Mercredi 6 novembre 1968
Démotivation
Le Dr Michael Rossi a un problème avec un patient — mais aussi un ami : Rodney Harrington. Il pensait pouvoir le laisser aux bons soins de son thérapeute pour enfin s’attaquer au retard administratif qui l’accable, mais on l’a rappelé. Rodney pose problème, et Michael doit de nouveau intervenir.
Le Dr Rossi gare sa décapotable rouge vif devant l’entrée de l’hôpital. Il attrape sa mallette, sa veste, et s’apprête à entrer quand Chuck Atwell surgit et le rejoint.
Ils traversent ensemble le hall pour gagner le bureau des renseignements. Chuck lui confie que Rodney n’est plus motivé : il refuse de travailler avec la machine thérapeutique flambant neuve. Il pense que seul Rossi pourra l’aider à reprendre goût aux efforts. Sans exercice, Rodney risque de rester prisonnier du fauteuil roulant.
Michael se rend donc dans la chambre.
La pièce est plongée dans le noir ; Rodney est étendu, prostré.
Mike ouvre les stores, laissant la lumière inonder la chambre.
Il lui réexplique patiemment l’importance de la régularité. Rodney, convaincu que ses jambes ne marcheront plus, refuse d’y croire.
— À quoi bon devenir un colosse des bras si mes jambes restent inertes ?
— Dis ça à Atwell la prochaine fois qu’il t’ajoutera des poids.
— Dites-le-lui vous-même. Moi, j’arrête.
Michael comprend que tout cela n’a rien à voir avec des haltères ni des routines d’exercices. Le problème est ailleurs : Betty. Steven. La jalousie. L’incertitude.
Mike lui conseille d’affronter la situation au lieu de la laisser l’empoisonner.
Rodney ne répond pas. Il détourne la tête.
Rossi ressort. Chuck Atwell l’attend, prêt à entendre de bonnes nouvelles.
Michael n’en a pas. Chuck baisse les bras : il ne sait plus quoi faire.
Carolyn rentre, monte les marches… mais la voix de Marsha la tance :
— Viens ici tout de suite.
— Je pose mes livres et je redescends.
— J’ai dit : tout de suite !
Carolyn entre dans la cuisine. Marsha est furieuse. Sa fille avait promis de rentrer directement après l’école pour aller faire les magasins ensemble — et elle arrive avec trois heures de retard.
— C’est pourtant toi qui voulais faire du shopping, proteste Carolyn.
— Je veux ton emploi du temps exact depuis ta sortie de l’école.
Carolyn tente une version : bibliothèque, puis glace.
Marsha l’a déjà vérifié. Elle n’était ni là, ni là.
— C’était un marchand ambulant, dit Carolyn. Il n’a pas de téléphone.
Marsha suggère qu’elle a été voir Jeff au Shoreline.
Carolyn nie, s’excuse à nouveau, puis monte s’enfermer dans sa chambre, où elle s’effondre sur son lit, contrariée.
Norman ferme les grandes portes du garage Harrington. Jeff sort du Shoreline, traverse la rue et vient le voir.
Il demande des nouvelles de Rodney. Ils échangent quelques mots sur la musique. Norman remarque qu’il a entendu Jeff jouer cet après-midi, mais pas comme d’habitude — ni seul.
Jeff se défend immédiatement :
— Je sais ce que tu crois. Oui, j’étais avec Carolyn. Mais il ne s’est rien passé, d’accord ?
— Si tu le dis, répond Norman sans conviction.
Jeff s’en va. Norman ferme boutique et part en moto.
Sur le quai, Tom Winter travaille sur un piège à homards et s’ouvre la main sur un crochet.
Il se retire dans le bateau pour se soigner, mais Andy Davies arrive et s’emporte : la blessure est profonde et Tom doit aller à l’hôpital, point final.
Tom refuse. Andy insiste. Il va même jusqu’à menacer de le renvoyer.
Norman arrive en moto, comprend la situation et propose d’emmener Tom.
Cette fois, Tom accepte.
Dans son bureau, Steven Cord termine un coup de fil. Le Dr Rossi l’observe par la fenêtre, nerveux. Steven raccroche, maugréant contre un client.
Mike est venu lui demander une faveur : aller parler à Rodney. Le jeune homme doit affronter ses démons et mettre un terme à ses suspicions.
Steven ne voit pas pourquoi ce serait à lui de le faire.
— Vous voulez que je lui dise que je n’ai plus de sentiments pour sa femme ? Vous croyez que ça va l’aider ?
— Je veux que vous lui disiez la vérité, répond calmement Mike.
Steven est stupéfait.
Rossi lui explique : Rodney doit extérioriser sa colère et avancer. L’enfermer dans un cocon de mensonges ne l’aidera pas.
Il doit entendre ce qu’il redoute, ou ce qu’il espère, afin de faire face.
Dans le couloir de l’hôpital, Tom Winter revient du service des urgences, la main bandée. Il croise Rossi.
Michael lui demande d’aller parler à Rodney : le jeune homme a besoin de conseils, de repères.
Tom proteste : tout le monde veut le remettre dans les ordres. Il n’en a aucune envie. Il ne redeviendra pas révérend.
Mike n’insiste pas. Tom quitte le couloir… puis hésite.
Il s’approche de la chambre de Rodney.
La porte est entrouverte.
Il voit Rodney, avachi dans son fauteuil, écrasé de découragement.
Tom reste là un long moment, indécis.
Puis il fait demi-tour et s’éloigne, incapable d’entrer.





