Lundi 19 juin 1967
Les prémices d’un plan
Steven Cord est un homme avec une mission. Il vient d’apprendre le contenu choquant du nouveau testament de Martin Peyton, qui stipule les conditions dans lesquelles sa femme pourra en être la principale bénéficiaire. Maintenant, Steven est déterminé à se battre. Déterminé à construire un dossier solide contre Peyton afin de contester les dernières volontés du vieil homme et d’annuler le testament. Steven a l’intention de prouver que son grand-père est mentalement instable.
Le hall d’entrée du manoir Peyton. Steven prend son pardessus dans l’armoire, l’enfile, et sort.
Lee Webber est dehors près de la limousine. Steven regarde sa montre :
— Il est sept heures. Que faites-vous ici si tôt ?
Lee sourit ironiquement à l’avocat :
— Vous voulez dire que vous avez oublié quel jour nous sommes ? C’est l’anniversaire de la mort de votre mère. Honte à vous, Steven, votre grand-papa s’en souvient.
Steven retourne à l’intérieur du manoir et téléphone au cimetière. Il demande à M. Jordan de le rappeler au 555-3626. Betty, vêtue d’une très belle chemise de nuit, surprend son appel et lui demande ce qui se passe. Il le lui dit.
Elle lui demande ce que cet anniversaire signifie vraiment pour lui. Steven lui dit qu’ils vont au cimetière. Betty devine que cela a un rapport avec les projets qu’ils ont élaborés la nuit dernière.
Au cimetière, devant la pierre tombale de Catherine Peyton Harrington, Norman se dresse, respectueux, et dépose des fleurs. Son grand-père arrive au même moment, précédé par Webber, et place également des fleurs.
Peyton salue Norman. Il s’excuse pour son intrusion dans le recueillement de Norman.
Steven et Betty arrivent à leur tour et souhaitent le bonjour aux autres membres réunis autour de la tombe. Norman parle d’une manière sarcastique à la pierre tombale :
— Mère, voici ton enfant longtemps perdu.
Peyton l’interrompt, tout en concevant que cela doit être très dur pour lui.
M. Jordan, le directeur du cimetière, se dirige vers eux et s’adresse à M. Peyton au sujet de sa demande de transférer le corps de Catherine à un autre endroit. Il pense que cela ne peut pas se faire du jour au lendemain et que cela requiert du temps. Martin ne voit pas de quoi parle Jordan.
— De votre appel téléphonique, répond le directeur du cimetière.
— Je ne vous ai jamais appelé !
— C’est moi qui vous ai appelé, monsieur Jordan. M. Peyton m’avait parlé de ce qu’il comptait faire.
— Vraiment ? s’étonne Peyton.
— Oui, vous ne vous rappelez plus, c’était il y a deux jours, n’est-ce pas Betty ?
Betty ne répond pas. Steven continue.
— Vous m’aviez dit que cet endroit était ombragé et pas du tout approprié pour Catherine, vous souhaitiez la transférer dans un endroit plus lumineux. Vous en aviez parlé au dîner, n’est-ce pas Betty ?
Cette fois, Betty acquiesce.
Martin Peyton ne s’en souvient plus, il semble désorienté par cette conversation et dit, au grand soulagement de Jordan, qu’il laisse la tombe de Catherine où elle est. Il demande à Lee de le raccompagner jusqu’à la limousine.
Restée seule avec son mari, Betty lui dit qu’elle n’a pas aimé être piégée. Elle ne se souvient plus de cette conversation, et finalement comprend que c’est le début du plan machiavélique visant à prouver l’instabilité mentale de Martin Peyton.
Steven veut ce qui lui revient de droit, mais Betty lui répond qu’elle n’a que faire de l’argent de Peyton. Mais Steven insiste pour battre le vieil homme à son propre jeu :
— Il a déclaré la guerre dès l’instant où je suis né. S’il veut me détruire, j’ai tous les droits de contre-attaquer.
— Avec l’aide de ta loyale femme.
— C’est bien comme ça que je l’entends.
Betty soupire. Parce qu’il est son mari, elle lui promet de l’épauler.
Lee conduit Peyton au Shoreline Garage. Il aide le vieil homme à sortir de la voiture. Peyton va discuter avec Rodney à l’intérieur.
Une voiture de police se gare près de la limousine et le sergent William Wilson Walker demande à Lee Webber s’il a vu Jack Chandler. Lee n’est pas coopératif.
À l’intérieur du garage, Peyton demande à Rodney s’il sait quel jour on est. Il lui parle de Catherine. Rodney a oublié son anniversaire, il veut d’ailleurs oublié tout de sa mère. Peyton lui demande si quelqu’un avait parlé de faire déplacer la tombe de sa mère. Rod est ennuyé et voudrait qu’on laisse sa mère reposer en paix. Peyton en rajoute une couche sur Steven en disant que c’est lui qui voulait déplacer la tombe, et que tant qu’il sera marié à Betty, la famille ne pourra pas être en paix.
Sandy entre avec deux pots de glace qu’elle a achetés pour elle et Rodney. Elle salue M. Peyton d’une manière très familière, lui offrant un pot de glace. Elle agit d’une manière possessive sur Rodney, donnant l’illusion qu’il forme un couple solide. Peyton, estomaqué par l’insolence de Sandy, préfère s’en aller.
Rodney dit à Sandy de partir. Mais Sandy lui dit qu’elle l’aime.
— Soyons honnêtes l’un envers l’autre, dit Rodney.
— Comme par exemple, pourquoi est-ce que tu traînes avec une fille des bas quartiers comme Sandy Webber, alors que tu peux avoir une fille racée comme Betty Cord ? Est-ce assez honnête pour toi ?
Elle s’en va en claquant la porte.
Dans la cuisine des Carson, Constance et Elliot discutent tout en préparant à manger. Constance se demande quand ils vont enfin arrêter Chandler. Elliot lui dit qu’il faut un peu de patience, ils parviendront à l’avoir.
Rachel entre dans la pièce. Elle a changé sa coupe de cheveux, les relevant en un chignon très à la mode de l’époque. Constance lui dit que ça lui donne l’air plus âgé.
— Je trouve cette coupe affreuse, admet Elliot.
Constance prend la défense de Rachel et Elliot dit qu’il ne comprendra jamais les femmes.
Il ajoute qu’elle devrait y aller, ou bien elle sera en retard aux cours. Dans le vestibule, Rachel demande à Elliot s’il peut la déposer à l’école à la place de Rodney.
— Toi et Rodney vous êtes disputés ? demande Elliot.
— Non, il se trouve que c’est très embarrassant de demander à Rod de m’emmener à l’école. Il n’est pas mon petit ami, il n’est pas un ami proche et il n’est pas de la famille.
Pendant qu’elle parle, Rachel défait ses cheveux pour les laisser de nouveau pendre dans son dos.
Elliot lui dit qu’il peut l’emmener et venir la rechercher, si elle lui promet de ne plus jamais porter cette affreuse coupe. Ils rient.
Lee arrête sa voiture et atteint la vitre qu’il a brisée dans l’épisode précédent, pour ouvrir la porte. Chandler est ici et ils discutent. Lee ordonne à Chandler de sortir d’ici. La police recherche ce dernier, et il ne veut pas d’ennui. Il a un job auquel il tient.
Il lui dit que si jamais il est encore ici à son retour, il appellera les flics. Lee s’en va. Chandler appelle l’école de Peyton Place, prétendant être Elliot. On lui dit que Rachel sort de ses cours à 9 h 05 précisément.





