Épisode 476 

Mercredi 13 novembre 1968

Des nouvelles de Boston

Les premières neiges de la saison arrivent en avance. Le quai de Peyton Place se couvre d’un manteau blanc et prend soudain l’allure familière de la Nouvelle-Angleterre. Betty Harrington n’y prête guère attention. Quelques minutes plus tôt, elle a quitté l’hôpital sur ordre de son mari. Rodney refuse de la voir et a fait dire à l’infirmière qu’il était en thérapie. Mais Betty sait la vérité : ce refus est nourri par ses soupçons, par sa conviction qu’elle lui serait infidèle. À présent, elle est déterminée à voir la seule personne capable, peut-être, de dissiper ces doutes : Tom Winter, ancien révérend devenu pêcheur.

Un couple marche le long du quai enneigé, puis se met à courir. Betty, emmitouflée dans un manteau couleur or, avance seule sur les planches gelées.


Arrivée devant le bateau où travaille Tom, Betty lui demande l’autorisation de monter à bord. Il refuse. Qu’importe. Elle reste sur le quai et lui parle.

Tom se rend à l’avant du bateau ; Betty le suit, sans y avoir été invitée.

Il admet avoir vu Rodney à l’hôpital. Betty s’anime… puis retombe lorsqu’il précise qu’ils n’ont pas échangé un mot.

Elle le supplie d’aller lui parler. Rodney est persuadé qu’elle entretient une liaison avec Steven Cord. Cloué dans son fauteuil, il se sent incapable de se battre pour elle et préfère abandonner, refusant même la thérapie.

— J’ai tout essayé, dit-elle. Le Dr Rossi, le Dr Miles, Norman, Rita… personne n’a réussi. Il ne reste que vous, monsieur Winter.

Tom baisse les yeux.

— Vous attendez un miracle ?

— Juste un peu d’aide.

— Betty… je ne peux pas aider Rodney. Je ne sais même pas m’aider moi-même.

— S’il vous plaît…

Tom ne répond pas.

Déçue, Betty s’éloigne dans la neige.


Lew rentre chez les Miles. Alma voudrait lui parler, mais il doit repartir aussitôt travailler. Elle espérait poursuivre la conversation amorcée au Cider Barrel.

— Je ne peux pas être en retard, dit-il en l’embrassant. On se voit ce soir au dîner.

Avant de partir, il se retourne.

— Dis, maman… tu me fais confiance, n’est-ce pas ? Je sais que je n’ai pas tout raconté sur New York, mais je ne suis plus un enfant.

— Tu le seras toujours pour moi.

— J’ai juste besoin de temps. Tout ce que j’ai fait là-bas, c’est vivre ma vie.

Alma est inquiète. Lew la rassure, puis s’en va.

Sur le chemin, il aperçoit Carolyn entrer au Shoreline Café, pourtant fermé. Il s’arrête un instant pour l’observer.


Au manoir Peyton, Steven entre et trouve Susan qui l’attend, un verre à la main. Elle parle sans discontinuer. Lui voudrait qu’elle parte.

Elle lui dit qu’ils se ressemblent : lui aime toujours Betty, elle aime toujours Tom.

— Parce que vous aimiez Tom, vous avez détruit sa carrière. Et parce que j’aime Betty, j’ai failli tuer son mari.

Susan dit qu’elle donnerait tout pour reprendre une vie avec Tom. Elle s’approche, passe ses bras autour du cou de Steven et l’embrasse. Il répond à son baiser.

Ils sont interrompus par Mary, la gouvernante, qui annonce un appel urgent d’Hannah Cord, de Boston.

Steven s’isole pour répondre. Hannah lui annonce la mort de Martin Peyton. Elle est bouleversée. Elle dit avoir voulu prévenir Steven en premier — avant Rodney et Betty — et ajoute qu’il saura tirer profit de la situation. Puis elle raccroche.

Steven revient dans le salon, monte l’escalier sans un regard pour Susan, puis redescend lorsqu’elle l’interpelle.

— Ce sont de mauvaises nouvelles ?

— Tout dépend du point de vue, répond-il calmement.

Il lui annonce la mort de Martin Peyton. Ils boivent un verre à sa mémoire. Steven lève ensuite son verre vers le portrait de Betty.

— Vive la reine.

Soudain, il éclate. Il brise des bouteilles, renverse des vases, fracasse des bibelots. Susan recule, inquiète. Steven rit : tout cela est à lui maintenant. Il peut faire ce qu’il veut, ici.


Tom Winter se rend à pied à l’hôpital. Il demande à Mlle Choate s’il peut voir le Dr Rossi pour faire vérifier son pansement. Elle consulte le planning, mais Tom s’est déjà éloigné.

Il se dirige vers la chambre de Rodney et hésite.

Finalement, c’est Rodney lui-même qui arrive, de retour d’examens. Ils entrent ensemble. L’infirmière qui accompagne Rodney précise que la visite doit être brève : le patient doit se reposer.

Rodney se montre cruel.

— Je n’ai pas besoin de vous. Vous êtes pathétique. Vous portez votre échec comme une médaille.

Tom encaisse, puis répond :

— Vous êtes tellement occupé à pleurer sur votre sort que mes propres larmes ne signifient plus rien pour vous.

Il tourne les talons et sort.

Rodney reste seul. Il saisit le téléphone.

— Passez-moi Chuck Atwell, dit-il sèchement.

Il marque une pause.

— Je veux reprendre la thérapie. Tout de suite.


Épisode 475 

Lundi 11 novembre 1968

Pas de visiteurs

Depuis quelque temps, Tom Winter semble incapable de se soucier de qui que ce soit. Mais quelques minutes plus tôt, il est entré dans la chambre d’hôpital de Rodney Harrington. À l’insu du patient, il a perçu la souffrance brute, le désespoir d’un homme qui ne veut plus lutter. Et Tom, presque malgré lui, a ressenti de nouveau une chose qu’il croyait perdue : l’empathie, l’attention portée à un autre être.

Il s’éloigne de l’hôpital et atteint le square. Norman et Rita sont près du pilori.


Norman l’interpelle en apercevant sa main bandée. Tom minimise : une simple coupure, un patron trop prudent, rien d’important. Rita n’est pas de cet avis et lui rappelle qu’on ne doit jamais prendre une blessure à la légère.

Norman lui propose de le raccompagner en moto jusqu’au quai. Tom décline : il préfère marcher.

Norman lui demande alors s’il a vu Rodney. Tom admet être passé devant sa chambre… mais sans entrer. Puis les trois se séparent.

Plus loin, Susan se tient devant le drugstore. Rita et Norman échangent quelques mots avec elle. Rita remonte ensuite à l’appartement, laissant Norman seul avec Susan. Elle lui dit que personne n’a encore compris que Tom veut souffrir. Qu’il s’impose une pénitence. Elle le sait, parce qu’elle connaît Tom mieux que quiconque.


Carolyn entre au Cider Barrel au moment où un couple en sort. Elle échange quelques mots avec Lew au sujet de Jeff, puis de Joe Rossi, qui a quitté la ville avec Jill. Lew lui sert le fameux breuvage de Charlie.

Alma arrive, et Carolyn la salue avant de filer.

Alma s’assoit au comptoir : elle veut parler à son fils. Depuis son retour de New York, quelque chose le ronge, et elle entend bien comprendre quoi.

Lew hésite, puis, voyant que sa mère n’abandonnera pas, il murmurera avoir découvert à New York ce que signifie être Noir dans une grande ville. À Peyton Place, il est protégé ; là-bas, il ne l’était plus. Il n’était pas prêt.

Alma sent qu’il y a autre chose. Lew finit par évoquer une fille rencontrée là-bas… mais Charlie surgit pour lui demander de venir préparer la pâte à crêpe. Il félicite Alma pour les qualités de son fils, fier de l’avoir derrière son comptoir.

Lew s’en va travailler, mais Alma le fait promettre d’en reparler rapidement.


À l’hôpital, Steven entre dans la chambre de Rodney. La réplique d’accueil est sèche :

— En repartant, ferme la porte.

Steven s’approche, déterminé à suivre les recommandations de Rossi. Il dit à Rodney qu’avant l’accident il voulait reconquérir Betty — mais que ce n’est plus le cas depuis des semaines.

Rodney lui répond qu’il les a vus ensemble dans le couloir.

Steven explique : elle venait d’apprendre qu’il était le donateur de la machine de rééducation, et il lui demandait de garder le secret.

Rodney accuse le coup.

— J’aurais dû m’en douter.

Alors Steven le provoque ouvertement. Il lui dit qu’il aime toujours Betty, lui avoue qu’il garde sa bague de fiançailles parce qu’il espère encore la revoir un jour. Il affirme aussi que Betty l’aime toujours, lui.

Et si Rodney n’est pas d’accord, il n’a qu’à faire ce qu’il faut : se lever de ce fauteuil et se battre.

— Tu vas jusqu’à la salle de rééducation, dit-il. Par toi-même, ou je te pousse.

— Me pousse pas.

L’avocat avance le fauteuil vers la porte. Rodney s’agrippe désespérément à la barre du lit… et finit par tomber lourdement au sol.

Steven le regarde, impassible.

— Lève-toi. Allez, lève-toi !

Le Dr Rossi entre à cet instant et découvre Rodney étendu.

— Que s’est-il passé ?

— Votre patient est tout à vous, docteur, coupe Steven avant de sortir.

Plus tard, Rossi convoque le Dr Miles. Il lui parle de l’état de Rodney, persuadé que Betty et Steven constituent le nœud du problème.

Mike dit qu’il a échoué, Betty aussi, Steven également. Pour lui, Harry est le dernier recours.

Mais Harry refuse : le dernier recours, dit-il, c’est Michael. Personne ne connaît Rodney comme lui.


Betty arrive à l’hôpital et se rend au bureau des renseignements, où Paula Dixon lui apprend que Rodney a demandé expressément qu’on mette le panneau PAS DE VISITEURS.

— Mais je suis sa femme !

— Justement… il a précisé que cela vous concernait aussi.

Betty blêmit. Paula tente d’atténuer le choc : il est fatigué, ce sera sûrement différent demain. Mais Betty chancelle. Elle se rend jusqu’à la porte de sa chambre, hésite la main sur la poignée… puis se détourne et quitte l’hôpital, bouleversée.


Épisode 474 

Mercredi 6 novembre 1968

Démotivation

Le Dr Michael Rossi a un problème avec un patient — mais aussi un ami : Rodney Harrington. Il pensait pouvoir le laisser aux bons soins de son thérapeute pour enfin s’attaquer au retard administratif qui l’accable, mais on l’a rappelé. Rodney pose problème, et Michael doit de nouveau intervenir.

Le Dr Rossi gare sa décapotable rouge vif devant l’entrée de l’hôpital. Il attrape sa mallette, sa veste, et s’apprête à entrer quand Chuck Atwell surgit et le rejoint.


Ils traversent ensemble le hall pour gagner le bureau des renseignements. Chuck lui confie que Rodney n’est plus motivé : il refuse de travailler avec la machine thérapeutique flambant neuve. Il pense que seul Rossi pourra l’aider à reprendre goût aux efforts. Sans exercice, Rodney risque de rester prisonnier du fauteuil roulant.

Michael se rend donc dans la chambre.

La pièce est plongée dans le noir ; Rodney est étendu, prostré.

Mike ouvre les stores, laissant la lumière inonder la chambre.

Il lui réexplique patiemment l’importance de la régularité. Rodney, convaincu que ses jambes ne marcheront plus, refuse d’y croire.

— À quoi bon devenir un colosse des bras si mes jambes restent inertes ?

— Dis ça à Atwell la prochaine fois qu’il t’ajoutera des poids.

— Dites-le-lui vous-même. Moi, j’arrête.

Michael comprend que tout cela n’a rien à voir avec des haltères ni des routines d’exercices. Le problème est ailleurs : Betty. Steven. La jalousie. L’incertitude.

Mike lui conseille d’affronter la situation au lieu de la laisser l’empoisonner.

Rodney ne répond pas. Il détourne la tête.

Rossi ressort. Chuck Atwell l’attend, prêt à entendre de bonnes nouvelles.

Michael n’en a pas. Chuck baisse les bras : il ne sait plus quoi faire.


Carolyn rentre, monte les marches… mais la voix de Marsha la tance :

— Viens ici tout de suite.

— Je pose mes livres et je redescends.

— J’ai dit : tout de suite !

Carolyn entre dans la cuisine. Marsha est furieuse. Sa fille avait promis de rentrer directement après l’école pour aller faire les magasins ensemble — et elle arrive avec trois heures de retard.

— C’est pourtant toi qui voulais faire du shopping, proteste Carolyn.

— Je veux ton emploi du temps exact depuis ta sortie de l’école.

Carolyn tente une version : bibliothèque, puis glace.

Marsha l’a déjà vérifié. Elle n’était ni là, ni là.

— C’était un marchand ambulant, dit Carolyn. Il n’a pas de téléphone.

Marsha suggère qu’elle a été voir Jeff au Shoreline.

Carolyn nie, s’excuse à nouveau, puis monte s’enfermer dans sa chambre, où elle s’effondre sur son lit, contrariée.


Norman ferme les grandes portes du garage Harrington. Jeff sort du Shoreline, traverse la rue et vient le voir.

Il demande des nouvelles de Rodney. Ils échangent quelques mots sur la musique. Norman remarque qu’il a entendu Jeff jouer cet après-midi, mais pas comme d’habitude — ni seul.

Jeff se défend immédiatement :

— Je sais ce que tu crois. Oui, j’étais avec Carolyn. Mais il ne s’est rien passé, d’accord ?

— Si tu le dis, répond Norman sans conviction.

Jeff s’en va. Norman ferme boutique et part en moto.


Sur le quai, Tom Winter travaille sur un piège à homards et s’ouvre la main sur un crochet.

Il se retire dans le bateau pour se soigner, mais Andy Davies arrive et s’emporte : la blessure est profonde et Tom doit aller à l’hôpital, point final.

Tom refuse. Andy insiste. Il va même jusqu’à menacer de le renvoyer.

Norman arrive en moto, comprend la situation et propose d’emmener Tom.

Cette fois, Tom accepte.


Dans son bureau, Steven Cord termine un coup de fil. Le Dr Rossi l’observe par la fenêtre, nerveux. Steven raccroche, maugréant contre un client.

Mike est venu lui demander une faveur : aller parler à Rodney. Le jeune homme doit affronter ses démons et mettre un terme à ses suspicions.

Steven ne voit pas pourquoi ce serait à lui de le faire.

— Vous voulez que je lui dise que je n’ai plus de sentiments pour sa femme ? Vous croyez que ça va l’aider ?

— Je veux que vous lui disiez la vérité, répond calmement Mike.

Steven est stupéfait.

Rossi lui explique : Rodney doit extérioriser sa colère et avancer. L’enfermer dans un cocon de mensonges ne l’aidera pas.

Il doit entendre ce qu’il redoute, ou ce qu’il espère, afin de faire face.


Dans le couloir de l’hôpital, Tom Winter revient du service des urgences, la main bandée. Il croise Rossi.

Michael lui demande d’aller parler à Rodney : le jeune homme a besoin de conseils, de repères.

Tom proteste : tout le monde veut le remettre dans les ordres. Il n’en a aucune envie. Il ne redeviendra pas révérend.

Mike n’insiste pas. Tom quitte le couloir… puis hésite.

Il s’approche de la chambre de Rodney.

La porte est entrouverte.

Il voit Rodney, avachi dans son fauteuil, écrasé de découragement.

Tom reste là un long moment, indécis.

Puis il fait demi-tour et s’éloigne, incapable d’entrer.


Épisode 473 

Mercredi 30 octobre 1968

Enfin heureux !

Aujourd’hui, Joe Rossi a épousé Jill Smith, et ce faisant, prouve enfin quelque chose à cette ville : qu’il n’est pas seulement l’ombre de son frère, le Dr Michael Rossi. Qu’il est, lui aussi, un individu à part entière, capable d’aimer, de choisir sa voie et de se réaliser pleinement. Pour Jill, ce mariage marque la fin d’une errance et le début d’une vie nouvelle, lumineuse.

Joe et Jill sortent du Palais de Justice, fraîchement mariés. Joe porte un costume, Jill une ravissante robe turquoise. Ils se dirigent vers le square.


Les jeunes mariés montent ensemble les marches du kiosque à musique. Ils rayonnent.

Le Dr Rossi, tout aussi heureux qu’eux, les rejoint. Il échange avec son frère une salve de mots italiens réjouis, parmi lesquels ressort un très distinct « fiesta ! »

Les trois Rossi — Mike, Joe et Jill — s’enlacent en riant tandis qu’ils se dirigent vers le drugstore. Puis ils gravissent les marches de l’appartement de Rita et Norman Harrington.

Ils entrent sans frapper. À l’intérieur : Norman, Rita, Ada… et la presque officiellement future Kelly McCormick Smith Rossi.

La joie est générale — mais une question demeure : le juge a-t-il rendu Kelly à ses parents ?

Joe prend sa fille dans ses bras et murmure qu’il espère que ce ne sera pas la dernière fois.

— Ne parle pas de malheur, dit Jill.

Joe regarde par la fenêtre. Il aperçoit Steven Cord, agitant des documents officiels dans leur direction, le visage souriant. Il fait un signe très clair : Tout est OK.

Joe se tourne vers Jill, radieux.

— C’est bon, dit-il.


Sur le quai, Tom Winter racle la vieille peinture d’un bateau. Andy Davies arrive, furieux.

Il lui hurle qu’il n’avait jamais demandé de retirer l’ancienne peinture, mais bien d’en appliquer deux nouvelles couches.

Il lui reproche de ne pas suivre les consignes, de vouloir trop en faire et, ce faisant, de se mettre en danger — comme le jour où il a posé des pièges à homards en pleine tempête, malgré l’interdiction formelle.

— Qu’est-ce que tu cherches à faire ? À te tuer ?!

— Je veux juste m’occuper l’esprit…

Andy lui dit que s’il veut garder sa place, il devra obéir, comme n’importe quel ouvrier.


Au Cider Barrel, un homme boit un café au comptoir. Jeff en commande un à son tour. Il reste stupéfait de voir Lew sortir de l’arrière-boutique, tablier blanc noué à la taille.

Lew, malicieux, lui fait croire qu’il travaille pour le gouvernement et qu’il est chargé de surveiller Charlie, soupçonné d’espionnage.

Un client sort, et Carolyn arrive juste derrière. Elle salue Lew, qu’elle n’avait pas encore vu depuis son retour. Ils échangent quelques mots sur son séjour à New York. Puis elle s’assied près de Jeff et demande à Charlie son breuvage favori. Il lui dit qu’il en a justement terminé la préparation.

Carolyn boit le liquide brunâtre avec ravissement.

Jeff tente de savoir comment s’est réellement passé le séjour de Lew, mais celui-ci esquive.

— Je n’ai fait que travailler, dit-il.

Le téléphone public sonne. Charlie décroche : c’est un appel longue distance de New York pour Lew.

Lew prend l’appel. Une voix féminine lui demande quand il reviendra. Il lui répond qu’il a encore des choses à régler ici avant de la rejoindre. Elle dit que le temps est long. Lew, nerveux, met fin rapidement à la conversation.

Pendant ce temps, Jeff dit à Carolyn qu’il sait pourquoi elle a quitté le Shoreline en les voyant, Nancy et lui.

— Tu te fais des idées, dit Carolyn.

Mais Jeff voit bien qu’elle ment.

Lew revient. Jeff lui demande, en riant, qui est cette fille et à quoi elle ressemble.

Lew se renfrogne.

— Lâche-moi avec ça.


À l’hôpital, le Dr Miles confronte Rodney au sujet de ses exercices. Atwell lui a rapporté qu’il refusait de travailler aujourd’hui.

— J’ai juste décidé de prendre un jour de congé. Qu’y a-t-il de mal à ça ?

— Rodney, la régularité est essentielle. Sinon, les exercices perdent toute efficacité.

— Je suis fatigué, c’est tout. Pas de quoi en faire une histoire.

Harry soupire.

— Vous me faites penser à mon fils Lew. Aussi têtu que vous. Parfois, je pourrais le secouer. Il est revenu de New York et refuse de me dire ce qui le tracasse.

Il plante son regard dans celui de Rodney.

— Mais sachez une chose : je suis encore plus têtu que vous deux. Je ne vous laisserai pas baisser les bras.


Dans leur appartement, Norman et Rita rassemblent les affaires de Kelly pour les rendre à Jill et Joe. Le jeune couple quitte Peyton Place pour recommencer ailleurs une vie neuve.

Rita est triste : Kelly va lui manquer. Mais elle est heureuse pour Jill et Joe, enfin unis.


Sur le quai, Eli accompagne Jill, qui porte Kelly dans ses bras, jusqu’à la voiture. Joe les rejoint. Le vieux tacot d’Eddie Jacks est chargé comme une mule.

— Il est temps de se dire au revoir, dit Jill.

— Je ne crois pas aux au revoir, répond Eli avec chaleur.

Elle le remercie pour tout ce qu’il a fait — ou tenté de faire.

— Prenez soin de vous, dit-il.

Jill aperçoit Tom Winter qui les observe depuis son bateau. Elle confie Kelly à Joe et s’approche de l’ex-révérend.

— Eli Carson n’aime pas dire au revoir. Vous le saviez ?

— Non.

— C’est logique. Quand c’est fini, c’est fini. Alors… au revoir.

— Au revoir, Jill.

— C’est étrange de vous voir travailler ici. Je suis désolée de ce qui vous est arrivé.

— C’est gentil, Jill. Mais ce qui est arrivé… c’est moi qui l’ai provoqué.

— Ne gâchez pas votre vie, dit-elle doucement. S’il vous plaît… ne la gâchez pas. Au revoir, Monsieur Winter. Je ne vous oublierai jamais.

Elle retourne vers Joe. Le couple grimpe dans la voiture avec Kelly. Eli les regarde s’éloigner.

Susan rejoint Tom.

— Tom… regarde-moi.

Mais Tom fixe la route que la voiture a empruntée.

— Tom, elle est partie. Nous pouvons recommencer une nouvelle vie ensemble.

Il ne répond pas. Il retourne simplement dans son bateau, l’ignorant totalement.


Épisode 472 

Lundi 28 octobre 1968

L’amour existe encore

Joe Rossi baisse les bras. Il a décidé de quitter Peyton Place, d’arracher Jill Smith de son esprit une bonne fois pour toutes. Oublier qu’elle est la mère de son enfant. Oublier, si possible, l’enfant lui-même. Mais il y a une chose qu’il ne peut oublier : son frère Mike. Le Dr Michael Rossi.Mike, qui a tant de fois essayé de remettre la vie de Joe en ordre… et qui a échoué.

Au cottage près de la plage, Joe boucle ses valises. Il dépose dans sa valise le mug où figure le prénom de son frère et laisse à Mike celui qui porte son propre nom.

Jill arrive.


Jill entre. Elle l’a cherché partout : au dock, où on lui a dit qu’il avait quitté son travail.

— C’est mon frère qui te l’a dit ?

— Je ne lui ai pas parlé. Où vas-tu aller ?

— Je n’en sais rien. J’ai un bus à prendre. On s’est tout dit, Jill. Maintenant, on se dit au revoir.

Alors qu’il veut franchir la porte, Jill le retient.

— Pourquoi es-tu venue ? demande-t-il.

— Tout à l’heure, à l’hôpital, je ne t’ai pas laissé finir ce que tu voulais me dire.

— Tu ne m’as jamais écouté avant. Pourquoi écouterais-tu le reste ?

— Je veux l’entendre.

Joe soupire.

— J’ai l’impression que tout ce que je te dis te blesse. Laissons tomber.

— Tu m’aimes toujours, n’est-ce pas ?

— Tu n’as cessé de me faire mal en rejetant tout ce que je te disais.

— Je sais. Et j’en suis désolée.

— Et quand je t’ai demandé de m’épouser…

— Tu ne me l’as jamais demandé.

— Bien sûr que si.

— Bien sûr que non. Tu as présenté ça comme un accord : prendre soin de Kelly.

— C’est comme ça que tu l’as pris ?

— Comment voulais-tu que je le prenne ? Tu n’as parlé que d’elle. Pas de nous. Pas de moi.

Elle continue, la voix tremblante :

— Je sais que tu veux le meilleur pour Kelly. Je sais que tu l’aimes. Et c’est bien. Mais… quelle est ma place ?

— Tu es sa mère.

— Il doit y avoir plus. Qu’en est-il de toi et moi ?

— Tu serais ma femme.

— Et tu serais mon mari. Mais… quel genre de mari et de femme serions-nous ?

Joe hésite.

— Je ne sais pas. C’est difficile à dire. Tout à l’heure, quand on a parlé de Kelly, tu as été si dure…

Il respire profondément.

— Je veux qu’on se marie pour les bonnes raisons. Pas juste parce qu’on a un enfant qui a besoin d’un nom. Imagine une seconde qu’il n’y ait pas Kelly. Je veux prendre soin de toi. Qu’on prenne soin l’un de l’autre. Et qu’un jour, on décide ensemble d’avoir un bébé. Un bébé qu’on appellerait Kelly.

Jill murmure :

— Et que les parents de Kelly ne soient pas seulement des amis… mais qu’ils s’aiment.

Joe baisse la tête.

— J’ai été stupide de penser que je ne t’aimais pas. J’ai essayé de te détester. J’ai vraiment essayé. Mais…

Jill pose sa tête contre son épaule.

— C’est tout ce que je voulais entendre. Tout ce dont j’avais besoin. Je t’aime depuis le début. Tout était devenu si dur… Je voulais que tu saches que j’ai toujours voulu ce bébé, parce qu’elle était une partie de toi.

Elle relève les yeux.

— Je t’aime. Mais je ne savais plus si tu m’aimais encore.

Joe est bouleversé. Ils s’embrassent longuement, tendrement.


Le Dr Miles examine une radiographie crânienne en compagnie du Dr Rossi. Ils parlent du patient, mais Harry sent que quelque chose préoccupe Mike.

Michael lui avoue que Joe quitte la ville. Il révèle aussi que Joe est le père du bébé de Jill, la nouvelle aide-soignante.

Pour lui, c’est un échec personnel : il n’a jamais su comment se comporter avec Joe — comme un frère ? un ami ? un père ?

Harry lui rappelle qu’il n’est pas responsable. Les jeunes suivent leur propre route.

Après le travail, Harry rentre chez lui et embrasse Alma. Elle a reçu une lettre de Cliff, leur fils aîné, qui sert dans l’armée : il vient d’être promu capitaine.

Harry est fier et propose un voyage à San Francisco pour aller voir Cliff avec Lewis. Alma est ravie.

Ils sont interrompus par un appel. Une jeune fille demande Lewis. Lorsque Harry dit qu’il n’est pas encore rentré, elle raccroche aussitôt. Harry trouve cela étrange, mais Alma minimise : les jeunes sont souvent impolis.

Lew rentre. Alma lui annonce fièrement la promotion de Cliff et lui tend la lettre. Lew se réjouit.

Harry mentionne l’appel mystérieux. Lew dit ne pas savoir de qui il s’agit. Harry ne le croit pas, la tension monte.

— Je te demande juste qui est cette fille.

— Tu ne me demandes rien ! Tu m’accuses !

Harry évoque alors le fait que sa tante n’a pas validé tout son stage à New York. Il veut en connaître la raison. Lew préfère fuir la discussion et monte dans sa chambre.

Steven est au bureau des renseignements de l’hôpital, parlant à Mlle Choate. Un jeune garçon en fauteuil roulant montre qu’il peut remuer son poignet.

Mlle Choate le félicite et souligne que l’équipement thérapeutique récemment acquis — grâce au généreux donateur anonyme — aidera beaucoup de patients.

Steven lui rappelle qu’il souhaite rester anonyme. Il vient d’ailleurs de verser le dernier acompte sur l’équipement.

Betty arrive au moment où il demande à l’infirmière de n’en parler à personne. Elle l’a entendu.

Elle le prend à part : pourquoi cacher qu’il est le donateur ?

— Parce que si Rodney l’apprend, il refusera d’utiliser la machine. Tu dois me promettre de ne rien dire.

— Encore un secret entre nous, c’est ça ?, dit-elle avec amertume.

Chuck Atwell amène Rodney vers la salle de rééducation. Rodney s’arrête en voyant Betty parler avec Steven. Il les observe, méfiant.

Dans la salle, Atwell remarque que Rodney est troublé.

— Ils discutaient, c’est tout.

— Fermez-la ! hurle Rodney.

Betty entre et demande à rester seule avec lui. Elle lui demande si la nouvelle machine est efficace. Rodney répond qu’elle ne fait travailler que les muscles qui fonctionnent déjà.

Elle explique que c’est nécessaire pour renforcer ce qui devra soutenir le reste lorsqu’il retrouvera de la mobilité.

Elle veut lui parler de ce que Steven lui a dit, mais se ravise. Elle évoque plutôt les comptes des Harrington Brothers.

Rodney devient encore plus suspicieux. Atwell revient. Betty s’en va, promettant de revenir le lendemain.


Joe et Jill montent l’escalier de la pension Hewitt, bras dessus, bras dessous, s’embrassant comme deux adolescents.

Depuis la rue, Tom Winter les observe, un rictus aux lèvres.


Épisode 471 

Mercredi 23 octobre 1968

Le désir de Joe

Pronostic d’un mariage : favorable, avec de solides chances d’harmonie… à condition de lever les ombres qui persistent. Ce soir, Rodney et Betty Harrington se sont déclarés leur amour, mais Betty quitte la chambre avec un malaise tenace : quelque chose se dresse toujours entre eux, un mur invisible.

À l’hôpital, Betty embrasse Rodney et quitte la chambre.


Dans le couloir, elle croise le Dr Rossi, qui l’invite à venir discuter dans son bureau.

Amère, elle se plaint que Rodney ne lui ait pas dit qu’il avait obtenu une permission pour sortir pour la première fois. Mike tente d’atténuer sa déception : la décision s’est prise très vite et la sortie était brève.

Mais Betty y voit un choix délibéré. Selon elle, Rodney a volontairement omis de l’en informer. Mike lui dit qu’en tant que médecin, il ne se voyait pas intervenir en appelant Betty à la dernière minute.


Le Dr Harry Miles s’arrête devant l’hôpital et laisse Lewis descendre de voiture.

Harry veut que son fils aille remercier le Dr Rossi, car c’est lui qui lui a trouvé son stage dans un hôpital de New York.

Lewis prétend manquer de temps : il a prévu une sortie avec Jeff. Jeff arrive justement et se gare sans vergogne sur une place réservée aux médecins, ce qu’Harry choisit d’ignorer.

Lewis demande à Jeff de patienter et entre avec son père. Ils rejoignent le bureau du Dr Rossi. Mike est ravi de revoir Lew.

Ils parlent du stage ; Mike évoque ses anciens collègues new-yorkais. Lew paraît mal à l’aise et Harry le remarque.

Lorsque Lew repart, Harry demande à Mike s’il a remarqué que son fils avait changé. Le médecin estime qu’à son âge, c’est normal.


Jill descend les escaliers de l’appartement des Harrington et traverse la rue pour aller travailler. Joe Rossi l’observe depuis le square. Il la rejoint et demande des nouvelles de Kelly. Jill lui dit qu’il peut aller la voir.

Il veut parler. Joe la suit jusqu’à l’hôpital, puis dans l’ascenseur qu’il bloque pour être seul avec elle.

Pour la première fois, il lui dit qu’il veut fonder une famille.

Jill n’y croit pas.

— Aucun projet que je fais pour l’avenir ne t’inclut, dit-elle.

— Écoute, Jill. Réfléchis. Kelly a besoin de nous.

— Laisse-moi tranquille !

L’ascenseur débloqué, Jill rejoint son service, tandis que Joe se dirige vers le bureau de son frère.

Il entre en trombe dans la salle de réunion où Michael, Harry et deux autres médecins travaillent. Michael lui dit d’attendre une demi-heure. Joe insiste : il a besoin de parler tout de suite.

Saisissant la détresse de son frère, Mike sort dans le couloir avec lui.

Joe vient lui dire au revoir : il quitte Peyton Place immédiatement.

Mike tente de l’en dissuader, mais Joe semble déterminé. Il remercie son frère pour tout… puis s’en va. Mike reste là, impuissant.


Au Cider Barrel, Eli vient récupérer une commande. Susan est assise à une table. Elle se lève pour l’intercepter.

Elle demande si Eli a vu Tom. Elle s’inquiète : son salaire de pêcheur ne doit pas suffire et il ne mange sans doute pas à sa faim. Elle dit qu’il ferait bien de venir ici se restaurer.

Eli lui raconte qu’il a tenté de lui offrir un sandwich, mais Tom a refusé.

En réalité, Susan veut autre chose : elle veut parler à Tom et demande à Eli d’organiser une rencontre sans prévenir l’ancien révérend.

Eli refuse : Tom semble vouloir garder ses distances.

— C’est important non seulement pour moi, mais pour Tom aussi, insiste-t-elle. Si nous ne nous parlons pas, nous ne pourrons jamais revivre ensemble.

Eli lui répond qu’il ne veut se mêler ni de près ni de loin à leurs histoires. Il paie Charlie et s’en va.


Carolyn est dans sa chambre, écoutant un disque. Elle arrête la musique et ferme la porte lorsque Marsha entre.

Marsha lui demande si elle s’est disputée avec Jeff. Carolyn lui reproche d’intervenir constamment dans sa relation.

Marsha reparle de la soirée où elle a surpris les deux jeunes dans le canapé.

— Je vous ai embarrassés, toi et Jeff ?

— Et que dirais-tu si je faisais la même chose avec toi et le Dr Rossi ? La prochaine fois, tousse ou dis quelque chose, au lieu de rester plantée là.


À la maison de la plage, Joe Rossi fait ses valises. Il regarde deux mugs. Sur l’un : « Joe ». Sur l’autre : « Mike ».

Il choisit d’emporter celui au nom de son frère.

Jill arrive. Elle a appris qu’il avait quitté son travail au quai. Elle veut lui parler.


Épisode 470 

Lundi 21 octobre 1968

Première sortie

Aujourd’hui marque une petite victoire dans la bataille de Rodney Harrington pour retrouver l’usage de ses jambes après son accident de moto. Pour la première fois depuis son admission en chirurgie, Rodney quitte l’hôpital de Peyton Place. Le Dr Rossi a suggéré une brève sortie pour lui changer les idées. Rodney doute de la loyauté de Betty, et ce doute l’a plongé dans une profonde dépression. Tout ce qui peut attaquer cette morosité sera utile au patient.

Deux infirmières sortent de l’hôpital, suivies de Norman qui pousse Rodney dans son fauteuil roulant. Rossi marche derrière eux. Tous s’unissent pour aider Rodney à descendre les marches. Rita sort de l’appartement, ravie de le voir enfin dehors.


Rita et Norman aident Rodney à entrer dans le square. Eli, un balai à la main, vient à leur rencontre, heureux de le voir dehors.

Rodney précise que ce n’est que pour un court moment : une simple promenade dans le square.

D’autres habitants le saluent chaleureusement.

Depuis son bureau, Steven observe la scène à travers la fenêtre. Susan est venue le distraire. Elle commence par un banal commentaire sur la belle journée. Puis elle dit que Rodney se porte bien physiquement, au vu de la gravité de son accident.

— Pourquoi êtes-vous ici ? demande Steven, agacé.

Elle l’informe qu’elle a renoncé à invoquer l’adultère comme motif de divorce, mais qu’elle maintiendra la cruauté mentale. Jill n’aura donc rien à craindre.

Elle lui dit qu’elle va descendre saluer Rodney et demande s’il veut lui transmettre un message. Finalement, elle change d’avis : elle reste ici un moment. Elle ne va manifestement pas bien.

Elle tente d’embrasser Steven, mais il la repousse.

— La dernière fois, je vous ai dit que je n’étais pas intéressé à rendre votre mari jaloux. Aujourd’hui, je ne suis pas plus intéressé à rendre votre ex-mari jaloux.

— Je suis disponible maintenant, Steven.

— Moi, je ne le suis pas.

— Betty ?

Steven lui demande de quitter son bureau.


À l’hôpital, le Dr Rossi est plongé dans ses dossiers lorsqu’on l’appelle via l’interphone. Carolyn Russell est là et souhaite le voir. Mike est surpris, mais heureux.

Carolyn entre et remarque le désordre. Mike s’excuse : il consulte les rapports financiers. Elle lui parle de l’école, puis en vient à sa mère.

Elle veut savoir quelles sont les intentions du médecin envers Marsha.

Michael reste prudent, mais finit par répondre que ses intentions sont honorables.

— Je veux vraiment savoir, insiste Carolyn. Êtes-vous profondément engagé, ou… ?

— Pourquoi veux-tu savoir ?

— Parce que ma mère est très vulnérable. Je ne veux pas qu’elle souffre.

— Est-ce la seule raison ?

— C’est la plus importante. Ce que vous déciderez tous les deux m’affectera forcément.

Mike soupire.

— D’accord. J’aurais dû t’en parler plus tôt. J’aime ta mère comme je n’ai jamais aimé personne. Et je pense que c’est réciproque.

— Allez-vous vous marier ?

— Non. Je ne veux pas me précipiter. Je suis quelqu’un de prudent. Je veux apprendre à mieux connaître ta mère avant de m’engager.

— Vous la connaissez depuis que nous avons emménagé dans la maison des Carson, et vous êtes pratiquement inséparables. Je n’appelle pas ça un excès de prudence.

— Ce qui t’embête, c’est que ta mère s’est attachée à quelqu’un peu après le divorce.

— Je ne suis pas embêtée, ni perturbée, ni ennuyée. J’aimerais seulement savoir quels sont vos plans.

Mike finit par perdre patience.

— Eh bien, dis ce que tu penses vraiment !

— Très bien. Peut-être que vos intentions ne sont pas si honorables. Peut-être que vous profitez d’elle parce qu’elle est disponible.

— C’est ce que tu crois ?

— J’ai tort ?

— Oui, tu as tort, et tu es grossière ! Ma relation avec ta mère est très spéciale, et je ne vais pas écouter les divagations d’une écolière !

— Je savais que vous vous mettriez en colère.

— Et là aussi, tu te trompes. Tout ce que tu veux, c’est briser notre relation !

— Ce n’est pas vrai.

— Sache une chose : rien ni personne, pas même toi, ne m’empêchera de continuer à voir ta mère !

— Je n’en attendais pas moins, répond Carolyn avant de quitter la pièce.


Steven se rend sur le quai pour parler à Tom Winter, occupé à installer des pièges à homards. Il lui annonce que Susan abandonne les accusations d’adultère, retenant seulement la cruauté mentale.

Une fois encore, Tom n’y prête que peu d’attention. Steven lui demande de se ressaisir : il doit affronter la réalité, cesser de se comporter comme si rien ne le touchait.

Puis Steven va au magasin des Harrington. Betty fait les comptes avec une vieille machine.

Il entre et lui tend un contrat. Il dit être venu parce qu’il pensait que Norman serait là, et parce qu’il voulait l’informer de la sortie de Rodney.

Betty accuse le choc. Elle ignorait totalement que Rodney avait eu l’autorisation de sortir, et elle souffre de ne pas l’avoir su par lui.

Elle accuse Steven d’être venu exprès pour le lui annoncer. Il nie : il pensait qu’elle était au courant. Elle ne le croit pas.

— Je ne te fais pas confiance. Je ne sais jamais si tu dis la vérité. Je ne sais pas si tu viens pour ce contrat ou pour tout me dire sur Rod.

Steven préfère partir avant que la discussion ne dégénère.


Une infirmière quitte le bureau des renseignements. Betty arrive et demande humblement si elle peut voir Rodney, même après les heures de visite. L’infirmière, touchée, finit par accepter.

Betty entre dans la chambre. Rodney lit calmement. Elle l’embrasse plusieurs fois. Elle lui dit qu’elle a appris qu’il était sorti. Rodney pense que Norman le lui a dit ; Betty préfère ne pas mentionner Steven.

Il lui explique qu’il ne l’a pas prévenue parce que la sortie était brève et que Norman est passé à l’improviste.

Ils s’embrassent encore. Rodney est déçu qu’elle reparte si vite. Betty lui promet de venir dès demain matin.


Au Shoreline Café, Nancy chante une chanson douce tandis que Jeff l’accompagne au clavier. Carolyn, avec deux amies, observe la chanteuse et ne peut cacher sa jalousie : la complicité entre Nancy et Jeff est évidente.

Après la chanson, Jeff et Nancy s’installent ensemble et flirtent. Dégoûtée, Carolyn quitte le café en courant.

Elle passe devant la taverne d’Ada Jacks et heurte Joe Rossi. Ils discutent calmement.

Elle lui dit qu’elle n’était pas faite pour Jeff — et il acquiesce. Elle avoue l’avoir fréquenté pour embêter sa mère. Puis elle demande : pour embêter qui, lui ?

Joe regarde sans cesse la pension de famille de Mme Hewitt. Carolyn comprend : il a toujours des sentiments pour Jill. Il nie, mais elle n’est pas dupe. Elle l’incite à aller voir Jill et à lui avouer ce qu’il ressent.

Il se met en colère. Elle s’en va. Joe reste là, le regard fixé sur la pension.


Épisode 469 

Lundi 14 octobre 1968

Lewis

Pour le Dr Harry Miles, tout semble à sa place. Sa vie hors de l’hôpital de Peyton Place est aussi simple et ordinaire qu’il l’espérait. Ses relations avec sa femme, Alma, sont aussi sereines qu’au début de leur mariage. Ses liens avec son fils adolescent, Lewis, restent aussi francs et ouverts qu’à l’époque où Lew était enfant. Tout est à sa place… jusqu’à ce soir.

Le Dr Miles et Alma garent leur voiture près de la porte 7 de l’aéroport de White River.


Un avion atterrit. Alma et Harry attendent derrière une grille, impatients. L’escalier se fixe, les passagers descendent. Parmi eux, Lewis, qui s’avance vers ses parents.

Les retrouvailles sont chaleureuses : ils s’embrassent, heureux. Lew revient de New York où il a effectué un stage dans un hôpital.


Norman descend la poussette dans l’escalier de l’appartement. Rita, portant Kelly, le suit. Ils se dirigent vers le square pour une promenade.

Jill, qui marche le long de Glover Street pour se rendre à l’hôpital, regarde plusieurs fois le trio — Rita, Norman et la petite Kelly — avec envie et nostalgie.

Arrivée devant l’hôpital, elle continue à les observer.

Le Dr Rossi gare sa décapotable rouge à sa place réservée. En sortant, il aperçoit Jill en uniforme.

— Pourquoi ne vas-tu pas les rejoindre ?

— Je ne veux pas arriver en retard. Vous connaissez Mlle Choate et son obsession des horaires.

— Je lui dirai que tu faisais une course pour moi.

— Non, docteur Rossi. Je vous en prie, je ne veux pas.

Mike n’insiste pas. Ils entrent ensemble.

Jill pointe pendant que Mike prend ses dossiers. Ils s’installent ensuite sur un canapé de l’accueil et parlent de Kelly.

— En ce moment, Kelly a une famille et un foyer, dit Jill. Comment pourrais-je lui enlever cela pour ne lui offrir qu’une moitié de famille, qu’une moitié de foyer ?

— Tu es sa mère, tu as beaucoup à lui offrir.

— Je ne suis pas et ne serai jamais une bonne mère. Rita l’est bien plus que moi.

Mike voudrait qu’elle cesse de se dévaloriser.


Chez les Russell, Marsha fait des tâches ménagères lorsque la sonnette retentit. C’est Susan Winter, seule, venue se confier.

Elle entre et s’assied, encourageant Marsha à continuer ce qu’elle faisait.

— Nous avons un point commun, dit-elle. Nos maris nous ont abandonnées.

— La comparaison s’arrête là, répond Marsha. Fred et moi nous sommes séparés d’un commun accord. Tom, lui, a perdu l’esprit. Ce n’est pas la même chose.

Marsha l’encourage à ne pas se détruire avec l’alcool : elle pourrait refaire sa vie.

Mais Susan réplique qu’une vie sans Tom n’est pas une vie. Alors, elle s’est trouvé un compagnon : l’alcool.

— Très bien, n’allez-vous pas me proposer un verre ?

— J’ai du café.

— Parfait, tant qu’on peut y ajouter un ingrédient.

— Du sucre, ou de la crème. Rien d’autre.

Susan se lève, agacée.

— Vous n’êtes pas drôle, Marsha. Dans ce cas, je préfère boire ailleurs.

Elle s’en va. Marsha ne l’en empêche pas.


Sur le quai, Eli rejoint Tom Winter, occupé à raccommoder un filet. Eli complimente ses nœuds : il avait lui-même l’habitude de réparer des filets, lorsqu’il pêchait le homard dans sa jeunesse.

Il lui dit être allé voir Rodney à l’hôpital. Le jeune homme, autrefois si vigoureux, travaillait dur avec ses mains ; maintenant, il doit travailler dur pour espérer remarcher.

C’est la manière détournée d’Eli d’encourager Tom à rendre visite à Rodney.

Avant de partir, il invite Tom à venir faire une partie de dominos un de ces jours.


Au Cider Barrel, Charlie sert une crêpe à Jeff lorsque Carolyn entre. Elle veut lui parler, mais pas ici. Jeff refuse de bouger.

Il ne veut pas lui parler. Il s’assoit près d’un client pour l’empêcher de s’installer à côté de lui. Carolyn, têtue, prend la table voisine.

Elle lui explique qu’elle ignorait que sa mère serait là lorsqu’ils ont été surpris au salon. Marsha devait dîner avec le Dr Rossi.

Jeff ne la croit pas. Et même si c’était vrai, il n’aime pas la manière dont elle traite sa mère. Il s’est senti ridicule et piégé.

Carolyn riposte :

— Si tu réagis comme ça, si tu refuses de me pardonner, c’est peut-être parce que tu ne m’aimes pas.

— Dans ce cas, tu ferais mieux de m’oublier.

Jeff acquiesce :

— Excellente idée. Peut-être trouveras-tu quelqu’un qui aime être ridiculisé. Ou mieux encore, tu n’as qu’à sortir avec Joe Rossi.

Toujours en colère, il la plante là et sort.

Charlie s’approche :

— Un petit quelque chose à manger ?

— Non, merci, dit Carolyn, bouleversée.


Le Dr Miles termine son petit-déjeuner et se prépare à partir. Il doit se rendre au Memorial de White River pour une conférence et risque d’être en retard pour le dîner.

Il ouvre la porte et se retrouve face à Lew, revenu d’une promenade.

Harry espère que son fils viendra le voir à l’hôpital — ce serait bien pour un futur médecin. Lew se braque et dit qu’il est fatigué. Il promet tout de même de venir le lendemain.

Une fois Harry parti, Alma reproche gentiment à Lew de ne pas l’avoir remerciée pour la chaîne hi-fi qu’il a trouvée dans sa chambre. Il sourit, l’embrasse et la remercie.

Elle lui propose d’inviter Joanne Walker à un concert rock à Boston samedi. Mais Lew se ferme à nouveau : il n’en a pas envie. Il monte dans sa chambre.


Épisode 468 

Mercredi 9 octobre 1968

Désordre

Le Dr Michael Rossi a passé des heures, la veille au soir, à tenter désespérément d’arracher Marsha Russell à ses pensées. Il a échoué. Aujourd’hui, il veut essayer de reprendre leur relation là où elle s’est interrompue.

Il sort de sa décapotable rouge et se dirige vers la porte d’entrée des Russell.


Michael arrive au plus mauvais moment : il entre au moment précis où Marsha annonce à sa fille qu’elle a rompu avec lui pour la préserver. Carolyn accueille mal la venue de Mike et s’enfuit dans sa chambre.

Marsha et le médecin passent au salon. Mike lui dit qu’il l’aime et qu’il ne la laissera pas tomber. Marsha se jette dans ses bras. La scène est longue, touchante, faite d’embrassades et d’étreintes.

Marsha comprend qu’elle ne peut pas vivre sans lui. Mike, de son côté, lui dit que Carolyn aura besoin de temps pour accepter leur relation, mais qu’elle y parviendra.

Au moment où il s’apprête à partir, Marsha lui demande de l’appeler dès son retour chez lui. Elle ne veut pas avoir à attendre le lendemain pour avoir de ses nouvelles.


Le Dr Harry Miles et sa femme Alma sont dans leur voiture garée près de l’hôpital. Alma lui annonce que Lew rentre ce soir. Elle voudrait qu’Harry soit présent à l’aéroport de White River pour l’accueillir et qu’ils puissent dîner ensemble ensuite.

Harry rappelle qu’il est de garde, mais Alma le supplie de se faire remplacer : il travaille trop. Il promet d’essayer.

À l’hôpital, il donne ses instructions à Mlle Choate. Il demande à voir le Dr Rossi. Justement, Mike sort de son bureau, prêt à aller retrouver Marsha.

Harry lui demande s’il peut prendre sa garde, car son fils rentre ce soir et il aura peu d’occasions de le voir une fois les cours repris. Mike hésite : il a promis un dîner à Marsha.

Mlle Choate lui tend le téléphone : c’est une urgence.

Mike raccroche en disant qu’il vient immédiatement. Avant de s’élancer, il dit à Harry que c’est d’accord, il prendra la garde.

L’urgence s’appelle Susan. Elle a dit au Dr Rossi de venir : elle s’est blessée et perd du sang.

Mike pénètre dans le salon du presbytère et découvre une pagaille indescriptible. Les chaises sont renversées, des papiers jonchent le sol. Susan se tient debout, un verre à la main, totalement ivre.

Elle s’assoit sur une marche des escaliers.

— Que s’est-il passé ? demande le médecin.

— Je suis tombée et je me suis blessée.

— Vous m’aviez dit perdre du sang.

— C’est exact.

Elle montre sa main droite. Une petite goutte de sang perle à son index. Pendant que Mike soigne ce « bobo », il lui dit qu’elle devrait se faire admettre dans un sanatorium : elle a besoin d’aide si elle veut s’en sortir.

Comme toujours lorsqu’elle est ivre, Susan répond par le sarcasme.

— Pas aujourd’hui, docteur. Je dois d’abord nettoyer ce désordre. Le nouveau révérend et sa femme doivent s’installer bientôt.

— Quand arrivent-ils ?

— Quelle heure est-il ?

Mike comprend :

— Vous voulez dire qu’ils arrivent aujourd’hui ?

Il décroche le téléphone et appelle le Colonial. Il demande à Fred, le réceptionniste, de dire à Marsha Russell de venir immédiatement chez les Winter.

En attendant son arrivée, Mike tente de remettre de l’ordre, mais Susan repasse derrière lui pour renverser de nouveau le mobilier.

Marsha arrive. Michael lui confie la tâche de nettoyer et de veiller sur Susan, car il doit aller accueillir le nouveau pasteur.

Marsha pense qu’une douche ferait du bien à Susan. Mais Susan résiste, évoquant la liaison de Marsha avec Rossi :

— Dites-moi, quel effet ça fait de jouer au docteur avec un vrai docteur ?

Marsha ne relève pas et parvient à la convaincre de monter se doucher pendant qu’elle range le salon.


Sur le quai, Tom Winter et d’autres hommes déchargent des caisses de homards. Jill marche le long du quai. Tom s’arrête pour l’observer.

Depuis le Cider Barrel, Joe observe Tom… qui observe Jill. Elle monte les marches de la pension de famille. Un pêcheur rappelle à Tom qu’il doit se remettre au travail.

Joe sort alors du Cider et va rejoindre Jill. Tom s’interrompt encore pour regarder la scène.

Jill ouvre la porte. Joe constate des progrès : pas de chaîne, pas de porte claquée au nez.

Il remarque que la chambre est un véritable dépotoir. Jill repasse du linge. Il voit une photo de Kelly dans un cadre : c’est Eli Carson qui la lui a offerte.

Joe dit vouloir établir un planning de visites pour voir Kelly.

Pour la première fois, ils parlent sans se disputer. Il reconnaît qu’ils ont eu tort de se quereller devant l’enfant. Jill lui demande de ne plus l’appeler « la gosse » : c’est leur fille, et elle a un prénom.

Joe admet être un homme qui préfère se battre plutôt que parler. Il évoque sa bagarre avec Tom pour qu’il cesse de harceler Jill — ce qui semble la toucher.

Elle accepte que Joe voie Kelly. Avant qu’il ne parte, elle lui propose le négatif de la photo de Kelly. Il répond qu’il préfère prendre ses propres photos.


Rodney appelle Norman et lui demande si sa nouvelle employée est là. Norman lui passe Betty.

Il la remercie pour la tenue des comptes et lui dit qu’elle lui manque.

— Tu me manques aussi, soupire Betty.

Elle lui promet de venir le voir dès demain matin.

— Je t’aime, Betty.

— Je t’aime aussi.

Ils raccrochent. Norman remarque que Betty semble préoccupée.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Il ne me fait pas confiance.

— Comment ça ?

— Il a appelé ici pour être certain que j’étais avec toi. Il pensait que j’étais avec Steven.

— Il a appelé parce qu’il t’aime.

— Il ne me fait pas confiance, répète-t-elle. Il vérifie constamment où je suis.


Épisode 467 

Lundi 7 octobre 1968

Une discussion entre mère et fille

Ce soir, Marsha Russell a annoncé au Dr Michael Rossi qu’ils devaient cesser de se voir. Sa fille adolescente, Carolyn, vit cette relation comme une trahison. Maintenant, le Dr Rossi retourne à l’hôpital de Peyton Place pour se plonger dans le travail administratif. Mais il doit mettre de côté sa propre déception : un appel urgent du kinésithérapeute le prévient que Rodney Harrington pose problème. Rodney est un patient difficile depuis quelque temps, et ce soir, Rossi doit trouver un moyen de s’occuper de lui.

Le Dr Rossi arrive à l’hôpital dans sa décapotable rouge, entre et se rend à la salle de thérapie.


Rodney essaie de ramasser une balle de tennis qu’il a laissée tomber. Le Dr Rossi se précipite, la ramasse et le prévient : s’il tombe de son fauteuil, il pourrait se blesser gravement.

Il lui demande de ne pas se surmener. Chuck Atwell lui a rapporté qu’il avait tendance à forcer, notamment en soulevant trop de poids. Rossi lui demande de faire confiance au thérapeute et lui explique les mécanismes de la guérison.

Il va jusqu’à la porte et appelle l’infirmière, lui demandant de garder un œil sur Rodney.

Le médecin regagne ensuite son bureau. Il consulte quelques dossiers, s’assied sur le canapé, se relève, erre comme une âme en peine. Il pense sans cesse à Marsha. Il saisit le combiné du téléphone, compose un numéro… puis raccroche avant que ça ne sonne.


Jeff et Carolyn arrivent en buggy dans un coin tranquille — sans doute le fameux étang Tucker, où Betty avait perdu sa virginité au début de la série.

Jeff évoque le dépotoir du sud de la ville ; Carolyn préfère parler de musique. Finalement, ils s’embrassent longuement. Carolyn suggère de rentrer chez elle. Jeff hésite, mais lorsqu’elle lui dit que sa mère n’est pas à la maison, il fait aussitôt marche arrière sur la place de parking.


Le Dr Miles descend le long du quai et appelle Tom. Celui-ci dort dans sa couche, à l’intérieur du bateau. Harry le réveille et lui serre la main : il a besoin de lui à l’hôpital.

Liza Newton va mal et demande à parler au révérend. Tom refuse : il n’est plus pasteur et ne peut plus aider les gens. Miles lui demande de faire semblant — pour Liza, c’est important. Tom refuse encore.

Le Dr Miles rentre chez lui et ne trouve personne. Il enlève son manteau et s’assied sur le canapé. Il appelle Alma, sa femme. Elle descend enfin.

Elle lui dit que leur fils Lew a appelé. Il était parti pêcher dans les montagnes Pocono. Elle a aussi reçu une lettre d’Ebony : ils veulent écrire un article sur le Dr Miles.

Harry est fatigué de devoir toujours représenter « l’homme noir qui a réussi ». Il espère que Lew poursuivra après le lycée et fera médecine. Il a de grandes ambitions pour lui.

Alma lui rappelle que Lew n’a aucune envie de devenir médecin.


Jeff et Carolyn sont étendus sur le canapé du salon des Russell. Jeff lui dit qu’elle est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Ils s’embrassent fougueusement.

Marsha descend les escaliers, s’arrête dans l’embrasure de la porte et observe sa fille et Jeff se bécoter. Jeff aperçoit son ombre et se redresse brusquement. Marsha préfère remonter.

Jeff se fâche : il croit que Carolyn l’a manipulé, qu’elle l’a amené ici en sachant que sa mère était là, juste pour la provoquer. Carolyn nie : Marsha n’était absolument pas censée rentrer. Mais Jeff sort rapidement, sans qu’elle ne puisse le retenir.

Marsha redescend parler avec Carolyn. La jeune fille lui demande pourquoi elle est rentrée si tôt : elle avait rendez-vous avec le Dr Rossi.

Marsha annonce qu’elle a rompu avec le médecin. Carolyn lui demande si c’est à cause d’elle. Marsha ne peut le nier. Carolyn a déjà vécu des moments difficiles avec le divorce ; elle n’est pas assez forte pour supporter de voir sa mère avec un autre homme.

Marsha pleure ; Carolyn vient l’enlacer. On pourrait croire à une réconciliation… si quelqu’un ne frappait pas à la porte à cet instant.

Mike se tient sur le seuil et veut parler à Marsha. Il voit Carolyn et la salue.

Carolyn dit aussitôt au Dr Rossi que sa mère vient de lui dire qu’ils ont décidé de se séparer. Elle monte dans sa chambre sans attendre de réponse.