Épisode 456

jeudi 22 août 1968

Une visite indésirable 

Pour la première fois depuis que Rodney Harrington a failli mourir de ses blessures après son accident de mobylette, sa femme Betty a des raisons de se réjouir. La paralysie complète qui a suivi l’opération de son mari s’est estompée, certes doucement, mais soudain Betty a repris goût à la vie.

Betty traverse le square jusqu’à l’hôpital.


— Serrez ma main, demande le Dr Miles. 

Rodney fait une grimace : 

— Je ne peux pas. 

Betty et Norman entrent dans la chambre rendre visite à Rodney. Michael est là également. 

Miles s’adresse à Rodney. Il pense qu’il pourra remarcher. Cependant, tout va dépendre de lui et de sa volonté. Il lui demande de ne pas baisser les bras, de se battre et de travailler dur sa rééducation. Miles et Rossi s’en vont.

Betty s’approche de son mari avec un grand sourire. Elle a confiance. Elle sait que tout ira bien. Le Dr Miles est confiant lui aussi. 

— Tu as entendu ce qu’il a dit ?

— J’ai aussi entendu qu’il n’y avait pas de garantie. Je pourrais être le plus âgé des hommes dans cette ville qui sentira partiellement sa main gauche, mais qui ne sentira plus rien du reste de son corps.

— Rod, tu dois garder espoir, et te battre. 

Mais Rodney semble avoir retenu de la visite du médecin qu’il n’y avait pas de garantie à ce qu’il retrouve l’usage de ses membres. 


Chez les Russell, Carolyn écoute de la musique dans le séjour. Marsha entre et la jeune fille éteint l’électrophone pour lui parler. 

Elle demande à brûle-pourpoint à Marsha si elle a une aventure avec le Dr Rossi. Elle a en effet remarqué que sa mère est rentrée très tard la nuit dernière. 

— Tu n’es pas revenue à la maison avant 3 heures du matin. Mais si jamais je reviens ne serait-ce que 15 minutes après mon couvre-feu, rien ne va plus.

Elle demande pourquoi il y a deux règlements. La réponse de Marsha est simple : Carolyn n’est encore qu’une adolescente. 

La jeune fille lui demande comment l’on sait qu’une personne qu’on fréquente est la bonne personne. Marsha lui dit que c’est une question de sentiments. Carolyn fixe sa mère d’un regard mauvais.

— Donc, pour le Dr Rossi, tu sais que c’est la bonne personne pour toi, mais pour Joe, tu penses que ce n’est pas la bonne pour moi. Qu’est-ce qui peut te rendre si sûre de ça ?

Excédée, elle s’en va en disant qu’elle va faire un tour.


Jill marche le long du quai jusqu’à la taverne d’Ada Jacks. Elle entre par la porte principale, passe devant deux clients, et se rend dans l’arrière-boutique. Ada est au bar servant des clients. 

Jill découvre Mme Thomas tenant Kelly dans ses bras. Elle lui prend le bébé. L’assistante sociale l’informe que c’est le Dr Rossi qui l’a prévenue qu’elle avait quitté la maison des Winter. Elle aurait préféré que Jill en personne l’en informe. 

Elle demande à Jill si son départ de chez les Winter est définitif.

— Vous avez parlé au Dr Rossi. Vous connaissez donc toutes les réponses, lui dit Jill, sur la défensive. 

Mme Thomas lui dit qu’elle n’est pas son ennemie. Elle est là pour le bien-être de Kelly.

— Pourquoi vous ne nous laissez pas tranquilles ? dit Jill d’une voix lasse. Kelly est mon bébé, je sais m’occuper d’elle.

— Avec deux emplois à temps plein ? Comment pensez-vous pouvoir vous en sortir ?

— J’aime ma fille.

— Parfois, ce n’est pas suffisant, Jill.

Mme Thomas l’informe qu’en attendant que la situation de Jill s’améliore, elle va devoir placer Kelly dans un foyer. Elle insiste bien pour lui dire que c’est provisoire. Jill opine. 

L’assistante sociale propose à Jill de téléphoner au Dr Markham (pas le Dr Markham présent dans les premiers épisodes et qui se trouve maintenant au Pérou) à l’hôpital afin qu’il examine la petite, pour s’assurer qu’elle va bien. Jill accepte et lui dit qu’il y a un téléphone à la taverne. 

Mme Markham se rend dans la salle de la taverne et appelle l’hôpital. Ada s’approche d’elle. Au téléphone, l’assistante sociale demande au médecin s’il peut voir un bébé cet après-midi pour un examen. Le Dr Markham est le pédiatre de l’hôpital. Il lui dit qu’il a un créneau disponible cet après-midi. 

Après avoir raccroché, Mme Thomas va dire à Ada que Jill est d’accord pour qu’on place Kelly dans un foyer temporairement. Elle retourne dans l’arrière-boutique, suivie par Ada, et découvre que Jill est partie. Ennuyée, Mme Thomas demande à utiliser une nouvelle fois le téléphone. Ada y consent.

— Elle n’a pas pu aller bien loin, dit Ada.

— Non, mais elle est allée trop loin, répond l’assistante.


À l’hôpital, dans la salle de rééducation, Betty et Steven viennent rendre visite à Rodney. Steven lui dit que c’est bien que la sensation lui soit revenue dans la main gauche. Il explique à Rodney pourquoi Betty se trouvait dans la voiture avec lui au moment de l’accident. Rodney n’était même pas au courant que Betty était avec lui. 

Steven est surtout venu lui dire que l’accident n’est pas sa faute et Rodney comprend qu’il est là uniquement pour se dédouaner. En colère, il demande à son demi-frère de sortir. Steven s’exécute. 

Betty essaie de convaincre Rodney qu’il ne s’est rien passé entre eux. Steven a insisté pour l’emmener en voiture parce qu’il avait un document important a montrer à elle, Rodney et Norman. 

— Tu aurais dû refuser, lui reproche Rodney.

Steven a toujours des vues sur elle, c’est indéniable, mais elle jure que ce jour-là, ce n’était pas le cas. 

— Tu aurais dû dire non, répète Rodney.


Chez les Winter, Susan est au bureau de Tom, en train de parler au téléphone. Elle se renseigne pour savoir si quelqu’un a vu Tom. 

C’est à ce moment que Tom arrive, monte à l’étage et commence à faire ses valises. Susan le suit et lui dit qu’elle s’est demandé toute la nuit où il pouvait bien être. Il enlève son col romain. Il dit à Susan qu’il a découvert que Jill était chez Ada Jacks. Jill va bien, tout va bien, le bébé va bien. 

Susan lui dit qu’elle est prête à faire table rase du passé, et aimerait qu’ils  repartent sur de bonnes bases. Elle l’aime et ne veut pas qu’il la quitte. Tom l’interrompt et lui dit que c’est fini, elle a gagné. Susan ne baisse pas les bras pour autant. 

— Dis-moi ce qui s’est passé hier soir. Je t’ai toujours dit la vérité. Je ne t’ai jamais menti à propos de mon problème d’alcool. Ne te renferme pas. Parle-moi. Dis-moi ce qui s’est passé hier soir. 

Tom ne répond pas et s’en va, laissant Susan désespérée. 


Épisode 455

lundi 19 août 1968

Incontrôlable 

Le révérend Tom Winter a servi sa congrégation avec toute sa foi depuis qu’il est arrivé à Peyton Place, voilà un an. Mais le Tom Winter dans la chapelle, à l’hôpital, dans des maisons de santé ; et le Tom Winter qui se surprend à marcher vers la taverne d’Ada Jacks sont deux différentes personnes.

Tom Winter quitte le Shoreline Cafe. Il voit Jill et l’observe. Elle rentre par l’arrière de la taverne. 


Tom s’approche du porche et frappe plusieurs coups à la porte. Finalement, Jill ouvre. Quand elle le voit, elle veut refermer la porte, mais il l’en empêche. Il entre dans la maison.

Il veut savoir comment elle va, et aussi comment va Kelly. Il s’est beaucoup inquiété pour elles. Il lui dit qu’elle a besoin de lui, comme lui a besoin d’elle. 

Jill ne veut rien entendre. Elle lui répond que c’est sa femme qui a besoin de lui, pas Jill. Le révérend affirme qu’il n’y a plus rien entre Susan et lui. Il veut qu’elle revienne. Ils peuvent construire une vie ensemble. Jill se détourne de son regard implorant :

— Je ne peux pas revenir. 

— Pensez à Kelly, vous risquez de perdre sa garde si vous ne revenez pas. Nous serons heureux tous les trois.

— Je ne vous aime pas. Pas de la façon dont vous m’aimez. 

Elle lui demande de la laisser tranquille une bonne fois pour toutes. Dépité, Tom fait volteface et s’en va, avec l’impression d’avoir tout le malheur du monde sur ses épaules. 


C’est dimanche aujourd’hui. À la chapelle, les Peytoniens sont réunis pour l’Office célébré par le révérend Winter. L’organiste joue un morceau au piano en attendant l’arrivée de l’homme d’Église. 

Eli est assis à côté de Rita et la remercie de l’avoir traîné ici. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas assisté à un Office. Rita lui demande de prier pour Rodney. Lorsqu’il lui demande de ses nouvelles, elle lui dit qu’il a la tête maintenue dans un appareillage effrayant, et qu’il est paralysé des jambes et des bras. Cependant, les médecins disent qu’il se pourrait qu’il retrouve l’usage de ses membres. 

Pour Eli, Rodney est en vie, c’est ce qui compte. C’est un jeune homme vigoureux et en bonne santé. Cela devrait compter pour sa guérison. Ils ne doivent pas perdre espoir. Rodney est bien entouré, par des gens qui l’aiment, et ça aussi fera beaucoup pour sa guérison. 

Ce dont Rita a peur, c’est de l’impatience du jeune homme. S’il retrouve l’usage de ses membres, ce ne sera pas avant longtemps, et le processus est très lent. Elle a peur qu’il perdre patience. Elle veut en parler du révérend après l’Office. S’il a pu aider Norman et elle, il pourra aider à coup sûr Rodney.

En parlant de perdre patience, Eli commence à trouver le temps long. L’organiste a fini son morceau, et ne voyant pas venir le révérend, en débute un autre. 

Eli se demande ce qui est arrivé à Tom. Il se lève du banc et va voir Mme Winter, dans le salon privé du couple. Susan est assise dans le canapé, en train de lire un magazine. Dans une main, elle a un verre d’alcool et de l’autre une cigarette. Ce n’est pas vraiment l’image que l’on se fait de la femme d’un révérend.

Eli lui demande si le Révérend est souffrant. 

— Oui, il est souffrant, remarque Susan. 

Mais elle ne fait pas d’autre commentaire. Elle se garde bien de lui dire pourquoi Tom n’est pas là. Eli insiste sur le fait que les paroissiens ont le droit de savoir pourquoi leur révérend n’est pas ici. Susan finit par admettre qu’elle ne sait pas où est Tom. Elle lui dit qu’il est probablement en train de courir après Jill Smith.

Eli lui rappelle que son devoir, en tant qu’épouse du révérend, est d’aller voir les paroissiens pour leur dire que l’Office ne pourra pas avoir lieu. 

— Vous avez raison, lui dit Susan.

Elle arrive devant la congrégation pour excuser son mari qui n’est pas là. Elle le fait remarquablement bien, et avec un brin d’humour apprécié par les paroissiens. L’excuse qu’elle prend pour justifier l’absence de son mari est qu’il souffre d’une sévère laryngite. Elle demande aux paroissiens de rester encore cinq minutes afin de prier et de méditer, et leur souhaite un bon dimanche.


À l’hôpital, Norman va voir Rodney. Il se force à être joyeux et positif, en lui disant qu’il vient lui faire un rapport détaillé sur leur business. 

— Laisse tomber, murmure Rodney.

Norman poursuit avec sa touche d’humour habituelle. Il lui dit qu’ils deviennent les rois de la moto, car il en a vendu deux en une seule journée. 

— Norm, laisse tomber, répète Rodney.

Il n’a pas envie d’en entendre davantage. Norman heurte accidentellement avec sa main le lit et Rodney lui dit qu’il a ressenti une secousse au niveau de sa main gauche. Il ne plaisante pas, il a vraiment senti quelque chose. 

Norman appelle le Dr Miles, qui est de garde ce dimanche. Le médecin l’examine. Rodney est déçu, car il sent seulement sa main gauche, et pas le reste de son corps. Cependant, Miles lui dit que c’est un signe encourageant. 

Norman téléphone immédiatement à Betty pour lui annoncer la bonne nouvelle.

Chez Rodney et Betty, le téléphone sonne et Betty répond, qui avait déjà ouvert la porte d’entrée pour partir, la referme et va répondre. Norman lui dit qu’il a une bonne nouvelle et tient le combiné à Rodney pour que ce soit lui qui lui annonce la nouvelle. Il lui raconte qu’il a légèrement bougé la main gauche. 

Betty est contente et voit là un signe de guérison. Elle lui dit que tout va bien se passer, et qu’elle arrive immédiatement. Elle raccroche et quitte la maison.


Steven Cord est venu travailler à son bureau en ce dimanche matin. Il aime bien se rendre au travail le dimanche : personne pour l’interrompre, le bâtiment est vide et pas d’appels téléphoniques intempestifs. Il peut donc bien se consacrer à son travail. 

C’est compter sans Susan Winter qui débarque à l’improviste, ayant vu sa voiture garée le long du trottoir.

Elle est venue pour lui dire que son mari, Tom, est en train de perdre pied. Il pourchasse Jill dans toute la ville. Elle s’inquiète énormément, tant pour lui que pour son mariage. 

Le téléphone sonne. C’est Norman qui l’informe que Rodney bouge la main gauche. Il remercie son demi-frère de l’avoir tenu au courant et raccroche. Pour Steven, plus rien ne compte que cette information, au point que Susan s’en va sans même qu’il s’en aperçoive. 


Joe parvient à la porte d’entrée de la maison de la plage et l’ouvre. Jill se trouve en face de lui. Elle cherche le Dr Rossi. On lui a dit à l’hôpital qu’il est ici. 

Joe lui demande si son prince charmant l’a trouvée. Il a remué ciel et terre pour elle. Jill n’est pas d’humeur et lui demande une nouvelle fois si Mike est là. 

Le médecin arrive et Jill demande à lui parler en tête-à-tête. Joe  refuse de partir. Il dit que si cela concerne Kelly, alors il a le droit d’être là. 

Jill s’énerve après Joe qui insiste. Michael demande à son frère d’aller faire un tour, lui promettant de ne pas parler de Kelly derrière son dos. Il leur donne cinq minutes et va dehors.

Mike offre une tasse de café à Jill. Kelly est à la taverne où Ada s’occupe d’elle. Tom Winter court après Jill et elle a besoin d’un endroit sûr pour rester. La taverne n’est pas forcément le meilleur endroit. Mme Thomas est sur son dossier, et elle n’a pas droit à l’erreur. Le médecin dit qu’il va parler à l’assistante sociale et lui expliquer la situation dans laquelle se trouve la jeune femme. Mais Jill ne veut pas prévenir le bureau d’assistance sociale à propos de Tom.

— Pourquoi ? lui demande Michael. Vous êtes une victime. 

— Mme Thomas ne verra pas cela comme ça. Le révérend Winter est très apprécié. 

Michael lui dit qu’elle ne doit pas avoir peur de Tom. Mais Jill n’est pas de cet avis. Joe revient. 

— Les cinq minutes sont passées, claironne-t-il. 

Excédée par son comportement, Jill s’en va. 

Le Dr Rossi dit à son frère qu’il existe un moyen pour qu’il conserve son droit parental : c’est que Joe et Jill se remettent ensemble. Joe ne l’envisage pas, disant que Jill la déteste. 

Mike lui dit qu’une réconciliation serait dans l’intérêt du bébé. Il appartient à Joe de prendre ses responsabilités de père. 

Joe secoue la tête.  

— Comment pourrais-je me remettre avec elle ? Elle est impossible. Vraiment impossible !


Épisode 454

jeudi 15 août 1968

À la recherche de Jill 

Le révérend Tom Winter est à la recherche de Jill depuis quelques heures maintenant. Il n’a trouvé aucune trace de la fille. Jill a apparemment quitté la maison avec son bébé durant la nuit. Il apparaît évident à Tom que Jill est partie à cause de lui. À cause de l’intense pression qu’il a exercée sur elle. Il a été incapable de contrôler ses sentiments pour elle. Actuellement, Tom fait face à une crise. Sa maison, son église, sa légitimité à servir Dieu. La fille qui le trouble tant se trouve quelque part. Tom Winter sait qu’il doit faire un choix.

Tom marche le long de Glover Street, passe devant le drugstore, puis devant le pilori, traverse la rue jusqu’à l’hôpital de Peyton Place. Il entre à l’intérieur du bâtiment.


Tom se rend au bureau des renseignements à la réception de l’hôpital. Mlle Choate lui tend plusieurs messages à son attention. Il lui dit qu’il veut parler au Dr Rossi immédiatement. Elle appelle le Dr Rossi et Tom lui attrape le téléphone des mains. Il dit au médecin qu’il doit le voir tout de suite. 

Lorsque Tom fait irruption dans le bureau de Mike, ce dernier crie après quelqu’un au téléphone. Il dit qu’il n’a pas besoin de rappeler que Rodney est dans un état critique, et que seule sa famille proche peut lui rendre visite : sa femme, son père, son frère et sa belle-sœur. 

Une fois qu’il raccroche, Tom lui demande des nouvelles de Rodney, en guise d’introduction. Le médecin l’informe qu’il n’y a pas de changement. 

Puis Tom en vient au sujet qui l’intéresse vraiment : où est Jill ? 

— Je ne l’ai pas vue depuis plusieurs jours, affirme le médecin. 

Tom insiste :

— Mike, si vous savez où elle est, vous devez me le dire. Je n’ai aucune idée d’où elle est ni ce qu’elle fait. J’ai pensé que vous ou votre frère pouvez m’aider. 

— Joe ne sait pas où elle est. 

— C’est le père de Kelly. Jill est peut-être avec lui.

Mike insiste sur le fait que Joe ne doit pas savoir où se trouve la jeune femme. Pourtant, Tom veut aller le voir sur les docks où il travaille. 

Le Dr Rossi le retient. Il veut savoir pourquoi Jill est partie. Est-ce à cause du problème d’alcool avec Susan ? À moins que ce ne soit à cause de lui.  Mike lui avoue qu’elle est venue lui parler il y a quelques jours afin de lui rapporter ses craintes sur les sentiments du révérend à son égard. 

Tom ne nie pas qu’il a des sentiments pour Jill. 

— Je ne peux pas y croire, murmure le médecin. 

— C’est arrivé, soupire le révérend. 

— Comment avez-vous pu laisser ceci arriver ? Est-ce que Susan est au courant ?

— Oui, je pense qu’elle l’est. 

— Êtes-vous amoureux de Jill ?

— Je ne sais pas. 

— Que ressentez-vous vraiment pour elle ? De la compassion ?

— Oui. 

— De l’attirance ?

— Oui. 

— De l’attention  ?

— Oui. 

— Dévotion ?

— Oui.

— Du désir ! hurle Mike. 

— Oui ! Oui ! Oui !

Michael est atterré. 

— Est-ce que vous pensez à tout ce pour quoi vous avez travaillé ? Tout ce en quoi vous croyez ?

Tom est désemparé. Mike lui conseille de rentrer à la maison, auprès de sa femme. 

— Je ne peux pas…

Le médecin est choqué. 

— Je ne vous laisserai pas faire. 

— Comment voulez-vous m’arrêter alors que je ne peux pas m’arrêter moi-même ?

Tom s’en va. 


Betty descend les escaliers de sa nouvelle maison, une ancienne grange près du Shoreline, en portant une plante. Elle ouvre la porte. Leslie se trouve devant elle. Il est venu lui dire au revoir. Un taxi l’attend. Il quitte Peyton Place maintenant qu’il sait Rodney hors de danger. Il note le fait que la maison de Betty et Rodney est une ancienne grange. 

— Tu dois trouver cela pittoresque, lui dit-il. 

Ils parlent de Rodney. Il veut savoir si Betty va s’occuper de son mari paralysé. Betty lui assure qu’il remarchera un jour. Elle y veillera. 

— Je m’en occuperai comme personne d’autre ne pourra le faire.

— Si Rita le dit, je la crois. En revanche, pour toi, je ne sais pas. Mais je te préviens Betty, ne fais jamais défaut à mon fils.

Leslie lui demande pourquoi elle était dans la voiture avec Steven. 

— Ce n’est pas ce que vous croyez, proteste-t-elle. 

— Alors, dis-moi.

— Steven était venu au magasin avec un document qu’il voulait absolument montrer à Rodney. 

— Quel document ?

— Je ne sais pas. 

— Tu ne sais pas ce que contenait ce document ?

— Non. Mais Steven a dit que c’était très important. Que ça pouvait changer tout. Alors je suis allé avec lui à la rencontre de Rodney. 

La réponse de Betty ne satisfait pas Leslie. En revanche, il sait que Betty ignore le contenu du document, et cela doit le rassurer. Il lui dit qu’il ne lui fait pas confiance. Steven et elle sont de la même veine : ils sont tous les deux ambitieux. 

— Sortez d’ici ! hurle Betty.

Leslie ne se fait pas prier. Il s’en va. 


Dans son bureau, le Dr Rossi commence à composer un numéro de téléphone, puis se ravise. Marsha frappe à la porte et entre. Il lui dit qu’il voulait justement l’appeler. 

Marsha avait espéré qu’il le fasse plus tôt. Michael lui rappelle l’accident de Rodney. Ils parlent de Rodney et Marsha se souvient qu’il avait gagné un baptême de l’air au cours d’un jeu. C’était il y a cinq ans. Mike lui dit qu’il s’en souvient. Il venait d’arriver à Peyton Place.

— Mike, quand je vous ai dit que je voulais prendre mon temps, je ne le pensais pas. L’accident de Rodney m’a fait penser que la vie est courte. Hier est passé et demain est incertain. Je veux pouvoir vivre l’instant présent. 

Michael est heureux de l’entendre. Ils s’embrassent tendrement, puis passionnément. 

— Tu as faim ? demande le médecin. On pourrait aller manger un morceau quelque part. 

— J’ai une meilleure idée, sourit malicieusement Marsha.


Au Cider Barrel, Tom est assis au comptoir. Susan arrive et quand il la voit, il l’entraîne au fond de la salle pour parler. 

Elle lui demande s’il a retrouvé Jill. Il répond que non. Elle se propose de l’aider à la trouver. Chacun de leur côté pourrait enquêter, et ensuite confronter leurs indices. Elle parle de ça comme d’un jeu. 

Tom lui demande de rentrer à la maison. Lui reste en ville tant qu’il n’aura pas trouvé Jill. Il a encore un espoir en la personne de Joe Rossi. 

— Oh oui ! Il l’a kidnappée et maintenant il la séquestre dans une cave sombre, plaisante Susan.

Tom lui demande d’arrêter de prendre tout à la légère et de plaisanter quand la situation ne s’y prête pas. Encore une fois, il lui demande de rentrer à la maison. Elle s’en va. 


À la taverne d’Ada Jacks, un jeune homme répondant au prénom d’Andy danse sur une piste de danse imaginaire. Ada lui demande formellement de ne pas danser. Andy lui répond que c’est parce que ses pieds sont endormis. En riant, Ada lui dit que ses pieds à elle la démangent. 

Tom entre et demande à parler en privé à Ada. Cette dernière est surprise de le voir ici. C’est la première fois que l’homme d’Église met les pieds dans sa taverne. Ils s’assoient à une table.

Tom lui dit que Jill a disparu. Il l’a cherchée partout, sans succès. Ada lui assure que Jill peut se prendre en main elle-même. Tom pense qu’elle pourrait être avec Joe Rossi. Ada conseille à Tom de rentrer chez lui. Tom la remercie et s’en va, en disant qu’il va revenir.

Ada se rend à l’arrière-boutique pour retrouver Jill, assise dans le canapé. 

La jeune fille la remercie de l’héberger pour cette nuit, et promet de partir demain. Ada lui dit que rien ne presse et qu’elle est là pour l’aider. Elle peut rester ici autant qu’elle le souhaite. Elle va jeter un œil bienveillant sur Kelly, endormie dans l’ancienne chambre de Rita.

Elle l’informe que Tom était ici. Elle peut alors voir la peur dans les yeux de la jeune fille. Elle la rassure, elle n’a pas dit au révérend qu’elle était ici. Tom Winter pense qu’elle est partie avec Joe Rossi. Ada retourne au bar où des clients l’attendent.


Tom descend une rue. Il s’arrête et s’appuie contre sa voiture, en face du Shoreline Dance Hall. Il entre au Shoreline où des adolescents dansent et Jeff joue avec son groupe. Il espère y trouver Jill. 

Il pense la voir danser avec Joe et l’appelle. 

— Jill !

La jeune fille blonde se retourne.

— Bonjour, révérend Winter. 

Ce n’est pas Jill. Joe danse avec une blonde, mais ce n’est pas non plus Jill. Joe dit à Tom : 

— Je sais qu’on marche sur les mêmes plates-bandes, mais je l’ai vue en premier. Et bien sûr, j’ai vu cette autre avant vous aussi. 

Tom insiste pour savoir où est Jill. Joe continue à railler Tom, le prenant pour un tombeur de filles blondes. N’en pouvant plus, le révérend frappe le jeune homme, puis s’en va. 

À l’extérieur du Shoreline Dance Hall and Cafe, Tom s’apprête à monter dans sa voiture quand il voit enfin Jill avec Kelly, sur le porche à l’arrière de la taverne. Il commence à courir après elle. 


Épisode 453

lundi 12 août 1968

Obsession  

Steven Cord a abandonné l’arme qu’il comptait utiliser contre Rodney Harrington. Cette arme était un reçu de 50.000 dollars signé par le père de Rodney et qui impliquait ce dernier dans une tentative d’assassinat sur la personne de Martin Peyton. Steven était déterminé à montrer ce reçu à Rodney à cause du conflit qui l’oppose à lui depuis qu’il a épousé son ex-femme, Betty. Maintenant, Rodney se bat contre la mort à l’hôpital de Peyton Place, victime d’un accident de mobylette. Un accident causé par Steven. Et il n’a plus aucun besoin d’avoir une arme contre Rodney. Ce dernier a suffisamment souffert, bien plus que ne le souhaitait Steven.

Steven se dirige vers l’hôpital. Il entre à l’intérieur du bâtiment, parle avec Mlle Choate dans le couloir, puis s’assoit sur un canapé. Il attend que l’infirmière parte pour se lever et entrer en radiologie où se trouvent les Drs Rossi et Miles.


Steven veut savoir comment va Rodney. Il plaide le fait qu’il est son demi-frère, et qu’il a donc le droit de connaître son état de santé. Michael et Harry restent évasifs. Ils ne connaissent pas encore l’ampleur des suites de l’opération.

Steven souhaite voir Rodney, mais les médecins s’y opposent formellement. Rodney ne doit pas s’énerver. Une contrariété risque d’augmenter sa pression sanguine et de provoquer des saignements au niveau du cerveau. Connaissant le passif entre Steven et Rodney, Michael juge préférable de ne pas accorder un droit de visite à l’avocat. 


Betty rentre chez elle pour trouver Rita travaillant à la cuisine. Abattue, Betty monte à l’étage. Rita lui apporte du café. Elle essaie de l’aider comme elle peut, mais Betty est vraiment déprimée. Elle ne se voit pas vivre sans Rodney.


Chez les Winter, Tom est assis sur le canapé et lit tandis que le téléphone se met à sonner. Il appelle Jill pour qu’elle décroche. Elle ne répond pas et c’est donc Tom qui se voit forcer de prendre l’appel. Personne n’est au bout du fil. Il raccroche et monte à l’étage voir Jill. Mais il découvre sa chambre vide. Jill est partie. 

Tom se précipite dans la chambre de Susan et lui demande où est Jill. Il accuse Susan d’avoir forcé Jill à partir. La femme du révérend lui dit qu’elle n’a rien à voir avec le départ de la jeune femme. Tom ne la croit pas. 

— Qui a-t-il ? crie Susan. Tu ne veux pas dire la vérité ? Tu m’accuses de chasser Jill de cette maison. Eh bien, ça ne te viendrait pas à l’esprit de penser qu’elle part à cause de toi ?

— Elle ne part pas à cause de moi.

— Oh, vraiment ? Pourquoi ne le voudrait-elle pas après qu’elle a découvert ce que tu voulais d’elle ?

Pour Susan, il est clair que Jill est partie parce qu’elle connaissait les intentions de Tom. Le révérend laisse sa femme pour partir à sa recherche.


Steven entre dans le magasin de mobylettes Harrington pour parler avec Norman. Il attend parce que son demi-frère termine une belle affaire. Après cela, Steven vient s’enquérir de l’état de santé de Rodney auprès de Norman. Ce dernier n’a pas envie de parler avec lui et lui demande de partir. 

Steven insiste. Norman lui demande alors pourquoi il était sur cette maudite route. L’avocat lui dit qu’il voulait lui montrer un document important, mais ne précise pas de quoi il s’agit. De toute façon, c’est Leslie qui maintenant détient ce document.

— Qu’est-ce que mon père a à voir dans cette histoire ? demande Norman. 

— Ça n’a plus d’importance. 

Il dit à Norman qu’il a le droit de connaître l’état de santé de Rodney. C’est son demi-frère, il fait partie de la famille.

— Quand j’ai offert mes services, tu as plaidé ma cause auprès de Rod, dit-il.

— Pourquoi est-ce que tu ne peux pas tout simplement nous laisser tranquilles, Steven ? Tout ce que tu touches porte malheur. La seule raison pour laquelle tu veux prendre part à notre business, c’est pour rester proche de Betty.


Tom arpente le quai, à la recherche de Jill. Il entre au Cider Barrel. Charlie le salue. Tom ne répond pas et regarde autour de lui, puis s’en va. 

Il va ensuite à la pension de famille et se heurte avec Eli, qui en sort. 

— Elle est ici ? s’enquiert l’homme d’Église.

— De qui parlez-vous, révérend ?

— De Jill. Elle est ici ?

— Elle n’a plus rien à faire ici. Elle habite avec vous désormais. 

Eli sent que Tom est fébrile et lui demande si Jill est partie de la maison. Tom avoue que oui. 

— Et Kelly ? demande Eli. 

— Elle l’a prise avec elle. 

— Pourquoi est-elle partie ?

— Un ridicule malentendu, dit Tom. 

Il demande à Eli de l’avertir si jamais il la voit. Puis il s’en va.


Au manoir Peyton, Steven se sert un verre. Il en tend un autre à Susan. Elle l’informe que Jill vient juste de partir de chez eux. Elle est malade de voir à quel point Tom s’est attaché à la jeune fille. Elle a peur pour lui, et aussi pour son couple. Cette fille lui fait perdre la tête.

Steven lui rappelle qu’il n’est pas en mesure d’écouter ses plaintes, et Susan se souvient de l’accident avec Rodney. Elle s’excuse. 

Elle a peur de perdre Tom. Steven lui dit qu’elle a joué et elle a perdu. Elle a réussi une partie de son plan, à savoir que Tom s’éloigne de son ministère. 

Susan ne pensait pas, alors, qu’il tomberait en pâmoison devant Jill. Elle pensait pouvoir le récupérer. Aujourd’hui, elle n’en est plus sûre.


Tom se rend à l’hôpital et croise Mlle Choate au bureau des renseignements. Elle lui donne ses messages et lui dit que Mme Newton veut le voir. 

Tom insiste pour parler avec le Dr Rossi. Mlle Choate lui dit que c’est impossible pour l’instant, car le Dr Rossi est occupé. Tom insiste pour qu’elle l’appelle. Il devient autoritaire avec l’infirmière en chef, qui consent finalement à prendre le téléphone pour appeler Michael. 

Tom lui prend le téléphone des mains, pour dire au médecin qu’il veut le voir immédiatement. Michael lui demande de venir à son bureau.

Tom s’arrête un instant devant la porte du bureau de Michael, respire profondément et entre.


Épisode 452

jeudi 1er août 1968

Les conseils du Dr Rossi 

La nuit dernière, Rodney Harrington a été admis d’urgence en chirurgie après son accident de mobylette. Aujourd’hui, les résultats de l’opération doivent être analysés et rapportés à la femme de Rodney, Betty.

Le Dr Rossi pose les radios sur l’écran lumineux.


Le Dr Rossi et le Dr Miles expliquent à Betty les conséquences de l’opération. Ils ont sauvé la vie de Rodney, mais il reste paralysé. 

— Il ne va pas mourir ? demande-t-elle à Rossi.

— Non, Betty, il ne va pas mourir.

— Vous en êtes sûr ?

— J’en suis sûr.

— Dieu merci !

Le Dr Miles explique à l’épouse de Rodney qu’ils ne savent pas s’il va recouvrir l’usage de ses bras et ses jambes. Rodney va devoir bientôt commencer des séances de kinésithérapie afin que ses muscles ne s’atrophient pas avec le temps. 

Il la prévient que la rééducation sera longue et compliquée. Rodney doit garder le moral pendant ce temps, c’est primordial à sa guérison. 

Elle demande à le voir. Les médecins acceptent et lui demandent de ne pas craquer devant lui.

En sortant du bureau de Michael, elle croise Steven, qui se lève de son fauteuil. Elle ne lui accorde qu’un regard méprisant avant de suivre le Dr Rossi dans la salle où se trouve Rodney.

Une infirmière prend le pouls de l’accidentée. Lorsqu’elle les voit entrer, elle s’éclipse. Rossi laisse Betty seule avec son mari.

Rodney est allongé sur le ventre. Sa tête est maintenue par un appareillage compliqué et effrayant. 

Elle se place devant lui. Elle ne dit pas un mot. À quoi bon parler ? Elle se penche et, tendrement, l’embrasse sur le front.

Dans le couloir, Norman et Steven attendent. L’un éloigné de l’autre. 

Leslie débarque et fonce droit vers Norman. Il veut savoir comment va Rodney et ce qu’il s’est passé. Le jeune homme informe son père que Rodney a repris conscience peu avant l’opération. Rodney est reconduit dans sa chambre, sous la surveillance d’une infirmière. Leslie s’approche de Rodney et lui parle.

Il lui dit que tout ira bien. Il prend les choses en main. Il va prendre soin de lui. Rodney ne répond pas. Leslie préfère le laisser se reposer et retourne auprès de Norman pour avoir des détails sur ce qui s’est passé.

Norman raconte à Leslie comment est arrivé l’accident. 

— Écoute, je sais que Rodney est ton préféré, je suis désolé, dit Norman.

— Norman, ne sois pas stupide, rétorque Leslie.

Il se tourne et aperçoit Steven.

— Que fait-il ici ? Est-ce qu’il est impliqué dans l’accident ? 

Norman opine. 

— C’est lui qui conduisait la voiture.

Leslie entre dans une colère folle et fonce vers Steven, qu’il accuse d’être à l’origine de l’accident. Steven lui dit qu’il n’y est pour rien. Ce n’était qu’un accident. 

Mlle Choate leur demande de ne pas se disputer. Ils sont dans un hôpital et le calme doit régner. 

— C’était un accident, plaide de nouveau Steven. La police a fait son rapport. Voyez avec eux.

— J’en ai bien l’intention. Tu ne t’en tireras pas comme ça. Pas après ce que tu as fait à mon fils. Tu ne t’en tireras pas comme ça.


À la maison de la plage, Joe descend les escaliers et surprend Mike assoupi dans le canapé. Il s’excuse de l’avoir réveillé, il ne l’avait pas vu. Michael lui dit que ce n’est rien.

Joe demande à son frère des nouvelles de Rodney. Le Dr Rossi lui répond qu’ils ne savent pas encore s’il va remarcher. Joe ne comprend pas comment ils ne peuvent pas savoir. Les médecins devraient tout savoir.

Tandis que Joe s’en va, Tom arrive et confie à Michael le problème d’alcoolisme de Susan. Il lui dit que s’il est taciturne en ce moment, ça n’a rien à voir avec Jill. 

Le problème est Susan. Il est seulement inquiet pour sa femme et il a peur que la boisson ne la détruise. Michael ne peut pas lui être d’une grande aide. Il lui dit seulement que si Susan veut se défaire de ses mauvaises habitudes, elle devrait se rendre dans un sanatorium pour une cure de désintoxication.

De retour chez lui, Tom a la surprise de découvrir Susan avec les cheveux noirs. 

— Qu’est-il arrivé à tes cheveux ?

— Oh, tu as remarqué, ironise-t-elle.

Susan doit certainement porter une perruque. Tom dit à Susan qu’ils doivent parler. Il lui dit qu’il a vu le Dr Rossi et que ce dernier a conseillé pour Susan une cure en sanatorium. 

— Tu as parlé au Dr Rossi ? s’exclame Susan. Pourquoi maintenant ?

Tom fronce les sourcils. 

— Que veux-tu dire ?

— Je veux dire que ça fait un bon bout de temps que je bois plus que de raison. Pourquoi as-tu demandé conseil au Dr Rossi seulement maintenant ? Tu aurais pu le faire plus tôt.

Tom lui dit qu’il ne voit pas où elle veut en venir. 

— C’est simple, dit-elle en se réservant un verre. Tu veux que je m’éloigne de la maison pour avoir le champ libre avec Jill.

— Tu racontes n’importe quoi !

— Vraiment ? Je ne crois pas. Si tu te souciais vraiment de moi, tu te serais occupé de mon problème bien avant. Tu veux juste rester seul ici avec Jill.

— Je veux que tu admettes que tu es une alcoolique.

— Je peux m’arrêter de boire quand je veux. Est-ce que tu peux stopper ton problème avec Jill comme tu veux ? lance Susan.

Écœuré, il quitte la pièce.


Au Colonial où Leslie a pris une chambre, Steven le rejoint à la réception. Il veut lui parler de l’accident, et de ce qui s’est passé juste avant. Au début, Leslie ne veut pas l’écouter, mais lui accorde finalement une minute. Ils s’assoient.

Steven lui dit qu’il a toujours voulu faire du mal à Rodney.

— L’accident était donc délibéré ! aboie Leslie.

— Non, bien sûr que non. Pour qui me prenez-vous ? Il se trouve qu’avant d’aller voir Rodney, j’ai montré ceci à Betty. 

Il lui montre un document. 

— J’ai convaincu Betty de le montrer à Rodney. On était en route pour aller le voir.

— Tu veux dire que Betty était dans la voiture ?

— Oui.

Leslie veut mettre fin à la conversation, mais Steven lui dit que ce document est le reçu signé de sa main au bénéfice d’Eddie. Il voulait s’en servir pour faire souffrir Rodney. Mais c’était avant l’accident. Maintenant, il ne peut pas faire ça à son frère.

— Ton frère ? s’exclame Leslie. Tu n’as pas de frère. Biologiquement parlant peut-être, mais c’est tout. Rodney et Norman ne t’ont jamais considéré comme de la famille. Tu n’appartiens pas aux Peyton. 

Steven lui laisse le reçu. Il ne veut plus s’en servir. Il s’en va en disant qu’il a mérité tout ce que lui a dit Leslie.


Épisode 451

lundi 29 juillet 1968

L’opération

Il y a quelques heures de cela, Rodney Harrington a été éjecté de sa mobylette, perdant immédiatement conscience. Il vient juste de se réveiller à l’hôpital. La femme de Rodney, Betty, était la passagère de la voiture que son mari a été obligé d’éviter, perdant ainsi le contrôle de sa mobylette. Maintenant, à son insu, Rodney revient à lui et croit qu’il a perdu la sensation du toucher.

Betty passe la porte d’entrée de l’hôpital de Peyton Place.


Le Dr Rossi et le Dr Miles sont avec Rodney. 

Rossi demande à Rodney s’il peut sentir quelque chose lorsqu’il passe un objet sous la plante de ses pieds et la paume de ses mains. Rodney avoue qu’il ne sent rien du tout.

On le conduit  hors de sa chambre d’hôpital pour l’emmener en  chirurgie. Betty peut le voir brièvement  dans le couloir. Elle lui dit qu’elle reste ici, près de lui, durant l’opération. 

Assis dans la zone d’attente, Steven ne dit rien. 


Au Shoreline Cafe, Jeff répète avec son groupe devant une Carolyn ébahie. Ils font une pause de cinq minutes durant laquelle Jeff parle d’études avec Carolyn. Elle ne reste pas longtemps, elle doit retourner à la maison. 

Carolyn quitte le Shoreline et rejoint Joe Rossi, en face, qui est occupé à ranger les mobylettes chez les frères Harrington. 

Elle commence à le charrier sur son nouveau travail, mais il lui dit qu’il n’est pas d’humeur à plaisanter. Il l’informe que Rodney a été blessé dans un accident et se trouve à l’hôpital, dans un état très critique. Les médecins ne savent pas s’il va vivre. 

Carolyn s’excuse, elle n’était pas au courant. Elle voit que Joe est bouleversé par ce drame. 


Chez les Winter, Susan joue au solitaire, tout en buvant beaucoup. Elle dit à Tom qu’elle s’ennuie et veut aller quelque part. Tom lui répond qu’il n’a pas le temps, et vu son état d’ébriété, il est préférable qu’elle reste à la maison. 

Jill descend et Susan en profite pour suggérer à Tom d’emmener Jill dîner dehors. Elle dit à Jill qu’elle restera ici pour s’occuper de Kelly. Jill est mal à l’aise devant la scène que fait Susan. 

Tom suggère à Jill de se faire un sandwich et de le manger dans sa chambre. Susan lui dit que ça ne sera pas la peine. Elle voit qu’elle est de trop et s’éclipse à l’étage. 

Tom attrape Jill, qui veut elle aussi monter. Il lui dit de ne pas prendre ombrage de ce que dit sa femme. Pris d’une impulsion, il l’embrasse. Puis, en colère contre lui-même, il recule. 

Jill, de son côté, est horriblement choquée par l’attitude du prêtre et quitte la pièce. 


Chez les Russell, Carolyn rentre à la maison et trouve sa mère ennuyée. Elle devait aller dîner avec Mike, mais elle n’a pas de nouvelles de lui. Carolyn lui dit qu’il est à l’hôpital. Elle lui apprend l’accident de Rodney. Marsha est désolée pour le jeune Harrington et comprend maintenant ce qu’être amie avec un médecin implique. 

Carolyn ajoute que c’est Joe qui l’a prévenue. Elle lui dit que Joe était vraiment bouleversé. C’est la preuve qu’il a des sentiments, comme tout être humain. Ce n’est pas un animal. Marsha lui dit qu’elle n’a jamais considéré Joe comme un animal. Elle ne lui fait simplement pas confiance. 


Au bureau des renseignements de l’hôpital, Tom demande à voir le Dr Rossi. Mlle Choate pense qu’il est venu pour Rodney, mais le révérend n’est au courant de rien et lui demande ce qu’il s’est passé. 

Elle l’informe que Rodney a eu un accident et que le Dr Rossi se trouve avec lui et le Dr Miles en salle d’opération. Tom va réconforter Norman et Rita. 

— Merci d’être venu, dit Rita qui elle aussi pense qu’il est venu spécialement pour eux. 

— Y a-t-il quelque chose que je peux faire ? s’enquiert-il. 

Rita lui demande d’aller parler à Betty, ébranlée par les événements. Tom ne veut pas s’incruster. Il se rend dans le bureau du Dr Rossi où Betty est assise dans le canapé. La pièce est plongée dans le noir. 

Elle demande à Tom si l’opération est terminée. Il lui répond que non. Il est ici parce qu’il pense pouvoir l’aider. Mais Betty ne voit pas comment. Il allume la pièce, et elle lui demande tout de suite d’éteindre la lumière. Ce qu’il fait. Il essaie de parler à Betty, mais, perturbé par ses propres problèmes, il bafouille. 


Eli rencontre Norman devant l’hôpital et lui demande des nouvelles de l’opération. Norman hausse les épaules : 

— Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. 

Eli lui dit que Rodney est jeune et fort. C’est ce qui le sauvera. 

Il suggère à Norman d’aller au magasin et de travailler pour s’occuper l’esprit.


Les médecins ont terminé l’opération. Ils parlent entre eux de l’issue de celle-ci. Mike suggère une angiographie. Harry est d’accord. Aucun des deux médecins ne peut encore se prononcer sur la guérison de Rodney. Il se peut qu’il reste paralysé. 

Comme l’a dit Eli, la condition physique peut aider Rodney à s’en sortir. Le point positif est qu’ils ont retiré les fragments d’os dans le cou. 

Ils prennent l’ascenseur, épuisés par les efforts qu’ils ont fournis. 


Épisode 450

jeudi 25 juillet 1968

État critique 

Rodney Harrington et Steven Cord se heurtent depuis des années. Rodney est né et a grandi dans le monde de Martin Peyton, c’est sans aucun doute l’héritier. Steven vient aussi du même monde. Mais les circonstances de sa vie l’ont éloigné du faste et de la richesse auxquels sa naissance lui donnait droit. Aujourd’hui, la destinée des deux demi-frères s’entrecroise par un choc d’une violence inouïe.

Norman et Rodney sont sur la mobylette. Steven et Betty arrivent en voiture dans l’autre sens. Et là… c’est le drame.


Steven s’arrête et court vers les frères Harrington. Il ordonne à Betty de prendre la couverture qu’il y a sur le siège arrière de la voiture. 

Voyant Norman en état de choc et Betty en train de paniquer, Steven prend les choses en main. Il demande à Betty de ne surtout pas toucher Rodney. Ce dernier ne réagit pas. 

Norman n’est que légèrement blessé. Il veut aller près de son frère, et de nouveau Steven lui dit qu’il ne doit pas le toucher. Il va chercher de l’aide.


Le téléphone sur le dock sonne. Joe Rossi sort de son Fenwick et va répondre. C’est Mlle Choate qui appelle depuis l’hôpital. 

Elle veut qu’il prévienne immédiatement le Dr Rossi qu’il y a une urgence. Joe lui dit qu’il sait où se trouve son frère et qu’il va immédiatement le prévenir. 

Joe se rend au Cider Barrel et prévient Michael de l’accident. Le médecin se précipite vers le téléphone public et demande à celui qui l’utilise de raccrocher parce qu’il a un appel urgent à donner. L’homme obtempère.

Mlle Choate lui dit qu’un accident de la circulation impliquant les frères Harrington vient d’arriver. Il doit immédiatement se rendre à l’hôpital.

À l’hôpital, Mlle Choate parle avec Norman et Betty.  Elle demande à Betty de se calmer et lui assure que son mari est entre de bonnes mains.

Dans une autre pièce, plusieurs médecins observent les radios de Rodney. Il y a Michael, Harry Miles (dont c’est la première apparition), et la Dr Lodge. Ils s’aperçoivent que la colonne vertébrale a été touchée. Plusieurs os se sont brisés et ils vont devoir opérer pour retirer les morceaux.

Tandis que les autres médecins s’en vont, Michael parle en privé au Dr Miles. Ce dernier se dit prêt à opérer. Mais il leur faut l’accord de la femme de Rodney. Michael lui dit qu’il s’en occupe.


Mike sort dans le couloir et rejoint Norman et Betty. Norman veut savoir comment va son frère. Mais le médecin doit avant tout parler en privé à Betty dans son bureau. 

Il lui dit que Rodney est sérieusement blessé au cou et qu’il est paralysé. Ils doivent l’opérer bientôt. Le médecin rassure Betty en lui disant que Rodney a toujours été en bonne condition physique, ce qui est un grand avantage lorsqu’on se fait opérer. 

Betty doit donner son accord pour l’opération. Pour elle, cela signifie que la vie de son mari tient en une signature. 

Norman arrive et demande plus de détails au Dr Rossi. Celui-ci lui dit que la colonne vertébrale a été touchée et que Rodney est paralysé. Une opération pour retirer les morceaux d’os brisé est programmée. 

Rossi et Norman laissent Betty dans le bureau du médecin. Steven entre et s’approche d’elle. Il lui demande des nouvelles de Rodney. Mais Betty ne veut pas le voir. Elle lui demande de la laisser seule. Elle est affalée sur le canapé et fait peine à voir. 

Steven se permet d’insister. C’était un accident et il se sent fautif. Une nouvelle fois, Betty lui demande de partir. Et une nouvelle fois, il insiste. 

— Tu vas nous détruire, c’est sûr, lui dit Betty. 

— Je ne comprends pas…

— Tu es toujours après nous. Tu nous harcèles, tu gâches notre mariage et maintenant… 

Elle lève les yeux vers lui d’un air de défi :

— Maintenant, tu nous détruis, tu as détruit l’homme que j’aime le plus au monde. Le seul homme que j’ai jamais aimé. 

Ces paroles sont d’une violence inouïe pour Steven, mais Betty devait le faire, elle devait le lui dire. Penaud, Steven s’en va.


À l’appartement, Rita prend son mal en patience. Dans la chambre, elle remonte le réveil, puis elle va regarder par la fenêtre dans l’espoir de voir arriver Norman. Enfin, elle fait la vaisselle tandis qu’elle entend des bruits de pas monter l’escalier menant à l’appartement. Elle sourit, pensant qu’il s’agit de Norman, mais quand on frappe à la porte, son sourire s’efface. Elle ouvre à  Joe Rossi.

Joe lui raconte ce qui s’est passé. Rita lui dit qu’elle en avait parlé avec Betty et qu’elles étaient pratiquement sûres qu’un accident comme celui-ci allait arriver. Elle prend son sac et part pour l’hôpital. Joe l’accompagne.

Là-bas, elle rejoint Norman dans l’aire d’attente. Il lui dit que le Dr Rossi ne connaît pas l’ampleur des dégâts pour Rodney, ni comment il ira après l’opération. Il risque d’être paralysé pour toujours, voire même de ne pas s’en sortir. 

Rodney conduisait la mobylette, Norman était le passager. Rodney s’est cogné la tête contre un arbre lors de l’accident. Rita lui demande à son mari comment il va. Il lui dit qu’il n’a rien. Il lui montre la pièce. Celle qui a servi à pile ou face pour savoir qui allait conduire la moto. C’est cette pièce qui a décidé du destin de Rodney. Si le hasard avait voulu que la pièce tombe sur « face », c’est Norman qui aurait conduit, et peut-être que l’accident n’aurait pas eu lieu.


Betty arpente la rue, devant l’hôpital. À l’intérieur, les médecins examinent les radios de Rodney. Celui-ci est inconscient. Le Dr Miles donne des ordres. 

Enfin, Rodney ouvre les yeux et se réveille doucement. Il dit qu’il ne peut pas bouger ses bras ni ses jambes.


Épisode 449

lundi 22 juillet 1968

Pile ou face

Susan Winter a joué avec son mariage. Il y a quelques heures à peine, elle a pris l’avantage avec la réaction de Tom Winter à la visite de l’assistante sociale qui a déclaré la maison des Winter comme « environnement idéal » pour Jill Smith et son bébé. Elle a vu l’amertume de Tom et son mépris pour lui-même. Immédiatement, en prétextant un voyage hors de la ville pour rendre visite à une amie soi-disant malade, elle laisse la maison à Tom et Jill. Maintenant, elle sait que son mariage est en jeu. Mais elle parie sur elle-même et sur la compréhension de son mari.

Susan Winter approche de la maison. Elle entre, enlève ses chaussures et monte à l’étage.


Susan se rend dans la chambre où Tom l’attend. Elle parle comme si de rien n’était, mentant sur son pseudo-voyage, quand soudain, Tom la gifle. 

Interloquée, elle lui demande pourquoi il  fait ça. 

— Parce que tu es une menteuse ! vocifère-t-il. 

Il lui répond qu’il sait qu’elle lui a menti depuis le début. Il a appelé Jill Wilbur, l’amie censée avoir eu un accident. Elle allait très bien. Tellement bien qu’elle les a invités à venir faire de la voile le week-end prochain !

Susan essaie de se défendre en se prenant pour une victime puisqu’il l’a frappée. Mais il lui demande de ne pas inverser les rôles.

— Je voulais m’enfuir de cette maison, explique-t-elle. J’y étouffe. J’ai donc inventé cette innocente excuse.

— Il n’y a rien d’innocent dans ton mensonge, prétend Tom. Parle-moi plutôt du plan. 

Susan fait semblant de ne pas comprendre : 

— Le plan ?

— Celui que tu as bien pensé et fait éclore depuis que tu as invité cette fille à venir vivre chez nous.

— Je ne veux pas t’écouter. 

— Pourtant tu vas le faire. 

— Ou quoi ? Tu vas encore me frapper ?

— Tu aimerais ça, n’est-ce pas ? Tu aimes te considérer comme une victime. J’ai tout compris, Susan. Depuis longtemps, tu veux me détourner du ministère parce qu’il me prend trop de mon temps. Jusqu’ici, tu as fait de vaines tentatives. Alors tu as décidé de passer à l’étape supérieure. En demandant à une fille extrêmement séduisante et vulnérable de venir vivre ici, tu pensais que cela allait me détourner de l’église. 

— J’essaie de sauver notre mariage, Tom. Tu ne le vois pas ? Si je n’étais pas sortie aujourd’hui, je me serais mise à boire. 

— La boisson te fait faire n’importe quoi.

— Je t’aime Tom. 

— Et c’est pour ça que tu as mis au point ce « piège à séduction » ? En amenant Jill dans cette maison ?

— J’ai aussi voulu qu’elle parte. Mais tu ne voulais pas.

— À cause du bébé, tu le sais très bien. Si elle quitte notre maison, elle peut en perdre la garde.

— Tu te caches derrière l’excuse du bébé. Tu utilises cette enfant pour garder Jill auprès de toi !

Écœuré par cette trahison et le comportement de sa femme, Tom quitte la pièce.


Dans la cuisine des Russell, Marsha entre et est surprise de ce qu’elle découvre :

— Qu’est-ce que tout cela ? 

Carolyn a préparé le petit déjeuner. Elle a versé du jus d’orange et a préparé des toasts. Cela ne lui ressemble pas. Elle propose à sa mère de cuire du bacon et des œufs. Marsha suggère plutôt des céréales. 

Tout en dégustant le repas matinal, Carolyn dit à sa mère qu’elle pense pouvoir maintenant accepter le divorce de ses parents. Elle se rend compte qu’elle a été affreuse avec sa mère. 

— Tu étais blessée, lui répond Marsha. 

— Et je n’arrivais pas à accepter le fait que c’était fini entre vous deux, complète Carolyn.

Elle ajoute que maintenant que son père s’en va, elle va être plus indépendante et sortir avec qui elle veut. Marsha lui dit que ce n’est pas une réaction très mature. 

Dehors, on entend un coup de klaxon. Quelqu’un vient chercher Carolyn pour aller au lycée. Elle prend ses livres, embrasse sa mère et s’en va.


Steven se rend en voiture au magasin de mobylettes pour voir les frères Harrington. Betty le reçoit. 

— Je voudrais parler à M. Harrington, ou M. Harrington, plaisante Steven.

Betty lui dit qu’aucun des frères n’est ici pour le moment. Ils livrent une moto à un client.

Steven lui parle du contrat de 50.000 dollars qu’il a pris à Boston. Betty le compare à « l’ange de la mort ». Il lui dit qu’elle devrait lire ce contrat, car il implique non seulement Norman et Rita, mais aussi Rodney. 

Il suggère d’aller en voiture à leur rencontre pour en parler. Elle accepte de le suivre. Elle pose un panneau « fermeture » sur la porte du magasin (mais ne ferme pas la porte à clé. Après tout, nous sommes à Peyton Place).


Tom Winter marche dans la rue et passe devant la bibliothèque. Il est rejoint par le Dr Rossi qui l’invite à un rapide déjeuner. Il suggère un sandwich au drugstore. 

Mike veut lui parler de Jill, mais Tom n’est pas disposé à le faire. Le médecin lui dit que quand quelque chose ne va pas, il est bien d’en parler à quelqu’un. Tom rétorque que quand quelque chose ne va pas, il prie. Puis il s’en va. 


Rita entre au Cider Barrell et s’installe au petit comptoir. Elle commande une crêpe à Charlie. Carolyn est à côté d’elle et se présente. 

La discussion est agréable entre les deux jeunes femmes. Carolyn est curieuse de savoir comme est le mariage, et interroge Rita. Elle aimerait connaître la réaction de la mère de Rita à l’annonce du mariage. 

— Votre mère n’a pas fait de crise lorsque vous lui avez appris ?

Rita raconte que sa mère est une femme compréhensive et qu’elle a accepté son mariage avec Norman sans problème. 

Elles ont comme point commun le divorce de leurs parents respectifs. Rita lui dit que parfois, le mariage fonctionne, et parfois il ne fonctionne pas. Carolyn est très intéressée par ce que lui dit Rita et des conseils qu’elle lui prodigue. 


À l’extérieur de la ville, Rodney et Norman rencontrent un motard et ils lui demandent de l’aide pour la course qu’ils comptent organiser. 

Puis ils rentrent en mobylette. Norman veut conduire cette fois. Mais Rodney refuse. Devant l’insistance de Norman, il lui propose de tirer à pile ou face. Il prend « face ». Norman jette la pièce, et c’est « pile ». C’est donc Rodney qui va conduire.

Sur le chemin de retour, ils rencontrent la voiture de Steven, qui est avec Betty. La collision est inévitable. Le véhicule de Steven heurte la mobylette de plein fouet. 

Les frères Harrington sont projetés hors de la moto, et dévalent un talus. Rodney heurte sa tête contre un arbre et git, inerte. Steven va voir comment va Norman tandis que Betty se précipite vers Rodney. En le voyant inanimé, elle étouffe un cri d’horreur.


Épisode 448

jeudi 18 juillet 1968

Le reçu 

Ce soir, le Révérend Tom Winter a quitté la maison en colère après une dispute avec Jill Smith. Jill a refusé d’accepter les explications de son récent comportement vis-à-vis d’elle. Pour Jill, sa main tendue vers elle, ses regards, tout découle des sentiments qu’un homme a pour une femme. Tom nie cela, et nie, et nie encore jusqu’à ce qu’il s’en persuade lui-même. Maintenant, d’une façon ou d’une autre, Tom doit faire face à la vérité et à l’état de son mariage avec Susan Winter.

Tom grimpe les marches du kiosque à musique. On peut voir la caserne des pompiers de Peyton Place en arrière-plan.


Eli s’approche de Tom et le salue. Ils évoquent un verset de la Bible. Tom a l’air déprimé, mais Eli ne semble pas s’en apercevoir.

Il pense que le mariage de Rita et Norman est enfin sur les bons rails, grâce à lui.  

— C’est comme le soleil, commence Eli. Nous savons qu’il est là. Il fait partie de nous, et sans lui, nous sommes dans les ténèbres.

Le mariage de Rita et Norman est sauvé, et Eli le remercie.

— Il y a un autre mariage à sauver, songe Tom en descendant les marches du kiosque. 

Eli le regarde partir sans comprendre ce qu’il a voulu dire.

De retour chez lui, Tom frappe à la porte de la chambre de Jill. Elle enfile sa robe de chambre et va ouvrir. Jill s’excuse auprès de lui. Tom appelle cela un compréhensible malentendu. C’est sa façon à lui de s’excuser.

Tom est embrouillé et troublé. Jill offre de partir de chez eux. Mais Tom lui dit qu’elle doit penser à elle et Kelly. Elle pourrait perdre la garde de sa fille si jamais elle quittait cette maison. Il lui demande d’y réfléchir.


À Boston, Steven est dans une limousine. Il va voir William « Bill », Kennerly Jr. Il sort et paie le chauffeur.

Bill Kennerly, dont le bureau est situé au numéro 307 d’une grande tour, se plaint à Steven des documents retrouvés éparpillés partout dans la chambre de la clinique de Peyton. Il a passé des heures à les ranger et les consulter.

Il s’inquiète au sujet de la vente de la fabrique. Steven aimerait savoir qui la reprend, mais Bill est tenu au secret professionnel. Steven, lui, s’inquiète de perdre le contrat avec la fabrique.

Bill se pose également des questions sur les 50.000 dollars que Peyton a donnés à Eddie Jacks. Steven est interpelé par cette transaction peu banale. 

Bill aimerait savoir où se trouve Eddie pour avoir des explications. Il lui montre le reçu, mais n’a aucune explication quant à savoir pourquoi Peyton les a donnés à un homme qu’il connaissait à peine. 

Steven devine qu’il s’agit là de l’argent laissé à Rita et Norman. Il fait « accidentellement » tomber une pile de papiers que Bill ramasse, pour voler subrepticement le reçu des 50.000 dollars.


Au Cider Barrel, Jeff et Carolyn parlent de leur test tout en mangeant. Joe arrive, prend sa commande, et va parler à Carolyn. Puis il s’en va. 

Jeff considère Joe comme une crapule, mais Carolyn prend sa défense. Au Shoreline, il n’était pas venu pour se bagarrer, il était là simplement pour danser. 

Jeff accuse Carolyn de l’utiliser afin de rendre jaloux Joe Rossi.


Le Dr Rossi boit un café au Colonial Post Inn. Fred Russell entre et se présente à lui. Fred lui demande s’il a prévu de déjeuner avec Marsha. 

Michael lui dit que leur conversation est déplacée, étant donné les circonstances. Fred assure au médecin qu’il n’est pas son ennemi. Entre lui et Marsha, c’est fini. Il n’a donc rien à craindre de lui.

Fred lui demande si entre lui et Marsha ce n’est qu’une passade ou bien si c’est sérieux. Mike lui dit que cela ne le regarde pas. 

— Tout ce qui concerne Carolyn me regarde, lance Fred. 

Il aimerait que Mike s’occupe de Carolyn en son absence. Le médecin lui dit que Boston n’est pas loin, et que Carolyn n’a qu’un père. Il ne veut pas être un père de substitution.

Marsha arrive. Fred parle brièvement avec elle tandis que la serveuse vient annoncer qu’ils sont complets. Fred, ayant réservé une table pour lui, la donne au couple et s’en va. Avant de partir, il serre la main de Michael.

Marsha et le Dr Rossi s’apprêtent à dîner tout en parlant de Fred et de Carolyn. Michael appelle Ellie, la serveuse, et passe commande.


Steven entre à la taverne.

— C’est fermé, dit Ada, assise sur une chaise.

— Ça tombe bien, je n’ai pas soif, ironise Steven.

— Vous êtes dans un débit de boisson. Si vous n’avez pas soif, passer votre chemin.

Steven la rejoint, faisant fi du conseil de la patronne du bar. 

Il parle à Ada des 50.000 dollars que Peyton a donnés à Eddie, et qu’ensuite Eddie a donnés à Rita et Norman. Steven veut recoller les morceaux d’une histoire qui ne colle pas. Il informe Ada que Peyton avait un reçu du même montant fait par Leslie pour Eddie dans son porte-document à la clinique de Boston. 

Steven pense que Leslie a engagé Eddie pour tuer Peyton, et que Peyton a récupéré le reçu l’incriminant. Ada dit qu’elle ne sait rien à ce sujet. Mais Steven pense qu’elle ment pour protéger Rita.


Susan rentre à la maison et se sert un verre. Elle enlève ses chaussures et monte à l’étage. 

Elle trouve Tom à l’étage et lui parle de son « voyage », en lui disant que son amie va beaucoup mieux. Elle se retourne et, soudainement, Tom la gifle. 

Si elle est choquée, le visage du révérend est quant à lui sans expression. 


Épisode 447

lundi 15 juillet 1968

L’ex-mari 

Le révérend Tom Winter vient juste d’entendre dire que sa maison est décrite comme un environnement idéal pour la jeune Jill Smith et son bébé. Sa maison n’est pas idéale. Parce que Tom Winter se bat contre ses sentiments envers Jill depuis quelque temps maintenant. Un fait que sa femme, Susan, suspecte ; et pour des raisons qui lui appartiennent, s’en réjouit.

Tom se tient dans le sanctuaire lorsque Susan entre et s’assoit sur le banc de la deuxième rangée, à la gauche de la congrégation. 


— À quelle heure est ton prochain sermon, Tom ? s’enquiert l’épouse du révérend. 

Tom fixe l’autel, l’air déprimé, et soupire :

— Dès que j’aurais trouvé un sujet valable. 

Susan se lève : 

— Et si tu parlais de la conscience ?

Elle tourne les talons et quitte le sanctuaire.

Elle traverse le salon et vérifie l’emploi du temps de son mari posé sur la table de travail du révérend. Une idée lui vient à l’esprit. Elle appelle l’opératrice et demande à être rappelée au 555-2100 afin de tester le téléphone. 

Elle raccroche. Peu de temps après, le téléphone sonne. Susan décroche, et remercie à voix basse l’opératrice. Elle fait semblant d’être en ligne lorsque Tom entre dans la pièce : 

— Comment va-t-elle ? Oh, Arthur, c’est terrible, j’arrive tout de suite. 

Elle raccroche. Naturellement, Tom lui demande ce qu’il se passe. Elle lui dit que son amie Jean Wilbur, de Boston, vient d’avoir un accident de la route. 

Elle demande à Tom si elle peut s’y rendre pour aller la voir. Elle aimerait que Tom vienne avec elle (sachant très bien qu’il ne peut pas).  

Tom consulte son emploi du temps et lui répond qu’il a beaucoup trop de rendez-vous et n’aura pas le temps de la déposer en ville. Il lui suggère d’y aller par ses propres moyens. Elle remercie Tom et, avant de partir, lui dit qu’elle sera de retour pour le dîner.


Fred se rend chez Marsha pour récupérer Carolyn. Ils ont décidé d’aller manger un morceau en ville. La conversation se passe bien. Fred lui annonce qu’il va quitter Peyton Place pour Boston, car il vient d’être muté. 

Marsha lui demande si Carolyn est au courant, et Fred compte le lui dire lors de leur sortie. 

Le téléphone sonne. Marsha répond. C’est le Dr Rossi. D’excellente humeur, il veut discuter, mais ce n’est visiblement pas le bon moment pour Marsha. Elle lui dit qu’elle est avec Fred et qu’elle le rappellera. Elle raccroche. 

Ayant compris, Fred dit à Marsha qu’il est content qu’elle sorte à nouveau avec quelqu’un. Il la remercie pour ne pas avoir donné à leur fille la vraie raison de leur divorce.


Dans la nouvelle maison des Harrington, Betty est sur la mezzanine tandis qu’en bas, installé sur le canapé, Rodney explique les détails de la réparation d’une mobylette à Norman. 

Rodney a l’idée d’organiser une course de cross-country afin de se faire de la publicité. Ils pourraient même y participer. À condition que ce soit Rodney qui conduise. Betty aimerait beaucoup conduire un de ces engins. 

Mais Rodney lui répond que c’est beaucoup plus dangereux que ça en a l’air. Justement, Betty s’inquiète pour Rodney, qui a toujours tendance à rouler vite. Elle ajoute qu’elle ne pourrait pas le supporter si jamais quelque chose arrivait à Rodney.


Au Cider Barrel, Fred Russell s’assied à une table avec Carolyn. Charlie vient prendre la commande. Carolyn commande une combinaison burger hot-dog avec pommes de terre et salade. 

Son père, peu friand de fast-food, ne prend qu’une double limonade avec glaçons. Carolyn n’aime pas voir son père se rationner de la sorte. 

Elle pense que sa mère va bientôt souffrir d’une dépression post-divorce. Mais son père lui demande d’accepter une bonne fois pour toutes le divorce. Il sait que sa mère voit quelqu’un d’autre. Carolyn lui parle du Dr Rossi et lui dit qu’il n’est pas du tout comme Fred. Ce dernier l’espère bien.

Il lui avoue enfin qu’il va partir à Boston. Carolyn le prend mal.  Elle ne va pas supporter de ne plus le voir. Fred lui dit qu’elle viendra certains week-ends, et aussi pour les vacances. Terriblement déçue, Carolyn se lève et quitte le Cider Barrell sans laisser à son père le temps de s’expliquer. 


Portant un plateau, Jill entre dans le bureau de Tom. Elle lui a apporté un sandwich et un café. Il n’a pas faim et se fâche lorsqu’elle insiste pour qu’il mange. 

Il travaille sur un nouveau budget très important. Tom est sur les nerfs et il est froid avec elle. Elle voit des lettres sur son bureau et lui dit qu’elle ira les poster demain. 

Il entre dans une colère froide lorsqu’il apprend qu’elle n’a pas posté les lettres aujourd’hui comme il lui avait demandé. Elle jure qu’il ne lui a jamais demandé de poster ses lettres, mais il insiste en lui disant que cela ne fonctionne pas entre eux. 

Elle lui dit qu’elle n’a jamais demandé à venir vivre ici. Il est irritable et dur avec elle et lui demande de sortir de cette pièce.