mercredi 11 septembre 1968
La décision du juge
Norman Harrington et sa femme Rita ont obtenu la garde pour cette nuit du bébé de Jill Smith au cours d’une audience ce matin. Norman sait que la Cour peut assigner le bébé à une nourrice. Mais il est optimiste. Et en ce moment il travaille dur sur la pensée que la Cour doit redonner la garde du bébé à Jill. Pour Norman et Rita, cette nuit de garde est passée trop vite.
Norman sort du tribunal, traverse le square et se dirige vers son appartement de Glover Street.
Norman retourne à l’appartement et voit Rita occupée à jouer avec Kelly. Ils se préparent pour l’audience qui a lieu à dix heures. Norman lui explique comment l’audience va se dérouler.
Il lui demande si elle a bien dormi cette nuit. Elle répond par l’affirmative, puis avoue qu’elle s’est levée à plusieurs reprises pour voir si Kelly n’avait besoin de rien. L’enfant a dormi toute la nuit.
Norman prend Kelly dans ses bras. Rita veut que Norman fasse bonne impression et porte la chemise blanche qu’elle vient de repasser. Elle veut qu’il donne l’impression d’être responsable. Norman suit les conseils de Rita. Il met également une cravate et se regarde dans le miroir tout en la nouant.
Il dit qu’il a beaucoup de peine pour Kelly, qui est trimbalée de foyer en foyer. Il serait temps pour l’enfant d’avoir un foyer stable.
Steven rend visite à Susan dans sa chambre d’hôpital. Susan lui demande d’emblée s’il a vu Tom. Il lui répond que non.
Il veut qu’elle fasse une déposition concernant Jill. Il explique que le bureau d’aide sociale veut placer Kelly chez une nourrice. Mais Susan est obsédée par la disparition de son mari. Elle dit à Steven qu’elle voulait que Tom quitte l’église, mais pas elle.
Steven insiste sur le fait qu’il est important que Susan fasse une déclaration disant que Jill n’est pas immorale, et que c’est en partie sa faute et celle de son mari si elle est partie.
Susan s’en fiche. Tout ce qui compte pour elle en ce moment, c’est de se procurer de l’alcool. Steven s’en va, sachant qu’il ne pourra rien obtenir d’elle.
Plus tard, Susan tente de se lever. L’infirmière Paula Dixon (jouée par Joan Van Ark qui sera plus tard Valene Ewing dans Côte Ouest) entre dans la chambre. Elle connaît bien Susan puisqu’elle est dans le groupe de jeunesse de Tom, tandis que sa sœur Norma Dixon, qui joue de la guitare, fait aussi partie de la congrégation.
Susan est fébrile. Paula lui demande de se remettre au lit. La femme du révérend désire ardemment boire. Mais Paula lui dit qu’elle n’a pas le droit de lui faire venir une bouteille.
Elle essaie de soudoyer l’infirmière en lui donnant de l’argent pour aller acheter une bouteille, ou à défaut des friandises, en lui disant qu’elle peut garder la monnaie. Paula refuse gentiment, lui rappelant que les friandises et l’alcool lui sont interdits.
Mike arrive et dit à Susan d’aller dans son lit. Elle le défie en lui disant :
— Si vous voulez vraiment que j’y aille, vous devrez m’y mettre.
Cela n’arrête pas le Dr Rossi qui saisit Susan dans ses bras et la porte jusqu’à son lit. Susan demande au médecin s’il sait où se trouve Tom. Mike n’en a pas la moindre idée. Elle lui demande s’il a vérifié qu’il n’était pas auprès du révérend Gates, le mentor de Tom.
Il lui dit qu’il est temps pour lui de se rendre au tribunal, rappelant ainsi à Susan l’enjeu de la garde de Kelly. Il lui demande de rester dans son lit.
Marsha discute avec Carolyn dans sa chambre. Marsha reprise une robe, elle veut la faire plus courte.
— Est-ce que le Dr Rossi préfère les robes plus courtes ? s’enquiert la jeune fille.
— Je ne sais pas. Je t’avoue que nous n’en avons pas parlé.
— Il est vrai que vous ne faites pas que parler lorsque vous êtes ensemble…
Carolyn lui explique qu’elle les a vus s’embrasser à la sortie du Shoreline. Elle était sortie pour rapporter à sa mère les gants qu’elle avait oubliés. Marsha avoue qu’elle ne l’a pas vue. Carolyn lui répond qu’elle n’avait pas envie d’aller à leur rencontre.
— Chérie, tu dois savoir maintenant que Mike et moi sommes très amoureux l’un de l’autre.
— Je le sais, répond la jeune fille. Et ce n’est pas un problème, je t’assure. Seulement, je dois dire que… ça m’a choquée, et je ne sais pas pourquoi.
Quelqu’un frappe à la porte. C’est Jeff. Carolyn lui crie d’entrer et de monter à l’étage. Jeff salue Marsha. Lui et Carolyn ont l’intention d’aller à la plage pour y faire une promenade à pied.
— Toute la journée ? demande Marsha.
Carolyn avoue qu’elle a besoin de changer d’air, et la plage est parfaite pour ça.
Dans un fauteuil roulant, Susan va voir Rodney Harrington dans sa chambre. Rodney est couché sur le dos, ce qui constitue une amélioration, car il n’a plus besoin de rester sur le ventre, la tête maintenue par un appareillage.
Ils se saluent aimablement. Susan est à la recherche de liqueur. Les amis offrent toujours des chocolats avec de la liqueur aux patients. Rodney secoue la tête :
— Désolé, pas de chocolat.
Susan fouille tous les endroits, afin d’en trouver. Mais les tiroirs des armoires sont vides.
— Vous devez me trouver pathétique, dit-elle.
— Je ne juge personne, madame Winter.
Susan explique qu’en fait, elle est ici en désintoxication. Mais elle a besoin d’alcool. L’hôpital a toujours de l’alcool, elle va en trouver.
— Madame Winter, ne buvez pas de l’alcool de l’hôpital, implore Rodney. C’est dangereux. Ça peut vous tuer !
— Je le diluerai avec de l’eau.
— Ne faites pas ça, madame Winter.
Elle s’en va.
Dans le bureau du juge Irwin A. Chester, Mme Thomas, le juge, Michael Rossi et Steven Cord sont en pleine discussion concernant l’avenir de Kelly. Michael se fait l’avocat de Jill. Steven prend également la défense de Jill.
Il apprend ainsi au juge que Jill est partie de chez les Winter parce que le couple a de gros problèmes. Il ajoute que Mme Winter a délibérément fait venir Jill dans l’espoir que Tom s’intéresse à elle et qu’ainsi, il quitte l’église.
Chester n’en croit pas un mot. À sa décharge, il est en effet bien difficile de croire à une telle chose, même si elle est vraie.
Quant à Michael, il dit au juge qu’en tant qu’oncle naturel du bébé, il peut la prendre en charge et subvenir à ses besoins. Le juge lui demande d’être lucide : c’est un médecin célibataire qui travaille énormément, il ne pourra pas s’occuper de Kelly.
Le juge décide donc de retirer provisoirement la garde de Kelly à Jill. Michael proteste, il connaît Jill depuis qu’elle est arrivée à Peyton Place, et il sait qu’elle aime son enfant.
— L’amour ne suffit pas toujours, docteur Rossi. Il faut aussi que l’enfant puisse avoir une stabilité dans la vie, des repères. Et pour l’instant, Jill Smith est incapable de lui procurer cela.
Il demande à Mme Thomas de faire entrer Jill. Elle entre, portant le bébé dans les bras. Norman et Rita entrent avec elle. Il est entendu que le bébé est donné temporairement à la garde de Norman et Rita. Comme tout se passe bien avec eux, il est inutile que l’enfant se retrouve en foyer d’accueil.
Rita interroge Jill du regard. Jill lui dit que tout va bien et lui tend le bébé. Puis elle tourne les talons, s’enfuit du bureau du juge. Michael et Mme Thomas la suivent. Jill court se réfugier dans une pièce où elle s’enferme à clé.


















































