Épisode 436

lundi 3 juin 1968

Une visite inattendue  

Steven Cord a été piégé. Pensant qu’il recevrait des informations sur la vente de la fabrique Peyton, Steven a accepté une ballade avec William Kennerly Jr, un des avocats de Martin Peyton à Boston. Mais Kennerly a ordonné au taxi de s’arrêter dans un endroit isolé, à l’extérieur de la ville, et Steven vient d’être informé qu’il a un rendez-vous. Un rendez-vous avec un visiteur inconnu.

Un taxi jaune roule sur une route étroite, juste à l’extérieur de Peyton Place.


Le taxi s’arrête dans un endroit isolé, près d’une limousine et Billy Kennerly informe Steven qu’il a un rendez-vous. Steven s’approche de la limousine. La vitre arrière s’ouvre et Steven s’écrie : 

— Mère !

Hannah se trouve sur la banquette arrière. Elle aimerait que Steven entre à l’intérieur du véhicule pour qu’ils puissent discuter.

Hannah dit à Steven qu’elle pense toujours à lui comme à un fils. Elle n’a pas voulu le voir au manoir, c’était au-dessus de ses force de s’y rendre. Elle y a trop de mauvais souvenirs. Elle l’informe que Martin est à la clinique, à Boston. Il est mourant.

— Que fais-tu ici ? s’enquiert Steven en s’asseyant dans la limousine. Ta dernière lettre venait du sud de la France.

— Je me suis toujours demandée si tu lisait mes lettres.

— Je regarde les timbres, cela me suffit. Pourquoi es-tu revenue ?

— Monsieur Peyton me l’a demandée, répond Hannah.

— Ta loyauté est une source d’inspiration, raille Steven. Il suffit que le vieux claque des doigts, et tu traverses un continent. 

— Il m’a chargé de te délivrer un message. 

— Je t’écoute.

— Il veut que tu laisses Betty et Rodney tranquilles. 

— Peux-tu être un peu plus précise ?

— N’essaie pas d’empêcher leur mariage, n’essaie pas de le saper, n’essaie pas de faire tout ce que tu as envie de faire. C’est pour ça que j’ai fait tout ce trajet, Steven. 

— Dis à grand-père que je prendrai sa menace en considération.

— Steven, je me fiche complètement de ce qui arrive à Rodney et Betty. Tout ce qui m’intéresse, c’est toi. Catherine Peyton était peut-être ta mère, mais seulement biologiquement. Dans tous les autres cas, je suis ta mère et comme n’importe quel parent, tout ce que je veux, c’est ce qu’il y a de mieux pour toi. Oublie les. Oublie tout le mal qu’ils ont pu te faire. Vis ta propre vie. 

Elle laisse tomber le cadeau de mariage par terre. Steven le ramasse. 

— Qu’est-ce que c’est ?

— Un cadeau de mariage de monsieur Peyton. Un collier. 

— Tu comptes aller au mariage ?

— Non, je dois le déposer à l’auberge avant de repartir pour Boston. 

Steven lui dit de ne pas se donner cette peine, il le remettra lui-même à l’intéressée. Il sort du véhicule.  

Hannah se rend compte de ses erreurs passées et elle dit qu’il est trop tard pour que Steven la respecte.


Chez elle, Susan en est à son deuxième verre lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. Elle fait entrer Marsha et Carolyn. Elles sont venues voir le révérend Winter. 

Susan leur dit qu’il ne peut pas les recevoir, car il est sur le point de célébrer un mariage. Marsha dit qu’elle a vu les voitures, mais qu’elle n’a pas réalisé qu’il y avait un mariage aujourd’hui. 

Susan va chercher Tom. Il dit à Marsha qu’il leur parlera plus tard. Marsha propose de revenir plus tard, mais Carolyn demande si elles peuvent rester. Le révérend pourra les recevoir après.

— Les cérémonies de mariage durent moins longtemps qu’un divorce, raille-t-elle. 

Tom ne voit pas d’inconvénient à ce qu’elles attendent dans le salon. 

Carolyn propose d’ouvrir la porte afin de pouvoir voir la cérémonie. Marsha pense qu’il s’agit d’une intrusion, mais Carolyn insiste. Elle regarde la cérémonie débuter.

Dans la petite chapelle contigüe à la maison des Winter, Betty entre, suivie par Rita, sa demoiselle d’honneur, au son de la marche nuptiale. 

Eli escorte Ada. Norman, Rita et le Dr Rossi sont également ici. Ada est habillée tout en noir. Betty rejoint Rodney à l’autel au même moment où Steven entre dans la chapelle. Il s’assoit au fond et échange un regard avec Susan. 

L’organiste joue de l’orgue. La cérémonie de mariage débute. Le mariage se déroule sans anicroche.

À l’extérieur de la chapelle, une fois la cérémonie terminée, Rodney aide Betty à entrer dans la décapotable sous les applaudissements des invités. 

Steven s’approche de Betty et lui donne le cadeau de Martin. Betty essaie de refuser et dit à Rodney de démarrer. Rodney somme Steven de les laisser tranquilles. Le ton monte et les invités sont ennuyés par cette altercation. Betty leur demande d’arrêter tous les deux. Puis finalement, Rodney démarre et le couple s’en va.

Susan s’approche de Steven et lui dit : 

— Hey, le perdant. Je vous offre un verre ? 

Steven hausse les épaules : 

— Pourquoi pas ?

Ils partent vers le centre-ville, sous le regard de Tom, resté sur le pas de la porte de la chapelle. 


Marsha et Carolyn Russell attendent toujours dans le salon. Tom arrive et Marsha lui dit qu’elle a eu une discussion avec Carolyn et qu’elles ne vont pas ennuyer le révérend très longtemps. 

Elles sont arrivées à un compromis. Elles ne partent pas pour l’instant, et quand le moment sera venu, Carolyn a promis de ne pas faire d’histoires. 

Marsha et Carolyn remercient le révérend Winter et s’en vont.


Au Colonial, Steven et Susan boivent plus qu’ils ne devraient. Steven demande en plaisantant à Susan si Tom possède un revolver. Elle lui répond non. 

Depuis qu’elle assiste à un mariage, elle a toujours voulu qu’un jour, lorsque le révérend demande si dans l’assistance, quelqu’un veut s’opposer à l’union, quelqu’un se lève et dit : « Je m’y oppose ». 

Elle pensait ce jour venu grâce à Steven. Mais il ne s’est pas manifesté. 

Steven regarde son verre, pensif :

— Elle est à moi. Je crois que je deviens fou.

— Peut-être le sommes-nous tous les deux, lui répond Susan.


Épisode 435

jeudi 30 mai 1968

Une maison vide 

Soudain, les Carson sont partis et Peyton Place semble vide. Elliot Carson a pris la décision. Il a vu sa femme, Constance, avoir la garde du bébé qu’elle croyait être celui d’Allison, leur fille disparue. Puis la vérité a éclaté et Constance a été obligée de rendre l’enfant à sa mère naturelle, Jill Smith, ce qui a accablé Constance, et Elliot savait qu’il devait l’éloigner de tout ce qui lui rappelait son passé tourmenté. Le père d’Elliot, Eli, et un ami de la famille, le Dr Michael Rossi, se trouvent face à une maison vide. Mais ils savent qu’Elliot a eu raison.

Eli étreint Constance. Elliot aide Constance à entrer dans la voiture. Eli étreint Elliot. Puis Eli erre dans le square.


Eli s’approche de la maison des Carson et rejoint le Dr Rossi. La maison est tristement vide. 

Eli pose la pancarte « à louer » sur la fenêtre. Il dit au médecin qu’il a placé une annonce dans le journal et un type de White River (Charlie Hagen) va s’occuper dorénavant du Clarion.

Il ne veut pas vendre la maison. Si jamais Constance et Elliot décidaient de revenir, ils aimeraient pouvoir retrouver ce foyer. 

Il s’assoit sur un rocking-chair que les Carson ont laissé. Il dit qu’il aimait bien s’y balancer, avec Matthew dans ses bras. Michael, voyant trop de nostalgie envahir le vieil homme, décide qu’il est temps pour eux de quitter la maison et d’aller prendre l’air.


Au Colonial Post Inn, William « Billy » Kennerly Jr arrive pour apporter la mauvaise nouvelle à Leslie. Martin Peyton est en train de mourir. Il a décidé de vendre la fabrique Peyton et par conséquent, Leslie est mis à la porte. 

Leslie est en colère de savoir qu’il est viré alors qu’il a donné sa vie entière à la fabrique Peyton. Il est aussi très déçu que Kennerly senior ne soit pas venu en personne le lui dire, et qu’il a préféré envoyer son fils faire la sale besogne.

Billy dit à Leslie qu’il a pris un rendez-vous avec Steven Cord pour les formalités. Vaincu, Leslie sert la main de Billy et ce dernier s’en va.


Dans sa chambre au Colonial, Betty entend un coup frappé à la porte. C’est sa mère, Julie. Elle entre et étreint sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis longtemps. 

Betty ne s’attendait pas à ce que sa mère vienne pour le mariage depuis qu’elles en ont discuté au téléphone. Julie a finalement réussi à se libérer et elle est ravie d’être là le jour le plus important de sa fille.

Julie lui donne des nouvelles de George. Il est à la maison et parle constamment du passé. Bien qu’elle ne l’aime plus, elle se doit de rester avec lui, mais elle en souffre.

Betty est contente qu’elle soit venue. Julie lui souhaite tout le bonheur du monde et elle est persuadée que cette fois, le mariage fonctionnera. Elle veut beaucoup de petits-enfants. Si seulement elle avait le moyen de pouvoir changer le passé !

Une ombre passe sur le visage de Betty. Julie fait référence au fameux baiser que Rodney a surpris entre elle et Leslie, et qui a conduit à une série de catastrophes, quatre ans plus tôt.

— Tu ne m’as jamais vraiment pardonnée, n’est-ce pas ? Tu veux savoir ce qu’est ma vie aujourd’hui ? Tous les soirs, ton père parle sans cesse du passé et de toutes les erreurs que j’ai faites. J’ai assez payé pour elles.

— Oh, maman…

— Je ne veux pas de ta pitié. 

Elle lui explique que Betty doit laisser le passé là où il est. S’ils sont amoureux l’un de l’autre, ils n’ont pas à être effrayés par le mariage. 

— Lorsque tu t’es mariée avec Steven, je t’avais demandé si tu l’aimais. Tu as eu l’honnêteté de me dire « non ». Cette fois, je te pose la même question : es-tu amoureuse de Rodney ?

— Oui.

Julie sourit.

— Alors tout va bien se passer.


Tom Winter descend les escaliers de la maison d’hôtes. Il est allé voir Jill. Depuis le Cider Barrel, Joe Rossi l’observe. 

Tom se rend au Cider Barrel et parle avec Laurie. Joe parvient à eux et demande à parler au révérend. Ils s’installent à une table. 

Très vite, Joe agace Tom. La conversation commence plaisamment, mais se termine par des mots regrettables. Joe veut que ce soit clair pour le révérend que Jill est sa petite amie. 

— C’est une excellente secrétaire, affirme l’homme d’église.

— Je vous ai vu sortir de la pension. Vous allez jusque chez elle. On peut dire que vous êtes aux petits soins pour elle. Ce n’est pas tout le monde qui donnerait du travail à une fille comme ça. 

— Une fille comme ça ?

— Mère célibataire, très belle de surcroît. Je ne voudrais pas que vous ayez des problèmes avec votre congrégation, ou votre paroisse. Ni avec votre femme lorsque vous faites venir une mère célibataire dans votre maison.

— Ce que ma femme ou les membres de l’église pensent n’a rien à voir avec ma décision de l’engager.

— Allons, révérend, parlons d’homme à homme.

— D’homme à homme ? Que voulez-vous dire ?

— Je veux dire que Jill est ma petite-amie et que Kelly est ma fille. Elles sont à moi, et elles seront toujours à moi. Vous ne m’éloignerez pas d’elles.

Calmement, Tom se lève, paie l’addition à Laurie et s’en va, suivit par Joe.

Une fois dehors, Tom le saisit par le col et le plaque contre le mur. Il lui dit de rester loin de Jill sous peine d’appeler la police, ou d’avoir affaire à lui.


Leslie et Rodney dînent à l’appartement avec Norman et Rita.  L’ambiance est très bonne. Leslie porte un toast au futur mariage de Rodney, qui a lieu demain.

Puis il porte un second toast : à son départ. Rodney et Norman sont choqués d’apprendre qu’il s’en va. Leslie leur apprend alors que la fabrique est à vendre et qu’il n’en est plus le directeur. 

Il va quitter la ville et voir ailleurs ce qu’il y a à faire. Avant de partir, il embrasse Rita et lui dit qu’il l’a toujours appréciée. 


À l’extérieur de la ville de Peyton Place, Steven se trouve dans un taxi aux côtés de William Kennerly Jr. Ils s’approchent de l’aéroport.  Steven dit à Billy qu’il ne comprend pas pourquoi Martin Peyton ne s’est pas débarrassé de Leslie plus tôt. 

Le taxi prend une autre route et s’arrête dans un endroit isolé. Kennerly demande au taxi de s’arrêter devant une limousine. Ils descendent du véhicule et se dirigent vers la limousine. Il pense qu’il s’agit de Martin Peyton, venu lui parler. Mais il se trompe. 

Steven se trouve en face de la vitre arrière de l’imposant véhicule. La vitre s’ouvre et Steven s’exclame : 

— Mère !


Épisode 434

lundi 27 mai 1968

Le grand départ 

Le jour est venu. Le jour que le Dr Michael Rossi ne pensait jamais voir. Le jour où la famille d’Elliot Carson quitte Peyton Place. Une fin abrupte et amèrement douloureuse pour une amitié qui a grandi et s’est épanouie pendant des années. Et le Dr Rossi se trouve impuissant face à cela.

Michael gare sa décapotable et sort du véhicule. Constance et Elliot l’observent. Puis ils rentrent à l’intérieur de la librairie sans lui adresser un mot.


Tandis qu’Elliot observe chaque recoin de la librairie, perdu dans ses pensées, Constance lui dit qu’elle ne pensait pas que cela irait aussi vite. 

Elliot lui dit qu’un moment, il a cru que Michael allait rentrer avec eux pour s’expliquer, mais il ne l’a pas fait. Il lui dit qu’ils doivent aller superviser le déménagement de la maison, maintenant que le camion a chargé toutes leurs affaires professionnelles. Betty entre et Elliot dit à Constance qu’il l’attend dehors. 

Betty demande une nouvelle fois à Constance de rester pour le mariage. 

— Je vous demande de rester une demi-journée supplémentaire, pas plus. Je ne vous le demanderais pas si ce n’était pas important pour moi.

— Ta mère ne vient pas ? s’enquiert Constance.

— Non, elle ne vient pas. Juste une demi-journée, c’est tout ce que je vous demande, madame Carson.

— Elliot et moi devons partir. Nous avons expliqué déjà cela à Rodney. 

— J’ai juste besoin de vous à mes côtés. En tant que la mère d’Allison.

— Je comprends, Betty. Et je suis flattée. Mais Elliot et moi avons décidé de partir. Nous ne voulons pas prolonger plus longtemps les adieux. Est-ce que tu réalises tous les gens qui nous poseraient des questions à l’église ? C’est déjà assez douloureux comme ça, Betty. Elliot et moi te souhaitons tout le bonheur du monde avec Rodney, tu le sais.

— Merci, madame Carson.

En sortant, Betty se tourne vers Elliot.

— Monsieur Carson… Au revoir.

Elle l’embrasse. Elliot est ému par ce geste.

— Au revoir, Betty.


Carolyn est dans le kiosque à musique, s’amusant à être le chef d’orchestre d’un orchestre imaginaire. Marsha lui dit qu’elles auront une conversation une fois à la maison. 

Carolyn lui demande de quoi Marsha et Fred (le père de la jeune fille) ont parlé au tribunal. Marsha est désolée de voir sa fille tellement amère devant la situation du divorce. 

Carolyn joue comme toujours la carte de la légèreté, alors qu’elle est blessée à l’intérieur. Elle dit à sa mère qu’elle ne va pas à New York. C’est comme ça. Elle en a plus assez que tout le monde décide pour elle.

Carolyn aperçoit Joe Rossi dans la décapotable rouge, court vers lui et monte dans la voiture, laissant sa mère sur place.


Jill entre dans la chapelle pour parler avec Tom Winter. Elle lui remet une copie du sermon qu’il a écrit. Sans le savoir, elle a interrompu l’heure de méditation du révérend, mais il n’en fait pas cas. Elle le saura pour la prochaine fois.

Susan entre et se joint à eux. Jill la salue et s’en va. Tom demande à sa femme comment était Boston. Tom mentionne la compagnie que possède le père de Susan. Il sait que le père de Susan voudrait qu’il vienne travailler avec lui, mais il est trop impliqué en tant que révérend.

Puis ils parlent de leur couple et de ce problème toujours permanent : Susan veut plus d’attention de sa part. Elle en vient à reprocher à Dieu de prendre trop de place dans leur vie, ce qui met Tom en colère. Il lui rappelle que son travail est très important pour lui, et qu’il en a besoin. 


Carolyn et Joe sont assis dans la décapotable rouge, garée au beau milieu d’un parc de verdure. Elle parle de la possibilité de quitter Peyton Place en raison du divorce de ses parents. 

Elle essaie d’en savoir plus sur lui, car il ne se confie guère. Elle se demande ce qu’un bourlingueur comme Joe fait dans une ville comme Peyton Place. 

Joe minimise totalement les problèmes de Carolyn et, en plaisantant, il lui dit qu’elle ne veut pas partir d’ici à cause de lui. Vexée, elle sort de la voiture tandis qu’il rit et lui demande de revenir.


Elliot entre dans la maison presque vide et se prépare à partir. Constance se rappelle qu’ils ont eu des bons moments dans cette maison. Ils ont décidé de ne pas la vendre, mais de la louer. 

Le Dr Rossi vient enfin les voir. Constance le laisse seul avec Elliot tandis qu’elle va chercher Matthew à l’étage.

Michael s’excuse pour leur avoir procurer tant de peine. Elliot lui dit d’oublier ça. Tout est fini. Mais il emploie un ton sarcastique. Cela ne convient pas au médecin, qui sent qu’Elliot est toujours en colère contre lui.

Elliot admet qu’il l’est toujours. Constance remercie Michael d’être venu. Michael n’arrive pas à croire qu’ils vont vraiment partir. Il aimerait qu’ils restent. Elliot perçoit une telle sincérité chez Mike qu’il en est touché. Il se radoucit et dit à Michael qu’il a toujours été un bon ami, et il le remercie pour ça. Ils font la paix en se serrant la main.

Constance les rejoint avec Matthew. C’est l’heure des adieux. Mike embrasse Constance, Matthew et serre de nouveau la main à Elliot. 

— Vous allez me manquer, dit-il.

Elliot l’informe qu’Eli va s’occuper de la location de la maison. Peut-être va-t-il la vendre. C’est lui qui décidera. D’ailleurs, il devrait être là et les Carson s’étonne de son absence. Ils doivent partir.

Mike se propose de l’attendre dans la maison. Après un dernier au revoir, Elliot ferme la porte et ils s’en vont.

Elliot et Constance arrivent au square et aperçoive Eli seul sur un banc. La nuit est tombée. Ils sortent du véhicule et vont le voir.

Le vieil homme est abattu par leur départ. Cependant, il est content qu’ils puissent prendre un nouveau départ dans une ville que ne leur rappelle pas les drames vécus. 

Il va dire au revoir à Matthew, resté à l’arrière du véhicule. 

— Que Dieu te protège et te garde en sécurité, dit-il à l’enfant. 

Eli leur souhaite un bon voyage. 

— Prends soin de toi, lui dit Elliot. 

Ils s’étreignent une dernière fois. Elliot aide Constance à entrer dans la voiture. Il fait le tour et s’installe sur le siège du conducteur. 

La voiture démarre et quitte doucement la ville de Peyton Place, sous le regard du vieil homme.


Épisode 433

jeudi 23 mai 1968

Pauvre petite fille 

Le révérend Tom Winter a le don de régler tous les problèmes des autres, mais jamais les siens. Ce soir, une jeune fille dont la famille est en crise cherche ses conseils. Et une fois de plus Tom Winter va devoir régler un problème avec lequel il vit lui-même 24 heures sur 24 : la désintégration d’un mariage.

Tom et Carolyn se rencontrent sur le quai et se rendent au Cider Barrel.


Carolyn prend une collation avec le révérend Winter au Cider Barrel. Elle ne comprend pas pourquoi ses parents divorcent, ni pourquoi ils vont devoir aller vivre à New York. Tom lui dit que sa mère la protège.

Carolyn a de la colère en elle, qu’elle exprime envers le révérend. Tom essaie de canaliser cette colère.

— Tu penses que tes parents divorcent juste pour te punir, tu crois que c’est facile pour eux d’admettre leur échec ? C’est leur échec, Carolyn, pas le tien.

— Beaucoup de couples ne s’entendent plus, mais la plupart font des efforts pour se réconcilier.

— Parfois, le divorce semble être la meilleure solution, dit doucement Tom.

— Ils n’ont essayé aucune autre solution. Même lorsqu’ils vont ont consulté.

— Je ne les ai pas poussé au divorce, Carolyn.

— Mais vous n’avez rien fait pour arrêter le processus. 

— J’ai parlé à tes parents, je les connais bien. Je les ai conseillé, mais c’était trop tard pour eux. 

— Et donc, vous avez abandonné, dit Carolyn d’une voix éraillée par la colère.

— Tu veux qu’ils restent ensemble et vivent dans le mensonge juste pour satisfaire tes besoins ? 

Carolyn secoue la tête.

— Je ne comprends pas. Un jour papa revient à la maison après une mission, et le lendemain, maman va voir un avocat et évoque la cruauté mentale. Comme si mon père était cruel ! Vous même ne pouvez pas le croire. 

— Je vais parler à ta mère, rassure le révérend.

— Alors faites vite. 

— Pourquoi ?

— Parce que nous allons déménager à New York dès qu’ils auront fini de diviser le butin : savoir qui prend le réfrigérateur, qui prend la télévision… puis il vont diviser Carolyn horizontalement ou verticalement ! Peut-être que si je pleurais, si je m’enfermais dans ma chambre, ma mère se sentirait coupable. 

— Pourquoi ta mère devrait se sentir coupable ?

— Parce que je ne veux pas aller à New York, et elle le sait. 

— Ça me semble un peu égoïste tout ça, tu ne trouves pas ? Peut-être que tu peux comprendre une chose : elle a besoin de toi, peut-être plus que toi tu as besoin d’elle. Tu es la seule personne qui lui reste. 

— Elle ne peut s’en prendre qu’à elle. 

— Carolyn, tu veux que je travaille pour une réconciliation ou que j’empêche ta mère de t’emmener à New York ?

— Je veux juste savoir pourquoi ils divorcent. Peut-être alors que j’arrêterais d’agir comme je le fais. 

— La vérité, c’est que si ta mère veut vivre à New York, tu ne peux rien y faire. 

Carolyn se lève. La colère ne l’a toujours pas quittée.

— Merci révérend, merci de m’avoir remise dans le droit chemin. Si j’ai bien compris : honore ta mère et ton père, soit une bonne petite fille pour eux, même s’ils sont à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Sois mature et adulte et essaie de comprendre que si ça ne marche pas entre eux, fais juste ce qu’on te dit de faire. 

— Ce n’est pas ce que j’ai dit, Carolyn.

Elle s’en va, laissant le révérend dubitatif.


Chez les Carson, la sonnette de la porte d’entrée retentit. Des cartons jonchent le sol, la maison est un vrai fouillis. Elliot, Constance et Eli s’occupe de ranger tous les objets dans les cartons. Constance a donc pris sa décision : la famille Carson quitte Peyton Place.

Pendant qu’Elliot va ouvrir, Constance pense que c’est Jerry qui a oublié quelque chose. Mais ce n’est pas Jerry, c’est Rodney. 

Il est venu demander à Constance de rester une paire de jours supplémentaire à Peyton Place afin d’assister à son mariage avec Betty. Cela signifierait beaucoup pour eux qu’elle soit présente ce jour-là.

Constance est très touchée. Elle lui parle du futur travail d’Elliot. Il doit commencer très bientôt et par conséquent, ils devront partir avant le mariage. Rodney leur dit que l’église paraîtra vide sans eux. Eli répond que lui sera là. Il n’est pas question pour lui de quitter Peyton Place. 

Elliot dit à Rodney que malgré les divergences qu’ils ont pu avoir par le passé, il l’apprécie beaucoup et qu’il est heureux pour son futur mariage, Il lui demande de prendre un souvenir de la maison. 

Rodney accepte, mais demande à Elliot de choisir. Elliot lui offre un modèle réduit de bateau, sous le regard approbateur d’Eli. Cela signifie beaucoup pour Rodney, car il sait à quel point Elliot est attaché à ce modèle réduit. 

Ému, Rodney s’en va avec le bateau réduit dans les mains. 


Carolyn se rend au bureau de Steven Cord. Elle attend sa mère et se présente à Steven. Ce dernier lui dit qu’elle doit être excitée à la perspective d’aller vivre à New York. Il s’aperçoit vite que ce n’est pas le cas. 

Marsha Russell (dont c’est ici la première apparition), la mère de Carolyn, entre dans la pièce. 

Elle s’entretient avec l’avocat. Il lui dit que le divorce est finalisé. Marsha essaie de faire comprendre à Carolyn qu’elle n’y est pour rien dans ce divorce. Mais la jeune fille en veut à sa mère. 

Une fois les Russell parties, Steven prend le téléphone et appelle le Colonial. Il demande si Betty est revenue. On lui dit que oui.

Steven va la voir. Betty ne souhaite pas lui parler et veut qu’il s’en aille, pensant qu’il va une nouvelle fois faire des histoires. 

Mais elle est surprise lorsqu’elle comprend que son ex-mari est venu afin de lui souhaiter bonne chance. Il a dit qu’il vient de tourner définitivement la page, et qu’il n’a plus de ressentiment envers elle.


Constance va voir le Dr Rossi pour qu’il lui donne le dossier médical du petit Matthew. Michael lui dit à quel point il est désolé de ce qui s’est passé. 

Constance comprend qu’il a voulu protéger son frère. Même si c’était aux dépens de ses meilleurs amis. Elle ne veut pas partir fâchée contre lui et lui dit qu’elle lui pardonne. 

Elle lui demande d’aller voir et Elliot et de lui parler avant qu’ils ne partent, parce qu’Elliot ne viendra pas le voir. Constance a besoin que son mari et le médecin fassent la paix une bonne fois pour toutes.


Épisode 432

lundi 20 mai 1968

Un nouveau travail 

Carolyn Russel est dotée d’un esprit vif, d’un sens de l’humour acerbe, et d’une maturité étonnante pour son âge. La nuit dernière, au festival du Jour des Fondateurs, elle a rencontré un jeune homme, Joe Rossi, qui semble pour elle, une cible idéale pour s’amuser. Elle a plaisanté avec Joe. Mais elle l’a aussi troublé. Elle l’a mis en colère. Mais Joe a réussi à avoir le dernier mot. Il a voulu se rapprocher d’elle, la défier. Carolyn s’est enfuie. Aujourd’hui, l’esprit vif est toujours là, mais le sens de l’humour est plus discret. Carolyn a éprouvé le sentiment d’être encore une enfant. La pire des choses possibles pour quelqu’un qui se considère comme une femme.

Carolyn marche sur le quai, portant des livres. Elle entre au Cider Barrel et commande un mug de cidre à Laurie, la petite blonde qui fait occasionnellement du baby-sitting.


Joe Rossi est assis à une table. Carolyn lui demande si elle peut s’asseoir à sa table. 

— Tu as la permission de tes parents ? ironise-t-il. 

Piquée au vif, elle s’apprête à partir. Il la rappelle et lui fait signe de s’asseoir. Il lui demande pourquoi elle est tellement agréable aujourd’hui. Il s’excuse à nouveau pour son manque de tact. Il lui dit qu’il a exagéré la nuit dernière, quand il a voulu l’embrasser. 

Joe paie le verre de Carolyn, se lève et s’en va. Dehors, il regarde la maison d’hôtes se demandant s’il doit aller voir Jill et Kelly.


Susan apporte le petit déjeuner à Tom. Elle est déçue de voir qu’il est déjà levé, et lui dit de retourner au lit. Mais le révérend lui dit qu’il a une journée chargée. 

Elle fait référence à la bible et à l’origine du monde. Dieu a pris six jours pour créer le monde, et le septième jour, il s’est reposé. Tom devrait en faire de même. 

Tom revêt son col d’ecclésiastique. Elle aide à le lui mettre. Elle veut aller à Boston aujourd’hui. La sonnette de la porte d’entrée retentit. Avec une pointe de déception, elle le laisse descendre et ouvrir la porte. Jill se présente devant lui pour le poste de secrétaire. 

À ce même moment, le téléphone sonne et la sonnette retentit à nouveau. Tom va répondre au téléphone, tandis que Jill va ouvrir la porte. 

Le sergent de Police Bates se tient devant la porte, avec son fils Richard.  Ils avaient rendez-vous demain, mais il voulait le voir aujourd’hui, car la situation est compliquée pour lui. Jill prend un ton professionnel et les fait entrer et s’installer dans le canapé. 

Le téléphone continue de sonner et Jill se permet de répondre alors qu’elle n’est pas même pas engagée. Il est évident, de par cette scène, que le révérend privilégie son travail aux dépends de sa vie familiale.

Jill écrit sur un morceau de papier le nom de l’interlocuteur et va voir le révérend, qui est toujours au téléphone. Il lui demande de prendre le message, et lui glisse au passage qu’il ne pense pas l’embaucher parce qu’il veut quelqu’un de plus âgé et expérimenté. Elle ne montre pas sa déception et prend le message au téléphone d’une manière on ne peut plus professionnelle.

Susan descend et salue le sergent, son fils et Jill, qui se présente à elle.

Après avoir terminé son appel, le révérend va voir le sergent Bates et son fils, les salue et leur demande d’aller dans son bureau. 

Il veut parler à Susan, mais cette dernière s’en va sans lui dire un mot. 

Jill insiste pour avoir le job et lui propose de l’embaucher jusqu’à temps qu’il trouve la personne adéquate. Elle est tellement persuasive qu’il accepte.


Elliot entre dans la librairie pour parler avec Constance. Il voudrait quitter Peyton Place. Il vient juste de recevoir une autre lettre de George Adams qui lui offre un emploi de rédacteur en chef dans un grand journal. 

Il sait ce qu’est une prison pour y avoir passé 18 années de sa vie et il sait que cette ville est devenue une prison pour Constance. 

Il lui tend une petite annonce rédigée de la sorte : « Loue maison deux étages avec trois chambres, Contacter M. ou Mme Elliot Carson ». Il ajoute qu’ils auraient dû partir le jour où ils ont réalisé qu’Allison ne reviendrait jamais. Il n’y a rien d’autre à laisser dans cette ville que de l’amertume. 

Constance ne sait pas si elle va pouvoir abandonner cette ville qui l’a vue naître. 

— Cela implique une nouvelle vie, un nouveau travail, de nouveaux amis…

Elliot lui demande de réfléchir. Il retourne au Clarion, laissant Constance en pleine réflexion.

Alors qu’il se dirige vers son bureau, il croise Michael dans la rue. Il est toujours en colère contre lui parce qu’il ne lui a pas dit la vérité à propos de Kelly, leur laissant croire qu’elle était l’enfant d’Allison. Ils se jaugent du regard, tel deux ennemis. Puis Michael bifurque vers le Peyton Professional sans dire un mot à Elliot. 

Plus tard, Rita entre dans le bureau du Dr Rossi et s’aperçoit que quelque chose ne va pas chez lui. D’abord, il se met en colère parce que sa secrétaire ne lui a pas donné le bon dossier. 

Ensuite, il se rend près de l’armoire à dossiers suspendus et prend le dossier de Rita. Il lui dit que tout va bien. L’opération qu’elle a subi n’a pas d’effet négatif.

Rita ne le croit pas et lui demande ce qu’il lui cache. Le Dr Rossi lui dit une nouvelle fois que tout va bien, son cœur fonctionne bien. Rita est soulagée. Vu la tête que fait le médecin, elle pensait qu’il lui cachait quelque chose.

Michael lui avoue qu’il est d’une humeur maussade parce qu’il est toujours fâché avec Elliot. Rita lui dit qu’ils sont amis depuis longtemps. Ils arriveront à se réconcilier. Michael en doute. 

Norman entre dans le bureau et Rita lui annonce la bonne nouvelle sur sa santé. 


Au Shoreline Garage, Betty entre et montre à Rodney sa nouvelle robe. Ils parlent de leur futur mariage.

Betty doit lui avouer une chose : elle est contente que Kelly ne soit pas sa fille. Elle a honte de penser qu’elle aurait continuer à détester l’enfant s’il avait été le père. 

Rodney la rassure en lui disant que lorsqu’il a appris qu’il n’était pas le père, il a ressenti un énorme soulagement, se disant qu’il était libre. Libre d’épouser la femme qu’il aime. Ils s’embrassent. 


Tom Winter et Jill Smith marchent sur le trottoir ensemble. Jill remercie le révérend de l’avoir raccompagnée à pied. 

Il lui demande comment elle va faire avec le bébé maintenant qu’elle a ce travail. Elle lui répond que Laurie, la serveuse du Cider Barrel, sert de baby-sitter à Kelly. Et quand Laurie est au travail, c’est la mère de cette dernière qui s’en occupe. Tout est sous contrôle et le révérend n’a pas à s’en faire. 

Il retourne chez lui, tandis que Jill va chercher Kelly au Cider Barrell. Avec le bébé dans les bras, elle monte les escaliers menant à sa chambre. Joe les observe sans qu’elle s’en aperçoive.


Épisode 431

jeudi 16 mai 1968

La fête est finie 

La nuit du festival de la journée des fondateurs. Les adolescents disent que c’est ringard. Mais qui ose avouer ses vrais sentiments quand il a 16 ans ?  Les personnes plus âgées l’apprécient tout simplement. Peut-être en se remémorant les années où ils trouvaient ça ringard, eux aussi, et où ils en aimaient secrètement chaque minute. Pour Rodney Harrington et Betty Anderson Cord, les derniers moments du festival sont doux amers, car ils tiennent la promesse de leur mariage. Mais refusant de les libérer des souvenirs du passé.

La Nuit des Fondateurs. La grande roue. Eli Carson vend des tickets dans une baraque. Betty et Rodney sont sur la grande roue.


Betty et Rodney descendent de la grande roue. Rodney fait l’imbécile auprès de jeunes, faisant croire que le manège lui a fait tourné la tête. 

Pendant ce temps, Betty s’éloigne, l’air triste. Il ne tarde pas à la rejoindre. Elle lui dit qu’elle déteste ce festival. Elle ne peut pas expliquer vraiment pourquoi. Ils s’installent dans le kiosque à musique.

Betty pense que le festival lui fait remonter des souvenirs douloureux. C’est au cours d’une de ces journée qu’elle a annoncé à Rodney qu’elle était enceinte… et qu’ils ont eu l’accident qui leur a privé de l’enfant. C’est aussi ce jour-là qu’elle a appris que Leslie Harrington et Julie, la propre mère de Betty, s’étaient embrassés, provoquant une rupture entre elle et Rodney.

Rodney affirme que les vieux se servent de ce festival pour essayer d’impressionner les jeunes en disant qu’il s’agit de leur héritage. Il lui dit que tout ça est du passé, et ils sont sur le point de prendre un nouveau départ. 

Betty se sent plus rassurée. Ils s’embrassent. Norman et Rita les voient et, pour plaisanter, couvre le couple avec une couverture.


Joe arrête la voiture, afin d’aller acheter un hot-dog pour Carolyn et lui. En passant, il salue joyeusement Eli, qui se promène tranquillement tout en mangeant du pop-corn. 

Il va voir Carolyn, rester assise dans la décapotable rouge du Dr Rossi. Elle voit qu’Eli ne l’approuve pas de la voir avec un garçon plus âgé. Mais Eli lui dit qu’il ne porte pas de jugement.

Il aimerait que Carolyn dise à sa mère qu’il a reçu la cuisinière Franklin qu’elle a commandée. Cependant, il lui a envoyé un mot pour le lui dire, mais elle n’a pas répondu. 

Carolyn lui dit qu’elle a probablement oublié d’annuler la commande. Eli ne comprend pas pourquoi elle aurait dû annuler. 

—  Maman et moi déménageons pour de bon. 

— Cet été ? s’étonne Eli.

— Plus tôt que ça, quand elle et papa pourront régler quelques petits détails.

— Je serai désolé de te voir partir, dit Eli avant de s’en aller. 

Joe revient et s’assoit sur le siège conducteur de la voiture. Il lui dit qu’Eli Carson aimerait bien le voir quitter la ville pour de bon. 

Elle lui parle des problèmes qu’ont ses parents. Son père ne vit pas avec sa mère et ils sont divorcés. Il lui répond du tac-au-tac que sa vie ne l’intéresse pas, il est ici avec elle pour s’amuser. Il lui dit qu’elle est une grande fille et qu’elle doit être traitée comme une grande fille. Il essaie de l’embrasser, mais elle se débat et s’en va.


Jill joue avec Kelly dans sa chambre, à la maison d’hôtes de Mme Hewitt, tandis que le Dr Rossi frappe à la porte. Elle ne veut pas lui ouvrir et lui demande de partir. Il insiste et finalement, elle le laisse entrer. 

Il est venu voir Kelly et parler avec la jeune fille. Il lui demande combien de temps elle va encore rester en ville. Il veut l’aider. Après tout, il a un lien de parenté avec le bébé. Elle est sa nièce.

Jill considère Michael comme un ennemi, même s’il lui dit qu’il ne lui veut pas de mal. 

Il lui parle d’un travail de secrétaire du révérend Winter. Il connaît le révérend depuis longtemps et il a pris rendez-vous pour elle. Il pense qu’elle sera parfaite pour le job.


Les Winter rentrent chez eux et parlent du festival. Tom propose à Susan d’aller se coucher. 

— Monte en premier, lui dit-elle, je te rejoins dans un instant.

 Elle en profite pour appeler Steven au téléphone et le remercier pour lui avoir prêter le manoir. Elle l’appelait juste pour lui dire merci. 

Steven voit clair dans son jeu. Il lui dit qu’il la trouve très attirante, mais il sait qu’elle aime son mari et lui suggère de discuter de son problème avec Tom. 

Elle raccroche et s’empresse de monter pour aller dire à son mari qu’elle a appelé Steven pour le remercier. 

Tom se plaint parce qu’elle a bu en public aujourd’hui. Susan se sent toujours aussi délaissée et veut qu’il choisisse entre elle et son ministère. Ils se disputent encore une fois. Susan lui reproche d’être trop occupé par son travail. 

Finalement, ils se réconcilient. Tom lui dit qu’il ne l’abandonnera pas. Elle lui dit qu’elle a besoin de lui. Ils s’embrassent.


Le Dr Rossi retourne à sa maison sur la plage pour parler avec son frère, Joe. Il lui dit qu’il est allé voir Jill. Il ajoute que son jeune frère a un très beau bébé, et que ce bébé et sa mère méritent une chance. 

Il aimerait voir Jill et Joe ensemble, mais le jeune frère dit au médecin que lui et Jill se détestent. Ce ne sera pas possible. 


Épisode 430

lundi 13 mai 1968

Cloués au pilori 

La fête du Jour des Fondateurs approche. Pour la plupart des résidents de cette petite ville de Nouvelle-Angleterre comme Steven Cord, aujourd’hui est un jour de célébration, mettant ainsi de côté tous les problèmes. Mais d’autres voient ce festival comme un reflet ironique de leurs vies. 

Affiche du festival des Fondateurs. Le canon dans le square. Steven Cord allume le canon et tire un coup. Puis il se dirige vers la baraque à nourriture. 


Elliot et Eli aperçoivent Steven et se dirigent vers lui pour parler. Ils vont jusqu’à la librairie pour voir Constance, qui ne s’est pas encore montrée. Steven les accompagne, car il a des livres à récupérer. Elle essuie ses larmes lorsqu’ils entrent. 

Steven est gêné et veut revenir plus tard, mais Constance se reprend et va lui chercher son carton de livres, qui vient d’arriver. 

Eli fait savoir à l’avocat qu’aujourd’hui, c’est le jour où Jill vient prendre le bébé. Steven prend son carton de livres et s’en va, souhaitant bon courage à Constance.

Eli est en colère de savoir que Kelly va retourner avec Jill juste le jour du festival. Elliot, de son côté, suggère à sa femme d’aller se reposer à la maison si elle n’a pas envie d’aller au festival. 

En sortant de la librairie, Constance n’a pas le temps d’aller jusqu’à sa voiture. Carolyn Russell, dont c’est ici la première apparition, l’amène au pilori et reconstitue une scène historique. Constance n’a pas d’autre choix que de se laisser faire.

Carolyn l’attache au pilori et proclame avec un roulement de tambour : 

— Oyé, Oyé, braves gens ! Constance Carson est condamnée à la punition publique sur le pilori. 

Constance, attachée, ne peut s’empêcher de sourire : 

— Est-ce que que c’est un moyen plus subtile de dire que je suis une sorcière ? 

Les flashes photos crépitent. La séance coûte un dollar cinquante pour se faire photographier attaché au pilori.


Dans la chambre 5 de la maison d’hôtes, Jill prend soin du bébé tandis que Joe arrive et ouvre la porte pour payer la pension de l’enfant. 

— Je ne veux pas de ton argent, dit-elle.

Mais Joe est obligé de le lui donner. C’est la Cour qui lui a ordonné de payer une somme d’argent pour subvenir aux besoins de l’enfant. Vingt dollars par semaine. 

Cette somme est trop importante pour Joe, qui se plaint. Il voudrait reprendre la vie commune avec Jill. Il aimerait qu’elle lui accorde une seconde chance. Il s’approche d’elle, essaie de l’embrasser, mais guère conciliante, Jill le menace une paire de ciseaux.

Avant de s’en aller, il lui dit qu’un jour, elle changera d’avis. 


Norman discute avec Rita dans l’appartement. Elle pose des dessins sur des étagères. Elle est déprimée à cause du départ de son père. 

Norman tente de la faire rire, en vain. Il aimerait qu’elle vienne au festival, mais elle n’en a ni le courage, ni l’envie. Pourtant, elle ne s’avoue pas malheureuse du départ d’Eddie. Au contraire, elle dit qu’elle est heureuse qu’il soit parti. 

Norman pense qu’elle se sent coupable de ce départ : 

— C’est ton père, Rita. 

— Je ne sais pas ce que tu veux que je te dise.

— La vérité. Tu es tout sauf heureuse.

— Il y a encore tant de choses que j’aurais aimé lui dire, soupire-t-elle. Mais c’est mieux qu’il soit parti. 

Norman avoue qu’il est content de ce départ. Parce que cela veut dire qu’ils vont pouvoir reprendre une vie normale.


Au festival, Tom Winter lance des fléchettes, dans l’espoir de faire exploser des ballons. Susan est avec lui. Elle semble être de bonne humeur. Il réussit à faire exploser plusieurs ballons et dit en plaisantant que l’aile pour enfants de l’hôpital va finalement être sur deux étages. 

Susan lance une fléchette à son tour. Elle lui parle du « déjeuner des Fondateurs ». Elle lui dit que les dames ont été déçues d’apprendre que Steven ne serait pas leur hôte. 

Elle avoue à Tom qu’elle a essayé de faire vendre le manoir à Steven pour qu’une partie de la vente puisse être reversé à leur organisme de charité. Steven n’a pas voulu. Tom est choqué d’apprendre que Susan lui a proposer cela. 


Carolyn achète un ballon rouge au marchand de ballons. Joe se dirige vers elle et commence à lui parler. Carolyn demande à Joe d’où il vient. Elle le met au défi de l’attacher au pilori. 

Une fois Joe sur le pilori, elle prend une photo. Ils sympathisent et elle lui demande comment il s’appelle. Après une plaisanterie, il avoue s’appeler Joe Rossi. Il lui demande quand la photo sera prête. 

Il l’attache à son tour au pilori et prend une photo. Il lui propose d’aller se promener en voiture sur le quai, avec la voiture de sport décapotable rouge (celle de Michael, mais il ne le lui dit pas). 

Au moment où ils doivent entrer dans le véhicule, ils croisent Jill, qui les regarde d’un air stupéfait. Joe passe son bras autour des épaules de Carolyn et, sans rien dire à Jill, s’engouffre avec la jeune fille dans la voiture. Il démarre.


Jill entre dans la librairie. Eli et Elliot l’attendaient. Ils avaient rendez-vous à 4 heures, rendez-vous fixé par le juge. Jill est en avance.

— Je peux attendre dehors, suggère-t-elle. 

— Non, ce n’est pas la peine, dit Elliot.

Eli appelle Constance. Elle descend les escaliers avec Kelly dans les bras. Constance tend le bébé à Jill.

— J’ai emballé les biberons et toute la nourriture pour bébé que nous avions. Elle est en attente de son prochain biberon. 

— Merci, dit simplement Jill.

— Elle a beaucoup changé depuis qu’elle est avec nous, poursuit Constance. Elle aime se coucher tard et se réveille vers 8 h 30. 

— Je ne m’inquiéterai pas si elle ne crie pas à 6 h 00 comme avant. 

Constance lui dit qu’elle ne lui en veut pas. Elle est la mère du bébé et à ce titre, elle a le droit de l’élever. Elle lui donne un conseil : ne pas l’élever seule et demander de l’aide, car elle en aura besoin.

— Madame Carson, je me suis fait la promesse de ne jamais dire à personne que je suis désolée pour quoi que ce soit. Aujourd’hui, je brise cette promesse. Je suis désolée.

Elle sort avec l’enfant, sous le regard triste de Constance. Portant son bébé dans les bras, elle traverse le square. 


Épisode 429

jeudi 9 mai 1968

L’adieu 

Ce soir, le Dr Michael Rossi a accusé son jeune frère Joe, d’être venu à Peyton Place non pas pour se cacher, non pas pour reprendre ses relations avec son frère, mais pour faire payer le Dr Rossi d’avoir quitter la famille quelques années plus tôt. 

On voit Michael à travers de la fenêtre de la maison de la plage, marchant vers l’entrée. Il déverrouille la porte et entre.


Le Dr Rossi rentre à la maison de la plage, où Joe l’attend. 

Le médecin veut juste connaître la vérité, une bonne fois pour toutes. Il lui reproche de lui avoir mis les Carson à dos en lui demandant, dans un premier temps, de ne pas mentionner les origines de Kelly, et ensuite de balancer la vérité aux Carson.

Il lui reproche également d’avoir frappé Eddie et d’avoir voulu attaquer Rita. Joe se défend d’avoir fait une chose pareille à Rita, et précise qu’elle même a dit qu’il n’avait rien fait. Quant à Eddie, il n’a fait que se défendre.

Joe pensait que la police allait venir l’arrêter à cause de sa bagarre avec Eddie Jacks. Mais il ne dit rien d’autre, en tout cas pas ce que Michael veut entendre. Joe se prépare à partir. Il veut à nouveau fuir. Il porte son sac jusqu’à la porte. Mais Michael lui dit qu’il peut rester. Joe sort, regarde par la fenêtre, puis rentre. 


Eddie entre à la taverne par la porte donnant sur l’arrière-boutique. Il porte un très beau costume. Il a toujours son bandage au front, résultant de sa bagarre avec Joe Rossi. Il tient une tasse de café dans la main, se rend derrière le bar, et verse dans la tasse une bonne rasade de whisky. Puis il retourne devant le bar pour déguster son breuvage.

Rita arrive, Eddie la salue, et l’appelle « Princesse ». Rita lui dit qu’elle ne veut pas qu’il aille voir la police pour porter plainte contre Joe. Elle lui dit une nouvelle fois que Joe n’a jamais porté la main sur elle. S’il va porter plainte, elle sera contraint de témoigner en faveur de Joe. 

Elle s’est rendue compte qu’elle l’a rendu paranoïaque en lui parlant de Chernak et en faisant l’amalgame avec le frère du Dr Rossi, et s’en veut pour ça.

Eddie lui promet alors de laisser tomber. Elle en est ravie. Elle l’invite à déjeuner au Colonial ce soir avec Ada et Norman. Il accepte volontiers. 


 

Chez les Carson, Elliot est au téléphone. Il n’y a pas de réponse. Il en conclut donc que la personne qui doit venir garder Kelly est en chemin. 

Constance est fébrile. Elle songe qu’elle n’a pas encore emballé les vêtements de Kelly. Elle n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi Michael ne leur a pas dit la vérité, à savoir que Kelly n’est pas la fille d’Allison. Elle pense qu’elle ne pourra jamais lui pardonner. 

Elliot entend le bruit d’une voiture. Constance a l’impression que Kelly sait qu’elle part aujourd’hui, et cela lui déchire le cœur. Elle va chercher Kelly lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. La baby-sitter en question n’est autre que Laurie, la petite blonde qui travaille au Cider Barrel. 

Elle doit veiller sur Kelly le temps que Constance et Elliot se rendent au tribunal afin d’informer le juge qu’ils ne sont sans doute pas les grands-parents de l’enfant.

Laurie monte à l’étage, mais la chambre de Kelly est fermée à clé. Constance est à l’intérieur, avec Kelly. Laurie en informe Elliot. Il monte à l’étage et découvre que la porte est toujours fermée à clé. 

Constance est dans le rocking-chair, avec Kelly dans les bras. Matthew est dans son parc. Elliot appelle Constance et lui demande d’ouvrir. À travers la porte, Constance lui dit qu’elle ne peut pas abandonner Kelly. Pas aujourd’hui. C’est au-dessus de ses forces. Demain, peut-être, mais pas aujourd’hui.

Elliot cède et dit qu’ils vont reporter leur rendez-vous avec le juge à demain. 


Le square est calme à cette heure de la journée. Tout semble prêt pour le prochain festival. Les stands sont montés et quelques ouvriers vérifient le fonctionnement de la grande roue. 

Tom et Susan se rendent en voiture jusqu’au pilori, et s’arrêtent devant le monument historique. Susan aperçoit Steven et l’appelle. Elle dit en aparté à Tom qu’elle peut lui épargner la réunion qu’elle a prévu avec Steven au sujet du déjeuner de charité si ce dernier l’emmène directement au manoir Peyton. 

Steven parvient à eux et accepte avec enthousiasme de l’emmener lui-même chez lui. 

Eli rejoint à son tour le petit groupe et discute avec Tom. Le vieil homme a besoin de l’opinion d’un homme parce que celle d’une femme est trop traditionnelle. Mais l’esprit de Tom est ailleurs, si bien qu’Eli n’insiste pas et s’éclipse. 


Rita entre à la taverne, frappe à la porte de l’arrière-boutique tout en appelant son père. 

— J’ai fait une réservation pour 18 h 30, dit-elle. On doit passer prendre Norman une heure avant sur le quai de chargement…

Elle ouvre la porte et arrête de parler quand elle découvre que son père n’est pas là. Ada est assise sur le lit, l’air désemparée.  Elle tient un morceau de papier dans la main.

Rita comprend immédiatement qu’Eddie est parti. Ada lui dit qu’il lui a laissé un mot d’adieu, mais Rita ne veut pas le lire. 

Ada lui dit que cette fois, il n’est pas parti sans rien dire. Il a laissé un mot. Il y a dix-huit ans de cela, elle n’avait pas eu droit à tant d’égard. 

Ada déplie le mot et le lit à haute voix :  

« Princesse, je voulais t’aider, mais je n’ai réussi qu’à te faire du mal. Je pense sincèrement qu’il est trop tard pour prendre un nouveau départ avec toi et ta mère. Même une pure vieille carcasse comme la mienne peut voir qu’il est temps de partir. Mise tout ce que tu as sur Norman, il est l’homme qu’il te faut. Il fera de toi une gagnante. Ton papa »

Ada termine par une de ses pensées : « Beau parleur, mauvais payeur ». 


Eddie, pourtant une valise, marche jusqu’à l’arrêt de bus et tend au conducteur un billet de vingt dollars. Le conducteur lui demande où il veut aller. 

— Aussi loin que possible, répond Eddie en soupirant. 

Il veut un billet aller, sans retour. Il monte dans le bus, suivi par le chauffeur. Le bus démarre. D’un regard nostalgique, Eddie dit au revoir à sa ville. 

Note : On ne sait pas ce qui est advenu de son vieux tacot qu’il conduisait encore l’épisode précédent. 


Épisode 428

lundi 6 mai 1968

Une visite à Steven 

Ce soir, une réaction en chaînes s’est développée. Un incident dans l’entrepôt sur le quai s’est produit, laissant Eddie Jacks avec de sérieuses blessures. Maintenant, Elliot Carson vient tout juste d’apprendre que le Dr Rossi savait toute la vérité sur les vrais parents du bébé que Jill Smith a amené il y a deux mois.

Une voiture roule autour du square et s’arrête. Elliot sort de la voiture et entre dans l’hôpital de Peyton Place.


Mlle Choate dit à Michael Rossi qu’Elliot l’attend dans son bureau. Michael comprend qu’Elliot est en colère contre lui dès le moment où il franchit la porte de son bureau. 

Elliot lui demande pourquoi il ne leur a pas dit la vérité à propos du bébé. Le médecin lui répond qu’il a fait ce qu’il devait faire pour aider son frère, et il en est désolé pour les Carson. Elliot n’en croit pas un mot. Il pense que le Dr Rossi a joué le rôle de Dieu dans cette affaire. 

— Vous connaissez Connie depuis de nombreuses années, Mike. Vous savez les galères qu’elle a connues pour élever seule Allison, pour ensuite rentrer à la maison une nuit et trouver la chambre d’Allison vide. Et maintenant, ça… Combien de malheurs une personne peut-elle supporter ?

— Connie est une femme forte, réplique Michael.

— Oui, mais elle est humaine. 

— Très bien, dit Michael. J’annule mes rendez-vous et j’irai la voir demain. 

— Oh, non, vous n’en ferez rien, Mike. Parce que je veux que vous rester loin de Connie, loin de nous deux. 


À la demande de Constance, Jill Smith se rend chez les Carson pour voir Constance et son bébé, Kelly. Constance décharge sa colère sur Jill. 

— Tu n’as jamais rencontré Allison, n’est-ce pas ? Tu as menti à tout le monde. Tu as aussi menti sur le père de Kelly, sans savoir qu’un jour, il allait refaire surface. Tu as tout inventé. Sois honnête pour une fois dans ta vie. Dis la vérité !

Jill prétend voulait simplement que Kelly soit dans une bonne famille et puisse recevoir une éducation digne.  

— Je veux voir mon bébé, lance Jill. 

Constance lui jette un regard de dédain et dit : 

— Ce n’est pas ton bébé. Tu l’as renié le jour où elle est née !


Norman entre dans l’appartement pour voir Rita en train de mettre de l’ordre. Demain, elle compte se rende à la laverie automatique. Elle rassemble les vêtements sales et les met dans un sac. Elle semble aller beaucoup mieux.


Eddie Jacks conduit son vieux tacot jusqu’à l’appartement. Ada est avec lui. Il a encore un bandage sur le front. Il sort de la voiture et fait le tour jusqu’au siège passager pour parler avec Ada. 

Ada désapprouve le fait qu’Eddie aille parler à Rita. Pour elle, il lui fait plus de mal que de bien. Elle lui demande de ne pas aller la voir. 

Elle reste dans la voiture tandis qu’il monte les marches menant à l’appartement des Harrington. Il s’apprête à frapper à la porte et voit Ada qui l’observe. Il se résigne et redescend les escaliers. Elle le remercie, et ils s’en vont. 


Steven dîne seul au manoir tandis que Mary vient l’interrompre pour lui dire que Mme Winter est ici et voudrait le voir. Susan entre et lui dit que les tickets pour le déjeuner de charité ont tous été vendus. 

Steven présume qu’elle n’a pas fait le chemin jusqu’au manoir pour lui apprendre quelque chose qu’elle aurait pu lui apprendre par téléphone. Il lui demande donc pourquoi elle est venue le voir en personne. C’est parce qu’elle sait qu’il est seul dans cette grande maison. 

— Nous avons une chose en commun, vous savez cela, Steven. 

Steven prend cela pour des avances, qu’il rejette. Il sait que Susan fait cela pour rendre son mari jaloux et ça le met mal à l’aise. 

Susan lui dit sournoisement que Rodney et Betty sont chez elle pour parler avec le révérend de leur futur mariage.

— Je leur transmettrai votre bonjour, dit-elle d’une manière sarcastique avant de quitter le manoir.


Chez les Winter, Betty et Rodney arrivent pour discuter avec le révérend Winter de leur prochain mariage. Tom leur dit que Susan aurait dû être ici, mais en fait, elle travaille sur le déjeuner de charité au profit de la construction d’une aile pour enfant à l’hôpital de Peyton Place. Elle travaille également à l’élaboration du festival des Fondateurs. 

Il semble un peu gêné par l’absence de sa femme et se confond en excuses. 

Rodney plaide sa cause auprès de Tom. Il explique qu’ils veulent un vrai mariage parce que le premier a été une catastrophe. Ils s’étaient mariés sans même prévenir leurs mères respectives, chez un juge de paix, et c’était d’une tristesse incroyable. 

Tom ne met pas longtemps à se laisser convaincre et leur annonce qu’il n’y a plus qu’à fixer une date. Il sera ravi de célébrer leur mariage. Betty et Rodney, ravis, le remercie.

Susan revient. Tom la salue et Susan l’embrasse. Betty dit à Susan que Tom est d’accord pour les marier. Avant que les futurs mariés ne partent, Susan glisse le fait qu’elle est allée voir Steven pour parler du déjeuner de charité. 

Seul avec Susan, Tom reproche à sa femme d’avoir délibérément créé une situation maladroite en disant qu’elle revient de chez Steven. 

— Tu ne va pas te servir de Steven Cord pour me rendre jaloux, affirme-t-il. 

Susan hausse les épaule : 

— Si ça ne marche pas, j’ai encore plein d’autres tours dans mon sac.


Épisode 427

jeudi 2 mai 1968

L’entrepôt 

Rita Harrington est revenue. Revenue à ce moment terrifiant de sa vie lorsqu’elle a rencontré la première fois le défunt Joe Chernak. De retour à l’entrepôt sur le quai de Peyton Place, où dans l’ombre, elle a accepté de suivre le chemin d’une vie qui l’a toujours tourmentée. 


Rita marche sur le quai. Elle entre dans l’entrepôt.

Rita regarde autour d’elle. Joe Rossi l’a suivie. Elle a un flash-back. Elle revoit Joe Chernak l’attraper. Joe Rossi s’approche d’elle et l’attrape. Elle tente de se débattre. Joe lui dit qu’il n’est pas Joe Chernak et qu’il ne lui veut pas de mal. 

Il arrive à la calmer, mais Eddie entre dans l’entrepôt et saisit Joe, pensant qu’il veut attaquer sa fille.

À l’intérieur de l’entrepôt, Eddie Jacks et Joe Rossi se battent., malgré les protestations de Rita, qui dit à son père que Joe ne lui a rien fait. 

Puis Joe s’en va, mais Eddie le rattrape sur le quai. Cette fois, Joe ne peut se retenir davantage et met KO Eddie. Il ouvre la porte de la taverne et appelle Ada. Ada sort et voit Eddie étendu sur le sol. 

D’une cabine téléphone payante, Joe appelle son frère. Il lui demande de venir le chercher sur le quai et d’apporter son sac noir de médecin. Il l’informe qu’il a eu une bagarre avec Eddie, mais avant de pouvoir se justifier et lui dire que c’est Eddie qui a commencé, Michael a déjà raccroché.

Eli et Rita transportent Eddie dans l’arrière-boutique de la taverne. Joe attend près de l’entrée du bar. Eddie continue à dire qu’il voulait protéger Rita et n’écoute pas sa fille quand elle veut lui dire que Joe ne lui a rien fait. Eli essaie d’obtenir d’Eddie qu’il s’étende.

Ada débranche le juke-box et dit aux clients qu’ils ferment tôt aujourd’hui. Ils s’en vont. Ada demande aussi à Joe de partir. 

— J’attends mon frère, dit-elle.

— Alors allez l’attendre dehors. 

Joe s’en va. Ada est désormais seule avec Rita dans la partie bar de la taverne. Elle aimerait connaître le fin mot de l’histoire. 

Rita explique à sa mère que la bagarre était de sa faute. Elle raconte qu’elle est allée à l’entrepôt pour revivre le passé et ainsi essayer de l’exorciser. C’est le révérend Tom Winter qui le lui a suggéré. Joe est venu et elle l’a pris pour Chernak. Elle a paniqué, mais il ne lui voulait pas de mal, il voulait simplement lui faire comprendre qu’il n’était pas Joe Chernak. 

Elle a compris qu’elle ne doit plus faire de mal aux personnes qui l’aiment. Depuis qu’elle a perdu le bébé, elle a fait vivre un enfer à sa famille. Elle veut que cela cesse.

Norman entre. Rita se précipite vers Norman et l’embrasse. 

— Je t’aime, murmure-t-elle. 

Le Dr Rossi et Joe entrent à leur tour. Michael examine Eddie. Il a une blessure sur le côté droit de son front. Il pose une gaze sur son front. Eddie va devoir aller à l’hôpital pour quelques points de suture. Eddie voit Joe et vocifère : 

— Faites sortir ce chien d’ici, je ne veux pas qu’il s’approche de ma fille !

— Joe n’a rien fait, le défend Rita.

Michael intervient : 

— Ton père est la victime, il a le droit de nous dire comment il a été blessé. 

Eddie s’empresse de donner sa version des faits : 

— Votre frère a essayé d’attaquer ma fille. Je l’ai arrêté.

— C’est un mensonge ! s’écrie Joe.

— Il n’a rien fait, répète Rita. Il voulait juste que je rentre à la maison.

— Depuis le début, ce vieux me cherche des embrouilles, plaide Joe. Peut-être que je n’aurais pas dû le frapper, mais tu me connais, Mike. 

Eddie continue :

— Pourquoi ne dis-tu pas à ton grand frère comment tu traites ton ancienne petite amie, Jill. Je n’ai jamais vu une fille aussi effrayée de toute ma vie.

Eli et Norman aident Eddie à se lever et l’emmènent à l’hôpital.

Pendant ce temps, Michael veut parler seul à seul avec son frère. Le médecin lui fait des reproches. 

— Tu n’es pas venu à Peyton Place pour mieux connaître ton grand frère, n’est-ce pas ? Les problèmes se lisaient sur ton visage dès le premier soir. Tu sais pourquoi tu es venu ici. Tu le sais très bien. C’est pour me faire payer tous les mois et toutes les années où tu as vécu avec Lisa, et où je t’ai rejeté. Peut-être que je t’ai rejeté, j’en suis conscient. Mais c’est parce que je devais faire un choix entre mon travail et toi, et tu avais Lisa. Elle t’a tout donné, elle a tout sacrifié pour toi !

Puis il quitte la taverne en colère contre Joe. 

Il ajoute qu’il croit Eddie quand il dit que Joe a attaqué Rita. Joe rétorque que Norman et Rita le croient. Ils sont ses amis et le connaissent mieux que son propre frère. 

Michael ordonne à Joe de rentrer immédiatement à la maison de la plage, sans faire de détour. De son côté, il part pour l’hôpital, en colère contre son frère.


Joe se rend à la maison de la plage et prend une photo d’Allison dans un tiroir d’une commode. Michael avait donné une photo d’elle à sa sœur, Lisa, lorsqu’il était allé à New York l’année dernière. 

Joe se rend ensuite chez les Carson, où il n’est pas le bienvenu. Il montre aux Carson la photo. C’est Constance qui avait pris la photo d’Allison avec le Dr Rossi. 

Joe dit à Elliot que le bébé est bien de Jill et que lui, Joe, est le père. Elliot ne le croit pas. 

— Je ne sais pas à quel jeu sadique vous jouez, mais ça ne nous intéresse pas. Maintenant sortez d’ici ! 

Joe insiste en disant que Jill s’est faite passée pour Allison lorsqu’elle a accouché de Kelly. Jill pense que Joe est un monstre et elle ne voulait pas qu’il ait de contact avec l’enfant. C’est pour cela qu’elle est venue à Peyton Place. Joe l’a suivi. 

— Je n’essaie pas de vous prendre l’enfant, je veux juste que vous sachiez la vérité.

— Pourquoi maintenant ? demande Elliot. Vous aviez eu de nombreuses occasions de parler avant.

— Je pensais que Mike vous l’avez dit. Je lui ai raconté toute l’histoire. Je peux tout prouver. Jill était ma petite amie à New York, beaucoup de gens peuvent en témoigner, y compris ma sœur Lisa. Jill était enceinte quand elle a quitté New York. Elle devait accoucher au moment où Kelly est née. 

— Kelly est le bébé d’Allison, s’obstine Constance. C’est écrit noir sur blanc sur l’acte de naissance.

Joe secoue la tête.

— Jill a utilisé le nom de votre fille. Mike parlait beaucoup de ses amis de Peyton Place dans ses lettres. Jill les lisait. Elle connaissait tout d’Allison. Quand elle a appris qu’Allison avait fugué, elle s’est mise à pleurer et a agir comme si Allison faisait partie de sa famille. Quand Jill a disparu, Lisa s’est mise en tête qu’elle devait être enceinte.

Après cette confession, il s’en va. Elliot, en colère, prend son manteau et part s’entretenir avec Michael. Constance tente de l’en empêcher, sachant à quel point son mari est parfois impulsif, mais il ne l’écoute pas et s’en va retrouver le médecin.