jeudi 22 août 1968
Une visite indésirable
Pour la première fois depuis que Rodney Harrington a failli mourir de ses blessures après son accident de mobylette, sa femme Betty a des raisons de se réjouir. La paralysie complète qui a suivi l’opération de son mari s’est estompée, certes doucement, mais soudain Betty a repris goût à la vie.
Betty traverse le square jusqu’à l’hôpital.
— Serrez ma main, demande le Dr Miles.
Rodney fait une grimace :
— Je ne peux pas.
Betty et Norman entrent dans la chambre rendre visite à Rodney. Michael est là également.
Miles s’adresse à Rodney. Il pense qu’il pourra remarcher. Cependant, tout va dépendre de lui et de sa volonté. Il lui demande de ne pas baisser les bras, de se battre et de travailler dur sa rééducation. Miles et Rossi s’en vont.
Betty s’approche de son mari avec un grand sourire. Elle a confiance. Elle sait que tout ira bien. Le Dr Miles est confiant lui aussi.
— Tu as entendu ce qu’il a dit ?
— J’ai aussi entendu qu’il n’y avait pas de garantie. Je pourrais être le plus âgé des hommes dans cette ville qui sentira partiellement sa main gauche, mais qui ne sentira plus rien du reste de son corps.
— Rod, tu dois garder espoir, et te battre.
Mais Rodney semble avoir retenu de la visite du médecin qu’il n’y avait pas de garantie à ce qu’il retrouve l’usage de ses membres.
Chez les Russell, Carolyn écoute de la musique dans le séjour. Marsha entre et la jeune fille éteint l’électrophone pour lui parler.
Elle demande à brûle-pourpoint à Marsha si elle a une aventure avec le Dr Rossi. Elle a en effet remarqué que sa mère est rentrée très tard la nuit dernière.
— Tu n’es pas revenue à la maison avant 3 heures du matin. Mais si jamais je reviens ne serait-ce que 15 minutes après mon couvre-feu, rien ne va plus.
Elle demande pourquoi il y a deux règlements. La réponse de Marsha est simple : Carolyn n’est encore qu’une adolescente.
La jeune fille lui demande comment l’on sait qu’une personne qu’on fréquente est la bonne personne. Marsha lui dit que c’est une question de sentiments. Carolyn fixe sa mère d’un regard mauvais.
— Donc, pour le Dr Rossi, tu sais que c’est la bonne personne pour toi, mais pour Joe, tu penses que ce n’est pas la bonne pour moi. Qu’est-ce qui peut te rendre si sûre de ça ?
Excédée, elle s’en va en disant qu’elle va faire un tour.
Jill marche le long du quai jusqu’à la taverne d’Ada Jacks. Elle entre par la porte principale, passe devant deux clients, et se rend dans l’arrière-boutique. Ada est au bar servant des clients.
Jill découvre Mme Thomas tenant Kelly dans ses bras. Elle lui prend le bébé. L’assistante sociale l’informe que c’est le Dr Rossi qui l’a prévenue qu’elle avait quitté la maison des Winter. Elle aurait préféré que Jill en personne l’en informe.
Elle demande à Jill si son départ de chez les Winter est définitif.
— Vous avez parlé au Dr Rossi. Vous connaissez donc toutes les réponses, lui dit Jill, sur la défensive.
Mme Thomas lui dit qu’elle n’est pas son ennemie. Elle est là pour le bien-être de Kelly.
— Pourquoi vous ne nous laissez pas tranquilles ? dit Jill d’une voix lasse. Kelly est mon bébé, je sais m’occuper d’elle.
— Avec deux emplois à temps plein ? Comment pensez-vous pouvoir vous en sortir ?
— J’aime ma fille.
— Parfois, ce n’est pas suffisant, Jill.
Mme Thomas l’informe qu’en attendant que la situation de Jill s’améliore, elle va devoir placer Kelly dans un foyer. Elle insiste bien pour lui dire que c’est provisoire. Jill opine.
L’assistante sociale propose à Jill de téléphoner au Dr Markham (pas le Dr Markham présent dans les premiers épisodes et qui se trouve maintenant au Pérou) à l’hôpital afin qu’il examine la petite, pour s’assurer qu’elle va bien. Jill accepte et lui dit qu’il y a un téléphone à la taverne.
Mme Markham se rend dans la salle de la taverne et appelle l’hôpital. Ada s’approche d’elle. Au téléphone, l’assistante sociale demande au médecin s’il peut voir un bébé cet après-midi pour un examen. Le Dr Markham est le pédiatre de l’hôpital. Il lui dit qu’il a un créneau disponible cet après-midi.
Après avoir raccroché, Mme Thomas va dire à Ada que Jill est d’accord pour qu’on place Kelly dans un foyer temporairement. Elle retourne dans l’arrière-boutique, suivie par Ada, et découvre que Jill est partie. Ennuyée, Mme Thomas demande à utiliser une nouvelle fois le téléphone. Ada y consent.
— Elle n’a pas pu aller bien loin, dit Ada.
— Non, mais elle est allée trop loin, répond l’assistante.
À l’hôpital, dans la salle de rééducation, Betty et Steven viennent rendre visite à Rodney. Steven lui dit que c’est bien que la sensation lui soit revenue dans la main gauche. Il explique à Rodney pourquoi Betty se trouvait dans la voiture avec lui au moment de l’accident. Rodney n’était même pas au courant que Betty était avec lui.
Steven est surtout venu lui dire que l’accident n’est pas sa faute et Rodney comprend qu’il est là uniquement pour se dédouaner. En colère, il demande à son demi-frère de sortir. Steven s’exécute.
Betty essaie de convaincre Rodney qu’il ne s’est rien passé entre eux. Steven a insisté pour l’emmener en voiture parce qu’il avait un document important a montrer à elle, Rodney et Norman.
— Tu aurais dû refuser, lui reproche Rodney.
Steven a toujours des vues sur elle, c’est indéniable, mais elle jure que ce jour-là, ce n’était pas le cas.
— Tu aurais dû dire non, répète Rodney.
Chez les Winter, Susan est au bureau de Tom, en train de parler au téléphone. Elle se renseigne pour savoir si quelqu’un a vu Tom.
C’est à ce moment que Tom arrive, monte à l’étage et commence à faire ses valises. Susan le suit et lui dit qu’elle s’est demandé toute la nuit où il pouvait bien être. Il enlève son col romain. Il dit à Susan qu’il a découvert que Jill était chez Ada Jacks. Jill va bien, tout va bien, le bébé va bien.
Susan lui dit qu’elle est prête à faire table rase du passé, et aimerait qu’ils repartent sur de bonnes bases. Elle l’aime et ne veut pas qu’il la quitte. Tom l’interrompt et lui dit que c’est fini, elle a gagné. Susan ne baisse pas les bras pour autant.
— Dis-moi ce qui s’est passé hier soir. Je t’ai toujours dit la vérité. Je ne t’ai jamais menti à propos de mon problème d’alcool. Ne te renferme pas. Parle-moi. Dis-moi ce qui s’est passé hier soir.
Tom ne répond pas et s’en va, laissant Susan désespérée.


















































