Episode 350

Mardi 4 juillet 1967

Le train fantôme

Être recherché par la police n’est pas une expérience nouvelle pour Jack Chandler. Il a passé la moitié de sa vie à fuir quelque chose ou quelqu’un. Mais aujourd’hui, il se trouve aussi bien poursuivi que poursuivant. Sa nièce, Rachel Welles, a été claire lorsqu’elle s’est enfuie de sa ferme la nuit dernière, elle n’acceptera jamais son désir obsessionnel pour elle. Réagissant comme un animal blessé au dernier rejet de Rachel, Chandler continue à poursuivre Rachel. Il sait que la police le recherche. Il sait qu’il a volé un véhicule pour s’enfuir avec la jeune fille. Mais il est aveugle à la peur, aveugle à la raison, il n’a qu’une chose en tête : il veut Rachel. 

Chandler conduit seul une voiture bleue. Il arrive près du motel Pine River Motor Lodge.


Billy Brown, le propriétaire, directeur et réceptionniste, est en train de lire lorsque Chandler entre. Il lui dit que la chambre 2, à l’arrière, possède une belle douche et que la chambre 12 donne une belle vue de la forêt. 

Chandler lui dit qu’il a besoin d’un équipement de pêche. Il se rend à sa voiture. Pendant ce temps, Brown l’a reconnu et appelle la patrouille de police. Chandler s’en doute, réapparaît, et lui dit que finalement il ne veut pas l’ennuyer, puis s’en va. Il démarre la voiture en trombe et roule à pleine vitesse.


Chez les Carson, Rachel regarde dehors par la fenêtre de sa chambre. Elle voit arriver une voiture de police. Elliot vient à leur rencontre. Un des policiers lui donne un document et les officiers repartent. Elliot consulte le papier et regarde Rachel. 

Elliot rejoint Constance dans la cuisine. Elle lui demande s’ils ont trouvé Chandler. 

— Non, répond Elliot. Mais il y a autre chose. Une coupure de presse qu’ils ont trouvée à la ferme de Chandler. 

Il s’agit d’un article sur l’incendie qui a causé la mort des parents de Rachel. Il mentionne le fait que l’incendie a peut-être été déclaré par la jeune fille qui jouait avec des allumettes. 

Constance est abasourdie. Rachel leur avait dit qu’elle était à l’école au moment du drame. Elle lui trouve cependant des excuses, pensant qu’elle était trop horrifiée pour leur dire qu’elle était présente lors de l’incendie.

Elliot n’est pas aussi conciliant. Car il y a autre chose qu’il a appris : Rachel leur a encore menti, car il n’y avait pas de train lorsqu’elle a dit que Chandler s’est arrêté et que Rachel en a profité pour s’enfuir. La ligne ferroviaire n’est plus en service depuis deux ans.  

Il souhaite en savoir plus sur l’incident de la ferme qui a coûté la vie aux parents de Rachel. La jeune fille est leur seul lien avec Allison. Il dit à Constance qu’il sait qu’ils ne peuvent plus faire confiance à Rachel.

— Elle pourrait inventer n’importe quoi sur ce qui s’est passé la nuit dernière. Elle invente des faits pour remplacer des réalités désagréables depuis qu’elle a huit ans.

Constance se rend à l’étage et frappe à la porte de la chambre de Rachel. Cette dernière est sur le rocking-chair et demande à Constance de venir plus tard parce qu’elle ne se sent pas bien en ce moment. Constance acquiesce et redescend.


Au cabinet d’avocats, Steven est avec Betty. Il prépare deux cafés. Il s’amuse de l’anecdote sur le bijou acheté par Peyton et que Betty pensait pour elle. 

Il lui rappelle que c’est un homme d’affaires et qu’il fait de nombreux cadeaux pour graisser les pattes de politiciens. Il lui arrive donc souvent d’acheter des bibelots pour les femmes de gouverneurs, juges ou autre.

Quand Betty lui dit que le « bibelot » en question vaut la somme de 10.000 dollars, Steven prend l’affaire plus au sérieux. Il lui demande si elle sait à quelle femme sont destinés les bijoux. Ce que sait Betty, c’est que ce cadeau est destiné à une jeune femme. Il voulait l’avis de Betty, car il se sait avoir des goûts démodés. 

Steven lui dit qu’elle a bien fait de venir lui en parler. Il aimerait en savoir plus sur Peyton et demande à Betty de lui rapporter tous les faits et gestes du vieil homme. 


Dans le square, Rodney et Norman se retrouvent. Ils s’apprêtent à aller voir Steven à son cabinet.

Leslie sort du Colonial et arrive près d’eux. Il demande d’abord à Rodney s’il a des nouvelles de Chandler. Rodney lui donne les dernières nouvelles.

Norman demande sarcastiquement à Leslie s’il donnera un travail à Chandler lorsqu’il sortira de prison. Norman lui fait remarquer qu’il a donné un travail à Chandler alors qu’il n’en a jamais proposé à lui, qui est son propre fils. Leslie est ennuyé par cette remarque.

Leslie ne veut pas entrer dans la polémique et dit à son fils qu’il s’inquiète pour la jeune Rachel.

Norman n’en croit pas un mot. Dégoûté, il s’en va et se rend au cabinet de Steven. Rodney le suit. Steven les fait entrer dans son bureau. Ils ne restent pas longtemps, juste le temps de leur dire qu’ils ne veulent pas entrer dans la bataille entre l’avocat et leur grand-père.

Steven, de son côté, dit qu’il veut sa part de l’héritage, et il fera tout pour l’obtenir. 


Leslie Harrington se rend au poste de police. Le sergent William Wilson Walker le reçoit. Leslie veut des informations sur Chandler, et lorsque Walker se montre réticent, Leslie lui fait remarquer que la fabrique qu’il dirige soutient cette ville. Walker lui répond qu’elle ne le soutient pas lui.


Constance frappe à nouveau à la porte de la chambre de Rachel. Cette fois, elle entre. 

— Comment te sens-tu ? s’enquiert Constance.

— Fatiguée.

— Il faut que je te parle, Rachel.

La jeune fille affirme qu’elle a dit la vérité. 

— Chandler ne s’est pas arrêté au passage à niveau, il n’y avait pas de train. Cela fait deux ans qu’aucun train ne roule sur cette ligne.

— Je n’ai jamais dit qu’il y avait un train, se défend la jeune fille. J’ai simplement dit que Chandler s’était arrêté, je ne sais pas pourquoi, mais il s’est arrêté à cet endroit.

Constance aimerait la croire, mais elle ne le peut pas, parce que Rachel a trop souvent menti.

Rachel demande ce que la police a donné à Elliot tout à l’heure. Constance le lui dit. Rachel supplie Constance de la croire lorsqu’elle dit qu’elle n’a pas allumé le feu. Elle a joué avec des allumettes plus tôt dans la journée, mais elle était seule à ce moment-là. Sa tante Lucy avait gardé cet article qu’elle avait coincé dans la Bible. 

— Elle disait que j’étais mauvaise. Elle a toujours dit que j’étais une mauvaise fille !

Elle pleure : 

— Je n’ai pas allumé ce feu. J’aimais mes parents, je les aimais beaucoup. Pourquoi a-t-il déterré toute cette histoire ?

— Qui ? Chandler ? Qu’a-t-il déterré ?

— La coupure de presse, sur le feu.

— Qu’a-t-il dit à ce propos ?

— Je ne m’en souviens plus.

— Je suis sûre que si.

— Il a dit qu’il allait la montrer à tout le monde, et que vous ne voudriez plus que je revienne.

Constance constate qu’à trois reprises, Chandler l’a attaquée et qu’à trois reprises, elle a réussi à s’échapper. Pourtant, Chandler est un homme fort, comment a-t-elle pu faire pour s’enfuir à chaque fois ?

— Vous pensez que je vous ai menti à propos de tout, n’est-ce pas ? 

— Que penser d’autre ?

Déçue, Constance sort de la chambre et referme la porte.


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