jeudi 5 octobre 1967
La décision de Betty
Le plan que Martin Peyton a soigneusement mis en scène pour briser le mariage de Steven et Betty Cord est sur le point de réussir. Betty a quitté la propriété Peyton après avoir vu son mari et Adrienne Van Leyden quitter ensemble la résidence de Peyton à Boston.
L’extérieur du Colonial Post Inn. Steven frappe à la porte de la chambre 6 du Colonial.
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Surpris par le boucan que fait Steven devant la porte de la chambre de Betty, le réceptionniste de l’hôtel vient voir ce qu’il se passe. Il demande à Steven si tout va bien, et celui-ci le rabroue.
Après le départ de l’employé, Steven supplie Betty de lui ouvrir la porte. Il lui dit qu’il l’aime. De son côté, Betty est couchée sur le canapé et écoute sans bouger. Finalement, Steven abandonne et redescend l’escalier.
Il quitte le Colonial l’âme en peine et croise Rodney. Il ironise sur le fait que Rodney est toujours là où il faut, et au bon moment. Rodney ne sait pas de quoi il parle et Steven l’avertit de ne pas jouer à ce jeu. Il pense que Rodney profite de l’occasion pour courir après Betty. Il mentionne le fait que Sandy Webber a quitté la ville il y a quelque temps à cause de Rodney, qui s’en prend aux femmes mariées. Steven sent que la même chose se produit pour lui. Il termine en l’informant que Betty l’a quitté.
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Eddie Jacks achète des fleurs sur le quai. Il en pose une sur le revers de son costume. Rita observe son père effeuiller une feuille et dire : « elle m’aime… elle ne m’aime pas… elle m’aime… ». Puis il accroche la fleur sur le chemisier de Rita. Il invite sa fille à faire une petite ballade en bateau un de ces jours.
Puis il évoque Martin Peyton. Il pense que le vieil homme aime bien Rita. Il lui parle de son père à lui, de sa solitude après le décès de son épouse. Peut-être que Peyton ressent aussi cette solitude. Même s’il a de l’argent, cela ne remplace pas la présence d’une femme à ses côtés.
Rita trouve son père très humaniste. Ils se mettent d’accord pour se voir demain, puis se quittent.
Eddie se rend dans une cabine téléphonique et dépose une pièce dans la fente pour appeler Leslie Harrington. Eddie voudrait passer à son bureau. Leslie lui dit qu’il ne veut pas le voir, mais Eddie le fait chanter rien qu’en prononçant le nom de Chandler. Leslie fixe une heure : 8 h 30, non au bureau, mais près docks de la fabrique.
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Au Colonial Post Inn, Peyton rend visite à Betty dans sa chambre. Il lui parle de fierté et de loyauté. Betty n’est pas dupe, elle sait que sa séparation avec Steven le réjouit, et que c’est ce qu’il a toujours voulu.
Il lui dit qu’elle n’est pas la seule lésée dans cette affaire, car après tout, c’est sa fiancée qui a fauté avec le mari de Betty. Il lui demande de revenir à la maison, mais elle refuse. Elle lui reproche d’avoir amené Adrienne dans leur vie.
Peyton rétorque qu’il n’est pas responsable des actes de Steven. Avant qu’il ne parte, Betty lui dit qu’elle a pris la décision qui s’impose : elle va demander le divorce. Peyton profite de l’occasion pour lui suggérer d’aller à Boston rencontrer Kennerly, son avocat.
— Je vais lui téléphoner et lui demander de te voir.
Puis il s’en va, manifestement satisfait par la tournure des événements.
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Eli s’entraîne pour le discours qu’il compte faire à M. Tomlinson, le directeur de la banque, devant le miroir.
Norman frappe à la porte et Eli le laisse entrer. L’ayant entendu parler, Norman lui dit qu’il peut attendre qu’il soit seul.
— Je suis seul, lui répond Eli.
— J’ai pourtant entendu des voix dans cette pièce, fait remarquer Norman.
Eli lui explique qu’il se parle face au miroir, ça l’aide. Norman est venu lui parler d’Eddie. Eli lui dit de ne pas faire semblant d’aimer Eddie si ce n’est pas le cas. Il faut cependant qu’il fasse contre mauvaise fortune bon cœur afin de ne pas énerver Rita, qui est malade du cœur.
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Au Colonial, Rodney vient voir Betty, toujours dans sa chambre numéro 6. Elle mange son premier repas de la journée, qu’elle a à peine toucher. Rodney lui fait remarquer qu’elle a l’habitude de ne pas manger quand tout va mal pour elle.
Rodney est ici pour l’écouter. C’est tout ce que veut Betty. Il s’excuse pour la dernière fois au garage. Il commence à penser qu’il y a un peu de vérité dans ce que croit Betty. Elle en vient à penser que Steven l’a épousée non pas par amour, mais parce qu’il voulait quelque chose que Rodney possédait.
Rodney lui fait remarquer qu’ils n’étaient plus mariés à l’époque. Elle lui propose un café, qu’il accepte. Il s’assoit sur le canapé tandis que Betty prend place sur un fauteuil (cette chambre au Colonial est un véritable appartement !). Ils poursuivent leur conversation.
Selon la théorie de Betty, même si elle n’était plus mariée à Rodney, Steven devait savoir à quel point il avait de l’affection pour elle. Il pensait que Rodney la désirait toujours, et en l’épousant, il détruisait ainsi son rêve de la reconquérir. Le téléphone sonne.
— Je reviens, dit Betty qui se lève pour répondre.
Elle raccroche et dit à Rodney qu’elle va à Boston voir un avocat. Rodney porte la valise de Betty tandis qu’ils quittent la chambre.
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À la taverne, face sud, Eddie informe Ada qu’il doit partir pendant quelques minutes. Il lui promet cependant de revenir cette fois (il fait référence à ce qui s’est passé il y a 18 ans).
Mais juste avant, Elliot arrive et lui rappelle qu’il l’a invité à boire un verre. Gêné, Eddie regarde Ada qui est derrière le comptoir, les bras croisés et le regard lourd de reproches.
Les deux hommes s’assoient à une table et, tout penaud, Eddie lui dit que la règle de la maison est de ne pas payer de verre. Elliot n’y voit pas d’inconvénient et dit qu’il va payer, mais Eddie refuse. Il prend une bouteille, sert deux verres et dit à Ada qu’il paie de sa poche.
Elliot lui dit que le métier de barman semble lui convenir. Eddie raconte qu’en sortant de prison, il avait trouvé un emploi de barman et qu’il a appris le métier sur le tas. Il abrège la conversation, s’excuse auprès d’Elliot, car il doit s’absenter quelques minutes. Il lui demande d’attendre ici, il n’en a pas pour longtemps. Il quitte la taverne.
Elliot le suit discrètement et le voit monter dans la voiture de Leslie. Il fronce les sourcils, se demandant de quoi peuvent bien parler les deux hommes. Mais il est trop loin pour entendre.
Dans la voiture, Eddie dit à Leslie :
— Il y a deux ou trois choses que je voudrais clarifier à propos de notre beau-père commun, M. Peyton.
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