Lundi 18 novembre 1968
Le gros lot
Ce soir, Steven Cord apporte une information qu’il vient tout juste de recevoir de la clinique de Boston. Il est déterminé à observer l’impact que cette nouvelle aura sur Betty Harrington. Il est convaincu que sa vie va soudainement basculer sur une voie destructrice et que, par ricochet, cela affectera tous ses proches.
Il fait nuit. Steven Cord se rend en voiture chez Rodney et Betty Harrington, près du Shoreline Café et du magasin de motos des frères Harrington. Il sort du véhicule et marche le long du trottoir enneigé. Il frappe à la porte.
Betty ouvre et lui demande immédiatement de s’en aller. Steven lui annonce alors le décès de Martin Peyton. Elle s’adoucit et le laisse entrer.
Elle n’arrive pas à croire que cela soit arrivé. Elle est sous le choc. Betty doit normalement être la principale bénéficiaire de l’héritage du vieil homme. Steven est amer.
— Tu as touché le gros lot, madame Rodney Harrington, ricane-t-il.
Avant que Steven ne parte, elle lui demande comment Rodney a réagi à la nouvelle. Steven lui répond qu’il n’est pas encore au courant, pas plus que Norman. Il voulait l’annoncer en premier lieu à Betty, puisqu’elle est la principale bénéficiaire.
Plus tard, Steven et Betty retrouvent Norman et Rita au bureau des renseignements de l’hôpital. C’est Steven qui les a convoqués : il doit leur parler.
Ils entrent dans la chambre de Rodney et se placent autour de lui. Il était en train de lire lorsque tout le monde est arrivé.
Steven annonce la nouvelle à Rita, Norman et Rodney réunis. Rodney n’est pas étonné : le vieil homme était malade. Steven précise qu’il va s’occuper des formalités et des funérailles. Betty s’y oppose et estime que c’est Rodney qui devrait s’en charger.
Steven lui rappelle que Rodney ne pourra pas faire grand-chose en fauteuil roulant. Betty rétorque que les démarches peuvent très bien être faites par téléphone.
Finalement, Norman intervient et dit que si Steven souhaite s’occuper des funérailles et des démarches administratives, il le laisse volontiers faire. Il demande à Rodney s’il est d’accord. Rodney ne répond pas. Steven prend ce silence pour un accord et s’en va. Rita et Norman prennent également congé.
— Tu as l’impression que l’argent est pratiquement à toi, maintenant, dit Rodney à sa femme.
— Pas à moi, répond Betty. À nous.
Dans le salon des Miles, Harry a une discussion à cœur ouvert avec son fils, Lew. Il ne sait toujours pas ce que cache ce dernier. Il sait seulement qu’il n’a pas effectué l’intégralité de son stage à l’hôpital de New York.
Lew dit qu’il se cherche. Harry lui explique qu’il aime ses deux fils de la même façon, mais qu’il a toujours cru devoir protéger davantage Lew, parce qu’il est le plus jeune. Il veut pour lui une belle vie.
Harry comprend que Lew ne veut plus devenir médecin, et cela l’attriste. Lew prétend le contraire, affirmant qu’il n’a pas abandonné cette idée. Mais Harry est persuadé qu’il a renoncé.
Au magasin de motos des frères Harrington, le Dr Rossi est venu présenter ses condoléances à Norman pour la perte de son grand-père. Il avoue que c’est la première fois qu’il entre dans le magasin.
Il souhaite également lui parler de la thérapie de Rodney. Ce dernier a repris ses exercices, ce qui est très positif. Mais Mike le sent encore fragile et estime que Norman doit continuer à le motiver et à le surveiller.
Il se rend près de la fenêtre, d’où il a une vue directe sur l’entrée du Shoreline. Il voit Carolyn y entrer, ce qui le perturbe au point qu’il s’interrompt au milieu de sa phrase.
Intrigué, Norman regarde à son tour et aperçoit Jeff sortir de son buggy pour entrer dans le café. Il dit que Jeff est un brave garçon et qu’il a beaucoup de talent comme musicien. Le Dr Rossi, quant à lui, est perdu dans ses pensées.
Lew se promène dans le square enneigé et monte sur le kiosque à musique. Il aperçoit au loin une jeune fille de son âge, Joanne Walker, et l’appelle. Joanne est la fille du sergent Walker.
Lew tente d’être aimable, mais elle lui reproche de ne plus lui donner de nouvelles. Elle dit ne plus le reconnaître depuis son retour de New York.
Il lui demande si elle est libre pour qu’ils passent du temps ensemble, mais elle le repousse.
— Tu es quelqu’un d’autre. Tu as changé. Le Lew Miles que je connaissais était correct avec moi.
Tom travaille sur le bateau, amarré juste en face de la taverne, sur le quai. Il aperçoit le Dr Miles et l’interpelle. Harry semble préoccupé, mais Tom n’a pas l’impression qu’il s’en rende compte.
Tom lui demande des nouvelles de Liza Newton. La dernière fois, Harry était venu le voir pour lui demander de lui rendre visite et de la réconforter, mais Tom avait refusé. À présent, il aimerait la rencontrer et demande si cela est possible.
Harry lui annonce que, malheureusement, Liza Newton est morte la veille. Tom est sous le choc. Il demande si elle était accompagnée à ce moment-là, sachant qu’elle n’avait pas de famille. Harry lui explique qu’il a fait appel au révérend de White River, mais que ce n’était pas la même chose. Madame Newton ne le connaissait pas comme elle connaissait Tom.
Harry s’en va.
Eli rejoint Tom Winter et lui parle à son tour de la mort de Liza Newton. Tom s’en veut de ne pas être allé la voir. Eli lui demande de lui promettre d’être présent à ses funérailles, lorsque le moment viendra.
À l’hôpital, le Dr Miles est de mauvaise humeur. Il reproche à Mlle Choate d’avoir laissé un patient se promener dans le couloir sans assistance.
Le Dr Rossi s’approche et met fin au calvaire de l’infirmière en chef en invitant Harry à entrer dans son bureau pour discuter.
Harry lui confie qu’il est convaincu que Lew abandonne la médecine. Son fils ne lui a rien dit explicitement, mais il le ressent profondément. Mike lui répond qu’à dix-sept ans, on ne sait pas toujours ce que l’on veut faire de sa vie et qu’il faut parfois du temps.
Harry explique alors qu’une personne de couleur doit exercer un métier prestigieux pour être respectée dans la société, et que c’est ce qu’il souhaite pour son fils.
Betty se rend au manoir pour voir Steven. Elle lui annonce qu’elle se chargera des funérailles de Martin Peyton. Elle ajoute qu’il était présomptueux de sa part de penser pouvoir s’en occuper seul.
Les avocats de Peyton, à Boston, l’ont informée qu’elle doit s’y rendre afin d’accompagner le cercueil dans le corbillard jusqu’à Peyton Place.
— Est-ce que tu fais cela en tant qu’héritière Peyton, ou en tant qu’épouse ? demande Steven.
— Les deux, répond Betty. Et je resterai héritière Peyton et épouse de Rodney.
Elle s’en va.





