela pourrait renforcer leur lien.
À l’hôpital, Rodney fait ses exercices. Il marche de mieux en mieux, toujours aidé par un déambulateur. Les infirmières, dont Mlle Choate, le félicitent pour ses progrès. Il est fier comme un paon. Chuck Atwell le laisse rejoindre seul sa chambre ambulatoire. Avant d’y entrer, Rodney aperçoit Susan assise près de la porte. Elle se lève et le félicite à son tour.
Rodney lui demande naturellement la raison de sa présence.
— Je suis venue vous demander de raisonner Betty pour qu’elle arrête d’harceler Steven.
— Qu’est-ce que vous racontez ?
— Elle n’arrête pas de tourner autour de lui pour le pousser à lui vendre la maison Peyton.
Rodney affiche un air stupéfait.
— Vous n’étiez pas au courant ? demande Susan d’un air faussement innocent.
Rodney se reprend, refusant de perdre contenance devant elle.
— Bien sûr que je suis au courant. Qu’est-ce que vous croyez ? Elle et moi n’avons aucun secret l’un pour l’autre.
— Gardez votre femme à la maison, Rodney.
— Pourquoi venez-vous me dire tout ça ?
— Parce que je veux vivre dans la maison Peyton. Avec Steven. Et j’ai la nette impression que votre femme me met des bâtons dans les roues.
— Partez ! Fichez le camp d’ici !
Il élève tellement la voix que Chuck Atwell accourt. Maintenant qu’elle a distillé son venin, Susan peut partir.
Au magasin de motos, Norman s’affaire sur une moto bleue lorsque Maggie Riggs entre et se plaint du mauvais fonctionnement des freins de son vélo. Elle voudrait savoir combien cela lui coûterait d’en installer de nouveaux.
Elle reconnaît Norman comme l’homme qui, selon elle, importunait la jeune femme au magasin général. Norman lui avoue alors qu’il est en réalité son mari.
Il lui suggère d’aller plutôt chez Bill Barber, qui répare les vélos. Lui ne s’occupe que des motos.
— J’aimerais bien, mais il n’a rien trouvé de mieux que de fermer pour l’hiver. Vous le croyez ?
— En même temps, peu de gens font du vélo quand il neige, madame… ?
— Riggs, se présente-t-elle en lui serrant la main.
Elle lui propose trois tartes aux myrtilles en échange de la réparation des freins. Norman accepte le marché.
Rita arrive à ce moment-là, et Maggie lui fait remarquer qu’il n’était pas très honnête de lui laisser croire qu’un homme l’importunait au magasin, alors qu’il s’agissait en réalité de son mari. Rita baisse la tête, gênée.
Maggie s’en va. Rita confie à Norman que cette femme est une véritable tornade, un sacré personnage. On lui a dit qu’elle vivait seule : son mari est décédé depuis longtemps. Elle aimerait lui trouver un compagnon. Ensemble, Norman et Rita réfléchissent et concluent qu’Eli Carson serait parfait.
Marsha entre dans le bureau du Dr Rossi. Elle lui masse les épaules, sentant sa tension, et lui suggère de faire une petite promenade, une sorte d’escapade. Ils s’embrassent.
Mike lui demande si elle a parlé à Fred et à Carolyn de leur projet de mariage. Marsha lui répond que oui. Mike n’est pas surpris d’apprendre que Fred a mal réagi. Marsha s’en moque : elle aime Mike, et c’est tout ce qui compte.
Au Cider Barrel, Lew est stupéfait de découvrir Vickie assise à une table, en train de l’attendre. Il demande à Charlie s’il peut utiliser l’arrière-boutique un instant, afin de parler avec elle en privé.
Vickie lui explique qu’elle ne pouvait plus rester à New York : on lui posait trop de questions. Lew lui demande si Larry Burrows a été arrêté. Elle lui répond que non.
— Est-ce que le type est mort ? demande Lew.
— Non, il est toujours dans le coma.
Lew lui dit qu’elle a bien fait de quitter New York, mais qu’elle a eu tort de venir à Peyton Place. Sa famille va forcément se poser des questions sur elle et sur sa vie là-bas. Il lui demande de repartir dès ce soir. Elle refuse.
— Pourquoi tu ne veux pas partir ?
— Parce que je suis enceinte.
— Tu es… quoi ?
— Je suis enceinte. Et c’est toi le père.
— Ce n’est pas possible, et tu le sais très bien. Je ne t’ai jamais touchée. C’est de Larry que tu es enceinte.
— Ce sera ta parole contre la mienne.
— Qu’est-ce que tu veux, au juste ?
Vickie est manifestement venue faire chanter Lew.
— Tu vas m’épouser, déclare-t-elle.
— Est-ce que tu as perdu la tête ?
— Tu m’épouses, ou je retourne à New York raconter toute ton histoire. Et je pense ce que je dis.
Lew n’est pas impressionné et le lui fait clairement comprendre. Elle peut raconter ce qu’elle veut : il est hors de question qu’il l’épouse. Il ajoute qu’il va s’assurer lui-même qu’elle reprenne le bus dès ce soir. Il demande à Charlie de l’excuser un instant.En sortant de l’arrière-boutique, ils tombent nez à nez avec le sergent Walker.





