Episode 228

Mardi 7 juin 1966

La proposition d’Allison

Chris Webber est aveugle depuis son enfance. Mais il a survécu à ce drame. Ce soir, dans un café de Peyton Place, il se souvient, très clairement, de l’accident qui a causé sa cécité.

Chris Webber déambule sur le quai. Sandy vient vers lui et l’aide à se diriger.


Chris, bouleversé après l’affrontement au Shoreline Cafe, veut courir pour échapper à Sandy, et trébuche.

Elle l’emmène à la taverne d’Ada Jacks. Ils sont suivis par Lee. Ce dernier n’arrive pas à comprendre pourquoi Chris ne sait plus qui l’a poussé de la falaise. 

Il s’approche de leur table et demande à Sandy de rentrer à la maison. Il s’assoit près de son frère. Chris lui demande de le laisser tranquille. Mais Lee insiste et demande à son frère pourquoi il a dit à Steven qu’il ne se souvient pas qui l’a poussé de la falaise. 


À la maison de la plage, Ann s’emploie à faire un croquis de Michael. Elle a plus l’habitude de dessiner des paysages. Il lui demande s’il sert de cobaye. 

Le talent artistique d’Ann est interrompu par une forte envie physique. Michael lui demande pourquoi elle est venue à la maison de la plage. Il s’approche d’elle, la serre dans ses bras et l’embrasse passionnément. 


Rodney reconduit Allison à la maison. Il conduit toujours aussi vite. Allison est bouleversée parce que tout s’est passé sur la piste de danse du Shoreline et qu’elle n’y était pas. Elle demande à Rodney pourquoi il la garde éloignée. 

Rodney souhaite être aimé comme il l’a été lorsqu’ils sont partis naviguer. Il aime Allison parce qu’elle n’est pas comme Sandy ni Betty, elle est son « Allison aux pays des merveilles ». 

Mais, comme le fait remarquer Allison elle-même, elle n’est plus aussi innocente que par le passé. Les yeux remplis de larmes, elle regarde Rodney et supplie de ne pas la laisser tomber et de se marier avec elle. 

Mais Rodney ne peut pas lui accorder le mariage. Elle vit à moitié dans la réalité et à moitié dans le rêve. Lui a besoin de vivre uniquement dans la réalité. 

Allison l’embrasse, sort de la voiture, le regarde longuement, lui dit au revoir, ouvre le portail donnant sur le jardin, le referme derrière elle et se dirige vers la maison. 

À l’intérieur, Elliot et Constance font des projets pour aller naviguer aux Caraïbes après la naissance du bébé. 

Allison entre et leur dit qu’ils devraient partir dès demain. Elliot lui dit qu’elle ne peut pas tout le temps s’échapper de la réalité. 


Steven est au lit en train de feuilleter un magazine lorsque Betty se prépare à aller se coucher. Il agit avec désinvolture, et cela agace Betty.  

— Allez, vas-y Steven. Énerve-toi. 

— Pourquoi ?

— J’ai l’impression que tu n’approuves pas tout à fait ce que j’ai fait au Shoreline. 

— C’est vrai. 

— Et pourquoi ?

— Parce que tu as été vulgaire. 

— Ce n’est pas dans ton habitude. 

— C’est ton modus operandi, n’est-ce pas ?

— Je ne suis pas allée à l’université, Steven. 

— D’après toi, il n’y a aucune raison à ton comportement, c’était simplement pour faire quelque chose qui sort de l’ordinaire. Comme une gamine de deux ans. Comme un animal, simplement faire quelque chose qui ne te ressemble pas. 

— J’aime danser. Je suppose que c’est vulgaire, ça aussi.

— Tous ceux qui ont pu voir la façon dont tu te trémoussais n’appelleraient pas ça de la danse.

— Ils appelleraient cela comment ?

— De l’exhibitionnisme. 

— Tu veux savoir, Steven. Tu es coincé. Tout ce qui sort de l’ordinaire te dépasse.

— Rien ne justifie ta façon d’agir comme…

Il s’interrompt. Betty l’encourage à continuer. 

— Comme quoi ? Vas-y Steven, dis-le. 

— C’était tellement évident, Betty. 

— Dis ce que tu penses pour une fois dans ta vie. 

— Cette petite compétition avec Sandy Webber était strictement destinée à Rodney Harrington. Il t’observait et tu le savais. Tu dansais de façon à ce qu’il te voie et te désire. En un sens, tu dansais pour le séduire. 

— Ce n’est pas vrai !

Betty le gifle. Steven la regarde froidement.

— Je me sens désolé pour Allison Mackenzie, dit-il. Elle n’a pas de chance. Mais ce n’est pas ton problème, n’est-ce pas ? Non, le seul problème que tu as est d’être toujours attachée à Rodney Harrington. 

Betty se met à pleurer de rage. 

— J’en ai marre de tes soupçons ! J’en ai marre de tes accusations ! Rodney ne fait plus partie de ma vie. Quand vas-tu enfin comprendre cela ?


Norman gambade dans la rue tandis que lui et Rita reviennent de leur nuit de camping. Ils déchargent la décapotable et se rendent à l’appartement. 

Rita note que Norman n’avait pas fermé la porte à clé. Pour sa défense, Norman dit qu’il n’y a rien qui vaut la peine d’être volé dans l’appartement. 


Lee se rend au Cider Barrel pour y chercher sa femme ou son frère. Il y rencontre Ann avec qui il échange quelques mots. 

Ni Sandy ni Chris ne sont ici, alors il commence à ennuyer Ann qui se trouve au bar. 

Steven entre et ordonne à Lee de laisser Ann tranquille. 

— Si elle a le droit de parler avec Chris, alors j’ai le droit de parler avec elle, vocifère Lee. 

Steven réconforte Ann par quelques mots. Il lui dit que Chris ne se souvient pas qui l’a poussé de la falaise. Pour Ann, c’est une nouvelle formidable et pleine d’espoir. 


Plan de chutes d’eau. Chris et Sandy marchent le long de la falaise. Chris lui dit qu’il n’aurait jamais dû l’emmener ici. Il lui demande quelle est environ la distance qui sépare le haut de la falaise au bas. 

Il se souvient de cette journée ensoleillée où un groupe d’enfants riaient et jouaient à colin-maillard. Jusqu’à ce qu’une main le pousse et qu’il tombe de la falaise. La dernière chose qu’il a vue, c’est l’eau venant se fracasser contre les rochers.

Sandy se met à pleurer en écoutant le récit de Chris. Le jeune homme reste pensif : 

— Qui a pu faire une chose pareille ? Qui ? 


Episode 227

Lundi 6 juin 1966

Une violente dispute

Le Shoreline Cafe, près du quai de Peyton Place. Le jeune Chris Webber est ici pour gagner quelques dollars. Steven Cord est ici, déterminé à parler à Chris de l’accident qui l’a rendu aveugle plusieurs années auparavant. Et le frère de Chris, Lee, est ici aussi. Et Lee s’est lui-même désigné pour être le protecteur de son frère. 

Steven et Betty entrent au Shoreline Cafe. Une grosse horloge au pied des escaliers annonce 21 h 25. Une autre horloge, plus petite, indique 20 h 25. Des adolescents dansent sur la piste. 


Au Shoreline, Betty est avec Steven, et Sandy avec Lee. Ce dernier observe son frère. 

— Qu’est-ce qu’il y a ? s’enquiert Sandy. 

— On dirait que Chris a trouvé du travail. 

Pendant ce temps, Betty ne se sent pas à l’aise. 

— Steven, partons. 

Steven secoue la tête. 

— Non. On reste. 

Le couple se dirige vers Sandy et Lee. 

— Vous êtes un peu en avance, Maître, raille Lee. L’endroit ne commence à bouger qu’après neuf heures. 

— Nous ne sommes pas venus chercher de l’amusement, Lee. 

— C’est pourtant tout ce que vous trouverez ici. 

— Je vous l’ai dit. J’ai à parler à votre frère. 

— Pas ce soir. 

Steven et Betty vont s’asseoir à une table. L’avocat est déterminé à parler à Chris. 

— Attache ta ceinture et commande-nous quelque chose, dit-il à sa femme. 

— Fais attention, Steven, prévient Betty. Fais très attention. 

— Toujours.

Il se lève. Voyant ce que l’avocat compte faire, Lee se lève et le rejoint. 

— Chris n’est pas encore prêt à vous parler. 

— Moi je suis prêt à lui parler. 

— Vous savez, j’ai presque été obligé de le traîner jusqu’ici. Il ne voulait pas venir. Et je veux avoir la chance de lui parler en premier. 

— Vous avez eu votre chance. Maintenant, c’est mon tour. 

— Lee, viens t’asseoir, supplie Sandy. 

Il se tourne vers elle, menaçant. 

— Tu restes en dehors de ça, Sandy. 

Steven se dirige vers Chris, au piano. 

— Bonsoir Chris. 

— Bonsoir.

— Vous jouez très bien. 

— Je fais de mon mieux. 

— Je suis Steven Cord, Chris. 

— Comment allez-vous, Steven ?

— Bien, merci. 

—  J’ai cru comprendre que vous êtes avocat. 

— En fait, je suis l’avocat d’Ann Howard. 

— Je sais. 

— Ann Colby. 

— Je sais. 

— J’aimerais vous poser quelques questions. 

La musique s’arrête. 

— Allez-y. Poser vos questions. 

— Juste une : Vous souvenez-vous de qui vous a poussé ?

Lee arrive et les interrompt. 

— Chris, allons fumer dehors. 

Mais Steven ignore Lee, et insiste :

— Savez-vous qui vous a poussé, Chris ?

— Non, je ne sais pas. 

— Nous le savons tous les deux, avoue Lee. Tout le monde le sait. 

Chris secoue la tête. 

— Moi non, Lee. Tout est embrouillé. Oublié. Peut-être parce que je ne veux pas me souvenir. Peut-être parce que je veux oublier. 

Steven a ce qu’il voulait. 

— Merci Chris. Pour moi et Ann. 

L’avocat se tourne pour retrouver Betty à la table lorsque Lee le rattrape. 

— Que pensez-vous avoir ?

— Assez. 

— Assez pour quoi ?

— Ann a le droit de savoir ce qui s’est passé sur la falaise. 

— Eh bien, vous y étiez. Et vous avez vu qui l’a poussé.

— Je ne sais pas. 

— Eh bien moi, je sais. Et tous ceux qui étaient là-bas le savent aussi. 

— Pas Chris. 

— Il a oublié. C’est ce qu’il a dit et il veut oublier. Et je ne veux plus vous voir l’ennuyer une nouvelle fois. 

— Vous ne m’arrêterez pas. 

— Je peux vous réduire en miettes. Juste comme ça. 

— Je suis content que vous ayez de gros muscles, Lee. Vous feriez mieux de faire faire de l’exercice à celui qui se trouve entre vos oreilles.

Steven se retourne et va s’asseoir à côté de Betty.

— N’es-tu pas un peu imprudent ? souffle Betty. 

— Ce n’est pas moi qui ai commencé, se défend l’avocat. 

— Tu parles comme un véritable enfant. 

Lee rejoint à son tour sa table. 

— Tu savais qu’il voulait parler à Chris. Pourquoi faire tant de vagues ? demande Sandy. 

Lee pointe son doigt sur le verre de Sandy. 

— Ton verre est vide. 


Sur la plage près de Peyton Place, Norman et Rita apprécient leur rôti cuit sur un feu de camp. 

Norman aime sa viande carbonisée. Ils parlent de leur avenir. Elle se voit dans un petit appartement, lui dans une énorme maison. 


Pendant ce temps, au Shoreline Cafe, Steven et Betty sont assis à une table, mangeant et buvant. Rodney et Allison arrivent et s’assoient à leur table. Rodney admet qu’il ne savait pas que Betty et Steven fréquentaient ce genre d’endroit. 

— Il y a toujours une première fois, sourit Steven. 

Betty presse un Steven réticent à danser le Madison. Elle sourit à son tour et lui dit : 

— Il y a toujours une première fois. 

Rodney dit à Allison que Norman et Rita sont partis faire du camping. Il fait également comprendre à Allison qu’elle a changé depuis leur escapade en mer.


À la maison de la plage, Ann raconte à Michael que Chris l’a reconnue à la taverne. Elle réalise pour la première fois combien elle a pensé uniquement à l’accident comme ruinant sa vie et à quel point elle s’est sentie coupable. 

Michael lui dit qu’il est temps d’oublier la fillette qu’elle était et de se concentrer sur la femme qu’elle est maintenant, « sa » femme.


La grande horloge sur le mur du Shoreline indique 20 h 26 tandis que la petite indique 21 h 26. 

Sandy se dirige vers Rodney et l’invite à danser. Lee vient auprès d’eux et dit à Rodney qu’il est d’accord pour qu’il danse avec sa femme. Rodney accepte. 

Allison regarde Lee. 

— Ne vous perdez pas,  dit-il. 

Betty prend Steven par le bras et danse avec lui. Lorsque Sandy et Rodney commencent à danser, Steven s’excuse et laisse Betty danser avec une autre personne : Chuck. 

Betty s’aperçoit rapidement que Rodney l’observe en train de danser, alors elle en fait un peu trop et se laisse aller. 

— Tu as gagné, dit-il. 

Et il termine brusquement sa danse. Sandy n’est pas en reste et attrape un autre gars pour danser. Elle commence à rivaliser avec Betty, oubliant jusqu’à leurs partenaires respectifs. Betty se dirige en dansant vers Rodney et se colle pratiquement à lui.

Allison regarde la scène avec horreur, et Steven semble embarrassé. La musique se fait plus forte et la piste de danse appartient désormais aux deux rivales. 

Rodney va près de Betty pour danser. Il les regarde avec incrédulité se déhancher d’une manière provocante. 

Lee convainc Chris d’arrêter de jouer. Chris se lève pour partir. Steven s’approche de lui et lui demande s’il a besoin d’aide.

C’en est trop pour Lee de voir son frère à nouveau importuné par Steven. Il se précipite vers l’avocat et lui balance son poing en pleine figure. 

Betty empêche Steven de répliquer. Sandy escorte Chris dehors, suivi par Steven et Betty, puis Allison et Rodney. Lee reste debout sans bouger. La petite pendule indique 20 h 55.


Episode 226

Jeudi 2 juin 1966

Un gros poisson

Ann Howard a rencontré à deux reprises Christopher Webber. Une question ne quitte plus son esprit. Une question qui l’a fait revenir à Peyton Place.

Ann descend les escaliers de la maison d’hôtes de Mme Hewitt et se dirige vers la taverne d’Ada Jacks. 


Chris est en train de jouer du clavier à la taverne. Ann se dirige vers lui et le salue. 

Il lui demande ce qu’elle fait à la taverne un samedi après-midi. Ann lui apprend qu’elle est thérapeute. 

Chris lui apprend qu’il fait partie d’un groupe rock qui s’appelle les « Wharf Rats ». Ils jouent au Shoreline ce soir. 

Il se met au clavier et commence à interpréter « Where or When » qu’elle reconnaît immédiatement. 

Soudain, Chris réalise qui elle est vraiment, se lève et s’en va. Elle le retient en lui demandant depuis combien de temps il s’en est aperçu et en lui disant qu’elle ne se rappelle plus ce qui s’est passé dix-sept ans plus tôt. Elle veut découvrir ce qui est réellement arrivé. 

— C’est pour cela que je suis revenue, pour découvrir la vérité. Parce que je ne crois pas être la coupable. Je n’ai jamais fait ça. Je veux découvrir la vérité, quoi qu’elle en coûte. Vous souvenez-vous ?

Chris sort de la taverne sans lui donner de réponse, et marche le long du quai. Il se rend au Cider Barrel où Sandy lui trouve une table. 

Elle discute avec lui un petit moment. Il lui dit qu’il vient de rencontrer Ann Howard. Il veut qu’elle reste à Peyton Place. Il se demande pourquoi Lee la déteste autant. 

Il se rappelle qu’une main l’a poussé, mais il ne sait pas si c’était celle d’Ann. Il la croit lorsqu’elle dit vouloir découvrir la vérité sur cette triste affaire. 

— Qui l’a fait, et pourquoi ? se demande-t-il.


Betty et Steven passent une soirée tranquille à la maison. Maintenant que la déco est terminée chez eux, Betty souhaite refaire la déco du cabinet de Steven. Elle dit à son mari que c’est son bureau maintenant, et qu’il devrait se débarrasser des affaires de Theodore Dowell. 

Elle feuillette un magazine de déco, et tombe sur un article en français intitulé « Le calme retrouvé ». Elle lui montre la photo de ce que pourrait être son nouveau bureau. Steven est plus intéressé par Betty que par l’article. Il l’embrasse. 

Betty lui demande un ginger ale, mais le téléphone sonne avant que Steven ait pu verser la boisson. 

C’est Ann qui appelle pour informer Steven qu’elle a parlé avec Chris Webber. Après avoir raccroché, Steven dit à Betty qu’ils vont au Shoreline ce soir. 


Ann est au bar de la taverne d’Ada Jacks. Elliot, également au bar, la salue. Il commande une bière et demande à Ada de lui apporter de la glace pour conserver l’énorme poisson qu’il vient de pêcher. Il le lui montre. 

Ann n’arrive pas regarder les yeux morts du poisson. Ça lui fait froid dans le dos.  


Chez les Carson, Allison raccommode une robe tandis que Constance rentre. Allison l’informe qu’elle sort avec Rodney ce soir. Ils vont au Shoreline. 

— Un endroit parfait pour deux jeunes gens qui n’ont plus rien à se dire, ajoute-t-elle. 

— Toi et Rod avez encore beaucoup de choses à vous dire, clame Constance. 

Allison n’en est pas sûre. Elle monte dans sa chambre se préparer. 

Rodney sonne à la porte. Constance va lui ouvrir. 

— Entre, Rod. 

— Bonjour, madame Carson. Comment allez-vous ?

— Bien. Viens t’asseoir. Allison sera prête dans une minute. 

— Je ne veux pas vous retenir, si vous êtes occupée. 

— Non, pas du tout. M. Carson est allé pêcher. Nous dînerons tard ce soir. Je suppose que le garage occupe beaucoup de ton temps.

— Oui, beaucoup. 

— J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les gens qui comprennent ce qui se passe à l’intérieur des voitures. Je n’ai aucune idée de ce qui les fait fonctionner. Je leur fais confiance… Rod, c’est difficile pour toi et Allison en ce moment. 

Rodney acquiesce :

— Oui, j’aimerais que les choses redeviennent comme avant. Allison et moi nous connaissons depuis toujours. 

— Je me souviens de l’époque où Allison était la groupie de Norman. Elle avait l’habitude de traîner toujours derrière toi. 

— Oui, une vraie plaie… Moi et Allison nous connaissons trop bien, et depuis trop longtemps. 

— C’est peut-être une partie du problème. 

— C’est comme s’il y avait un pont entre nous, avoue Rodney. Mais récemment, j’ai l’impression que le pont s’est transformé en montagne. 

— Cela arrive. Laisse-moi te raconter une histoire. Lorsque j’étais petite, il y avait un garçon qui s’appelait Roy Barlow. Il habitait dans le coin. Lui et la fille qu’il fréquentait avaient annoncé leurs fiançailles le jour de son quatrième anniversaire. 

— Son quatrième anniversaire ? s’étonne le jeune homme. 

Constance poursuit :

— Ils l’ont annoncé au cours d’une fête, et comme présent il lui a donné toutes les fraises de son gâteau d’anniversaire.

— Et que s’est-il passé ? 

— Il a toujours cru qu’ils allaient se marier un jour. Et puis Roy est tombé soudainement amoureux fou d’une fille aux cheveux roux qu’il a rencontrée à Boston. Lui et Patsy sont depuis très heureux ensemble. 

— Et qu’est-il advenu de sa fiancée aux fraises ?

— Elle a épousé un homme nommé Elliot Carson. 

— Vous savez, j’étais sur le point de demander à Allison de m’épouser après la fin du procès. 

— Je pense qu’elle attendait c ces n ela. 

— Je sais, j’avais même prévu de prendre l’argent que ma mère m’avait laissé pour faire une longue lune de miel à la place d’acheter le garage. Parcourir le monde, voir des tas de choses… 

— Tu sais, Rita et Norman se contentent de peu, et ils sont très heureux. 

— Oui, mais ils sont différents. Je voulais simplement attendre pour offrir à Allison tout ce qu’elle mérite.

— Toi et Allison êtes toujours à la recherche du meilleur. C’est peut-être ce qui fait de vous des êtres spéciaux. Et les gens spéciaux sont souvent seuls. 

Allison revient dans la pièce, habillée très chiquement. 

— Maman. 

— Eh bien, tu es magnifique ! sourit la mère. 

— Merci.

Rodney se lève. 

— J’ai beaucoup apprécié notre conversation, madame Carson. 


Elliot est toujours à la taverne tandis que le Dr Rossi arrive. Elliot dit au médecin qu’il est allé pêcher. 

Michael est à la recherche d’Ann. Elliot lui dit qu’Ann ressemblait à quelqu’un qui était sur le point de découvrir une réponse quand elle est partie d’ici. Michael s’en va. 


Au Shoreline Cafe, Chris joue du piano tandis que son frère, Lee, entre. Steven et Betty se montrent. 

Mais Betty demande à Steven s’ils peuvent partir, car elle ne se sent pas à l’aise. La musique continue. 


Episode 225

Mardi 31 mai 1966

Face à face

Ann Howard est retournée à Peyton Place afin d’apprendre la vérité sur son passé peu glorieux. Avec Michael Rossi, elle a trouvé le commencement d’un avenir plus prometteur. 

La maison du Dr Rossi à  la plage. Michael et Ann sont assis ensemble sur le canapé. 


Ann dit à Michael qu’il est merveilleux. Elle n’avait jamais pensé qu’il aurait été si difficile de revenir à Peyton Place. Elle n’aurait jamais tenu le coup sans lui. 

Il offre de la raccompagner chez elle. Elle lui rappelle qu’il est de service à l’hôpital à cinq heures et qu’il a besoin de se reposer. 

Il lui dit d’être prudente sur la route. Michael accompagne Ann à sa voiture. Elle s’assoit à l’intérieur puis se tourne vers Michael et lui dit qu’elle l’aime. Elle démarre la voiture et s’en va. 

Ann passe en voiture devant le Shoreline Garage, se gare et sort du véhicule. Elle se heurte accidentellement à Chris Webber. Il demande s’ils se connaissent, puis il souhaite qu’elle l’aide à se repérer. 

Il lui demande s’il est loin de la maison d’hôtes de Mme Hewitt. 

— Vous devez être nouvelle à Peyton Place, dit-il. 

Il ajoute qu’il vient tout juste d’arriver, et qu’il cherche un job. Il se présente à Ann. Il a grandi ici et il voit avec les yeux d’un enfant. Il dit qu’il n’aime pas les filles que le maternent. 

Elle prend congé de lui sans lui dire qui elle est, simplement en lui souhaitant une bonne nuit.


Vue extérieure du manoir, le lendemain matin. 

Martin Peyton est au salon, dans son fauteuil roulant, en train d’observer le portrait de Catherine, sa fille. 

Hannah apparaît sur le pas de la porte et demande à Martin quand il souhaite prendre son petit déjeuner. Peyton jappe : 

— Garde ça loin de moi, je mangerais lorsque tu m’apporteras de la nourriture qui en vaut la peine !

Hannah regarde à son tour le tableau : 

— Je souhaite que vous vous débarrassiez de ce portrait. Si vous aviez vu la façon dont cette fille, Ann, le scrutait l’autre soir… Que se serait-il passé si elle avait vu les initiales ? 

Elle s’approche du portrait et supplie : 

— Martin, s’il vous plaît. Laissez-moi le décrocher. 

Peyton lui rétorque qu’il ne veut pas le décrocher. Il se remémore la façon dont Brian Colby était venu à l’époque. Il avait dans la main une bouteille cassée et il menaçait de le tuer. Puis il dit à Hannah de cesser d’avoir peur. 

— Je ne veux pas faire souffrir mon fils, dit Hannah. 

— Tu n’as pas de fils, rétorque Peyton. 


Dans le bureau de Steven, Ann lui parle de sa rencontre avec Chris Webber. Selon Steven, elle doit continuer à croire en son innocence. 

Elle lui relate également sa conversation avec Hannah et Betty. Elle trouve étrange qu’Hannah l’ait appelée « Mlle Colby ». De plus, elle a trouvé Hannah très crispée. 

Steven lui avoue avoir parlé d’elle à sa mère. Ann apprécie le fait que Steven croit en elle. Steven lui dit qu’il va s’employer à découvrir ce qui est vraiment arrivé dix-sept ans plus tôt. 


Rita se dirige vers le manoir des Peyton, enlève la poussière de ses chaussures et sonne à la porte. Betty lui souhaite la bienvenue et la fait entrer. Rita demande à voir M. Peyton. 

Betty lui dit qu’il est retourné dans sa chambre juste après le petit déjeuner et qu’il a demandé à ne pas être dérangé. 

— Qu’est-ce qui ne va pas ? demande Betty à Rita. 

Betty sait que le problème de Rita est qu’elle veut se faire accepter de la famille. Elle lui conseille cependant de s’éloigner des Peyton et des Harrington et de vivre sa vie avec Norman. Elle parle du temps où elle était une étrangère dans cette maison, à l’époque où elle était mariée avec Rodney. Ce n’est pas une période heureuse de sa vie. 


Rodney entre au Cider Barrel et Sandy lui présente son beau-frère, Chris Webber. 

Chris demande à Rodney comment il s’entend avec Lee. Il avoue au jeune Harrington que Lee pense que c’est un perdant. 

Chris suggère à Rodney d’être patient avec Lee. 


Steven se rend au Shoreline Garage et s’entretient avec Lee. Il lui dit qu’il a finalement parlé avec Arthur Crain. Lee demande des nouvelles de la sœur d’Arthur. 

Steven l’avait totalement oubliée. Lee demande à l’avocat de ne pas aborder le sujet de l’accident avec Chris. Ou du moins d’attendre qu’il ait le temps de préparer son frère afin que ce ne soit pas un choc pour lui de ressasser le drame. 

Steven apprécie l’aide de Lee.


Au Cider Barrel, Sandy dit qu’elle aimerait être assez intelligente pour pouvoir entrer à l’université.  

Lee entre et Rodney demande qui surveille le garage. Lee demande à Sandy de lui servir un hamburger avec une tasse de café. 

Il prévient Chris qu’il y a un avocat en ville qui va venir le voir pour lui poser des questions. 

Il ajoute qu’Ann Colby est revenue en ville et qu’elle s’appelle maintenant Howard. Il souhaite que Chris ne dise rien à Steven. 

Mais Chris l’informe qu’il lui dira tout ce qu’il sait sur l’accident. Lee s’en va. 


Episode 224

Lundi 30 mai 1966

Rencontre tendue

Christopher Webber revient de l’université. Il est aveugle depuis dix-sept ans. Mais la mémoire du rivage et de la falaise proche est toujours aussi présente à son esprit. 

Chris marche le long du quai, passe devant la maison d’hôtes jusqu’au Shoreline Garage. 


Lee travaille sur une voiture tandis que Sandy lui dit : 

— J’aimerais être déjà à demain. Je ne tiens plus en place. 

Lee hausse les épaules : 

— Pourquoi ? Tu es déjà allée à Boston auparavant. 

Chris arrive par surprise. Sandy se retourne et se précipite vers lui pour l’embrasser. Elle est heureuse de voir son beau-frère. 

Lee se tourne vers son frère : 

— Hey mec, qu’est-ce que tu fais à marcher ici tout seul ?

Chris dit en plaisantant que le porteur indigène ne voulait plus le porter. Il dit à Sandy qu’il aime son nouveau parfum. 

Sandy suggère que pour fêter l’arrivée de Chris, ils devraient aller manger dans un restaurant à White River qui est supposé être formidable. 

Puis elle s’en va, laissant son mari seul avec Chris. Ce dernier lui demande comment se déroulent les choses à la maison. Il lui semble que Sandy est toujours d’un bon esprit. 

Lee lui dit que depuis que « le playboy » a pris la direction du garage, il doit travailler dix à onze heures par jour pour que le garage puisse faire des bénéfices. Il dit à Chris que Rodney ne sait pas faire la différence entre un joint de culasse et une tête de Delco.  


Ann Howard, vêtue d’un manteau de fourrure, conduit sa décapotable jusqu’à la maison de la plage de Michael. Elle se rend devant la porte d’entrée et frappe. 

Michael est occupé à lacer ses chaussures. Il vient de recevoir un appel d’urgence. Il laisse Ann entrer. 

Michael cherche sa deuxième chaussure pendant qu’Ann lui raconte qu’elle vient juste de voir Chris Webber sortir du bus et traverser le square. Michael pensait qu’il était à Boston. 

Il lui dit qu’elle devrait parler avec lui de l’accident afin de lui demander s’il sait si c’est vraiment elle qui l’a poussé. Ann est offusquée : 

— Vous pensez que je l’ai poussé, n’est-ce pas ? Vous pensez que je suis coupable. Et ces dîners sur le quai, et cette gentillesse ! Vous étiez simplement en train de vous moquer de moi. 

Il lui répond qu’il ne se préoccupe pas de ce qui s’est passé il y a dix-sept ans. Il se préoccupe d’elle, et maintenant. Ils s’embrassent.


Allison est en train de lire dans le salon des Carson. Ses parents sont partis au cinéma.   La sonnette de la porte d’entrée retentit. Elle va ouvrir et laisse entrer Rodney.

Rodney informe Allison qu’il s’est violemment disputé avec Norman. Puis ils évoquent leur relation. 

— Nous avons passé un certain point. Nous ne pouvons pas revenir en arrière, dit Allison.  

— Nous ne sommes pas vraiment semblables, n’est-ce pas ?

— Je pense que non. On ne peut pas revenir en arrière. C’est fini.  


Rita est dans l’appartement, elle est occupée à disposer des bougies pour le dîner. On frappe à la porte. C’est Leslie qui vient lui apporter un livre. Rita le fait entrer. 

Il lui demande où se trouve Norman. Elle lui répond qu’il est toujours en classe. Il souhaite l’attendre. 

— Bien sûr, lui répond Rita. 

Leslie lui dit que c’est aussi difficile pour lui que ça l’est pour elle. Elle lui répond que Norman ne veut rien avoir à faire avec Leslie et Rodney. 

Norman arrive et crie d’un air joyeux : 

— Où est mon dîner ?  

C’est alors qu’il voit Leslie et lui demande ce qu’il fait ici. Rita informe Norman que Leslie reste à dîner. 

Norman reproche à son père d’avoir permis à Rodney de vivre au manoir avec leur grand-père. 

— Je ferais mieux de partir, dit Leslie en voyant que la situation ne s’améliore pas entre lui et son fils. 

Rita le regarde dans les yeux : 

— Restez, s’il vous plaît.  

Leslie décide finalement de rester. 


Hannah ouvre la porte à deux battants de la chambre de Martin Peyton au manoir. Le vieil homme est dans son lit. Il est mal en point et demande à Hannah quand Rossi sera ici. Hannah lui prépare son médicament et le dispose dans un verre. 

Au cours de la conversation, Peyton mentionne Brian Colby, le père d’Ann. Colby n’était pas satisfait des trente pièces d’argent qu’il avait reçues. 

Martin pense que Colby pourrait revenir à  Peyton Place pour Steven. 


Dans leur maison, Betty porte à Steven une tasse de café dans un élégant plateau. Ils discutent. Steven se rend compte qu’ils parlent constamment du « vieil homme ». 

Betty lui demande s’il lui est déjà venu à l’idée que Peyton est un vieil homme seul. Elle parle de la possibilité d’inviter Martin à dîner.


Le Dr Rossi et Ann se rendent au manoir. Michael sonne à la porte. Hannah vient leur ouvrir et les invite à entrer. 

Michael présente Ann à Hannah. Il lui raconte que lui et Ann étaient sur le point d’aller dîner ensemble lorsqu’il a reçu son appel. 

Le médecin monte voir Martin tandis que Ann regarde autour d’elle. Elle s’arrête et observe le portrait de Catherine. 

À l’étage, Michael examine Martin Peyton et lui demande depuis combien de temps il se sent malade. Le médecin prend sa température. 

Hannah redescend et voit Ann en train d’observer le portrait de Catherine, la défunte fille de Martin. 

Hannah explique à Ann quel genre de femme nuisible était la fille de Peyton. Elle l’informe que le tableau a été peint avant son mariage. 

— C’est tellement vivant, s’extasie Ann. Tellement vrai. 

Elle dit à Hannah que son père était peintre. Elle espère qu’un jour elle pourra avoir une infime partie de son talent. 

Hannah jette un regard froid sur le portrait. 

Rossi redescend et Ann lui fait remarquer que Hannah l’a appelé « Mlle Colby ». Michael lui explique que Hannah sait tout à son sujet. 


Episode 223

Jeudi 26 mai 1966

Le retour de Chris Webber

Hier, Rodney Harrington a eu une violente querelle avec son frère, Norman. Rodney sait que la blessure entre eux peut être guérie. Mais il sait que la solution à ce problème n’est pas facile. 

Rodney conduit sa mobylette, se gare en face du drugstore, monte les escaliers menant à l’appartement de Norman et Rita. Il frappe à la porte. 


Norman est en train de faire la cuisine quand Rodney entre.

— Je suis venu pour m’excuser, dit-il. 

— Très bien, excuses acceptées. 

— Ce n’était pas mes affaires. Je n’avais pas le droit de m’interposer. C’était entre toi et  grand-père. 

— À vrai dire, tu vis là-bas. Tu ne peux pas rester sans rien faire quand quelqu’un attaque ton pain et ton beurre. 

— Je vis là-bas parce que j’y suis obligé. 

— Pourquoi ? s’étonne Norman. Est-ce que quelqu’un t’a mis un revolver sur la tempe ?

— En quelque sorte, oui. 

— Papa ?

Rodney acquiesce. 

— Grand-père lui a proposé de lui redonner la direction de la fabrique si j’étais d’accord d’aller vivre au manoir.  

— Alors tu as accepté de vivre dans cette grande maison. Pour y faire quoi ? Jouer aux échecs avec le vieux ? 

— Juste pour y être. Il pensait pouvoir m’inculquer sa façon de voir les choses, je suppose.

— Et au sujet de l’argent ? De tous les hectares qui appartiennent aux Peyton ?  

— Je ne veux pas de cet argent, Norman.  

— Pourtant il est là. C’est une partie du marché. N’est-il pas vrai qu’il te forme pour pouvoir prendre la direction de la fabrique, et tout ce qui va avec ? Que vas-tu faire lorsqu’il va te servir ça sur un plateau d’argent ? Le lui jeter à la figure ? 

— Je suppose.  

— Bien sûr ! 

— Norm, je veux te dire quelque chose. Si je reçois de l’argent, et je dis bien « si », je me fiche de tout ce que les avocats du monde entier pourront dire, je veux le partager avec toi à 50-50.

— Tu peux prétendre ce que tu veux. Mais en ce moment, tu manges et tu dors là-bas. Quelque chose cloche dans ton discours. Allez Rod, penses-y. Tu dois bien avoir un intérêt à cela. Je veux dire, tu n’es pas un martyre. 

— Attends une minute, petit frère. Depuis que j’ai passé cette porte, tu m’agresses. Tu es toujours ce gamin gâté qui regardait dans mon assiette parce que j’avais une part de dessert plus grosse que la tienne. Si l’on parlait de l’indépendance que tu veux avoir. Peut-être es-tu juste effrayé, et tu ferais n’importe quoi pour que quelqu’un vienne à ton aide parce que tu n’es qu’un froussard.  

— Oh, arrête de jouer au grand frère. Tout ça est de l’histoire ancienne.  

— Bien sûr que ça l’est. Parce que j’ai passé suffisamment de temps en prison à cause de ça… Je suis désolé, je ne voulais pas… 

— … eh bien, finalement, on y arrive. C’est de ma faute si tu es allé en prison. 

— Ce que je voulais dire… 

— Ne t’excuse pas. Tu as été honnête pendant cinq secondes. Durant toutes ces semaines, tu n’as jamais mentionné ceci. Bon vieux sage Rodney. Maintenant, je n’oublierais pas un seul instant pourquoi tu es allé en prison. 

Rodney se tourne et s’en va.


Norman se rend au drugstore pour parler avec Rita. Sandy entre et dit à Rita qu’elle jette un œil aux rayons. Norman embrasse Rita et s’en va. 

Sandy s’approche de Rita et lui demande conseil pour une bonne lotion après-rasage. Rita demande si c’est pour Lee. Sandy lui répond que c’est pour Chris. Il revient à la maison demain. Elle raconte à Rita que c’est un jeune homme très spécial. 

Sandy commande une limonade et lorsqu’elle parle d’elles, elle évoque deux « vieilles femmes mariées ». Sandy avoue à Rita qu’elle l’envie parce qu’elle trouve qu’elle a de la chance. Elle sait que Norman l’a épousée pour ce qu’elle est. Ce n’est pas le cas de Lee. 

Sandy s’excuse pour avoir pris du temps à Rita. Elle paie ses vingt cents pour la limonade et s’en va. 


Ann apporte quelques croquis à la librairie. La librairie vend aussi bien des livres que des magazines et des cartes postales. Elle demande à Constance d’essayer de les vendre. 

Puis Ann parle avec Allison d’origami. Constance offre à Ann du papier origami pour les enfants de la salle de rééducation à l’hôpital. Allison s’en va avec Ann. 

Elliot arrive et parle avec Constance de la nouvelle amie d’Allison, à savoir Ann Howard. Elliot assure à sa femme que Ann n’est pas un monstre. 

Toujours est-il que Constance se demande pourquoi sa fille cherche à se lier avec des gens comme Ann Howard. Elle pense comme la plupart des gens que c’est Ann qui a poussé Chris de la falaise. Elle s’inquiète au sujet d’Allison. 


Rodney entre au manoir et commence à monter les marches menant au premier. Il est appelé par Betty. 

Elle retire son manteau de l’armoire et s’apprête à l’enfiler lorsque Rodney redescend et lui demande de rester un instant pour parler. 

Il lui parle de la bagarre qu’il a eue avec Norman et de la discussion qu’il vient d’avoir avec lui. Betty le rassure en lui disant qu’ils ont déjà eu des bagarres avant et que tout s’est toujours arrangé. Ce genre de crise est normal entre frères. 

Ils en viennent à parler d’Allison et Betty lui rappelle qu’elle a attrapé le bouquet à son mariage et selon la légende, c’est elle qui sera la prochaine mariée. 

Rodney demande à Betty si elle le voit marié avec Allison. 

— Bien sûr, lui répond-elle. 

Puis Betty s’en va et Rodney s’assoit sur les marches des escaliers, pensif. 


Lee est au Shoreline Garage en train de travailler tandis que Sandy arrive. Il parle du problème de voiture du vieux Parker et lui demande ce qu’elle a acheté. Elle lui raconte qu’elle a acheté plusieurs choses pour Chris. 

Lee a prévu d’aller chercher Chris à Boston en voiture et il entend bien à ce que Sandy vienne avec lui. 

Ils se disputent une nouvelle fois. Sandy pense que si Lee veut qu’elle vienne avec lui, c’est parce qu’il n’a pas confiance en elle. Lee décide après tout de ne pas prendre Sandy avec lui. 


Dans le bureau de Steven, Ann parle avec lui d’Arthur Crain. Steven lui dit que ce citoyen respectable continue d’affirmer que c’est Ann qui a poussé Chris. Il se souvient qu’elle portait un pull rouge et une jupe sombre ce jour-là. Steven lui dit que ce n’est pas parce que quelqu’un affirme une chose qu’elle est forcément vraie. 

Arthur s’est souvenu que Brian Colby, le père d’Ann avait dit : « ma fille a des sautes d’humeur ». Il lui demande si elle se souvient de ça. 

Tout en allumant la lampe, Steven lui avoue qu’il ne sait pas exactement ce qui s’est passé. 

Ann s’en va. À l’extérieur, elle s’apprête à traverser le square. Un bus interétat se gare en face du Colonial Post Inn. Un homme, aidé d’une femme, sort du bus. 

Cet homme, c’est Chris Webber. La femme le conduit jusqu’à la boîte aux lettres du Colonial. 

Ann observe Chris qui marche à travers le square, vers le pilori et qui passe juste devant elle. 


Episode 222

Mardi 24 mai 1966

Arthur Crain

Hier soir, Rodney Harrington a été obligé de prendre parti contre son frère ou son grand-père, Martin Peyton. Ce matin, Rodney réalise qu’il a fait le mauvais choix. Et il doit le rectifier, sans se soucier des effets que cela aura sur son grand-père.

Une vue générale du porche du manoir près de l’entrée principale. 


Rodney descend les escaliers de l’aile gauche du manoir, fait une pause, puis retourne en haut et se dirige vers l’aile droite. Il parvient devant la porte de la chambre de Peyton et frappe. Hannah se lève et se dirige vers la double porte. Elle fait entrer Rodney.  

— Bonjour, madame Cord. Pourrais-je parler à mon grand-père en privé, s’il vous plaît ?

Hannah quitte la chambre en fermant la porte. Rodney s’approche du vieil homme. 

— Grand-père, je voulais simplement te dire que j’ai eu tort de la façon dont j’ai agi hier soir. Et je pense que tu as eu tort, toi aussi. Je parle de la façon dont tu as traité Norman. 

Peyton semble s’amuser des propos de son petit-fils. 

— Eh bien, qui a-t-il de si drôle ? s’étonne Rodney. 

— La plupart des gens ont le visage bouffi, sont ternes et à moitié endormis le matin. Moi je te trouve en colère, rafraîchissant, stimulant, et maintenant amusant. 

— Est-ce que tu as entendu ce que j’ai dit ?

— Chaque mot. 

— Et tu trouves cela amusant ?

— Rodney, j’essayais simplement d’aider Norman. 

— Comment ? En l’humiliant ? 

— Avant que tu ne t’interposes, j’ai…

— Interpose ? La situation nous échappait. 

— Avant que tu ne t’interposes, j’ai offert d’aider Norman à aller à l’université. L’aider aussi à s’en sortir financièrement. Mais il est assez fier pour refuser mon aide. 

— Tu as fait en sorte que ce soit un crime de refuser. 

— Lorsque tu te maries avec une fille Jacks et que tu es sans le sou et inculte, c’est effectivement un crime de refuser de l’aide. 

— Tu es stupéfiant. Vraiment stupéfiant. La façon dont tu as traité Norman. La façon dont tu l’as toujours traité. Et tout ce que tu ressens, c’est qu’il est trop fier pour refuser ton aide ?

— Que crois-tu que je devrais ressentir ?

— Je pense que tu devrais te sentir coupable et honteux de la façon dont tu l’as traité. De la façon dont tu as ignoré son existence pendant toutes ces années. Et aujourd’hui de la façon dont tu ignores Rita. 

— Tu es le seul qui devrait se sentir coupable et honteux de la façon dont tu as poussé Norman hier soir. Qu’est-ce que tu as pu dire pour que Norman vire au rouge ? Je me souviens. Il a dit : « Qu’est-ce que tu as fait pour avoir été choisi, Rodney ? ». C’est ce qui a provoqué ta colère et ton explosion de violence. C’est de ça que tu devrais avoir honte. 

— Tu as raison, je me sens responsable. Et je vais faire en sorte d’arranger toute cette histoire. Mais ça ne veut pas dire que tu n’as pas ta part de responsabilité, grand-père. 

— Vous êtes à côté de la plaque, tous les deux. Norman pour son comportement ridicule, et toi pour le défendre. Norman devrait être heureux, extrêmement heureux d’avoir quelqu’un capable de l’aider financièrement lorsqu’il en a besoin. Est-ce si difficile à comprendre ?

— Ne comprends-tu pas ? Tout ce qu’il veut de toi est la seule chose que tu ne lui as jamais donnée : ton approbation, ton affection, ton amour. C’est tout ce dont il a besoin. Je ne sais pas. Peut-être… peut-être que tu ne peux pas donner ça. Peut-être que c’est la seule chose que tu n’es pas capable de donner, à personne. 

Rodney ouvre la porte de la chambre et s’en va. 

Hannah revient. 

— Eh bien, est-ce que ça vaut la peine ? dit-elle. 

Elle referme la porte, et poursuit :

— Est-ce que ça valait vraiment la peine de faire revenir le père de Rodney à la fabrique juste pour que Rodney habite le même toit que vous ? Ainsi vous pouvez essayer une nouvelle fois de gagner la loyauté et l’amour de ce garçon ?

— Ça ne te regarde pas. 

— Tous vos sacrifices, sans valeur. 

— Je n’ai pas besoin de ta pitié.

— Je ne vous donne pas ma pitié. 

— Aussi longtemps que j’en serai capable, je continuerai à essayer d’influencer mes petits-fils de la façon que j’estime la meilleure. 

— C’est futile. 

— Sors d’ici, Hannah. 

— Même si vous parvenez à gagner leur confiance dans un futur proche, ça ne servira à rien. Rien du tout. Parce que dès qu’Ann Howard aura décidé de laisser la vérité éclater, la vérité à propos de vous, Martin, à propos de votre raison d’avoir soudainement fait exploser cette famille, votre précieuse relation avec vos petits-fils va s’effondrer. Tout s’effondrera. Tout ce que nous avons essayé de protéger. 

Hannah quitte la pièce. 


Steven arpente le quai, près de la maison d’hôte, vers la taverne. Ann conduit sa nouvelle voiture et s’arrête près de lui. 

— Bonjour, Ann. 

— Eh bien, que pensez-vous de ma nouvelle voiture ?

Steven observe l’épave. 

— Eh bien, je suppose que c’est toujours mieux que faire de la marche. Plus du problème à l’hôpital ?

— Non. De ce côté, c’est tellement calme que c’en est de mauvais augure. Et vous ?

— J’ai finalement retrouvé la trace d’Arthur Crain. Je le rencontre ce matin même. 

— Fantastique ! jubile-t-elle. De quoi se souvient-il au juste ?

— Nous n’avons pas beaucoup parlé au téléphone. Mais il m’a dit qu’il se rappelle très bien l’accident sur la falaise. 

— Après toutes ces années, c’est presque incroyable !

— Écoutez, laissez-moi vous prévenir. Ne vous réjouissez pas trop vite. 

— C’est drôle de savoir qu’un type comme Arthur Crain deviendrait si important à mes yeux. 

— C’était un de vos accusateurs. 

— J’ai peine à me souvenir à quoi il ressemble. 

— Vous étiez des enfants à l’époque. Nous étions tous des étrangers les uns pour les autres. 

— Me tiendrez-vous au courant de votre entrevue ?

— Bien sûr. 

— Quoi qu’il arrive ?

— Quoi qu’il arrive. 

— Au revoir. 

Ann redémarre et s’en va. Steven poursuit jusqu’à la taverne. 

Il entre dans l’établissement et interpelle Ada. Elle s’approche de lui. 

— Eh bien, vous êtes matinal.

— J’ai rendez-vous avec quelqu’un. 

— Vous êtes mon invité. Café ?

— Pas tout de suite. 

— Veuillez m’excuser, Rita est ici. Je dois lui parler. 

— Bien sûr. 

Ada se rend à l’arrière-boutique pour parler avec Rita. 

— Tu es venue spécialement ici pour faire une razzia sur la crème glacée ?

— Non, juste pour te parler. 

L’air maussade de Rita n’échappe pas à Ada. 

— Eh bien, il y a une première fois à tout. 

Elle tend une assiette de nourriture à sa fille. 

— Non, c’est ton petit-déjeuner, marmonne Rita. Je n’ai pas faim. 

— Il faut que tu prennes des forces. 

— À qui as-tu parlé ?

— Au Dr Rossi. 

— Quand ?

— Il est passé ici. 

— Maman ?

— Ce n’est pas parce qu’il est médecin qu’il n’a pas le droit d’aller dans un bar. 

— Qu’a-t-il dit ?

— Que tu ne devrais pas sauter des déjeuners ! Maintenant, que voulais-tu me dire ?

— Crois-tu que c’était mal de ma part de ne pas vouloir de bébé ? 

— Il est difficile de répondre à cette question dans le contexte actuel. 

—  Je ne sais plus où j’en suis. Norm s’est mis en tête qu’on pouvait se permettre d’en avoir un. Moi je suis pour attendre. Puis il décide que c’est effectivement une bonne idée d’attendre, et moi je change d’avis et j’en veux un. 

— C’est normal. Tout le monde…

— Non, ce n’est pas normal. Les femmes ne devraient pas ne pas vouloir de bébé. C’est mal. J’ai peur, Maman. Et si jamais je ne pouvais tout simplement pas en avoir ?

— Tu vas très bien. Tu es juste un peu nerveuse. 

— Si nous décidons réellement d’avoir un bébé et que je ne peux pas en avoir, j’en mourrais. Tout simplement, j’en mourrais… Eh bien, dis quelque chose. 

— Que veux-tu que je te dise ?

— Dis-moi que je ne serai pas punie pour ne pas avoir voulu de bébé. 

— Je ne peux pas. Ton père et moi ne sommes pas restés longtemps ensemble. Notre mariage battait de l’aile et je pensais qu’avoir un bébé pourrait nous aider. Mais c’était faux. Il est parti avant ta naissance. Je suis tombée enceinte au moment où j’avais besoin de me sentir attirante. Je ne voulais pas de toi. Je t’ai détestée. Si quelqu’un devait être puni, ce serait moi. J’étais sur le point de te faire adopter. 

— Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

— J’ai commencé à t’aimer. 

— Maman, dis-moi que je pourrais avoir un bébé un jour. 


Constance et Allison s’affairent à la librairie tandis que Betty entre. 

— Bonjour. 

Allison et Constance la saluent en retour. 

— Qu’est-ce que l’on peut faire pour toi ? demande la propriétaire des lieux. 

— Je ferais mieux de vous aider vous, ou vous serez dans la salle d’accouchement dès cet après-midi, plaisante Betty. 

Allison en profite pour dire :

— J’ai dit à maman que je pouvais m’occuper de la librairie, mais elle veut encore pouvoir garder un œil dessus. 

Betty en vient au but de sa visite. 

— Je voudrais un livre de cuisine. 

— Je vais te montrer où ils se trouvent, sourit Constance. 

— En fait, c’est un livre de cuisine sans sel que je recherche, si vous en avez un. 

— Voyons voir… nous en avons un… il devrait se trouver ici, si j’arrive mettre la main dessus… 

— Betty, j’ai un livre parfait pour toi, annonce Allison. C’est mon préféré. Il comprend quinze pages sur la façon de préparer un porc en sauce pour trente-cinq personnes. C’est fantastique. Tu le sers sur un grand plateau en bois et tu places une pomme dans sa bouche.

— Ce serait amusant d’essayer, glousse l’employée de Martin Peyton.  

— Tu veux quand même le livre sans sel ?

— Bien sûr, je vais pouvoir concocter du porc en sauce sans sel. 

— Dois-je mettre cela sur le compte de M. Peyton ? s’enquiert Constance. 

— Non, envoyez la note au bureau de Steven. Vous n’avez pas besoin de mettre une dénomination sur la facture, n’est-ce pas ?

— Non. Nous pouvons simplement l’appeler : « livre de cuisine ». 

— C’est parfait. Steven et moi aimerions vous avoir à la maison. C’est encore un peu la pagaille, je suis en pleine décoration. 

— Nous en serions ravis. Je suis sûre que tu as fait du bon travail. 

— Merci. Passez quand vous voulez. 

— Nous n’y manquerons pas. 

Betty s’en va. Constance se tourne vers sa fille. 

— Betty va donner un grand dîner, exact ?

— Exact.

— Les personnes qui sont au régime sans sel ont des problèmes cardiaques, exact ?

— Exact.

— Et la seule personne que nous connaissons avec ce genre de problème est Martin Peyton, exact ?

— Exact.

— C’est probablement une de ces sinistres fêtes comme un anniversaire surprise. 

— Pour M. Peyton ?

— Oui. 

— Betty est une épouse formidable, fait Allison. Elle arrive à tout diriger. Steven est un homme chanceux. 

— Cela ne suffit pas à être une bonne épouse, Allison. 

— Non, c’est sûr. Mais ça aide. Parce que cela montre que Betty sait qui elle est, et ce qu’elle veut dans la vie. Je l’envie. J’aimerais être comme elle. 

— Oh, Allison, arrête avec ça ! Tant que toi et Rodney avez des problèmes, tu te compareras toujours à d’autres filles. Betty a également eu sa part de problèmes. Rodney t’aime pour ce que tu es. 

— Peut-être.


Steven attend toujours à la taverne, jouant à faire des ronds de son doigt avec la poussière du comptoir. Arthur Crain entre enfin et s’assoit à côté de lui. 

 — Je suis vraiment désolé pour ce retard, monsieur Cord. 

— Tout va bien, monsieur Crain. J’apprécie le temps que vous prenez à venir me voir.

— J’ai décidé de faire une balade du côté de la station. J’ai oublié à quel point c’était loin d’ici. 

— Café ? Le bar n’ouvre pas avant midi. 

— Oh, rien pour moi, merci. Cet endroit n’a pas changé. C’est toujours Ada qui le tient ?

— Oui. 

— J’avais toujours l’habitude de passer du temps ici. 

— Quand êtes-vous venu dans cette ville pour la dernière fois ?

— Oh, laissez-moi compter… Cinq ans, je crois. Oui, ça fait cinq ans. C’était pour un jour. Je ne vous aurais jamais reconnu après toutes ces années. 

— Moi non plus, avoue l’avocat. 

— Vous avez eu de la chance de me trouver à la maison. Je voyage beaucoup en ce moment. C’est curieux après toutes ces années. Quelqu’un reparle de ce qui est arrivé sur la falaise. 

— C’est Ann Colby qui a décidé d’en reparler, monsieur Crain. 

— C’est elle ?

— Elle habite ici sous son nom de femme mariée, Howard. Elle m’a engagé pour découvrir ce qui s’est passé. Vous m’avez dit au téléphone vous souvenir parfaitement de l’incident. 

— C’est vrai. 

— En ce qui me concerne, mes souvenirs sont vagues et confus. 

— Pas les miens, affirme Crain. J’ai bien peur de ne jamais les oublier. 

— Aviez-vous déjà joué avec les mêmes enfants auparavant ?

— Oh oui ! De nombreuses fois. 

— Et vous aviez tous conscience qu’une chute du haut de la falaise pouvait être fatale ?

— Oui. 

— Aviez-vous déjà vu Ann Howard auparavant ?

— Non. 

— Vous rappelez-vous son apparence ?

— Je crois, oui. Je crois qu’elle portait un pull rouge et une jupe. Oui, c’est ça, je me souviens du pull rouge. C’est exact, n’est-ce pas ?

— Où étiez-vous lorsque l’accident s’est produit ?

— J’étais juste là, tournant autour comme le reste des enfants. Une minute, ce fut drôle et amusant, et la minute suivante, Chris Webber criait et tombait de la falaise. Tout le monde disait que c’était Ann qui l’avait poussé. 

— Je sais. Tout le monde l’a dit, Arthur. Je l’ai dit aussi. Mais après m’être forcé à repenser à cette histoire, j’ai réalisé que j’étais effrayé et excité, et que j’avais simplement imité le reste des gosses qui accusaient Ann.

— Êtes-vous en train de dire qu’il s’agit d’affabulations de gosses ? Non, ça ne l’était pas. Le père de la fille s’en est mêlé. 

— Qu’entendez-vous par là ?

— Il a dit qu’il croyait qu’elle l’avait fait. Il disait qu’elle était sujette à des accès de colère.

— Vous avez une bonne mémoire, Arthur.

— Pour certaines choses, oui. 

—Et vous vous souvenez que c’est effectivement Ann Howard qui a poussé Chris Webber de la falaise ?

— Oui. 

— Êtes-vous formel ?

Arthur hoche la tête d’une manière affirmative. 

— Oui. Si je ne l’avais pas vu faire, je ne l’aurais jamais dit. Mais je l’ai vu. 


Norman est en train de balayer le magasin général tandis qu’un client s’en va. Eli le salue. 

— Merci. Au plaisir. 

Rita entre dans le magasin, portant un sac d’épicerie. Eli l’accueille avec un grand sourire. 

— Bonjour, madame Harrington. Que puis-je faire pour vous ?

Rita fait la moue et désigne Norman d’un mouvement de la tête. 

— Il ne me parle pas. Il est fâché contre moi pour quelque chose. Voulez-vous demander à Norman s’il aimerait faire un petit pique-nique avec moi au kiosque à musique aujourd’hui ?

— Dites-lui « non merci », bougonne Norman. Je suis trop occupé. 

Eli décide de jouer les médiateurs :

— Si je viens avec vous jusqu’au kiosque à musique en tant qu’arbitre, qui me donnera la moitié de son sandwich ?

— Moi, répond Rita. 

Eli se dirige vers Norman.

— Allez…

— Qui va s’occuper du magasin pendant ce temps ? avance Norman. 

— Je suis le patron. Et je te donne un ordre. 

Eli, Rita et Norman vont au kiosque à musique et s’y installent. 

— Il y a un sandwich pour Norman, dit Rita. 

Elle tend un sandwich emballé à Eli. Eli le jette à Norman.

Elle sort ensuite un autre sandwich du panier et le tend à Eli. 

— Voici le vôtre. 

— Vous savez, mon ami William Shakespeare avait l’habitude de dire que le véritable amour ne pouvait jamais se froisser. Norman, tu es trop vieux et trop sensible pour agir de la sorte. 

— Ce n’est pas votre affaire, monsieur Carson, maugrée le jeune homme. 

— C’est l’affaire de Rita. Et si tu n’as pas le courage de lui dire pourquoi tu t’es querellé et le dire sans te fâcher, c’est moi qui vais me fâcher. 

— C’est déjà fait. Merci. 

— Et si tu ne peux pas parler de ceci raisonnablement et calmement, et avec honnêteté et…

— J’ai compris. 

— … alors tu n’aurais pas dû te marier. C’est tout ce que j’avais à dire. 

Rita sort de son sac une boîte en plastique. 

— Oh, mais j’ai une salade de pommes de terre avec des œufs, des carottes et des olives. Vous n’en voulez pas ? 

— Vous devez régler vos affaires entre vous. 

Eli se lève et s’en va. Après un instant d’un silence lourd, Rita brise la glace. 

—  Il y a du céleri rémoulade, si tu en veux.

Elle en offre à Norman. 

— Je me suis disputé avec mon grand-père, l’informe-t-il. Puis Rodney…

— Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?

— C’était une dispute sans intérêt. 

— Était-ce à propos de moi ?

— Qui sait à propos de quoi c’était ? Grand-père voulait me donner de l’argent. Je lui ai dit : « Non. Merci. On se débrouille très bien ». Alors il a durci le ton. De plus en plus. Alors est arrivé celui qui se mêle de tout, à savoir Rodney. Je ne sais pas qui a frappé en premier. J’ai toujours voulu être indépendant. Eh bien, je suppose que je devrais être aux anges. 

— Et ce n’est pas le cas ?

— Ma spécialité est de pousser les gens à bout. Jusqu’à ce qu’ils me tapent dessus. Alors je commence à me sentir désolé pour moi. Puis je vais chercher ailleurs d’autres personnes avec qui me battre. Le seul problème, c’est que je fais fuir les gens. Est-ce que tu veux prendre des distances ?

— Non. 

Norman se dirige vers Rita. 

— Même si je…

— Peu importe.

— Tu es folle. 

— Tu t’es marié avec moi. C’est toi qui es fou. 

— Je t’aime.

— Peut-être devrais-je parler à ton grand-père ?

—  Je te mets au défi… Bon, je ferais mieux de repartir travailler. Merci pour le pique-nique. Et je m’excuse d’avoir été de si mauvaise humeur hier soir et ce matin. 

— Tout va bien.

Norman embrasse Rita, puis retourne au magasin général.


À la fabrique, Rodney entre dans le bureau de Leslie et referme la porte. 

— Qu’est-ce que c’était cette hystérie au téléphone ? demande Leslie. 

— Eh bien, Norman et moi nous sommes battus. Une méchante bagarre. 

— Et tu me demandes d’avoir une conversation avec Norman. Pour arranger les choses, c’est ça ?

— Non, non. Je ne suis pas venu ici pour me plaindre de Norman. Je lui ai dit que la raison pour laquelle j’ai décidé d’habiter chez grand-père, c’est parce que je voulais que tu retrouves ton poste à la fabrique. Je sais que c’est en train de détériorer tes relations avec lui, mais je n’y peux rien. 

— Comment ça tu n’y peux rien ? 

— Je ne peux pas m’accabler de cela plus longtemps. 

— En quoi cela t’accable-t-il ? Tout ce que j’ai senti au téléphone, c’était que ta dignité d’adolescent a été offensée. Ton armure éclatante est en train de rouiller par ce soi-disant marché malheureux que j’ai fait avec ton grand-père. 

— Allons, Papa. Regarde la vérité en face. Ça ressemble plus à un dessous de table. 

— Quand te décideras-tu à grandir, Rodney ? Tu as vingt-et-un ans maintenant. Tu es déjà passé par un procès pour meurtre, et tu es toujours…

— Toujours quoi ?

— Tu agis toujours comme un enfant. Avec des notions de moralité de contes de fées. 

— Je savais bien que je ne pourrais rien obtenir de toi. 

— Alors pourquoi est-ce que tu m’ennuies avec tout ceci ? Pourquoi est-ce que tu ne vas pas voir Norman et lui parler ?

— Parce que c’est un autre de mes problèmes, Papa. Je suis « l’honorable Rodney ». J’ai pensé que je devais te parler, à toi. 

— Est-ce que tu en as parlé à ton grand-père ?

— Pas particulièrement. 

— Eh bien, quand il va savoir que Norman connaît la vérité, il va être heureux, je peux te l’assurer. Parce que tu vas accomplir pour ton grand-père ce qu’il a essayé de faire échouer pendant vingt ans. 

— Je ne peux pas te faire comprendre. 

— Tu vas détruire notre famille, Rod. 

— Je ne suis pas convaincu d’avoir encore une famille. 

— Je te préviens, Rod. Tu vas détruire notre famille, répète Leslie.

— Non, Papa. Pas la famille. Juste toi. 

Rodney se retourne et s’en va. 


Episode 221

Lundi 23 mai 1966

Le temps des disputes

Ann Howard a passé beaucoup de temps près de la maison de la plage de Michael Rossi. Mais Michael Rossi n’est pas la seule attraction. Ici, où s’est déroulé l’accident dans lequel un garçon est devenu aveugle, elle a trouvé le lieu de sa culpabilité. Elle doit maintenant partir à la recherche de son innocence. 

Le Dr Rossi revient à la maison de la plage en voiture et découvre Ann se tenant debout devant la falaise. 


Michael sort de sa voiture. Lui et Ann entrent dans la maison pour parler. Ann essaie d’arracher des brides de son passé. Mike lui dit qu’elle ne les trouvera pas ici. 

Ann reparle de l’accident et des enfants autour d’elle. Michael voudrait qu’elle oublie tout cela. Le médecin souhaite qu’elle retourne sur les lieux du drame. Pour tenter de l’exorciser et d’outrepasser ses peurs. Ce qu’elle fait. 


Elliot conduit Allison à la librairie. Elle demande des nouvelles de la maquette du voilier que son père a acheté récemment. Il veut qu’Eli le répare pour lui. 

Ils entrent dans la librairie et parlent d’aller naviguer ensemble. Mais Elliot sent que sa fille est perturbée par quelque chose et il lui demande ce qui ne va pas. 

Allison n’arrête pas de penser à ce qu’a dit Martin Peyton l’autre jour. L’opinion du vieil homme l’ennuie. 

Elliot lui demande si elle et Rodney ont déjà parlé mariage. Allison avoue que ses sentiments sont confus.

Elliot s’en va. Il se rend à sa voiture et sort la maquette du bateau du siège arrière. Il l’emporte au magasin général. Norman est sur le trottoir et le rejoint. 

— Bonjour monsieur Carson. 

— Oh, salut Norman. Il est un peu tôt pour ouvrir, n’est-ce pas ?

— Eh bien, quand votre père m’a engagé, il m’a dit que je devais être ici chaque matin à 7 h 30. J’ai donc été obligé de lui montrer la Charte des Droits de l’Enfant sur le Travail. Et maintenant, je ne viens plus avant 8 h 30.

Elliot et Norman entrent dans le magasin. 

— Salut papa, claironne Elliot. Comment te sens-tu aujourd’hui ?

— Ça ne te regarde pas ! Si tu es venu pour le café, tu sais où il se trouve. Va te servir. 

— A-t-on reçu les cagettes de pommes rouges ? s’enquiert Norman. 

— Dix au total. Toutes pourries. 

— C’est donc pour ça que vous êtes de mauvaise humeur. 

— En partie, oui. 

— Bien, où sont-elles ? Je vais aller les jeter. 

— Je l’ai déjà fait, marmonne le vieil homme. 

— Bon, eh bien je crois que je reviendrai pour le déjeuner, annonce Elliot.

Eli secoue énergiquement la tête. 

— Tu restes et tu prends une tasse de café ! ordonne-t-il. 

— Qu’est-ce qui ne va pas, papa ?

— Rien ne va. Rien, rien, rien !

— Tu radotes comme une vieille bique. 

— Mme Montgomery m’a téléphoné pour me dire que le seau en cuivre que je lui ai vendu et promis qu’il ne rouillerait pas, a rouillé. Mme Seawall a acheté pour 500 kg de noix et elles étaient toutes véreuses. Mme Cooper voulait une cloche en cuivre et j’ai bradé la dernière pas plus tard qu’hier. En plus de ça, 10 cagettes de pommes pourries, et notre jeune voyou qui est supposé venir ici à 8 h 30 le matin pour alimenter les rayons et qui se pointe avec vingt minutes de retard. Voilà ce qui ne va pas. Et arrête de sourire bêtement comme ça. Qu’est-ce que tu apportes ? 

— Dans l’état d’esprit dans lequel tu te trouves, tu n’apprécieras pas, papa. Je ferai mieux de revenir plus tard. 

— Oh non de non ! Laisse ce Persis Howell ici. Regarde-moi ces superbes voiles. Je parie que tu ne connais pas son histoire. 

— Non. Toi si ?

— Bien sûr que oui. Tout le monde connaît l’histoire de ce baleinier. Un jour, ils ont capturé une baleine. La plus grosse jamais vue. Ils ont eu beaucoup de difficulté à la tuer. Et lorsqu’ils y sont parvenus, l’âme de la baleine est venue hanter le bateau et apporter la chance aux chasseurs de baleine. Oui, monsieur, pendant dix ans, l’âme de la baleine est restée sur le bateau et apportée de la chance aux baleiniers, car toutes les plus grosses baleines tournaient autour du bateau, ne demandant qu’à être harponnées. Et puis un beau jour, un mousse s’est glissé près de la figure de proue du bateau et il a enlevé une oreille de la figure pour la donner à sa mère comme porte-bonheur. Eh bien, deux jours plus tard, le bateau coulait. Tous les hommes du bateau se sont perdus dans la mer calme. On a dit alors que l’âme de la baleine se trouvait dans la figure de proue, et lorsque le garçon a enlevé l’oreille, l’esprit de la baleine s’en est allé.

— En voilà une histoire ! Tu es sûr de ne pas l’avoir inventée ? 

— Ingrat personnage ! Je suppose que tu veux que je raccommode cette chose, dit Eli en montrant la maquette.   

—  Si tu veux bien, oui.

— Très bien, je le ferais si tu me fais une faveur en retour. 

— Tout ce que tu veux. 

— Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler à Martin Peyton.

— Oh, c’est ce qui t’ennuie ?

— C’est ce qui m’ennuie et ce qui doit t’ennuyer aussi. 

— En fait, les opinions de Peyton importunent la plupart des habitants de Peyton Place. 

— Tu pourrais te permettre de dire cela si tu n’avais pas de famille à soutenir. 

— Je peux soutenir ma famille et mes idées. Merci beaucoup, Papa. 

— Il est parfois habile de se battre contre le pouvoir abusif. Mais la plupart du temps, c’est imprudent. 

— Si c’est imprudent de dire à un vieux tyran comme Martin Peyton que le temps de la dictature est terminé, alors on peut dire que je suis un imprudent. 

— Personne n’a encore osé te dire que tu n’étais qu’une vieille bique radotante ?

Elliot rit. 


Leslie gare sa voiture près du Shoreline Garage et entre dans le bâtiment. Rodney est content d’avoir de la visite pour pouvoir faire une pause dans son travail. 

Leslie lui demande comment se déroule sa nouvelle vie au manoir. Il demande également des nouvelles de Peyton. Rodney lui répond qu’il est maintenant presque à l’aise au manoir. 

Il demande à son père comment il va. Leslie lui répond que ça l’aiderait beaucoup si Rodney revenait travailler à la fabrique. Puis il lui dit qu’il a demandé à Mme Anderson de l’épouser. Elle n’a pas encore donné sa réponse. Il demande à Rodney ce qu’il ressentirait s’il se mariait avec Julie. 

Rodney admet que Leslie n’a pas besoin de son consentement. Ils commencent à se disputer. Rodney lui dit que sa mère est morte depuis peu de temps. Il rappelle à son père que la scène qu’il a vue à la fabrique (cf. épisode 1 : Leslie embrassant Julie, et surpris par Rodney) a ruiné sa relation avec Betty. 

Leslie le regarde droit dans les yeux, déterminé : 

— Si Julie Anderson veut de moi, je me marierais avec elle. 


Au manoir, Martin demande à Norman s’il joue aux échecs. Norman lui répond qu’il n’a jamais pris le temps d’apprendre à jouer. 

Peyton lui demande combien il se fait d’argent en travaillant pour Eli Carson. Norman lui répond par une autre question : combien Martin se fait-il d’argent avec ses actions ?

Martin est agacé par les réponses de Norman. Il dit qu’il veut l’aider à aller au collège. Norman n’a pas encore digéré le fait que le dîner qu’avait prévu Martin pour lui et Rita ait été annulé. Il lui demande pourquoi. 

— Parce que quelque chose est arrivé, lui répond-il simplement. 

Il lui dit qu’il est en train de se condamner à la médiocrité. Rodney se mêle à la dispute lorsque Norman lui demande ce qu’il a dû faire pour avoir les faveurs de Martin. 

Rodney pousse Norman et lui dit de sortir de cette maison. Norman frappe Rodney, qui tombe et se cogne contre la table du téléphone. 


Episode 220

Jeudi 19 mai 1966

Une lettre de Chris

Ann Howard est de retour à Peyton Place pour enquêter sur les circonstances d’un accident tragique. Enfant, elle a été accusée d’avoir malencontreusement poussé un autre enfant du haut de la falaise. L’un de ses accusateurs était le propre frère de la victime, Lee Webber. Les années qui passent n’ont fait qu’intensifier le ressentiment de Lee Webber envers Ann. 

La taverne d’Ada Jacks. Lee Webber sort de la Taverne. 


Le Dr Rossi conduit Ann au Shoreline Garage. Ann demande si sa nouvelle voiture est prête. Michael pense qu’acheter une voiture à Lee est un peu naïf de la part d’Ann. Cette dernière lui répond que tant que c’est Rodney qui s’occupe de la vente, tout va bien. Ann et Michael s’en vont.

Lee arrive et Rodney lui parle de la décapotable. Il lui demande s’il n’essaie pas d’arnaquer Ann avec cette voiture qui ne fonctionne pas. Lee sait que ce véhicule est une véritable épave. Mais Rodney lui dit que ce n’est pas de cette façon qu’il veut faire des affaires. 

— Qu’est-ce que tu essaies de faire ? 

— Tu veux me virer ? Alors, vas-y et flanque-moi à la porte. 

— Si tu veux partir, fais-le par toi-même. Je ne le ferais pas à ta place, explose Rodney. 

Lee disparaît sous la voiture. 

Sandy arrive et dit à Lee, toujours sous la voiture, qu’elle est ici. Elle lui demande s’il est prêt à partir. Sandy veut aller manger sur le quai et ensuite aller danser au Shoreline Cafe. 

Elle informe Lee qu’ils ont reçu une lettre de Chris. Actuellement étudiant à Boston (il a 24 ans), il souhaiterait venir passer un moment avec eux à Peyton Place avant les vacances d’été. 

Lee est réticent, à cause du retour d’Ann. Il ne veut pas bouleverser Chris en lui faisant revivre le drame d’il y a dix-sept ans. Sandy, de son côté, serait pour que Chris vienne les voir, mais Lee se fâche. Il lui attrape le bras et lui dit qu’elle ferait mieux de rentrer à la maison préparer le dîner.


Après avoir vendu un roman d’amour à une cliente, Constance s’apprête à fermer la librairie. 

Julie arrive au même moment afin de lui parler. 

Elle lui dit que Leslie l’a demandée en mariage et qu’elle ne sait pas encore si elle compte accepter. Elle n’est pas divorcée de George et ne sait pas si une demande de divorce risque de compliquer les choses. 

Constance lui répond d’écouter son cœur. 


Martin Peyton vient rendre visite à Eli dans son nouveau magasin général. Il commence par le complimenter de s’être fixé un nouveau challenge à son âge. Car après tout, Eli a l’âge de la retraite et aurait pu couler des jours heureux. 

Eli lui répond qu’il a toujours aimé les challenges. Puis Peyton s’enquiert de Norman et estime qu’il n’est pas normal que son petit-fils travaille au bas de l’échelle. 

Arrive Elliot. Martin lui parle de la relation de Rodney et Allison. Il sous-entend qu’Allison n’est pas la bonne fille pour son petit-fils, ce qui vexe Elliot. 

— Qu’est-ce que c’est supposé signifier ? demande Elliot. 

— Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. 

— Oh, si !

— Vous sous-estimez la maturité de mon petit-fils. Rodney n’a pas du tout l’intention de replonger dans un mariage. 

Allison entre dans le magasin au moment où Martin parle avec Elliot. Martin est en train de lui dire que Rodney n’est pas prêt pour le mariage. 

Allison dit au vieil homme qu’il devrait parler directement à Rodney et à elle plutôt qu’à son père. Puis elle s’en va, vexée. Peyton parle encore quelques instants avec Elliot puis s’en va. 

Elliot et Eli sont fiers de la façon dont Allison a tenu tête à Peyton. 


Plus tard dans la journée, au manoir, Hannah descend les escaliers et se rend au salon où Martin termine un appel téléphonique avec l’avocat Wainwright. 

Il dit ensuite à Hannah que le chèque de Brian Colby a été retourné au bureau de Wainwright. Peyton voulait le payer afin qu’il éloigne Ann de Peyton Place. 

Hannah et Peyton s’inquiètent maintenant de la possibilité que Colby puisse revenir à Peyton Place pour causer des problèmes. 

Martin affirme qu’il n’a pas peur de Brian Colby. Cependant, il sait qu’il représente une menace pour Steven et Ann. 

Martin lui dit que Steven n’a pas de droit légitime sur sa fortune. Il menace Hannah de revenir sur leur arrangement. 

Rodney se montre. Il a entendu Martin dire que Steven et Ann sont frère et sœur, mais néglige d’en informer quiconque.


Le Dr Rossi rend visite à Steven et Betty dans leur nouvelle maison. Betty remarque que le médecin est leur premier invité. 

Rossi parle de la voiture que Lee veut vendre à Ann. Il prend un petit repas rapide et Betty lui dit qu’ils l’inviteront pour un vrai dîner très prochainement, quand un autre médecin pourra le remplacer. 

Ils parlent ensuite de la santé de Martin Peyton. Michael admet qu’il est en bonne condition pour une personne de son âge. Il pense cependant que le vieil homme devrait boire avec plus de modération. 

Steven veut en savoir plus sur la santé de Peyton et Michael lui suggère d’aller le demander directement au vieil homme. Avant de partir, le médecin les remercie avec froideur pour le martini et la collation. Il a la sensation que cette invitation était intéressée. 

Une fois le médecin parti, Betty dit à Steven qu’ils viennent de perdre un ami.


Episode 219

Mardi 17 mai 1966

L’avertissement de Sandy

Lee Webber est un homme déterminé. Hier, il est allé à l’hôpital de Peyton Place pour y confronter Ann Howard, la fille accusée d’avoir fait perdre la vue à son jeune frère, dix-sept ans plus tôt. Maintenant, à la lumière d’un nouveau jour, il doit estimer s’il a servi ou non son intérêt.

Lee marchant le long du quai jusqu’au Cider Barrel. 


Lee entre au Cider Barrel pour y trouver Ann accoudée au comptoir. Ann lui dit immédiatement qu’elle est en retard et qu’elle doit aller travailler. Mais Lee s’impose et feint d’être sympathique en lui disant qu’il lui doit des excuses et qu’il espère qu’elle les acceptera. 

Il offre de lui vendre une voiture, étant donné qu’elle n’a pas de véhicule. Une voiture dans ses moyens. 

Ann paie l’addition et s’en va. 

Sandy dit à Lee que c’est bien la première fois qu’elle l’entend faire des excuses à quelqu’un. Elle prévient Lee de ne pas faire de mal à Ann Howard. 

— C’était il y a très longtemps, dit-elle en parlant de l’accident. 


Le Dr Rossi se rend en voiture à la taverne pour parler avec Ada Jacks. Elle lui sert un café. Michael la questionne sur les maladies qu’a eues Rita lorsqu’elle était adolescente. Il voudrait notamment savoir si elle a eu la scarlatine ou des éruptions cutanées quelconques. 

Elle admet que Rita a déjà eu des taches sur le visage. Elle commence à s’inquiéter de la visite du médecin. 

— Il y a quelque chose. Qu’est-ce que c’est ? Qu’avez-vous découvert, docteur ? S’il vous plaît.

Michael avoue qu’il pense que Rita a la scarlatine. De toute évidence, elle a un léger souffle au cœur. 


Norman et Rita sont en train de manger au drugstore. Norman lui parle de la cuisine écossaise qu’il avait l’habitude de manger lorsqu’il était gamin. 

Il suggère à Rita de faire du camping. Rita avoue qu’elle n’a jamais campé de sa vie. Norman pense qu’un petit carré de verdure devrait lui remonter le moral.  


Allison travaille à la librairie tout en parlant avec Constance. La jeune fille lui confie que plus elle parle avec Rodney, moins elle a l’impression de le connaître. 

Constance lui demande si Rodney lui a déjà parlé de mariage. Rod a cependant un nombre incalculable de raisons de ne pas se marier tout de suite. Il veut d’abord rembourser son père pour les dépenses du procès. 

Allison, de son côté, veut se marier le plus vite possible. Elle avoue à ma mère être inquiète. Constance lui dit que Rodney l’aime tellement qu’il voudrait lui offrir le monde entier. 


Betty prépare le dîner tandis que Julie vient lui rendre visite. Elle ne tarit pas d’éloges sur la nouvelle maison et dit à sa fille qu’elle a fait un travail de décoration admirable. 

Julie et Betty s’assoient pour manger. Betty soupire, elle se sent vieille depuis qu’elle est mariée. 

Julie confie à sa fille que Leslie Harrington lui a demandée de se marier avec elle. Betty voudrait savoir si elle a demandé la permission à Rodney. Elle lui dit qu’il risque de pousser des cris aigus comme un cochon qu’on égorge. 


Ann Howard entre au Shoreline Garage et va parler à Rodney. Elle se présente et demande à voir Lee Webber. Elle a entendu dire que Lee avait une voiture à vendre et elle est éventuellement intéressée pour l’acheter. Rodney se présente à son tour. Il sourit à la jeune fille : 

— J’ai entendu dire que vous êtes la nouvelle thérapeute de l’hôpital. 

Rodney la conduit jusqu’à la décapotable mise en vente et dont il vante les mérites. Il ajoute que Lee travaille à l’extérieur. La voiture sera dans un état impeccable quand il la lui vendra. Lee n’est donc pas au garage. 

Après avoir pris une option sur la voiture, Ann s’en va. 

Sandy arrive à son tour et confie qu’elle est inquiète à propos de Lee. Rodney lui rétorque qu’il n’est pas un conseiller matrimonial. 

Sandy s’inquiète au sujet de cette femme. Elle sait que Lee s’emploie à être sympathique vis-à-vis d’elle, alors qu’en fait, il la déteste. Elle sent que Lee projette de faire quelque chose. 

Elle veut que Rodney lui parle pour savoir ce que son mari a derrière la tête et pour le raisonner. Elle va jusqu’à penser que Lee peut tuer quelqu’un. 

Rodney lui demande pourquoi elle l’a épousé. Elle lui répond qu’elle s’est mariée parce qu’elle avait peur de lui. 

Lee arrive et il voit rouge en apercevant Sandy avec Rodney. Il saisit une clé à molette et la tient d’une manière menaçante. Puis il s’en va.