Episode 277

Mercredi 12 octobre 1966

La sauvageonne

Pour Norman Harrington, la forêt, à quelques kilomètres de Peyton Place, lui rappelle d’heureux souvenirs. Pour avoir passé de nombreux moments à y jouer avec Allison Mackenzie lorsqu’il était enfant. Aujourd’hui, Norman et sa femme, Rita, revivent son passé d’adolescent aventureux. Une aventure mystérieuse semée d’ombres et de bruit. 

Munis d’une lampe torche, Norman et Rita s’approchent de la vieille cabane abandonnée dans les bois.


À l’intérieur de la cabane, ils découvrent une jeune fille sauvage et incapable de parler. Norman tente de lui poser des questions, mais aucun son de sort de la bouche de la jeune fille. Apeurée, elle s’enfuit. 

Ils la pourchassent. Norman parvient à la rattraper et elle tombe. Rita lui dit qu’elle est blessée et qu’ils feraient mieux de la ramener en ville. Sinon, ce pourrait être pris pour un kidnapping.


Chez les Carson, Eli et Elliot sont toujours occupés à peindre la chambre de Matthew. Betty appelle de l’autre côté de la fenêtre. 

Elliot demande à Eli si Steven est avec elle. Il n’est pas là. Elliot lui raconte qu’il a bien failli frapper Steven le jour où l’avocat ne lui avait pas permis d’aller parler à Lee d’Allison. 

Betty entre et complimente les deux hommes pour le travail qu’ils ont fait. Elliot remercie Betty d’être restée avec Constance lorsqu’il était parti à la recherche d’Allison à New York. 

Betty est venue prendre quelques affaires pour rapporter à l’hôpital, pour le bébé. Et une robe pour Constance qu’elle portera lorsqu’elle reviendra à la maison. 

Betty dit qu’elle veut avoir des enfants, mais pas tout de suite. Elle demande à Elliot quel genre de père il pense que Steven ferait. Elliot préfère éluder la question.


Sandy parvient à la porte d’entrée de la maison Peyton. Mary la fait entrer. Sandy se présente comme « Sandy, Sandra Webber » et demande à parler à Rodney. Mary offre à Sandy d’attendre dans le salon. Sandy lui dit qu’elle préfère attendre à la porte. 

Peyton appelle Mary depuis la salle à manger et lui demande qui est là. Mary lui dit qu’il s’agit de Sandra Webber. Il demande à Mary de lui apporter un peu de café chaud et de faire entrer Sandy dans la salle à manger.

Sandy et Martin s’observent quelques instants, tandis que Rodney descend. Il emmène Sandy au salon pour parler plus intimement. 

Elle note qu’il devait y avoir un tableau au-dessus de la cheminée. Il l’informe que c’était le portrait de sa mère qui était accroché à cet endroit. 

Elle confie à Rodney avoir l’esprit totalement embrouillé depuis leur baiser. Mais Rodney n’est pas trop serviable avec elle. Il regrette son écart de conduite. 

— Écoute, c’est suffisamment dur pour moi de venir ici sans que tu me regardes comme si je n’étais rien, fait Sandy. 

— Est-ce que tu viendrais ici si ton mari n’était pas en prison ?

— Peut-être. 

Sandy a peur que Steven arrive à faire sortir Lee de prison. Rodney lui demande si elle a fait tout ce chemin uniquement pour lui dire ça. Il lui offre un verre. 

Sandy lui apprend qu’elle vient de rendre visite à Lee dans sa cellule et que ce dernier est très en colère, car elle lui a appris qu’ils se sont embrassés. Rodney dit à Sandy de l’attendre dans la voiture.

Martin appelle Rodney depuis la salle à manger et lui demande si c’était la femme de Lee (c’est plus une accusation qu’une question). 

— Qu’est-ce qu’elle faisait ici ? aboie le vieil homme. 

— Elle avait besoin de me voir, répond Rodney. 

Peyton l’a trouvée très indiscrète comme fille. Rod lui répond non sans sarcasme que c’est la façon de se comporter des classes inférieures. Indiscrète, mais honnête.


Betty, assise dans la voiture de Steven, attend ce dernier qui est à son bureau. 

Elle observe Rodney conduire Sandy dans sa décapotable. Elle se redresse. 

Steven sort du bâtiment de la banque et demande à Betty si ce n’était pas Rodney et Sandy qu’il a vus. 

Betty acquiesce. 

— C’est étrange, murmure-t-elle. 

Steven lui dit que ce n’est pas étrange, mais plutôt incroyable. L’avocat grimpe dans la voiture. Betty embrasse Steven. Steven dit à Betty qu’il veut qu’elle lui appartienne. Il démarre.


Norman se précipite à la réception de l’hôpital et se plante devant Mlle Choate. Il demande à voir le Dr Rossi.  L’infirmière en chef l’informe qu’il n’est pas disponible. 

— C’est une urgence, insiste Norman. Quel est le numéro de téléphone de la maison du Dr Rossi ?

— Le docteur n’est pas chez lui. 

— Alors où est-il ?

— Il n’est pas disponible. Est-ce que quelqu’un d’autre peut vous aider ?

— Où est-il, mademoiselle Choate ?

Sentant l’urgence, Mlle Choate lui dit qu’il est dans son bureau. 

Norman se précipite à l’intérieur du bureau de Michael. Le médecin lui dit qu’il n’est pas de garde et qu’il ne souhaite pas être dérangé. 

Norman, en état de choc, lui dit qu’il a trouvé une jeune fille sauvage dont il ignore le nom dans une cabane abandonnée et que « cette fille » porte le bracelet d’Allison.

Plus tard, Mike se retrouve devant la jeune fille. Il essaie de la faire parler, mais elle ne répond pas. Elle semble ne pas lui faire confiance. 

Il va demander à un autre médecin s’il peut faire quelque chose pour elle. 

Rita essaie de faire dire à la fille qui lui a donné le bracelet qu’elle porte, en vain. 

Le Dr Rossi demande à la sauvageonne qui va venir la chercher. La fille (dont on saura plus tard qu’elle s’appelle Rachel Welles) parle enfin : 

— Personne ne va venir. 

Puis elle saisit des ciseaux chirurgicaux sur une table. Michael se lève d’un bond et lui saisit le poignet afin de lui faire lâcher les ciseaux.


Episode 276

Lundi 10 octobre 1966

Le baiser

Depuis la disparition d’Allison Mackenzie voici quelques semaines, Rodney Harrington se sent éperdument seul. Hier, il a rencontré quelqu’un qui se sent également seul. Quelqu’un à qui parler. Quelqu’un qui le comprend. La femme de Lee Webber.

Sur le quai, Rodney passe devant le « Repaire du bateau » de Joe et se rend jusqu’à la maison des Webber. Sandy travaille à la cuisine tout en écoutant de la musique latine à la radio.


Sandy invite Rodney à entrer dans la maison. Rodney lui demande si Chris est ici. Sandy lui répond que non, et elle éteint la radio. 

Elle lui demande s’il veut boire un verre de limonade. Rodney est venu lui donner un chèque conséquent pour le travail particulier qu’a fait Lee avant d’être renvoyé. 

Sandy demande pourquoi le chèque n’est pas libellé au nom de Chris. Il lui assure que le travail de Lee mérite cette somme. 

— Je dois y aller, lui dit Rodney. 

Elle le retient en lui offrant une salade de homard. Elle lui demande de s’asseoir à la table pendant qu’elle va chercher le plat dans le réfrigérateur. 

Rodney l’aide à sortir les assiettes du placard et à un moment, ils se trouvent très proches l’un de l’autre et s’étreignent. Ils s’embrassent. Aucun des deux n’a repoussé l’autre. Il se trouve que c’est arrivé comme ça. L’attirance est mutuelle.

Rodney veut dire quelque chose, mais Sandy lui pose un doigt sur sa bouche. Il finit par dire qu’il est désolé et qu’il n’aurait pas dû venir. Elle lui répond qu’ils avaient tous les deux envie de ce baiser. 


Lee fait des pompes dans sa cellule afin de maintenir sa forme lorsque Steven Cord lui rend visite. 

Il apprend au prisonnier que Chris va témoigner contre lui. Fowler l’a cité à comparaître. 

Lee est sous le choc et se demande pourquoi son frère est prêt à témoigner contre lui. Pour Steven, la réponse est simple :

— Par vengeance. Il veut vous faire payer le fait de l’avoir poussé de la falaise dix-huit ans plus tôt. Il veut vous faire payer sa cécité. Et c’est ce que je vais devoir prouver au tribunal. 

Lee réalise que Steven va devoir dire à tout le monde que c’est lui qui a poussé Chris. 

— Ne faites pas ça, monsieur Cord. 

— Je n’ai pas d’autre choix. Je dois prouver que si Chris témoigne contre vous, c’est par vengeance personnelle et que cela n’a rien à voir avec Ann Howard. 

— Le juge risque de mal le prendre. S’il sait que j’ai poussé Chris, il pourrait penser que j’ai fait la même chose avec Ann. 

— C’est un risque à prendre. 


Dans la chambre d’enfant de la maison Carson, Eli et Elliot peignent les murs. La chambre était en rose et ils s’emploient à la peindre en bleu ciel. 

Elliot dit que s’ils doivent repeindre la pièce, c’est à cause d’Allison :

— Elle était sûre que ce serait une fille. 

Tout en parlant peinture, Elliot se rend compte qu’en fait, ils parlent d’Allison. Elliot est persuadé qu’elle reviendra. 

Depuis qu’elle est partie, il ne cesse de se demander pourquoi, et en vient à se poser la question de savoir si Allison l’a jamais aimé. 

Eli lui défend de penser ça. 

— Allison t’aimait. Elle tenait beaucoup à toi. 

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

— Le bracelet. Celui que tu lui as offert, avec l’inscription en français. Elle l’a réclamé lorsqu’elle était à l’hôpital. Et elle l’avait avec elle lorsqu’elle est partie. 


Sandy va rendre visite à Lee dans sa cellule et lui apporte des cigarettes, de la crème à raser et des magazines. Lee l’embrasse. Elle lui promet de lui apporter tout ce dont il souhaite à la prochaine visite. 

— Tu me manques, dit Lee. 

Mais Sandy ne répond pas à ces paroles tendres. Elle se contente de dire que Rodney a payé chaque cent qu’il lui devait. 

Lee voit dans le regard de sa femme que quelque chose ne va pas. Sandy lui avoue alors que Rodney et elle se sont embrassés, juste une fois. 

Lee est accablé de colère et d’amertume. Il lui dit qu’il va tuer Rodney. Lee appelle le gardien en criant pour qu’il raccompagne Sandy.  Il ne veut plus la voir. 


Norman et Rita ont installé leur campement au sud de la ferme de M. Peterson. Norman parle à son épouse d’Allison en lui disant qu’ils avaient souvent l’habitude de venir ici. 

Rita lui dit qu’elle est persuadée qu’Allison reviendra un jour. 

Il se souvient que non loin de là se trouve une cabane en bois abandonnée. Ils décident de s’y rendre. Norman entre à l’intérieur de la cabane et découvre une jeune fille en train de dormir. Une chouette hulule. Rita frissonne. 

— N’aie pas peur, la rassure Norman. Ce n’est qu’une chouette. 

Le regard de Rita se pose sur la jeune fille. 

— Qui est-ce ?

— C’est Allison, affirme Norman. 

— Elle est endormie. 

— Viens avec moi si tu as peur. 

Rita regarde de plus près. 

— Norm, Allison n’a jamais porté une robe comme ça. 


Episode 275

Mercredi 5 octobre 1966

Les questions d’un procureur

Steven Cord est un homme d’action et de détermination. Grâce au témoignage de Michael Rossi à l’audience préliminaire, il prend un avantage inespéré. Il est déterminé à assurer sa victoire en utilisant la jeune femme de l’accusé qu’il défend, Sandy Webber.

Steven conduit sa décapotable blanche et se gare devant l’escalier de la maison d’hôtes. Il sort de la voiture et se dirige vers le Cider Barrel.


Steven entre au Cider Barrel afin de parler avec Sandy. Il lui demande si elle sait où se trouve Chris. Ils parlent un instant de l’audience de Lee. C’est à ce moment que Chris arrive, tapant le sol avec sa canne blanche, et s’excusant pour être en retard. 

Il demande si c’est bien Steven qui est à côté de Sandy. Puis il demande une faveur à sa belle-sœur : il aimerait avoir un sandwich au jambon avec du fromage suisse, un peu de mayonnaise, sans cornichon et une main lourde sur les chips. 

Pendant que Sandy va préparer le sandwich, Chris s’entretient avec Steven. Ce dernier aimerait que Chris témoigne en faveur de son frère, mais il ne veut pas. Il pense que Steven est en difficulté, malgré le fait qu’il a trouvé le talon d’Achille du Dr Rossi. Il se demande d’ailleurs quel est son talon d’Achille à lui. 

Steven insiste sur le fait que Chris doit témoigner : 

— Nous sommes toujours sur une corde raide, Chris. J’ai besoin de votre aide. Je veux que vous coopériez. Vous allez témoigner, que vous le vouliez ou non, même si je dois vous citer à comparaître.

— Vous perdez votre temps, Steven.

Chris aimerait vraiment beaucoup savoir pourquoi Steven défend Lee. Il n’a pas compris le but que poursuit l’avocat. Il sait que ce n’est pas pour l’appât du gain. 

Voyant qu’il ne pourra rien tirer du frère de Lee, Steven s’en va après avoir salué Sandy, qui revient avec le sandwich.

Chris dit à Sandy que Steven veut qu’il témoigne en faveur de Lee, mais il ne le fera pas. Il sort alors une citation à comparaître. Cette citation émane du procureur Fowler. Il a décidé de témoigner contre Lee.

— Une femme ne peut pas témoigner contre son mari, mais un frère le peut, dit-il. 


Elliot entre à l’hôpital avec une kyrielle de paquets et se dirige vers le bureau des renseignements. Mlle Choate s’occupe de Constance tandis qu’Elliot entre dans la chambre. 

Mlle Choate l’informe qu’elle était sur le point d’emmener Constance au solarium. Elliot est venu avec des cadeaux qu’il a achetés sur la cinquième avenue à New York. 

Rossi entre dans la pièce. Elliot en profite pour lui demander quand il pourra emmener Constance et le bébé à la maison. Il demande également au médecin s’il veut être le parrain de Matthew. Ému par ce geste, Michael accepte avec plaisir.


Dans son bureau, Steven enlève un gros livre de Droit d’une étagère tandis qu’il est bipé par sa secrétaire, Mlle Nolan. Il appuie sur le bouton de l’interphone et Mlle Nolan lui dit que le procureur John Fowler est ici. 

— Faites-le entrer. 

John entre et demande à Steven pourquoi Hannah ne veut pas témoigner. Il souligne que c’est Lee qui est en procès, et non la mère de Steven.

Steven lui répond que ce n’est pas parce qu’elle est partie en voyage qu’elle ne va pas témoigner. 

Le procureur trouve étrange que Steven cite sa mère à comparaître et se demande pourquoi cela semble si important. Il pose des questions à Steven comme s’ils se trouvaient au tribunal. Steven esquisse intelligemment les questions de Fowler.


Au tribunal, Norman et Rita sont assis sur une banquette, attendant et discutant ensemble. Rita se souvient du témoignage qu’elle a dû fournir au cours du procès pour meurtre de Rodney. 

Norman lui rappelle qu’ils doivent bientôt aller camper. Elle accepte. Cela ne pourra  leur faire que du bien de se retrouver seul pour quelques jours, au milieu de la nature.

John Fowler se dirige vers eux et les interrompt. Norman demande à John s’il peut lui parler un instant. Le procureur demande poliment à Rita si elle veut se joindre à eux, mais elle décline l’invitation en disant qu’elle attend dehors. 

Norman accompagne Fowler dans le bureau de ce dernier. Le jeune homme demande à l’homme de loi s’il veut le briefer avant le témoignage. Il ajoute qu’il était sur le point de partir en camping avec Rita. 

John lui sourit et lui dit qu’il peut partir : son témoignage pourra attendre lundi. 

Une fois Norman parti, John se dicte un mémo sur la façon dont il va interroger Norman.


Rodney aperçoit Sandy rôder autour du Shoreline Garage. Il l’appelle et l’invite à entrer. Elle arrive en faisant tournoyer son sac à main. Il lui demande depuis combien de temps elle attend à l’extérieur. 

Elle dit à Rodney qu’elle n’a jamais rencontré quelqu’un comme lui. 

— Je n’ai rien de spécial, lui répond-il. 

Il ajoute qu’il n’a pas envie de s’engager avec quelqu’un pour l’instant. Mais Sandy lui répond qu’elle peut toujours rester la femme de Lee. Elle ne veut pas qu’il pense qu’elle est « bon marché ». 

Avant de partir, elle informe Rodney que Chris a reçu une citation à comparaître pour témoigner contre Lee.


Episode 274

Lundi 3 octobre 1966

Le témoignage du Dr Rossi (deuxième partie)

Le palais de justice du comté de Peyton. L’audience préliminaire se poursuit. L’accusation cherche à prouver qu’une jeune femme nommée Ann Howard est décédée d’une mort violente des mains de Lee Webber. Aujourd’hui, le procureur John Fowler se retrouve à lutter contre l’avocat de la défense Steven Cord, sur le témoignage du fiancé de la défunte Mlle Howard, le Dr Michael Rossi.

L’huissier apporte un dossier venant du poste de police à John Fowler.


La salle d’audience est présidée par le juge Irwin A. Chester. Nous sommes à l’audience préliminaire de Lee Webber. Le Dr Rossi est toujours interrogé par Steven Cord. 

— Quand avez-vous vu Ann Howard en vie pour la dernière fois ? s’enquiert l’avocat. 

— C’était le matin de sa mort. Elle est venue à mon bureau, à l’hôpital.

— Et quel était le sujet de conversation ce matin-là ?

— Elle m’a dit qu’elle avait trouvé des papiers dans la malle de son père. Des papiers qui prouvaient qu’elle et vous étiez frère et sœur.

— Veuillez noter que le témoin se réfère à moi, Steven Cord. Et quelle a été votre réaction à cette annonce ?

— J’étais surpris. Je lui ai demandé de ne rien faire à propos de ça jusqu’à ce que nous ayons l’occasion d’en parler ouvertement.

— Et elle était d’accord ?

— Oui. 

— Et c’est la dernière fois où vous l’avez vue en vie ?

— Oui. 

— Était-ce la dernière fois que vous lui avez parlé avant sa mort ?

— Non, j’ai parlé avec elle au téléphone plus tard cet après-midi-là.

— Avait-elle l’air heureuse ?

— Heureuse ?

— Oui. 

— Non.

— Alors, dans quel état d’esprit était-elle ?

— Elle avait l’air d’aller bien. 

— Vous avez précédemment témoigné qu’elle avait parlé avec vous au téléphone depuis votre maison de la plage. Que faisait-elle là-bas ?

— Elle m’attendait.

— C’était peu de temps après qu’elle aie fini de travailler à la librairie. Exact ?

— Oui.

— Plus qu’une heure ?

— Je suppose.

— Où était-elle entre le moment où elle a quitté la librairie et celui où elle est arrivée chez vous ?

— Je ne sais pas. Elle m’a dit qu’elle est allée faire une course.

— Une course. Vous voulez dire du shopping ?

— Je ne sais pas. Elle a juste dit : une course. 

— Vous dites qu’elle n’avait pas l’air bouleversée, ni affligée, ni nerveuse. 

— Non, elle était juste… Elle avait l’air bien. 

— Bien, lorsque vous avez parlé avec la défunte au téléphone, est-ce elle qui avait appelé, ou vous ?

— C’est moi qui l’ai appelée. 

— Pourquoi ?

— Parce que j’étais inquiet pour elle. 

— À cause du choc qu’elle a eu en découvrant qu’elle avait un frère et une mère qui vivaient dans cette ville ?

— C’est exact.

— Mais vous étiez plus particulièrement inquiet parce que vous connaissiez son passé médical, n’est-ce pas ?

— Objection, Votre Honneur ! intervient le procureur.

— Retenue. 

— Je vous l’ai dit, répète Mike, elle avait l’air bien.

Le juge s’en mêle : 

— Le témoin n’a pas à répondre aux questions auxquelles il a été fait objection. Huissier, veuillez ne pas tenir compte de cette réponse.

Steven poursuit son interrogatoire :

— Qu’avez-vous dit d’autre au téléphone ?

— Objection, Votre Honneur, n’avons-nous pas assez ressassé ce sujet ? se plaint John.

Steven n’est pas de cet avis et prend la parole avant que le juge ne se prononce : 

— Le témoin ici présent est la dernière personne à avoir parlé avec la défunte. La dernière personne qui peut nous éclairer sur son état d’esprit. Je vous demande de me laisser continuer. 

— Objection rejetée, décide le juge.

Fowler s’assoit. Steven reprend :

— Qu’est-ce qu’il a été dit d’autres au cours de cette conversation, docteur ?

— Eh bien, elle voulait savoir quand je rentrais à la maison. Je lui ai dit que je devais aller en chirurgie.

— Quelle a été sa réaction ?

— Elle a été déçue. Je lui ai fait promettre de rester à l’intérieur de la maison jusqu’à ce que j’arrive. Et je lui ai dit que je l’aimais. 

— Vous avez dit : « Je t’aime » ?

— Oui.

— Parce que vous étiez inquiet et vous vouliez la rassurer ?

— Oui, pour ça et parce que je l’aimais.

— Laissez-moi vous lire l’exposé de l’accusation. La déposition sous serment faite par le défendeur et qui couvre ses déplacements la journée de la mort d’Ann Howard. 

Je sais à quel point c’est mauvais pour moi, mais c’est la vérité. J’ai suivi Ann Howard jusqu’à la maison de Peyton. 

Question : Quelle heure était-il ?

Réponse : Je ne sais pas. C’était dans l’après-midi. Tard dans l’après-midi.

Question : Combien de temps est-elle restée à la maison de Peyton ?

Réponse : Environ 15 minutes. Mais lorsqu’elle est sortie, elle pleurait. Si je lui avais dit ne serait-ce qu’un mot, elle serait devenue hystérique. 

C’est là-bas où Ann Howard est allée après son travail et avant de venir chez vous. C’était ce qu’elle avait appelé une course. Elle était tellement bouleversée, tellement hystérique et bouleversée par cette course qu’elle n’a même pas pu vous en parler. Même pas à vous.

Le procureur objecte :

— Objection, Votre Honneur. Nous ne sommes pas intéressés par les interprétations de M. Cord sur les sentiments de la défunte.

— Retenue.

Steven se tourne vers Mike.

— Êtes-vous toujours convaincu qu’Ann Howard a été assassinée ?

Fowler s’énerve :

— Objection !

— Retenue. 

— Votre Honneur… commence Steven.

— Retenue, insiste Chester.

— Très bien, Votre Honneur. (À Mike 🙂 Lorsque vous avez appris la mort d’Ann Howard, avez-vous honnêtement craint qu’elle se soit suicidée ?

— Objection, Votre Honneur, fait de nouveau John. Pure spéculation de la part du témoin.

Steven plaide sa cause : 

— Votre Honneur, le témoin est un médecin. Il était très proche d’Ann Howard. Nous sommes ici pour déterminer si un homme doit être amené ou non devant un procès pour homicide. 

— Très bien, tranche Chester.

John tente d’insister : 

— Votre Honneur… 

Le juge reste sur sa position :

— Objection rejetée.

— Mais, Votre Honneur…

— Objection rejetée, M. Fowler !

Steven poursuit : 

— Lorsque vous avez appris la mort d’Ann Howard, aviez-vous craint qu’elle se soit suicidée ?

Mike ne répond pas. 

— Avez-vous entendu la question, docteur ?

— J’ai entendu la question, monsieur Cord. 

— Eh bien, voulez-vous répondre ?

— Oui. 

Steven tend l’oreille. 

— Vous dites ?

— Oui, j’avais peur. C’était ma première pensée, je…

— Dans son état d’esprit et dans ces circonstances…

— Votre Honneur, l’avocat répond à la place du témoin, intervient Fowler. 

Mike reprend d’une voix hésitante : 

— Je pensais qu’elle avait…

Steven poursuit la phrase du médecin :

— … sauté de la falaise ?

C’en est trop pour le procureur, qui bondit de sa chaise : 

— Votre Honneur, c’est outrageant !

Le juge confirme : 

— Monsieur Cord, je dois vous donner un avertissement. 

Steven n’est pas impressionné :

— Monsieur, nous essayons de découvrir la vérité. Docteur Rossi, je vais reformuler ma question. 

— Vous n’avez pas à reformuler votre question, dit Mike. Oui. Ma première pensée était qu’Ann avait sauté de la falaise.


Rita se rend à l’hôpital pour rendre visite à Constance. Cette dernière tricote lorsque Rita entre dans la chambre. 

La jeune fille est venue demander à Constance un emploi de baby-sitter pour le petit Matthew lorsque Constance rentrera à la maison. Constance lui demande si elle a parlé à Norman de tout ceci. Rita lui dit qu’elle sait que Norman sera d’accord. 

Mais Constance l’informe qu’elle a déjà pris des engagements avec Betty. Rita s’apprête à partir et dit à nouveau à Constance qu’elle se débrouille bien avec les bébés. Elle est prête à s’occuper de Matthew si Constance change d’avis.


Au tribunal, Mike sort de la salle d’audience et aussitôt une horde de journalistes/photographes le prennent en photo, faisant crépiter leurs flashes. Rodney, qui attendait Mike sur un banc, se lève et va lui parler.

Il s’entretient avec le Dr Rossi à propos du témoignage qu’a fait le médecin. Rod demande pourquoi il a changé d’avis. Il ne comprend pas pourquoi le médecin a dit si facilement qu’il avait pensé qu’Ann s’était suicidée. Michael lui dit qu’il n’a pas changé d’avis, il a simplement essayé de dire la vérité. 

Rodney lui répond qu’il a l’impression que Michael commence à penser comme l’avocat de Lee. Il est déçu et le fait savoir au médecin. 

— Tu n’as donc rien appris à ton procès ? l’invective le médecin.

— Nous parlons de cette salle d’audience et du défendeur de cette affaire, d’accord ?

— Que veux-tu, Rod ? Je veux dire, en dehors de la tête de Lee Webber ?

Rodney ne répond pas et se contente de fixer le médecin. Mike lui dit que rien n’est tout blanc ni tout noir. Puis il s’en va.

Fowler sort de la salle d’audience, observe brièvement Rodney, qui le fixe. Puis il est appelé au téléphone. 

Fowler prend le téléphone et s’entretient avec son adjoint Knox. L’adjoint était chargé d’aller à l’aéroport pour délivrer une citation à comparaître. Il informe John qu’Hannah a pris un billet sans retour pour Boston, puis de Boston pour New York. Elle n’a donc pas l’intention de se rendre à Peyton Place, visiblement.


Au magasin général d’Eli Carson, Norman et Rita se préparent pour aller camper. Eli emballe de la nourriture dans du papier aluminium et leur donne une trousse de secours. 

Rita dit à Norman qu’elle est allée voir Constance pour lui demander de prendre soin de Matthew à son retour à la maison. 

Norman lui dit qu’elle risque de mettre leurs projets en l’air si elle commence à s’occuper du bébé. Selon le jeune homme, ils sont trop jeunes pour fonder une famille. Rita n’est pas d’accord avec lui.


Dans son salon, Peyton, assis dans sa chaise motorisée, demande à John de résoudre un problème d’échec. John avoue ne pas être expert à ce jeu. Il lui demande s’il sait où se trouve Hannah. Il pense en effet qu’elle n’a pas l’intention de revenir à Peyton Place, malgré sa citation à comparaître.

Alors que personne ne s’y attend, Hannah apparaît finalement. 

— Qu’est-ce que tu fais ici ? aboie Peyton. 

John Fowler s’approche d’elle et lui dit que si elle ne va pas témoigner, elle sera susceptible d’être poursuivie en justice. Peyton prend la défense d’Hannah devant John et lui dit qu’elle est très angoissée. Il lui demande de la laisser tranquille. John s’en va. 

Peyton réprimande Hannah : 

— Tu es folle. Tu es complètement folle d’être ici !

Hannah ne se laisse pas faire et fait des reproches à son patron. Peyton lui dit qu’il ne lui permettra pas d’aller témoigner à la barre. 

— Je n’ai pas besoin de votre permission, le défie Hannah. 

Hannah a en effet l’intention d’aller témoigner et dire toute la vérité. Martin lui ordonne d’aller dans sa chambre. Elle monte à l’étage.


Episode 273

Mercredi 28 septembre 1966

Le témoignage du Dr Rossi (première partie)

Elliot Carson, éditeur du Clarion, suit pour les besoins de son journal l’histoire qui a pour sujet « les citoyens contre Lee Webber ». Il s’agit d’un jeune homme accusé d’avoir tué Ann Howard. Une histoire objective et impersonnelle écrit par un homme personnellement impliqué. Sujet de l’histoire, le premier témoin majeur pour l’accusation, le fiancé de la défunte Ann Howard, le Dr Michael Rossi.

La plaque en dessus du pilori : 

PEYTON PLACE

MONUMENT HISTORIQUE

PILORI

PLACE DE PUNITION PUBLIQUE

1650 – 1700

Un homme court vers le tribunal. Le palais de justice.


Le Dr Michael Rossi témoigne devant le juge Irwin A. Chester. Rodney est présent à l’audience. De même que Betty, Elliot, Sandy, Chris et d’autres.

Le procureur prend la parole :

— Ce que vous venez de nous dire, Dr Rossi, c’est que votre amie très proche, voire votre fiancée, était victime d’une série de harcèlements. Harcèlements perpétrés par l’accusé, Lee Webber. Lequel affichait une constante attitude d’amertume et d’hostilité de sa part.

— Oui, confirme le médecin. 

John se tourne vers le juge. 

— Votre Honneur, j’aimerais examiner ces incidents et les faire corroborer avec le témoin.

— Faites donc, M.  Fowler. 

— Merci, Votre Honneur. 

À la table de l’accusation, Lee se penche vers Steven et lui murmure :

— Ce gars semble plutôt à l’aise à propos de ça. 

— Il est toujours à l’aise, fait remarquer l’avocat. 

Le procureur reprend :

— Docteur Rossi, vous maintenez qu’à la mi-avril vous avez conduit votre voiture au garage de Rodney Harrington…

— Oui. 

— Avez-vous parlé à quelqu’un ici présent ?

— Oui. Lee Webber.

— Quel était le sujet de la conversation ?

— J’avais amené ma voiture là-bas pour une révision et il m’a dit que ça prendrait une bonne partie de la journée, alors il m’a offert de me prêter sa voiture.

— Avez-vous accepté son offre ?

— Oui. Plus tard ce jour-là, il est venu m’apporter la voiture à l’hôpital.

— Est-ce que Ann Howard était employée à l’hôpital à cette époque ?

— Oui, elle l’était. 

— Est-ce que l’accusé a quitté l’hôpital directement après vous avoir délivré votre voiture ?

—  Il est allé en salle de rééducation et a parlé à Ann Howard, dit Mike. Monsieur Fowler, Votre Honneur, je ne voudrais pas que mes réponses puissent impliquer plus que ce qu’elles signifient. Je… j’ai une très lourde responsabilité ici. Et j’ai le sentiment que mes réponses ne sont pas comprises dans le sens qu’il faudrait.

Le juge hoche la tête. 

— Nous apprécions votre sens de la responsabilité, docteur Rossi. Toutefois, cette Cour est suffisamment expérimentée pour déduire les conclusions à leur juste valeur. Continuez, monsieur Fowler. 

— Dr Rossi. Après la mort d’Ann Howard, en tant que fiancé, avez-vous remboursé la somme d’argent qu’elle devait au garage de Rodney Harrington ?

— Oui. 

— Comment a-t-elle contracté cette dette ?

— Eh bien, en achetant une voiture au garage. 

— Qui lui a vendu la voiture ?

— Lee Webber.

— Votre Honneur, j’aimerais à ce stade apporter les réparations de la voiture comme pièce à conviction. Il est mentionné sur le procès-verbal le détail des réparations de la voiture en question. 

— Accepté comme pièce à conviction numéro 5,  confirme le juge. 

John reprend :

— Est-ce que Lee Webber ne vous a pas mentionné que la voiture devait être réparée avant utilisation ?

— Non, non, il ne l’a jamais dit. 

— À votre connaissance, n’a-t-il jamais dit à Ann Howard que la voiture était dangereuse si elle n’était pas réparée avant de la lui vendre ?

Steven bondit sur ses pieds. 

— Objection, Votre Honneur ! Il n’y a aucun moyen d’établir cette preuve.

— Retenue. Allez-y doucement, monsieur Fowler. 

— Je suis désolé, Votre Honneur. (À Michael 🙂 avez-vous eu d’autres discussions avec l’accusé ?

Mike opine. 

— Oui, effectivement. Au garage. Je lui ai donné un avertissement. 

— Un avertissement ?

— Oui. Ann Howard est venue me voir à l’hôpital. Elle était bouleversée. Il semblerait que Lee Webber l’avait ennuyée à l’hôpital. 

— Objection, fait de nouveau Steven. Le témoin ne fait que relater un ouï-dire.

— Retenue, approuve le juge. Le ouï-dire  n’est pas admis comme preuve dans un tribunal, Docteur Rossi.

— Docteur Rossi, quel genre d’avertissement avez-vous donné à l’accusé ? demande le procureur. 

— Je lui ai dit d’arrêter d’ennuyer Mlle Howard. Et que s’il ne le faisait pas, il aurait à faire à moi.  

— Qu’est-ce que l’accusé a répondu à votre avertissement ?

— Il n’a pas aimé. Il a commencé à faire des histoires. 

— Était-il hostile ?

— Oui.

— Était-il d’accord pour ne plus ennuyer Mlle Howard ?

— Non. Non, il n’a jamais été d’accord. 

— Je vois. Docteur, avez-vous, peu de temps après, reçu un appel téléphonique de Mme Elliot Carson ?

— Oui, oui, c’est exact.

— Quel était l’objet de cet appel ?

— Eh bien, Mme Carson m’a appelé pour me prévenir que Lee Webber était ivre. Elle pensait qu’il y avait une possibilité qu’il pouvait faire du mal à Ann Howard. Mais je pense qu’il était plutôt préoccupé, à cet instant, par son renvoi. Et il ne devait pas être en état de faire quoi que ce soit. En tout cas, il n’a pas approché Mlle Howard. 

— Hey, qu’est-ce que ça veut dire ? s’enquiert Lee auprès de Steven. 

— Il marque un but contre son camp, répond l’avocat. 

John est un peu dérouté pas la déclaration de Mike, et se tourne vers le juge. 

— Votre Honneur, la dernière partie de la réponse du témoin n’est pas en rapport avec ma question. Je demande à ce qu’elle soit retirée du dossier. 

Le juge accède à sa demande. 

— Très bien, cette réponse est considérée comme irrecevable.

John reprend :

— Docteur Rossi, avez-vous parlé à Mlle Howard le jour de sa mort ?

— Oui. Deux fois. 

— Que vous êtes-vous dit exactement la première fois ?

— Eh bien, j’étais à mon bureau et je lui ai dit que lorsqu’elle aurait fini son travail, je voulais la voir au cottage près de la plage et je lui ai demandé d’attendre que j’arrive à la maison. 

— Pourquoi aviez-vous le sentiment qu’il était nécessaire de poser un tel ultimatum à Mlle Howard ?

Michael ne répond pas. Le procureur insiste :

— Docteur Rossi, dois-je répéter la question ?

— Non, M. Fowler, je vous ai entendu… J’étais inquiet. J’étais très inquiet pour elle.  

— S’il vous plaît, soyez plus précis, docteur.  

— Elle n’avait pas le sentiment d’être en danger. Et je ne pouvais pas la convaincre qu’elle l’était. J’ai essayé. 

— Quel genre de danger ? Faites-vous référence aux menaces dont elle a été l’objet par l’accusé ?

Steven se lève. 

— Objection, Votre Honneur ! Influence le témoin. 

— Reformulez la question, demande le juge. 

— Docteur Rossi, je voudrais vous lire un paragraphe de la déposition que vous avez faite à cette audience. Je cite : le jour où Ann est morte, elle est venue à l’hôpital le matin. Nous avons parlé, et je lui ai demandé d’aller directement chez moi après le travail et de m’attendre. Je ne savais pas ce que Lee Webber avait à l’esprit. Je pensais qu’elle serait en sécurité au cottage. Fin de citation. C’est bien ce que vous avez dit, docteur ?

— Oui, c’est exact.

— Alors, en effet, vous étiez plus qu’inquiet au sujet de la sécurité d’Ann Howard ce jour-là, n’est-ce pas ? Vous étiez tout particulièrement inquiet sur ce qui pourrait lui arriver si jamais elle rencontrait Lee Webber, l’homme qui éprouvait une haine féroce vis-à-vis d’elle depuis le premier jour où elle est revenue en ville. N’est-ce pas vrai, docteur Rossi ?

Steven bondit à nouveau. 

— Objection, Votre Honneur !

Le juge est choqué par l’attitude brutale de Fowler. 

— M.  Fowler ! 

— Ce sera tout, docteur.

La séance est suspendue. Elliot attrape le Dr Rossi à la sortie du tribunal. Mike veut aller manger un morceau et demande à Elliot de se joindre à lui. 

Elliot lui dit qu’il a été déçu du témoignage que le médecin a fait à propos de Lee. Mike lui répond qu’il s’est borné à dire la vérité. 


Eli va rendre visite à Constance dans sa chambre d’hôpital. Il l’embrasse. Elle s’amuse à écouter et regarder une boite à musique avec une ballerine qui virevolte. 

Eli demande à Constance de parler de son grand-père à Matthew. Il tient à faire partie de la vie du nouveau-né. 


Au tribunal, Steven étudie son affaire tandis que Betty revient avec un sandwich. Elle fait semblant d’être à la barre.

— J’essaie de répondre à la question le plus honnêtement possible. J’ai conscience que je suis sous serment. J’ai demandé une salade de thon sur une tranche de pain au froment. Je n’ai pas réalisé qu’il s’agissait de pain blanc jusqu’à il y a quelques minutes… D’autres questions, monsieur Cord ?… Le témoin va maintenant révoquer la procédure légale et poser des questions au procureur. Encore du café ?

— Non, juste un café, répond l’avocat. 

 Jusqu’à présent le nez dans les papiers, il lève finalement la tête et s’aperçoit du quiproquo. 

— Oh, je pensais que tu m’offrais un autre sandwich. 

Steven prend sa tasse et Betty lui verse du café en provenance d’une Thermos rouge. 

—  Steven, qu’est-ce qui ne va pas ? 

— Ce n’est rien. Mike Rossi va devoir subir un contre-interrogatoire de ma part. Je pensais juste à la stratégie que je vais déployer.  

— C’est un peu comme passer d’un mauvais chemin à un bon chemin. 

Steven sirote son café. Betty l’observe. 

— Toute la matinée, j’ai gardé un œil sur toi, me demandant ce que tu pensais ou ressentais. Je ne saurais le dire.

— On appelle cela le camouflage de l’avocat. Ou comment faire pour que l’accusation ne devine pas ce que l’on pense.

— Ça me donne le sentiment que je ne te connais pas tout à fait complètement.

— Voyons, c’est stupide. Ne commence pas par parler comme une femme négligée. 

— Je ne me sens pas négligée, juste un peu en retrait.

Steven se lève et s’approche de Betty. 

— Eh bien, quels que soient les symptômes, je connais le remède. Quand la Cour se retirera cet après-midi, nous allons nous rendre en ville pour dîner aux chandelles. Qu’est-ce que tu en dis ? Et je te promets qu’aucun problème ne viendra perturber l’esprit de ton mari.

Ils se fixent l’un et l’autre du regard. 

— Je t’aime Betty. 

— Je sais. C’est simplement qu’à chaque fois que je te regarde ici assis à côté de Lee Webber, ça ne me semble pas réel. Steven, ce n’est pas ta place. 

— N’essaierais-tu pas de me chiper mes clients ? fait Steven d’un air faussement contrarié. 

— Tu sais parfaitement ce que je veux dire.

— Moi au moins, je ne fais pas de courbettes à Martin Peyton. 

— Steven, ne commence pas…

— Tu sais, ça ne m’étonnerait pas qu’il te rappelle et qu’il te suggère de te donner un autre essai. « Dis à Steven d’abandonner cette affaire, Betty. C’est un ordre. »

— Je n’ai pas besoin de Martin Peyton pour me dire que tu n’es pas dans le vrai. J’ai vu la façon dont tu regardais Lee Webber quelquefois et je vois que tu le détestes, tu le méprises. 

— Il n’est pas requis à son avocat d’aimer son client. Je n’avais pas à aimer Rodney pour accepter de le défendre. 

John Fowler entre dans la salle d’audience.

— Excusez-moi. Est-ce que j’interromps quelque chose ?

— Oh non, non, entrez. Quand l’audience doit-elle reprendre ? s’enquiert Steven. 

— Dans cinq minutes environ. Mais finissez votre déjeuner. 

— Non, nous avons fini, merci.

— Oh, Steven, tant qu’on a une minute, j’aimerais vous parler de la liste de vos témoins. J’ai la liste des gens que vous avez cités à comparaître… La voici. Si vous pouviez juste me donner une idée approximative de l’ordre dans lequel vous avez l’intention de les appeler. Je présume que vous gardez votre mère pour la fin, et que vous croisez les doigts pour qu’elle soit de retour en temps voulu. 

— Oh, je n’ai pas l’intention de l’appeler avant une paire de jours. 

— Vous a-t-elle dit quand elle comptait rentrer ?

— Ses voyages à Boston ne durent qu’un jour ou deux.

— Ce n’est donc qu’un voyage de routine. Je pensais qu’il s’agissait de quelque chose de très urgent pour que votre mère prenne le premier avion à quelques jours seulement de son témoignage.

— Pauvre mère, elle n’aime vraiment pas prendre l’avion. C’est un véritable exploit de la faire grimper dans cet engin. Mais c’était le moyen le plus sûr pour qu’elle revienne à temps. 

— Bien, je voulais juste m’assurer que vous êtes au courant. Pas besoin que mon délégué vous prévienne dans ce cas.

L’huissier ouvre la porte.

— M. Fowler. 

— J’arrive tout de suite. (à Steven) : oh, laissez donc la liste sur ma table quand vous l’aurez examinée.

Fowler s’en va. Betty se tourne vers son mari. 

— Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu avais fait citer ta mère à comparaître ? Qu’est-ce que tu as l’intention de faire, Steven ? Lui faire couler des larmes à la barre comme tu l’avais fait avec Rita Jacks ? 

— Je ne vais pas rater cette chance, répond Steven d’un ton sarcastique. 

— Je suis très heureuse que ta mère soit partie, Steven. J’espère qu’elle ne reviendra jamais.


Peyton est assis, solitaire, devant son échiquier, tandis que Mary fait entrer Leslie Harrington. Leslie demande à Peyton s’il a choisi un remplaçant pour Steven (il a démissionné de son poste d’avocat de Peyton dans un précédent épisode). 

Leslie parle ensuite du portrait de Catherine et se demande quand il sera replacé. Peyton l’informe que le portrait a été détruit. Et il est trop endommagé pour qu’il puisse être réparé. 

Quand le portrait a été peint, Catherine avait deux ans de plus que Rodney actuellement. Peyton montre à Leslie un autre portrait de Catherine, alors qu’elle était plus âgée.


À l’audience préliminaire, Steven contre-interroge le Dr Rossi.  

— Docteur Rossi, avez-vous eu une relation intime avec la défunte ?

— Oui. 

— Est-il vrai que vous aviez l’intention de vous marier ?

John proteste :

— Objection, Votre Honneur. Les relations du témoin avec la défunte n’ont aucun rapport avec notre affaire.

— Mais au contraire, Votre Honneur, il y a un rapport. Il est fondé sur le préjugé, la motivation et le préjudice. 

— Objection rejetée. 

Steven reprend :

— La mort d’Ann Howard vous bouleverse au plus haut point. N’est-ce pas, docteur Rossi ?

— Oui.

— Et vous êtes persuadé qu’elle a été assassinée et que son meurtre doit être puni. 

— Bien sûr, affirme le médecin. 

— Vous avez pourtant témoigné que, peu de temps après les funérailles, vous êtes retourné dans son appartement. Est-ce exact ?

— Oui. 

Le procureur objecte à nouveau :

— Objection Votre Honneur. Est-ce que tout ceci est nécessaire ?

Steven intervient avant le juge :

— Si je suis autorisé à continuer, Votre Honneur, peut-être que mon collègue pourra apprécier la pertinence de mes questions. 

— Très bien, monsieur Cord. Mais venez-en au but. 

Steven remercie le juge par un hochement de tête et se tourne vers Mike. 

— Qui était avec vous ce jour-là dans l’appartement de la défunte ?

— Vous.

— Est-ce que le témoin pourrait parler un peu plus fort ? demande le juge.

Mike reprend : 

— Vous étiez avec moi dans l’appartement d’Ann, monsieur Cord. 

— Et vous êtes convaincu que Lee Webber a tué Ann Howard ? N’est-ce pas ?

— Oui.

— Ce jour-là dans l’appartement, vous étiez très en colère contre moi. Pourquoi ?

— Parce que vous aviez dit qu’elle… vous aviez dit qu’Ann Howard s’était suicidée. 

— Objection, Votre Honneur, clame le procureur. 

— Objection retenue… Monsieur Cord, veuillez vous rendre dans mon bureau immédiatement. Vous aussi, monsieur Fowler… La Cour se retire pendant cinq minutes. 

Steven et Fowler sont amenés dans le bureau du juge. Celui-ci s’assoit devant son bureau. 

— Dites-moi exactement ce que vous pensez être en train de faire, monsieur Cord.

— Je défends mon client, Votre Honneur. 

— Vous appelez ça comme ça ? intervient John. 

Le juge reprend :

— Tout d’abord, monsieur Cord, je ne vais pas vous laisser vous servir de vos témoins pour cautionner vos opinions.  Deuxièmement, ceci est une audience préliminaire. Pas un procès pour meurtre. Vous et votre client n’avez rien d’autre à faire que vous asseoir et écouter. John, ici, a la charge de la preuve. Et c’est tout ce qui nous intéresse. Savoir s’il y a des preuves suffisantes contre Webber pour qu’il aille en procès pour meurtre. 

— Gardez vos ruses pour le procès. Vous en aurez besoin, dit John. 

Steven se tourne vers lui :

— Êtes-vous en train de dire que le juge Chester devrait ignorer certains faits de cette affaire ?

— Bien sûr que non. Mais pensez-vous vraiment pouvoir prouver qu’Ann Howard s’est suicidée ?

— Autant que vous pouvez prouver qu’elle a été tuée. 

— Avez-vous prévu d’appeler des témoins pour prouver ceci ? s’enquiert Chester. 

— Oui, monsieur. 

— Êtes-vous conscient de ce que vous êtes en train de faire ? Vous pensez que je vais abandonner les charges qui pèsent sur Webber sur les preuves basiques que vous voulez présenter. C’est un jeu dangereux, monsieur Cord. 

— Je le sais, Votre Honneur.

— Et si vous perdez, et que je décide d’envoyer Webber en procès pour meurtre, vous donnerez l’avantage à John, et il saura exactement quoi faire pour vous vaincre.

— J’en ai conscience, Votre Honneur.

— Et vous réalisez que même si vous obtenez l’abandon des charges, je peux rouvrir l’affaire contre Webber n’importe quand ? dit John à Steven. 

— Oui, je comprends cela. 

— Est-ce que votre client le comprend aussi ? questionne le juge. 

— Oui, monsieur. 

— Très bien, monsieur Cord. Je n’approuve pas, mais c’est votre droit de révéler votre défense. Votre manipulation abusive sur le témoin, toutefois, est une autre affaire. 

— Il est évident que le témoin a des doutes sur la culpabilité de Lee Webber. Et vous n’avez aucun droit d’essayer d’empêcher que je me serve de ce doute.

— Mais je ne vais pas rester assis et vous laisser ruser en présentant des suppositions de preuves, affirme John. 

— Pas plus que moi, monsieur Cord, renchérît le juge

Le juge Chester se lève. 

— Vous avez de toute évidence des idées sur comment faire abandonner les charges contre votre client. Il serait regrettable, à vrai dire, de priver Lee Webber de profiter de votre défense pour la simple raison de votre conduite indécente.

— Je comprends, Votre Honneur.


Episode 272

Lundi 26 septembre 1966

Citation à comparaître

Le Dr Michael Rossi, toujours profondément affecté par la mort d’Ann Howard, a été appelé au bureau du procureur du Comté de Peyton, John Fowler. Le Dr Rossi se retrouve lui-même manœuvré à la fois par Fowler et par Steven Cord, avocat pour la défense de Lee Webber, ce dernier étant accusé du meurtre d’Ann. Placé carrément au milieu de cette affaire, le Dr Rossi est un homme en colère. 

Des enfants jouent à la balle autour du square tandis que le Dr Rossi conduit sa voiture.


Le procureur John Fowler reçoit Michael. Il lui demande ce qu’il pensait des relations entre Ann Howard et Hannah Cord. Le médecin ne sait pas. Tout ce qu’il peut dire, c’est qu’aux funérailles d’Ann, Hannah ne semblait pas affectée comme devrait l’être une mère. Dans ce genre de situation, la famille a tendance à se serrer les coudes, mais pas la famille Cord. 

John l’informe que Steven a cité à comparaître sa mère pour la défense, et cela lui semble étrange, car il ignore pourquoi. 

Mike pense que le procureur fait une fixation sur Steven, alors qu’il devrait plutôt se focaliser sur Lee. 


La sonnette de la porte d’entrée du manoir retentit. Peyton jette par terre le journal, et grommelle tout en se levant et en se servant de deux cannes pour aller répondre à la porte. Mais il prend trop de temps. Rodney apparaît et lui dit qu’il va ouvrir. Il fait entrer le Dr Rossi. 

Le médecin est venu chercher des réponses de la part de Peyton. Il ne fait pas de manières avec le vieil homme, et lui demande s’il sait pourquoi Hannah a été citée à comparaître. Mais il mais n’obtient pas de réponse. 

Il informe Martin qu’il devait se marier avec Ann et le vieil homme se dit désolé pour lui. Mike aimerait vraiment savoir quelles relations entretenaient Ann avec sa mère Hannah.  Il espère que le témoignage d’Hannah à la barre pourra l’aider à comprendre. 

Martin lui dit qu’Hannah ne pourra probablement pas comparaître, car elle s’est absentée pour un certain temps. Mike trouve cette absence étrange. 

— Pourquoi toutes ces questions, docteur ? Lee Webber est coupable du meurtre de votre fiancée. 

— C’est ce que je croyais… avant d’avoir  cette discussion. 

Le médecin s’en va. Rodney se rend au salon pour parler avec son grand-père. Il lui demande ce qu’est venu faire le Dr Rossi au manoir. Martin lui annonce que Steven a cité Hannah à comparaître. 


Dans la cellule de Lee Webber, Steven prépare son client à la Cour. Lee montre à l’avocat qu’il a un trou dans ses chaussettes. Steven appelle le barbier de la prison, et dit à Lee de porter une cravate pour être  plus présentable. 

Le barbier entre dans la cellule et commence à se préparer. Lee enlève son costume et le jette sur son petit lit. 


Au poste de police, Mike et Elliot discutent. Le Dr Rossi se demande à haute voix pourquoi Hannah n’a tenu aucun compte de la citation à comparaître. Elle espérait prendre le premier avion pour White River afin de partir vers le nord. 

Michael parle de Peyton comme d’un homme assis sur la colline de son château doré.


John Fowler entre dans la salle d’audience. Betty le suit, s’assoit sur un siège réservé au public et discute de l’affaire avec lui. Fowler lui dit que Steven a grandi avec un « tyran ». 

Il ne comprend pas pourquoi il a pris Lee comme client alors que celui-ci est accusé d’avoir tué la sœur de Steven. Betty lui répond que quelqu’un doit bien défendre Lee Webber. Elle ajoute au procureur qu’il s’est mis lui-même dans une situation délicate.


Constance s’occupe de Matthew tandis qu’une infirmière à l’air plutôt revêche entre et annonce que Rita veut la voir. L’infirmière prend le petit Matthew, et Rita entre pour rendre une visite à Constance. 

Elle lui dit qu’elle a un très beau bébé. Elle a apporté un cadeau pour Matthew. Constance demande à Rita où elle a trouvé ça et la jeune fille lui dit qu’elle l’a confectionné elle-même. 

Constance et Rita sont d’accord pour dire que Rita est prête pour avoir un enfant.


C’est l’ouverture du procès pour meurtre de Lee Webber. Dans la salle d’audience, Lee aperçoit Chris, qui entre, accompagné de Sandy. Il  l’appelle, car il veut l’avoir près de lui, mais Chris se range du côté de procureur. 

Steven presse Lee de s’asseoir et de se tenir tranquille. Michael entre et s’assoit directement derrière John Fowler, à la droite de Rodney. Le procès débute, présidé par l’honorable juge Irwin A. Chester. 

Owen Gates, le médecin légiste du comté de Peyton, prête serment.


Episode 271

Mercredi 21 septembre 1966

La fuite en avant

Aujourd’hui est un jour très spécial pour le Peyton Place Clarion, et pour les lecteurs qui connaissent son histoire, et ses deux éditeurs, Matthew Swain et maintenant Elliot Carson. Elliot est le père d’un beau petit garçon. Un magnifique bambin prénommé Matthew. Matthew, qui signifie « don de Dieu. »

Une Chevrolet bleue claire, avec un tableau de bord en bois, se dirige vers le tribunal, tourne à gauche, et s’arrête en face du Clarion. Un jeune homme commence à charger les lots de journaux qui doivent être distribués.


Elliot sort et dit à qui veut l’entendre qu’il est père d’un beau petit garçon. Un couple inconnu vient le féliciter pour la naissance de Matthew. 

Il a décidé que l’édition d’aujourd’hui du Clarion est gratuite pour tout le monde.

Betty et Steven se rendent au drugstore pour prendre un petit déjeuner. Elliot les suit, et leur tend un journal à chacun d’eux. 

Le nouveau pharmacien, Ralph Courtney, se dirige vers le groupe et leur demande ce qui se passe. Elliot est ému. 

Betty prend une tasse de café. Après le départ d’Elliot, elle exprime à son mari son inquiétude concernant le procès de Lee Webber. Elle n’aime pas jouer les espionnes auprès de Martin Peyton. 

Selon Steven, si Peyton insiste tant pour qu’il abandonne son client, c’est qu’il a peur que Steven continue à creuser, que Lee soit innocenté et que les soupçons se portent sur Hannah.  Cela le conforte dans l’idée que sa mère est responsable de la mort d’Ann. 


Pendant ce temps au manoir, Peyton est debout et se sert d’une canne. Hannah lui dit qu’il a été très imprudent d’avoir fait venir Betty Anderson au manoir. 

Peyton dit à Hannah qu’elle va devoir quitter la ville et qu’elle doit informer Steven qu’elle s’en va pour un mois ou deux. La réaction de Steven leur dira s’il avait prévu de la faire témoigner ou non.


Mlle Nolan prévient Steven que sa mère Hannah est ici pour le voir. Steven salue sa mère comme il se doit, à savoir sans ambages. 

Hannah dit à l’avocat que son cabinet est très attrayant. Steven exprime son manque de sentiments à son égard. 

Elle lui dit qu’elle va quitter Peyton Place. Steven le prend mal et estime que c’est une fuite en avant. Il est persuadé que cette initiative vient de Martin. Hannah lui dit qu’elle a besoin de se reposer, mais Steven n’en croit pas un mot. 

Avant de partir, Hannah se tourne vers Steven :

— Je t’aime. 

— Fais bon voyage, se contente de répondre  l’avocat.

Hannah s’en va et Steven prend le téléphone et demande à Mlle Nolan d’appeler le clerc, et de rester en ligne pour prendre des notes.


Chris Webber se rend au bureau du procureur John Fowler pour offrir de témoigner contre Lee. 

— Vous voulez savoir si je peux faire un bon témoin à charge. Vous voulez renforcer votre accusation contre Lee en ayant son frère qui témoigne contre lui. Je suis d’accord. 

Le téléphone sonne. Fowler décroche. On l’informe que Hannah Cord a l’intention de quitter la ville.


Hannah est vue quittant le bâtiment de la banque, où se trouve le cabinet de Steven, et monte dans la limousine des Peyton. 

Dans un quartier résidentiel de la ville, une voiture de police intercepte la limousine. Hannah ouvre la vitre de la portière et un policier lui tend une citation à comparaître. 

Elle se tourne vers Thomas, le chauffeur : 

— On retourne à la maison, soupire-t-elle. 

La voiture de police s’en retourne.


Eli Carson se rend au bureau du Clarion afin de se plaindre de ne pas avoir reçu l’exemplaire gratuit du journal. Il avance le fait que le deuxième prénom de Matthew pourrait être Eli. (le second prénom d’Eli est Luther).


Rodney, Norman et Rita se rendent en voiture à l’hôpital. Ils entrent dans la chambre de Constance un instant. 

Puis Norman et Rita s’en vont, laissant seul Rodney avec Constance. Rodney dit à Constance les choses qu’Allison lui a dites à propos du bébé le soir où il lui a proposé le mariage. 

Constance se rappelle qu’Allison voulait appeler le bébé Audrey.

Plus tard, Norman et Rita passent devant la nurserie. L’infirmière leur montre Matthew à travers la vitre. Rodney vient les rejoindre.

Rodney descend les escaliers de l’hôpital et s’en va, portant le poids de la solitude sur ses épaules.


 

Episode 270

Lundi 19 septembre 1966 

Lorsque l’enfant paraît (2e partie)

Eli Carson attend. Il est venu à l’aéroport de White River chercher son fils Elliot, qui revient de New York, où il effectuait des recherches pour retrouver sa fille Allison. Si tout va bien, Elliot sera à Peyton Place pour la naissance de son second enfant. Maintenant, Eli ne peut qu’attendre impatiemment l’atterrissage de l’avion. Chaque minute compte. 

L’aéroport de White River. Le capitaine d’un avion quitte le terminal. La rampe d’accès de l’avion se met en place. Les voyageurs sortent de l’avion. Elliot est la huitième personne à sortir.


Eli va à la rencontre d’Elliot. Ce dernier est particulièrement nerveux. Il en oublie presque d’aller chercher ses bagages. Elliot veut conduire jusqu’à Peyton Place.


À l’hôpital, Steven se dirige vers Betty et Mlle Choate. L’infirmière est bien trop gentille avec l’avocat. 

Elliot ouvre les deux battants de la porte d’entrée et se précipite à l’intérieur du bâtiment jusqu’au bureau des renseignements. Il demande à Betty s’il est arrivé à temps. 

Eli tente de calmer son fils. Il parle de son épouse (Ruth) et du jour où elle a accouché d’Elliot. 

Eli lui dit qu’il se pourrait que le bébé soit une fille. Elliot a du mal à l’imaginer. Le Dr Rossi arrive pour leur annoncer la naissance d’un beau garçon.

Betty décroche le téléphone au bureau des renseignements. C’est Martin Peyton qui appelle. Il a essayé d’appeler la maison Carson, mais personne ne répondait. 

Peyton veut que Betty vienne seule au manoir, ce soir. Il insiste. Il attend d’elle qu’elle vienne tout de suite après avoir vu Mme Carson. Il raccroche brutalement, comme de coutume. 

Quand Betty informe Steven de l’appel, l’avocat se demande ce que veut le vieil homme. Il demande à sa femme d’espionner Peyton pendant sa visite. Il rappelle à Betty qu’il est l’avocat de Lee Webber.


Elliot entre dans la chambre de Constance, ému. Il l’embrasse et Eli la remercie pour le magnifique petit-fils qu’elle lui a donné.


Mike sort de la maternité et s’engouffre dans le couloir muni d’un bloc-note en métal. Betty vient le féliciter pour avoir mis au monde le bébé de Constance avec succès. 

Mais Rossi fait grise mine et s’excuse auprès de Betty. Cette dernière le voit s’éloigner et Betty est confortée dans son idée que Michael est un homme très seul.

Elliot frappe à la porte de la chambre de Constance et demande à l’infirmière s’il peut encore voir son épouse. 

L’infirmière lui dit sèchement qu’il doit demander la permission au médecin. Elle sort de la pièce et ferme la porte. Eli admet : 

— Elle est aussi aimable qu’une porte de prison. 

L’infirmière malpolie informe le Dr Rossi qu’elle a mis Constance au lit. Mike dit à l’infirmière de laisser Elliot voir sa femme. Elle jette un regard mauvais sur Elliot et s’en va le nez en l’air.

Elliot entre à nouveau dans la chambre de Constance. Il l’embrasse très amoureusement. 

Lentement, il dit : 

— Dieu nous a donné Matthew pour remplacer Allison.


Steven passe à la prison du Comté de Peyton pour voir Lee dans sa cellule. Lee joue au solitaire. Il demande à l’avocat s’il a vu Chris. Steven lui répond que non. L’avocat ne veut pas que Lee s’inquiète pour quelque chose d’autre que son procès. La chose primordiale pour lui est d’impressionner le juge Chester. Il n’y a pas de jurés dans une audience préliminaire. 

Steven a décidé de ne pas faire témoigner Lee. L’accusé se méfie de son avocat et lui demande s’il n’est pas en train de faire en sorte que le juge le déclare coupable. 

Steven appelle le garde pour partir. Lee menace l’homme de loi de se venger à n’importe quel prix si jamais il faisait quelque chose qui irait à son encontre. Steven le met au défi :

— Quand ? Comment et quand ?


Pendant ce temps au manoir Peyton, Betty verse un sherry à Martin. Ce dernier lui dit qu’elle lui manque. Betty s’approche de lui et lui fait face. Elle lui tend le verre. Le vieil homme est surpris que Steven laisse sa femme venir ici aussi tard dans la nuit. 

— Il a beaucoup de chance de t’avoir, ajoute-t-il. 

La raison pour laquelle il a fait venir Betty est qu’il ne veut pas que Steven défende Lee Webber. Il a demandé à Rodney d’en parler à Betty, mais il a refusé. 

Peyton insiste : Steven ne doit pas défendre Lee. 

— Il veut transposer la vendetta qu’il a contre moi et Hannah dans l’arène publique. Si tu refuses de l’arrêter, Betty, ça ne pourra aboutir qu’à une complète destruction. Pas seulement pour moi et pour Hannah, mais aussi pour chacun d’entre nous. 

Betty lui rétorque que les raisons de Steven sont professionnelles, et non personnelles.


Elliot est assis sur le lit de Constance tandis que Michael entre pour examiner la jeune maman. Le médecin dit à Elliot qu’il est temps pour lui de partir. Il a déjà dérogé à toutes les règles de l’hôpital pour lui permettre de rester plus longtemps. 

Elliot embrasse Constance une nouvelle fois avant de partir. Le Dr Rossi prend la tension de Constance. 

Dans la nurserie de l’hôpital, des infirmières portant des masques ont les nouveau-nés dans les bras. Le Dr Rossi emmène Elliot regarder à travers la vitre. 

— Mike, c’est lequel ? demande Elliot. 

Michael montre à Elliot une carte où il est écrit « CARSON ». Une infirmière prend Matthew dans ses bras et le montre à Elliot. Matthew se met à faire la moue et à pleurer. Elliot se demande pourquoi son fils pleure. Il veut que Matthew retourne dans son lit. Mike fait un signe entendu à l’infirmière qui remet Matthew dans son petit lit. 


Episode 269

Mercredi 14 septembre 1966

Lorsque l’enfant paraît (1re partie)

Tandis qu’Elliot Carson effectue des recherches à New York sur la disparition de sa fille Allison, sa femme, Constance, attend la naissance de leur enfant. À la prison du comté de Peyton, Lee Webber attend d’être jugé pour le meurtre d’Ann Howard. Et Sandy, son épouse, recherche désespérément Steven Cord pour l’aider dans une situation difficile. 

Tard dans la nuit, Sandy Webber rencontre Steven Cord près du pilori, dans le square.


Sandy demande à Steven de laisser tomber l’affaire de Lee. Steven avoue ne pas pouvoir se désister et il demande à la jeune fille si elle compte quitter Lee.

Cette question agace Sandy, car beaucoup de gens lui posent la question, Chris en premier. 

— Steven, accepteriez-vous de défendre Lee si vous le pensez coupable ?

— J’ai de bonnes raisons de penser qu’il est innocent, répond l’avocat. 

Quant au fait de quitter ou non Lee, il lui dit que la décision lui appartient à elle seule. Elle doit suivre ce que lui dicte son cœur. 


Chez les Carson, assise sur le canapé, Constance a les premières contractions. Mais selon elle, il est trop tôt pour aller à l’hôpital. 

Betty lui conseille de prévenir Elliot, qui est à New York, mais Constance est réticente à cette idée. Betty pense qu’il ne voudrait pas manquer la naissance de son enfant. Constance répond qu’elle ne va pas accoucher tout de suite. Elle préfère qu’Elliot reste à New York afin d’explorer toutes les pistes pour retrouver Allison. 

Elle se lève péniblement du canapé et monte se reposer tandis que Betty s’apprête à lui faire une tasse de thé. 

Au milieu des escaliers, Constance ressent une autre contraction, et Betty appelle immédiatement l’hôpital. Constance lui demande aussi d’essayer de joindre Elliot à son hôtel, en espérant qu’il n’est pas trop tard. 


Steven rend visite à Lee en prison. En pleine crise de nerfs, Lee balance des livres par terre. Steven s’abaisse et ramasse un des livres. 

Lee est nerveux parce que Steven a pris beaucoup trop de temps pour venir le voir. Lee veut par-dessus tout sortir de prison.

Steven lui fait savoir que se comporter de la sorte ne l’aidera pas à s’en sortir. 

— Je viens de parler à Chris ce matin, dit l’avocat. J’ai l’impression qu’il n’avait pas envie de vous parler.

— Il n’est pas très bien dans sa tête et il a besoin de moi pour s’en sortir. 

— C’est vous qui avez besoin de lui. Pour vous faire sortir d’ici. 


Au manoir, Rodney sert une tasse de café à son grand-père. 

Peyton demande à Rodney s’il pense que Lee a tué Ann. Le jeune homme ne veut pas en parler et ne veut pas parler de Steven. 

Cela n’arrête pas Peyton. Il aimerait que Steven se retire de l’affaire et voudrait que Rodney en parle à Betty afin qu’elle persuade son mari de ne plus défendre Lee. Rodney voit là une autre ruse de son grand-père qui aurait pour but de créer des tensions au sein du couple, et faire se rapprocher Rodney et Betty. 

Peyton avoue qu’il pense que Rodney et Betty sont faits pour être ensemble. Rodney se met en colère. 

— Tu me donnes envie de vomir. Tu as fait des tests sur moi dans ton laboratoire pour découvrir comment tu peux m’utiliser.

Il estime que son grand-père le manipule comme il a l’habitude de manipuler tout le monde.


Norman et Rita discutent des études de Norman. Rita lui dit que l’université est la meilleure des solutions, quoi qu’il en coûte. 

Norman suggère d’aller faire du camping pendant une semaine pour parler plus tranquillement de son avenir. Mais Rita a déjà dit à son patron, le pharmacien du drugstore M. Ralph Courtney, qu’elle ne prendra pas de congé cette semaine. Ils se disputent, car Rita pense que Norman ne prend pas son avenir au sérieux. 

Rodney arrive avec un gâteau pour le couple. Il perçoit la tension et demande à Norman ce qui ne va pas. Norman lui demande de ne pas se mêler de sa vie. 


Chez les Carson, Betty est au téléphone avec le réceptionniste de l’hôtel de New York. Elle tente de joindre en vain Elliot et laisse le numéro de l’hôpital de Peyton Place : 311-555-4100.


À l’hôpital, Betty escorte Constance et elles arrivent au bureau des renseignements où se trouve Mlle Choate. Betty porte la valise de Constance à la main. Constance porte un sac à main marron. 

Le Dr Rossi les informe que le Dr Morton est malade, il a un virus. C’est donc Mike qui sera chargé de mettre au monde l’enfant. 

Mlle Choate conduit Constance à sa chambre et lui donne des instructions pour respirer. Les contractions arrivent maintenant toutes les quatre minutes.


Au poste de police de Peyton Place, Rodney demande s’ils ont de nouvelles informations  sur la disparition d’Allison. On lui dit que « ce genre d’informations » est confidentiel.

Rodney sort du commissariat et, dans le couloir du palais de justice, croise Chris. Il lui parle de son témoignage. Chris est venu au tribunal pour être seul. Il est surpris, car il perçoit la salle d’audience plus petite qu’il ne l’aurait imaginé.


À l’hôpital, le Dr Rossi se prépare à délivrer le bébé. Betty a enfin réussi à avoir Elliot au téléphone et il est en route pour Peyton Place.

Episode 268

Lundi 12 septembre 1966

Un nouveau départ

Betty Anderson Cord , profession : femme au foyer. Mais aujourd’hui, elle travaille activement. Pendant que le mari de Constance Mackenzie est à New York, Betty est restée avec elle, s’occupant de sa librairie, car Constance va bientôt avoir un bébé. Le mari de Betty, Steven Cord, conseiller juridique professionnel, défend actuellement un certain Lee Webber, accusé de meurtre. Un monde pesant. Mais ce matin, à Peyton Place, Betty Anderson tente de l’alléger. 

Un couple est assis sur un banc, dans le square. Il y a quelques enfants qui jouent. Betty conduit sa voiture bleue et se gare en face de la librairie, traverse la rue et s’engouffre dans le bâtiment de la Peyton Place Bank, réputé également pour être la chambre de commerce, et où se trouve le bureau de Steven Cord.


Au secrétariat du cabinet juridique de Steven, Mlle Nolan vient juste de servir une tasse de café tandis que Betty entre. Cette dernière attrape la tasse de café et l’apporte à Steven dans son bureau. Sans voir de qui il s’agit, Steven dit : 

— Merci, mademoiselle Nolan. 

Il lève finalement la tête et sourit en voyant sa femme. Ils s’échangent quelques plaisanteries, puis Betty s’assoit sur les genoux de l’avocat. 

Quelques instants plus tard, Chris déboule dans le bureau pour reprocher à Steven de défendre son frère Lee. Steven s’excuse auprès de Betty en lui disant : 

— On se voit au déjeuner. 

Betty s’en va sans même prêter attention à Chris. En colère, Chris veut savoir pourquoi Steven a accepté de défendre Lee. 

Chris est persuadé que Lee ment en disant qu’il n’a pas poussé Ann. Steven pense le contraire. Chris lui rappelle que c’est bien Lee qui l’a poussé dix-sept ans plus tôt. Steven lui dit que Lee a déjà admis ce fait.

— Je pensais vous avoir comme témoin de la défense, soupire l’avocat. 

— N’y comptez pas, vocifère Chris avant de partir. 


Pendant ce temps, au manoir des Peyton, Hannah Cord trie le contenu de la malle du défunt Brian Cord Colby. Peyton arrive pour observer et faire des remarques. Hannah jette une palette de couleur dans la cheminée, puis les croquis que Brian a faits de Catherine. 

Martin remarque la colère froide d’Hannah. Elle lui dit qu’elle ne veut pas que les papiers de Brian tombent en de mauvaises mains. De plus, elle veut détruire toutes les preuves de la vie de Brian. 

Puis Hannah déverse sa colère sur Martin en lui disant qu’il est un être cruel.

— Je vous préviens, dit-elle. Si je souffre, c’est vous qui ressentirez la peine !


Sandy Webber rentre à la maison et découvre Chris assis sur le sofa en train de broyer du noir. Elle lui demande s’il a déjeuné et s’il serait intéressé pour aller pêcher. 

Sandy a eu une mauvaise journée au Cider Barrel. Elle a laissé tomber un pot de café et s’est trompée en rendant la monnaie à une femme. 

Chris demande à sa belle-sœur pourquoi elle n’est pas allée voir Lee depuis qu’il est en prison. Il lui demande aussi si elle pense que Lee a tué Ann Howard. Elle ne lui répond pas directement. Chris aimerait que Sandy aille dire à Steven qu’elle croit Lee coupable afin qu’il ne le défende plus. 

Elle refuse et cela donne lieu à une dispute. Chris lui dit qu’elle n’a plus à avoir peur de Lee. 


Rodney travaille au Shoreline Garage tandis que Norman et Rita viennent lui rendre visite. Rodney remplace une batterie sur une voiture. 

Rita compare son beau-frère au Dr Rossi parce qu’il travaille jour et nuit en essayant d’oublier Ann Howard. Rodney fait la même chose en essayant d’oublier Allison. 

Rodney lui répond qu’Allison a besoin de lui. 

— Et nous avons besoin de toi, rétorque Rita. 

Rita est persuadée qu’Allison reviendra. Rodney étreint Rita et la remercie pour son soutien. 


Chez les Carson, Betty prépare des hamburgers et place de la nourriture sur la table pour Constance. Elles s’assoient pour manger. 

Constance, préoccupée par la disparition d’Allison, a un appétit de moineau. Elle se plaint des régimes qu’elle essayait de suivre à contrecœur. 

Betty a pris plusieurs grammes depuis son mariage avec Steven. Elle parle de sa mère, Julie, partie rejoindre George. Elle lui manque beaucoup. Elle confie à Constance qu’elle a toujours envié Allison d’avoir une mère comme elle. 

Le téléphone sonne. Constance sursaute. Betty se propose de répondre. Constance lui dit que c’est probablement Elliot qui appelle de New York et se rend au salon pour répondre.

C’est en effet Elliot qui l’appelle depuis sa chambre d’hôtel à New York. Il a briefé la police de New York, les hôpitaux et les éditeurs de presse quotidienne. 

Pour garder le moral, Constance lui dit qu’elle a réfléchi au nom qu’elle voudrait donner au bébé. « Matthew », ce qui signifie « cadeau de Dieu ». 

Elliot aime bien. Après quelques petits mots d’amour, ils se disent au revoir et raccrochent. Betty apporte à Constance une tasse de thé. Constance reçoit des coups du bébé.


Steven se heurte à Rodney près de l’entrée du poste de police. Rodney est venu parler au sergent Goddard à propos d’Allison. Steven essaie de convaincre Rodney que Lee Webber n’est peut-être pas responsable de la disparition d’Allison. Rodney est loin d’en être convaincu. Steven entre au palais de justice, tandis que Rodney se dirige vers le kiosque à musique, au square.