Episode 379

lundi 16 octobre 1967

Eddie se rebelle 

Il y a dix-huit ans de cela, Eddie Jacks était parti chercher un paquet de cigarettes. Il n’est revenu que le mois dernier. Il est revenu, déterminé à faire partie de la vie de sa fille, Rita. Malheureusement pour Eddie, la femme qu’il a quitté tant d’années plutôt, Ada Jacks, s’interpose entre lui et sa fille. Et Ada est maintenant remplie de doutes concernant Eddie. Elle est convaincue qu’il est revenu à Peyton Place pour des raisons bien moins innocentes que celle de vouloir devenir un père pour la fille qui a vécu loin de lui pratiquement toute sa vie.

Eddie Jacks marche le long du quai. Il entre dans la taverne d’Ada Jacks. 

Ada reproche à Eddie d’avoir fait une pause trop longue. Elle lui avait donné quarante-cinq minutes, mais il a pris beaucoup plus longtemps. Il lui dit qu’il est allé voir Norman et Rita. Il voulait savoir comment sa fille allait, et il ne considère par cela comme un crime. Pour le punir, elle lui dit de rester derrière le bar pour essuyer les verres, tandis qu’elle s’installe avec un couple de clients à une table. 

Il veut lui parler et la force à se rendre dans l’arrière-boutique. Ils se disputent à propos de l’éducation de Rita. Ada lui raconte que Rita a failli mal tourner, car elle fréquentait un certain Joe Chernak, un voyou de bas quartier qui a été tué au cours d’une bagarre par Rodney. Après cela, plus personne ne voulait la fréquenter, elle n’avait plus d’amis, à part Norman. 

Il lui fait des reproches à ce sujet, et elle lui répond qu’elle n’a pas pu être une mère normale, car elle a été obligée de faire également office de père. Elle lui tient tête et lui dit que maintenant, Rita préfère avoir une ordure de père plutôt que pas de père du tout. 

— Tu vas m’écouter maintenant. Je l’ai déjà dit auparavant, et je vais te le redire. Je n’ai pas du tout l’intention de t’écouter me dire ce que je dois faire. 

Elle lui demande de retourner derrière le bar et de se tenir à carreau.

Plus tard, Eddie essuie des verres à la taverne lorsque Lee entre et s’assoit au comptoir. 

— Je pourrais avoir une bière ? demande-t-il. 

Lee lui demande s’il est bien Eddie Jacks. De son côté, Eddie reconnaît le chauffeur de Martin Peyton. Ada arrive et ordonne à Lee de sortir de la taverne. Elle lui confisque la bière et lui dit qu’il n’est pas le bienvenu ici. Avant qu’il ne parte, Eddie donne à Lee une bouteille du meilleur brandy pour Peyton. 

Ada demande à Eddie s’il sait ce qu’il fait. Eddie sort un gros billet de la caisse et le met dans la main d’Ada en disant : 

— Garde la monnaie.

À la maison d’hôtes où il réside, Eli joue au ramie avec son fils Elliot. Ce dernier perd patience parce que son père prend tout son temps pour jouer. 

Constance est partie voir Rachel au sanatorium et Eli demande à son fils pendant combien de temps elle sera absente. 

— Quelques jours, lui répond son fils. 

Eli laisse tomber une carte et Elliot s’énerve. Ils se disputent. 

— Gin ! s’écrie Eli. 

Mine de rien, il a gagné et il est très content de lui. Il invite Elliot à revenir demain soir. Elliot lui souhaite bonne nuit et s’en va.

Eddie Jacks sort de sa chambre de la maison d’hôtes et se heurte à Elliot. Eddie lui offre un verre. Elliot refuse et prétexte qu’il doit rentrer chez lui. Ils sortent et se séparent sur le quai.

Eddie cherche Leslie. Il se rend à l’entrepôt et craque une allumette. Il s’en sert comme lumière et voit Leslie apparaître devant lui. Leslie ne veut pas que Peyton épouse Adrienne. Il veut qu’Eddie fasse parler Peyton sur le passé sordide d’Adrienne, puis qu’il le rapporte à Steven Cord, qui s’en servira à bon escient.  

— Tout ce que tu as à faire est de t’assurer que Steven Cord obtienne les informations sur madame VanLeyden. Il fera le reste. Et tout ce que nous avons à faire sera de ramasser les morceaux.

Peyton s’entretient avec Adrienne dans le vestibule du manoir. Elle porte ses bagages et lui dit au revoir. Elle veut partir, car elle ne supporte plus cette situation malsaine. Il lui demande une explication, mais elle lui répond qu’elle ne lui doit rien. Le mariage de Steven est fini, elle a rempli sa part du contrat. 

Elle semble vraiment bouleversée et Peyton croit déceler de la culpabilité chez elle. Il comprend qu’elle souffre parce qu’elle s’est impliquée émotionnellement avec Steven. 

Elle décroche le téléphone pour appeler un taxi. Elle compose le zéro et Peyton pose son doigt sur le réceptacle du combiné pour couper la communication. 

Il ne veut pas qu’elle s’en aille alors qu’il est si près du but. Il a promis à Philip qu’il prendrait soin de sa veuve, et il compte honorer cette promesse. Il lui propose alors de choisir une date pour le mariage. Le contrat de mariage dont ils ont discuté ne changera pas. 

Elle lui demande s’il lui remettra la lettre de Philip l’incriminant et il lui dit qu’il tient toujours ses promesses. 

— Je vais y réfléchir, Martin, dit-elle avant de remonter à l’étage avec ses bagages. 

Dans sa chambre, elle ouvre une de ses valises et nous pouvons voir qu’il n’y a aucun vêtement, juste des magazines. Elle n’avait nullement l’intention de partir. Un sourire mauvais se déploie sur son visage. C’est maintenant elle qui tire les ficelles.

Episode 378

jeudi 12 octobre 1967

Procédure de divorce 

Aujourd’hui, Steven Cord est seul au monde. Sa femme, Betty, qui l’a quitté, a réglé sa note d’hôtel au Colonial. Steven a appris que le chauffeur de Martin Peyton a conduit Betty à l’aéroport. Il a tous les éléments nécessaires pour conclure que Peyton a envoyé Betty à Boston voir son avocat pour divorcer.

Une limousine roule autour de square et s’arrête en face du Colonial Post Inn. Steven Cord regarde par la fenêtre de son bureau.

Steven se précipite jusqu’à la limousine tandis que Betty en sort. Il veut prendre la valise de Betty, mais Lee objecte. Il insiste et Betty fait signe au chauffeur de Peyton de lui laisser la valise et de les laisser seuls. 

Steven demande à Betty pourquoi elle ne lui a pas dit qu’elle allait à Boston voir Maître Kennerly. Il veut faire un tour du square avec elle, car il veut lui parler. 

Il lui dit qu’il l’aime, et qu’il n’a jamais aimé quelqu’un comme elle. Tout ceci n’était qu’un coup monté du vieux Peyton. Il l’a manipulé comme une marionnette. 

— Steven, tu n’es pas une marionnette, lui dit Betty. 

Il était parfaitement conscient de ce qu’il faisait lorsqu’il a embrassé Adrienne. Elle le traite de menteur et se précipite à l’intérieur du Colonial. 

— Laisse-moi tranquille, implore-t-elle.  

À l’extérieur de la propriété Peyton, Rita observe le jardinier au travail. Il entretient la pelouse. Peyton se dirige vers elle et lui demande si elle croit aux fantômes, car il lui a fait peur. Il souhaite savoir depuis combien de temps elle est ici. 

— Au moins dix minutes, répond-elle d’une voix timide. 

Il lui offre une collation et lui demande d’entrer. Tandis qu’elle pénètre dans le jardin, elle ne peut s’empêcher de se comparer à « Alice aux pays des merveilles ». Peyton se demande s’il est le lapin blanc où l’homme au haut de forme, ce qui fait rire la jeune femme. 

Rita informe Peyton que son père est revenu. Elle lui demande s’il l’a déjà rencontré. Peyton lui répond qu’il n’a jamais eu ce plaisir. Rita lui raconte que l’autre jour, elle est allée dans la limousine avec son père. Finalement, Rita change d’avis à propos de la collation et préfère partir. Martin lui dit que la maison Peyton lui sera toujours grande ouverte. 

Ensuite, Peyton va jusqu’à la porte d’entrée du manoir pour demander à Lee de se renseigner sur Eddie Jacks. Il veut connaître les moindres détails de sa vie.

Eddie conduit sa vieille voiture et se gare sur le parking de l’hôpital. Il traverse la rue et entre à l’hôpital. Il frappe à la porte du bureau de Michael Rossi. Ce dernier l’invite à entrer. 

Le Dr Rossi parle à Eddie de sa fille Rita. Son état est sérieux, mais pas critique. C’est sous contrôle. Eddie ne comprend pas les termes médicaux employés par le médecin et lui demande de parler « français ». Michael demande à Eddie s’il compte rester en ville. Le médecin devient irritable : 

— Est-ce que vous vous inquiétez pour son avenir ? Si vous étiez soucieux, la seule chose que vous auriez eue à l’esprit lorsque vous avez passé la porte et de savoir si oui ou non c’était le bon moment pour revenir dans la vie de votre fille. 

Eddie préfère partir.

Norman gare sa décapotable rouge et sort de la voiture. Il monte à l’appartement, enlève son manteau et rejoint sa femme. Rita et Norman s’embrassent sur les lèvres. 

Son travail de docker le fatigue. Il lui parle de son patron, M. Miller. De son côté, elle lui raconte son entrevue avec Martin Peyton. Norman est étonné qu’elle ait été le voir. 

Ils entendent du bruit qui vient de la fenêtre. C’est Eddie qui envoie des petits cailloux pour prévenir de sa présence. Il entre et offre à Rita un grand bouquet de fleurs. 

Norman est ennuyé par sa visite. Rita, quant à elle, est contente de voir son père. Une fois Eddie parti, Norman dit à sa femme : 

— Écoute, je n’aime pas ton père, mais cela n’a rien à voir avec toi. Peut-être que je suis jaloux. Je ne sais pas. Mais je ne veux simplement rien avoir à faire avec lui.

Chez Peyton, Martin et Adrienne discutent des médicaments du vieil homme. Peyton ne veut pas prendre une de ses pilules. 

— La prescription stipule un cachet par jour, fait remarquer Adrienne. 

Selon Peyton, ce médicament est fait pour stimuler son appétit, or il a toujours beaucoup d’appétit. Il précise qu’il a si faim qu’il pourrait manger un cheval ! 

Adrienne lui demande si Betty a démarré une procédure de divorce. Cela la met mal à l’aise de le voir aussi satisfait du malheur des autres. Il lui dit qu’elle a fait du bon boulot avec Steven et qu’elle peut être fière d’elle. 

Adrienne se rend dans sa chambre et sursaute en surprenant Steven en train de l’attendre. Ils se disputent à propos de Betty. Adrienne lui fait du charme, elle aimerait aller plus loin avec lui, lui faire oublier Betty. Elle lui dit qu’il pourrait trouver mieux que Betty et demande d’attendre la mort de Peyton pour qu’ils puissent être ensemble tous les deux. Leurs lèvres se rapprochent. 

Mais Steven la repousse au dernier moment. Elle lui demande d’arrêter de se battre contre ses envies. Il préfère partir. Frustrée, Adrienne lui avoue : 

— J’ai dit à Betty que nous étions amants, avant de refermer la porte derrière lui et le laisser digérer cette information.

Episode 377

lundi 9 octobre 1967

La colère de Steven 

La nuit dernière, Elliot Carson a été témoin d’une rencontre clandestine entre Eddie Jacks et Leslie Harrington. Elliot est déterminé à découvrir ce que Jacks et Harrington ont en commun, et si l’un ou l’autre a quelque chose à voir avec le défunt Jack Chandler. Absorbé par cette piste, il n’est pas conscient des propres problèmes des autres. Steven Cord, par exemple, se bat pour sauver son mariage.

Elliot traverse la rue qui mène au square en sifflotant. Il croise Steven qui se dirige d’un pas décidé vers le Colonial au point qu’il ne remarque pas la présence d’Elliot. Étonné, ce dernier passe sa route et se remet à siffler. 

Au Colonial, Steven demande au réceptionniste de sonner dans la chambre de Betty. On lui dit alors que Betty a réglé sa note hier soir. Steven espère qu’elle a laissé un message, mais le réceptionniste lui répond par la négative. Il pense qu’elle est allée à l’aéroport. Le chauffeur de Peyton est venu la chercher.

Elliot retourne au Clarion et trouve Ada Jacks qui l’attend. Elle demande quelle est la mauvaise nouvelle, pressentant un problème avec Eddie. Hier soir, lorsqu’Eddie est sorti de la taverne, elle a vu Elliot se précipiter pour le suivre. Elle veut savoir ce qu’Eddie manigance. Rien dont elle puisse se soucier, selon Elliot. 

Ada veut se débarrasser d’Eddie, donc tout ce qu’Elliot peut avoir contre lui l’intéresse. Elle n’est pas née de la dernière pluie et sait qu’Elliot soupçonne quelque chose. Il dit à Ada qu’il pense [à juste titre] que c’est Leslie qui a fait passer l’arme en fraude à Chandler, et qu’Eddie est au courant. Il a vu Eddie monter dans une voiture avec Leslie. Eddie est pour lui la clé pour se débarrasser de Leslie. Ada lui demande de faire en sorte de la débarrasser d’Eddie.  Elle doit protéger Rita de lui. 

Le Dr Rossi conduit vite sa décapotable rouge. Il se gare et entre dans la librairie. Une dame blonde vient juste de terminer un achat et Constance lui dit qu’elle le met sur son compte. Matthew est en premier plan, dans le parc d’enfant. 

Le médecin est venu pour dire à Constance qu’il a rendu visite à Rachel. Elle va mieux. Elle fait beaucoup de progrès et arrive enfin à discerner la réalité. Elle ne se prend plus pour Allison. Michael aimerait que Constance aille la voir. 

Elle lui raconte qu’elle a débarrassé la chambre de Rachel parce qu’elle voulait se libérer d’un poids. Même si ce n’était pas sa faute, Rachel a fait du mal à sa famille. Aujourd’hui, elle a décidé de se comporter en égoïste et de faire passer sa famille en premier. Elle ne veut pas aller voir Rachel. Mais Michael lui dit qu’il serait bon pour la thérapie de la jeune fille qu’elle puisse parler à Constance. La libraire se laisse convaincre : 

— Je vais attendre la semaine prochaine pour devenir égoïste, dit-elle. J’irai voir Rachel cette semaine, si Elliot est d’accord.

Eddie arrête sa vieille voiture et va admirer la limousine Peyton en compagnie de Rita. Eddie et Rita entrent dans la limousine. Un gardien de la fabrique arrive. Eddie lui dit qu’il est le nouveau chauffeur. Le gardien tourne les talons. Eddie et Rita rient de la plaisanterie. 

Eddie lui parle d’aller voler des pommes dans le verger de Peyton. Puis il commence à vouloir critiquer Norman et sa façon qu’il a de diriger sa vie. Il lui dit qu’on peut jouer les rebelles quand on est célibataire, mais pas quand on est marié. Rita n’aime pas la façon dont son père parle de son mari et le fait savoir. Eddie s’excuse, prétendant qu’il n’a pas l’habitude de parler comme un père doit le faire avec sa fille. Elle lui pardonne. Ils sortent de la limousine pour rentrer dans la vieille voiture d’Eddie, et ils s’en vont.

Martin Peyton est debout devant le portrait de Betty lorsque Steven entre. Un échiquier géant est flanqué sur une table. Steven demande : 

— Tu jubiles de ta victoire ?

Il a entendu que son chauffeur a conduit Betty à l’aéroport. Il sait que le vieil homme lui a arrangé un rendez-vous avec son avocat à Boston. Ironiquement, il le félicite d’avoir réussi à séparer le couple. L’idée d’avoir fait venir Adrienne dans leur vie était brillante. Il contient sa colère. Peyton se défend d’avoir fait une chose pareille, mais Steven n’est pas dupe. 

Martin demande à Steven ce qu’il veut. Peyton dit à Steven qu’il a été stupide. Steven s’en prend à Martin Peyton. 

Adrienne apparaît en haut de l’escalier et descend pour se joindre à la dispute. Peyton dit à Adrienne d’aller dans sa chambre. Steven leur dit qu’il sait pourquoi Adrienne est venue chez les Peyton. Il en a assez des manipulations de Peyton. Il n’a d’ailleurs aucunement l’intention de quitter la maison (comme Peyton l’espérait). 

Il dit à Adrienne qu’il est allé à Boston uniquement dans le but de la suivre pour voir ce qu’elle manigançait. Adrienne lui répond que quelque soit son but, il s’est laissé séduire. Elle commence à remonter à l’étage. 

— Je ne vais pas renoncer à ma femme ni à cette maison, promet l’avocat. 

Ada attend dans l’appartement au-dessus de la pharmacie. Rita entre, léchant un cône de crème glacée. Rita offre une bouchée à sa mère, qui refuse. 

Elle raconte à Ada la promenade avec Eddie. Ada dit à Rita qu’elle ne doit rien espérer de lui, que ça ne va pas marcher entre Ada et Eddie. Rita lui répond que du moment qu’elle laisse Eddie la voir, c’est le principal. Si jamais sa mère jette Eddie hors de la ville, elle ne le lui pardonnera jamais. Ada dit qu’Eddie est un imposteur, puis s’en va. 

Episode 376

jeudi 5 octobre 1967

La décision de Betty 

Le plan que Martin Peyton a soigneusement mis en scène pour briser le mariage de Steven et Betty Cord est sur le point de réussir. Betty a quitté la propriété Peyton après avoir vu son mari et Adrienne Van Leyden quitter ensemble la résidence de Peyton à Boston.

L’extérieur du Colonial Post Inn. Steven frappe à la porte de la chambre 6 du Colonial.

Surpris par le boucan que fait Steven devant la porte de la chambre de Betty, le réceptionniste de l’hôtel vient voir ce qu’il se passe. Il demande à Steven si tout va bien, et celui-ci le rabroue. 

Après le départ de l’employé, Steven supplie Betty de lui ouvrir la porte. Il lui dit qu’il l’aime. De son côté, Betty est couchée sur le canapé et écoute sans bouger. Finalement, Steven abandonne et redescend l’escalier. 

Il quitte le Colonial l’âme en peine et croise Rodney. Il ironise sur le fait que Rodney est toujours là où il faut, et au bon moment. Rodney ne sait pas de quoi il parle et Steven l’avertit de ne pas jouer à ce jeu. Il pense que Rodney profite de l’occasion pour courir après Betty. Il mentionne le fait que Sandy Webber a quitté la ville il y a quelque temps à cause de Rodney, qui s’en prend aux femmes mariées. Steven sent que la même chose se produit pour lui. Il termine en l’informant que Betty l’a quitté.

Eddie Jacks achète des fleurs sur le quai. Il en pose une sur le revers de son costume. Rita observe son père effeuiller une feuille et dire : « elle m’aime… elle ne m’aime pas… elle m’aime… ». Puis il accroche la fleur sur le chemisier de Rita. Il invite sa fille à faire une petite ballade en bateau un de ces jours. 

Puis il évoque Martin Peyton. Il pense que le vieil homme aime bien Rita. Il lui parle de son père à lui, de sa solitude après le décès de son épouse. Peut-être que Peyton ressent aussi cette solitude. Même s’il a de l’argent, cela ne remplace pas la présence d’une femme à ses côtés. 

Rita trouve son père très humaniste. Ils se mettent d’accord pour se voir demain, puis se quittent. 

Eddie se rend dans une cabine téléphonique et dépose une pièce dans la fente pour appeler Leslie Harrington. Eddie voudrait passer à son bureau. Leslie lui dit qu’il ne veut pas le voir, mais Eddie le fait chanter rien qu’en prononçant le nom de Chandler. Leslie fixe une heure : 8 h 30, non au bureau, mais près docks de la fabrique.

Au Colonial Post Inn, Peyton rend visite à Betty dans sa chambre. Il lui parle de fierté et de loyauté. Betty n’est pas dupe, elle sait que sa séparation avec Steven le réjouit, et que c’est ce qu’il a toujours voulu. 

Il lui dit qu’elle n’est pas la seule lésée dans cette affaire, car après tout, c’est sa fiancée qui a fauté avec le mari de Betty. Il lui demande de revenir à la maison, mais elle refuse. Elle lui reproche d’avoir amené Adrienne dans leur vie. 

Peyton rétorque qu’il n’est pas responsable des actes de Steven. Avant qu’il ne parte, Betty lui dit qu’elle a pris la décision qui s’impose : elle va demander le divorce. Peyton profite de l’occasion pour lui suggérer d’aller à Boston rencontrer Kennerly, son avocat. 

— Je vais lui téléphoner et lui demander de te voir. 

Puis il s’en va, manifestement satisfait par la tournure des événements.

Eli s’entraîne pour le discours qu’il compte faire à M. Tomlinson, le directeur de la banque, devant le miroir. 

Norman frappe à la porte et Eli le laisse entrer. L’ayant entendu parler, Norman lui dit qu’il peut attendre qu’il soit seul. 

— Je suis seul, lui répond Eli. 

— J’ai pourtant entendu des voix dans cette pièce, fait remarquer Norman. 

Eli lui explique qu’il se parle face au miroir, ça l’aide. Norman est venu lui parler d’Eddie. Eli lui dit de ne pas faire semblant d’aimer Eddie si ce n’est pas le cas. Il faut cependant qu’il fasse contre mauvaise fortune bon cœur afin de ne pas énerver Rita, qui est malade du cœur. 

Au Colonial, Rodney vient voir Betty, toujours dans sa chambre numéro 6. Elle mange son premier repas de la journée, qu’elle a à peine toucher. Rodney lui fait remarquer qu’elle a l’habitude de ne pas manger quand tout va mal pour elle. 

Rodney est ici pour l’écouter. C’est tout ce que veut Betty. Il s’excuse pour la dernière fois au garage. Il commence à penser qu’il y a un peu de vérité dans ce que croit Betty.  Elle en vient à penser que Steven l’a épousée non pas par amour, mais parce qu’il voulait quelque chose que Rodney possédait. 

Rodney lui fait remarquer qu’ils n’étaient plus mariés à l’époque. Elle lui propose un café, qu’il accepte. Il s’assoit sur le canapé tandis que Betty prend place sur un fauteuil (cette chambre au Colonial est un véritable appartement !). Ils poursuivent leur conversation. 

Selon la théorie de Betty, même si elle n’était plus mariée à Rodney, Steven devait savoir à quel point il avait de l’affection pour elle. Il pensait que Rodney la désirait toujours, et en l’épousant, il détruisait ainsi son rêve de la reconquérir. Le téléphone sonne. 

— Je reviens, dit Betty qui se lève pour répondre. 

Elle raccroche et dit à Rodney qu’elle va à Boston voir un avocat. Rodney porte la valise de Betty tandis qu’ils quittent la chambre.

À la taverne, face sud, Eddie informe Ada qu’il doit partir pendant quelques minutes. Il lui promet cependant de revenir cette fois (il fait référence à ce qui s’est passé il y a 18 ans). 

Mais juste avant, Elliot arrive et lui rappelle qu’il l’a invité à boire un verre. Gêné, Eddie regarde Ada qui est derrière le comptoir, les bras croisés et le regard lourd de reproches. 

Les deux hommes s’assoient à une table et, tout penaud, Eddie lui dit que la règle de la maison est de ne pas payer de verre. Elliot n’y voit pas d’inconvénient et dit qu’il va payer, mais Eddie refuse. Il prend une bouteille, sert deux verres et dit à Ada qu’il paie de sa poche. 

Elliot lui dit que le métier de barman semble lui convenir. Eddie raconte qu’en sortant de prison, il avait trouvé un emploi de barman et qu’il a appris le métier sur le tas. Il abrège la conversation, s’excuse auprès d’Elliot, car il doit s’absenter quelques minutes. Il lui demande d’attendre ici, il n’en a pas pour longtemps. Il quitte la taverne. 

Elliot le suit discrètement et le voit monter dans la voiture de Leslie. Il fronce les sourcils, se demandant de quoi peuvent bien parler les deux hommes. Mais il est trop loin pour entendre. 

Dans la voiture, Eddie dit à Leslie : 

— Il y a deux ou trois choses que je voudrais clarifier à propos de notre beau-père commun, M. Peyton.

Episode 375

lundi 2 octobre 1967

La chanson d’Eddie 

Betty Anderson Cord tourne le dos à son mariage. Elle quitte la maison sur la colline. Cette maison qu’elle et son mari Steven voulaient désespérément posséder. Sa fuite est le plus grand signe que la lutte a été remportée par Martin Peyton.

Lee fait un réglage sous le capot alors que Betty sort du manoir et monte sur le siège arrière de la limousine. Ils partent. 

Au manoir, Martin est ravi. Il apprend que Betty a quitté la maison. Il le fait savoir à Adrienne. C’est une victoire pour eux. Maintenant, Peyton n’a plus qu’à attendre que Steven jette les armes. 

Steven descend les escaliers et prend Adrienne à part dans le salon. Il lui dit que Betty est partie et a demandé à Lee de la conduire au Colonial. Mary a fait ses bagages. Il demande à Adrienne d’interférer en sa faveur et dire à Betty qu’il ne s’est rien passé entre eux à Boston. 

Adrienne pense qu’elle n’est pas la bonne personne pour ça. Betty ne la croira jamais. Steven reproche à Adrienne d’avoir voulu le piéger. Elle lui rétorque que ce jour-là, Steven donnait l’impression qu’il était un petit garçon gourmand enfermé dans une pièce remplie de bonbons. Il insiste pour qu’elle aille lui parler et lui dire la vérité.

Lee conduit la limousine jusqu’au square et aide Betty à sortir du véhicule. Il l’accompagne jusqu’en haut des marches de l’entrée du Colonial Post Inn, lui ouvre la porte et la suit. Betty semble agacée par la présence du chauffeur. 

Elle se rend à la réception pour demander une chambre et se voit offrir la suite dans laquelle elle a vécu un moment avec Steven. Elle dit au réceptionniste qu’elle n’a pas besoin d’une aussi grande suite. 

Leslie l’aperçoit et se dirige vers elle pour lui parler. Il n’a pas pu s’empêcher de l’entendre. Il lui demande où est Steven. Betty est froide avec Leslie, et lorsqu’il insiste, Lee s’en mêle en demandant à Leslie de la laisser tranquille, ce qui agace davantage Betty qui n’a pas besoin qu’on prenne sa défense. Le réceptionniste lui tend les clés de la chambre 37. Elle se rend dans sa chambre. (Plus tard, elle sera dans la chambre 6).

Leslie suit Lee à l’extérieur et essaie de lui soutirer des informations afin de savoir pourquoi Betty prend une chambre au Colonial. Il a bien vu qu’elle semblait bouleversée. Il lui demande s’il y a un problème dans leur couple. Lee rétorque qu’il n’est que chauffeur et qu’il tient à son travail, aussi ne va-t-il pas répandre de ragots. Il suggère à Leslie de demander à M. Peyton. Puis il démarre la limousine et s’en va.

À la taverne, Eddie joue du piano et chante « Galway Bay », de Johnny Cash. Joe et d’autres habitués du bar l’accompagnent, tous avec un bouteille de bière en main.

If you ever go across the sea to Ireland

Si jamais vous allez à travers la mer d’Irlande

Then maybe at the closing of your day

Alors peut-être à la clôture de la journée

You will sit and watch the moon rise over Cladda

Vous pourrez vous asseoir et regarder la lune se lever sur Cladda❑

Or watch the sun go down on Galway Bay

Ou regarder le soleil se coucher sur la baie de Galway

For the breezes blowing o’er the sea to Ireland

Pour les brises o’er la mer en Irlande

Are perfumed by the heather as they blow

Sont parfumés par la bruyère qui soufflent

And the women in the uplands diggin’ praties

Et les femmes dans la praties diggin hautes terres ‘

Speak a language that the strangers do not know

Parlent une langue que les étrangers ne sais pas

For the strangers came and tried to teach their way

Pour les étrangers sont venus et ont essayé d’enseigner leur chemin

And scorned us just for being what we are

Et nous méprisé juste pour être ce que nous sommes

But they might as well go chasing after moonbeams

Mais ils pourraient aussi bien aller courir après des rayons de lune

Or light a penny candle from a star

Ou allumer une bougie centime d’une étoile

And if there is going to be a life hereafter

Et si il va y avoir une vie après la mort

And somehow I am sure there’s going to be

Et en quelque sorte, je suis sûr qu’il va y avoir

I will ask my God to let me make my heaven

Je vais demander à mon Dieu de me laisser faire mon ciel

In that dear land across the Irish sea

Dans cette chère terre de l’autre côté de la mer d’Irlande

 

Dans l’arrière-boutique, Ada entend chanter. 

— Ma tension grimpe, dit-elle à Rita lorsque cette dernière entre et lui demande ce qui se passe. 

La jeune femme voudrait un bol de soupe de poisson. Ada lui dit qu’elle n’en fait qu’en hiver. 

Rita se rend au bar et regarde son père assis au piano, en train de chanter. Lorsqu’il termine la chanson, l’assemblée lui fait une ovation. Eddie présente fièrement sa fille aux clients. 

Ada vient « récupérer » Rita, et en rajoute une couche sur les règles de l’établissement. Elle s’adoucit à la demande de Rita et permet à Eddie de dîner avec elles.

Dans la chambre du bébé, chez les Carson, Elliot et Eli s’occupent de Matthew. Elliot le prend dans les bras pour qu’il arrête de pleurer. Puis c’est au tour d’Eli, mais rien n’y fait. L’enfant continue de plus belle à hurler et Eli devine alors qu’il « fait ses dents » en lui mettant un doigt dans la bouche. 

Eli dit que le petit a besoin d’aspirine, mais Elliot, paniqué, cherche partout et n’en trouve pas. Constance arrive et applique un baume sur les gencives de l’enfant. Elle dit également qu’il a besoin d’aspirine.

À la taverne, dans les appartements privés, Rita et Eddie dînent ensemble. Norman et Rodney frappent à la porte.

— Bienvenue à la soupe populaire du quai, plaisante Ada en les faisant entrer. Ici, on distribue des bols de soupe pour les délaissés. 

Rodney informe Eddie qu’il lui a trouvé une voiture. Ils partent tous essayer la voiture, à l’exception de Rodney et Ada. 

Ils s’arrêtent près du square dans un joyeux brouhaha, et devant Elliot, intrigué (il est sans doute allé à la pharmacie chercher l’aspirine pour Matthew.) 

La joyeuse bande s’en va et laisse Eddie parler avec Elliot. Eddie lui dit qu’il a acheté la voiture à Rodney à crédit. Puis il demande à Elliot pourquoi il agit de cette façon. Elliot ne comprend pas. Eddie lui rappelle qu’il était de son côté lorsqu’il est revenu à Peyton Place, sachant pertinemment qu’il faut accorder une seconde chance aux gens. Mais depuis qu’Eddie est allé le voir au Clarion, le comportement d’Elliot a changé à son égard. Il aimerait savoir pourquoi. Il pense que cela a un rapport avec Chandler. Il pense qu’il essaie de monter un dossier contre Chandler et Harrington et qu’il essaie de le lier à lui. 

— Qu’es-tu réellement venu faire ici ? lui demande Elliot. 

Eddie lui répond simplement que son invitation à la taverne tient toujours. Devant un verre, il essaiera de le convaincre qu’il n’est pas si mauvais que ça. 

Dans sa « petite », mais néanmoins somptueuse chambre que l’on pourrait comparer à un appartement grand standing, Betty est attablée devant un repas copieux. Cependant, elle picore dans son assiette, n’ayant pas très faim. (À noter qu’elle est dans la chambre 6 et non plus 37). Quelqu’un frappe à la porte et Betty va ouvrir. C’est Adrienne. 

Elle lui demande si elle peut entrer. Betty lui répond non. Adrienne entre quand même. 

— Allez droit au but, dit Betty, exaspérée. 

Adrienne lui dit que rien ne s’est passé à Boston entre elle et Steven. 

— Vous mentez ! vocifère Betty. 

Adrienne admet qu’elle lui a menti et lui raconte qu’elle a eu une brève liaison avec Steven, mais que c’est fini. Betty lui dit qu’elle n’a aucun sens moral et lui ordonne de sortir.

Steven monte les escaliers, passe devant la chambre 5 et  croise Adrienne qui sort de la chambre de Betty. Elle lui dit de ne pas se donner la peine d’insister, Betty ne veut pas écouter. Il frappe quand même à la chambre 6. Il insiste, implorant de lui ouvrir. Mais Betty ne répond pas. 

Episode 374

jeudi 28 septembre 1967

La gifle

Aujourd’hui, un étrange silence plane sur le monde de Martin Peyton. Un silence sur le point d’être brisé par Betty Anderson Cord, qui est revenue à Peyton Place après une visite à Boston. Betty a vu son mari, Steven, et Adrienne Van Leyden, la fiancée de Martin Peyton, quitter ensemble la maison de Peyton à Boston. Tous les doutes de Betty concernant son mari sont confirmés. Maintenant, Betty doit parler à quelqu’un, et la seule personne vers qui elle peut se tourner est Rodney Harrington. 

Deux pêcheurs marchent sur le quai. Betty regarde l’océan, pensive. Elle se rend au garage Shoreline et frappe à la porte. 

Betty entre au Shoreline Garage et Rodney lui offre un siège et une boisson qu’il prépare avec un mixeur. Il lui trouve une mauvaise mine. 

Elle mentionne le détective que Leslie avait engagé pour qu’il la suive lorsqu’elle était à New York. Betty dit à Rodney qu’elle a fait la même chose : elle a suivi Steven à Boston hier. Elle a vu Adrienne et Steven sortir ensemble de la maison de Peyton à Boston. 

Mais Rodney ne peut rien faire pour elle. Pour lui, ce qu’elle a vu ne veut rien dire. Elle a peut-être mal interprété les choses. Il lui rappelle que lorsqu’elle était à New York, le détective Blaine avait découvert qu’un homme lui avait donné de l’argent. C’était pour lui payer son billet de retour pour Peyton Place. Mais cela avait été mal interprété à l’époque. 

Il lui demande si elle a parlé à Steven. Il conseille de le faire, mais elle estime que ce n’est pas si simple. Il aimerait savoir ce qu’elle attend de lui. Il a l’impression qu’on se sert de lui comme s’il était un ordinateur programmé pour résoudre les problèmes de son ex-femme. Mais c’est un être humain et il ne veut surtout pas servir de remplaçant au cas où Steven quitterait Betty. 

— Est-ce que tu aimes Steven ? lui demande-t-il. 

Elle acquiesce. 

— Alors ça lui parler.

Une fois Betty partie, Rodney répond au téléphone. C’est son grand-père. Peyton s’inquiète pour Betty. Elle n’est pas rentrée la nuit dernière et personne ne l’a vue depuis hier. 

Rodney le rassure en lui disant ce qu’il voulait entendre, à savoir que Betty est venue le voir ce matin. C’est tout ce que Peyton voulait savoir. Il ne dérange pas plus longtemps son petit-fils et raccroche. (Le fait que Rodney soit économe est souligné par le fait que le téléphone du bureau de Rodney est noir. À l’époque, les téléphones de couleur coûtaient plus cher.)

Peu de temps après, Eddie Jacks entre dans le garage Shoreline. Il se présente à Rodney comme le père de Rita, de retour après de longues années d’absence. 

Il veut acheter une voiture. Rodney lui en suggère une d’occasion. Eddie avoue qu’il connaît son bien père et aussi qu’il a fait de la prison. Il lui dit qu’en ville il y a des gens qui sont pour lui et contre lui. Il demande quelle position Rodney a vis-à-vis de lui. Le jeune homme lui répond qu’il n’est ni contre lui ni pour lui, il est simplement pour Rita. 

Eddie dit à Rodney de le contacter à la taverne lorsqu’il lui aura trouvé une voiture. Rodney aimerait connaître la vraie raison de la venue d’Eddie. 

Sur le quai, la limousine de Peyton s’approche du restaurant. Lee aide Peyton à sortir de la voiture et le vieil homme est prié par l’assistant du juge Fischer d’attendre dans le restaurant. Peyton doit déjeuner avec lui. 

Eddie s’approche et dit à Lee que la voiture est belle. Lee est brusque envers Eddie. Il lui demande de rester loin de Peyton et de ne pas l’importuner. 

À l’intérieur du Cider Barrel, Peyton et Adrienne prennent un verre de cidre. Il lui dit que lorsque le mariage de Betty et Steven sera fini, la mission d’Adrienne sera elle aussi terminée. 

Elle lui fait savoir qu’elle trouve son attitude dégoûtante. Le juge Fischer doit les emmener sur son bateau. Le directeur vient avertir Peyton que le bateau est prêt.

Eddie Jacks entre dans la taverne et pose son chapeau sur le nickelodéon. Il regarde autour de lui et va derrière le bar. Il appuie sur une touche de la caisse enregistreuse, mais ne prend pas d’argent. 

Rita arrive des quartiers d’habitation et salue son père plutôt tièdement. Elle lui dit qu’elle n’a pas l’habitude de voir quelqu’un d’autre que sa mère derrière le bar. 

Eddie remercie Rita de l’avoir aidé à obtenir le poste de barman de nuit d’Ada. Rita dit qu’elle ne savait pas qu’Eddie avait un travail, sa mère ne l’avait pas prévenue. 

Pour lui montrer qu’il s’y connaît dans ce métier, il lui demande de s’asseoir sur le tabouret le plus éloigné. Puis il fait glisser une tasse sur le bar vers Rita. Elle est impressionnée par son adresse. 

Ada entre et dit à Rita de descendre de ce tabouret. La patronne du bar gâche la fête. Cependant, Rita embrasse sa mère, car elle est heureuse qu’Ada lui ait permis d’avoir un père, et de lui avoir donné un travail. Ada recommence à dicter ses lois à Eddie. Eddie répète que c’est bon d’être de retour. 

Steven se lève du canapé de leur chambre quand Betty entre. Il lui assure que rien ne s’est passé à Boston. Mais elle l’a vu avec Adrienne sortant de la maison de Martin. Et cela ressemblait bien à ce à quoi elle pense. Elle le gifle. 

Il lui assure de nouveau que rien ne s’est passé entre lui et Adrienne. Il la supplie de le croire. Steven embrasse Betty. Il demande une réconciliation. 

Mais Betty atteint un point de non retour. Le fait est que Steven est allé à Boston et s’est arrangé pour se retrouver seul avec Adrienne. S’il voulait séduire la fiancée de son grand-père pour se venger de ce dernier, elle aurait pu comprendre. 

Mais dans ce cas précis, il a rejoint Adrienne parce qu’il éprouve du désir pour elle. Et ça, elle ne peut pas le supporter. Elle quitte la chambre, laissant Steven en plein désespoir. 

Episode 373

lundi 25 septembre 1967

Escapade à Boston (2)

Betty Anderson Cord attend à l’extérieur de la maison de Peyton à Boston. Une veille humiliante parce qu’elle suspecte son mari d’avoir suivi Adrienne Van Leyden ici. Mais maintenant, elle est douloureusement consciente que ce qu’elle espérait n’être qu’une jalousie ordinaire est en fait en réalité. Son mari, Steven, est venu ici secrètement, pour y rencontrer la fiancée de son grand-père.

Adrienne et Steven quittent la maison de ville de Peyton. Sur la banquette arrière d’un taxi, à l’angle de Beacon St. et Revere Ave., Betty voit Steven sortir de la maison Peyton avec Adrienne. Elle dit au chauffeur barbu de la « conduire n’importe où ». 

Lee entre dans le manoir et Peyton l’appelle. Il le malmène une nouvelle fois. Avec sa canne il fait tomber sa casquette de chauffeur. 

— Les chapeaux ne sont faits pour être portés dans la maison, aboie-t-il.

Il lui demande où est Adrienne. Lee lui répond qu’il ne l’a pas vue. Il a attendu à l’aéroport, mais elle n’était pas parmi les voyageurs. Peyton le renvoie à l’aéroport pour l’attendre. Alors que Lee est sur le point de partir, Rossi frappe à la porte et entre. 

Le médecin vient examiner Peyton. Il demande au vieil homme d’enlever son manteau. Il a reçu les résultats de son dernier examen et lui fait savoir que son taux de globules blancs est élevé. Il prend sa tension et la trouve également élevée. 

Les nerfs de Peyton sont à vifs. Il sait ce que pense Rossi : qu’il n’est qu’un vieil imbécile tombé sous le charme d’une femme dont il pourrait être le grand-père et qui, de surcroît, pourrait être impliquée dans le décès de son mari. Il avoue que depuis qu’il a parlé au Dr Riley, il se pose des questions sur Adrienne. 

Eddie se rend à la taverne pour parler avec Ada. Il est étonné, car elle lui offre le poste de barman de nuit. Il fera le service de 18 h jusqu’à la fermeture, à savoir 2 h. 

Il lui demande pourquoi elle a changé d’avis. C’est bien sûr grâce à Rita qu’il a le poste. Ravi de la décision d’Ada, il commence à se sentir déjà chez lui. Il remet immédiatement en question son choix de Holter pour les verres. Eddie soulève le carton de verres sur le bar. Le nom HOLTER est clairement visible. Elle met rapidement un frein à son élan en lui disant d’oublier les fonctions de direction. 

Eddie complimente Ada sur la façon dont elle a élevé Rita. Il trouve qu’elle est intelligente et a beaucoup de classe. Puis il s’assoit devant le piano. 

Ada en profite pour mettre les choses au point : il ne doit pas payer de verre, pas de jeux, et aucune autre magouille. Sinon, elle le vire illico. Il n’a non plus pas le droit de mettre les pieds dans les quartiers d’habitation, à l’arrière de la taverne. 

Eddie essaie une approche, mais elle le repousse et dit qu’elle ne veut le voir ici que pendant ses heures de travail. Elle lui demande de sortir. Il la salue et s’en va. 

Adrienne passe la porte d’entrée du manoir Peyton. Martin l’attendait. Elle aimerait savoir s’il l’a surveille, mais il lui assure que non. Il lui fait confiance. Il lui demande de lui parler de son voyage à Boston. Adrienne répond que tout s’est très bien passé. 

Lee entre et monte l’escalier sans un mot. Elle dit que les domestiques n’ont pas entretenu la maison de Boston. Ce n’est pas ce que Peyton veut entendre. Adrienne lui raconte que Steven est entré par la porte arrière et est sorti par la porte avant. Elle ajoute qu’elle a vu Betty sur le siège arrière d’un taxi lorsqu’ils sont sortis. Elle ne pense pas que Steven l’ait vue. Adrienne dit qu’elle est fatiguée et souhaite aller se coucher. 

Elle trouve Lee dans sa chambre. Elle lui demande de sortir. Il la prévient qu’elle ne doit pas mettre Martin en colère. Il est malade et doit préserver sa santé. 

Adrienne lui demande ce que peut contenir un cerveau aussi étriqué que le sien. Adrienne essaie un chapeau. Lee dit qu’il ferait pour Peyton un meilleur petit-fils que ceux qu’il a maintenant. Elle lui rétorque :

— Je vais vous faire virer si vous continuez ainsi. Dehors chauffeur !

Eddie est assis au bureau d’Elliot au Clarion quand celui-ci revient. Il dit à Elliot de retirer son annonce, car il a un travail de nuit à la taverne. Elliot est ravi pour lui et dit qu’il espère que ça marchera. Ils se serrent la main. Eddie remercie Elliot pour son soutien moral. Il l’invite à passer prendre un scotch un de ces soir à la taverne, il lui paiera un verre quand Ada ne sera pas là, faisant fi de l’avertissement de son ex-femme. 

Elliot interroge Eddie sur Jack Chandler. Il voudrait savoir si Chandler et Leslie étaient amis. Eddie se souvient qu’ils ont joué au poker ensemble, mais n’en sait pas plus (ou ne veut pas en dire plus). Elliot est persuadé qu’il y a une connexion entre Leslie et Chandler et il pense sérieusement que c’est Harrington qui a aidé Chandler à s’évader. Eddie lui demande pourquoi il aurait fait une telle chose. 

Elliot insiste et lui demande de faire un effort pour se souvenir s’il a jamais vu Leslie avec Chandler. Eddie se met en colère en voyant qu’Elliot fouine dans un passé dont il est impliqué. Puis il se calme et s’excuse. 

Selon Elliot, il est probable que Chandler fasse chanter Leslie parce qu’il a quelque chose contre lui. Eddie ne l’espère pas, car Leslie est devenu le beau-père de sa fille. Et deux moutons noirs dans la famille, c’est trop. Il s’en va. 

Depuis le manoir, Peyton téléphone à l’appartement des Harrington. Norman va répondre, tandis que Rita, Elliot et Rodney sont à la table, en train d’admirer un tableau des étoiles. 

— Oh, c’est probablement Connie, songe Elliot.

Norman décroche

— Allô ? 

— Norman ?

— Oui, qui est-ce ?

— C’est ton grand-père. Est-ce que Rodney est ici ?

— Si Rodney est ici ? Oh, je suis blessé, répond sarcastiquement le plus jeune des Harrington. Tu appelles chez moi et demande à parler à Rodney.

— Je n’ai pas le temps d’écouter tes plaisanteries. Est-ce que Rodney est ici ?

— Oui, il est ici. Un instant… Hey Rodney !

— Qui est-ce ?

— Heu… Comment s’appelle-t-il déjà ?

Rod prend le combiné.

— Allô.

— Rodney, j’ai peur que quelque chose soit arrivée.

Rodney prend un ton ennuyé :

— Grand-père, ça ne peut pas attendre ? Nous étions sur le point de dîner.

— As-tu vu Betty aujourd’hui ?

— Betty. Non. Pourquoi ?

— Eh bien, elle n’est pas rentrée et n’a laissé aucun message.

— Il y a beaucoup d’endroits où elle peut se trouver.

— Je sais, mais ça ne lui ressemble pas. Elle n’a jamais fait ceci auparavant. Je pensais que peut-être elle était venue te voir.

— Ce n’est pas le cas.

— Il y a des raisons de s’inquiéter au sujet de Betty, et je suis inquiet. Si tu as des nouvelles d’elle, fais-le moi savoir en premier, d’accord, Rodney ?

— Très bien.

— Au revoir.

Rodney raccroche.

— Qui a-t-il ? s’enquiert Norman.

— Oh rien. Betty n’est pas encore rentrée à la maison, c’est tout.

— Alors pourquoi t’appelle-t-il ?

— Bien, revenons-en au ciel, dit Elliot. Je ne vous ai pas donné ce télescope pour rien. Mais je veux que vous m’accordiez un peu d’attention. D’accord ?

Retour au manoir, où Peyton est debout devant la table de la salle à manger lorsque Steven entre. Peyton s’énerve parce que Steven est en retard. 

Ce dernier demande où est Betty. Peyton ne l’a pas vue. Il s’énerve aussi parce que Betty n’est pas rentrée. 

Steven monte les escaliers en courant et se retrouve face à face avec Adrienne.

Episode 372

jeudi 21 septembre 1967

Escapade à Boston (1)

Voici la résidence de Martin Peyton à Boston. C’est ici que Steven Cord a passé la plus grande partie de son enfance. C’est ici qu’il a appris à haïr. Et ici, il est revenu pour entrer, maintenant, comme il l’a fait à l’époque par la porte arrière, réservée aux livreurs et aux domestiques, et aux enfants des domestiques. Mais aujourd’hui, les circonstances sont très différentes. Car Steven est venu ici pour relever le défi de la fiancée de son grand-père, Adrienne Van Leyden. Il y a cependant deux faits importants, connus d’Adrienne, mais pas de Steven. Que le rendez-vous est le fruit de l’imagination de Martin Peyton.  Que le vieil homme, en jouant habilement sur la jalousie de Betty, la femme de Steven, s’est pratiquement assuré qu’elle les suivrait à Boston.  

Port de Boston, centre-ville de Boston, l’entrée de service de la résidence de Martin Peyton à Boston. 

Steven entre dans la maison Peyton par l’entrée de service. Dans la sombre demeure, il cherche Adrienne. Elle se montre enfin dans la robe de mariage de la grand-mère de Steven. Adrienne dit qu’elle aimerait pouvoir la porter lorsqu’elle épousera Peyton. 

Les lois de l’attraction sont toujours présentes, si bien que Steven ne peut s’empêcher de l’embrasser. 

Adrienne mentionne Betty, et Steven souhaite qu’elle la laisse en dehors de tout ça. Adrienne avoue qu’elle l’aime bien. Puis elle parle de son futur mariage avec Peyton et pense que Steven est jaloux. Il lui répond qu’elle ne signifie rien pour lui. 

— Alors, pourquoi être venu ? demande-t-elle. 

Elle est sûre que ce n’est pas pour se souvenir de son enfance. Il la repousse et lui demande d’enlever cette robe de mariée dans laquelle elle est grotesque. (On peut dire en effet qu’elle est quelque peu old fashioned). 

La limousine de Peyton roule sur le quai de Peyton Place. Elle s’arrête près du garage. Webber veut aider Peyton à sortir du véhicule, mais le vieil homme le rabroue. Il lui demande d’attendre ici tandis qu’il entre dans le garage. 

Rodney empile des boîtes de conserve contenant de l’huile de moteur (vous avez déjà vu ça, vous ?). Peyton entre et demande à Rodney ce qu’il compte faire pour Betty. 

Rodney prend son grand-père de haut et lui dit qu’il ne compte rien faire. Il l’encourage à faire de même de son côté. Peyton, voyant son petit-fils peu enclin à l’aider, s’en va en colère. 

Rita marche sur le quai alors qu’une voiture klaxonne. C’est la limousine de Peyton. Le vieil homme salue Rita et lui propose de la raccompagner. Elle décline l’offre, car elle vient voir sa mère qui se trouve à quelques pas de là. 

Peyton mentionne le délabrement des bâtiments sur le quai. Elle dit que c’est encore pire à l’intérieur. Elle l’invite à le voir. Peyton laisse entendre qu’il pourrait le faire une autre fois. Eddie Jacks surveille sa fille derrière un bâtiment. 

Rita entre à la taverne. Ada dit qu’elle prépare des navets et du chou. La mère et la fille se disputent. Rita demande à être exclue de la querelle de ses parents. Cependant, Ada continue à la mettre en garde contre Eddie. 

Rita lui dit qu’elle ne veut pas savoir qui a raison et qui à tort, elle veut juste essayer de connaître son père. Elle préfère partir lorsqu’elle entend Ada lui dire qu’Eddie est un homme peu recommandable. 

Peyton a convoqué Lee, et ce dernier entre dans la pièce où se trouve Martin. Il demande pourquoi Peyton est en colère contre lui. Peyton pense que c’est lui qui a dit à Rodney qu’il a vu Steven et Adrienne s’embrasser. Il nie et dit qu’il ne l’a raconté qu’à lui et à Betty. 

Peyton sait maintenant que Betty est allée se confier à Rodney.  Le vieil homme avertit Lee de ne pas essayer d’être plus malin que lui. Lee propose de faire n’importe quoi pour Peyton, il tient à son job et ne veut pas être viré. 

Ada arrive dans sa Cadillac argentée. Elle dépose Rita à l’appartement. Puis elle entre au Clarion pour dire bonjour, et Constance Carson lui offre de partager leur déjeuner. Ada dit qu’elle n’a pas vraiment faim. 

Elle mentionne le fait qu’elle a vu l’annonce qu’Elliot a publié pour Eddie. Elliot pense que tout le monde mérite une chance. Ada dit qu’Elliot et Eddie ne sont pas frères. Elle aimerait qu’Elliot aide à chasser Eddie de la ville. Elliot suggère plutôt à Ada d’offrir un travail à Eddie. Ada dit non. Puis elle dit qu’elle va peut-être y réfléchir. 

Pendant ce temps, de retour au manoir de Boston, Adrienne continue de flirter avec Steven. Elle sait que Steven déteste Martin et veut Adrienne. 

À l’extérieur de la maison de ville, Betty est à l’arrière d’un taxi, observant, épiant au coin de Beacon et Revere. Elle aperçoit Steven et Adrienne sortant de la maison, et elle est bouleversée. Elle se penche vers le chauffeur barbu.

— Ce n’est plus la peine d’attendre, nous pouvons partir maintenant.

— Bien madame, où voulez-vous aller ?

— N’importe où, cela n’a pas d’importance.

Episode 371

lundi 18 septembre 1967

Une approche différente 

Eddie Jacks a été un perdant pendant trop longtemps. Aujourd’hui, il est déterminé à gagner. Par deux fois, il s’est adressé à sa fille, Rita, pour tenter de revenir dans sa vie, mais elle l’a repoussé. Maintenant, Eddie sait qu’il doit tout miser sur une approche différente ou être exclu de la vie de Rita pour toujours. 

Eddie Jacks, marchant sur le quai, se dirige vers le quai de chargement de la fabrique Peyton, où Norman travaille. 

Eddie se présente à Norman, lui tend la main et lui dit qu’il aimerait lui parler. Norman répond qu’il n’a rien à lui dire. 

Eddie admet qu’il a fait une bêtise en abandonnant sa famille il y a 18 ans. Il aimerait pouvoir se racheter et passer du temps avec sa fille. 

Norman ne lui fait pas confiance. Il a peur que Rita s’attache à lui et qu’il ne reparte ensuite. Elle serait dévastée si c’était le cas. Eddie promet de faire un effort pour devenir un meilleur père. 

Cependant, Norman n’est pas convaincu. De plus, Rita est malade et il veut la préserver. Eddie demande s’il peut faire quelque chose. Norman lui répond : 

— La laisser tranquille. 

Dans le couloir de l’hôpital, Martin Peyton et une grande infirmière, Mlle Henry, arrivent au coin réception. Le patriarche se sert de deux cannes pour entrer dans le bureau de Michael Rossi. 

Le Dr Rossi lui présente le Dr William Riley, mais ce dernier l’interrompt en l’appelant par son nom. Le Dr Riley était un collègue du Dr Philip Van Leyden et était avec le docteur quelques heures avant la mort de Van Leyden. 

Peyton leur dit qu’il prévoit d’épouser Adrienne, malgré ce qu’ils vont lui dire sur elle. Rossi maintient que Philip ne s’est pas suicidé. Le Dr Riley confirme ce fait. Peyton ne se laisse pas démonter pour autant et s’en va. Michael le rattrape pour lui dire qu’Adrienne se sert de lui pour mettre la main sur son argent. Martin le regarde droit dans les yeux et lui dit : 

— Je ne suis pas, n’ai jamais été et ne serais jamais la victime de quelqu’un. 

Alors que le vieil homme se prépare à partir, une infirmière lui apporte son chapeau. Il la remercie. 

Rita rencontre Elliot Carson au commissariat et lui demande comment c’était de revenir à Peyton Place après 18 ans. Il sait où elle veut en venir, et lui répond que c’est différent avec Rita et Eddie Jacks. 

Elle n’est pas sûre de vouloir le laisser faire partie de sa vie. Elliot demande à Rita de donner une chance à son père. Rita hésite à laisser Eddie entrer dans sa vie. Elliot lui apprend que lui et Eddie sont de vieux amis de prison. Rita ne peut s’empêcher d’avoir peur. 

— Bienvenue au club ! dit Elliot. 

Il lui donne un baiser amical sur la joue et s’en va. 

Au manoir, Peyton vient de retourner dans sa chambre quand Adrienne entre avec deux verres contenant une boisson non alcoolisée. Peyton veut quelque chose de plus fort et lui demande de lui servir un scotch. 

Adrienne l’informe qu’elle va à Boston, demain, pour faire ajuster sa robe de mariée. 

Martin lui raconte avoir vu quelqu’un qui la connaît aujourd’hui : le Dr William Riley. Elle se fige, puis dit qu’elle ne connaît pas plus que ça. Il est d’accord avec Adrienne pour dire que la mort de Philip n’était pas un suicide. Peyton pense inviter le Dr Riley à dîner afin que lui et Adrienne puissent approfondir la question. Adrienne fait grise mine. 

Norman attend près de la fenêtre du Cider Barrel que Rita entre. Ils parlent notamment de Chandler. Norman ne comprend pas pourquoi Leslie avait engagé Jack Chandler à la fabrique. Pour Rita, il y a un lien entre Leslie, Jack et Eddie, mais elle n’arrive pas à savoir lequel. Ils partent. 

Betty prépare la table du dîner tout en discutant avec Peyton. Le vieil homme dit à Betty qu’Adrienne va inspecter la maison de Boston, car elle et Peyton pourraient y vivre après le mariage. Steven sera à Boston et Peyton insiste sur le fait qu’Adrienne y sera aussi, laissant planer le doute sur une éventuelle liaison.

— Vous n’êtes pas en train de me dire qu’Adrienne va à Boston. Vous n’êtes pas en train de me dire que mon mari y est aussi. Et vous voulez que j’y aille. Eh bien, je n’irai pas. J’ai confiance en Steven, affirme Betty. 

Peyton convoque Adrienne. Betty se retire. Peyton dit à sa fiancée que leur poisson est en train de mordre à l’hameçon. 

Eddie monte les marches de l’appartement de Norman et Rita et frappe à la porte. Rita ouvre la porte et appelle Norman. Eddie dit qu’il quitte la ville et qu’il voulait déposer quelque chose pour sa fille. 

Elle le fait entrer et ouvre le cadeau. Il contient un bon d’épargne, ainsi qu’une photo d’Eddie et Rita. (Dans un épisode précédent, il a pourtant été dit qu’Eddie avait quitté la ville avant la naissance de Rita. Comme on ne voit pas la photo, on suppose qu’il s’agit d’un collage) 

Elle lui demande où il va. Touchée par la marque d’affection, elle ne veut plus qu’il s’en aille. Elle propose d’essayer de lui trouver un emploi sur le quai. Eddie dit qu’il ne veut plus lui créer de problème. Norman lui serre la main, pour faire la paix. Une façon pour lui de lui demander de ne pas partir. Eddie est touché, et change d’avis.  Il va rester à Peyton Place afin de mieux connaître sa fille.

Eddie s’en va en dévalant les escaliers. Il sait qu’il a fait des progrès avec Rita. Il traverse la place en direction du palais de justice.

Episode 370

jeudi 14 septembre 1967

Rendez-vous à la banque 

Betty Anderson Cord a une fois de plus impliqué Rodney Harrington dans ses problèmes conjugaux. Dans un besoin désespéré d’en parler à quelqu’un, elle lui confie sa crainte de perdre son mari, Steven, au profit d’Adrienne Van Leyden. Cette fois, cependant, Rodney refuse de lui apporter aide et réconfort. Mais son refus est plus une défense qu’une attaque. 

Rodney conduit sa décapotable au coin de la rue près du magasin général et jusqu’au bâtiment de Peyton Place Banking & Trust. Il se gare et entre dans le bâtiment. 


Ne trouvant aucune secrétaire dans le bureau extérieur de Steven, Rodney frappe à la porte du bureau intérieur, puis entre. 

Steven n’est pas ravi de le voir. Rodney lui pose une question : 

— Que veux-tu Steven ? L’argent de Peyton, sa fiancée, ou les deux ? 

Steven invite Rodney à partir. Mais Rodney continue et lui fait savoir qu’on l’a vu à la plage en compagnie d’Adrienne.  Tout ce qui touche Betty le touche lui aussi. Steven ne se défend pas. Il lui répond simplement : 

— Ne t’approche pas de ma femme !

Rodney s’en va. 


Maquette de bateau dans le salon de Peyton. Martin porte une robe rouge et des lunettes à monture d’écaille. Le téléphone sonne et il se lève pour répondre, en prenant tout son temps.  

C’est le banquier Charlie Tomlinson qui est à l’appareil.  Celui-ci l’informe que Rodney a pris rendez-vous avec lui à quinze heures. Il souhaite emprunter de l’argent pour le garage. 

Peyton lui dit de le recevoir, et après avoir raccroché, il appelle Lee Webber. Il lui fait un sermon et lui dit qu’il n’est pas irremplaçable, puis il lui dit de demander à Mme [Betty] Cord de l’emmener à la banque à quinze heures. 

Lee ne comprend pas pourquoi ce n’est pas lui qui se charge de l’emmener. Peyton insiste pour que ce soit Betty. 

Peu avant quinze heures, Betty conduit Martin Peyton à la banque dans sa décapotable et l’aide à sortir de la voiture.

— Je pense que je peux me débrouiller tout seul, vocifère le vieil homme.

Ils entrent ensemble dans la banque. Betty franchit le bureau de Tomlinson et trouve Rodney qui consulte des documents au bureau du banquier. Elle s’excuse pour son intrusion de la dernière fois, au Shoreline Garage. Elle avait besoin de se confier et elle pensait qu’ils étaient amis. Rodney lui dit qu’il est plus qu’un ami pour elle.  


Sur le quai, Ada Jacks porte un sac de provisions. Elle s’arrête un instant lorsqu’elle voit sa fille, Rita, qui se dirige tout droit vers la pension de famille de Mme Hewitt. Rita lui dit qu’elle va voir son père. Ada aimerait mieux que Rita ne le voit pas, mais Rita répond qu’Eddie est son seul père. 

Elle monte les escaliers de la pension et frappe à la porte de la chambre de son père. Elle entre, et ils parlent un moment. Elle s’excuse de s’être enfuie la dernière fois qu’ils se sont vus. 

Tout se passe bien jusqu’au moment où Eddie critique Ada. Il sous-entend qu’elle a de l’argent. Rita commence à voir clair dans son jeu et veut partir, mais Eddie bloque la porte. 

Ils se disputent, la fille reprochant au père d’avoir fui ses responsabilités. Rita part et trouve Ada toujours debout au pied des marches. La mère demande à sa fille si tout va bien. 

— Tout va bien, répond Rita avant de passer son chemin. 


Dans le bureau extérieur de Leslie Harrington, Eddie entre et tutoie la secrétaire de Leslie, Mlle Harris. Il fait son numéro de charmeur et lui offre une fleur qu’il dépose dans le vase posé sur son bureau. Sans annonce ni permission, il passe dans le bureau intérieur de Leslie. 

Ce dernier termine une conversation avec un client. Eddie discute avec Leslie. Leslie dit qu’il n’est pas impressionné par ce qu’Eddie lui a dit au Colonial la dernière fois. Il menace de demander à la sécurité de le jeter hors de son bureau. 

Mais c’est alors qu’Eddie donne des sueurs froides à Leslie en parlant de Jack Forrest. Il sait que quelqu’un a glissé une arme à Forrest pendant qu’il était en prison. Eddie dit à Leslie qu’ils partagent un secret. Ils sont partenaires. 


Dans son bureau, Steven fait les cent pas. Une photographie de Betty est affichée bien en évidence sur son bureau. 

La sonnerie alerte Steven et il fait entrer Adrienne Van Leyden. Il ne tarde pas à lui dire de sortir. Sans ambages, elle l’embrasse. Steven est partagé entre l’attirance qu’il a pour elle et l’amour qu’il a pour Betty. Il lui dit qu’il aurait préféré ne jamais l’avoir rencontrée. 

Adrienne dit à Steven qu’il est un homme très commun. Steven répond qu’il est heureux en ménage. Elle l’informe qu’elle sera à Boston demain. Il s’agit d’une invitation à peine voilée de la rejoindre.