Mercredi 18 septembre 1968
Une décision irrévocable
Le révérend Tom Winter est revenu à la maison. Le col clérical qu’il portait depuis des années n’est plus sur lui. Sa capacité à aider son prochain semble s’être éteinte. Il ne lui reste qu’une épouse qui se bat contre l’alcool. C’est dans cette chapelle que Tom vouait autrefois toute sa passion au Culte. C’est aussi dans cette chapelle qu’il a aimé pour la première fois.
À l’intérieur, Tom se tient debout, vêtu en civil.
— Ainsi, vous êtes revenu.
Tom se retourne et aperçoit le Dr Rossi qui s’avance vers lui.
— J’en suis content, ajoute-t-il.
Mais Tom le refroidit immédiatement :
— Je viens juste prendre mes affaires.
— Où étiez-vous ?
— À Boston.
— Je vous cherchais. Votre femme est à l’hôpital. Elle boit plus que de raison depuis votre départ. Elle a besoin de vous. Désespérément.
— Je suis désolé.
— Allez la voir.
— Elle n’a pas besoin de ma sympathie.
— Non, elle a besoin de vous.
— De la sympathie, c’est tout ce que je peux lui offrir. Je n’ai rien à lui dire.
— Bien sûr que si, insiste Mike.
— La seule chose que j’ai à lui dire, honnêtement, c’est « merci ». Merci de m’avoir ouvert les yeux. Merci de m’avoir mis en contact avec Jill, de m’avoir montré ce qui est vraiment important dans la vie. Merci de m’avoir forcé à quitter l’Église… Vous croyez que Susan veut entendre ça ?
— Tom, vous avez encore des responsabilités envers elle.
— Plus maintenant.
— Elle est toujours votre femme !
— Elle porte encore mon nom, mais c’est tout.
— D’accord… Et vous, qu’avez-vous ? Qu’avez-vous vraiment ?
Tom veut partir, mais Mike le retient.
— Tom, je dois vous demander de rester loin de Jill Smith.
— Je ne suis plus révérend. Je ne suis plus qu’un homme. Et je n’ai pas l’intention d’accepter un « non » comme réponse. Je l’aime. Je peux envisager une vie avec elle.
— Mais elle ne vous aime pas ! Elle est partie à cause de vous, parce que vous lui faites peur. Et aujourd’hui, à cause de vous, elle a perdu la garde de Kelly. À cause de vous, elle a perdu la seule personne qui comptait vraiment pour elle !
Tom baisse la tête, penaud.
— Je l’ignorais.
— Parce que vous êtes trop occupé par votre propre personne.
— Je vais aller la voir et lui parler.
— Non. Je vous en empêche. Le juge lui a laissé une petite porte ouverte : elle a une chance de récupérer l’enfant. Ne venez pas, encore une fois, tout gâcher.
— Mais je l’aime !
— Et quelle différence cela fait-il ? Elle ne vous aime pas, et elle ne vous aimera jamais. Vous devez l’accepter, y faire face et vivre avec.
Le médecin lui demande de reconsidérer sa position et de revenir à l’Église. Mais Tom répond que l’Église appartient à Dieu, et le reste à Susan. Lui n’appartient plus à aucun des deux.
Dans sa chambre d’hôpital, Rodney joue aux dames avec Norman. Comme il ne peut pas bouger les pions, il indique à son frère quels déplacements effectuer. Norman prend un malin plaisir à faire semblant de ne pas comprendre. Rodney finit par déclarer forfait.
Norman se lève : il doit rentrer pour le dîner. Avant qu’il ne parte, Rodney lui demande d’avoir l’œil sur Betty. Elle paraît forte, mais elle est vulnérable. Norman promet.
Tom traverse le square. Il jette un regard vers la fenêtre du bureau de Steven Cord, situé dans le bâtiment de la banque, sur le côté est du square.
Steven lit une déposition lorsque Tom arrive. Il entre et s’assoit sur le sofa, puis lui annonce qu’il a quitté le ministère.
Steven lui dit que Susan l’aime et, comme Michael plus tôt, il souhaite que Tom aille lui parler.
Mais Tom est venu pour autre chose : il veut que Steven entame une procédure de divorce.
Steven insiste : Susan a besoin de lui.
Tom lui demande simplement d’aller dire à sa femme qu’il ne l’aime plus et qu’il en est désolé.
Rita prépare un dîner aux chandelles lorsque Norman arrive. Il allume les bougies. Rita lui raconte que Kelly est un ange : elle dort beaucoup et ses journées passent vite à s’occuper d’elle. Elle semble épanouie dans ce rôle.
Norman suggère d’inviter Betty. Devant l’air préoccupé de son mari, Rita lui demande ce qui se passe. Norman avoue craindre que Betty abandonne Rodney… ou, pire, qu’elle retourne vers Steven. Après tout, ils ont été mariés et ont beaucoup compté l’un pour l’autre.
Rita l’arrête net : elle est persuadée que Betty ne retournera jamais vers Steven, car elle aime profondément Rodney.
Au Colonial Post Inn, Michael dîne avec Marsha et sa fille Carolyn. Il s’est placé entre elles.
— Une mauvaise herbe parmi deux roses, plaisante-t-il.
— Je dirais plutôt une « épine » parmi les roses, corrige Carolyn.
Mike apprécie son esprit.
Tout se déroule agréablement jusqu’à ce que Carolyn aperçoive son père. Elle se lève pour l’embrasser : elle pensait qu’il était à Boston. Fred explique qu’il devait se rendre à White River. Il salue poliment Marsha et Mike.
Carolyn l’invite à prendre un verre avec eux, mais il décline. Marsha est soulagée et rappelle à sa fille qu’elle le voit dimanche.
Une jeune femme brune s’approche ; Carolyn comprend qu’il s’agit d’une amie de son père. Elle demande à faire les présentations. Fred lui présente donc Donna Franklin. Carolyn l’interroge aussitôt pour découvrir si Donna est la petite amie de son père ou une simple connaissance.
Il apparaît que Donna est très proche de Fred, au grand désarroi de Carolyn.
Fred annonce qu’il viendra la chercher tôt dimanche matin, puis repart avec Donna.
Mike et les deux femmes reprennent leur repas.
Carolyn demande à sa mère si elle était au courant.
Marsha répond calmement qu’ils sont divorcés : chacun vit sa vie désormais. Si son père fréquente une femme, il en a parfaitement le droit.
Au magasin, Norman tape une commande à la machine lorsque Joe Rossi entre pour jeter un œil à sa future moto. Joe lui parle de Kelly : il aimerait la voir.
Norman lui dit qu’il n’a jamais été un père pour elle ; Kelly ne le reconnaîtrait même pas. À ce rythme, elle finira par croire que Norman est son père.
Joe insiste : on comprend déjà qu’il envisage quelque chose qui ressemble à une famille. Norman finit par accepter. Joe le remercie. Reste à savoir ce que Jill et Rita en penseront.
Une fois Joe parti, Norman ferme la boutique. Il voit alors la voiture de Steven s’arrêter devant chez Betty. L’avocat descend et va sonner à sa porte.
Norman observe : Betty ouvre et invite Steven à entrer, sous son regard désapprobateur.


















































