Épisode 460

mercredi 11 septembre 1968

La décision du juge 

Norman Harrington et sa femme Rita ont obtenu la garde pour cette nuit du bébé de Jill Smith au cours d’une audience ce matin. Norman sait que la Cour peut assigner le bébé à une nourrice. Mais il est optimiste. Et en ce moment il travaille dur sur la pensée que la Cour doit redonner la garde du bébé à Jill. Pour Norman et Rita, cette nuit de garde est passée trop vite.

Norman sort du tribunal, traverse le square et se dirige vers son appartement de Glover Street.


Norman retourne à l’appartement et voit Rita occupée à jouer avec Kelly. Ils se préparent pour l’audience qui a lieu à dix heures. Norman lui explique comment l’audience va se dérouler. 

Il lui demande si elle a bien dormi cette nuit. Elle répond par l’affirmative, puis avoue qu’elle s’est levée à plusieurs reprises pour voir si Kelly n’avait besoin de rien. L’enfant a dormi toute la nuit. 

Norman prend Kelly dans ses bras. Rita veut que Norman fasse bonne impression et porte la chemise blanche qu’elle vient de repasser. Elle veut qu’il donne l’impression d’être responsable. Norman suit les conseils de Rita. Il met également une cravate et se regarde dans le miroir tout en la nouant.

Il dit qu’il a beaucoup de peine pour Kelly, qui est trimbalée de foyer en foyer. Il serait temps pour l’enfant d’avoir un foyer stable. 


Steven rend visite à Susan dans sa chambre d’hôpital. Susan lui demande d’emblée s’il a vu Tom. Il lui répond que non. 

Il veut qu’elle fasse une déposition concernant Jill. Il explique que le bureau d’aide sociale veut placer Kelly chez une nourrice. Mais Susan est obsédée par la disparition de son mari. Elle dit à Steven qu’elle voulait que Tom quitte l’église, mais pas elle. 

Steven insiste sur le fait qu’il est important que Susan fasse une déclaration disant que Jill n’est pas immorale, et que c’est en partie sa faute et celle de son mari si elle est partie. 

Susan s’en fiche. Tout ce qui compte pour elle en ce moment, c’est de se procurer de l’alcool. Steven s’en va, sachant qu’il ne pourra rien obtenir d’elle. 

Plus tard, Susan tente de se lever. L’infirmière Paula Dixon  (jouée par Joan Van Ark qui sera plus tard Valene Ewing dans Côte Ouest) entre dans la chambre. Elle connaît bien Susan puisqu’elle est dans le groupe de jeunesse de Tom, tandis que sa sœur Norma Dixon, qui joue de la guitare, fait aussi partie de la congrégation. 

Susan est fébrile. Paula lui demande de se remettre au lit. La femme du révérend désire ardemment boire. Mais Paula lui dit qu’elle n’a pas le droit de lui faire venir une bouteille. 

Elle essaie de soudoyer l’infirmière en lui donnant de l’argent pour aller acheter une bouteille, ou à défaut des friandises, en lui disant qu’elle peut garder la monnaie. Paula refuse gentiment, lui rappelant que les friandises et l’alcool lui sont interdits. 

Mike arrive et dit à Susan d’aller dans son lit. Elle le défie en lui disant : 

— Si vous voulez vraiment que j’y aille, vous devrez m’y mettre. 

Cela n’arrête pas le Dr Rossi qui saisit Susan dans ses bras et la porte jusqu’à son lit. Susan demande au médecin s’il sait où se trouve Tom. Mike n’en a pas la moindre idée. Elle lui demande s’il a vérifié qu’il n’était pas auprès du révérend Gates, le mentor de Tom. 

Il lui dit qu’il est temps pour lui de se rendre au tribunal, rappelant ainsi à Susan l’enjeu de la garde de Kelly. Il lui demande de rester dans son lit. 


Marsha discute avec Carolyn dans sa chambre. Marsha reprise une robe, elle veut la faire plus courte. 

— Est-ce que le Dr Rossi préfère les robes plus courtes ? s’enquiert la jeune fille.

— Je ne sais pas. Je t’avoue que nous n’en avons pas parlé. 

— Il est vrai que vous ne faites pas que parler lorsque vous êtes ensemble…

Carolyn lui explique qu’elle les a vus s’embrasser à la sortie du Shoreline. Elle était sortie pour rapporter à sa mère les gants qu’elle avait oubliés. Marsha avoue qu’elle ne l’a pas vue. Carolyn lui répond qu’elle n’avait pas envie d’aller à leur rencontre. 

— Chérie, tu dois savoir maintenant que Mike et moi sommes très amoureux l’un de l’autre. 

— Je le sais, répond la jeune fille. Et ce n’est pas un problème, je t’assure. Seulement, je dois dire que… ça m’a choquée, et je ne sais pas pourquoi. 

Quelqu’un frappe à la porte. C’est Jeff. Carolyn lui crie d’entrer et de monter à l’étage. Jeff salue Marsha. Lui et Carolyn ont l’intention d’aller à la plage pour y faire une promenade à pied.

— Toute la journée ? demande Marsha. 

Carolyn avoue qu’elle a besoin de changer d’air, et la plage est parfaite pour ça. 


Dans un fauteuil roulant, Susan va voir Rodney Harrington dans sa chambre. Rodney est couché sur le dos, ce qui constitue une amélioration, car il n’a plus besoin de rester sur le ventre, la tête maintenue par un appareillage. 

Ils se saluent aimablement. Susan est à la recherche de liqueur. Les amis offrent toujours des chocolats avec de la liqueur aux patients. Rodney secoue la tête : 

— Désolé, pas de chocolat. 

Susan fouille tous les endroits, afin d’en trouver. Mais les tiroirs des armoires sont vides. 

— Vous devez me trouver pathétique, dit-elle.

— Je ne juge personne, madame Winter. 

Susan explique qu’en fait, elle est ici en désintoxication. Mais elle a besoin d’alcool. L’hôpital a toujours de l’alcool, elle va en trouver. 

— Madame Winter, ne buvez pas de l’alcool de l’hôpital, implore Rodney. C’est dangereux. Ça peut vous tuer !

— Je le diluerai avec de l’eau.

— Ne faites pas ça, madame Winter. 

Elle s’en va.


Dans le bureau du juge Irwin A. Chester, Mme Thomas, le juge, Michael Rossi et Steven Cord sont en pleine discussion concernant l’avenir de Kelly. Michael se fait l’avocat de Jill. Steven prend également la défense de Jill. 

Il apprend ainsi au juge que Jill est partie de chez les Winter parce que le couple a de gros problèmes. Il ajoute que Mme Winter a délibérément fait venir Jill dans l’espoir que Tom s’intéresse à elle et qu’ainsi, il quitte l’église. 

Chester n’en croit pas un mot. À sa décharge, il est en effet bien difficile de croire à une telle chose, même si elle est vraie. 

Quant à Michael, il dit au juge qu’en tant qu’oncle naturel du bébé, il peut la prendre en charge et subvenir à ses besoins. Le juge lui demande d’être lucide : c’est un médecin célibataire qui travaille énormément, il ne pourra pas s’occuper de Kelly. 

Le juge décide donc de retirer provisoirement la garde de Kelly à Jill. Michael proteste, il connaît Jill depuis qu’elle est arrivée à Peyton Place, et il sait qu’elle aime son enfant. 

— L’amour ne suffit pas toujours, docteur Rossi. Il faut aussi que l’enfant puisse avoir une stabilité dans la vie, des repères. Et pour l’instant, Jill Smith est incapable de lui procurer cela.

Il demande à Mme Thomas de faire entrer Jill. Elle entre, portant le bébé dans les bras. Norman et Rita entrent avec elle. Il est entendu que le bébé est donné temporairement à la garde de Norman et Rita. Comme tout se passe bien avec eux, il est inutile que l’enfant se retrouve en foyer d’accueil. 

Rita interroge Jill du regard. Jill lui dit que tout va bien et  lui tend le bébé. Puis elle tourne les talons, s’enfuit du bureau du juge. Michael et Mme Thomas la suivent. Jill court se réfugier dans une pièce où elle s’enferme à clé.


Épisode 459

lundi 9 septembre 1968

Pour une nuit 

Depuis quelques temps maintenant, Carolyn Russell a accepté le fait que sa mère soit divorcée et libre de reprendre sa vie en main. Mais ce soir, Carolyn voit exactement ce que cette liberté signifie. Le fait que sa mère et le Dr Rossi sont des adultes mûrs n’inquiète pas Carolyn outre mesure. Elle voit seulement en la trahison de sa mère un possible modèle pour elle-même.

À l’extérieur du Shoreline. Carolyn sort du bâtiment et voit sa mère et le Dr Rossi s’étreindre tendrement.


Jeff rejoint Carolyn en courant. Il lui demande ce qu’il se passe et pourquoi elle est sortie du Shoreline. Il voudrait savoir s’il y a un problème avec sa mère. Carolyn lui demande de la laisser tranquille. Il lui dit qu’elle n’est pas très sympa avec lui. 

— Le Shoreline m’ennuie, la musique m’ennuie et toi tu es le garçon le plus ennuyeux de la terre. Je parie qu’ils te débranchent toutes les nuits après avoir débranché le piano électrique. 

Pris d’une impulsion, Jeffrey embrasse Carolyn. Elle se laisse faire. Il lui demande de rester. Il a encore quelques morceaux à jouer et ensuite, le groupe va à la plage. Elle accepte. 

Il s’embrasse de nouveau et Carolyn passe ses bras autour de son cou.


Rita va voir Steven à la demeure Peyton. Elle commence à discourir sur la façon dont « ils » ont enlevé le bébé à Jill. 

— Que s’est-il passé ? s’enquiert l’avocat. 

— Je ne sais pas, elle a dû vouloir s’enfuir. Tu dois faire quelque chose. 

Elle est très énervée et Steven lui demande dans un premier temps de se calmer et de parler rationnellement des faits. Il mentionne le fait qu’il était l’avocat dans le procès pour la garde du bébé et ne comprend pas pourquoi Jill ne l’a pas appelé. Rita pense qu’elle a peur. 

— Tu es le seul qui puisse l’aider, implore Rita.

— J’admire ta loyauté envers elle, j’aurais aimé la même chose pour moi.

— S’il te plaît, aide-la.

— J’ai peur de ne pas pouvoir.

Steven commence à vouloir parler de Rodney. Il lui montre une revue qu’il a lue et il lui dit que le processus peut prendre du temps, mais l’espoir de guérison est réel.

Mais Rita, telle une obsession, revient sans cesse sur le cas de Jill et de la petite Kelly. Il lui dit qu’il ira au tribunal demain matin, mais elle insiste pour qu’il vienne ce soir.

— Pourquoi es-tu si concernée par cette histoire, et si bouleversée ?

— Je l’aime bien. Je me sens triste pour elle. Je ne supporterais pas qu’elle perde le bébé. 

Steven comprend qu’elle fait référence à la perte de son propre bébé. 

— Dois-je te supplier ? 

— Non, c’est d’accord. 

Rita le remercie chaleureusement. 

— Tu sais, après tout ce qui s’est passé, je ne déteste pas les Harrington, dit-il.

Elle hoche la tête en souriant.


Au magasin de motos, Rita va parler à Norman. Elle s’assoit sur une moto. Norman lui suggère d’aller dans le bureau et de s’étendre sur le canapé. Elle est beaucoup trop bouleversée et ce n’est pas bon pour elle. 

Elle informe Norman que Kelly est aux mains de l’assistance sociale. Elle pose ses bras autour de lui et lui dit qu’elle l’aime. Norman devine qu’elle a quelque chose à lui demander. 

Elle voudrait prendre le bébé pour cette nuit. Elle déteste savoir Kelly aux mains d’étrangers. Elle ne sait pas s’ils accepteront, mais elle pense que ça vaut le coup de demander. Norman est immédiatement d’accord. Rita lui montre sa reconnaissance. 


Mme Thomas, l’assistante sociale, sort du bureau du juge et retrouve Jill dans le couloir. Jill veut connaître la décision du juge. L’assistance sociale lui dit qu’il donnera sa réponse dans une demi-heure.

Elle veut parler tranquillement à Jill. Elle lui demande la vraie raison de son départ de chez les Winter. Jill ne veut pas la lui donner. Elle lui dit simplement qu’elle est adulte et que la justice se comporte avec elle comme si elle était mineure. Kelly est sa fille et elle doit être avec elle. 

Mme Thomas lui répond que ce n’est pas si simple que ça. Kelly ne peut pas passer son temps de bus en bus, sans savoir de quoi sera fait demain. Elle doit avoir un foyer stable. 

Steven se montre et demande s’il peut passer un moment avec sa cliente. Mme Thomas les informe qu’il y aura une audience dans la matinée. Jill est surprise de voir Steven. Elle ne lui fait pas confiance. Il lui dit qu’il est là pour l’aider, mais elle ne veut rien avoir à faire avec lui. 

Puis elle se calme et ils s’assoient sur un banc pour discuter plus amplement. Jill pense qu’elle a perdu, mais Steven essaie de lui redonner espoir en lui disant qu’il a suffisamment d’éléments pour gagner la partie. 

En effet, il est au courant de ce qui s’est passé chez les Winter puisque Susan lui a tout raconté. Il informe Jill que la femme du révérend a tout manigancé. Elle a fait venir Jill pour que Tom s’éprenne d’elle. Elle partait de la maison délibérément pour qu’il puisse rester seul avec la jeune fille. 

Jill n’en croit pas un mot. 

— Peut-être que je perds mon temps, dit-il. J’essaie de vous aider, mais peut-être que vous voulez vous débarrasser de votre bébé.

Elle s’approche de lui et le gifle. Puis elle va s’appuyer contre l’épaule d’une statue de Benjamin Franklin. Elle accepte finalement l’aide de l’avocat. 


Chez les Russell, Mike et Marsha se câlinent. Ils essaient de mieux se connaître en parlant de leur vie. 

Ils sont vraiment très amoureux. Michael dit qu’il n’a jamais ressenti cela auparavant. 


Steven et Mme Thomas sortent du tribunal. L’avocat a obtenu le droit pour Rita et Norman de prendre le bébé pour la nuit. Joe ne s’y est pas opposé. 

L’assistante sociale sourit en tendant le bébé à Rita, ainsi que ses affaires pour la nuit. Elle dit à Rita qu’il y a tout ce qu’il faut pour nourrir l’enfant ce soir et demain matin. 

Steven dit à Norman qu’il y aura une audience à dix heures ce matin.


Joe Rossi va voir Jill, qui se trouve dans une autre pièce du tribunal. Il lui parle durement. 

— Regarde quelle mère tu fais, vocifère-t-il. Tu n’as pas hésité à trimbaler la gamine dans tout le pays, à vouloir même la refiler à la famille Carson. Et tu te dis mère ?

Il pense que ce qui arrive est la faute de Jill, car il croit toujours que la jeune fille a une liaison avec le révérend Winter. 


À l’appartement, Norman et Rita jouent avec la petite Kelly. Ils sont prêts à aller la coucher. Norman a tourné le canapé contre le mur afin de faire une sorte de berceau pour Kelly.

Norman éteint les lumières. Kelly s’endort.


Épisode 458

mercredi 4 septembre 1968

Renoncement 

Un simple geste, celui d’un homme qui enlève un habit qui a dominé la vie du révérend Tom Winter. Le révérend a enlevé son col épiscopal. Maintenant, vêtu d’habits civils, il se tient en face de l’église de Boston où se trouve son supérieur hiérarchique. C’est le point de retour, l’endroit où Tom a découvert la compassion, la compréhension de l’autre. Mais aujourd’hui, dans l’esprit de Tom Winter, tout s’est envolé. 

Tom prend un taxi jusqu’à l’église de Boston.


À Boston, Tom Winter va voir son supérieur hiérarchique, le révérend Gates, et lui annonce sa démission. Il semblerait que Tom soit de religion luthérienne. 

Le révérend Gates veut des explications. Il ne comprend pas. 

— Lorsque vous êtes arrivé à Peyton Place il y a un an, vous débordiez d’enthousiasme, avec la volonté de faire de grandes choses. Que s’est-il passé ?

Voyant que Tom ne répond pas, le révérend lui demande si cela a à voir avec Susan. Il connaît son problème et il sait que c’est difficile à gérer pour un mari. 

— Je vais demander votre transfert, dit-il.

— Vous ne comprenez pas, révérend Gates. Je ne veux pas être transféré. Je veux quitter l’église. 

Le révérend lui dit qu’il n’est pas obligé d’accepter sa démission. Pour l’instant, il refuse de la lui donner. En tout état de cause, il veut des explications. 

— Je suis tombé amoureux d’une autre femme, avoue Tom. 

Gates est sous le choc. 

— Est-ce que Susan est au courant ?

— Oui. Mais cela n’a plus d’importance, je l’ai quittée.

Le révérend Gates lui demande de bien réfléchir à ce qu’il est en train de faire. Doit-il laisser sa femme et sa carrière d’homme d’église pour une jeune fille ?

— Jusqu’à ma prochaine décision, vous resterez pasteur de cette église. Vous allez continuer vos services comme si de rien n’était, ordonne Gates.

Tom ne l’entend pas de cette oreille.

— Vous feriez mieux d’assigner quelqu’un d’autre, Révérend, parce que je ne reviendrai pas.


À l’hôpital, le Dr Rossi s’occupe de Susan Winter. On lui a posé une perfusion. Sans doute devait-elle être déshydratée après toute l’absorption d’alcool. Il lui demande si elle a des nausées ou des vertiges. 

Elle n’a rien de tout ça. Elle est seulement malheureuse. Elle voudrait que Tom lui revienne. Elle regrette énormément ce qu’elle a fait. 

Elle lui demande s’il a des nouvelles de Tom. Elle ne veut pas retourner dans sa maison vide. Le médecin lui dit qu’il n’en a pas. Pas plus qu’il n’en a de Jill. Susan pense que Tom et Jill sont ensemble maintenant. Mike ne le croit pas. 

Avant qu’il ne parte, Susan lui fait promettre d’essayer de joindre Tom. 


Dans la salle de rééducation, la tête de Rodney est toujours supportée par une lanière au menton. Rodney est toujours dans la même position, couché sur le ventre. 

Le Dr Miles vérifie la sensibilité de ses membres. Il sent ses bras et ses épaules, mais pas le reste. Le médecin affirme que ça viendra, il faut être patient. Le Dr Rossi se joint à eux.

Ils parlent de la rééducation de Rodney et Miles lui dit qu’il a réussi à faire venir Maggie Stone, l’une des meilleures kinésithérapeutes du pays. Rossi est impressionné parce qu’il pensait qu’elle était surbookée jusqu’à l’année prochaine. 

Rodney ne veut pas d’elle. Miles lui dit qu’une rééducation est très importante, car elle va empêcher une atrophie de ses membres. 

— Prenez quelqu’un d’autre, s’il vous plaît. 

Mike fronce les sourcils. 

— Quel est le problème avec Maggie Stone ? s’enquiert-il. C’est la meilleure dans son domaine. C’est une vraie pro. 

— Elle va me faire penser à Betty. Et à tout ce que j’ai perdu.


Steven attend dans le bureau de Mike. Il regarde les radios. Michael arrive et salue Steven par un « Dr Cord » sarcastique. 

L’avocat demande des nouvelles de Rodney. Mike admet que Rodney fait de beaux progrès, mais pour Steven, ce n’est pas suffisant.

Il demande au médecin de lui prêter des livres médicaux qui traitent des blessures à la colonne vertébrale. Il veut tout connaître de la maladie de Rodney. Il pense que cela pourrait l’aider. 

— Donnez-moi des noms de livres et j’irai les chercher à la bibliothèque.

Mike lui dit que cela ne servira à rien. Un homme de loi n’est pas un médecin, il n’arrivera pas à analyser tous les problèmes liés à la colonne vertébrale. 

Steven insiste. Il déteste rester là sans rien faire. Connaître à fond le cas de Rodney pourrait l’aider à comprendre. Michael note sur un morceau de papier quelques références qu’il donne à Steven. Mais avant qu’il ne parte, le médecin se doit de le prévenir : 

— Je ne veux pas que vous tourniez autour de Rod. Je vais tout simplement mettre une pancarte « ne pas dépasser » à la porte de sa chambre rien que pour vous.


Dans le couloir du tribunal, Jill, portant Kelly, et entourée par deux policiers, se dirige vers Mme Thomas, l’assistante sociale. La police l’a repérée alors qu’elle était dans un bus. 

— Vous les avez laissés me faire sortir du bus comme si j’étais une vulgaire criminelle, reproche-t-elle à l’assistante sociale. 

Mme Thomas explique à Jill qu’elle doit leur laisser le bébé jusqu’à ce que le juge prenne une décision. C’est la loi. Et c’est dans son intérêt de coopérer. 

Elle lui prend le bébé des bras. Jill la laisse faire, sachant qu’il ne servirait à rien de protester. L’assistante sociale emmène Kelly dans une autre pièce. 

Jill est totalement désespérée. Rita est près d’elle. Elle lui dit qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’aider, elle et Kelly. Jill ne répond pas. Rita préfère la laisser seule.

Jill s’appuie contre un poteau et se met à pleurer.


Au Shoreline Cafe, qui ressemble de plus en plus à une salle de concert, Carolyn danse tandis que le groupe de Jeff joue une chanson pop. Marsha se laisse prendre au jeu et bouge sur sa chaise. Après la chanson, le groupe fait une pause et Jeff vient avec Carolyn à la table de Marsha. 

Marsha aime bien Jeff, cela se voit. Elle essaie également de donner l’impression qu’elle apprécie sa musique. Jeff retourne sur la scène préparer sa prochaine chanson, tandis que Mike arrive. Il salue Marsha, Carolyn, et le cavalier de Carolyn. 

Le couple ne reste pas. Ce genre d’endroit n’est plus de leur âge. Ils décident d’aller dîner au Colonial. Michael invite Carolyn à se joindre à eux, mais elle décline, préférant rester ici.

Carolyn s’aperçoit que sa mère a oublié ses gants et sort du Shoreline pour la rattraper. Elle observe sa mère et le Dr Rossi s’embrasser amoureusement avant de monter dans la voiture du médecin. 


Épisode 457

lundi 2 septembre 1968

Sentiments 

Pour la première fois depuis son accident de mobylette, Rodney Harrington a reçu la visite de Steven Cord. Et maintenant, la femme de Rodney, Betty, est partie en colère de l’hôpital pour affronter Steven. Elle sait que quelque chose est arrivé pendant les quelques minutes où Steven a vu son mari. Quelque chose a traversé l’esprit de Rodney. Et elle sait d’instinct que ce quelque chose pourrait mettre en péril son mariage.

Betty, le visage pourpre de colère sort de l’hôpital de Peyton Place et descend la rue en direction du square. Elle tourne à droite au coin et entre dans le bâtiment de la banque, référencée aussi comme Chambre de Commerce et où se trouvent les bureaux de l’agence d’assurances Amos Barkley et les bureaux de l’avocat Steven Cord.


Dans le bureau de Steven, Betty accuse ce dernier d’empoisonner l’esprit de Rodney par des inepties. En effet, Steven a donné à Rodney l’impression que Betty et l’avocat étaient partis en voiture pour faire une agréable promenade. Rodney ne savait même pas qu’elle était dans la voiture qui l’a percuté. 

Steven lui dit qu’elle a tort de penser ça. Il lui rappelle qu’il est venu la voir avant son mariage pour lui souhaiter bonne chance. 

— Je te connais Steven, tout ce que tu fais est toujours dans ton intérêt. 

— Je voulais savoir comment allait Rodney, c’est la seule raison pour laquelle je suis allé le voir. Tu dois me croire.

— Arrête de répandre ton poison dans nos vies !

Elle s’en va, toujours aussi en colère.


Susan conduit sa voiture en état d’ivresse. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle met en danger sa vie et celle des autres. Sur Glover Street, elle manque de renverser un piéton. Elle arrive dans la rue de l’hôpital et freine un coup sec devant l’entrée, renversant une pancarte où il est inscrit : « Place réservée aux médecins ». 

Elle sort du véhicule et titube jusqu’à l’entrée de l’établissement. Un infirmier sort au même moment et l’on s’étonne qu’il ne voie pas le panneau défoncé. 

Susan entre au bureau des renseignements et fait son show.  Mlle Choate la fait s’asseoir et s’occupe d’elle. La caméra se substitue à ce que voit Susan, avec pour effet un balancement de gauche à droite afin de nous faire comprendre que Susan est ivre. 

Pendant que l’infirmière en chef est allée voir le Dr Rossi pour l’avertir, Susan est à moitié couchée sur un canapé et ennuie une dame avec un enfant d’une dizaine d’années. 

Michael arrive et emmène Susan dans son bureau. Il la couche sur le canapé et lui pose des questions, à savoir depuis quand elle boit et si elle s’est évanouie. Elle lui répond qu’elle boit depuis trois jours et trois nuits sans arrêt et qu’elle ne se rappelle plus si elle s’est évanouie. 

Mike lui dit qu’elle met sa vie en danger et qu’elle doit admettre avoir un problème avec l’alcool. Elle est en train de s’autodétruire. Il veut savoir si elle a mangé récemment, et elle avoue que non.

Il se dirige vers le téléphone et appelle Mlle Choate pour qu’elle s’occupe de l’admission de Susan. Elle va rester au moins une nuit ici. En plaisantant, Susan dit qu’elle veut une chambre avec vue sur la mer.

Il lui demande où est Tom et Susan avoue qu’elle ne sait pas. Il est parti et a sans doute quitté les ordres. 


Au tribunal, le sergent de police William Wilson Walker et Mme Thomas questionnent Joe Rossi. Selon l’assistante sociale, Joe est immoral. Elle est sûre qu’il sait où Jill se cache.

— Allez, cessez d’aboyer, chérie. 

— Ne m’appelez pas « chérie » ! vocifère-t-elle. Où est Kelly ?

— Je ne sais pas. Lorsque le juge a fixé la pension alimentaire, il ne m’a pas dit de changer ses couches.

Joe appelle Jill par son vrai nom de famille : McCormick. Il parle de New York et de comment il l’a rencontrée.

Mme Thomas lui reproche de n’avoir rien fait pour prendre soin de Kelly et Joe se défend en lui disant que Jill ne lui a laissé aucune chance. 


À la maison de la plage, le Dr Rossi et Marsha trinquent à eux et s’embrassent. Ils parlent chacun de leur vie. Marsha avoue que grâce à lui, elle se sent revivre. 

Mike se demande comment Carolyn va prendre le fait qu’ils sont ensemble. Marsha rit et dit que c’est déjà fait. Carolyn lui a posé des questions à leur sujet. 

Michael tient beaucoup à leur relation. Cependant, il veut qu’elle se sente libre, et dit que c’est à elle de fixer les règles de leur relation.

— Je ne veux pas me sentir libre, dit-elle.


Jeff est dans le kiosque à musique et Carolyn se dirige vers lui. 

— Tu es en retard, lui reproche le jeune homme. 

Elle met ses lunettes et il lui demande de les enlever parce qu’elle a l’air ridicule avec. Elle lui dit qu’elles lui sont indispensables pour lire. 

Il veut savoir ce qu’elle ressent pour Joe Rossi. Et si elle compte encore le fréquenter. Elle avoue qu’il est physiquement attirant, mais qu’elle ne sortira plus avec lui. 

En réalité, elle avait voulu ennuyer sa mère parce qu’elle a divorcé de son père, et elle pensait que sortir avec un voyou comme Joe la ferait souffrir, mais elle a abandonné l’idée. 

Carolyn voit que Jeff est troublé, une preuve qu’il tient à elle, et pas seulement comme amie.


Mike et Marsha dînent au Colonial Post Inn tandis que Joe se dirige vers leur table. Il veut parler à Mike et dit que c’est important. Le médecin lui répond qu’ils se verront à la maison tout à l’heure, mais il insiste. Marsha dit qu’elle est d’accord pour attendre et que Mike ferait mieux de savoir ce que Joe veut. 

Michael se lève et emmène Joe à l’écart. Joe raconte que les flics l’ont interrogé longuement. Ils pensent qu’il sait où se trouvent Jill et le bébé. 

Joe pense que Mike a poussé Jill à accepter la place chez les Winter. Il le lui reproche. Ce qui est arrivé à Jill est sa faute, selon lui. 

Il s’en va, en colère.


Épisode 456

jeudi 22 août 1968

Une visite indésirable 

Pour la première fois depuis que Rodney Harrington a failli mourir de ses blessures après son accident de mobylette, sa femme Betty a des raisons de se réjouir. La paralysie complète qui a suivi l’opération de son mari s’est estompée, certes doucement, mais soudain Betty a repris goût à la vie.

Betty traverse le square jusqu’à l’hôpital.


— Serrez ma main, demande le Dr Miles. 

Rodney fait une grimace : 

— Je ne peux pas. 

Betty et Norman entrent dans la chambre rendre visite à Rodney. Michael est là également. 

Miles s’adresse à Rodney. Il pense qu’il pourra remarcher. Cependant, tout va dépendre de lui et de sa volonté. Il lui demande de ne pas baisser les bras, de se battre et de travailler dur sa rééducation. Miles et Rossi s’en vont.

Betty s’approche de son mari avec un grand sourire. Elle a confiance. Elle sait que tout ira bien. Le Dr Miles est confiant lui aussi. 

— Tu as entendu ce qu’il a dit ?

— J’ai aussi entendu qu’il n’y avait pas de garantie. Je pourrais être le plus âgé des hommes dans cette ville qui sentira partiellement sa main gauche, mais qui ne sentira plus rien du reste de son corps.

— Rod, tu dois garder espoir, et te battre. 

Mais Rodney semble avoir retenu de la visite du médecin qu’il n’y avait pas de garantie à ce qu’il retrouve l’usage de ses membres. 


Chez les Russell, Carolyn écoute de la musique dans le séjour. Marsha entre et la jeune fille éteint l’électrophone pour lui parler. 

Elle demande à brûle-pourpoint à Marsha si elle a une aventure avec le Dr Rossi. Elle a en effet remarqué que sa mère est rentrée très tard la nuit dernière. 

— Tu n’es pas revenue à la maison avant 3 heures du matin. Mais si jamais je reviens ne serait-ce que 15 minutes après mon couvre-feu, rien ne va plus.

Elle demande pourquoi il y a deux règlements. La réponse de Marsha est simple : Carolyn n’est encore qu’une adolescente. 

La jeune fille lui demande comment l’on sait qu’une personne qu’on fréquente est la bonne personne. Marsha lui dit que c’est une question de sentiments. Carolyn fixe sa mère d’un regard mauvais.

— Donc, pour le Dr Rossi, tu sais que c’est la bonne personne pour toi, mais pour Joe, tu penses que ce n’est pas la bonne pour moi. Qu’est-ce qui peut te rendre si sûre de ça ?

Excédée, elle s’en va en disant qu’elle va faire un tour.


Jill marche le long du quai jusqu’à la taverne d’Ada Jacks. Elle entre par la porte principale, passe devant deux clients, et se rend dans l’arrière-boutique. Ada est au bar servant des clients. 

Jill découvre Mme Thomas tenant Kelly dans ses bras. Elle lui prend le bébé. L’assistante sociale l’informe que c’est le Dr Rossi qui l’a prévenue qu’elle avait quitté la maison des Winter. Elle aurait préféré que Jill en personne l’en informe. 

Elle demande à Jill si son départ de chez les Winter est définitif.

— Vous avez parlé au Dr Rossi. Vous connaissez donc toutes les réponses, lui dit Jill, sur la défensive. 

Mme Thomas lui dit qu’elle n’est pas son ennemie. Elle est là pour le bien-être de Kelly.

— Pourquoi vous ne nous laissez pas tranquilles ? dit Jill d’une voix lasse. Kelly est mon bébé, je sais m’occuper d’elle.

— Avec deux emplois à temps plein ? Comment pensez-vous pouvoir vous en sortir ?

— J’aime ma fille.

— Parfois, ce n’est pas suffisant, Jill.

Mme Thomas l’informe qu’en attendant que la situation de Jill s’améliore, elle va devoir placer Kelly dans un foyer. Elle insiste bien pour lui dire que c’est provisoire. Jill opine. 

L’assistante sociale propose à Jill de téléphoner au Dr Markham (pas le Dr Markham présent dans les premiers épisodes et qui se trouve maintenant au Pérou) à l’hôpital afin qu’il examine la petite, pour s’assurer qu’elle va bien. Jill accepte et lui dit qu’il y a un téléphone à la taverne. 

Mme Markham se rend dans la salle de la taverne et appelle l’hôpital. Ada s’approche d’elle. Au téléphone, l’assistante sociale demande au médecin s’il peut voir un bébé cet après-midi pour un examen. Le Dr Markham est le pédiatre de l’hôpital. Il lui dit qu’il a un créneau disponible cet après-midi. 

Après avoir raccroché, Mme Thomas va dire à Ada que Jill est d’accord pour qu’on place Kelly dans un foyer temporairement. Elle retourne dans l’arrière-boutique, suivie par Ada, et découvre que Jill est partie. Ennuyée, Mme Thomas demande à utiliser une nouvelle fois le téléphone. Ada y consent.

— Elle n’a pas pu aller bien loin, dit Ada.

— Non, mais elle est allée trop loin, répond l’assistante.


À l’hôpital, dans la salle de rééducation, Betty et Steven viennent rendre visite à Rodney. Steven lui dit que c’est bien que la sensation lui soit revenue dans la main gauche. Il explique à Rodney pourquoi Betty se trouvait dans la voiture avec lui au moment de l’accident. Rodney n’était même pas au courant que Betty était avec lui. 

Steven est surtout venu lui dire que l’accident n’est pas sa faute et Rodney comprend qu’il est là uniquement pour se dédouaner. En colère, il demande à son demi-frère de sortir. Steven s’exécute. 

Betty essaie de convaincre Rodney qu’il ne s’est rien passé entre eux. Steven a insisté pour l’emmener en voiture parce qu’il avait un document important a montrer à elle, Rodney et Norman. 

— Tu aurais dû refuser, lui reproche Rodney.

Steven a toujours des vues sur elle, c’est indéniable, mais elle jure que ce jour-là, ce n’était pas le cas. 

— Tu aurais dû dire non, répète Rodney.


Chez les Winter, Susan est au bureau de Tom, en train de parler au téléphone. Elle se renseigne pour savoir si quelqu’un a vu Tom. 

C’est à ce moment que Tom arrive, monte à l’étage et commence à faire ses valises. Susan le suit et lui dit qu’elle s’est demandé toute la nuit où il pouvait bien être. Il enlève son col romain. Il dit à Susan qu’il a découvert que Jill était chez Ada Jacks. Jill va bien, tout va bien, le bébé va bien. 

Susan lui dit qu’elle est prête à faire table rase du passé, et aimerait qu’ils  repartent sur de bonnes bases. Elle l’aime et ne veut pas qu’il la quitte. Tom l’interrompt et lui dit que c’est fini, elle a gagné. Susan ne baisse pas les bras pour autant. 

— Dis-moi ce qui s’est passé hier soir. Je t’ai toujours dit la vérité. Je ne t’ai jamais menti à propos de mon problème d’alcool. Ne te renferme pas. Parle-moi. Dis-moi ce qui s’est passé hier soir. 

Tom ne répond pas et s’en va, laissant Susan désespérée. 


Épisode 455

lundi 19 août 1968

Incontrôlable 

Le révérend Tom Winter a servi sa congrégation avec toute sa foi depuis qu’il est arrivé à Peyton Place, voilà un an. Mais le Tom Winter dans la chapelle, à l’hôpital, dans des maisons de santé ; et le Tom Winter qui se surprend à marcher vers la taverne d’Ada Jacks sont deux différentes personnes.

Tom Winter quitte le Shoreline Cafe. Il voit Jill et l’observe. Elle rentre par l’arrière de la taverne. 


Tom s’approche du porche et frappe plusieurs coups à la porte. Finalement, Jill ouvre. Quand elle le voit, elle veut refermer la porte, mais il l’en empêche. Il entre dans la maison.

Il veut savoir comment elle va, et aussi comment va Kelly. Il s’est beaucoup inquiété pour elles. Il lui dit qu’elle a besoin de lui, comme lui a besoin d’elle. 

Jill ne veut rien entendre. Elle lui répond que c’est sa femme qui a besoin de lui, pas Jill. Le révérend affirme qu’il n’y a plus rien entre Susan et lui. Il veut qu’elle revienne. Ils peuvent construire une vie ensemble. Jill se détourne de son regard implorant :

— Je ne peux pas revenir. 

— Pensez à Kelly, vous risquez de perdre sa garde si vous ne revenez pas. Nous serons heureux tous les trois.

— Je ne vous aime pas. Pas de la façon dont vous m’aimez. 

Elle lui demande de la laisser tranquille une bonne fois pour toutes. Dépité, Tom fait volteface et s’en va, avec l’impression d’avoir tout le malheur du monde sur ses épaules. 


C’est dimanche aujourd’hui. À la chapelle, les Peytoniens sont réunis pour l’Office célébré par le révérend Winter. L’organiste joue un morceau au piano en attendant l’arrivée de l’homme d’Église. 

Eli est assis à côté de Rita et la remercie de l’avoir traîné ici. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas assisté à un Office. Rita lui demande de prier pour Rodney. Lorsqu’il lui demande de ses nouvelles, elle lui dit qu’il a la tête maintenue dans un appareillage effrayant, et qu’il est paralysé des jambes et des bras. Cependant, les médecins disent qu’il se pourrait qu’il retrouve l’usage de ses membres. 

Pour Eli, Rodney est en vie, c’est ce qui compte. C’est un jeune homme vigoureux et en bonne santé. Cela devrait compter pour sa guérison. Ils ne doivent pas perdre espoir. Rodney est bien entouré, par des gens qui l’aiment, et ça aussi fera beaucoup pour sa guérison. 

Ce dont Rita a peur, c’est de l’impatience du jeune homme. S’il retrouve l’usage de ses membres, ce ne sera pas avant longtemps, et le processus est très lent. Elle a peur qu’il perdre patience. Elle veut en parler du révérend après l’Office. S’il a pu aider Norman et elle, il pourra aider à coup sûr Rodney.

En parlant de perdre patience, Eli commence à trouver le temps long. L’organiste a fini son morceau, et ne voyant pas venir le révérend, en débute un autre. 

Eli se demande ce qui est arrivé à Tom. Il se lève du banc et va voir Mme Winter, dans le salon privé du couple. Susan est assise dans le canapé, en train de lire un magazine. Dans une main, elle a un verre d’alcool et de l’autre une cigarette. Ce n’est pas vraiment l’image que l’on se fait de la femme d’un révérend.

Eli lui demande si le Révérend est souffrant. 

— Oui, il est souffrant, remarque Susan. 

Mais elle ne fait pas d’autre commentaire. Elle se garde bien de lui dire pourquoi Tom n’est pas là. Eli insiste sur le fait que les paroissiens ont le droit de savoir pourquoi leur révérend n’est pas ici. Susan finit par admettre qu’elle ne sait pas où est Tom. Elle lui dit qu’il est probablement en train de courir après Jill Smith.

Eli lui rappelle que son devoir, en tant qu’épouse du révérend, est d’aller voir les paroissiens pour leur dire que l’Office ne pourra pas avoir lieu. 

— Vous avez raison, lui dit Susan.

Elle arrive devant la congrégation pour excuser son mari qui n’est pas là. Elle le fait remarquablement bien, et avec un brin d’humour apprécié par les paroissiens. L’excuse qu’elle prend pour justifier l’absence de son mari est qu’il souffre d’une sévère laryngite. Elle demande aux paroissiens de rester encore cinq minutes afin de prier et de méditer, et leur souhaite un bon dimanche.


À l’hôpital, Norman va voir Rodney. Il se force à être joyeux et positif, en lui disant qu’il vient lui faire un rapport détaillé sur leur business. 

— Laisse tomber, murmure Rodney.

Norman poursuit avec sa touche d’humour habituelle. Il lui dit qu’ils deviennent les rois de la moto, car il en a vendu deux en une seule journée. 

— Norm, laisse tomber, répète Rodney.

Il n’a pas envie d’en entendre davantage. Norman heurte accidentellement avec sa main le lit et Rodney lui dit qu’il a ressenti une secousse au niveau de sa main gauche. Il ne plaisante pas, il a vraiment senti quelque chose. 

Norman appelle le Dr Miles, qui est de garde ce dimanche. Le médecin l’examine. Rodney est déçu, car il sent seulement sa main gauche, et pas le reste de son corps. Cependant, Miles lui dit que c’est un signe encourageant. 

Norman téléphone immédiatement à Betty pour lui annoncer la bonne nouvelle.

Chez Rodney et Betty, le téléphone sonne et Betty répond, qui avait déjà ouvert la porte d’entrée pour partir, la referme et va répondre. Norman lui dit qu’il a une bonne nouvelle et tient le combiné à Rodney pour que ce soit lui qui lui annonce la nouvelle. Il lui raconte qu’il a légèrement bougé la main gauche. 

Betty est contente et voit là un signe de guérison. Elle lui dit que tout va bien se passer, et qu’elle arrive immédiatement. Elle raccroche et quitte la maison.


Steven Cord est venu travailler à son bureau en ce dimanche matin. Il aime bien se rendre au travail le dimanche : personne pour l’interrompre, le bâtiment est vide et pas d’appels téléphoniques intempestifs. Il peut donc bien se consacrer à son travail. 

C’est compter sans Susan Winter qui débarque à l’improviste, ayant vu sa voiture garée le long du trottoir.

Elle est venue pour lui dire que son mari, Tom, est en train de perdre pied. Il pourchasse Jill dans toute la ville. Elle s’inquiète énormément, tant pour lui que pour son mariage. 

Le téléphone sonne. C’est Norman qui l’informe que Rodney bouge la main gauche. Il remercie son demi-frère de l’avoir tenu au courant et raccroche. Pour Steven, plus rien ne compte que cette information, au point que Susan s’en va sans même qu’il s’en aperçoive. 


Joe parvient à la porte d’entrée de la maison de la plage et l’ouvre. Jill se trouve en face de lui. Elle cherche le Dr Rossi. On lui a dit à l’hôpital qu’il est ici. 

Joe lui demande si son prince charmant l’a trouvée. Il a remué ciel et terre pour elle. Jill n’est pas d’humeur et lui demande une nouvelle fois si Mike est là. 

Le médecin arrive et Jill demande à lui parler en tête-à-tête. Joe  refuse de partir. Il dit que si cela concerne Kelly, alors il a le droit d’être là. 

Jill s’énerve après Joe qui insiste. Michael demande à son frère d’aller faire un tour, lui promettant de ne pas parler de Kelly derrière son dos. Il leur donne cinq minutes et va dehors.

Mike offre une tasse de café à Jill. Kelly est à la taverne où Ada s’occupe d’elle. Tom Winter court après Jill et elle a besoin d’un endroit sûr pour rester. La taverne n’est pas forcément le meilleur endroit. Mme Thomas est sur son dossier, et elle n’a pas droit à l’erreur. Le médecin dit qu’il va parler à l’assistante sociale et lui expliquer la situation dans laquelle se trouve la jeune femme. Mais Jill ne veut pas prévenir le bureau d’assistance sociale à propos de Tom.

— Pourquoi ? lui demande Michael. Vous êtes une victime. 

— Mme Thomas ne verra pas cela comme ça. Le révérend Winter est très apprécié. 

Michael lui dit qu’elle ne doit pas avoir peur de Tom. Mais Jill n’est pas de cet avis. Joe revient. 

— Les cinq minutes sont passées, claironne-t-il. 

Excédée par son comportement, Jill s’en va. 

Le Dr Rossi dit à son frère qu’il existe un moyen pour qu’il conserve son droit parental : c’est que Joe et Jill se remettent ensemble. Joe ne l’envisage pas, disant que Jill la déteste. 

Mike lui dit qu’une réconciliation serait dans l’intérêt du bébé. Il appartient à Joe de prendre ses responsabilités de père. 

Joe secoue la tête.  

— Comment pourrais-je me remettre avec elle ? Elle est impossible. Vraiment impossible !


Épisode 454

jeudi 15 août 1968

À la recherche de Jill 

Le révérend Tom Winter est à la recherche de Jill depuis quelques heures maintenant. Il n’a trouvé aucune trace de la fille. Jill a apparemment quitté la maison avec son bébé durant la nuit. Il apparaît évident à Tom que Jill est partie à cause de lui. À cause de l’intense pression qu’il a exercée sur elle. Il a été incapable de contrôler ses sentiments pour elle. Actuellement, Tom fait face à une crise. Sa maison, son église, sa légitimité à servir Dieu. La fille qui le trouble tant se trouve quelque part. Tom Winter sait qu’il doit faire un choix.

Tom marche le long de Glover Street, passe devant le drugstore, puis devant le pilori, traverse la rue jusqu’à l’hôpital de Peyton Place. Il entre à l’intérieur du bâtiment.


Tom se rend au bureau des renseignements à la réception de l’hôpital. Mlle Choate lui tend plusieurs messages à son attention. Il lui dit qu’il veut parler au Dr Rossi immédiatement. Elle appelle le Dr Rossi et Tom lui attrape le téléphone des mains. Il dit au médecin qu’il doit le voir tout de suite. 

Lorsque Tom fait irruption dans le bureau de Mike, ce dernier crie après quelqu’un au téléphone. Il dit qu’il n’a pas besoin de rappeler que Rodney est dans un état critique, et que seule sa famille proche peut lui rendre visite : sa femme, son père, son frère et sa belle-sœur. 

Une fois qu’il raccroche, Tom lui demande des nouvelles de Rodney, en guise d’introduction. Le médecin l’informe qu’il n’y a pas de changement. 

Puis Tom en vient au sujet qui l’intéresse vraiment : où est Jill ? 

— Je ne l’ai pas vue depuis plusieurs jours, affirme le médecin. 

Tom insiste :

— Mike, si vous savez où elle est, vous devez me le dire. Je n’ai aucune idée d’où elle est ni ce qu’elle fait. J’ai pensé que vous ou votre frère pouvez m’aider. 

— Joe ne sait pas où elle est. 

— C’est le père de Kelly. Jill est peut-être avec lui.

Mike insiste sur le fait que Joe ne doit pas savoir où se trouve la jeune femme. Pourtant, Tom veut aller le voir sur les docks où il travaille. 

Le Dr Rossi le retient. Il veut savoir pourquoi Jill est partie. Est-ce à cause du problème d’alcool avec Susan ? À moins que ce ne soit à cause de lui.  Mike lui avoue qu’elle est venue lui parler il y a quelques jours afin de lui rapporter ses craintes sur les sentiments du révérend à son égard. 

Tom ne nie pas qu’il a des sentiments pour Jill. 

— Je ne peux pas y croire, murmure le médecin. 

— C’est arrivé, soupire le révérend. 

— Comment avez-vous pu laisser ceci arriver ? Est-ce que Susan est au courant ?

— Oui, je pense qu’elle l’est. 

— Êtes-vous amoureux de Jill ?

— Je ne sais pas. 

— Que ressentez-vous vraiment pour elle ? De la compassion ?

— Oui. 

— De l’attirance ?

— Oui. 

— De l’attention  ?

— Oui. 

— Dévotion ?

— Oui.

— Du désir ! hurle Mike. 

— Oui ! Oui ! Oui !

Michael est atterré. 

— Est-ce que vous pensez à tout ce pour quoi vous avez travaillé ? Tout ce en quoi vous croyez ?

Tom est désemparé. Mike lui conseille de rentrer à la maison, auprès de sa femme. 

— Je ne peux pas…

Le médecin est choqué. 

— Je ne vous laisserai pas faire. 

— Comment voulez-vous m’arrêter alors que je ne peux pas m’arrêter moi-même ?

Tom s’en va. 


Betty descend les escaliers de sa nouvelle maison, une ancienne grange près du Shoreline, en portant une plante. Elle ouvre la porte. Leslie se trouve devant elle. Il est venu lui dire au revoir. Un taxi l’attend. Il quitte Peyton Place maintenant qu’il sait Rodney hors de danger. Il note le fait que la maison de Betty et Rodney est une ancienne grange. 

— Tu dois trouver cela pittoresque, lui dit-il. 

Ils parlent de Rodney. Il veut savoir si Betty va s’occuper de son mari paralysé. Betty lui assure qu’il remarchera un jour. Elle y veillera. 

— Je m’en occuperai comme personne d’autre ne pourra le faire.

— Si Rita le dit, je la crois. En revanche, pour toi, je ne sais pas. Mais je te préviens Betty, ne fais jamais défaut à mon fils.

Leslie lui demande pourquoi elle était dans la voiture avec Steven. 

— Ce n’est pas ce que vous croyez, proteste-t-elle. 

— Alors, dis-moi.

— Steven était venu au magasin avec un document qu’il voulait absolument montrer à Rodney. 

— Quel document ?

— Je ne sais pas. 

— Tu ne sais pas ce que contenait ce document ?

— Non. Mais Steven a dit que c’était très important. Que ça pouvait changer tout. Alors je suis allé avec lui à la rencontre de Rodney. 

La réponse de Betty ne satisfait pas Leslie. En revanche, il sait que Betty ignore le contenu du document, et cela doit le rassurer. Il lui dit qu’il ne lui fait pas confiance. Steven et elle sont de la même veine : ils sont tous les deux ambitieux. 

— Sortez d’ici ! hurle Betty.

Leslie ne se fait pas prier. Il s’en va. 


Dans son bureau, le Dr Rossi commence à composer un numéro de téléphone, puis se ravise. Marsha frappe à la porte et entre. Il lui dit qu’il voulait justement l’appeler. 

Marsha avait espéré qu’il le fasse plus tôt. Michael lui rappelle l’accident de Rodney. Ils parlent de Rodney et Marsha se souvient qu’il avait gagné un baptême de l’air au cours d’un jeu. C’était il y a cinq ans. Mike lui dit qu’il s’en souvient. Il venait d’arriver à Peyton Place.

— Mike, quand je vous ai dit que je voulais prendre mon temps, je ne le pensais pas. L’accident de Rodney m’a fait penser que la vie est courte. Hier est passé et demain est incertain. Je veux pouvoir vivre l’instant présent. 

Michael est heureux de l’entendre. Ils s’embrassent tendrement, puis passionnément. 

— Tu as faim ? demande le médecin. On pourrait aller manger un morceau quelque part. 

— J’ai une meilleure idée, sourit malicieusement Marsha.


Au Cider Barrel, Tom est assis au comptoir. Susan arrive et quand il la voit, il l’entraîne au fond de la salle pour parler. 

Elle lui demande s’il a retrouvé Jill. Il répond que non. Elle se propose de l’aider à la trouver. Chacun de leur côté pourrait enquêter, et ensuite confronter leurs indices. Elle parle de ça comme d’un jeu. 

Tom lui demande de rentrer à la maison. Lui reste en ville tant qu’il n’aura pas trouvé Jill. Il a encore un espoir en la personne de Joe Rossi. 

— Oh oui ! Il l’a kidnappée et maintenant il la séquestre dans une cave sombre, plaisante Susan.

Tom lui demande d’arrêter de prendre tout à la légère et de plaisanter quand la situation ne s’y prête pas. Encore une fois, il lui demande de rentrer à la maison. Elle s’en va. 


À la taverne d’Ada Jacks, un jeune homme répondant au prénom d’Andy danse sur une piste de danse imaginaire. Ada lui demande formellement de ne pas danser. Andy lui répond que c’est parce que ses pieds sont endormis. En riant, Ada lui dit que ses pieds à elle la démangent. 

Tom entre et demande à parler en privé à Ada. Cette dernière est surprise de le voir ici. C’est la première fois que l’homme d’Église met les pieds dans sa taverne. Ils s’assoient à une table.

Tom lui dit que Jill a disparu. Il l’a cherchée partout, sans succès. Ada lui assure que Jill peut se prendre en main elle-même. Tom pense qu’elle pourrait être avec Joe Rossi. Ada conseille à Tom de rentrer chez lui. Tom la remercie et s’en va, en disant qu’il va revenir.

Ada se rend à l’arrière-boutique pour retrouver Jill, assise dans le canapé. 

La jeune fille la remercie de l’héberger pour cette nuit, et promet de partir demain. Ada lui dit que rien ne presse et qu’elle est là pour l’aider. Elle peut rester ici autant qu’elle le souhaite. Elle va jeter un œil bienveillant sur Kelly, endormie dans l’ancienne chambre de Rita.

Elle l’informe que Tom était ici. Elle peut alors voir la peur dans les yeux de la jeune fille. Elle la rassure, elle n’a pas dit au révérend qu’elle était ici. Tom Winter pense qu’elle est partie avec Joe Rossi. Ada retourne au bar où des clients l’attendent.


Tom descend une rue. Il s’arrête et s’appuie contre sa voiture, en face du Shoreline Dance Hall. Il entre au Shoreline où des adolescents dansent et Jeff joue avec son groupe. Il espère y trouver Jill. 

Il pense la voir danser avec Joe et l’appelle. 

— Jill !

La jeune fille blonde se retourne.

— Bonjour, révérend Winter. 

Ce n’est pas Jill. Joe danse avec une blonde, mais ce n’est pas non plus Jill. Joe dit à Tom : 

— Je sais qu’on marche sur les mêmes plates-bandes, mais je l’ai vue en premier. Et bien sûr, j’ai vu cette autre avant vous aussi. 

Tom insiste pour savoir où est Jill. Joe continue à railler Tom, le prenant pour un tombeur de filles blondes. N’en pouvant plus, le révérend frappe le jeune homme, puis s’en va. 

À l’extérieur du Shoreline Dance Hall and Cafe, Tom s’apprête à monter dans sa voiture quand il voit enfin Jill avec Kelly, sur le porche à l’arrière de la taverne. Il commence à courir après elle. 


Épisode 453

lundi 12 août 1968

Obsession  

Steven Cord a abandonné l’arme qu’il comptait utiliser contre Rodney Harrington. Cette arme était un reçu de 50.000 dollars signé par le père de Rodney et qui impliquait ce dernier dans une tentative d’assassinat sur la personne de Martin Peyton. Steven était déterminé à montrer ce reçu à Rodney à cause du conflit qui l’oppose à lui depuis qu’il a épousé son ex-femme, Betty. Maintenant, Rodney se bat contre la mort à l’hôpital de Peyton Place, victime d’un accident de mobylette. Un accident causé par Steven. Et il n’a plus aucun besoin d’avoir une arme contre Rodney. Ce dernier a suffisamment souffert, bien plus que ne le souhaitait Steven.

Steven se dirige vers l’hôpital. Il entre à l’intérieur du bâtiment, parle avec Mlle Choate dans le couloir, puis s’assoit sur un canapé. Il attend que l’infirmière parte pour se lever et entrer en radiologie où se trouvent les Drs Rossi et Miles.


Steven veut savoir comment va Rodney. Il plaide le fait qu’il est son demi-frère, et qu’il a donc le droit de connaître son état de santé. Michael et Harry restent évasifs. Ils ne connaissent pas encore l’ampleur des suites de l’opération.

Steven souhaite voir Rodney, mais les médecins s’y opposent formellement. Rodney ne doit pas s’énerver. Une contrariété risque d’augmenter sa pression sanguine et de provoquer des saignements au niveau du cerveau. Connaissant le passif entre Steven et Rodney, Michael juge préférable de ne pas accorder un droit de visite à l’avocat. 


Betty rentre chez elle pour trouver Rita travaillant à la cuisine. Abattue, Betty monte à l’étage. Rita lui apporte du café. Elle essaie de l’aider comme elle peut, mais Betty est vraiment déprimée. Elle ne se voit pas vivre sans Rodney.


Chez les Winter, Tom est assis sur le canapé et lit tandis que le téléphone se met à sonner. Il appelle Jill pour qu’elle décroche. Elle ne répond pas et c’est donc Tom qui se voit forcer de prendre l’appel. Personne n’est au bout du fil. Il raccroche et monte à l’étage voir Jill. Mais il découvre sa chambre vide. Jill est partie. 

Tom se précipite dans la chambre de Susan et lui demande où est Jill. Il accuse Susan d’avoir forcé Jill à partir. La femme du révérend lui dit qu’elle n’a rien à voir avec le départ de la jeune femme. Tom ne la croit pas. 

— Qui a-t-il ? crie Susan. Tu ne veux pas dire la vérité ? Tu m’accuses de chasser Jill de cette maison. Eh bien, ça ne te viendrait pas à l’esprit de penser qu’elle part à cause de toi ?

— Elle ne part pas à cause de moi.

— Oh, vraiment ? Pourquoi ne le voudrait-elle pas après qu’elle a découvert ce que tu voulais d’elle ?

Pour Susan, il est clair que Jill est partie parce qu’elle connaissait les intentions de Tom. Le révérend laisse sa femme pour partir à sa recherche.


Steven entre dans le magasin de mobylettes Harrington pour parler avec Norman. Il attend parce que son demi-frère termine une belle affaire. Après cela, Steven vient s’enquérir de l’état de santé de Rodney auprès de Norman. Ce dernier n’a pas envie de parler avec lui et lui demande de partir. 

Steven insiste. Norman lui demande alors pourquoi il était sur cette maudite route. L’avocat lui dit qu’il voulait lui montrer un document important, mais ne précise pas de quoi il s’agit. De toute façon, c’est Leslie qui maintenant détient ce document.

— Qu’est-ce que mon père a à voir dans cette histoire ? demande Norman. 

— Ça n’a plus d’importance. 

Il dit à Norman qu’il a le droit de connaître l’état de santé de Rodney. C’est son demi-frère, il fait partie de la famille.

— Quand j’ai offert mes services, tu as plaidé ma cause auprès de Rod, dit-il.

— Pourquoi est-ce que tu ne peux pas tout simplement nous laisser tranquilles, Steven ? Tout ce que tu touches porte malheur. La seule raison pour laquelle tu veux prendre part à notre business, c’est pour rester proche de Betty.


Tom arpente le quai, à la recherche de Jill. Il entre au Cider Barrel. Charlie le salue. Tom ne répond pas et regarde autour de lui, puis s’en va. 

Il va ensuite à la pension de famille et se heurte avec Eli, qui en sort. 

— Elle est ici ? s’enquiert l’homme d’Église.

— De qui parlez-vous, révérend ?

— De Jill. Elle est ici ?

— Elle n’a plus rien à faire ici. Elle habite avec vous désormais. 

Eli sent que Tom est fébrile et lui demande si Jill est partie de la maison. Tom avoue que oui. 

— Et Kelly ? demande Eli. 

— Elle l’a prise avec elle. 

— Pourquoi est-elle partie ?

— Un ridicule malentendu, dit Tom. 

Il demande à Eli de l’avertir si jamais il la voit. Puis il s’en va.


Au manoir Peyton, Steven se sert un verre. Il en tend un autre à Susan. Elle l’informe que Jill vient juste de partir de chez eux. Elle est malade de voir à quel point Tom s’est attaché à la jeune fille. Elle a peur pour lui, et aussi pour son couple. Cette fille lui fait perdre la tête.

Steven lui rappelle qu’il n’est pas en mesure d’écouter ses plaintes, et Susan se souvient de l’accident avec Rodney. Elle s’excuse. 

Elle a peur de perdre Tom. Steven lui dit qu’elle a joué et elle a perdu. Elle a réussi une partie de son plan, à savoir que Tom s’éloigne de son ministère. 

Susan ne pensait pas, alors, qu’il tomberait en pâmoison devant Jill. Elle pensait pouvoir le récupérer. Aujourd’hui, elle n’en est plus sûre.


Tom se rend à l’hôpital et croise Mlle Choate au bureau des renseignements. Elle lui donne ses messages et lui dit que Mme Newton veut le voir. 

Tom insiste pour parler avec le Dr Rossi. Mlle Choate lui dit que c’est impossible pour l’instant, car le Dr Rossi est occupé. Tom insiste pour qu’elle l’appelle. Il devient autoritaire avec l’infirmière en chef, qui consent finalement à prendre le téléphone pour appeler Michael. 

Tom lui prend le téléphone des mains, pour dire au médecin qu’il veut le voir immédiatement. Michael lui demande de venir à son bureau.

Tom s’arrête un instant devant la porte du bureau de Michael, respire profondément et entre.


Épisode 452

jeudi 1er août 1968

Les conseils du Dr Rossi 

La nuit dernière, Rodney Harrington a été admis d’urgence en chirurgie après son accident de mobylette. Aujourd’hui, les résultats de l’opération doivent être analysés et rapportés à la femme de Rodney, Betty.

Le Dr Rossi pose les radios sur l’écran lumineux.


Le Dr Rossi et le Dr Miles expliquent à Betty les conséquences de l’opération. Ils ont sauvé la vie de Rodney, mais il reste paralysé. 

— Il ne va pas mourir ? demande-t-elle à Rossi.

— Non, Betty, il ne va pas mourir.

— Vous en êtes sûr ?

— J’en suis sûr.

— Dieu merci !

Le Dr Miles explique à l’épouse de Rodney qu’ils ne savent pas s’il va recouvrir l’usage de ses bras et ses jambes. Rodney va devoir bientôt commencer des séances de kinésithérapie afin que ses muscles ne s’atrophient pas avec le temps. 

Il la prévient que la rééducation sera longue et compliquée. Rodney doit garder le moral pendant ce temps, c’est primordial à sa guérison. 

Elle demande à le voir. Les médecins acceptent et lui demandent de ne pas craquer devant lui.

En sortant du bureau de Michael, elle croise Steven, qui se lève de son fauteuil. Elle ne lui accorde qu’un regard méprisant avant de suivre le Dr Rossi dans la salle où se trouve Rodney.

Une infirmière prend le pouls de l’accidentée. Lorsqu’elle les voit entrer, elle s’éclipse. Rossi laisse Betty seule avec son mari.

Rodney est allongé sur le ventre. Sa tête est maintenue par un appareillage compliqué et effrayant. 

Elle se place devant lui. Elle ne dit pas un mot. À quoi bon parler ? Elle se penche et, tendrement, l’embrasse sur le front.

Dans le couloir, Norman et Steven attendent. L’un éloigné de l’autre. 

Leslie débarque et fonce droit vers Norman. Il veut savoir comment va Rodney et ce qu’il s’est passé. Le jeune homme informe son père que Rodney a repris conscience peu avant l’opération. Rodney est reconduit dans sa chambre, sous la surveillance d’une infirmière. Leslie s’approche de Rodney et lui parle.

Il lui dit que tout ira bien. Il prend les choses en main. Il va prendre soin de lui. Rodney ne répond pas. Leslie préfère le laisser se reposer et retourne auprès de Norman pour avoir des détails sur ce qui s’est passé.

Norman raconte à Leslie comment est arrivé l’accident. 

— Écoute, je sais que Rodney est ton préféré, je suis désolé, dit Norman.

— Norman, ne sois pas stupide, rétorque Leslie.

Il se tourne et aperçoit Steven.

— Que fait-il ici ? Est-ce qu’il est impliqué dans l’accident ? 

Norman opine. 

— C’est lui qui conduisait la voiture.

Leslie entre dans une colère folle et fonce vers Steven, qu’il accuse d’être à l’origine de l’accident. Steven lui dit qu’il n’y est pour rien. Ce n’était qu’un accident. 

Mlle Choate leur demande de ne pas se disputer. Ils sont dans un hôpital et le calme doit régner. 

— C’était un accident, plaide de nouveau Steven. La police a fait son rapport. Voyez avec eux.

— J’en ai bien l’intention. Tu ne t’en tireras pas comme ça. Pas après ce que tu as fait à mon fils. Tu ne t’en tireras pas comme ça.


À la maison de la plage, Joe descend les escaliers et surprend Mike assoupi dans le canapé. Il s’excuse de l’avoir réveillé, il ne l’avait pas vu. Michael lui dit que ce n’est rien.

Joe demande à son frère des nouvelles de Rodney. Le Dr Rossi lui répond qu’ils ne savent pas encore s’il va remarcher. Joe ne comprend pas comment ils ne peuvent pas savoir. Les médecins devraient tout savoir.

Tandis que Joe s’en va, Tom arrive et confie à Michael le problème d’alcoolisme de Susan. Il lui dit que s’il est taciturne en ce moment, ça n’a rien à voir avec Jill. 

Le problème est Susan. Il est seulement inquiet pour sa femme et il a peur que la boisson ne la détruise. Michael ne peut pas lui être d’une grande aide. Il lui dit seulement que si Susan veut se défaire de ses mauvaises habitudes, elle devrait se rendre dans un sanatorium pour une cure de désintoxication.

De retour chez lui, Tom a la surprise de découvrir Susan avec les cheveux noirs. 

— Qu’est-il arrivé à tes cheveux ?

— Oh, tu as remarqué, ironise-t-elle.

Susan doit certainement porter une perruque. Tom dit à Susan qu’ils doivent parler. Il lui dit qu’il a vu le Dr Rossi et que ce dernier a conseillé pour Susan une cure en sanatorium. 

— Tu as parlé au Dr Rossi ? s’exclame Susan. Pourquoi maintenant ?

Tom fronce les sourcils. 

— Que veux-tu dire ?

— Je veux dire que ça fait un bon bout de temps que je bois plus que de raison. Pourquoi as-tu demandé conseil au Dr Rossi seulement maintenant ? Tu aurais pu le faire plus tôt.

Tom lui dit qu’il ne voit pas où elle veut en venir. 

— C’est simple, dit-elle en se réservant un verre. Tu veux que je m’éloigne de la maison pour avoir le champ libre avec Jill.

— Tu racontes n’importe quoi !

— Vraiment ? Je ne crois pas. Si tu te souciais vraiment de moi, tu te serais occupé de mon problème bien avant. Tu veux juste rester seul ici avec Jill.

— Je veux que tu admettes que tu es une alcoolique.

— Je peux m’arrêter de boire quand je veux. Est-ce que tu peux stopper ton problème avec Jill comme tu veux ? lance Susan.

Écœuré, il quitte la pièce.


Au Colonial où Leslie a pris une chambre, Steven le rejoint à la réception. Il veut lui parler de l’accident, et de ce qui s’est passé juste avant. Au début, Leslie ne veut pas l’écouter, mais lui accorde finalement une minute. Ils s’assoient.

Steven lui dit qu’il a toujours voulu faire du mal à Rodney.

— L’accident était donc délibéré ! aboie Leslie.

— Non, bien sûr que non. Pour qui me prenez-vous ? Il se trouve qu’avant d’aller voir Rodney, j’ai montré ceci à Betty. 

Il lui montre un document. 

— J’ai convaincu Betty de le montrer à Rodney. On était en route pour aller le voir.

— Tu veux dire que Betty était dans la voiture ?

— Oui.

Leslie veut mettre fin à la conversation, mais Steven lui dit que ce document est le reçu signé de sa main au bénéfice d’Eddie. Il voulait s’en servir pour faire souffrir Rodney. Mais c’était avant l’accident. Maintenant, il ne peut pas faire ça à son frère.

— Ton frère ? s’exclame Leslie. Tu n’as pas de frère. Biologiquement parlant peut-être, mais c’est tout. Rodney et Norman ne t’ont jamais considéré comme de la famille. Tu n’appartiens pas aux Peyton. 

Steven lui laisse le reçu. Il ne veut plus s’en servir. Il s’en va en disant qu’il a mérité tout ce que lui a dit Leslie.


Épisode 451

lundi 29 juillet 1968

L’opération

Il y a quelques heures de cela, Rodney Harrington a été éjecté de sa mobylette, perdant immédiatement conscience. Il vient juste de se réveiller à l’hôpital. La femme de Rodney, Betty, était la passagère de la voiture que son mari a été obligé d’éviter, perdant ainsi le contrôle de sa mobylette. Maintenant, à son insu, Rodney revient à lui et croit qu’il a perdu la sensation du toucher.

Betty passe la porte d’entrée de l’hôpital de Peyton Place.


Le Dr Rossi et le Dr Miles sont avec Rodney. 

Rossi demande à Rodney s’il peut sentir quelque chose lorsqu’il passe un objet sous la plante de ses pieds et la paume de ses mains. Rodney avoue qu’il ne sent rien du tout.

On le conduit  hors de sa chambre d’hôpital pour l’emmener en  chirurgie. Betty peut le voir brièvement  dans le couloir. Elle lui dit qu’elle reste ici, près de lui, durant l’opération. 

Assis dans la zone d’attente, Steven ne dit rien. 


Au Shoreline Cafe, Jeff répète avec son groupe devant une Carolyn ébahie. Ils font une pause de cinq minutes durant laquelle Jeff parle d’études avec Carolyn. Elle ne reste pas longtemps, elle doit retourner à la maison. 

Carolyn quitte le Shoreline et rejoint Joe Rossi, en face, qui est occupé à ranger les mobylettes chez les frères Harrington. 

Elle commence à le charrier sur son nouveau travail, mais il lui dit qu’il n’est pas d’humeur à plaisanter. Il l’informe que Rodney a été blessé dans un accident et se trouve à l’hôpital, dans un état très critique. Les médecins ne savent pas s’il va vivre. 

Carolyn s’excuse, elle n’était pas au courant. Elle voit que Joe est bouleversé par ce drame. 


Chez les Winter, Susan joue au solitaire, tout en buvant beaucoup. Elle dit à Tom qu’elle s’ennuie et veut aller quelque part. Tom lui répond qu’il n’a pas le temps, et vu son état d’ébriété, il est préférable qu’elle reste à la maison. 

Jill descend et Susan en profite pour suggérer à Tom d’emmener Jill dîner dehors. Elle dit à Jill qu’elle restera ici pour s’occuper de Kelly. Jill est mal à l’aise devant la scène que fait Susan. 

Tom suggère à Jill de se faire un sandwich et de le manger dans sa chambre. Susan lui dit que ça ne sera pas la peine. Elle voit qu’elle est de trop et s’éclipse à l’étage. 

Tom attrape Jill, qui veut elle aussi monter. Il lui dit de ne pas prendre ombrage de ce que dit sa femme. Pris d’une impulsion, il l’embrasse. Puis, en colère contre lui-même, il recule. 

Jill, de son côté, est horriblement choquée par l’attitude du prêtre et quitte la pièce. 


Chez les Russell, Carolyn rentre à la maison et trouve sa mère ennuyée. Elle devait aller dîner avec Mike, mais elle n’a pas de nouvelles de lui. Carolyn lui dit qu’il est à l’hôpital. Elle lui apprend l’accident de Rodney. Marsha est désolée pour le jeune Harrington et comprend maintenant ce qu’être amie avec un médecin implique. 

Carolyn ajoute que c’est Joe qui l’a prévenue. Elle lui dit que Joe était vraiment bouleversé. C’est la preuve qu’il a des sentiments, comme tout être humain. Ce n’est pas un animal. Marsha lui dit qu’elle n’a jamais considéré Joe comme un animal. Elle ne lui fait simplement pas confiance. 


Au bureau des renseignements de l’hôpital, Tom demande à voir le Dr Rossi. Mlle Choate pense qu’il est venu pour Rodney, mais le révérend n’est au courant de rien et lui demande ce qu’il s’est passé. 

Elle l’informe que Rodney a eu un accident et que le Dr Rossi se trouve avec lui et le Dr Miles en salle d’opération. Tom va réconforter Norman et Rita. 

— Merci d’être venu, dit Rita qui elle aussi pense qu’il est venu spécialement pour eux. 

— Y a-t-il quelque chose que je peux faire ? s’enquiert-il. 

Rita lui demande d’aller parler à Betty, ébranlée par les événements. Tom ne veut pas s’incruster. Il se rend dans le bureau du Dr Rossi où Betty est assise dans le canapé. La pièce est plongée dans le noir. 

Elle demande à Tom si l’opération est terminée. Il lui répond que non. Il est ici parce qu’il pense pouvoir l’aider. Mais Betty ne voit pas comment. Il allume la pièce, et elle lui demande tout de suite d’éteindre la lumière. Ce qu’il fait. Il essaie de parler à Betty, mais, perturbé par ses propres problèmes, il bafouille. 


Eli rencontre Norman devant l’hôpital et lui demande des nouvelles de l’opération. Norman hausse les épaules : 

— Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. 

Eli lui dit que Rodney est jeune et fort. C’est ce qui le sauvera. 

Il suggère à Norman d’aller au magasin et de travailler pour s’occuper l’esprit.


Les médecins ont terminé l’opération. Ils parlent entre eux de l’issue de celle-ci. Mike suggère une angiographie. Harry est d’accord. Aucun des deux médecins ne peut encore se prononcer sur la guérison de Rodney. Il se peut qu’il reste paralysé. 

Comme l’a dit Eli, la condition physique peut aider Rodney à s’en sortir. Le point positif est qu’ils ont retiré les fragments d’os dans le cou. 

Ils prennent l’ascenseur, épuisés par les efforts qu’ils ont fournis.