Episode 192

Jeudi 10 mars 1966

Le passé de Steven

Le procès de Rodney Harrington pour le meurtre de Joe Chernak s’est terminé cet après-midi. Maintenant le fardeau de décider de la culpabilité ou de l’innocence de Rodney appartient aux jurés. Ce fardeau les suit partout, même au restaurant du Colonial Post, où ils dînent. 

Le square. Les membres du jury entrent au Colonial Post Inn et s’installent autour d’une table pour déjeuner. Steven et Betty sont à une table non loin.  


Steven et Betty sont assis par une hôtesse du Colonial Post. Au cours du dîner, ils parlent bien évidemment du procès. Ralph, l’huissier, et les membres du jury sont également ici. 

Betty lève les yeux vers Steven : 

— Tu es affreusement calme depuis que nous avons quitté la maison Peyton. 

Ils en viennent à parler du passé de Steven, du dévouement de sa mère Hannah pour Peyton, parfois au détriment de Steven, et Betty lui demande de but en blanc s’il est le fils de Martin Peyton. Steven lui répond qu’il n’en sait rien.

C’est une question qui le hante depuis longtemps, mais il n’a jamais posé la question à sa mère ni à Martin.


De retour au Palais de Justice, Ralph escorte les membres du jury dans la salle B pour la suite des délibérations. Un spectateur demande à un juré où ils en sont dans les délibérations. Ralph le sermonne.

Elliot est avec son père et lui dit que tout ce dont Rodney a besoin, c’est d’un doute raisonnable. Elliot se souvient que le père de Fowler était un avocat redoutable. Il en a fait la triste expérience il y a plus de dix-huit ans. 


Nous retrouvons une Allison dépressive qui est assise sur un rocking-chair, dans sa chambre. Il fait sombre. 

Constance entre et lui demande si elle peut allumer. Allison refuse. Elle aime être dans la pénombre. 

La mère et la fille parviennent enfin à se parler. Allison lui demande si elle aime ses cheveux courts. Elle sait que la réponse sera non. 

Elle reproche à sa mère de l’avoir trop surprotégée. À cause de cela, elle estime qu’elle n’a pas réussi à devenir une adulte, et qu’elle a peur des hommes. 

Constance lui répond qu’elle voulait surtout que sa fille ne reproduise pas le schéma de sa mère, qui est tombée enceinte très jeune. 

Allison dit alors une chose terrible :

— Tu aurais dû me faire adopter à la naissance. Personne n’a le droit d’élever un enfant de la façon dont tu m’as élevée. 


Dans le couloir du Palais de Justice, tout le monde attend le verdict. Betty est debout et attend, sans rien dire. 

Puis Leslie s’entretient avec Rodney. Il lui demande ce qu’il pense de son grand-père. 

Rodney veut savoir de quoi son père et Martin ont parlé hier soir avant le dîner. Leslie est peu disposé à lui parler de l’étrange marché qu’il doit faire avec Peyton. 

— J’ai une décision à prendre moi aussi, Rod.

— Et tu ne veux pas m’en parler. Eh bien, félicitations, papa ! Cela a pris du temps, mais tout redevient normal entre nous.

Un officier sort de la salle où le jury est rassemblé. Il va parler à Steven et nous le voyons secouer la tête. 

Steven va rendre compte à Rodney : le jury ne s’est pas encore prononcé. 

— C’est une bonne ou une mauvaise chose ? s’enquiert Rodney. 

Steven ne peut pas répondre. 

— Il semblerait que personne n’arrive à me répondre, se plaint le jeune homme.


Norman et Rita se promènent sur le quai. Ils s’embrassent sous le regard de Michael qui sort de sa voiture et se dirige vers eux. 

Il vient tout juste de délivrer un bébé plein de vie. Il leur demande s’ils ont des nouvelles du jury. Ils n’en ont pas. 

Michael les invite au Cider Barrel pour prendre un mug de cidre doux. 

Ils marchent vers le bar et aperçoivent Stella téléphonant dans une cabine publique. Norman se tourne vers Rita et Michael, intrigué. 

— Est-ce que les Chernak n’ont pas le téléphone ? 

Ils entrent au Cider Barrel. 

Depuis la cabine, Stella appelle le tribunal pour savoir si un verdict est tombé. On lui répond que non. 

Elle entre alors au Cider Barrel et fixe Michael, Rita et Norman. Elle se tourne ensuite vers le patron, Charlie, et lui dit d’un air sarcastique : 

— Je viens ici parce qu’il y a tant de visages connus et amis. 

Norman se lève et demande à Stella de sortir d’ici. 


À l’appartement, Rodney et Norman se détendent en pratiquant de la lutte. Rodney semble plus fort, et Norman abandonne. 

Steven arrive pour leur annoncer que le jury s’est prononcé. Ils doivent être présentables pour la lecture du verdict. 


Episode 191

Mardi 8 mars 1966

Un étrange marché

Le long et pénible procès pour meurtre de Rodney Harrington touche à sa fin. Les témoins ont tous été appelés, les conclusions des avocats ont été formulées. Et le juge a instruit les jurés sur la procédure à suivre. Et maintenant, douze hommes et femmes, forcés à garder le silence, doivent se faire entendre. 

Steven est assis dans la salle d’audience, en dessinant des cercles sur un papier. Fowler observe le jury. 


Le juge se charge du jury. Steven se dirige vers la sortie de la salle. Il est rejoint par John qui le félicite d’avoir aussi bien travaillé sur ce dossier. 


Dans le couloir du tribunal. Peyton a envoyé Thomas, son chauffeur, inviter Leslie et Rodney à dîner ce soir. 

Elliot explique à Rodney combien les avocats des deux parties sont satisfaits de leur travail. 

Leslie les invite à l’auberge. Steven accepte, à condition que ce soit lui qui paye la note. Il invite également Norman, mais Norman dit qu’il est trop jeune pour boire et trop vieux pour regarder les autres boire. 


Dans la rue, le garçon à bicyclette jette un exemplaire du Clarion près de la vitrine de la pharmacie.  

Rita longe le trottoir, un sac de provisions dans les mains, et se penche pour saisir le journal. Elle peut lire en gros titre : « Le jury du procès Harrington délibère ». Son visage s’assombrit. 

Eli se dirige vers elle pour lui parler un instant. Il lui dit que le monde ne va pas s’arrêter demain. Elle doit vivre l’instant présent et profiter de sa vie de jeune femme mariée. 

Rita, réconfortée par les paroles d’Elli, retourne dans son appartement (pour mémoire, il s’agit de l’ancien appartement de Paul Hanley, situé au-dessus du drugstore où Rita travaille).  

Dans l’appartement, elle dit à Norman qu’ils ont du porc haché pour souper. 

— Bien, lui répond-il. 

Elle ajoute qu’elle a préparé des pommes épicées, une de ses spécialités. Ils s’embrassent.  

Rita a décidé de suivre à la lettre les recommandations d’Eli. 


Chez les Fowler, John lit le journal tandis que Marian entre dans la pièce pour lui dire que le dîner est presque prêt. Ils parlent du procès.

Marian lui demande s’il est vraiment convaincu de la culpabilité du jeune Harrington. Il lui répond que oui. 

Marian lui rappelle qu’il l’a crue lorsqu’elle lui a menti sur l’accident, lui faisant comprendre qu’on peut croire quelque chose sans que cela soit vrai. 

John lui dit qu’il est très rare qu’une personne innocente se retrouve condamnée. Marian lui cite l’exemple d’Elliot Carson que le père de John a fait condamner pour un crime qu’il n’avait pas commis. 


Au bureau du Dr Rossi, Stella demande au médecin ce qu’il pense de son rapport. Il la complimente. 

Elle est très douée, et Michael lui demande pourquoi elle prend autant de soin à vouloir se détruire elle-même. 

Il ajoute que son père est mort dans les mêmes conditions que son frère, c’est-à-dire dans la haine. 

Elle ne devrait pas avoir de haine et elle devrait dire qu’elle a menti au procès. Il n’est pas trop tard pour rattraper ses erreurs. Mais Stella décharge sa haine sur lui. 


Chez les Carson, Allison entre dans la chambre du futur bébé, qui est encore en chantier. Constance la rejoint. Elle lui dit que tout est encore à faire et Allison lui propose son aide. 

Trop contente de voir sa fille s’impliquer, elle lui demande conseil sur le papier peint. Elliot voudrait un papier peint avec des soldats de plomb. Mais s’il s’avère que le bébé est une fille, cela n’ira pas. 

Allison propose un papier peint avec des clowns. Elliot entre dans la pièce et Constance lui dit qu’Allison et elle aimeraient un papier peint avec des clowns et Elliot est immédiatement d’accord. Allison est heureuse d’avoir pu aider. 

 Constance sourit : 

— C’est bon de t’avoir à la maison. 

Mais Allison lui répond, d’un air innocent, mais qui pourtant paralyse ses parents : 

— Je suis très heureuse de savoir que vous allez avoir un bébé. Ce sera plus facile lorsque je partirai.  


Leslie et Rodney arrivent au manoir pour le dîner. Betty les accueille. Tandis que Leslie monte voir Martin qui est dans sa chambre, Betty invite Rodney dans le petit salon. Ils parlent tranquillement tandis qu’elle attend Steven. 

À l’étage, le vieil homme offre à son gendre un étrange marché : la fabrique en échange de Rodney. 

— Vous êtes complètement dingue, lui répond Leslie. 

Peyton veut en fin de compte que Rodney dirige la fabrique plus tard. Selon lui, le procès a permis à Rodney de devenir plus fort et plus expérimenté pour affronter la vie. Peyton veut un héritier. Leslie veut la fabrique. Tout le monde y trouve son compte. 

La balle est dans le camp de Leslie. Ce sera à lui de convaincre Rodney d’accepter de reprendre la fabrique lorsqu’il sera temps. 

Steven vient au manoir pour chercher Betty. Il dit que le jury délibère toujours. Ils sortent. 

Retour à l’intérieur, où Peyton presse Leslie à se décider.


Episode 189

Jeudi 3 mars 1966

La réconciliation des Schuster

Accusé du meurtre de Joe Chernak, Rodney Harrington a témoigné sous serment cet après-midi. Le seul autre témoin pour la défense est une petite fille sourde de huit ans, Kim Schuster. Celle qui, avec Rodney, est la seule personne qui a vu mourir Joe. 

Rodney et Steven sortent par l’entrée principale de l’auberge du Colonial Post et descendent les escaliers. David, Doris et leur fille Kim sortent de leur voiture en face de l’auberge.


David prend les choses en main : 

— Tu vas à l’intérieur, je vais prendre les bagages. 

Doris et Kim s’apprêtent à monter les escaliers. Rodney les salue. Doris salue Rodney et Steven. 

L’avocat la remercie d’avoir emmené Kim à Peyton Place afin de témoigner. Elle lui répond qu’elle n’avait pas le choix. Elle ajoute qu’elle s’inquiète pour l’état émotionnel de Kim. 

David demande quand elle doit se rendre au tribunal. 

— Demain matin à 9h45, répond Steven. 

Rodney et Steven prennent congé des Schuster et entrent au Colonial où ils s’installent pour dîner ensemble. 

Ils parlent bien évidemment de l’affaire. Rodney lui demande si son témoignage était aussi mauvais qu’il pense. Mais Steven lui répond qu’il s’est bien débrouillé dans l’ensemble. 

L’avocat le regarde dans les yeux et avoue : 

— Tu as utilisé une grammaire pourrie, un langage défectueux, tu n’as pas accentué les choses que je t’avais demandé d’accentuer. Bref, tu as fait une bonne impression. 

Rodney est surpris : 

— Une bonne impression ? 

— Ton langage était honnête, poursuit Steven. C’est la seule raison pour laquelle je t’ai mis en première ligne. Et puis, pour ne pas avoir eu le bon sens de dire que la mort de Joe Chernak était un accident.  

Rodney exprime son inquiétude concernant le témoignage de Kim. Steven lui répond que la seule chose pour laquelle il la cite comme témoin, c’est parce qu’elle est la seule qui a assisté à la scène et à la mort de Joe. 


Dans le salon des Anderson, Betty et sa mère Julie discutent. Betty a froid, Julie est fatiguée. Betty lui dit qu’elle a vu Allison. Elle ne savait pas qu’Allison viendrait au tribunal. Julie note que c’est la première sortie d’Allison depuis son accident. 

Betty se demande à haute voix pourquoi elles n’ont même pas allumé un feu dans la cheminée. Il fait si froid dans la pièce. 

Elle raconte à sa mère qu’Allison et Rodney ont rompu et avoue qu’elle aime beaucoup Steven et qu’elle connaît ses sentiments à son égard. 

Elle dit également qu’elle a acheté une casquette à Rodney pour son anniversaire. De toute évidence, entre Steven et Rodney, son cœur balance. 

Julie lui dit qu’elle est devenue une belle et magnifique adulte et qu’elle doit prendre elle-même ses décisions. 


Le Dr Rossi est avec Allison dans sa chambre d’hôpital. Elliot entre. Elle demande à son père de s’asseoir. 

Elliot lui dit que lui et Constance veulent absolument qu’elle revienne à la maison. Mais Allison lui fait part de son intention de quitter la maison une fois qu’elle ira mieux. 

Elliot lui demande si c’est à cause du bébé qu’attend Constance. Elle répond que non. 

Elliot lui rappelle qu’elle n’a que dix-huit ans, et qu’il est égoïste de sa part de vouloir s’éloigner de ses parents. Elliot termine en lui disant qu’il l’aime. 


Au Colonial, David entre dans la chambre de Doris. Il lui a dit qu’il a essayé de lui avoir une chambre près de la sienne. Il lui raconte que les chambres sont presque toutes occupées en raison du procès. 

Il lui demande si elle est embarrassée par leur séparation (ils se sont séparés parce que Doris est partie avec Kim à New York pour l’inscrire dans une école spécialisée tandis que David est resté à la direction de la fabrique Peyton). 

Ils ont une sérieuse discussion et mettent les choses à plat en parlant de leur mariage. David avoue ses torts. Doris lui dit qu’elle a détesté les deux mois passés loin de lui. Ils finissent par se réconcilier et s’embrassent. 


Rita est avec Norman au drugstore. Elle regarde dehors par la fenêtre et est émue de voir que Kim est de retour en ville. 

Norman sort et lance une boule de neige à David et sa fille. Kim lance une boule de neige à son père. Schuster lui répond en lançant une boule sur elle. 

Rita descend à son tour et invite David à se mettre au chaud au drugstore. Norman offre à Kim un chocolat chaud. 

Il parle à la fillette de la bagarre entre Rodney et Joe. De son côté, Schuster demande à Rita si Norman a trouvé du travail. 

Elle hoche la tête : 

— Il travaille pour Eli Carson. 

David aperçoit Norman en train de parler de Joe et Rodney à Kim et l’accuse de vouloir manipuler le futur témoignage de la fillette. 


À l’audience, Steven interroge Kim à la barre des témoins. Il lui demande de dire comment la bagarre a commencé. 

Kim n’apporte pas de nouvelles réponses, elle dit qu’elle ne se souvient plus de ce qui s’est vraiment passé. Mauvais point pour Rodney et Steven.


Episode 188

Mardi 1er mars 1966

Le témoignage de Rodney

Il y a beaucoup de gens à Peyton Place qui croient que Rodney Harrington est coupable du meurtre avec préméditation de Joe Chernak. Il y a beaucoup de gens, comme Betty Anderson, qui ont le sentiment qu’il est innocent. Aujourd’hui, Rodney est appelé à la barre des témoins en prenant sa propre défense, espérant ainsi convaincre le jury que, seuls la propre colère et le ressentiment de Joe ont causé sa mort accidentelle. 

La limousine Peyton passe devant le drugstore, tourne à gauche jusqu’au bâtiment abritant la banque, tourne à nouveau à gauche et s’arrête devant le Palais de Justice. Thomas sort du véhicule, en fait le tour, et aide Betty à sortir. Elle entre dans le Palais de Justice. 


Steven interroge Rodney à l’audience. Rodney nie avoir menacé Joe Chernak. Il donne une version totalement différente de ce qui avait été dit à la cour précédemment par Stella. 

Betty arrive en retard et s’assoit sur la droite. Allison, elle, est assise sur la gauche. Michael est près d’elle. Leslie est assis à côté du médecin. 

Allison chuchote quelques mots à Michael. Le médecin pense que Rodney est trop stressé. 


Stella entre dans le drugstore et réclame de l’attention. Il n’y a personne au comptoir. Elle saisit la cafetière et se sert elle-même un café noir. Rita revient de l’arrière-boutique et s’excuse auprès de Stella. 

Cette dernière lui dit qu’il n’y a personne dans les rues et les magasins. La ville tout entière est au tribunal (ce qui paraît difficile à croire étant donné qu’il n’y a que 30 sièges dans la salle d’audience. 15 de chaque côté). 

Stella se met à jouer avec deux pailles. Elle demande à Rita pourquoi elle ne s’est jamais mariée avec Joe. Rita lui répond que Joe ne lui avait jamais demandé sa main. 

Stella porte un regard interrogateur sur Rita : 

— Et s’il l’avait demandé, te serais-tu mariée avec lui ?  

Rita avoue qu’elle ne sait pas. Elle est plutôt gênée par les questions de Stella. Cette dernière soupire : 

— Si tu t’étais mariée avec Joe, rien de tout ceci ne serait arrivé. 

Stella s’en va et marche en direction du Palais de Justice dans la neige lourde. 


L’audience est suspendue, et tout le monde se retrouve dans le couloir.

John Fowler reproche à Elliot d’avoir emmené Allison au tribunal sachant que sa femme Marian est celle qui l’a heurtée. 

John lui dit que c’est injuste et qu’il s’agit là d’une manœuvre destinée à déstabiliser l’accusation. 

Betty, de son côté, s’entretient avec Allison. Elle lui offre une petite promenade en limousine, mais le Dr Rossi lui a déjà offert de la ramener à l’hôpital. 

Norman se joint à elles, et Betty avoue qu’elle doit bientôt repartir pour assister Martin Peyton au manoir. 

Norman demande à Allison si elle veut se joindre à lui et Rita pour le déjeuner. Michael lui suggère d’y aller pour se changer les idées. Norman l’aide à monter les marches des escaliers. 

Il entre dans l’appartement et dit à Rita qu’il a invité Allison à déjeuner. Rita est ennuyée, car ils n’ont pas assez de nourriture pour trois. 

Allison, toujours aidée de ses béquilles, entre et complimente Rita pour le soin qu’elle apporte à l’appartement. 

Norman et Rita se rendent à la cuisine, laissant Allison dans le salon. Rita demande à Norman ce qu’Allison a fait avec ses cheveux, tout en préparant quelques sandwiches. 

Norman hausse les épaules, ne sachant quoi répondre. De retour au salon, il dit à Allison qu’il aime bien sa nouvelle coupe de cheveux. Allison sourit : 

— Je sais que tu n’en penses pas un mot, dit-elle. 

Après le déjeuner, quelqu’un frappe à la porte. C’est le Dr Rossi. Norman lui demande d’entrer. 

Allison se prépare à partir et Norman l’aide à mettre son manteau. Michael aide Allison à descendre les escaliers de l’appartement. 

Elle avoue au médecin qu’elle a peur. 

—De quoi ? lui demande-t-il. 

— De tout. 


Tout en buvant un café au tribunal, Rodney discute avec Steven et Betty du procès. 

Betty veut jouer à un jeu intellectuel, comme des QCM. C’est ce qu’ils font. Cela dans le but de se divertir et d’oublier un temps le procès. 

Ralph, l’huissier, entre et dépose des documents sur le siège du juge. 


L’audience reprend. Steven essaie de prouver la thèse de l’accident. 

John contre-interroge Rodney :

— Au vu des réponses que vous avez données, maintenez-vous toujours que la mort de Joe était un accident ? 

Rodney ne répond pas. Les jurés et le juge attendent. John reprend :

— Monsieur Harrington, je répète ma question : maintenez-vous toujours que la mort de Joe était un accident ?

Tout le monde est pendu aux lèvres de Rodney.  


Episode 187

Lundi 28 février 1966

Allison au tribunal

Dans quatre heures, Rodney Harrington va se rendre à la barre des témoins pour sa propre défense dans son procès pour le meurtre de Joe Chernak. 

Le canon recouvert de neige dans le square de Peyton Place. L’enseigne du Colonial Post Inn. À l’auberge, Rodney regarde sa montre et attend.


Rodney ouvre la porte, et marche dans le restaurant. Quelques instants plus tard, Steven le rejoint. Pour se détendre, Rodney parle de football. 

Norman arrive à son tour et les rejoint. Il leur dit qu’il vient de découvrir que Rita a un sommeil lourd.


Le Dr Rossi se trouve dans son bureau lorsque Stella entre. Elle lui parle brièvement de la tension qu’il y a entre eux depuis la déposition de Michael. Elle suggère de mettre un paravent entre leurs deux bureaux afin qu’ils évitent de s’ignorer à chaque fois qu’ils seront dans cette pièce. 

Michael lui dit qu’il ne compte pas la renvoyer, car la renvoyer pourrait causer du tort à son témoignage. De son côté, Stella ne veut pas démissionner pour ne pas causer de tort à son propre témoignage. 

Ils concluent donc une sorte de « pacte avec le diable » et continueront à travailler ensemble. Rossi ne veut pas la renvoyer et elle ne veut pas démissionner. 

Michael demande à Stella d’aller travailler au labo et de s’y installer.


Martin Peyton observe la pendule de l’horloge tandis que Betty arrive avec deux heures d’avance. Il ne peut s’empêcher de lui faire remarquer qu’il l’a vue en compagnie de son ex-mari Rodney. 

Martin appelle Thomas. Il a décidé de faire une apparition au tribunal aujourd’hui. Betty lui rappelle qu’il avait promis de ne pas se mêler du cas de Rodney. 

— Les promesses sont faites pour être rompues, lui répond-il sarcastiquement. 

Betty l’en dissuade, rappelant qu’il peut influencer les jurys en défaveur de Rodney.


Connie cuisine des toasts lorsqu’Elliot entre dans la cuisine. Il l’informe qu’il se rend à l’audience aujourd’hui. Rodney doit témoigner, c’est un moment important du procès. 

Il parle ensuite d’envoyer Allison à Boston pour se rétablir. Constance n’est pas d’accord et pense que la place d’Allison est ici. Pour Elliot, ce n’est pas évident dans le sens où Allison refuse de reconnaître qu’il est son père. 


Eli va rendre visite à Allison. La jeune fille dit à son grand-père que le Dr Rossi lui a fait savoir qu’elle devrait bientôt quitter l’hôpital. 

Eli l’informe qu’il ferme le magasin maritime pour ouvrir un magasin général. Il lui raconte également que Rodney est appelé à la barre aujourd’hui. Allison lui avoue qu’elle souhaite déménager dans une chambre d’hôte à sa sortie de l’hôpital, comme Eli. 

Ce dernier pense que ce n’est pas une bonne idée et qu’elle doit affronter ses parents pour régler ses problèmes.


Norman se tient en face du Palais de Justice. Steven, Rodney et Leslie (ce dernier vêtu d’un chapeau), se dirigent vers lui. Allison arrive à son tour, une écharpe autour de son cou et coiffée d’un béret. Elle est conduite par le Dr Rossi.

Rodney se demande à haute voix qui a eu l’idée de l’amener ici. Rodney et Allison se regardent pensivement. Allison se demande si elle devrait aller vers lui. 

Michael la rassure. Elliot se dirige vers sa fille. Il lui offre son aide, mais Allison refuse. En revanche, elle accepte l’aide de Michael. 

À l’aide de ses béquilles, elle se dirige d’un pas mal assuré vers l’entrée du tribunal. Mike se trouve à sa droite et Elliot à sa gauche, prêt à l’aider si nécessaire. Allison aperçoit un banc dans le couloir et s’y assoit. 

Elliot dit à Michael qu’il n’est pas sûr que c’est une bonne idée d’avoir fait venir Allison. Rodney se dirige vers eux et obtient la permission de parler avec Allison. 

Rodney demande à Allison pourquoi elle est venue. Elle est venue parce qu’elle le voulait. Rodney caresse doucement les cheveux d’Allison nouvellement coupés et lui dit qu’il aime bien sa nouvelle coiffure. Il l’accompagne jusqu’à la salle d’audience.

Allison prend place à la gauche du Dr Rossi, près d’Elliot. Le juge Jessup interpelle Ralph, l’huissier, pour lui demander qui est cette fille. L’huissier lui répond qu’il s’agit d’Allison Mackenzie. Il ajoute que c’est elle qui a été renversée par la femme de John Fowler. 

Le juge sermonne en aparté Steven et Fowler pour les coups d’éclat qu’ils font : Fowler en faisant venir Stella tout de noir vêtu et Steven pour avoir fait venir Allison. 

Steven dit au juge qu’il est prêt et appelle Rodney à la barre des témoins. Rodney prête serment et échange un regard avec Allison.


Episode 186

Jeudi 24 février 1966

Sur le quai

Depuis des semaines maintenant, les jurés du procès pour meurtre de Rodney Harrington écoutent les témoignages et examinent les preuves. Aujourd’hui, le juge Irwin Jessup de la Cour Supérieure de Justice du Comté de Peyton leur a ordonné de se rendre sur les lieux de la scène du prétendu crime afin de voir de leurs propres yeux où Joe Chernak s’est battu, et a trouvé la mort. 

Stella marche le long du quai, observant les jurés. Elle s’arrête en face de la Taverne d’Ada Jacks. Ada sort et se plante devant elle.


Le jury visite le quai. Ils posent quelques questions tandis que le bus scolaire qui leur est alloué attend de les ramener au tribunal. De son côté, Stella dit à Ada : 

— Peu importe ce que tu penses, Rodney est un meurtrier !

Tandis que les jurés retournent dans le bus, Rodney demande à Steven ce qu’il faut faire maintenant. Steven lui dit qu’ils vont boire un café avant que l’audience ne reprenne. 

Rodney est en colère contre les jurés. Ils n’ont pas été très réceptifs. 

— Ils n’en ont rien à faire de la vérité. Ils étaient juste impatients de rentrer au chaud. 

Il aurait aimé leur parler, leur expliquer ce qui s’est vraiment passé. Mais il ne peut pas, la loi le lui interdit.

Steven quitte Rodney pour entrer chez Ada. Stella, déjà ici, s’approche de lui pour lui parler. Il commande un café. Stella s’installe à côté de lui. Il lui demande si elle connaît la peine encourue pour parjure. 


Betty se rend à la pharmacie pour prendre les médicaments de Martin Peyton. Elle salue chaleureusement Rita qui s’occupe du drugstore. Elle la félicite pour son mariage et elle est ravie de voir que Rita rayonne. 

Norman entre, et Betty le salue en tant que mari de Rita. 

Tandis qu’elle sort du magasin, elle se heurte à Rodney. Ils discutent et plaisantent.

Dans son cabinet, Steven, qui est au téléphone, écarte les rideaux de la fenêtre de son bureau, et observe Rodney et Betty en train de discuter et de rire. 


Eli se rend à l’hôpital et salue le Dr Rossi qui lui donne des nouvelles fantastiques d’Allison. La jeune fille peut de nouveau marcher. 

Selon le médecin, la confrontation entre Elliot et Russ Gehring a décidé Allison à se lever. 

Eli se rend dans la chambre d’Allison pour la voir peindre à nouveau avec sa main droite. Il est heureux de voir sa petite-fille reprendre des forces. Il lui dit qu’elle doit faire face à la réalité maintenant, et admettre qu’Elliot est son père. 

— Il y a certains faits qu’on ne peut pas effacer comme de la craie sur un tableau. Elliot Carson est ton père.

Allison est réconfortée par la présence d’Eli. 


Marian se rend à l’hôpital dans le but de voir Allison, et se trouve nez à nez avec son ex-amant, Russ Gehring. Russ lui dit qu’il ne sert à rien pour elle de voir Allison, cela ne va rien changer, mais Marian lui assure qu’elle a besoin de la rencontrer. 

Allison se dirige vers elle et lui demande si elle est bien Mme Fowler. Marian demande à parler seule à seule avec Allison. 

Elles se rendent dans la chambre de la patiente, et Marian demande à Allison de lui pardonner. La jeune fille lui pardonne sans problème. Sur le pas de la porte, Mike entend la conversation. 

Plus tard, Allison sort de la chambre pour faire un tour dans le couloir de l’hôpital en béquilles. Mike la rejoint, une cigarette aux lèvres. Il lui dit avoir entendu la conversation qu’elle a eue avec Marian. 

— Je ne suis pas en colère contre Mme Fowler, lui dit Allison.

Michael est furieux, car elle a pardonné à Marian alors qu’elle n’est pas capable de pardonner à ses parents qui, pourtant, l’aiment. 


À son bureau, Steven met le répondeur en marche et s’apprête à partir quand Leslie débarque. Steven lui dit qu’il a un rendez-vous important et qu’il doit partir. Mais Leslie insiste pour lui parler. Il ajoute qu’il le paie assez cher pour qu’il lui accorde un moment. Il voudrait savoir ce qu’il en est de l’enquête sur l’ex-petit ami de Stella.

Steven avoue qu’il a perdu la trace de l’homme. Cette piste ne pourra donc pas être exploitée. 

Leslie se fâche, il veut que Steven utilise un autre moyen pour sortir Rodney de cette affaire. Steven le prend mal et lui dit qu’il est attendu. Il s’en va, laissant Leslie dans l’expectative.  


Au Clarion, Elliot dit à Jerry, l’imprimeur, de revoir la page trois afin d’y intégrer son article sur les Fowler. Jerry veut protester : 

— On a déjà… (il se ravise) : vous êtes le patron. 

Steven arrive et demande à Elliot de convaincre Allison de venir au procès et de s’asseoir dans les premiers rangs. 

Elliot trouve astucieux le fait d’exhiber la victime de la femme du procureur, mais il lui dit que s’il était membre du jury, il serait furieux de voir la défense user d’un tel stratagème. 


Constance va voir Allison. Elle lui dit de ne pas continuer à dormir, sinon elle sera réveillée toute la nuit. Le fait de dormir est une sorte d’échappatoire, lui répond sa fille. 

Constance lui dit qu’elle l’a vue grandir, et qu’elle a toujours été fière d’elle. Elle et Elliot l’aiment. 

Elle annonce à Allison qu’elle et Elliot vont avoir un bébé et elle veut qu’Allison partage leur bonheur. Allison lui rétorque que finalement, sa mère et son père ont réussi à avoir un enfant légitime. 


Episode 185

Mardi 22 février 1966

Un dîner avec Eli

Marian Fowler a confessé le fait qu’elle était la conductrice qui s’est enfuie après l’accident qui a failli coûter la vie à Allison Mackenzie. Reste maintenant à savoir quelles seront les conséquences sur la carrière de son jeune mari, le procureur John Fowler, et quelle orientation va prendre le procès de Rodney Harrington. 

John conduit Marian à la maison. Il conduit très vite, en faisant crisser les pneus de la voiture à chaque tournant. Le couple se dispute. 


Toujours en conduisant la voiture, John demande à sa femme de ne pas fumer dans la voiture. 

Elle lui fait remarquer qu’il roule trop vite et il lui rétorque que son esprit est concentré sur la route, pas comme elle lorsqu’elle a heurté Allison. 


Au bureau du Clarion, Eli s’entretient avec son fils qui tape à la machine un article sur Marian et John Fowler à propos du délit de fuite. Constance donne à Eli une tasse de café. 

Eli se souvient d’une bagarre qu’Elliot avait eue lorsqu’il était jeune. C’était avec Luke Bailey. Eli jette un œil sur l’article d’Elliot et il est choqué par la violence des mots. Elliot a décrit les faits, sans commentaire éditorial. 

Constance est surprise. Elliot lui dit qu’en tant que journaliste, il relate les faits, en tant que père, il va en découdre avec Fowler.


Au poste de police, Elliot parle avec le sergent Edward Goddard. Ce dernier lui donne le rapport sur le délit de fuite et lui demande de le mémoriser, car il ne lui fera pas de copie.

Le policier tente de convaincre Elliot de laisser tomber l’affaire. Il lui dit que Mme Fowler a avoué, et qu’elle se repent. Cependant, Elliot lui rappelle qu’elle a tout fait pour cacher l’accident. De plus, John Fowler a demandé au garage qui a réparé la voiture de ne pas faire de rapport, alors que c’était une obligation. Goddard insiste en disant que Fowler est sous pression en ce moment. 

Ce dernier arrive et accepte de parler à Elliot en privé dans son bureau. Il explique pourquoi il n’y a pas eu d’enquête à propos des dommages sur la voiture de Marian en relation avec le délit de fuite et l’accident. Sa femme lui a dit qu’elle a heurté le mur chez eux, et John ne voyait pas de raison de ne pas la croire. Voilà pourquoi il n’a pas fait faire de rapport au garagiste. 

Le ton monte. Elliot dit à John qu’il n’a plus le droit d’exercer son métier juridique à la suite de ce scandale. John appelle Marian. Il dit à Elliot qu’il doit se rendre au Capitole et qu’il n’a pas le temps de discuter de cela. 


Au Colonial, Leslie s’entretient avec Rodney lorsque Steven frappe à la porte et entre. Il leur informe que c’est Marian Fowler qui est l’auteur du délit de fuite qui a failli coûter la vie à Allison. 

Leslie demande comment cela peut affecter le procès de Rodney. Steven lui dit que Fowler est une personne perspicace et qu’il saura retomber sur ses pieds. 


À l’hôpital, Russ Gehring rend visite à Allison. Il outrepasse ses fonctions en lui apprenant que Marian Fowler est la personne qui l’a percutée.

Elliot entre dans la chambre d’Allison et, voyant qu’il raconte tout à Allison, l’empoigne et le jette dehors. Dans le couloir, ils se disputent. Elliot est en colère en apprenant que Russ savait tout depuis le début.

Elliot aperçoit le Dr Rossi et souhaite lui parler en privé dans son bureau. Allison marche à nouveau avec des béquilles. Gehring retourne dans la chambre de la jeune fille pour lui parler.  


Plan du square. Dans leur appartement, Rita et Norman reçoivent Eli à dîner. Eli donne à Norman des conseils sur la gestion de son argent : un tiers pour le loyer et les charges, un tiers pour la nourriture et les vêtements. La moitié du troisième tiers en cas d’urgence et l’autre moitié du troisième tiers pour les économies. 


Au square, John Fowler gare sa voiture. Il laisse Marian en sortir. Ils sont observés par Steven et Rodney. 

Les deux hommes entrent au tribunal. Deux vieilles femmes, que Marian connaît de l’hôpital, jettent un regard mauvais sur elle. Il semble que la nouvelle ait déjà fait le tour de Peyton Place. 

À l’intérieur du Palais de Justice, dans la salle d’audience encore vide, John informe qu’il est allé voir le procureur général du Massachusetts à Boston pour lui demander d’être remplacé. Puis il s’en va. 

Steven se tourne vers Rodney pour lui parler. 

— Il a pris la bonne décision, dit-il. 

Ce que Steven espère, c’est que l’affaire Marian Fowler prenne une bonne place dans les journaux, et que les jurés lisent chaque mot des articles de presse.

Fowler s’assoit à sa place, l’air totalement abattu.


Episode 184

Lundi 21 février 1966

La déclaration de Marian 

Depuis plusieurs semaines, Russ Gehring, kinésithérapeute, soigne Allison Mackenzie. Depuis tout ce temps, il connaissait l’identité du chauffeur qui l’a renversée et a pris la fuite. Maintenant, il ne peut plus taire cette information. 

Des individus marchent dans la neige. Russ Gehring sort de sa voiture.


John Fowler s’entretient avec Marian à propos de son délit de fuite. Le sergent Goddard prend un formulaire de déclaration. John est ici pour l’interrompre. Il ne veut pas d’une déclaration officielle. 

Russ Gerhing arrive au poste de police pour parler à John. Ce dernier le gifle violemment en apprenant qu’il savait que Marian était la personne qui a renversé Allison. 


Rodney frappe à la porte du bureau de Steven et entre. Il donne à Steven un chèque de 1000 dollars (le cadeau de Peyton pour son vingt-et-unième anniversaire) en tant qu’honoraires. 

Schuster entre dans le bureau pour se plaindre à Steven, qui a demandé à citer Kim une nouvelle fois comme témoin. 

Il est en fin de compte d’accord pour qu’elle témoigne à nouveau, mais il rendra Steven responsable de ce qui pourrait arriver à sa fille. 


John et Marian discutent à l’extérieur du poste de police. Marian dit qu’elle doit voir Allison. 

John décide de l’emmener lui-même à l’hôpital. Il l’aide à entrer dans sa voiture. 


Betty, Rodney et Steven se rencontrent dans le vestibule de l’auberge. Ils se préparent à aller dîner. 

Steven est appelé au téléphone. Betty commande un Rob Roy pour elle et pour Steven. Rodney prend une vodka tonique avec un zeste de citron (il a l’âge requis maintenant). 

Rodney et Betty discutent en attendant le retour de Steven à table. Ils reparlent de la fameuse scène lorsque Rodney a embrassé Betty. Betty ne lui donne aucun espoir pour une nouvelle relation. Rodney lui prend la main. Steven revient et voit la scène.

Il s’assoit, tandis que Rod se lève pour repartir dans sa chambre. Steven fait croire à Betty qu’il peut faire en sorte de perdre le procès pour garder Betty. 

Betty est choquée, mais Steven lui assure que ça n’arrivera pas. Ce n’était que des paroles en l’air. Il est un avocat intègre et fera tout pour gagner le procès.


Norman rentre à la maison avec le sourire aux lèvres. Il apprend à Rita qu’il vient juste d’obtenir un futur emploi au nouveau magasin général qu’Eli Carson va ouvrir. 


Dans la chambre d’hôpital d’Allison, le Dr Rossi essaie une nouvelle fois de faire marcher la jeune fille. Il lui parle des relations tendues qu’elle a en ce moment avec ses parents. 

Allison lui dit qu’elle est fatiguée et qu’elle veut dormir. Dès qu’un problème se pose, Allison fuit la réalité. 

Dans le hall, Michael dit à Elliot qu’Allison ne veut pas voir ses parents. Il lui parle des cheveux qu’elle s’est coupés court. Probablement une rébellion de la part de la jeune fille. Le médecin vient de lui donner un sédatif. 

Tandis que Rossi s’en va, Norman et Rita entrent et souhaitent voir Allison. Mais on leur interdit l’entrée de sa chambre parce qu’elle est en train de dormir. 

Norman en profite pour remercier Elliot au sujet de l’annonce du mariage dans le Clarion.

John et Marian se dirigent vers l’endroit où Elliot et Constance sont assis. Marian et John s’approchent d’eux. 

— Je voudrais voir Allison, fait Marian d’une voix presque inaudible. 

— Elle dort en ce moment, répond Elliot. 

— Je dois la voir, insiste-t-elle. 

— Pourquoi ?     

— J’ai quelque chose à lui dire. 

— Quoi donc ?

— C’est terriblement important.

Constance intervient :

— Est-ce quelque chose que vous pouvez me dire ?

Marian secoue la tête. 

— Pouvons-nous entrer dans sa chambre ?

— Eh bien, fait Elliot, je vous l’ai dit, elle est endormie. Ils lui ont donné un sédatif. Elle n’entendra pas un mot de ce que vous allez dire. 

Marian et Constance se rendent tout de même dans la chambre d’Allison. 

— J’ai entendu dire qu’elle allait mieux, souffle Marian. 

— Elle arrivait à marcher il y a deux jours. Puis elle a régressé. C’est le terme qu’ils ont employé. Maintenant, elle n’arrive plus à bouger toute la partie gauche de son corps… Que vouliez-vous lui dire ?

— John et moi sommes mariés depuis six ans. Il semblerait que nous ne pouvons pas avoir d’enfant. Et j’aime les enfants. J’aime les enfants. J’en ai parlé à une personne, ce qui m’a rendue malade. Puis je me suis précipité dans ma voiture. Et je pense que j’étais en larmes. J’étais tellement bouleversée au risque de voir John. Vous comprenez ce que je suis en train de dire ?

— Non, je ne vois pas où vous voulez en venir. 

Effectivement, une partie du dialogue de Marian n’est pas très compréhensible. Elle poursuit :

— Je me suis rendue en voiture sur la route de la plage pour me calmer et remettre de l’ordre dans mes idées. Il y avait du soleil. J’ai appuyé sur la pédale de l’accélérateur et c’est arrivé. 

Constance fronce les sourcils, tentant de déchiffrer les propos de Marian. 

 — Que voulez-vous dire par « c’est arrivé » ?

— J’ai heurté Allison, confesse finalement Marian. 

Nous sommes maintenant dans le couloir avec Elliot et John.

— Et elle ne vous a jamais rien dit à propos de ça ?

— C’est exact, affirme John. 

 — Et vous n’avez jamais rien suspecté ?

— Non. 

— Pas un seul instant ?

— Non. 

— Pas même lorsqu’elle a disparu ?

 — Je travaillais d’arrache-pied sur le procès, se défend le procureur. 

— Oh oui, le procès. Celui qui peut embellir ou détruire votre carrière. Je ne peux pas vous en vouloir d’avoir délibérément mis de côté ceci. 

Les paroles d’Elliot mettent John en colère :

— Attendez une minute !

— Pouvez-vous imaginer, pouvez-vous concevoir ce qui se passe dans la tête d’un père qui apprend une chose pareille ? De savoir qu’une personne a fait du mal à ma fille et peut marcher tranquillement dans la rue sans scrupules ?

— Vous n’allez peut-être pas le croire, mais je sais ce que vous ressentez.

— J’avais l’habitude d’observer chaque visage qui passait dans le square. Je les regardais attentivement pour voir si je percevais un signe de culpabilité dans leurs yeux. Je vivais dans la haine. La haine était mon pain quotidien. Et ce n’était même pas un homme. C’était une femme. Une femme. 

Elliot se tourne pour aller dans la chambre d’Allison. John l’attrape par le bras. 

— Tenez-vous loin d’elle. 

— Lâchez-moi immédiatement !

— Carson, laissez la justice faire son œuvre. 

— Il me semble que dans cette ville, la justice est uniquement faite pour condamner les innocents et laisser en liberté les coupables. 

Elliot entre dans la chambre. 

— Est-ce que c’est vrai ? s’enquiert-il auprès de Marian. Est-ce que votre mari ne savait rien à propos de ceci ?

 —  Non. 

Elliot, en colère, se détourne de Marian. Les Fowler quittent la chambre. 

Constance s’approche d’Elliot. 

— Maintenant que nous savons, que pouvons-nous faire ? Rien. 

— Au contraire. 

— L’attacher au pilori ? L’envoyer à la potence ? Que peux-tu faire de bien, Elliot ? Est-ce qu’Allison ira mieux ?

—  Je n’arrive pas à croire que Fowler n’était pas au courant. S’il l’était et qu’il n’a rien dit, il ne lui serait plus permis de pratiquer la justice. Si je peux prouver qu’il savait, je le ferai tomber. 


Episode 183

Jeudi 17 février 1966

Le témoignage du Dr Rossi

Une promesse faite à un mort est parfois plus importante qu’une promesse faite à un vivant. Stella Chernak a fait une promesse à son défunt père. Elle a juré, sous serment, que Rodney Harrington avait menacé de tuer son frère. Et maintenant, le Dr Rossi doit ajouter une substance supplémentaire à ce mensonge. 

Emmitouflé dans son manteau, Norman se dirige vers le Palais de Justice. Plan de Stella, puis de Mike. 


Au tribunal, John demande à Michael quand il est arrivé à Peyton Place. Mike dit qu’il connaît bien Rodney, c’est d’ailleurs la première personne qu’il a vue lorsqu’il est arrivé à Peyton Place, Rodney étant chargé de le conduire à l’auberge. 

Après avoir interrogé le témoin, Fowler le laisse au soin de la défense. Steven se lève et commence à interroger Michael sur Gus. Il lui demande notamment si c’était par hasard qu’il se trouvait chez Peyton le soir où il est mort. Michael lui répond qu’il était le médecin de Gus Chernak et qu’il a été appelé. 

Puis Steven demande au médecin de décrire Rodney. Il le décrit comme un brillant jeune homme équilibré. L’avocat fait dire à Mike qu’à aucun moment Rodney n’a paru en colère. 

Steven interroge ensuite Mike sur sa relation avec Stella. 

— Vous travaillez très étroitement avec Mlle Chernak. Est-ce exact ?

— Oui. 

— Diriez-vous que vous êtes plus qu’une connaissance pour elle ?

— Oui. 

Mike dit qu’il a trouvé Stella un peu tendue ces derniers temps et qu’à aucun moment il n’a entendu Rodney menacé de tuer Joe. 

L’interrogatoire se termine. John demande à interroger de nouveau Stella. Steven fait objection. 

— Refusée, fait savoir le juge. 

Stella retourne à la barre. Fowler lui demande d’en dire un peu plus sur son frère Joe. Stella parle de la visite du Dr Rossi chez elle le jour de la mort de Joe. Il était arrivé au moment où Rodney s’en allait. Stella et Michael échangent un regard mauvais. 


À l’extérieur du Palais de Justice, John et Stella aident Anna à entrer dans la voiture du procureur. Elle est vêtue d’une robe noire et porte un voile de la même couleur. La voiture est garée juste en face du Palais de Justice. 

Stella dit à John qu’elle va démissionner de son poste. Fowler lui demande expressément de ne pas le faire. Il lui dit qu’elle se trouve du côté des vainqueurs. 


À l’hôpital, dans la chambre d’Allison, le Dr Rossi tente d’aider la jeune fille à faire quelques pas. 

Elle tombe et lui crie qu’elle n’est pas prête à marcher. Russ Gehring observe la scène. 

Un peu plus tard, dans le couloir, Russ dit à Michael qu’Allison a crié : « il n’est pas mon père ». 

De toute évidence, la vérité lui fait peur. Allison a un problème avec Elliot. Selon Russ, Allison est proche de l’hystérie. Michael demande à Russ où il veut en venir. 

Gehring tente de lui faire comprendre que le problème d’Allison ne vient pas de l’accident. C’est un problème qu’elle a avec son père et qu’elle avait déjà avant l’accident. 

— Que voulez-vous prouver ? demande Mike. 

— Rien. Je me fais juste du souci pour Allison. 

— Comme nous tous. 

Russ Gehring s’excuse et se rend au téléphone payant public. Il passe un appel au bureau du District Attorney. 

À la secrétaire, il dit qu’il souhaite parler à Mr Fowler. Mais il n’est pas là. Russ laisse son nom à la secrétaire pour que Fowler l’appelle dès qu’il revient. 


Steven se trouve avec John et lui dit qu’il a été surpris de voir que le juge avait permis un nouvel interrogatoire de Stella. 

— Un conseiller sage sait quand il doit jeter l’éponge, lui dit John. 

Il ajoute qu’il a un dossier solide. Steven pense que John bluffe. 

John se rend ensuite du tribunal au square et rencontre son étrange femme Marian, avec qui il discute. 

Elliot et Constance sortent du Clarion et remarquent que la femme de John est de retour.


Dans le bureau de Michael, Steven continue à poser des questions au médecin à propos de Stella et du procès. 

Steven avertit Rossi de ne pas renvoyer Stella. Mais le médecin pense qu’il n’a pas le choix. De toute façon, elle démissionnera probablement. 

Il informe Steven que Stella travaille actuellement sur un important projet de recherche. Mike décide de donner sa journée à Stella.


John, de retour à la salle d’audience, discute avec sa femme Marian. Pour lui, la relation extraconjugale qu’elle a eue avec Russ Gehring est du passé. Il veut oublier tout cela. 

De son côté, elle lui dit avoir rompu sa relation avec Russ. Ce n’était pas une histoire d’amour. Elle n’était pas amoureuse de lui. Elle ne voulait plus le voir en dehors de l’hôpital (elle travaillait avec lui comme volontaire en rééducation motrice).  

Et finalement, elle confesse être l’auteure du délit de fuite. Le soleil était dans ses yeux et c’est la raison pour laquelle elle a heurté Allison. 

Elle avait pris conscience de l’impact, mais elle pensait avoir heurté une pierre ou un petit animal. 

John est décontenancé par cette nouvelle : 

— Pourquoi ne t’es-tu pas arrêtée ? Pourquoi tu n’es pas venue me voir ? 

Marian se rend compte qu’elle n’a aucune excuse. Il mentionne l’appel qu’elle a passé à la police depuis la Californie afin de prendre des nouvelles d’Allison et savoir si le chauffeur avait été arrêté. 

— Tu aurais dû le dire à la police, clame John.  

Il ne sait pas quoi faire. Le procès Harrington est loin d’être terminé et cela pourrait lui porter préjudice. De plus, il veut sauver son mariage. 

Finalement, il lui dit qu’elle doit aller voir la police. Marian le sait, elle est préparée et ça ne lui fait pas peur. Elle avait plus peur de le dire à son mari qu’à la police.


Episode 181

Lundi 14 février 1966

Vol pour la Californie

Durant toutes les semaines de préparation du procès de Rodney Harrington, Steven Cord s’est efforcé de travailler assidûment et sérieusement au nom de Rodney. Maintenant, en plein milieu du procès, Steven s’envole pour la Californie à la poursuite d’informations importantes. Des informations qui aideront à la défense de Rodney. Des informations qui vont démolir le témoignage de Stella Chernak. Des faits concernant Stella que seul un détective pouvait trouver. 

L’avion se pose sur le sol californien, probablement à l’aéroport de Los Angeles. Un taxi s’arrête en face d’un petit immeuble et Steven sort du véhicule. Il se dirige vers le bâtiment, muni de son attaché-case. 


Dans le bureau du détective Lawrence, Steven apprend la relation entre Stella Chernak, préparatrice en pharmacie, et Richard Jensen, un employé de navigation. 

Il se trouve que Jensen a été libéré de prison il y a un mois. Il avait été arrêté après avoir volé du matériel biologique pour le revendre, l’impliquant dans un trafic de drogue. Les faits se sont déroulés seulement un mois avant que Stella ne démissionne de l’institut de recherche Westover. 

Il a été arrêté suite à un appel anonyme d’une femme le dénonçant. Lawrence parle également d’un bagage que Stella aurait commandé comme cadeau à Richard Jensen. 

— Ce Jensen, était-il biologiste ? s’enquiert Steven. 

— Non, il était commercial. 

— Il n’avait donc pas accès à la formule qu’il a volée. 

— Non, mais Stella Chernak, oui !


À Peyton Place, sur le quai, Stella rencontre Leslie et devient sarcastique lorsque Leslie présente ses condoléances et celles de Rodney pour la mort de Gus. Elle dit qu’elle a de la chance pour une Chernak : elle est encore en vie pour voir Rodney mordre la poussière. 

Leslie se rend ensuite au Cider Barrel, où il est accueilli par Charlie. Il commande un verre de cidre et un bâton de cannelle. Puis il s’assoit à une table et attend Julie. 

Cette dernière ne tarde pas à arriver et s’assoit en face de lui. Elle sourit en voyant le bâton de cannelle. Leslie se souvient encore qu’elle commandait toujours cette boisson ici. 

Leslie lui demande si Betty a parlé de Rodney dernièrement. Il lui raconte avoir vu Betty avec Rodney ce matin à l’auberge Colonial. Il pense qu’ils sortent à nouveau ensemble. 

Julie lui rétorque qu’elle ne peut pas contrôler tous les faits et gestes de sa fille. Au cours de la conversation, elle lui rappelle qu’il avait quitté la ville sans même lui avoir dit au revoir. Julie lui dit au revoir, se lève et s’en va. 


Betty va voir Allison à l’hôpital. Elle est très gentille avec la malade et se sent concernée pour elle.

Allison lui confie le fait qu’elle ne se rappelait plus qu’Elliot est son vrai père. Betty lui dit qu’elle avait appris la nouvelle il y a un an à peine. Allison dit à Betty qu’elle aurait préféré qu’Elliot soit mort. 

Puis elles parlent de Rodney, et Betty invite Allison à le laisser tranquille, parce qu’il a beaucoup de problèmes à résoudre et qu’elle-même, avec ses propres problèmes, ne pourra être d’aucun secours au jeune homme. 


Elliot conduit pensivement jusqu’à la maison. Il découvre Constance assoupie dans la pénombre du salon. Elle se réveille, et ils discutent sur le fait de retourner ou non à l’hôpital voir Allison. Si Constance veut y aller, Elliot ne pense pas que ce soit une bonne idée. 


Steven se rend dans le grand magasin chic où Stella aurait acheté le cadeau à Jensen. Il parle avec un certain M. Scott qui l’informe que Stella a acheté, puis annulé la commande de trois pièces de bagages haut de gamme munis des initiales R.J. pour Richard Jensen. 

Ces objets auraient été en fin de compte vendus à la mère d’un certain Robert Jordan. Steven le remercie et lui dit qu’il a été d’une grande aide à un jeune homme qui, à 1500 km d’ici, est jugé pour meurtre. 


Rodney entre dans l’appartement qu’il croit vide. Puis tout s’éclaire et une foule de personnes crie : « surprise ! ». Eli, Leslie, Ada, Norman et Rita sont présents pour cette petite surprise à l’occasion de son anniversaire. Betty, elle, n’est pas là. 

Ada étreint Rodney. Le jeune homme s’assoit devant son gâteau. Tout le monde est d’excellente humeur. Eli coupe le gâteau. Rita admet qu’ils auraient mieux fait d’emprunter des chaises plutôt que d’asseoir les invités sur des cartons. 

Rodney ouvre son cadeau. Il s’agit d’un très joli pull en laine. On ouvre une bouteille de champagne. 

Leslie s’approche de Rodney et lui fait savoir que Steven est en Californie pour tenter de découvrir quelque chose sur le passé de Stella. 

Norman se lève pour porter un toast. Eli, à son tour, porte en toast et fait un discours très émouvant. Il prévient à Rodney que le jeune homme va passer par des moments difficiles, mais qu’il doit s’accrocher. La vie est une chose précieuse, il faut la conserver, la soigner et s’épanouir pleinement pour la réussir. Il termine son discours par un chaleureux : « Joyeux anniversaire, Rodney ! ». 

Ils clignent tous leur verre et boivent le champagne.