lundi 11 décembre 1967
L’arrestation
Pour Eddie, le départ précipité de la femme de Steven Cord, Betty, de la maison Peyton n’a qu’une importante mineure. Sans doute ce genre de crise qu’ont les femmes, à l’approche notamment du mariage de Martin Peyton avec Adrienne Van Leyden. Ou une confrontation émotionnelle entre Betty, qui vivait dans cette maison il y a encore peu de temps, et Peyton lui-même. Eddie s’est mis d’accord avec Leslie Harrington pour que le meilleur moyen d’empêcher le mariage d’avoir lieu afin que les termes du testament ne changent pas, est de mettre fin aux jours du vieil homme. À cet instant, Eddie est à l’extérieur de la demeure, guettant sa proie comme un vieux renard. Il a passé la plupart de sa vie à faire cela. Maintenant, il doit passer à l’action. Il doit franchir cette porte et abattre Martin Peyton dans le dos. Soudain, Eddie Jacks se pose la question « A-t-on jamais réussi a frapper Martin Peyton dans le dos ? ».
Eddie, caché près de la demeure, observe Betty sortant en courant de la maison. Il ne la reconnaît pas. Il note toutefois la couleur de ses cheveux. Il fait le tour et se glisse vers la porte de service.
Eddie découvre le corps sans vie d’Adrienne au pied de l’escalier. Peyton entend du bruit et appelle. Il est en haut de l’escalier.
— Qu’est-ce que c’est ? Qui est là ?
Il appelle ensuite Webber. Ce dernier arrive et attrape Eddie dans le hall de l’entrée.
Peyton descend l’escalier et aperçoit Adrienne gisant au pied des marches. Peyton murmure :
— Elle est morte.
Lee voit qu’Eddie a sa clé à molette dans la main.
— Ça vient de ma voiture,dit-il. De ma trousse de bricolage. Comment l’avez-vous eu ? Et qu’est-ce que vous faites avec ma clé à molette ?
Peyton et Lee soupçonnent Eddie d’avoir tué Adrienne. Peyton ordonne à Lee d’appeler la police. Lee s’exécute et parle avec le sergent William Wilson Walker.
— Quel est le problème ? demande le policier.
Lee lui rétorque :
— Il n’y a pas de problème, juste un meurtre.
Lee ordonne à Eddie d’enlever ses gants et de poser les mains sur la clé afin qu’il y ait ses empreintes dessus.
Une ambulance et deux voitures de police sont en face du manoir. Steven stoppe sa voiture et entre dans la maison au moment même où le conducteur de l’ambulance et l’aide-ambulancier couvrent Adrienne. Steven soulève la couverture pour voir le visage sans vie d’Adrienne. Il demande tout naturellement ce qui s’est passé.
Peyton est en état de choc :
— Ma fiancée est morte, déplore-t-il.
Il lui dit qu’il a entendu du bruit, s’est levé et lorsqu’il est arrivé, il a vu Eddie Jacks debout devant le corps, tenant une clé à molette.
Eddie clame son innocence. Il venu ici pour prévenir Martin Peyton, et il a découvert Adrienne au pied de l’escalier.
Steven demande à Lee s’il était là. Le chauffeur répond qu’il n’était pas dans la maison au moment des faits.
Le sergent William Wilson Walker, le sergent Edward Goddard et un autre policier placent Eddie en garde à vue. Il sera inculpé demain matin. Eddie demande à Steven de le représenter. Steven ne veut pas s’engager à la légère pour l’instant, mais il va cependant l’accompagner au poste de police.
Peyton se tourne vers Steven :
— Si j’étais toi, je réfléchirais à deux fois avant de représenter un ex détenu.
La police conduit Eddie vers le siège arrière de la voiture de police, tandis que Steven monte à l’avant. La police s’en va, toute sirène déployée, même s’il ne s’agit pas là d’une urgence.
Dans l’appartement, Rita et Norman parlent d’Eddie. Rita avoue à son mari qu’Eddie n’est pas revenu de son escapade nocturne. Elle ne sait pas où il est et elle s’inquiète.
Norman veut que Rita aille se reposer. Elle a dit qu’elle a appelé la taverne, la maison d’hôtes et le bar du Colonial, sans succès. Elle a le sentiment bizarre que quelque chose ne va pas.
Norman lui dit qu’Eddie est un grand garçon et qu’il sait se débrouiller seul, mais Rita ne peut s’empêcher d’avoir un mauvais pressentiment. Norman insiste pour qu’elle aille s’entendre pendant qu’il lui prépare un lait chaud.
Rita regarde par la fenêtre et s’aperçoit qu’il neige. La première neige de la saison. Norman éteint la lumière pour mieux voir et la rejoint. Ils admirent le square vêtu de son nouveau blanc manteau sous une belle quiétude, d’une durée bien courte.
En effet, ils entendent les sirènes de police. Rita voit la voiture de police s’arrêter devant le poste, de l’autre côté du square, et son père en sortir, entouré de policiers. Elle est prise de panique.
Bien qu’elle ne soit pas habillée assez chaudement pour sortir, elle se précipite vers la porte, descend les escaliers en courant et traverse la rue. Norman court après elle et, une fois qu’ils sont parvenus au square, la rattrape avant qu’elle ne fasse un malaise. Elle continue à gémir qu’elle veut aller voir son père, mais Norman la porte et la ramène à l’appartement.
Il l’étend sur le canapé. Rita se plaint qu’elle a du mal à respirer. Norman appelle aussitôt le Dr Rossi.
Steven Cord est admis dans la cellule d’Eddie. Ce dernier ne semble pas inquiet d’être enfermé et demande au gardien deux cafés, mais Steven lui dit qu’il n’est pas ici pour le plaisir.
Il est ici parce qu’Eddie a quelque chose à lui dire. Eddie hésite. Steven lui dit qu’Adrienne est morte et qu’il va être inculpé de meurtre. Il ajoute que dans cette région, on ne fait pas cadeaux aux meurtriers : on les électrocute. Il lui donne trois minutes pour s’expliquer.
Eddie lui raconte qu’il se cachait dans les buissons lorsqu’il a vu la porte d’entrée du manoir s’ouvrir et une femme aux cheveux noirs s’enfuir. Il réalise soudain que ce pouvait être Betty. Steven ne veut pas y croire :
— Ne me mentez pas, prévient-il.
Eddie assure qu’il dit la vérité et assure qu’il ne dira rien à la police à ce sujet si Steven arrive à faire venir Peyton ici, car il veut lui parler.
Steven souhaite plus de détails et apprend que Peyton était en haut de l’escalier quand Eddie a découvert le corps. Quant à Lee, il est entré après Eddie.
À la fin de l’entretien, Eddie souhaite serrer la main de Steven, mais l’avocat refuse.
Steven quitte la cellule pour se rendre dans une cabine téléphonique se trouvant dans la salle de lecture du poste de police. Il s’assoit, ferme la porte et appelle Martin Peyton.
Ce dernier demande à l’avocat si Jacks a avoué. Steven lui dit qu’il y a plusieurs zones d’ombre qu’il aimerait dissipées. Il dit au vieil homme qu’Eddie souhaite qu’il vienne au poste de police, car il veut lui parler. Peyton lui rétorque qu’il n’a que faire d’Eddie. Steven pense qu’il n’est pas sage pour le vieil homme de penser qu’il n’est pas concerné par cette affaire. Peyton raccroche au nez de Steven.
Dans l’appartement, Norman observe le Dr Rossi ausculter Rita avec son stéthoscope. Rita est énervée et ne cesse de discourir tandis que Michael essaie d’écouter son cœur. Rita se fait du souci pour son père. Le médecin dit à la jeune femme qu’Eddie a un tempérament chaud. Il a probablement déclencher une bagarre, son arrestation ne doit pas être grave. Rita aimerait s’en assurer.
Michael lui dit qu’il préfère qu’elle séjourne à l’hôpital, c’est plus prudent. Bornée, Rita dit qu’elle n’ira pas tant qu’elle ne saura pas ce qui est arrivé à son père.
Norman trouve un compromis : elle va à l’hôpital et pendant ce temps, il va se renseigner sur Eddie. Résignée, Rita accepte.
Pendant qu’elle se prépare, le Dr Rossi reproche à Norman de ne pas l’avoir écouté. Il lui a dit que Rita ne devait pas être contrariée, et la voilà qui court sans vêtement dans la neige. Norman lui fait savoir que tout ceci est la faute d’Eddie, pas la sienne.
Norman a peur que Rita perde le bébé. Le Dr Rossi lui dit qu’ils n’en sont pas là. Le jeune homme lui fait savoir qu’il veut ce bébé. Et si jamais Rita devait faire une fausse couche, cela risque de les détruire. Rita ne pourrait jamais s’en remettre.





