Épisode 430

lundi 13 mai 1968

Cloués au pilori 

La fête du Jour des Fondateurs approche. Pour la plupart des résidents de cette petite ville de Nouvelle-Angleterre comme Steven Cord, aujourd’hui est un jour de célébration, mettant ainsi de côté tous les problèmes. Mais d’autres voient ce festival comme un reflet ironique de leurs vies. 

Affiche du festival des Fondateurs. Le canon dans le square. Steven Cord allume le canon et tire un coup. Puis il se dirige vers la baraque à nourriture. 


Elliot et Eli aperçoivent Steven et se dirigent vers lui pour parler. Ils vont jusqu’à la librairie pour voir Constance, qui ne s’est pas encore montrée. Steven les accompagne, car il a des livres à récupérer. Elle essuie ses larmes lorsqu’ils entrent. 

Steven est gêné et veut revenir plus tard, mais Constance se reprend et va lui chercher son carton de livres, qui vient d’arriver. 

Eli fait savoir à l’avocat qu’aujourd’hui, c’est le jour où Jill vient prendre le bébé. Steven prend son carton de livres et s’en va, souhaitant bon courage à Constance.

Eli est en colère de savoir que Kelly va retourner avec Jill juste le jour du festival. Elliot, de son côté, suggère à sa femme d’aller se reposer à la maison si elle n’a pas envie d’aller au festival. 

En sortant de la librairie, Constance n’a pas le temps d’aller jusqu’à sa voiture. Carolyn Russell, dont c’est ici la première apparition, l’amène au pilori et reconstitue une scène historique. Constance n’a pas d’autre choix que de se laisser faire.

Carolyn l’attache au pilori et proclame avec un roulement de tambour : 

— Oyé, Oyé, braves gens ! Constance Carson est condamnée à la punition publique sur le pilori. 

Constance, attachée, ne peut s’empêcher de sourire : 

— Est-ce que que c’est un moyen plus subtile de dire que je suis une sorcière ? 

Les flashes photos crépitent. La séance coûte un dollar cinquante pour se faire photographier attaché au pilori.


Dans la chambre 5 de la maison d’hôtes, Jill prend soin du bébé tandis que Joe arrive et ouvre la porte pour payer la pension de l’enfant. 

— Je ne veux pas de ton argent, dit-elle.

Mais Joe est obligé de le lui donner. C’est la Cour qui lui a ordonné de payer une somme d’argent pour subvenir aux besoins de l’enfant. Vingt dollars par semaine. 

Cette somme est trop importante pour Joe, qui se plaint. Il voudrait reprendre la vie commune avec Jill. Il aimerait qu’elle lui accorde une seconde chance. Il s’approche d’elle, essaie de l’embrasser, mais guère conciliante, Jill le menace une paire de ciseaux.

Avant de s’en aller, il lui dit qu’un jour, elle changera d’avis. 


Norman discute avec Rita dans l’appartement. Elle pose des dessins sur des étagères. Elle est déprimée à cause du départ de son père. 

Norman tente de la faire rire, en vain. Il aimerait qu’elle vienne au festival, mais elle n’en a ni le courage, ni l’envie. Pourtant, elle ne s’avoue pas malheureuse du départ d’Eddie. Au contraire, elle dit qu’elle est heureuse qu’il soit parti. 

Norman pense qu’elle se sent coupable de ce départ : 

— C’est ton père, Rita. 

— Je ne sais pas ce que tu veux que je te dise.

— La vérité. Tu es tout sauf heureuse.

— Il y a encore tant de choses que j’aurais aimé lui dire, soupire-t-elle. Mais c’est mieux qu’il soit parti. 

Norman avoue qu’il est content de ce départ. Parce que cela veut dire qu’ils vont pouvoir reprendre une vie normale.


Au festival, Tom Winter lance des fléchettes, dans l’espoir de faire exploser des ballons. Susan est avec lui. Elle semble être de bonne humeur. Il réussit à faire exploser plusieurs ballons et dit en plaisantant que l’aile pour enfants de l’hôpital va finalement être sur deux étages. 

Susan lance une fléchette à son tour. Elle lui parle du « déjeuner des Fondateurs ». Elle lui dit que les dames ont été déçues d’apprendre que Steven ne serait pas leur hôte. 

Elle avoue à Tom qu’elle a essayé de faire vendre le manoir à Steven pour qu’une partie de la vente puisse être reversé à leur organisme de charité. Steven n’a pas voulu. Tom est choqué d’apprendre que Susan lui a proposer cela. 


Carolyn achète un ballon rouge au marchand de ballons. Joe se dirige vers elle et commence à lui parler. Carolyn demande à Joe d’où il vient. Elle le met au défi de l’attacher au pilori. 

Une fois Joe sur le pilori, elle prend une photo. Ils sympathisent et elle lui demande comment il s’appelle. Après une plaisanterie, il avoue s’appeler Joe Rossi. Il lui demande quand la photo sera prête. 

Il l’attache à son tour au pilori et prend une photo. Il lui propose d’aller se promener en voiture sur le quai, avec la voiture de sport décapotable rouge (celle de Michael, mais il ne le lui dit pas). 

Au moment où ils doivent entrer dans le véhicule, ils croisent Jill, qui les regarde d’un air stupéfait. Joe passe son bras autour des épaules de Carolyn et, sans rien dire à Jill, s’engouffre avec la jeune fille dans la voiture. Il démarre.


Jill entre dans la librairie. Eli et Elliot l’attendaient. Ils avaient rendez-vous à 4 heures, rendez-vous fixé par le juge. Jill est en avance.

— Je peux attendre dehors, suggère-t-elle. 

— Non, ce n’est pas la peine, dit Elliot.

Eli appelle Constance. Elle descend les escaliers avec Kelly dans les bras. Constance tend le bébé à Jill.

— J’ai emballé les biberons et toute la nourriture pour bébé que nous avions. Elle est en attente de son prochain biberon. 

— Merci, dit simplement Jill.

— Elle a beaucoup changé depuis qu’elle est avec nous, poursuit Constance. Elle aime se coucher tard et se réveille vers 8 h 30. 

— Je ne m’inquiéterai pas si elle ne crie pas à 6 h 00 comme avant. 

Constance lui dit qu’elle ne lui en veut pas. Elle est la mère du bébé et à ce titre, elle a le droit de l’élever. Elle lui donne un conseil : ne pas l’élever seule et demander de l’aide, car elle en aura besoin.

— Madame Carson, je me suis fait la promesse de ne jamais dire à personne que je suis désolée pour quoi que ce soit. Aujourd’hui, je brise cette promesse. Je suis désolée.

Elle sort avec l’enfant, sous le regard triste de Constance. Portant son bébé dans les bras, elle traverse le square. 


Épisode 429

jeudi 9 mai 1968

L’adieu 

Ce soir, le Dr Michael Rossi a accusé son jeune frère Joe, d’être venu à Peyton Place non pas pour se cacher, non pas pour reprendre ses relations avec son frère, mais pour faire payer le Dr Rossi d’avoir quitter la famille quelques années plus tôt. 

On voit Michael à travers de la fenêtre de la maison de la plage, marchant vers l’entrée. Il déverrouille la porte et entre.


Le Dr Rossi rentre à la maison de la plage, où Joe l’attend. 

Le médecin veut juste connaître la vérité, une bonne fois pour toutes. Il lui reproche de lui avoir mis les Carson à dos en lui demandant, dans un premier temps, de ne pas mentionner les origines de Kelly, et ensuite de balancer la vérité aux Carson.

Il lui reproche également d’avoir frappé Eddie et d’avoir voulu attaquer Rita. Joe se défend d’avoir fait une chose pareille à Rita, et précise qu’elle même a dit qu’il n’avait rien fait. Quant à Eddie, il n’a fait que se défendre.

Joe pensait que la police allait venir l’arrêter à cause de sa bagarre avec Eddie Jacks. Mais il ne dit rien d’autre, en tout cas pas ce que Michael veut entendre. Joe se prépare à partir. Il veut à nouveau fuir. Il porte son sac jusqu’à la porte. Mais Michael lui dit qu’il peut rester. Joe sort, regarde par la fenêtre, puis rentre. 


Eddie entre à la taverne par la porte donnant sur l’arrière-boutique. Il porte un très beau costume. Il a toujours son bandage au front, résultant de sa bagarre avec Joe Rossi. Il tient une tasse de café dans la main, se rend derrière le bar, et verse dans la tasse une bonne rasade de whisky. Puis il retourne devant le bar pour déguster son breuvage.

Rita arrive, Eddie la salue, et l’appelle « Princesse ». Rita lui dit qu’elle ne veut pas qu’il aille voir la police pour porter plainte contre Joe. Elle lui dit une nouvelle fois que Joe n’a jamais porté la main sur elle. S’il va porter plainte, elle sera contraint de témoigner en faveur de Joe. 

Elle s’est rendue compte qu’elle l’a rendu paranoïaque en lui parlant de Chernak et en faisant l’amalgame avec le frère du Dr Rossi, et s’en veut pour ça.

Eddie lui promet alors de laisser tomber. Elle en est ravie. Elle l’invite à déjeuner au Colonial ce soir avec Ada et Norman. Il accepte volontiers. 


 

Chez les Carson, Elliot est au téléphone. Il n’y a pas de réponse. Il en conclut donc que la personne qui doit venir garder Kelly est en chemin. 

Constance est fébrile. Elle songe qu’elle n’a pas encore emballé les vêtements de Kelly. Elle n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi Michael ne leur a pas dit la vérité, à savoir que Kelly n’est pas la fille d’Allison. Elle pense qu’elle ne pourra jamais lui pardonner. 

Elliot entend le bruit d’une voiture. Constance a l’impression que Kelly sait qu’elle part aujourd’hui, et cela lui déchire le cœur. Elle va chercher Kelly lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. La baby-sitter en question n’est autre que Laurie, la petite blonde qui travaille au Cider Barrel. 

Elle doit veiller sur Kelly le temps que Constance et Elliot se rendent au tribunal afin d’informer le juge qu’ils ne sont sans doute pas les grands-parents de l’enfant.

Laurie monte à l’étage, mais la chambre de Kelly est fermée à clé. Constance est à l’intérieur, avec Kelly. Laurie en informe Elliot. Il monte à l’étage et découvre que la porte est toujours fermée à clé. 

Constance est dans le rocking-chair, avec Kelly dans les bras. Matthew est dans son parc. Elliot appelle Constance et lui demande d’ouvrir. À travers la porte, Constance lui dit qu’elle ne peut pas abandonner Kelly. Pas aujourd’hui. C’est au-dessus de ses forces. Demain, peut-être, mais pas aujourd’hui.

Elliot cède et dit qu’ils vont reporter leur rendez-vous avec le juge à demain. 


Le square est calme à cette heure de la journée. Tout semble prêt pour le prochain festival. Les stands sont montés et quelques ouvriers vérifient le fonctionnement de la grande roue. 

Tom et Susan se rendent en voiture jusqu’au pilori, et s’arrêtent devant le monument historique. Susan aperçoit Steven et l’appelle. Elle dit en aparté à Tom qu’elle peut lui épargner la réunion qu’elle a prévu avec Steven au sujet du déjeuner de charité si ce dernier l’emmène directement au manoir Peyton. 

Steven parvient à eux et accepte avec enthousiasme de l’emmener lui-même chez lui. 

Eli rejoint à son tour le petit groupe et discute avec Tom. Le vieil homme a besoin de l’opinion d’un homme parce que celle d’une femme est trop traditionnelle. Mais l’esprit de Tom est ailleurs, si bien qu’Eli n’insiste pas et s’éclipse. 


Rita entre à la taverne, frappe à la porte de l’arrière-boutique tout en appelant son père. 

— J’ai fait une réservation pour 18 h 30, dit-elle. On doit passer prendre Norman une heure avant sur le quai de chargement…

Elle ouvre la porte et arrête de parler quand elle découvre que son père n’est pas là. Ada est assise sur le lit, l’air désemparée.  Elle tient un morceau de papier dans la main.

Rita comprend immédiatement qu’Eddie est parti. Ada lui dit qu’il lui a laissé un mot d’adieu, mais Rita ne veut pas le lire. 

Ada lui dit que cette fois, il n’est pas parti sans rien dire. Il a laissé un mot. Il y a dix-huit ans de cela, elle n’avait pas eu droit à tant d’égard. 

Ada déplie le mot et le lit à haute voix :  

« Princesse, je voulais t’aider, mais je n’ai réussi qu’à te faire du mal. Je pense sincèrement qu’il est trop tard pour prendre un nouveau départ avec toi et ta mère. Même une pure vieille carcasse comme la mienne peut voir qu’il est temps de partir. Mise tout ce que tu as sur Norman, il est l’homme qu’il te faut. Il fera de toi une gagnante. Ton papa »

Ada termine par une de ses pensées : « Beau parleur, mauvais payeur ». 


Eddie, pourtant une valise, marche jusqu’à l’arrêt de bus et tend au conducteur un billet de vingt dollars. Le conducteur lui demande où il veut aller. 

— Aussi loin que possible, répond Eddie en soupirant. 

Il veut un billet aller, sans retour. Il monte dans le bus, suivi par le chauffeur. Le bus démarre. D’un regard nostalgique, Eddie dit au revoir à sa ville. 

Note : On ne sait pas ce qui est advenu de son vieux tacot qu’il conduisait encore l’épisode précédent. 


Épisode 428

lundi 6 mai 1968

Une visite à Steven 

Ce soir, une réaction en chaînes s’est développée. Un incident dans l’entrepôt sur le quai s’est produit, laissant Eddie Jacks avec de sérieuses blessures. Maintenant, Elliot Carson vient tout juste d’apprendre que le Dr Rossi savait toute la vérité sur les vrais parents du bébé que Jill Smith a amené il y a deux mois.

Une voiture roule autour du square et s’arrête. Elliot sort de la voiture et entre dans l’hôpital de Peyton Place.


Mlle Choate dit à Michael Rossi qu’Elliot l’attend dans son bureau. Michael comprend qu’Elliot est en colère contre lui dès le moment où il franchit la porte de son bureau. 

Elliot lui demande pourquoi il ne leur a pas dit la vérité à propos du bébé. Le médecin lui répond qu’il a fait ce qu’il devait faire pour aider son frère, et il en est désolé pour les Carson. Elliot n’en croit pas un mot. Il pense que le Dr Rossi a joué le rôle de Dieu dans cette affaire. 

— Vous connaissez Connie depuis de nombreuses années, Mike. Vous savez les galères qu’elle a connues pour élever seule Allison, pour ensuite rentrer à la maison une nuit et trouver la chambre d’Allison vide. Et maintenant, ça… Combien de malheurs une personne peut-elle supporter ?

— Connie est une femme forte, réplique Michael.

— Oui, mais elle est humaine. 

— Très bien, dit Michael. J’annule mes rendez-vous et j’irai la voir demain. 

— Oh, non, vous n’en ferez rien, Mike. Parce que je veux que vous rester loin de Connie, loin de nous deux. 


À la demande de Constance, Jill Smith se rend chez les Carson pour voir Constance et son bébé, Kelly. Constance décharge sa colère sur Jill. 

— Tu n’as jamais rencontré Allison, n’est-ce pas ? Tu as menti à tout le monde. Tu as aussi menti sur le père de Kelly, sans savoir qu’un jour, il allait refaire surface. Tu as tout inventé. Sois honnête pour une fois dans ta vie. Dis la vérité !

Jill prétend voulait simplement que Kelly soit dans une bonne famille et puisse recevoir une éducation digne.  

— Je veux voir mon bébé, lance Jill. 

Constance lui jette un regard de dédain et dit : 

— Ce n’est pas ton bébé. Tu l’as renié le jour où elle est née !


Norman entre dans l’appartement pour voir Rita en train de mettre de l’ordre. Demain, elle compte se rende à la laverie automatique. Elle rassemble les vêtements sales et les met dans un sac. Elle semble aller beaucoup mieux.


Eddie Jacks conduit son vieux tacot jusqu’à l’appartement. Ada est avec lui. Il a encore un bandage sur le front. Il sort de la voiture et fait le tour jusqu’au siège passager pour parler avec Ada. 

Ada désapprouve le fait qu’Eddie aille parler à Rita. Pour elle, il lui fait plus de mal que de bien. Elle lui demande de ne pas aller la voir. 

Elle reste dans la voiture tandis qu’il monte les marches menant à l’appartement des Harrington. Il s’apprête à frapper à la porte et voit Ada qui l’observe. Il se résigne et redescend les escaliers. Elle le remercie, et ils s’en vont. 


Steven dîne seul au manoir tandis que Mary vient l’interrompre pour lui dire que Mme Winter est ici et voudrait le voir. Susan entre et lui dit que les tickets pour le déjeuner de charité ont tous été vendus. 

Steven présume qu’elle n’a pas fait le chemin jusqu’au manoir pour lui apprendre quelque chose qu’elle aurait pu lui apprendre par téléphone. Il lui demande donc pourquoi elle est venue le voir en personne. C’est parce qu’elle sait qu’il est seul dans cette grande maison. 

— Nous avons une chose en commun, vous savez cela, Steven. 

Steven prend cela pour des avances, qu’il rejette. Il sait que Susan fait cela pour rendre son mari jaloux et ça le met mal à l’aise. 

Susan lui dit sournoisement que Rodney et Betty sont chez elle pour parler avec le révérend de leur futur mariage.

— Je leur transmettrai votre bonjour, dit-elle d’une manière sarcastique avant de quitter le manoir.


Chez les Winter, Betty et Rodney arrivent pour discuter avec le révérend Winter de leur prochain mariage. Tom leur dit que Susan aurait dû être ici, mais en fait, elle travaille sur le déjeuner de charité au profit de la construction d’une aile pour enfant à l’hôpital de Peyton Place. Elle travaille également à l’élaboration du festival des Fondateurs. 

Il semble un peu gêné par l’absence de sa femme et se confond en excuses. 

Rodney plaide sa cause auprès de Tom. Il explique qu’ils veulent un vrai mariage parce que le premier a été une catastrophe. Ils s’étaient mariés sans même prévenir leurs mères respectives, chez un juge de paix, et c’était d’une tristesse incroyable. 

Tom ne met pas longtemps à se laisser convaincre et leur annonce qu’il n’y a plus qu’à fixer une date. Il sera ravi de célébrer leur mariage. Betty et Rodney, ravis, le remercie.

Susan revient. Tom la salue et Susan l’embrasse. Betty dit à Susan que Tom est d’accord pour les marier. Avant que les futurs mariés ne partent, Susan glisse le fait qu’elle est allée voir Steven pour parler du déjeuner de charité. 

Seul avec Susan, Tom reproche à sa femme d’avoir délibérément créé une situation maladroite en disant qu’elle revient de chez Steven. 

— Tu ne va pas te servir de Steven Cord pour me rendre jaloux, affirme-t-il. 

Susan hausse les épaule : 

— Si ça ne marche pas, j’ai encore plein d’autres tours dans mon sac.


Épisode 427

jeudi 2 mai 1968

L’entrepôt 

Rita Harrington est revenue. Revenue à ce moment terrifiant de sa vie lorsqu’elle a rencontré la première fois le défunt Joe Chernak. De retour à l’entrepôt sur le quai de Peyton Place, où dans l’ombre, elle a accepté de suivre le chemin d’une vie qui l’a toujours tourmentée. 


Rita marche sur le quai. Elle entre dans l’entrepôt.

Rita regarde autour d’elle. Joe Rossi l’a suivie. Elle a un flash-back. Elle revoit Joe Chernak l’attraper. Joe Rossi s’approche d’elle et l’attrape. Elle tente de se débattre. Joe lui dit qu’il n’est pas Joe Chernak et qu’il ne lui veut pas de mal. 

Il arrive à la calmer, mais Eddie entre dans l’entrepôt et saisit Joe, pensant qu’il veut attaquer sa fille.

À l’intérieur de l’entrepôt, Eddie Jacks et Joe Rossi se battent., malgré les protestations de Rita, qui dit à son père que Joe ne lui a rien fait. 

Puis Joe s’en va, mais Eddie le rattrape sur le quai. Cette fois, Joe ne peut se retenir davantage et met KO Eddie. Il ouvre la porte de la taverne et appelle Ada. Ada sort et voit Eddie étendu sur le sol. 

D’une cabine téléphone payante, Joe appelle son frère. Il lui demande de venir le chercher sur le quai et d’apporter son sac noir de médecin. Il l’informe qu’il a eu une bagarre avec Eddie, mais avant de pouvoir se justifier et lui dire que c’est Eddie qui a commencé, Michael a déjà raccroché.

Eli et Rita transportent Eddie dans l’arrière-boutique de la taverne. Joe attend près de l’entrée du bar. Eddie continue à dire qu’il voulait protéger Rita et n’écoute pas sa fille quand elle veut lui dire que Joe ne lui a rien fait. Eli essaie d’obtenir d’Eddie qu’il s’étende.

Ada débranche le juke-box et dit aux clients qu’ils ferment tôt aujourd’hui. Ils s’en vont. Ada demande aussi à Joe de partir. 

— J’attends mon frère, dit-elle.

— Alors allez l’attendre dehors. 

Joe s’en va. Ada est désormais seule avec Rita dans la partie bar de la taverne. Elle aimerait connaître le fin mot de l’histoire. 

Rita explique à sa mère que la bagarre était de sa faute. Elle raconte qu’elle est allée à l’entrepôt pour revivre le passé et ainsi essayer de l’exorciser. C’est le révérend Tom Winter qui le lui a suggéré. Joe est venu et elle l’a pris pour Chernak. Elle a paniqué, mais il ne lui voulait pas de mal, il voulait simplement lui faire comprendre qu’il n’était pas Joe Chernak. 

Elle a compris qu’elle ne doit plus faire de mal aux personnes qui l’aiment. Depuis qu’elle a perdu le bébé, elle a fait vivre un enfer à sa famille. Elle veut que cela cesse.

Norman entre. Rita se précipite vers Norman et l’embrasse. 

— Je t’aime, murmure-t-elle. 

Le Dr Rossi et Joe entrent à leur tour. Michael examine Eddie. Il a une blessure sur le côté droit de son front. Il pose une gaze sur son front. Eddie va devoir aller à l’hôpital pour quelques points de suture. Eddie voit Joe et vocifère : 

— Faites sortir ce chien d’ici, je ne veux pas qu’il s’approche de ma fille !

— Joe n’a rien fait, le défend Rita.

Michael intervient : 

— Ton père est la victime, il a le droit de nous dire comment il a été blessé. 

Eddie s’empresse de donner sa version des faits : 

— Votre frère a essayé d’attaquer ma fille. Je l’ai arrêté.

— C’est un mensonge ! s’écrie Joe.

— Il n’a rien fait, répète Rita. Il voulait juste que je rentre à la maison.

— Depuis le début, ce vieux me cherche des embrouilles, plaide Joe. Peut-être que je n’aurais pas dû le frapper, mais tu me connais, Mike. 

Eddie continue :

— Pourquoi ne dis-tu pas à ton grand frère comment tu traites ton ancienne petite amie, Jill. Je n’ai jamais vu une fille aussi effrayée de toute ma vie.

Eli et Norman aident Eddie à se lever et l’emmènent à l’hôpital.

Pendant ce temps, Michael veut parler seul à seul avec son frère. Le médecin lui fait des reproches. 

— Tu n’es pas venu à Peyton Place pour mieux connaître ton grand frère, n’est-ce pas ? Les problèmes se lisaient sur ton visage dès le premier soir. Tu sais pourquoi tu es venu ici. Tu le sais très bien. C’est pour me faire payer tous les mois et toutes les années où tu as vécu avec Lisa, et où je t’ai rejeté. Peut-être que je t’ai rejeté, j’en suis conscient. Mais c’est parce que je devais faire un choix entre mon travail et toi, et tu avais Lisa. Elle t’a tout donné, elle a tout sacrifié pour toi !

Puis il quitte la taverne en colère contre Joe. 

Il ajoute qu’il croit Eddie quand il dit que Joe a attaqué Rita. Joe rétorque que Norman et Rita le croient. Ils sont ses amis et le connaissent mieux que son propre frère. 

Michael ordonne à Joe de rentrer immédiatement à la maison de la plage, sans faire de détour. De son côté, il part pour l’hôpital, en colère contre son frère.


Joe se rend à la maison de la plage et prend une photo d’Allison dans un tiroir d’une commode. Michael avait donné une photo d’elle à sa sœur, Lisa, lorsqu’il était allé à New York l’année dernière. 

Joe se rend ensuite chez les Carson, où il n’est pas le bienvenu. Il montre aux Carson la photo. C’est Constance qui avait pris la photo d’Allison avec le Dr Rossi. 

Joe dit à Elliot que le bébé est bien de Jill et que lui, Joe, est le père. Elliot ne le croit pas. 

— Je ne sais pas à quel jeu sadique vous jouez, mais ça ne nous intéresse pas. Maintenant sortez d’ici ! 

Joe insiste en disant que Jill s’est faite passée pour Allison lorsqu’elle a accouché de Kelly. Jill pense que Joe est un monstre et elle ne voulait pas qu’il ait de contact avec l’enfant. C’est pour cela qu’elle est venue à Peyton Place. Joe l’a suivi. 

— Je n’essaie pas de vous prendre l’enfant, je veux juste que vous sachiez la vérité.

— Pourquoi maintenant ? demande Elliot. Vous aviez eu de nombreuses occasions de parler avant.

— Je pensais que Mike vous l’avez dit. Je lui ai raconté toute l’histoire. Je peux tout prouver. Jill était ma petite amie à New York, beaucoup de gens peuvent en témoigner, y compris ma sœur Lisa. Jill était enceinte quand elle a quitté New York. Elle devait accoucher au moment où Kelly est née. 

— Kelly est le bébé d’Allison, s’obstine Constance. C’est écrit noir sur blanc sur l’acte de naissance.

Joe secoue la tête.

— Jill a utilisé le nom de votre fille. Mike parlait beaucoup de ses amis de Peyton Place dans ses lettres. Jill les lisait. Elle connaissait tout d’Allison. Quand elle a appris qu’Allison avait fugué, elle s’est mise à pleurer et a agir comme si Allison faisait partie de sa famille. Quand Jill a disparu, Lisa s’est mise en tête qu’elle devait être enceinte.

Après cette confession, il s’en va. Elliot, en colère, prend son manteau et part s’entretenir avec Michael. Constance tente de l’en empêcher, sachant à quel point son mari est parfois impulsif, mais il ne l’écoute pas et s’en va retrouver le médecin.


Épisode 426

lundi 29 avril 1968

Les recherches 

Tôt le matin à Peyton Place. Pour certains, la nuit a paru sans fin. Pour Norman Harrington, la porte de la chambre est restée fermée à clé. Sa femme, Rita, lui a simplement fermé la porte de sa vie. Norman savait que Rita souffrait de la hantise du défunt Joe Chernak. Il sait qu’elle a vu Joe Chernak en Joe Rossi, le frère du Dr Rossi. Mais Norman ne sait pas que Rita ne peut plus vivre avec ses cauchemars plus longtemps.

Le square, où les ouvriers travaillent à l’installation du festival des fondateurs. Le drugstore. La fenêtre au-dessus du drugstore. L’intérieur de l’appartement.


Norman se lève, regarde le réveil. Il est 7 heures 31. Il se dirige vers la porte de la chambre et frappe doucement, demandant à Rita de lui ouvrir, car il doit se changer pour aller travailler. Il est déjà en retard. 

Il s’aperçoit que la porte n’est plus fermée à clé. Il l’ouvre et découvre la pièce vide. Rita est partie pendant qu’il dormait dans le canapé. 

Inquiet, il téléphone à Ada, à la taverne. Elle n’a pas vu Rita, mais Norman lui demande de l’appeler dès qu’elle a des nouvelles d’elle. De son côté, il lui promet de l’appeler s’il a des nouvelles. 

Eddie, qui a entendu la conversation, s’inquiète au sujet de sa fille. Il se demande ce qui a pu lui arriver. Ada n’en sait rien. Eddie espère que Joe Rossi n’a rien à voir avec ça.


Susan est dans son lit. Tom, déjà habillé, lui apporte un café en souriant. Il s’installe à côté d’elle et lui tend la tasse. Elle a la gueule de bois. Elle goûte le café et trouve le goût amer. En voulant lui rendre la tasse, elle renverse un peu de café sur Tom. Nullement fâché, il en rit.

Susan réclame un verre d’alcool, mais Tom lui dit qu’elle ne peut pas boire. D’abord, il est très tôt et ensuite, elle doit aller voir les Carson. 

Elle ne veut pas y aller. Elle se lève et va se brosser les dents. Tom lui dit qu’il va essayer de joindre Elliot pour lui dire que Susan est indisposée… une fois de plus.

Susan lui répond que ça ne sera pas la peine. Elle ira voir les Carson. Constance trouvera sûrement une petite mine à Susan, mais elle mettre ça sur le compte de la fatigue, et pas de la bouteille.

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Tom descend les escaliers et va ouvrir. C’est Rita. Tom l’invite à entrer.

La jeune femme est désemparée, elle lui parle des cauchemars qu’elle fait à propos de Joe Chernak. Elle rêve qu’elle revient à lui parce qu’elle lui appartient et a le sentiment qu’elle ne pourra jamais plus être la femme de Norman. 

Tom souhaite l’aider à comprendre ce qui ne va pas chez elle, mais il est interrompu à plusieurs reprises par Susan, qui l’appelle depuis le premier étage. 

Tom est obligé de s’excuser auprès de Rita, expliquant qu’il doit s’occuper de sa femme qui est « un peu malade ». Il promet à Rita de l’appeler plus tard afin de convenir un rendez-vous où ils pourront parler plus tranquillement. 

Rita s’en va, aussi déprimée que lors de son arrivée.


Constance joue avec Kelly. Elles sont dans le kiosque à musique, d’où Constance supervise les travaux pour le festival. Elliot sort du Clarion, traverse la rue, et va les rejoindre. Il annonce avoir trouvé les plans originaux du premier stand d’exposition dans les archives du Clarion. Il les donne aux ouvriers pour qu’ils s’en inspirent.

Il se demande si Susan va se montrer, elle est déjà en retard. Joe et le Dr Rossi arrivent. Elliot leur parle du festival et leur dit où se trouveront les stands. Le kiosque à musique servira de stand pour boissons rafraîchissantes. 

Joe leur dit qu’à New York, dans le quartier où il habitait, il y a un festival du même genre. Constance le sait, car elle a habité un temps dans la grande ville, non loin du quartier où les Rossi ont grandi. 

Joe prend Kelly dans ses bras un instant. Michael, connaissant la situation, est gêné et prétexte qu’ils doivent rentrer à la maison. Joe rend Kelly à Constance, et les deux frères repartent dans la décapotable rouge du médecin.

Les époux Carson traversent la route et entrent dans la librairie. Constance pose Kelly dans son parc. 

Jill arrive et leur dit qu’elle a vu Joe prendre Kelly dans ses bras. Elle leur prévient de ne plus jamais laisser Joe approcher de l’enfant. Elliot ne comprend pas l’attitude de la jeune femme :

— Est-ce que Joe a fait quelque chose de mal à Kelly ?

— Tenez-le éloigné d’elle. 

— Pour quelle raison ?

Jill ne répond pas, et Elliot se met en colère : 

— Ne te contente pas de secouer la tête, jeune fille. J’aimerais avoir une réponse. 

— Je ne peux rien vous dire. 

— Tu fais allusion à une sorte de danger émanant d’un garçon que tu connais à peine.

— Je le connais, je le connais que trop bien. Nous sommes sortis ensemble quand nous étions à New York. Je veux juste protéger Kelly.

Elle s’en va. Constance remarque à Elliot que Michael n’a rien dit contre son frère. 

Kelly se met à pleurer. Constance la prend dans ses bras pour la consoler.


Rodney et Betty déjeunent au Colonial Post Inn. Rodney sort cinq bagues de sa poche, dans leur écrin, et les montre à Betty. Il  lui dit que ce ne sont pas des bagues de fiançailles, et qu’il ne lui met pas la pression. Ce sont simplement des bagues pour lui faire plaisir. Il lui demande d’en choisir une. Celle qu’elle veut. 

Betty lui dit qu’elles sont toutes les cinq magnifiques. Son sourire disparaît lorsque Steven arrive pour déjeuner avec des hommes d’affaires. 

Rodney perçoit sa gêne et la prévient qu’ils devront se heurter plus d’une fois à Steven. Où qu’elle ira, elle sera susceptible de le rencontrer. Dans un bar, au cinéma, ici-même…

Betty n’est pas sûre de pouvoir supporter cela. Steven est en train de les observer, un sourire aux lèvres devant l’embarras de Betty. Rodney lui dit qu’elle doit se détendre. Betty lui répond qu’elle ne peut pas s’empêcher de se sentir désolée pour Steven, pour tout ce qu’il a perdu.


Au Cider Barrel, Joe déjeune lorsque Eddie entre. Eddie attrape Joe par le col de sa chemine. Charlie essaie de le calmer. 

— Où est Rita ? demande Eddie, la colère sur le visage.

Joe dit à Charlie qu’il va manger au fond de la salle, prend son assiette avec lui pour s’installer à une table plus discrète. Eddie le suit. Joe menace de lui démonter la tête si jamais il continue à l’importuner. 

— Tu ne me fais pas peur, petit salopard, vocifère Eddie.

— Eh bien vous, vous me faites peur. Il existe des camisoles de force pour des types comme vous. 

— Rita est partie. Personne ne l’a vue de la journée. 

— Qu’est-ce que ça a à voir avec moi ?

— Tu l’a emmenée quelque part, tu ne pouvais pas rester loin d’elle. 

— Vous divaguez !

Eddie pointe un doigt en direction de la table où Joe était installé avant. 

— Tu étais assis près de la fenêtre, tu regardais la taverne. 

— Et j’étais censé regarder ailleurs ?

— La fille qui est à la pension de famille. Pourquoi a-t-elle peur de toi ? Et d’abord, pourquoi es-tu venu à Peyton Place ? Qu’est-ce que tu fuis ? 

Ada entre dans le restaurant et appelle Eddie. Elle lui demande de rentrer à la taverne. Eddie s’exécute. 


Une voiture s’arrête et Norman et Tom en sortent. Ils se dirigent vers Eli. Ils cherchent Rita, disparue depuis sa visite chez Tom. Ils ont tout passé en revu, visité tous les endroits où Rita aurait été susceptible de se rendre, en vain. Eli leur dit que Susan est dans l’appartement de Norman et Rita.

Ils partent pour se rendre à l’appartement tandis qu’Eli, inquiet pour Rita, retourne au magasin. 

En effet, Susan attend dans l’appartement. Elle dit en guise d’excuses que l’appartement était ouvert. Elle est entrée et espère que Norman ne lui en tient pas rigueur. Elle voulait être là au cas où Rita appelle ou  rentre. 

Mais elle n’a eu aucune nouvelle de Rita. Susan dit à Norman de s’asseoir. Elle a fait du café. Elle se sent responsable, car elle a interrompu la conversation de Tom et Rita ce matin. 

Elle dit à Tom qu’elle est terriblement désolée. Mais qu’elle a tenté de se racheter en venant ici apporter son aide. Tom la considère avec un air de reproche. 


Joe est toujours à l’intérieur du Cider Barrel. Depuis la fenêtre, il voit Rita. Il se rend dehors et la suit. 

Rita entre dans l’entrepôt désaffecté qui a été le théâtre de son drame il y a quelques années. 

On voit une ombre gigantesque se dessiner sur le mur. Rita pense qu’il s’agit de Joe Chernak revenu des morts. Elle hurle et  court dans l’entrepôt, mais elle se heurte à un bidon et tombe. Joe Rossi la rattrape. Elle lutte.


Épisode 425

jeudi 25 avril 1968

La cicatrice du passé 

Il n’est pas dans les habitudes du révérend Winter de distribuer des clichés à ceux qui ont des problèmes et qui viennent le voir pour un conseil. Ce soir, Rita Harrington en a toutefois fait les frais. Mais elle sait aussi que les commentaires du révérend au sujet de ses relations avec le défunt Joe Chernak et avec son mari, Norman, sont vrais et honnêtes, et elle doit en tenir compte.

Tom Winter et Rita Harrington discutent chez les Winter. Rita s’en va fâchée. Susan entre.


Tom demande à Susan ce qu’elle a entendu de la conversation. 

— Rien, lui répond-elle simplement. 

Il lui rappelle qu’elle n’a pas à écouter les conversations privées qu’il a avec ses paroissiens.  Elle le sait très bien. Puis elle ajoute : 

— Il n’y a rien de plus précieux que l’amour entre un homme et une femme. Mais l’amour peut mourir par négligence. 

Elle se demande si Rita est venue parce qu’elle est une femme négligée par son mari. Elle boit une gorgée de son verre, puis se rend au piano, où elle joue un air. 

Tom lui dit qu’il est temps de se préparer, lui rappelant ainsi qu’ils ont un dîné important avec les membres du comité de charité au Colonial. 

Susan lui dit qu’elle n’y va pas. Tom trouvera toujours une excuse à son absence. Après tout, il est doué pour parler aux gens.


Rita entre dans son appartement. Norman est assis sur un fauteuil et boit du lait à même la bouteille. Elle le réprimande gentiment, prend la bouteille et va servir deux verres. 

Elle lui dit qu’elle est allée voir le révérend Winter. Elle s’excuse auprès de Norman de sa mauvaise humeur et l’embrasse. 

Joe Rossi leur téléphone et les invite à venir écouter des disques. Norman refuse dans un premier temps, mais Rita lui dit qu’elle est d’accord pour y aller. Elle doit pouvoir affronter ses fantômes. 


Au restaurant, Rodney et Betty terminent de dîner. Rodney est prêt à partir, mais Betty veut rester un moment supplémentaire. Elle se sent bien ici, avec lui. C’est un moment privilégié loin des problèmes qui sont les leurs. 

Elle lui dit que les derniers papiers pour le divorce sont presque prêts. Maître Wainwright l’a appelée aujourd’hui pour le lui dire.Pour Rodney, c’est une bonne nouvelle. Pour Betty, c’est la fin d’un chapitre. Elle divorce de Steven, pour se remarier avec… son premier mari. 

Ils portent un toast à leur nouvelle vie. 


Dans le salon du manoir Peyton, Steven est avec maître Matthew John Wainwright, le vieil avocat d’Hannah. Lui aussi porte un toast, à son divorce. Mais d’une manière cynique. Il semble passablement éméché. 

Steven offre à l’avocat un verre, mais se rappelle que Wainwright ne boit jamais pendant le service. De plus, le vieil homme représente Betty dans ce divorce. 

Il affirme également que Martin Peyton n’a absolument pas manipulé Steven et Betty pour les pousser au divorce. Steven apprécie que Wainwright soit venu en personne le lui dire. 


À la maison de la plage, Joe appelle Jill, prétendant être son frère, le Dr Rossi, afin de s’assurer qu’elle prenne l’appel. C’est Sarah, une des locataires de la maison d’hôtes, qui répond. Elle se rend jusqu’à la porte de Jill et lui dit que le Dr Rossi souhaite lui parler au téléphone. 

Lorsque Jill entend la voix de Joe, elle s’apprête à raccrocher. Il lui demande ne pas le faire avant d’avoir écouté ce qu’il a à dire. Il veut l’inviter à la maison de la plage. 

— Pourquoi viendrais-je ? demande-t-elle.

— Je veux mettre les choses au clair entre nous.

— Il n’y a rien à mettre au clair. 

— Mon frère est au courant, l’informe Joe. Je lui ai tout raconté. Tu n’as plus aucune emprise sur moi, bébé. 

— Joe, si tu essaies de me revoir, ou si jamais tu m’appelles, j’irai voir la police. Tu as donné à ton frère ta version de ce qui s’est passé à New York, la police aura la mienne. 

Elle raccroche, laissant Joe en colère tandis que Rita et Norman arrivent. Norman voit que Joe est contrarié et lui demande ce qu’il a. Joe leur répond qu’il s’est disputé avec sa petite amie, qui a débarqué de New York. Mais il ne veut pas les ennuyer avec ses problèmes. 

Il leur propose un verre, qu’ils refusent, et lui se sert une bouteille de bière. Puis il met en route un disque et demande au couple de s’asseoir. 

Il leur fait un discours sur les femmes qui, d’après lui, sont toutes les mêmes. Rita ne supporte pas son discours. Elle se lève. Norman la suit et ils s’en vont sans même parler à Joe.

Note : Malgré seulement 14 secondes de présence dans cette scène, l’actrice Sarah Taft sera créditée à la fin de l’épisode.


Betty entre au Inn et rencontre le révérend Winter. Elle lui demande s’il a une minute à lui consacrer. Ils s’assoient à une table. Il lui demande si elle veut boire quelque chose. Le révérend s’apprête à dîner avec quinze membres du Comité du Jour des Fondateurs, mais consent à lui parler un instant. 

Betty lui dit qu’elle va divorcer. Elle voudrait savoir si elle pourra se remarier à l’église. Elle lui apprend qu’elle va en effet se remarier avec son premier mari, Rodney Harrington. Il lui demande en retour si Rodney veut se marier à l’église. 

Betty informe le révérend qu’elle s’est mariée avec Steven au manoir de Peyton. Son premier mariage a été bien triste puisqu’ils ont convolé chez un juge de paix à White River. Elle veut un beau mariage pour rattraper le premier. 

Le révérend Winter lui dit qu’il aimerait parler à Rodney, sans répondre à la question de Betty de savoir s’il est d’accord de les marier. 


Norman et Rita retournent à leur appartement, après leur éprouvante visite à Joe. Norman dit que le discours de Joe ressemble un peu aux conversations de vestiaires lorsqu’il était au lycée.

Ils parlent du défunt Joe Chernak. 

— Il est parti. Il est mort, dit Norman. Ce n’est pas Joe Rossi. Tu n’avais que seize ans quand tu étais avec Chernak. Il te considérait comme un objet. Tu n’étais qu’une enfant.

— Ce n’est pas une excuse. C’est comme si j’avais encore des cicatrices de cette période.

— C’est juste ton imagination.

Il essaie de l’embrasser, mais elle recule et va s’enfermer à clé dans sa chambre.


Épisode 424

lundi 22 avril 1968

L’aveu de Joe 

Aujourd’hui Joe Rossi, le jeune frère du Dr Michael Rossi, est déterminé à empêcher Jill Smith de raconter au médecin sa vie passée à New York. L’implication criminelle qui l’a forcé à s’enfuir. La seule arme que Joe Rossi possède est une confession directe. Aussi direct que Joe le peut. En ouvrant en apparence son cœur à son frère, Joe a le sentiment qu’il peut véritablement gagner sa confiance, et ainsi rendre nul et non avenu tout ce que Jill pourrait ou ne pourrait pas dire.

Joe se trouve à l’arrière d’une camionnette de livraison de lait et descend à l’entrée sud de l’hôpital sur Glover Street.


Joe se rend dans le bureau de Michael afin de mettre les choses au clair avec lui. Il admet lui avoir menti. Il avoue que le bébé est bien de Jill et de lui. 

Il a fait promettre à Jill de ne rien dire à propos de l’enfant parce qu’il a eu des problèmes à New York. Il s’agit d’une bagarre dans un entrepôt qui a mal tourné. Un gardien a été blessé. Joe a essayé d’arrêter la bagarre. Don, un ami de Joe, a été attrapé, et il a menacé Joe de dire à la police qu’il était impliqué dans la bagarre. 

Il n’a cependant aucun moyen de prouver ce qui s’est passé. La seule chose qui lui est venu à l’esprit était de s’enfuir.


Susan entre au bureau du Clarion et regarde  autour d’elle. Elle s’approche de la salle de presse et s’apprête à y entrer, quand Elliot en sort. 

Il plaisante en l’accusant d’avoir eu l’intention d’entrer sans se faire annoncer. Il se demande ce qui est arrivé aux jeunes filles sages, polies et timides de son époque. 

Ils parlent des œuvres de charité de Susan et Elliot lui offre la page 4 de son prochain numéro. Elle utilise la notoriété de son père pour obtenir une première page. 

Elle remercie Elliot et lui demande également un chèque pour ses œuvres. Constance entre et embrasse son mari. Il se plaint du fait que Susan demande une donation. 

Une fois Susan partie, Constance lui demande de faire la donation. Elliot fait mine d’être contrarié et sort son carnet de chèques.


Eddie est derrière le bar de la taverne lorsqu’Ada entre. Elle lui demande où il était. Il lui donne une réponse vague. Il lui parle de Joe, qu’il traite de punk. Il compte aller voir la police à son sujet. Il a essayé de faire parler Jill pour découvrir le secret de Joe, mais sans succès. 

Ada lui demande d’arrêter ça. De laisser Joe Rossi tranquille. Il lui dit que Joe Rossi et Joe Chernak sont pareils. Mais Ada lui répond que Joe Rossi n’est pas Joe Chernak et qu’il arrête une bonne fois pour toutes de faire l’amalgame entre les deux. 

— Essaie de faire tes bagages, de mettre ton chapeau et de dire au revoir. Cette fois, je ne t’arrêterais pas , lui dit-elle. 

Puis elle retourne dans l’arrière-boutique. Eddie, fou de rage, casse un verre.


Jill monte les marches menant à son appartement lorsque Rodney l’appelle. Elle l’invite à entrer, prétextant que son toaster ne fonctionne plus. 

À l’intérieur, elle lui offre un café, qu’il refuse. Rod lui demande des nouvelles d’Eli Carson, pour lequel travaille Jill. Elle ferme la porte de l’appartement tandis que Rodney branche le toaster. 

Jill semble fébrile et Rodney s’en aperçoit. Il lui demande si elle attend quelqu’un. Elle lui répond que non.

Il constate que le toaster fonctionne bien. Elle rouvre la porte pour le laisser partir. Rodney passe devant elle, puis s’arrête et la regarde. Il lui demande soudainement si Joe a été brutal avec elle. Elle n’a pas besoin de répondre. Il en est convaincu. Il lui demande s’il peut téléphoner. Jill lui indique le téléphone qui est dans le hall. Il lui donne son numéro de téléphone et lui dit bonsoir.


Rita va voir le Révérend Winter pour un conseil. Elle lui avoue qu’elle est dépressive et qu’elle fait des cauchemars au sujet de Joe Chernak. Tom lui dit qu’il est capable de l’aider. Rita se confie au révérend sur sa fausse couche. Elle était sûre que son bébé n’avait aucune chance de survivre. 

Tom lui dit que son bébé et son ex petit ami sont morts. Et dans son subconscient, Rita pense que la mort de son bébé était une punition parce que Joe Chernak est mort à cause d’elle. 

Rita ajoute qu’elle aime Norman, mais elle doit le quitter, parce qu’elle ne le mérite pas. 

Tom lui assure que Joe Chernak n’a plus aucun pouvoir sur elle. Il sait que Norman aime Rita. Elle se culpabilise d’être mariée à lui alors qu’elle pense qu’elle ne mérite pas mieux que Chernek.

Rita semble ne pas comprendre et Tom hausse le ton, lui répétant que Norman l’aime et qu’elle doit accepter son amour. Rita est effaré de voir qu’un homme d’église, qui doit être gentil et compréhensible, peut aussi se mettre en colère.

Susan arrive au moment où Tom hausse le ton. Elle jette un œil furtif par la fenêtre, puis entre. 

Rita quitte le révérend fâchée. Susan entre dans la pièce et raille Tom pour l’attention qu’il donne aux autres. Elle veut être la prochaine. Elle voudrait qu’il lui accorde un peu plus d’attention, à elle.


Épisode 423

jeudi 18 avril 1968

Le manque 

À cet instant de la soirée, Jill Smith avait l’habitude de prendre soin du bébé qu’elle a apporté en ville. Ce bébé est maintenant dans la famille d’Elliot Carson. Et Jill Smith se retrouve seule.

Jill Smith marche le long du quai jusqu’au Shoreline Garage. Elle ouvre la porte et entre.


Jill demande à Rodney s’il est ouvert pour affaires. Elle demande un café au jeune homme. Elle dit à Rodney qu’elle ne supporterait pas de vivre dans un tel désordre. Il est évident selon elle qu’il a besoin d’une femme de ménage. Jill offre donc de venir une fois par semaine nettoyer pour un salaire minimum de 1.25 dollars. Rodney rejette sa proposition.

Rodney pense que Jill s’accroche à Peyton Place à cause de Kelly :

— Tu as laissé l’enfant d’Allison à ses grands-parents, mais tu ne peux pas simplement disparaître parce que cet enfant signifie plus pour toi qu’un simple colis recommandé. Alors tu erres et tu essaies de combler le vide, mais tu ne le trouveras pas en frottant les sols et en lavant les vitres. 

— Ils ne veulent pas me laisser la voir, se plaint Jill. Le Dr Rossi m’a même ordonné de ne plus jamais approcher les Carson.

— Pourquoi cela devrait te déranger ?

— J’aime Kelly. Nous avons eu des moments difficiles, mais au moins elle était avec moi et j’étais là quand elle était malade ou qu’elle avait faim, et qu’elle voulait que je la prenne dans mes bras. Mais elle m’oubliera, elle oubliera tout de moi.

— Tu aurais dû la garder, lui reproche Rodney. Qui es-tu, Jill Smith ? D’abord, est-ce que c’est ton vrai nom ?

— Je suis juste une fille errante, dit-elle avant de partir. 


Susan se rend au manoir Peyton. C’est Mary qui la fait entrer. Steven travaille dans le salon. Le portrait de Betty trône toujours au-dessus de la cheminée. Elle le remercie de bien vouloir lui accorder un peu de son temps. 

— Comment pourrais-je refuser quand je sais que vous venez pour des œuvres de charité, lui répond-il. 

Elle est ici pour récolter des fonds afin de construire une aile spécialement réservée aux enfants, à l’hôpital. Il lui donne un chèque de 50 dollars. 

Elle accepte un verre avec un zeste de citron. Steven lève son verre. 

— Aux œuvres de charité !

Susan est également venue ici afin de lui demander de « prêter » le manoir pour un déjeuner. Steven offre à Susan de remplir à nouveau son verre, mais elle décline l’offre. 

Susan aimerait aussi posséder le manoir et demande à l’avocat de lui faire signe si jamais il lui prenait l’envie de le vendre.


Chez les Winter, Tom travaille à son bureau personnel. Il regarde l’horloge. Il est 21 h 35. Susan arrive. Il attrape un livre se trouvant derrière lui. 

— Je suis rentrée, crie Susan, visiblement de bonne humeur. 

Elle l’embrasse en lui disant :

— J’ai fait du porte-à-porte pour les œuvres de charité. Lorsque tu viens au moment où les gens prennent l’apéritif, ils s’attendent à ce que tu te joignes à eux. Mais tu ne voudrais pas que tout le monde pense que ta femme a un problème de boisson. 

Tom soupire :

— Susan, tu n’es pas alcoolique. 

— J’en prends quand même le chemin, réplique-t-elle.

Il se sert un verre. Susan lui dit que sauver leur mariage relèverait du miracle. 

— Dieu n’est pas mort, Susan, philosophe Tom. 

Il pense qu’il gaspillerait son temps si jamais il abandonnait le sacerdoce pour aller travailler avec le père de Susan. Elle ne comprend pas le travail qu’il effectue ici, les conseils qu’il donne aux gens sur la direction qu’ils doivent suivre pour soi-disant améliorer leur vie. Elle lui demande de quel droit il peut dire au gens que faire de leurs vies. 

Elle s’approche de lui et l’embrasse, puis l’étreint. Elle lui avoue s’être arrêtée à Whiter River, avoir acheté une bouteille et l’avoir bu dans un hôtel minable.


Le docteur Rossi dépose son frère, Joe, sur le quai près de la taverne d’Ada Jacks. Le médecin se demande pourquoi Joe lui a demandé de le laisser ici. 

— Jill Smith habite ici, dit Michael. Tu n’as tout de même pas prévu d’aller lui rendre une petite visite, n’est-ce pas ? 

— Je ne pense pas, non. 

Le médecin lui demande si Jill est toujours sa petite amie. Joe lui assure que ce n’est pas le cas. Mike ajoute qu’il viendra le rechercher ici même à l’heure du déjeuner. 

Une fois Michael parti, Joe s’empresse de monter les escaliers de la maison d’hôtes. Eddie Jacks l’observe depuis la taverne, où il balaye l’entrée. 

N’ayant pas l’intention de suivre les conseils de son grand frère, Joe va frapper à la porte de Jill. Cette dernière, peu ravie de le voir, lui demande ce qu’il veut. Il est venu ici pour s’excuser. Il parle aussi des problèmes qu’il a causé à New York. 

Puis dans le feu de l’action, Joe force Jill à l’embrasser. Ils se disputent, et Joe finit par s’en aller.

Plus tard, Jill quitte sa chambre et Eddie Jacks l’attrape dans le couloir. Il veut lui parler. Ils rentrent dans la chambre de la jeune femme. 

Eddie veut savoir ce que Joe fuit. Il veut en savoir plus sur lui et pense que Jill peut l’aider.  Il lui parle de Joe Chernak et lui dit que Joe Rossi est de la même trempe. Jill quitte l’appartement en courant. 


Épisode 422

lundi 15 avril 1968

Les minutes du procès 

Le révérend M. Tom Winter vit et travaille à Peyton Place depuis un an. Il s’implique totalement dans les problèmes personnels de tous ceux qui viennent le voir. Aujourd’hui, Tom Winter a essayé sans succès d’aider la jeune Rita Harrington à comprendre sa récente dépression. La visite a été interrompue par quelque chose qu’il a vu se passer sur la place. Une jeune femme se faisait photographier au pilori que les pères puritains utilisaient pour punir ceux qui enfreignaient la loi ou la foi. Cette femme exerce une attraction particulière sur Tom Winter. Elle est sa femme. 

Susan Winter est photographiée au pilori. Tom Winter descend l’escalier de l’appartement et voit l’activité sur la place. Susan est libérée du pilori. 


Susan Winter se rend à la librairie. Constance, n’ayant aucun client pour l’instant, est en train de lire un livre sur l’histoire de Peyton Place. Elle accueille Susan chaleureusement et lui parle du livre. Elle décrit le premier festival. 

Elliot est le président du comité d’organisation et ne tarit pas d’éloges sur les implication de Susan pour le festival. Il a dit à Connie qu’elle était tellement occupée qu’elle n’a pas pu assister à la dernière réunion du Comité, hier. 

— Hier, j’ai dû aller à New York, explique Susan. Je devais rendre visite à mon père. Je voulais lui mettre la pression pour notre campagne de collecte de fonds. Malheureusement, j’ai dû passer la nuit là-bas parce qu’il est revenu tard de son parcours de golf. Mais ça en valait la peine : il m’a donné un chèque en blanc. Cela va aider la construction de l’aile pour enfant à l’hôpital. 

— Michael Rossi vous en remerciera. 

Susan n’en est pas sûre : 

— Vous savez, Connie, je ne pense pas que votre ami Mike Rossi m’apprécie vraiment, ni ne m’approuve. 

— Comment pourrait-il vous désapprouver ? Vous agitez une baguette magique pour rendre la vie meilleure. 

Susan dit qu’elle essaie d’être à la hauteur des attentes. Constance envie le couple qu’elle forme avec Tom et pense que Tom doit être fier de sa femme.


Eddie se trouve avec Steven dans le bureau de se dernier. L’avocat lui laisse lire les minutes du procès de Rodney Harrington. Eddie est en colère à cause des questions que Steven a posées à Rita.

Il a poussé la jeune fille qui n’avait que dix-huit ans à l’époque à dire devant la cour que Joe Chernak l’a attaquée. 

Steven oppose à cela que Rita s’était portée volontaire pour témoigner à la barre. D’autre part, il devait faire son possible pour défendre Rodney et obtenir un non-lieu. 

Eddie lui raconte que depuis l’arrivée du frère du Dr Rossi, Rita revit le drame comme s’il avait eu lieu hier. Il veut que Joe Rossi disparaisse de cette ville. Steven conseille à Eddie de laisser tomber. Il n’était pas là lorsque Rita avait besoin de lui, il a laissé passer sa chance. 

— Je ne peux pas me permettre de recevoir vos conseils, maître Cord. Et d’ailleurs, je n’en veux pas, vocifère Eddie avant de quitter le bureau.


Eddie est en train de servir un verre à un client de la taverne d’Ada Jacks lorsque Norman entre et s’appuie au comptoir. Eddie le rejoint. 

— Tu as l’air crevé, dit-il.

— J’ai gagné mon argent, aujourd’hui.

— Félicitations !

Norman lui dit qu’il n’est pas d’humeur pour ses sarcasmes. Il veut partir, mais Eddie le retient. 

— Je suis allé voir Steven Cord à son bureau. Il m’a laissé lire les minutes du procès de Rod. Pourquoi l’as-tu épousée, Norman ? Pourquoi as-tu épousé Rita ?

— Mon mariage, c’est mon affaire, pas la votre. 

— Norman, j’ai lu chaque mot de son témoignage. Tu étais dans la salle d’audience, tu as entendu tout ce qu’elle a dit. 

— Je l’aimais. C’est la seule et unique raison pour laquelle je l’ai épousée. 

Eddie lui dit que c’était tout ce qu’il voulait savoir. Il voulait lui entendre dire qu’il aimait Rita. Il lui serre la main.


Rodney est assis à son bureau dans le garage Shoreline lorsque Betty entre. Betty a manifestement pris la voiture de Rodney pour faire un tour. 

Elle est en train de dessiner une grange. Rodney regarde le croquis. Elle dit que quelqu’un a commencé à la transformer en maison, et qu’elle aimerait terminer le projet. Ils pourraient en faire leur prochaine demeure. 

Cette maison est à 17 kilomètres de Peyton Place. Rodney se demande ce qui pousse Betty à vouloir habiter si loin de la ville. Elle lui répond que cela pourrait faire une jolie ferme. 

— Ce n’est pas une ferme, c’est un pont. 

Betty lui dit qu’elle essaie de prendre un nouveau départ et lui demande d’essayer d’en faire de même. 

— Oh oui, dit Rodney. Nous pourrions acheter cette propriété, nous pourrions y travailler et nous pourrions meubler chaque pièce, peindre chaque mur. Mais que se passera-t-il une fois que nous aurons fini de travailler sur cette maison ? Nous devrons encore travailler sur notre couple. 

Betty comprend que Rodney n’a pas encore encaissé l’abandon de sa fille. Déçue, elle préfère partir. 


Dans l’appartement, Rita et Norman boivent un café. Norman demande comment s’est passée la discussion avec le révérend Winter. 

— C’était ton idée de laisser quelqu’un d’autre s’immiscer dans notre vie personnelle, dit-elle. Je ne voulais pas avoir à parler de mes problèmes personnels avec lui. Tout ça, c’était ton idée !

— D’accord, c’était mon idée, admet Norman. Alors, comment ça s’est passé ?

— Ça ne s’est pas passé, répond-elle. Norman, tu ne peux pas me pousser à parler au révérend Winter des choses qui me dérangent, puis t’attendre à ce que je me confie à toi. J’aurais pu me confier à toi en premier lieu.

— Je veux juste que tu ailles bien et que tu sois heureuse, Rita. 

Rita avoue que Tom Winter est une personne très gentille et qu’elle pourrait éventuellement lui parler de Joe Chernak. 


Le Dr Rossi est chez lui, en smoking, est en train de préparer une boisson et de s’entraîner à un discours sur les maladies cardio-vasculaires. On frappe à la porte. 

Il laisse entrer Susan Winter. Elle l’informe qu’elle a été chargée de collecter des fonds pour la nouvelle aile de l’hôpital destinée aux enfants. Il lui offre un verre. 

Joe Rossi descend les escaliers, mais ne veut pas rester, voyant qu’il n’est pas seul. Michael insiste, mais Joe disparaît sans mot dire. 

Rossi s’excuse pour l’impolitesse de son frère. Susan espère qu’il s’est remis de son accident. Rossi s’excuse et la pousse vers la porte en lui disant qu’il doit encore peaufiner son discours. Ils se disent bonsoir et elle s’en va. 

Joe revient. Le docteur Rossi reproche à Joe son impolitesse envers Susan. Joe qualifie le smoking de Rossi de costume de singe. Il insinue que Susan, jolie dame au demeurant, ne peut pas laisser son grand frère indifférent. Mike lui répond que la dame en question est mariée au révérend Tom Winter. 

À ce moment-là, le révérend Winter est à Peyton Place depuis environ un an. Il a évidemment remplacé Jerry Bedford. Mais il était allé au lycée à Peyton Place.


Épisode 421

jeudi 11 avril 1968

Remuer le passé 

Le docteur Michael Rossi a exigé de connaître les véritables raisons qui ont soudainement amené son jeune frère, Joe, à Peyton Place. Plutôt que de se confier à lui, Joe a quitté la ville, pour se blesser dans un accident de voiture causé par inadvertance par Norman Harrington. Bien qu’aucune complication grave ne soit apparue, Joe a réussi à exploiter le sentiment de responsabilité de son frère. Mais Joe peut s’avérer être un invité dangereux. Non seulement pour Michael Rossi, mais aussi pour tous ceux qui entrent en contact avec lui. 

Le docteur Rossi, Joe et Norman entrent dans la maison de la plage. Joe a un bandage sur le côté droit de son front. Le docteur Rossi aide Joe à enlever son manteau.


Joe pense qu’il va bien, mais le Dr Rossi lui répond qu’il l’a seulement fait sortir de l’hôpital. Il n’est pas prêt à prendre part aux Jeux Olympiques. 

— Je pensais que ça voulait dire que j’allais bien, dit Joe. 

— Ça veut juste dire que je t’ai laissé sortir de l’hôpital. Mais tu dois te reposer. 

— Si j’avais su, je serais resté à l’hôpital, se plaint Joe. Les lits sont plus confortables et les infirmières bien plus jolies. 

Michael dit à Joe de se mettre à l’aise et lui demande s’il a besoin de quelque chose. Il lui répond qu’il aimerait quelqu’un de doux et de chaud à ses côtés. 

Rossi doit partir à l’hôpital. Il propose de déposer Norman à la fabrique. Il accepte avec plaisir. 

— Je vais essayer de revenir pour le déjeuner, informe Mike à Joe. Ça risque d’être un peu serré, j’ai une opération à onze heures, et parfois, les calculs biliaires sont coriaces. 

— Occupez-vous tranquillement de vos calculs biliaires, intervient Norman. Je vais m’occuper du déjeuner. 

Le Dr Rossi apprécie le geste et le remercie. Il supplie Joe de ne pas faire d’imprudence après son départ. 

— Tu prendras deux fois plus de temps pour faire les choses que tu fais normalement. Et tu restes dans le canapé toute la journée.

Avant qu’ils ne partent, Norman parle de Rita à Joe. Ce dernier lui demande pourquoi elle a mal réagi en le voyant. Norman lui dit que Rita a passé un moment difficile à l’hôpital. Le docteur Rossi et Norman s’en vont. 


À la taverne, Ada remplit une commande. 

— Eddie, est-ce que nous avons besoin de verres à bière ?

Eddie balaye distraitement la salle et, perdu dans ses pensées, ne répond pas immédiatement. Il s’approche d’elle et veut qu’elle lui parle de Joe Chernak. 

— C’était le petit ami de Rita, dit simplement Ada.

— Je veux connaître toute l’histoire sur lui. 

Ada est embarrassée.

— Je t’ai dit qu’elle était sa petite amie, fin de l’histoire. 

— Qu’est-ce que Rita a à voir avec sa mort ? insiste Eddie.

— Rien. Ils étaient séparés depuis longtemps avant que ça n’arrive. 

Eddie veut connaître les détails du procès de Rodney, mais Ada lui fait comprendre que c’est du passé et lui conseille de laisser tomber. Eddie n’en a pas l’intention. Sa fille se rend malade à cause de ce Joe Chernak.

— Il la fait pleurer dans son sommeil. Elle pleure et elle a des sueurs froides. Quand elle a vu un autre jeune voyou qui ressemble à Chernak, le frère du Dr Rossi, elle s’est mise à trembler comme si elle avait vu un fantôme. Le fantôme de Joe Chernak.

Ada ne lui donne pas d’explications. Eddie veut savoir ce que Rita a dit à la barre durant le procès. Ou plutôt ce « qu’ils » lui ont fait dire. 

— Tu ne vas pas l’aider en déterrant ces vieilles saletés, s’emporte Ada. Tu ne feras que la blesser davantage. 

— La blesser encore plus qu’elle ne l’est ? Non, ça m’étonnerait.

— Sors d’ici, explose Ada. Va dépenser quelques dollars pour soulager ta conscience pour le gâchis que nous avons fait de notre vie. On ne commence pas à être de bons parents quand notre enfant a dix-neuf ans et est mariée.  C’est trop tard. 

— Je n’essaie pas de changer le passé ou même de le rattraper, plaide Eddie. Je veux juste qu’elle aille mieux. 

— Norman est là pour elle. C’est lui qui peut l’aider maintenant. 

Eddie n’a pas l’intention de laisser tomber. Il va tout faire pour obtenir une réponse. Il part, en colère. 


Le Dr Rossi examine Kelly à la maison des Carson et suggère à Constance de l’amener à son cabinet pour ses vaccins DPT. Constance est excitée à l’idée d’avoir la garde de Kelly. 

Elle pense que Kelly est bien le bébé d’Allison. Michael, de son côté, a de sérieux doutes. Constance ne veut pas l’écouter. Pour elle, elle est la grand-mère de Kelly. Elle ne tarit pas d’éloges sur l’enfant, disant qu’elle est intelligente. C’est déjà une petite fille, elle arrive même à boire dans une tasse. 

Constance lui montre la tasse en question, où il est inscrit ALLISON dessus. Mike est gêné. 

Jill se présente à la porte d’entrée. Elle est venue pour voir si Kelly avait besoin d’une baby-sitter. Elle aimerait beaucoup aider Constance en gardant l’enfant. 

Constance, mal à l’aise, lui dit qu’ils ont déjà une garde d’enfant et qu’elle est parfaite pour Kelly. Jill semble déçue. Elle s’approche un peu du bébé, mais Constance prend Kelly et l’emmène voir Matthew à l’étage. 

Resté seul avec Jill, le Dr Rossi en profite pour dire le fond de sa pensée à la jeune femme : 

— Est-ce que vous réalisez ce que vous faites subir à cette famille ? Est-ce que seulement vous vous en souciez ?

— Vous êtes médecin, rétorque Jill avec sa verve habituelle. Occupez-vous de guérir les malades. 

— Vous leur faites croire que votre bébé est celui d’Allison. Ils étaient si désespérés qu’ils ont facilement acheté ce conte de fées. Est-ce que vous réalisez ce qui va arriver à cette femme quand elle apprendra la vérité ?

— Elle a déjà appris la vérité.

— Non. Elle a pris votre bébé et elle en a fait une partie importante de sa vie. 

— C’est une seconde chance pour elle. Laissez-lui avoir cette chance. 

— Elle ne peut pas l’avoir, vous le savez très bien. 

Avant de partir, Michael ordonne à Jill de ne plus s’approcher des Carson. 


À la maison de la plage, Joe fait fi des conseils de son frère et se promène dans la pièce. Il va chercher une bière au réfrigérateur. Lorsque quelqu’un frappe à la porte, il s’empresse d’aller se coucher dans le canapé. 

— C’est ouvert !

Rita entre. On entend Ada demander à sa fille quand elle doit repasser la prendre. 

— Dans une heure environ. 

Elle a apporté des provisions. Elle pensait que Norman était ici, mais il n’est pas encore arrivé. Joe lui apporte un couteau afin qu’elle tranche du pain, et il la touche accidentellement, ce qui la fait sursauter. Joe en prend note. Il lui rappelle qu’elle avait fait pareil la dernière fois à l’appartement. 

Rita dit qu’elle n’a pas peur, qu’elle est juste nerveuse. Joe lui demande ce qui la tracasse. Rita dit que Joe lui rappelle quelqu’un. Quelqu’un qui est mort maintenant. Quelqu’un qui avait le même prénom que lui.

— Quand tu me regardes, tu penses à lui et ça te secoue un peu ? demande Joe. 

Il essaie de la mettre à l’aise et lui raconte une anecdote sur un manège à Coney Island. Il était dans ce manège toute la journée sans payer et s’est fait attraper par un agent de sécurité. Il a voulu s’enfuir et s’est cassé deux côtes. 

Joe lui tend la main. Elle la prend. Norman frappe à la porte et entre. Il demande à Rita pourquoi elle sourit. Joe répond qu’il lui a raconté comment il s’est cassé deux côtes. 


Eddie Jacks entre dans le bureau éditorial du Clarion et demande à Elliot de voir quelques anciens documents sur le procès Harrington. Elliot demande pourquoi il veut connaître les détails du procès. 

— Pourquoi cet intérêt soudain ? demande le journaliste. 

— Je veux savoir ce qui s’est passé. Avoir une idée générale. 

— Une idée générale ?

Eddie répond qu’il fait cela pour Rita. Il s’intéresse particulièrement au témoignage de sa fille. Comme Ada, Elliot pense qu’Eddie fait une erreur en se replongeant dans l’histoire. Mais Eddie insiste :

— Rita s’est mise en tête que la perte du bébé était une punition pour ce qui s’était passé entre elle et Chernak. Qu’en en sens, elle ne mérite pas un mari et un enfant. Elliot, si c’était ton enfant, est-ce que tu resterais là sans rien faire ? 

L’argument d’Eddie convainc Elliot qui lui laisse regarder les articles. Eddie les consulte rapidement, puis s’en va.


Ada conduit Rita à l’appartement. Ada demande à Rita de l’accompagner à Boston un de ces jours pour faire du shopping. Rita lui répond que c’est une bonne idée, mais elle semble cependant toujours aussi triste et Ada voit qu’elle essaie de donner le change. 

Elle sort de la voiture, salue sa mère et monte les escaliers avec un paquet. 

Le révérend Winter l’attend devant la porte. Il entre dans l’appartement et ils ont une longue conversation. Winter lui dit que l’appartement est charmant. Il parle de la première maison très modeste que lui et Susan ont eue quand ils se sont mariés à l’université. C’était une cabane en préfabriqué. Ils discutent de la perte du bébé de Rita et de ses autres problèmes. Il lui dit que Norman s’inquiète pour elle. 

— Il vous a envoyé ici pour me lire quelques versets des Écritures et me dire que perdre le bébé était la volonté de Dieu ?

Le révérend Winter secoue la tête : 

— N’attendez pas de moi que je vous fasse un sermon. Je suis venu ici pour écouter ce que vous avez à dire. 

Rita lui dit que c’est trop personnel pour qu’elle lui en parle. Tom regarde par la fenêtre et voit sa femme, Susan Winter, qui pose pour des photos, attachée au pilori. Avant de partir, il dit à Rita qu’il sera toujours là pour elle. 

La tête et les poignets toujours accrochés au pilori, Susan annonce qu’elle veut que la photo fasse la une des journaux pour annoncer le festival de la Journée des fondateurs. Le photographe-journaliste la complimente et lui demande de prendre deux autres photos.