Lundi 21 février 1966
La déclaration de Marian
Depuis plusieurs semaines, Russ Gehring, kinésithérapeute, soigne Allison Mackenzie. Depuis tout ce temps, il connaissait l’identité du chauffeur qui l’a renversée et a pris la fuite. Maintenant, il ne peut plus taire cette information.
Des individus marchent dans la neige. Russ Gehring sort de sa voiture.
John Fowler s’entretient avec Marian à propos de son délit de fuite. Le sergent Goddard prend un formulaire de déclaration. John est ici pour l’interrompre. Il ne veut pas d’une déclaration officielle.
Russ Gerhing arrive au poste de police pour parler à John. Ce dernier le gifle violemment en apprenant qu’il savait que Marian était la personne qui a renversé Allison.
Rodney frappe à la porte du bureau de Steven et entre. Il donne à Steven un chèque de 1000 dollars (le cadeau de Peyton pour son vingt-et-unième anniversaire) en tant qu’honoraires.
Schuster entre dans le bureau pour se plaindre à Steven, qui a demandé à citer Kim une nouvelle fois comme témoin.
Il est en fin de compte d’accord pour qu’elle témoigne à nouveau, mais il rendra Steven responsable de ce qui pourrait arriver à sa fille.
John et Marian discutent à l’extérieur du poste de police. Marian dit qu’elle doit voir Allison.
John décide de l’emmener lui-même à l’hôpital. Il l’aide à entrer dans sa voiture.
Betty, Rodney et Steven se rencontrent dans le vestibule de l’auberge. Ils se préparent à aller dîner.
Steven est appelé au téléphone. Betty commande un Rob Roy pour elle et pour Steven. Rodney prend une vodka tonique avec un zeste de citron (il a l’âge requis maintenant).
Rodney et Betty discutent en attendant le retour de Steven à table. Ils reparlent de la fameuse scène lorsque Rodney a embrassé Betty. Betty ne lui donne aucun espoir pour une nouvelle relation. Rodney lui prend la main. Steven revient et voit la scène.
Il s’assoit, tandis que Rod se lève pour repartir dans sa chambre. Steven fait croire à Betty qu’il peut faire en sorte de perdre le procès pour garder Betty.
Betty est choquée, mais Steven lui assure que ça n’arrivera pas. Ce n’était que des paroles en l’air. Il est un avocat intègre et fera tout pour gagner le procès.
Norman rentre à la maison avec le sourire aux lèvres. Il apprend à Rita qu’il vient juste d’obtenir un futur emploi au nouveau magasin général qu’Eli Carson va ouvrir.
Dans la chambre d’hôpital d’Allison, le Dr Rossi essaie une nouvelle fois de faire marcher la jeune fille. Il lui parle des relations tendues qu’elle a en ce moment avec ses parents.
Allison lui dit qu’elle est fatiguée et qu’elle veut dormir. Dès qu’un problème se pose, Allison fuit la réalité.
Dans le hall, Michael dit à Elliot qu’Allison ne veut pas voir ses parents. Il lui parle des cheveux qu’elle s’est coupés court. Probablement une rébellion de la part de la jeune fille. Le médecin vient de lui donner un sédatif.
Tandis que Rossi s’en va, Norman et Rita entrent et souhaitent voir Allison. Mais on leur interdit l’entrée de sa chambre parce qu’elle est en train de dormir.
Norman en profite pour remercier Elliot au sujet de l’annonce du mariage dans le Clarion.
John et Marian se dirigent vers l’endroit où Elliot et Constance sont assis. Marian et John s’approchent d’eux.
— Je voudrais voir Allison, fait Marian d’une voix presque inaudible.
— Elle dort en ce moment, répond Elliot.
— Je dois la voir, insiste-t-elle.
— Pourquoi ?
— J’ai quelque chose à lui dire.
— Quoi donc ?
— C’est terriblement important.
Constance intervient :
— Est-ce quelque chose que vous pouvez me dire ?
Marian secoue la tête.
— Pouvons-nous entrer dans sa chambre ?
— Eh bien, fait Elliot, je vous l’ai dit, elle est endormie. Ils lui ont donné un sédatif. Elle n’entendra pas un mot de ce que vous allez dire.
Marian et Constance se rendent tout de même dans la chambre d’Allison.
— J’ai entendu dire qu’elle allait mieux, souffle Marian.
— Elle arrivait à marcher il y a deux jours. Puis elle a régressé. C’est le terme qu’ils ont employé. Maintenant, elle n’arrive plus à bouger toute la partie gauche de son corps… Que vouliez-vous lui dire ?
— John et moi sommes mariés depuis six ans. Il semblerait que nous ne pouvons pas avoir d’enfant. Et j’aime les enfants. J’aime les enfants. J’en ai parlé à une personne, ce qui m’a rendue malade. Puis je me suis précipité dans ma voiture. Et je pense que j’étais en larmes. J’étais tellement bouleversée au risque de voir John. Vous comprenez ce que je suis en train de dire ?
— Non, je ne vois pas où vous voulez en venir.
Effectivement, une partie du dialogue de Marian n’est pas très compréhensible. Elle poursuit :
— Je me suis rendue en voiture sur la route de la plage pour me calmer et remettre de l’ordre dans mes idées. Il y avait du soleil. J’ai appuyé sur la pédale de l’accélérateur et c’est arrivé.
Constance fronce les sourcils, tentant de déchiffrer les propos de Marian.
— Que voulez-vous dire par « c’est arrivé » ?
— J’ai heurté Allison, confesse finalement Marian.
Nous sommes maintenant dans le couloir avec Elliot et John.
— Et elle ne vous a jamais rien dit à propos de ça ?
— C’est exact, affirme John.
— Et vous n’avez jamais rien suspecté ?
— Non.
— Pas un seul instant ?
— Non.
— Pas même lorsqu’elle a disparu ?
— Je travaillais d’arrache-pied sur le procès, se défend le procureur.
— Oh oui, le procès. Celui qui peut embellir ou détruire votre carrière. Je ne peux pas vous en vouloir d’avoir délibérément mis de côté ceci.
Les paroles d’Elliot mettent John en colère :
— Attendez une minute !
— Pouvez-vous imaginer, pouvez-vous concevoir ce qui se passe dans la tête d’un père qui apprend une chose pareille ? De savoir qu’une personne a fait du mal à ma fille et peut marcher tranquillement dans la rue sans scrupules ?
— Vous n’allez peut-être pas le croire, mais je sais ce que vous ressentez.
— J’avais l’habitude d’observer chaque visage qui passait dans le square. Je les regardais attentivement pour voir si je percevais un signe de culpabilité dans leurs yeux. Je vivais dans la haine. La haine était mon pain quotidien. Et ce n’était même pas un homme. C’était une femme. Une femme.
Elliot se tourne pour aller dans la chambre d’Allison. John l’attrape par le bras.
— Tenez-vous loin d’elle.
— Lâchez-moi immédiatement !
— Carson, laissez la justice faire son œuvre.
— Il me semble que dans cette ville, la justice est uniquement faite pour condamner les innocents et laisser en liberté les coupables.
Elliot entre dans la chambre.
— Est-ce que c’est vrai ? s’enquiert-il auprès de Marian. Est-ce que votre mari ne savait rien à propos de ceci ?
— Non.
Elliot, en colère, se détourne de Marian. Les Fowler quittent la chambre.
Constance s’approche d’Elliot.
— Maintenant que nous savons, que pouvons-nous faire ? Rien.
— Au contraire.
— L’attacher au pilori ? L’envoyer à la potence ? Que peux-tu faire de bien, Elliot ? Est-ce qu’Allison ira mieux ?
— Je n’arrive pas à croire que Fowler n’était pas au courant. S’il l’était et qu’il n’a rien dit, il ne lui serait plus permis de pratiquer la justice. Si je peux prouver qu’il savait, je le ferai tomber.





