Épisode 426

lundi 29 avril 1968

Les recherches 

Tôt le matin à Peyton Place. Pour certains, la nuit a paru sans fin. Pour Norman Harrington, la porte de la chambre est restée fermée à clé. Sa femme, Rita, lui a simplement fermé la porte de sa vie. Norman savait que Rita souffrait de la hantise du défunt Joe Chernak. Il sait qu’elle a vu Joe Chernak en Joe Rossi, le frère du Dr Rossi. Mais Norman ne sait pas que Rita ne peut plus vivre avec ses cauchemars plus longtemps.

Le square, où les ouvriers travaillent à l’installation du festival des fondateurs. Le drugstore. La fenêtre au-dessus du drugstore. L’intérieur de l’appartement.


Norman se lève, regarde le réveil. Il est 7 heures 31. Il se dirige vers la porte de la chambre et frappe doucement, demandant à Rita de lui ouvrir, car il doit se changer pour aller travailler. Il est déjà en retard. 

Il s’aperçoit que la porte n’est plus fermée à clé. Il l’ouvre et découvre la pièce vide. Rita est partie pendant qu’il dormait dans le canapé. 

Inquiet, il téléphone à Ada, à la taverne. Elle n’a pas vu Rita, mais Norman lui demande de l’appeler dès qu’elle a des nouvelles d’elle. De son côté, il lui promet de l’appeler s’il a des nouvelles. 

Eddie, qui a entendu la conversation, s’inquiète au sujet de sa fille. Il se demande ce qui a pu lui arriver. Ada n’en sait rien. Eddie espère que Joe Rossi n’a rien à voir avec ça.


Susan est dans son lit. Tom, déjà habillé, lui apporte un café en souriant. Il s’installe à côté d’elle et lui tend la tasse. Elle a la gueule de bois. Elle goûte le café et trouve le goût amer. En voulant lui rendre la tasse, elle renverse un peu de café sur Tom. Nullement fâché, il en rit.

Susan réclame un verre d’alcool, mais Tom lui dit qu’elle ne peut pas boire. D’abord, il est très tôt et ensuite, elle doit aller voir les Carson. 

Elle ne veut pas y aller. Elle se lève et va se brosser les dents. Tom lui dit qu’il va essayer de joindre Elliot pour lui dire que Susan est indisposée… une fois de plus.

Susan lui répond que ça ne sera pas la peine. Elle ira voir les Carson. Constance trouvera sûrement une petite mine à Susan, mais elle mettre ça sur le compte de la fatigue, et pas de la bouteille.

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Tom descend les escaliers et va ouvrir. C’est Rita. Tom l’invite à entrer.

La jeune femme est désemparée, elle lui parle des cauchemars qu’elle fait à propos de Joe Chernak. Elle rêve qu’elle revient à lui parce qu’elle lui appartient et a le sentiment qu’elle ne pourra jamais plus être la femme de Norman. 

Tom souhaite l’aider à comprendre ce qui ne va pas chez elle, mais il est interrompu à plusieurs reprises par Susan, qui l’appelle depuis le premier étage. 

Tom est obligé de s’excuser auprès de Rita, expliquant qu’il doit s’occuper de sa femme qui est « un peu malade ». Il promet à Rita de l’appeler plus tard afin de convenir un rendez-vous où ils pourront parler plus tranquillement. 

Rita s’en va, aussi déprimée que lors de son arrivée.


Constance joue avec Kelly. Elles sont dans le kiosque à musique, d’où Constance supervise les travaux pour le festival. Elliot sort du Clarion, traverse la rue, et va les rejoindre. Il annonce avoir trouvé les plans originaux du premier stand d’exposition dans les archives du Clarion. Il les donne aux ouvriers pour qu’ils s’en inspirent.

Il se demande si Susan va se montrer, elle est déjà en retard. Joe et le Dr Rossi arrivent. Elliot leur parle du festival et leur dit où se trouveront les stands. Le kiosque à musique servira de stand pour boissons rafraîchissantes. 

Joe leur dit qu’à New York, dans le quartier où il habitait, il y a un festival du même genre. Constance le sait, car elle a habité un temps dans la grande ville, non loin du quartier où les Rossi ont grandi. 

Joe prend Kelly dans ses bras un instant. Michael, connaissant la situation, est gêné et prétexte qu’ils doivent rentrer à la maison. Joe rend Kelly à Constance, et les deux frères repartent dans la décapotable rouge du médecin.

Les époux Carson traversent la route et entrent dans la librairie. Constance pose Kelly dans son parc. 

Jill arrive et leur dit qu’elle a vu Joe prendre Kelly dans ses bras. Elle leur prévient de ne plus jamais laisser Joe approcher de l’enfant. Elliot ne comprend pas l’attitude de la jeune femme :

— Est-ce que Joe a fait quelque chose de mal à Kelly ?

— Tenez-le éloigné d’elle. 

— Pour quelle raison ?

Jill ne répond pas, et Elliot se met en colère : 

— Ne te contente pas de secouer la tête, jeune fille. J’aimerais avoir une réponse. 

— Je ne peux rien vous dire. 

— Tu fais allusion à une sorte de danger émanant d’un garçon que tu connais à peine.

— Je le connais, je le connais que trop bien. Nous sommes sortis ensemble quand nous étions à New York. Je veux juste protéger Kelly.

Elle s’en va. Constance remarque à Elliot que Michael n’a rien dit contre son frère. 

Kelly se met à pleurer. Constance la prend dans ses bras pour la consoler.


Rodney et Betty déjeunent au Colonial Post Inn. Rodney sort cinq bagues de sa poche, dans leur écrin, et les montre à Betty. Il  lui dit que ce ne sont pas des bagues de fiançailles, et qu’il ne lui met pas la pression. Ce sont simplement des bagues pour lui faire plaisir. Il lui demande d’en choisir une. Celle qu’elle veut. 

Betty lui dit qu’elles sont toutes les cinq magnifiques. Son sourire disparaît lorsque Steven arrive pour déjeuner avec des hommes d’affaires. 

Rodney perçoit sa gêne et la prévient qu’ils devront se heurter plus d’une fois à Steven. Où qu’elle ira, elle sera susceptible de le rencontrer. Dans un bar, au cinéma, ici-même…

Betty n’est pas sûre de pouvoir supporter cela. Steven est en train de les observer, un sourire aux lèvres devant l’embarras de Betty. Rodney lui dit qu’elle doit se détendre. Betty lui répond qu’elle ne peut pas s’empêcher de se sentir désolée pour Steven, pour tout ce qu’il a perdu.


Au Cider Barrel, Joe déjeune lorsque Eddie entre. Eddie attrape Joe par le col de sa chemine. Charlie essaie de le calmer. 

— Où est Rita ? demande Eddie, la colère sur le visage.

Joe dit à Charlie qu’il va manger au fond de la salle, prend son assiette avec lui pour s’installer à une table plus discrète. Eddie le suit. Joe menace de lui démonter la tête si jamais il continue à l’importuner. 

— Tu ne me fais pas peur, petit salopard, vocifère Eddie.

— Eh bien vous, vous me faites peur. Il existe des camisoles de force pour des types comme vous. 

— Rita est partie. Personne ne l’a vue de la journée. 

— Qu’est-ce que ça a à voir avec moi ?

— Tu l’a emmenée quelque part, tu ne pouvais pas rester loin d’elle. 

— Vous divaguez !

Eddie pointe un doigt en direction de la table où Joe était installé avant. 

— Tu étais assis près de la fenêtre, tu regardais la taverne. 

— Et j’étais censé regarder ailleurs ?

— La fille qui est à la pension de famille. Pourquoi a-t-elle peur de toi ? Et d’abord, pourquoi es-tu venu à Peyton Place ? Qu’est-ce que tu fuis ? 

Ada entre dans le restaurant et appelle Eddie. Elle lui demande de rentrer à la taverne. Eddie s’exécute. 


Une voiture s’arrête et Norman et Tom en sortent. Ils se dirigent vers Eli. Ils cherchent Rita, disparue depuis sa visite chez Tom. Ils ont tout passé en revu, visité tous les endroits où Rita aurait été susceptible de se rendre, en vain. Eli leur dit que Susan est dans l’appartement de Norman et Rita.

Ils partent pour se rendre à l’appartement tandis qu’Eli, inquiet pour Rita, retourne au magasin. 

En effet, Susan attend dans l’appartement. Elle dit en guise d’excuses que l’appartement était ouvert. Elle est entrée et espère que Norman ne lui en tient pas rigueur. Elle voulait être là au cas où Rita appelle ou  rentre. 

Mais elle n’a eu aucune nouvelle de Rita. Susan dit à Norman de s’asseoir. Elle a fait du café. Elle se sent responsable, car elle a interrompu la conversation de Tom et Rita ce matin. 

Elle dit à Tom qu’elle est terriblement désolée. Mais qu’elle a tenté de se racheter en venant ici apporter son aide. Tom la considère avec un air de reproche. 


Joe est toujours à l’intérieur du Cider Barrel. Depuis la fenêtre, il voit Rita. Il se rend dehors et la suit. 

Rita entre dans l’entrepôt désaffecté qui a été le théâtre de son drame il y a quelques années. 

On voit une ombre gigantesque se dessiner sur le mur. Rita pense qu’il s’agit de Joe Chernak revenu des morts. Elle hurle et  court dans l’entrepôt, mais elle se heurte à un bidon et tombe. Joe Rossi la rattrape. Elle lutte.


Épisode 425

jeudi 25 avril 1968

La cicatrice du passé 

Il n’est pas dans les habitudes du révérend Winter de distribuer des clichés à ceux qui ont des problèmes et qui viennent le voir pour un conseil. Ce soir, Rita Harrington en a toutefois fait les frais. Mais elle sait aussi que les commentaires du révérend au sujet de ses relations avec le défunt Joe Chernak et avec son mari, Norman, sont vrais et honnêtes, et elle doit en tenir compte.

Tom Winter et Rita Harrington discutent chez les Winter. Rita s’en va fâchée. Susan entre.


Tom demande à Susan ce qu’elle a entendu de la conversation. 

— Rien, lui répond-elle simplement. 

Il lui rappelle qu’elle n’a pas à écouter les conversations privées qu’il a avec ses paroissiens.  Elle le sait très bien. Puis elle ajoute : 

— Il n’y a rien de plus précieux que l’amour entre un homme et une femme. Mais l’amour peut mourir par négligence. 

Elle se demande si Rita est venue parce qu’elle est une femme négligée par son mari. Elle boit une gorgée de son verre, puis se rend au piano, où elle joue un air. 

Tom lui dit qu’il est temps de se préparer, lui rappelant ainsi qu’ils ont un dîné important avec les membres du comité de charité au Colonial. 

Susan lui dit qu’elle n’y va pas. Tom trouvera toujours une excuse à son absence. Après tout, il est doué pour parler aux gens.


Rita entre dans son appartement. Norman est assis sur un fauteuil et boit du lait à même la bouteille. Elle le réprimande gentiment, prend la bouteille et va servir deux verres. 

Elle lui dit qu’elle est allée voir le révérend Winter. Elle s’excuse auprès de Norman de sa mauvaise humeur et l’embrasse. 

Joe Rossi leur téléphone et les invite à venir écouter des disques. Norman refuse dans un premier temps, mais Rita lui dit qu’elle est d’accord pour y aller. Elle doit pouvoir affronter ses fantômes. 


Au restaurant, Rodney et Betty terminent de dîner. Rodney est prêt à partir, mais Betty veut rester un moment supplémentaire. Elle se sent bien ici, avec lui. C’est un moment privilégié loin des problèmes qui sont les leurs. 

Elle lui dit que les derniers papiers pour le divorce sont presque prêts. Maître Wainwright l’a appelée aujourd’hui pour le lui dire.Pour Rodney, c’est une bonne nouvelle. Pour Betty, c’est la fin d’un chapitre. Elle divorce de Steven, pour se remarier avec… son premier mari. 

Ils portent un toast à leur nouvelle vie. 


Dans le salon du manoir Peyton, Steven est avec maître Matthew John Wainwright, le vieil avocat d’Hannah. Lui aussi porte un toast, à son divorce. Mais d’une manière cynique. Il semble passablement éméché. 

Steven offre à l’avocat un verre, mais se rappelle que Wainwright ne boit jamais pendant le service. De plus, le vieil homme représente Betty dans ce divorce. 

Il affirme également que Martin Peyton n’a absolument pas manipulé Steven et Betty pour les pousser au divorce. Steven apprécie que Wainwright soit venu en personne le lui dire. 


À la maison de la plage, Joe appelle Jill, prétendant être son frère, le Dr Rossi, afin de s’assurer qu’elle prenne l’appel. C’est Sarah, une des locataires de la maison d’hôtes, qui répond. Elle se rend jusqu’à la porte de Jill et lui dit que le Dr Rossi souhaite lui parler au téléphone. 

Lorsque Jill entend la voix de Joe, elle s’apprête à raccrocher. Il lui demande ne pas le faire avant d’avoir écouté ce qu’il a à dire. Il veut l’inviter à la maison de la plage. 

— Pourquoi viendrais-je ? demande-t-elle.

— Je veux mettre les choses au clair entre nous.

— Il n’y a rien à mettre au clair. 

— Mon frère est au courant, l’informe Joe. Je lui ai tout raconté. Tu n’as plus aucune emprise sur moi, bébé. 

— Joe, si tu essaies de me revoir, ou si jamais tu m’appelles, j’irai voir la police. Tu as donné à ton frère ta version de ce qui s’est passé à New York, la police aura la mienne. 

Elle raccroche, laissant Joe en colère tandis que Rita et Norman arrivent. Norman voit que Joe est contrarié et lui demande ce qu’il a. Joe leur répond qu’il s’est disputé avec sa petite amie, qui a débarqué de New York. Mais il ne veut pas les ennuyer avec ses problèmes. 

Il leur propose un verre, qu’ils refusent, et lui se sert une bouteille de bière. Puis il met en route un disque et demande au couple de s’asseoir. 

Il leur fait un discours sur les femmes qui, d’après lui, sont toutes les mêmes. Rita ne supporte pas son discours. Elle se lève. Norman la suit et ils s’en vont sans même parler à Joe.

Note : Malgré seulement 14 secondes de présence dans cette scène, l’actrice Sarah Taft sera créditée à la fin de l’épisode.


Betty entre au Inn et rencontre le révérend Winter. Elle lui demande s’il a une minute à lui consacrer. Ils s’assoient à une table. Il lui demande si elle veut boire quelque chose. Le révérend s’apprête à dîner avec quinze membres du Comité du Jour des Fondateurs, mais consent à lui parler un instant. 

Betty lui dit qu’elle va divorcer. Elle voudrait savoir si elle pourra se remarier à l’église. Elle lui apprend qu’elle va en effet se remarier avec son premier mari, Rodney Harrington. Il lui demande en retour si Rodney veut se marier à l’église. 

Betty informe le révérend qu’elle s’est mariée avec Steven au manoir de Peyton. Son premier mariage a été bien triste puisqu’ils ont convolé chez un juge de paix à White River. Elle veut un beau mariage pour rattraper le premier. 

Le révérend Winter lui dit qu’il aimerait parler à Rodney, sans répondre à la question de Betty de savoir s’il est d’accord de les marier. 


Norman et Rita retournent à leur appartement, après leur éprouvante visite à Joe. Norman dit que le discours de Joe ressemble un peu aux conversations de vestiaires lorsqu’il était au lycée.

Ils parlent du défunt Joe Chernak. 

— Il est parti. Il est mort, dit Norman. Ce n’est pas Joe Rossi. Tu n’avais que seize ans quand tu étais avec Chernak. Il te considérait comme un objet. Tu n’étais qu’une enfant.

— Ce n’est pas une excuse. C’est comme si j’avais encore des cicatrices de cette période.

— C’est juste ton imagination.

Il essaie de l’embrasser, mais elle recule et va s’enfermer à clé dans sa chambre.


Épisode 424

lundi 22 avril 1968

L’aveu de Joe 

Aujourd’hui Joe Rossi, le jeune frère du Dr Michael Rossi, est déterminé à empêcher Jill Smith de raconter au médecin sa vie passée à New York. L’implication criminelle qui l’a forcé à s’enfuir. La seule arme que Joe Rossi possède est une confession directe. Aussi direct que Joe le peut. En ouvrant en apparence son cœur à son frère, Joe a le sentiment qu’il peut véritablement gagner sa confiance, et ainsi rendre nul et non avenu tout ce que Jill pourrait ou ne pourrait pas dire.

Joe se trouve à l’arrière d’une camionnette de livraison de lait et descend à l’entrée sud de l’hôpital sur Glover Street.


Joe se rend dans le bureau de Michael afin de mettre les choses au clair avec lui. Il admet lui avoir menti. Il avoue que le bébé est bien de Jill et de lui. 

Il a fait promettre à Jill de ne rien dire à propos de l’enfant parce qu’il a eu des problèmes à New York. Il s’agit d’une bagarre dans un entrepôt qui a mal tourné. Un gardien a été blessé. Joe a essayé d’arrêter la bagarre. Don, un ami de Joe, a été attrapé, et il a menacé Joe de dire à la police qu’il était impliqué dans la bagarre. 

Il n’a cependant aucun moyen de prouver ce qui s’est passé. La seule chose qui lui est venu à l’esprit était de s’enfuir.


Susan entre au bureau du Clarion et regarde  autour d’elle. Elle s’approche de la salle de presse et s’apprête à y entrer, quand Elliot en sort. 

Il plaisante en l’accusant d’avoir eu l’intention d’entrer sans se faire annoncer. Il se demande ce qui est arrivé aux jeunes filles sages, polies et timides de son époque. 

Ils parlent des œuvres de charité de Susan et Elliot lui offre la page 4 de son prochain numéro. Elle utilise la notoriété de son père pour obtenir une première page. 

Elle remercie Elliot et lui demande également un chèque pour ses œuvres. Constance entre et embrasse son mari. Il se plaint du fait que Susan demande une donation. 

Une fois Susan partie, Constance lui demande de faire la donation. Elliot fait mine d’être contrarié et sort son carnet de chèques.


Eddie est derrière le bar de la taverne lorsqu’Ada entre. Elle lui demande où il était. Il lui donne une réponse vague. Il lui parle de Joe, qu’il traite de punk. Il compte aller voir la police à son sujet. Il a essayé de faire parler Jill pour découvrir le secret de Joe, mais sans succès. 

Ada lui demande d’arrêter ça. De laisser Joe Rossi tranquille. Il lui dit que Joe Rossi et Joe Chernak sont pareils. Mais Ada lui répond que Joe Rossi n’est pas Joe Chernak et qu’il arrête une bonne fois pour toutes de faire l’amalgame entre les deux. 

— Essaie de faire tes bagages, de mettre ton chapeau et de dire au revoir. Cette fois, je ne t’arrêterais pas , lui dit-elle. 

Puis elle retourne dans l’arrière-boutique. Eddie, fou de rage, casse un verre.


Jill monte les marches menant à son appartement lorsque Rodney l’appelle. Elle l’invite à entrer, prétextant que son toaster ne fonctionne plus. 

À l’intérieur, elle lui offre un café, qu’il refuse. Rod lui demande des nouvelles d’Eli Carson, pour lequel travaille Jill. Elle ferme la porte de l’appartement tandis que Rodney branche le toaster. 

Jill semble fébrile et Rodney s’en aperçoit. Il lui demande si elle attend quelqu’un. Elle lui répond que non.

Il constate que le toaster fonctionne bien. Elle rouvre la porte pour le laisser partir. Rodney passe devant elle, puis s’arrête et la regarde. Il lui demande soudainement si Joe a été brutal avec elle. Elle n’a pas besoin de répondre. Il en est convaincu. Il lui demande s’il peut téléphoner. Jill lui indique le téléphone qui est dans le hall. Il lui donne son numéro de téléphone et lui dit bonsoir.


Rita va voir le Révérend Winter pour un conseil. Elle lui avoue qu’elle est dépressive et qu’elle fait des cauchemars au sujet de Joe Chernak. Tom lui dit qu’il est capable de l’aider. Rita se confie au révérend sur sa fausse couche. Elle était sûre que son bébé n’avait aucune chance de survivre. 

Tom lui dit que son bébé et son ex petit ami sont morts. Et dans son subconscient, Rita pense que la mort de son bébé était une punition parce que Joe Chernak est mort à cause d’elle. 

Rita ajoute qu’elle aime Norman, mais elle doit le quitter, parce qu’elle ne le mérite pas. 

Tom lui assure que Joe Chernak n’a plus aucun pouvoir sur elle. Il sait que Norman aime Rita. Elle se culpabilise d’être mariée à lui alors qu’elle pense qu’elle ne mérite pas mieux que Chernek.

Rita semble ne pas comprendre et Tom hausse le ton, lui répétant que Norman l’aime et qu’elle doit accepter son amour. Rita est effaré de voir qu’un homme d’église, qui doit être gentil et compréhensible, peut aussi se mettre en colère.

Susan arrive au moment où Tom hausse le ton. Elle jette un œil furtif par la fenêtre, puis entre. 

Rita quitte le révérend fâchée. Susan entre dans la pièce et raille Tom pour l’attention qu’il donne aux autres. Elle veut être la prochaine. Elle voudrait qu’il lui accorde un peu plus d’attention, à elle.


Épisode 423

jeudi 18 avril 1968

Le manque 

À cet instant de la soirée, Jill Smith avait l’habitude de prendre soin du bébé qu’elle a apporté en ville. Ce bébé est maintenant dans la famille d’Elliot Carson. Et Jill Smith se retrouve seule.

Jill Smith marche le long du quai jusqu’au Shoreline Garage. Elle ouvre la porte et entre.


Jill demande à Rodney s’il est ouvert pour affaires. Elle demande un café au jeune homme. Elle dit à Rodney qu’elle ne supporterait pas de vivre dans un tel désordre. Il est évident selon elle qu’il a besoin d’une femme de ménage. Jill offre donc de venir une fois par semaine nettoyer pour un salaire minimum de 1.25 dollars. Rodney rejette sa proposition.

Rodney pense que Jill s’accroche à Peyton Place à cause de Kelly :

— Tu as laissé l’enfant d’Allison à ses grands-parents, mais tu ne peux pas simplement disparaître parce que cet enfant signifie plus pour toi qu’un simple colis recommandé. Alors tu erres et tu essaies de combler le vide, mais tu ne le trouveras pas en frottant les sols et en lavant les vitres. 

— Ils ne veulent pas me laisser la voir, se plaint Jill. Le Dr Rossi m’a même ordonné de ne plus jamais approcher les Carson.

— Pourquoi cela devrait te déranger ?

— J’aime Kelly. Nous avons eu des moments difficiles, mais au moins elle était avec moi et j’étais là quand elle était malade ou qu’elle avait faim, et qu’elle voulait que je la prenne dans mes bras. Mais elle m’oubliera, elle oubliera tout de moi.

— Tu aurais dû la garder, lui reproche Rodney. Qui es-tu, Jill Smith ? D’abord, est-ce que c’est ton vrai nom ?

— Je suis juste une fille errante, dit-elle avant de partir. 


Susan se rend au manoir Peyton. C’est Mary qui la fait entrer. Steven travaille dans le salon. Le portrait de Betty trône toujours au-dessus de la cheminée. Elle le remercie de bien vouloir lui accorder un peu de son temps. 

— Comment pourrais-je refuser quand je sais que vous venez pour des œuvres de charité, lui répond-il. 

Elle est ici pour récolter des fonds afin de construire une aile spécialement réservée aux enfants, à l’hôpital. Il lui donne un chèque de 50 dollars. 

Elle accepte un verre avec un zeste de citron. Steven lève son verre. 

— Aux œuvres de charité !

Susan est également venue ici afin de lui demander de « prêter » le manoir pour un déjeuner. Steven offre à Susan de remplir à nouveau son verre, mais elle décline l’offre. 

Susan aimerait aussi posséder le manoir et demande à l’avocat de lui faire signe si jamais il lui prenait l’envie de le vendre.


Chez les Winter, Tom travaille à son bureau personnel. Il regarde l’horloge. Il est 21 h 35. Susan arrive. Il attrape un livre se trouvant derrière lui. 

— Je suis rentrée, crie Susan, visiblement de bonne humeur. 

Elle l’embrasse en lui disant :

— J’ai fait du porte-à-porte pour les œuvres de charité. Lorsque tu viens au moment où les gens prennent l’apéritif, ils s’attendent à ce que tu te joignes à eux. Mais tu ne voudrais pas que tout le monde pense que ta femme a un problème de boisson. 

Tom soupire :

— Susan, tu n’es pas alcoolique. 

— J’en prends quand même le chemin, réplique-t-elle.

Il se sert un verre. Susan lui dit que sauver leur mariage relèverait du miracle. 

— Dieu n’est pas mort, Susan, philosophe Tom. 

Il pense qu’il gaspillerait son temps si jamais il abandonnait le sacerdoce pour aller travailler avec le père de Susan. Elle ne comprend pas le travail qu’il effectue ici, les conseils qu’il donne aux gens sur la direction qu’ils doivent suivre pour soi-disant améliorer leur vie. Elle lui demande de quel droit il peut dire au gens que faire de leurs vies. 

Elle s’approche de lui et l’embrasse, puis l’étreint. Elle lui avoue s’être arrêtée à Whiter River, avoir acheté une bouteille et l’avoir bu dans un hôtel minable.


Le docteur Rossi dépose son frère, Joe, sur le quai près de la taverne d’Ada Jacks. Le médecin se demande pourquoi Joe lui a demandé de le laisser ici. 

— Jill Smith habite ici, dit Michael. Tu n’as tout de même pas prévu d’aller lui rendre une petite visite, n’est-ce pas ? 

— Je ne pense pas, non. 

Le médecin lui demande si Jill est toujours sa petite amie. Joe lui assure que ce n’est pas le cas. Mike ajoute qu’il viendra le rechercher ici même à l’heure du déjeuner. 

Une fois Michael parti, Joe s’empresse de monter les escaliers de la maison d’hôtes. Eddie Jacks l’observe depuis la taverne, où il balaye l’entrée. 

N’ayant pas l’intention de suivre les conseils de son grand frère, Joe va frapper à la porte de Jill. Cette dernière, peu ravie de le voir, lui demande ce qu’il veut. Il est venu ici pour s’excuser. Il parle aussi des problèmes qu’il a causé à New York. 

Puis dans le feu de l’action, Joe force Jill à l’embrasser. Ils se disputent, et Joe finit par s’en aller.

Plus tard, Jill quitte sa chambre et Eddie Jacks l’attrape dans le couloir. Il veut lui parler. Ils rentrent dans la chambre de la jeune femme. 

Eddie veut savoir ce que Joe fuit. Il veut en savoir plus sur lui et pense que Jill peut l’aider.  Il lui parle de Joe Chernak et lui dit que Joe Rossi est de la même trempe. Jill quitte l’appartement en courant. 


Épisode 422

lundi 15 avril 1968

Les minutes du procès 

Le révérend M. Tom Winter vit et travaille à Peyton Place depuis un an. Il s’implique totalement dans les problèmes personnels de tous ceux qui viennent le voir. Aujourd’hui, Tom Winter a essayé sans succès d’aider la jeune Rita Harrington à comprendre sa récente dépression. La visite a été interrompue par quelque chose qu’il a vu se passer sur la place. Une jeune femme se faisait photographier au pilori que les pères puritains utilisaient pour punir ceux qui enfreignaient la loi ou la foi. Cette femme exerce une attraction particulière sur Tom Winter. Elle est sa femme. 

Susan Winter est photographiée au pilori. Tom Winter descend l’escalier de l’appartement et voit l’activité sur la place. Susan est libérée du pilori. 


Susan Winter se rend à la librairie. Constance, n’ayant aucun client pour l’instant, est en train de lire un livre sur l’histoire de Peyton Place. Elle accueille Susan chaleureusement et lui parle du livre. Elle décrit le premier festival. 

Elliot est le président du comité d’organisation et ne tarit pas d’éloges sur les implication de Susan pour le festival. Il a dit à Connie qu’elle était tellement occupée qu’elle n’a pas pu assister à la dernière réunion du Comité, hier. 

— Hier, j’ai dû aller à New York, explique Susan. Je devais rendre visite à mon père. Je voulais lui mettre la pression pour notre campagne de collecte de fonds. Malheureusement, j’ai dû passer la nuit là-bas parce qu’il est revenu tard de son parcours de golf. Mais ça en valait la peine : il m’a donné un chèque en blanc. Cela va aider la construction de l’aile pour enfant à l’hôpital. 

— Michael Rossi vous en remerciera. 

Susan n’en est pas sûre : 

— Vous savez, Connie, je ne pense pas que votre ami Mike Rossi m’apprécie vraiment, ni ne m’approuve. 

— Comment pourrait-il vous désapprouver ? Vous agitez une baguette magique pour rendre la vie meilleure. 

Susan dit qu’elle essaie d’être à la hauteur des attentes. Constance envie le couple qu’elle forme avec Tom et pense que Tom doit être fier de sa femme.


Eddie se trouve avec Steven dans le bureau de se dernier. L’avocat lui laisse lire les minutes du procès de Rodney Harrington. Eddie est en colère à cause des questions que Steven a posées à Rita.

Il a poussé la jeune fille qui n’avait que dix-huit ans à l’époque à dire devant la cour que Joe Chernak l’a attaquée. 

Steven oppose à cela que Rita s’était portée volontaire pour témoigner à la barre. D’autre part, il devait faire son possible pour défendre Rodney et obtenir un non-lieu. 

Eddie lui raconte que depuis l’arrivée du frère du Dr Rossi, Rita revit le drame comme s’il avait eu lieu hier. Il veut que Joe Rossi disparaisse de cette ville. Steven conseille à Eddie de laisser tomber. Il n’était pas là lorsque Rita avait besoin de lui, il a laissé passer sa chance. 

— Je ne peux pas me permettre de recevoir vos conseils, maître Cord. Et d’ailleurs, je n’en veux pas, vocifère Eddie avant de quitter le bureau.


Eddie est en train de servir un verre à un client de la taverne d’Ada Jacks lorsque Norman entre et s’appuie au comptoir. Eddie le rejoint. 

— Tu as l’air crevé, dit-il.

— J’ai gagné mon argent, aujourd’hui.

— Félicitations !

Norman lui dit qu’il n’est pas d’humeur pour ses sarcasmes. Il veut partir, mais Eddie le retient. 

— Je suis allé voir Steven Cord à son bureau. Il m’a laissé lire les minutes du procès de Rod. Pourquoi l’as-tu épousée, Norman ? Pourquoi as-tu épousé Rita ?

— Mon mariage, c’est mon affaire, pas la votre. 

— Norman, j’ai lu chaque mot de son témoignage. Tu étais dans la salle d’audience, tu as entendu tout ce qu’elle a dit. 

— Je l’aimais. C’est la seule et unique raison pour laquelle je l’ai épousée. 

Eddie lui dit que c’était tout ce qu’il voulait savoir. Il voulait lui entendre dire qu’il aimait Rita. Il lui serre la main.


Rodney est assis à son bureau dans le garage Shoreline lorsque Betty entre. Betty a manifestement pris la voiture de Rodney pour faire un tour. 

Elle est en train de dessiner une grange. Rodney regarde le croquis. Elle dit que quelqu’un a commencé à la transformer en maison, et qu’elle aimerait terminer le projet. Ils pourraient en faire leur prochaine demeure. 

Cette maison est à 17 kilomètres de Peyton Place. Rodney se demande ce qui pousse Betty à vouloir habiter si loin de la ville. Elle lui répond que cela pourrait faire une jolie ferme. 

— Ce n’est pas une ferme, c’est un pont. 

Betty lui dit qu’elle essaie de prendre un nouveau départ et lui demande d’essayer d’en faire de même. 

— Oh oui, dit Rodney. Nous pourrions acheter cette propriété, nous pourrions y travailler et nous pourrions meubler chaque pièce, peindre chaque mur. Mais que se passera-t-il une fois que nous aurons fini de travailler sur cette maison ? Nous devrons encore travailler sur notre couple. 

Betty comprend que Rodney n’a pas encore encaissé l’abandon de sa fille. Déçue, elle préfère partir. 


Dans l’appartement, Rita et Norman boivent un café. Norman demande comment s’est passée la discussion avec le révérend Winter. 

— C’était ton idée de laisser quelqu’un d’autre s’immiscer dans notre vie personnelle, dit-elle. Je ne voulais pas avoir à parler de mes problèmes personnels avec lui. Tout ça, c’était ton idée !

— D’accord, c’était mon idée, admet Norman. Alors, comment ça s’est passé ?

— Ça ne s’est pas passé, répond-elle. Norman, tu ne peux pas me pousser à parler au révérend Winter des choses qui me dérangent, puis t’attendre à ce que je me confie à toi. J’aurais pu me confier à toi en premier lieu.

— Je veux juste que tu ailles bien et que tu sois heureuse, Rita. 

Rita avoue que Tom Winter est une personne très gentille et qu’elle pourrait éventuellement lui parler de Joe Chernak. 


Le Dr Rossi est chez lui, en smoking, est en train de préparer une boisson et de s’entraîner à un discours sur les maladies cardio-vasculaires. On frappe à la porte. 

Il laisse entrer Susan Winter. Elle l’informe qu’elle a été chargée de collecter des fonds pour la nouvelle aile de l’hôpital destinée aux enfants. Il lui offre un verre. 

Joe Rossi descend les escaliers, mais ne veut pas rester, voyant qu’il n’est pas seul. Michael insiste, mais Joe disparaît sans mot dire. 

Rossi s’excuse pour l’impolitesse de son frère. Susan espère qu’il s’est remis de son accident. Rossi s’excuse et la pousse vers la porte en lui disant qu’il doit encore peaufiner son discours. Ils se disent bonsoir et elle s’en va. 

Joe revient. Le docteur Rossi reproche à Joe son impolitesse envers Susan. Joe qualifie le smoking de Rossi de costume de singe. Il insinue que Susan, jolie dame au demeurant, ne peut pas laisser son grand frère indifférent. Mike lui répond que la dame en question est mariée au révérend Tom Winter. 

À ce moment-là, le révérend Winter est à Peyton Place depuis environ un an. Il a évidemment remplacé Jerry Bedford. Mais il était allé au lycée à Peyton Place.


Épisode 421

jeudi 11 avril 1968

Remuer le passé 

Le docteur Michael Rossi a exigé de connaître les véritables raisons qui ont soudainement amené son jeune frère, Joe, à Peyton Place. Plutôt que de se confier à lui, Joe a quitté la ville, pour se blesser dans un accident de voiture causé par inadvertance par Norman Harrington. Bien qu’aucune complication grave ne soit apparue, Joe a réussi à exploiter le sentiment de responsabilité de son frère. Mais Joe peut s’avérer être un invité dangereux. Non seulement pour Michael Rossi, mais aussi pour tous ceux qui entrent en contact avec lui. 

Le docteur Rossi, Joe et Norman entrent dans la maison de la plage. Joe a un bandage sur le côté droit de son front. Le docteur Rossi aide Joe à enlever son manteau.


Joe pense qu’il va bien, mais le Dr Rossi lui répond qu’il l’a seulement fait sortir de l’hôpital. Il n’est pas prêt à prendre part aux Jeux Olympiques. 

— Je pensais que ça voulait dire que j’allais bien, dit Joe. 

— Ça veut juste dire que je t’ai laissé sortir de l’hôpital. Mais tu dois te reposer. 

— Si j’avais su, je serais resté à l’hôpital, se plaint Joe. Les lits sont plus confortables et les infirmières bien plus jolies. 

Michael dit à Joe de se mettre à l’aise et lui demande s’il a besoin de quelque chose. Il lui répond qu’il aimerait quelqu’un de doux et de chaud à ses côtés. 

Rossi doit partir à l’hôpital. Il propose de déposer Norman à la fabrique. Il accepte avec plaisir. 

— Je vais essayer de revenir pour le déjeuner, informe Mike à Joe. Ça risque d’être un peu serré, j’ai une opération à onze heures, et parfois, les calculs biliaires sont coriaces. 

— Occupez-vous tranquillement de vos calculs biliaires, intervient Norman. Je vais m’occuper du déjeuner. 

Le Dr Rossi apprécie le geste et le remercie. Il supplie Joe de ne pas faire d’imprudence après son départ. 

— Tu prendras deux fois plus de temps pour faire les choses que tu fais normalement. Et tu restes dans le canapé toute la journée.

Avant qu’ils ne partent, Norman parle de Rita à Joe. Ce dernier lui demande pourquoi elle a mal réagi en le voyant. Norman lui dit que Rita a passé un moment difficile à l’hôpital. Le docteur Rossi et Norman s’en vont. 


À la taverne, Ada remplit une commande. 

— Eddie, est-ce que nous avons besoin de verres à bière ?

Eddie balaye distraitement la salle et, perdu dans ses pensées, ne répond pas immédiatement. Il s’approche d’elle et veut qu’elle lui parle de Joe Chernak. 

— C’était le petit ami de Rita, dit simplement Ada.

— Je veux connaître toute l’histoire sur lui. 

Ada est embarrassée.

— Je t’ai dit qu’elle était sa petite amie, fin de l’histoire. 

— Qu’est-ce que Rita a à voir avec sa mort ? insiste Eddie.

— Rien. Ils étaient séparés depuis longtemps avant que ça n’arrive. 

Eddie veut connaître les détails du procès de Rodney, mais Ada lui fait comprendre que c’est du passé et lui conseille de laisser tomber. Eddie n’en a pas l’intention. Sa fille se rend malade à cause de ce Joe Chernak.

— Il la fait pleurer dans son sommeil. Elle pleure et elle a des sueurs froides. Quand elle a vu un autre jeune voyou qui ressemble à Chernak, le frère du Dr Rossi, elle s’est mise à trembler comme si elle avait vu un fantôme. Le fantôme de Joe Chernak.

Ada ne lui donne pas d’explications. Eddie veut savoir ce que Rita a dit à la barre durant le procès. Ou plutôt ce « qu’ils » lui ont fait dire. 

— Tu ne vas pas l’aider en déterrant ces vieilles saletés, s’emporte Ada. Tu ne feras que la blesser davantage. 

— La blesser encore plus qu’elle ne l’est ? Non, ça m’étonnerait.

— Sors d’ici, explose Ada. Va dépenser quelques dollars pour soulager ta conscience pour le gâchis que nous avons fait de notre vie. On ne commence pas à être de bons parents quand notre enfant a dix-neuf ans et est mariée.  C’est trop tard. 

— Je n’essaie pas de changer le passé ou même de le rattraper, plaide Eddie. Je veux juste qu’elle aille mieux. 

— Norman est là pour elle. C’est lui qui peut l’aider maintenant. 

Eddie n’a pas l’intention de laisser tomber. Il va tout faire pour obtenir une réponse. Il part, en colère. 


Le Dr Rossi examine Kelly à la maison des Carson et suggère à Constance de l’amener à son cabinet pour ses vaccins DPT. Constance est excitée à l’idée d’avoir la garde de Kelly. 

Elle pense que Kelly est bien le bébé d’Allison. Michael, de son côté, a de sérieux doutes. Constance ne veut pas l’écouter. Pour elle, elle est la grand-mère de Kelly. Elle ne tarit pas d’éloges sur l’enfant, disant qu’elle est intelligente. C’est déjà une petite fille, elle arrive même à boire dans une tasse. 

Constance lui montre la tasse en question, où il est inscrit ALLISON dessus. Mike est gêné. 

Jill se présente à la porte d’entrée. Elle est venue pour voir si Kelly avait besoin d’une baby-sitter. Elle aimerait beaucoup aider Constance en gardant l’enfant. 

Constance, mal à l’aise, lui dit qu’ils ont déjà une garde d’enfant et qu’elle est parfaite pour Kelly. Jill semble déçue. Elle s’approche un peu du bébé, mais Constance prend Kelly et l’emmène voir Matthew à l’étage. 

Resté seul avec Jill, le Dr Rossi en profite pour dire le fond de sa pensée à la jeune femme : 

— Est-ce que vous réalisez ce que vous faites subir à cette famille ? Est-ce que seulement vous vous en souciez ?

— Vous êtes médecin, rétorque Jill avec sa verve habituelle. Occupez-vous de guérir les malades. 

— Vous leur faites croire que votre bébé est celui d’Allison. Ils étaient si désespérés qu’ils ont facilement acheté ce conte de fées. Est-ce que vous réalisez ce qui va arriver à cette femme quand elle apprendra la vérité ?

— Elle a déjà appris la vérité.

— Non. Elle a pris votre bébé et elle en a fait une partie importante de sa vie. 

— C’est une seconde chance pour elle. Laissez-lui avoir cette chance. 

— Elle ne peut pas l’avoir, vous le savez très bien. 

Avant de partir, Michael ordonne à Jill de ne plus s’approcher des Carson. 


À la maison de la plage, Joe fait fi des conseils de son frère et se promène dans la pièce. Il va chercher une bière au réfrigérateur. Lorsque quelqu’un frappe à la porte, il s’empresse d’aller se coucher dans le canapé. 

— C’est ouvert !

Rita entre. On entend Ada demander à sa fille quand elle doit repasser la prendre. 

— Dans une heure environ. 

Elle a apporté des provisions. Elle pensait que Norman était ici, mais il n’est pas encore arrivé. Joe lui apporte un couteau afin qu’elle tranche du pain, et il la touche accidentellement, ce qui la fait sursauter. Joe en prend note. Il lui rappelle qu’elle avait fait pareil la dernière fois à l’appartement. 

Rita dit qu’elle n’a pas peur, qu’elle est juste nerveuse. Joe lui demande ce qui la tracasse. Rita dit que Joe lui rappelle quelqu’un. Quelqu’un qui est mort maintenant. Quelqu’un qui avait le même prénom que lui.

— Quand tu me regardes, tu penses à lui et ça te secoue un peu ? demande Joe. 

Il essaie de la mettre à l’aise et lui raconte une anecdote sur un manège à Coney Island. Il était dans ce manège toute la journée sans payer et s’est fait attraper par un agent de sécurité. Il a voulu s’enfuir et s’est cassé deux côtes. 

Joe lui tend la main. Elle la prend. Norman frappe à la porte et entre. Il demande à Rita pourquoi elle sourit. Joe répond qu’il lui a raconté comment il s’est cassé deux côtes. 


Eddie Jacks entre dans le bureau éditorial du Clarion et demande à Elliot de voir quelques anciens documents sur le procès Harrington. Elliot demande pourquoi il veut connaître les détails du procès. 

— Pourquoi cet intérêt soudain ? demande le journaliste. 

— Je veux savoir ce qui s’est passé. Avoir une idée générale. 

— Une idée générale ?

Eddie répond qu’il fait cela pour Rita. Il s’intéresse particulièrement au témoignage de sa fille. Comme Ada, Elliot pense qu’Eddie fait une erreur en se replongeant dans l’histoire. Mais Eddie insiste :

— Rita s’est mise en tête que la perte du bébé était une punition pour ce qui s’était passé entre elle et Chernak. Qu’en en sens, elle ne mérite pas un mari et un enfant. Elliot, si c’était ton enfant, est-ce que tu resterais là sans rien faire ? 

L’argument d’Eddie convainc Elliot qui lui laisse regarder les articles. Eddie les consulte rapidement, puis s’en va.


Ada conduit Rita à l’appartement. Ada demande à Rita de l’accompagner à Boston un de ces jours pour faire du shopping. Rita lui répond que c’est une bonne idée, mais elle semble cependant toujours aussi triste et Ada voit qu’elle essaie de donner le change. 

Elle sort de la voiture, salue sa mère et monte les escaliers avec un paquet. 

Le révérend Winter l’attend devant la porte. Il entre dans l’appartement et ils ont une longue conversation. Winter lui dit que l’appartement est charmant. Il parle de la première maison très modeste que lui et Susan ont eue quand ils se sont mariés à l’université. C’était une cabane en préfabriqué. Ils discutent de la perte du bébé de Rita et de ses autres problèmes. Il lui dit que Norman s’inquiète pour elle. 

— Il vous a envoyé ici pour me lire quelques versets des Écritures et me dire que perdre le bébé était la volonté de Dieu ?

Le révérend Winter secoue la tête : 

— N’attendez pas de moi que je vous fasse un sermon. Je suis venu ici pour écouter ce que vous avez à dire. 

Rita lui dit que c’est trop personnel pour qu’elle lui en parle. Tom regarde par la fenêtre et voit sa femme, Susan Winter, qui pose pour des photos, attachée au pilori. Avant de partir, il dit à Rita qu’il sera toujours là pour elle. 

La tête et les poignets toujours accrochés au pilori, Susan annonce qu’elle veut que la photo fasse la une des journaux pour annoncer le festival de la Journée des fondateurs. Le photographe-journaliste la complimente et lui demande de prendre deux autres photos.


Épisode 420

lundi 1er avril 1968

Besoin d’aide 

L’audience pour la garde est terminée. Le bébé que Jill Smith a amené à Peyton Place a trouvé un foyer légal chez les Carson. Une reconnaissance que le bébé est né de leur fille disparue, Allison. Mais qui a pour implication le fait que Rodney Harrington puisse être le père. 

Plan du Peyton Place Town Hall. Rodney sort du bâtiment.


Elliot sort du tribunal, appelle Rodney et parvient jusqu’à lui pour lui parler. Il le remercie pour ne pas avoir entravé l’audience en prétendant être le père et revendiquer la garde de Kelly. 

— J’avais l’intention de dire quelque chose à l’audience, mais le juge m’en a dissuadé… pour l’instant.

Elliot fronce les sourcils.

— Qu’entends-tu par « pour l’instant » ?

— Oh ! Rien, prétend Rodney. Vous avez la garde temporaire de Kelly, et je ne vais rien faire contre cela. 

Rodney l’interroge sur le nom de famille du bébé. Elliot lui dit qu’elle est une Carson, et qu’elle portera ce nom. 

— Nous allons l’élever comme notre propre enfant, ajoute-t-il. Si tu y réfléchis bien, Rodney, tu dois réaliser que Kelly aura un meilleur foyer chez nous, dans notre maison. 

— Son nom devrait être « Harrington », et non « Carson », plaide Rodney. Quelle sera la vie de cette enfant si elle doit commencer par un mensonge ?


Steven et Jill sortent à leur tour du tribunal et Jill reproche une nouvelle fois à Steven ses motifs cachés concernant Betty et Rodney.

— Vous auriez dû voir votre tête lorsque le juge a demandé à Rodney s’il voulait contester la garde de Kelly. 

— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, dit Steven. 

— Allons, maître Cord. Pourquoi ne l’admettez-vous pas ? Vous avez essayer d’utiliser le bébé d’Allison pour séparer Rodney et votre ex-femme, et ça n’a pas marché. 

 Jill voit Rodney se diriger vers le Colonial Post Inn, où vit Betty.

Steven lui dit qu’il n’a jamais cru à l’histoire de Jill sur le comment, le quand et le pourquoi elle s’est retrouvée avec le bébé d’Allison.

— Vous avez fait semblant d’y croire parce que vous vouliez récupérer votre ex-femme, c’est cela que vous voulez dire ? s’insurge Jill.

Elle tourne vers Steven un regard de défi. 

— Eh bien, tout cela n’a servi à rien, monsieur Cord.

— J’imagine que vous allez quitter la ville, maintenant que le bébé d’Allison est pris en charge.

Jill lui répond qu’elle compte rester encore à Peyton Place.


Betty entend qu’on frappe à la porte de sa chambre. 

— Entre, Rod, dit-elle, sachant déjà de qui il s’agit. 

Rodney raconte à Betty l’audience, et le fait qu’il ne s’est pas opposé à la garde provisoire de Kelly par les Carson. 

— Le juge m’a invité dans son bureau, il m’a offert un cigare et m’a demandé ce que je comptais faire pour la fille que j’avais engendrée. Engendré… c’est le mot qu’il a employé. Je lui ai dit la vérité, ce qu’il a apprécié. Je lui ai dit que toi et moi allons nous marier, que tu connaissais la mère de l’enfant et que tu estimais qu’il n’était pas naturel d’aimer le bébé d’une femme que j’avais aimé. Il m’a dit qu’il ne serait pas juste ou bon que le bébé habite dans ta maison si tu ne pouvais pas l’aimer. Il m’a donc recommandé de ne pas m’opposer à la garde durant l’audience. Je me suis assis sur un banc, j’ai écouté toute l’audience, et je n’ai pas bronché. Le juge a donc recommandé que la petite habite pour un temps chez les Carson, en attendant un jugement définitif. 

— Tu es en colère contre moi, constate Betty. 

Rodney comprend son point de vue. Il serait difficile pour elle de démarrer un mariage avec un bébé qui n’est pas à elle. 

Il ironise la situation et pousse le bouchon un peu trop loin lorsqu’il l’appelle « madame Cord », et lorsqu’il lui demande où elle veut aller en lune de miel. 

— Si je me souviens bien, nous avions exclu la Chine, le désert du Sahara. Les îles Fidji, la Suède et la Nouvelle Orléans sont toujours en examen. 

— Tu es toujours en colère contre moi. Tu me donnes l’impression que je t’ai forcé à abandonner le bébé, mais tout ce que je veux, c’est un nouveau départ. Juste toi et moi. Sans Allison, sans le bébé d’Allison, et sans Steven.

Betty lui demande de penser à l’éventualité qu’il n’est pas le père de Kelly. Elle lui rappelle aussi qu’ils avaient convenu qu’aujourd’hui, ils choisiraient la date du mariage. 

— Attendons encore un peu, dit Rodney avant de partir. 


Michael Rossi conduit jusqu’aux docks et sort de sa voiture. Il va parler avec Norman qui a un petit bandage du côté droit de son front. Ils prennent un café dans le camion de restauration. 

Rossi dit à Norman que Rita est émotionnellement perturbée. Il suggère que Rita parle avec le révérend Tom Winter. Il obtient souvent de bons résultats dans ce domaine.

Norman lui répond qu’il est là pour elle. 

— Norman, tu ne seras qu’une béquille pour elle. Elle a été blessée et émotionnellement choquée. Elle a besoin de conseils venant de quelqu’un d’autre pour l’aider à retomber sur ses pieds. Le révérend Winter a beaucoup d’expérience dans ce domaine. 

— Tom Winter est efficace dans beaucoup de domaines, mais il n’accepte pas l’apitoiement, il n’est pas très compatissant et il est plutôt dur envers les gens qui sont émotionnellement fragiles. 

— Eh bien, justement ! Rita a besoin de quelqu’un qui est assez dur pour l’aider à franchir l’obstacle qu’elle n’a pas voulu franchir quand elle a perdu le bébé. Ça lui a fait douter d’elle-même. 

Il propose à Norman de rencontrer Tom et de lui parler. 

— Écoute-le, vois ce qu’il a à dire, puis décide de ce que tu veux faire. 

Norman finit par accepter de parler au révérend. 


À l’hôpital, Jill va voir Joe Rossi. Joe a un large bandage tout autour de sa tête.

— Je ne pensais pas que tu viendrais.

Jill lance sur son lit un sachet qui contient un instrument pour se muscler les mains. Joe lui dit qu’il ne pensait pas qu’elle finirait par confier Kelly à la garde des Carson. 

Joe veut redémarrer à zéro dans cette ville et il menace Jill si elle ne lui laisse pas l’occasion de le faire. Joe veut lui demander quelque chose, puis se ravise. 

Jill s’en va au moment où entre le Dr Rossi. Le médecin voit la jeune fille pleurer. Il demande à Joe s’il est vraiment le père du bébé. Joe nie cette fois. Michael lui dit qu’il pourra sortir de l’hôpital demain.


Elliot Carson entre à la maison pour trouver Constance tenant Kelly dans ses bras. La petite pleure et Constance marche pour la bercer. Elliot lui dit qu’elle sera mieux dans son lit, à l’étage, et Constance consent à l’y emmener. 

Elliot enlève son manteau et sa cravate, et se place devant la cheminée pour alimenter le feu. Il est d’humeur joyeuse et chantonne. Constance redescend. 

Il lui dit en plaisantant qu’il se sent négligé. Il voudrait aussi apporter son aide dans cette maison. 

Ils parlent du Festival des Fondateurs qui va bientôt avoir lieu. Constance doit s’occuper de la déco, tandis qu’Elliot est le vice-président du comité d’organisation. En riant, Elliot lui dit qu’à moins qu’elle ne coopère avec le vice-président, elle pourrait subir une humiliation publique au pilori de la ville. Il nommera son père gardien du pilori.


Norman se trouve au Cider Barrel, attendant le révérend Winter avec qui il a rendez-vous. Il le voit dehors parlant brièvement avec une femme. 

Puis Tom entre et demande à Laurie, qui sert au comptoir, comment va son frère. Laurie commence à vouloir s’épancher sur ses problèmes, mais Norman l’arrête et lui dit qu’elle devra attendre son tour. Tom commande deux cidres et ils s’assoient à une table.

Norman demande à Tom de parler avec Rita. Laurie apporte les cidres Au passage, Tom dit à la jeune femme qu’ils parleront ensemble après son service. 

Norman apprend au révérend que Rita fait de plus en plus de cauchemars. Il demande son aide. 

— Le Dr Rossi semble vouloir dire que cela n’est pas de mon ressort d’aider ma femme. Il doit avoir raison, elle ne veut plus m’écouter. 

— Je suis sûr qu’elle continuera à avoir besoin de votre aide, Norman. 

— Je sais que je devrais vous parler comme à un ami, mais je ne me fais pas facilement des amis, affirme Norman.

— Peut-être devriez-vous parler à quelqu’un de proche. Votre père, par exemple ? 

Norman lui répond que lui et son père ne sont pas vraiment proches. Il lui demande s’il a entendu parler de Joe Chernak. Tom acquiesce et se souvient qu’il s’agit de l’homme que Rodney a été accusé d’avoir tué. 

— Joe a fait beaucoup de mal à Rita, dit Norman. En ce moment, tout lui revient. Elle fait des cauchemars au point qu’en se réveillant, elle ne se rappelle pas qu’il est mort.

Tom dit qu’il va essayer de l’aider, lui et Rita. Norman s’en va après avoir remercié le révérend. 

Le téléphone payant sonne et Laurie répond. C’est un appel pour Tom. Il s’agit de l’hôtesse d’une auberge de l’autre côté de White River qui l’informe que sa femme, Susan, est ivre et a besoin d’aide. Tom lui dit qu’il sera là dans trente minutes.


Épisode 419

jeudi 28 mars 1968

Le fantôme de Joe Chernak 

La neige fondue d’un hiver à la Nouvelle-Angleterre a laissé la campagne humide et glissante. Norman Harrington, qui conduisait le jeune frère du Dr Michael Rossi, Joe, à une intersection hors de la ville, a pris un tournant trop vite. La voiture a dérapé et a fait des tonneaux. La première voiture témoin de cet accident était conduite par un homme qui a eu la délicatesse de s’arrêter. Bientôt, il va faire face aux questions de routine de la police. Sa déclaration sera la partie principale du rapport de police qui utilisera le mot « accident ». Mais on peut douter du fait que ce qui est arrivé ce soir soit ce qu’on peut appeler un accident. Parce qu’il y a des personnes à Peyton Place qui doivent vivre en sachant que tout ceci a été causé par l’escapade de Joe Rossi.

Norman conduit sa voiture, Joe à ses côtés. Ils entrent dans un tunnel, et là, c’est le drame. La voiture dépare et fait des tonneaux.


Tom Winter s’arrête, appelle le conducteur de la voiture accidentée, éteint le moteur et aide Norman à sortir de la voiture. Il dépose Norman sur le siège arrière de sa camionnette avant d’aller voir le passager. Joe est inconscient. 

Tom le place dans la camionnette et demande à Norman de le couvrir avec la couverture qui se trouve sur le siège passager. Il sait que déplacer des victimes peut être dangereux, mais le téléphone le plus proche est à 4 ou 5 kilomètres d’ici et Joe est en train de perdre beaucoup de sang.

Tom emmène ensuite les deux victimes à l’hôpital.

À l’hôpital de Peyton Place, l’équipe d’urgence soigne déjà sur Joe Rossi. Le Dr Rossi est le chef de cette équipe. 

Il va voir Norman, qui a un bandage autour du front, et l’examine. 

— Je ne pense pas que cela nécessite des points de suture.

Norman est choqué par l’accident. Il s’excuse auprès du Dr Rossi pour avoir provoqué l’accident.

Au bureau des renseignements, Mike rejoint Tom Winter et le remercie pour avoir secouru son frère et Norman. Mlle Choate demande à Tom d’aller voir Mme Daily. Cela fait plusieurs jours qu’elle le réclame. 

Le révérend Winter explique qu’il n’était pas en ville de toute la journée. Il demande comment va Mme Daily et si elle est toujours en chambre 221.

Mike retourne voir son frère, qui se plaint d’avoir mal à la tête. Le Dr Rossi lui dit qu’il ne doit pas bouger pendant les prochaines quarante-huit heures.


Dans l’appartement, Rodney sommeille tandis que Norman entre. Rodney lui demande naturellement ce qui est arrivé. Norman lui dit que ce n’est rien. 

— C’est juste une égratignure, explique-t-il en montrant son bandage. 

Il raconte que la route était glissante et qu’il a perdu le contrôle de la voiture. Il ajoute qu’il était avec Joe, et que celui-ci est resté à l’hôpital.

— Que fais-tu ici ? demande-t-il. 

— Eddie a dû retourner à la taverne, explique Rodney. Je veille sur Rita. 

— Comment va-t-elle ?

— Bien, elle s’est couchée il y a une heure. 

Norman est encore en état de choc. Il ne cesse de refaire le film de son accident dans sa tête.

Rodney se demande s’il y a eu quelque chose entre Joe et Rita. Norman ne sait pas.

— J’ai invité Joe à dîner à la maison ce soir, il s’est énervé et il est parti. 

— A-t-il donné une explication ?

— Non, je pense que c’est un jeune homme très seul, loin de chez lui. Et quand il a vu un couple heureux, ça l’a peut-être perturbé.

Rodney se demande si Joe n’a pas fait des avances à Rita, car la jeune femme est vraiment perturbée depuis qu’elle l’a vu. Norman ne pense pas. 

— C’est sans doute lié à la dépression après la perte du bébé, elle a traversé une sale période et il n’y a rien que je puisse faire. 

Soudain, on entend Rita crier dans la chambre. Elle hurle : 

— Joe, laisse-moi tranquille !

Rod et Norman se précipitent dans la chambre. Rita a fait un cauchemar. 

Elle remarque le bandage de Norman et pense immédiatement qu’il s’est battu avec Joe Chernak. 

— Ça ne vaut pas le peine de se battre pour moi, je n’en vaux pas la peine.

Elle est paniquée. Norman et Rodney la rassure en lui disant que les blessures sont superficielles et ne proviennent pas d’une bagarre. 

Rita reprend ses esprits. Haletante, elle dit qu’elle a rêvé que Joe Chernak était toujours en vie. Norman dit que Rita avait déjà ce genre de problème les premiers mois de leur mariage.

— Rita, Joe Chernak est mort, il ne t’embêtera plus, affirme Rodney. 


À l’hôpital, Mlle Choate s’occupe de Joe dans sa chambre. Michael entre pour examiner son frère. Il dit à Joe qu’il une fracture du crâne. Joe lui demande comment ils peuvent savoir qu’il s’agit d’une commotion. Il ne reçoit pas de réponse. Le médecin lui dit que lors de l’accident, sa tête a méchamment heurté le pare-brise de la voiture. 

— Les radios ont montré une légère fracture, les médecins semblent satisfaits qu’il n’y ait pas plus de dommages. Mais bien sûr, il est trop tôt pour être certain de l’ampleur de la commotion. Une commotion cérébrale est toujours une mauvaise nouvelle. 

Joe demande si Michael est inquiet à son sujet. 

— Bien sûr qu’il l’est, répond Mlle Choate à la place du médecin. Michael dit finalement à Joe que tout ira bien.


Steven Cord sort du Peyton Professionnel et marche le long du quai. Il parvient au Shoreline Garage où il entre. La porte, comme à son habitude, n’est pas fermé à clé, mais cette fois, Rodney est là.

L’avocat dit à Rodney qu’il sait qu’il était là parce qu’il a vu de la lumière. 

— Essaie l’auberge, ta femme n’est pas ici. Ton ex-femme, plutôt, lance Rodney d’un ton sarcastique. 

— Je l’ai croisée par hasard tout à l’heure. Elle sortait de chez les Carson. Il serait très intéressant de savoir ce qu’elle leur a dit. 

Rodney lui dit que maintenant qu’il a craché son venin, il peut partir. Steven lui dit qu’il a hâte d’être au tribunal demain pour l’audience, il veut savoir si Rodney va demander la garde de Kelly, et il veut voir le visage de Betty a ce moment-là. 

Ils se disputent au sujet de Betty. Rodney affirme qu’elle ne reviendra jamais auprès de Steven. Il lui rappelle qu’il l’a frappée. Un homme ne doit jamais frapper un femme. 

— Tu lui a rappelé qui est l’homme et qui est la femme. Tu commences à découvrir que Betty a une idée très claire de ce qu’elle veut dans la vie et ce qu’elle ne veut pas, et ça ne te plaît pas. Mais un mariage, c’est donnant-donnant, Steven.

— Bien sûr, répond Steven. Et Betty ne veut pas de ton enfant. Il ne serait pas juste de lui demander d’élever l’enfant d’Allison, alors tu ne le feras pas. Te voilà avec un sacré choix : Betty, ou Kelly.


De nouveau à l’hôpital, Mlle Choate note qu’une lumière d’appel vient de s’allumer. Elle se précipite dans la chambre de Joe, le regarde et compose un numéro à trois chiffres. Elle obtient le Dr Rossi dans son bureau. Elle dit au médecin qu’elle se trouve dans la chambre de Joe. 

Elle ajuste l’oreiller du frère du médecin. Michael vient et regarde dans l’œil de Joe avec un crayon lumineux. Michael prend son stéthoscope et ordonne 2 cc de chloropromazine pour Joe. Il s’agit d’un sédatif. 

Joe lui dit qu’il va quitter Peyton Place une fois qu’il sortira de l’hôpital, mais Mike lui demande de revenir vivre à la maison. 

Le médecin éteint la lumière et quitte la chambre. Il rencontre le révérend Tom Winter à la réception. Ce dernier se propose de veiller Joe pendant que le médecin se repose un peu. 

Michael le remercie. Il voudrait lui parler de Rita et lui demander d’aller la voir pour lui parler de la perte de son bébé, mais le révérend reçoit un appel de sa femme, Susan Winter. 

Au bout du fil, elle chantonne quelques mots, ce qui met Tom mal à l’aise. Il lui dit de rester où elle est. Il arrive. 

Après avoir raccroché, il dit à Michael qu’ils reparleront demain de Rita, puis il s’en va précipitamment, l’air perturbé. 


Épisode 418

jeudi 21 mars 1968

Une petite virée 

Joe Rossi a été contraint de prendre une décision. Son frère aîné, le Dr Michael Rossi, a exigé qu’il lui raconte toute l’histoire sur son passé récent. Les jours avant qu’il n’arrive à Peyton Place. Toute l’histoire sur ses implications criminelles qui l’ont forcé à s’enfuir. Mais Joe Rossi n’a pas l’intention de parler. Il espérait trouver chez son frère un sanctuaire. Un endroit où se cacher. Il se trompait. Et alors, une fois de plus, il se retrouve en train de fuir. Ce soir, Norman Harrington, totalement inconscient de la nature de la tension de Joe, a accepté à contrecoeur de le conduire à l’extérieur de la ville, à une intersection où Joe pourra trouver un camion capable de l’emmener loin. Loin du Dr Michael Rossi et de Peyton Place.

Il est tard le soir. Norman conduit sa voiture. Joe est à ses côtés. Ils s’arrêtent dans un restaurant routier.


Chez le Routier, Norman et Joe s’entretiennent. Une serveuse aux cheveux noirs leur sert du café. Norman dit à Joe qu’il ne veut pas aller jusqu’à l’intersection, près de l’autoroute. Et il sait que Joe ne veut pas non plus. 

Norman suggère à Joe d’appeler le Dr Rossi et de lui dire qu’il est désolé. Il lui parle de ses propres problèmes avec son grand frère Rodney, mais pour Joe ce n’est pas pareil, car lui a eu des démêlés avec la justice. 

Il dit qu’il est venu à Peyton Place pour faire amende honorable. Norman tend une pièce de monnaie à Joe pour qu’il téléphone à son frère Michael. Joe prend la pièce, se lève et va à la cabine publique. Il compose un numéro de téléphone, mais personne ne répond à l’autre bout du fil.


Le Dr Rossi frappe à la porte de l’appartement de Jill, à la maison d’hôtes de Mme Hewitt. Jill enlève la chaîne de sécurité et laisse entrer le médecin. 

Michael lui demande si elle sait où se trouve Joe. Elle lui répond qu’il est venu la voir tout à l’heure, mais qu’il est reparti.

— Joe m’a dit qu’il est le père de Kelly, et vous la mère, l’informe Michael.

— Et vous l’avez cru ? 

— Oui, parce qu’il ne ment jamais s’il n’en a pas intérêt, réplique le médecin.

Il lui demande quelle sorte d’ennuis Joe avait lorsqu’il était à New York. Sa sœur Lisa l’a appelé et lui a parlé d’un certain Dom, qui était en affaire avec Joe. Elle pense que c’est à cause de lui qu’il a quitté New York. 

Le médecin est persuadé que Jill connaît Dom et connaît le passif de cet homme avec Joe. Jill nie savoir quoi que ce soit. Elle demande à Michael de quitter sa chambre. 


Chez les Carson, Constance va à la fenêtre et aperçoit Betty qui s’approche. Elle ouvre la porte et invite la jeune femme à entrer. Betty lui demande si elle peut lui parler. 

Elle lui dit qu’elle n’a jamais vraiment compris Allison. Constance lui dit pourtant qu’Allison a toujours bien aimé Betty. 

Betty fait savoir à Constance qu’elle peut prendre soin du bébé d’Allison, mais qu’elle ne pourra jamais l’aimer. Constance la remercie pour son honnêteté. Mais elle ajoute qu’elle ne permettra pas à Rodney et à elle d’adopter le bébé si Betty ne consent pas à l’aimer. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit et Steven entre pour annoncer que l’audience pour la garde de Kelly est prévue demain à dix heures. 

Elliot le fait entrer, et Steven salue Betty. Mal à l’aise, Betty dit au revoir à Constance et Elliot, et elle s’en va. 

Constance préfère monter à l’étage plutôt que parler à Steven. L’avocat dit à Elliot qu’il ne voit aucun problème à ce que le juge leur accorde la garde, sauf si quelque chose d’imprévu se passe.

Elliot le prévient : il sait que Steven préfèrerait que Rodney ait la garde du bébé, ce qui pourrait faire rompre le couple qu’il forme avec Betty. Mais Steven lui dit qu’il est avant tout professionnel et qu’il va donner tout pour que les Carson obtiennent la garde. 


Au poste de police, le Dr Rossi demande au sergent Edward Goddard de l’aide pour retrouver son frère Joe. Mais il ne reçoit pas l’aide escomptée. Goddard lui dit que ce n’est pas l’affaire de la police. Joe est majeur et il a le droit de disparaître, d’autant plus qu’il n’est ni malade, ni dépendant. 


Dans l’appartement de Glover Street, Rita se repose dans sa chambre. Eddie ouvre la porte, pensant que c’est Norman qui est de retour, mais il s’agit en fait de Rodney.

Eddie aimerait qu’il lui parle de Joe Chernak. Rodney s’énerve à l’évocation de Chernak et lui dit qu’il ne l’a pas vraiment connu. Eddie insiste, sachant que Rodney lui ment. Il  lui dit que Joe Rossi fait rappeler Joe Chernak à Rita. Selon Eddie, Joe Chernak est encore en vie dans l’esprit de Rita. Elle est vraiment apeurée. 

Rita sort de la chambre. Elle dit tout à son père à propos de Joe Chernak. Elle ajoute qu’il méritait de mourir. Rodney lui répond que personne ne mérite de mourir. 

— Lui le méritait, murmure-t-elle. 


Steven va voir le Dr Rossi à l’hôpital pour lui parler de l’audience pour la garde du bébé. Michael lui dit qu’il sera probablement là. Steven représentera Jill Smith. Il lui dit que Jill se préoccupe du bébé. Le médecin lui fait savoir qu’il ne dira rien qui pourra aider l’avocat dans cette affaire.


Pendant ce temps, Norman et Joe sortent du restaurant routier et grimpent dans la voiture. Norman démarre pour se rendre jusqu’à l’intersection, près de l’autoroute. 

Norman conduit trop vite. Il prend un tunnel. Soudain, c’est le drame. La voiture dérape et fait des tonneaux. Un automobiliste, témoin du drame, s’arrête pour porter secours aux malheureux. Nous entr’apercevons le conducteur. Il s’agit du révérend Tom Winter, dont il s’agit de la première apparition. 


Épisode 417

lundi 18 mars 1968

La décision de Betty 

Rodney Harrington se rend chez Elliot Carson pour y confronter un fantôme. Le fantôme de l’amour de la fille disparue d’Elliot, Allison Mackenzie. Et un enfant semble être né de cet amour.

Rodney sort de sa décapotable et se dirige vers la maison des Carson. Il s’arrête un instant pour regarder l’abri à oiseaux qu’il avait installé avec Allison (dans l’épisode 32).


Rodney entre chez les Carson. Il va immédiatement vers Kelly, que Constance porte dans ses bras. Il est venu pour parler au couple. 

— Tout à été dit, rétorque sèchement Elliot. 

Constance dit que Kelly a besoin d’une sieste et l’emmène la coucher. 

Pendant ce temps, Rodney dit à Elliot qu’il est le père de Kelly. Pas parce qu’un morceau de papier le dit, pas parce que Jill le dit. Mais parce que c’est la fille d’Allison, et par conséquent, il ne peut qu’être le père. 

Elliot lui répond qu’il n’a aucun droit sur l’enfant. Ils se disputent au moment où Constance revient. Elle les calme en leur disant que Kelly n’est pas une marchandise pour laquelle on se bat. C’est une enfant et elle a besoin d’amour. 

Rodney lui répond que de l’amour, il veut lui en donner. Elliot n’est aucunement conciliant avec lui et lui répond qu’ils sont désormais les parents du bébé, et qu’il n’a pas son mot à dire. 

Rodney n’a pas l’intention de se laisser intimider par Elliot et leur dit qu’il ne baisse pas les bras. Il veut faire partie de la vie de Kelly et il compte bien remuer ciel et terre pour cela. 


Le Dr Rossi conduit sa décapotable rouge jusqu’aux docks et va parler avec son jeune frère Joe. Norman travaille avec Joe. 

Michael annonce à Joe qu’il a des nouvelles de la famille. Lisa a demandé après lui, de même que Tom. Ils ont appris à Michael que Joe venait d’être relâché de prison quand il est arrivé à Peyton Place, ce que son frère a pris soin de lui cacher. 

Le médecin ajoute que Lisa était vraiment très anxieuse de ne pas savoir où Joe se trouvait. Car là aussi, Joe ne leur a pas dit qu’il était à Peyton Place. 

Michael se met en colère parce que son frère lui a menti depuis son arrivée en ville. Il veut maintenant savoir toute la vérité sur le passé de Joe, et savoir aussi pourquoi il est à Peyton Place, et enfin savoir quel est son lien avec Jill Smith. Joe avoue à son frère qu’il est le père du bébé de Jill.


Rodney se rend à la fabrique pour parler à Leslie d’Elliot, d’Allison, de Jill et de Kelly. Il fulmine contre Elliot qui ne veut pas l’inclure dans la vie du bébé. Il pense qu’Elliot en veut encore à Leslie pour le meurtre de sa femme et il veut le faire payer à travers son fils. 

— À quoi t’attendais-tu ? s’exclame Leslie. 

Il dit à son fils qu’Elliot protège sa fille Allison. Rien ne dit que Rodney est le père de l’enfant. 

Rodney veut demander la garde de Kelly et souhaite l’aide de son père. Mais il la lui refuse. Il lui demande de penser à Betty. Rodney lui dit qu’ils comptent toujours se marier. 

— Et tu penses que Betty va accepter d’élever l’enfant d’Allison ? s’exclame Leslie. 

— Elle fera ce qui est juste, lui répond Rodney. 

Leslie pense que ce ne sera pas un bon démarrage pour leur mariage. À travers Kelly, Allison jettera une ombre entre leur couple. Il veut que son fils se marie avec Betty, mais il veut aussi que le couple puisse démarrer sur de bonnes bases. 


Jill descend les escaliers de la maison d’hôtes et se rend au Cider Barrel. Elle commande un cheeseburger et un verre de lait. 

— Sur place ou à emporté ? s’enquiert Charlie. 

— À emporter, lui répond Jill. 

Elle s’assoit et Rodney vient la rejoindre. Rodney demande à Jill pourquoi elle ne l’a jamais mentionné, et pourquoi elle a donné le bébé aux Carson et pas à lui, qui pourrait être le père. 

Il lui dit qu’il a vu le certificat de naissance et Jill lui répond qu’il n’est pas mentionné en tant que père. 

— Comment le sais-tu ? Comment sais-tu qu’il n’y a pas mon nom sur ce certificat ? interroge Rodney, soudain suspicieux. 

Jill n’a pas de réponse. Tout ce qu’elle peut dire, c’est qu’Allison lui a demandé de confier l’enfant aux Carson, pas à lui. 

Charlie pose le sac sur la table et demande 73 cents à Jill. Elle paie et s’en va. Avant de partir, Rodney lui dit qu’il a des droits sur l’enfant. 


La photo de Betty trône toujours sur le bureau de Steven Cord. Une façon pour l’avocat de penser qu’il y a encore un espoir de la reconquérir. 

Il regarde pensif par la fenêtre qui lui offre une vue du square, quand le téléphone bourdonne. Mlle Nolan lui fait savoir que Jill Smith est ici et veut le voir de toute urgence. Steven lui demande de la faire entrer.

Dès qu’elle pénètre dans le bureau, la tornade Jill se met en route. Elle lui dit que Rodney veut la garde du bébé et lui demande si cela pourrait se faire. Elle lui dit que Kelly n’a rien à voir avec Rodney. C’est par les Carson que le bébé doit être élevé. Ce que Steven ne comprend pas, c’est pourquoi cela perturbe Jill de savoir que Rodney pourrait avoir la garde. 

Cependant, il la rassure en lui disant que le certificat de naissance n’établit pas sa paternité. En voyant la photo de Betty sur le bureau, et après que l’avocat lui ait avoué que c’est son ex-femme, Jill comprend qu’il l’utilise pour briser l’union entre Betty et Rodney. Une femme ne voudra jamais élever un enfant illégitime. C’est sur ça que compte Steven. Elle le lui reproche. 

Steven rappelle à Jill que c’est elle qui est venue à lui, et non le contraire. Selon Steven, Rodney n’a aucune chance dans un procès pour obtenir la garde de l’enfant s’il n’est pas marié. 

— Nous gagnions tous les deux, conclut Kelly. 

Elle n’aime pas ça. Elle n’aime pas le fait d’être manipulée. 


Au magasin général, Eli déménage des objets tandis que Joe se précipite à l’intérieur et appelle Jill. Il est en colère. Eli lui dit d’agir à la manière d’un gentleman. 

Le vieil homme lui demande ce qu’il veut, mais Joe ne répond pas. Il veut juste savoir où est Jill. Eli se refuse à le lui dire tant qu’il ne se calmera pas. Comme Joe ne semble pas enclin à baisser le ton, Eli le met à la porte. 

Joe dit à Eli qu’il a de la chance, car il arrive à garder son sang froid. Il s’en va en claquant la porte. 


Rodney entre dans la pièce où Betty se trouve. Elle lui demande comme s’est passé son entrevu avec les Carson. Rodney lui répond que c’était tendu. Betty admet que Rodney, en tant que père, a des droits. 

Rodney dit à Betty qu’ils pourraient apporté un foyer à Kelly.  

— Mais les Carson la veut, lui oppose Betty. 

Rodney lui répond que les Carson ne remplaceront pas un vrai père. 

Betty a pris sa décision : 

— Dès que mon divorce sera prononcé, nous pourrons fonder un foyer avec Kelly. 

Rodney est heureux de cette décision. Ils diront à Kelly la vérité quand elle sera en âge de comprendre. 

— Ça va marcher, j’en suis sûr, affirme-t-il.   

Il y a cependant un bémol dans le tableau. Betty lui dit froidement : 

— Je l’habillerai, lui donnerai son bain, mais je ne pourrai pas l’aimer.

Rodney ne répond pas et s’en va. 


Dans l’appartement, Eddie Jacks fait à dîner pour Norman et Rita. Il demande à Rita qui est le mystérieux invité de dernière minute, mais Rita ne sait pas. 

Norman débarque avec le mystérieux invité, qui n’est autre que Joe. Eddie n’est pas content de le voir, mais ne dit rien. Rita fait également mauvaise figure, même lorsque Joe lui dit qu’il est le frère du Dr Rossi. 

Tandis que Norman met la table avec Eddie, Joe essaie de parler à Rita. Mais Rita semble avoir peur de lui. Elle fait tomber le livre qu’elle avait dans les mains et lorsque Joe veut le ramasser, leur main se rencontre et Rita a un soubresaut. Joe ne comprend pas son comportement. 

Lorsque Norman les appelle pour se mettre à table, Rita semble avoir passée une mauvaise journée et dit à Norman qu’elle veut aller au lit. Joe prend ombrage du comportement de Rita 

— Je ferai mieux de partir, lance-t-il. 

Ce qu’il fait.  

Norman sort à son tour et rattrape Joe. Il ne comprend pas pourquoi il s’en va aussi brusquement. Pour lui, tout semblait bien se passer, ils s’entendent plutôt bien, Joe accepte l’invitation… et d’un seul coup, il préfère partir ! 

Joe lui répond qu’il est ainsi fait. C’est dans son tempérament. Norman offre de le raccompagner en voiture jusqu’à la bifurcation. Joe accepte et ils partent en voiture.

De retour à l’appartement, Rita est encore en état de choc : 

— C’est comme s’il était revenu, dit-elle à Eddie. 

— Qui ?

— Joe !

Eddie ne comprend pas. Il lui demande si elle le connaît, mais Rita lui dit que c’est un autre Joe, et Eddie comprend qu’elle parle de Joe Chernak. Il avait entendu parler du procès retentissant de Rodney à l’époque. Joe Rossi rappelle à Rita Joe Chernak et c’est pour cela qu’elle est si bouleversée. Elle ajoute que lorsque le frère de Michael Rossi lui a touché sa main, elle a senti un froid. Elle ne l’aime pas et a un mauvais pressentiment.