Episode 303

Mardi 10 janvier 1967

Pauvre petite fille

Hôpital de Peyton Place. Ce soir, un feu s’est déclaré à l’intérieur de la vieille maison Peyton. Martin Peyton a été amené ici, à l’hôpital. Steven l’a découvert évanoui au pied des escaliers de sa maison, victime d’une inhalation de fumée, et en état de choc. L’homme, dont l’image domine la ville, est dans un état critique.

Il fait nuit. Sur le parking de l’hôpital, une infirmière sort tranquillement d’une voiture bleue. Rodney est dans une autre voiture, derrière. Il en sort et court jusqu’à l’entrée de l’hôpital.


Steven et Betty sont assis sur un banc. Rodney se précipite vers eux. Steven porte un bandage à la main. Rodney demande à Steven comment va sa main. Il le remercie d’avoir sauvé la vie de Peyton. 

Le Dr Fielding, qui remplace le Dr Rossi parti en vacances à New York, sort d’une salle et leur dit que Peyton a repris conscience. Il a demandé à voir son petit-fils. Ne se faisant guère d’illusion, Steven se tourne vers Rodney : 

— Je pense qu’il parle de toi, Rod. 

Rodney va voir Peyton. Il est sous une tente à oxygène. 

Mais le vieil homme voulait en fait voir Steven. Il ne va pas très bien.

— Steven est dans le couloir, je peux lui demander de venir. 

— Dans un instant. Rodney, je pensais que je ne te reverrais plus jamais, bredouille-t-il. 

Il dit à son petit-fils qu’il n’est pas encore prêt à mourir, il a encore beaucoup de choses à lui transmettre, à lui apprendre. 

C’est au tour de Steven d’entrer. Peyton lui demande pourquoi il est venu à la maison. Il était venu au manoir afin de rendre le chèque de la vente de la maison qu’Hannah avait donné à Betty. 

Martin évoque Hannah, et combien elle était belle à l’époque où il l’a connue. Et combien elle est toujours aussi belle ! 

Il demande à Steven quel est son prix pour lui avoir sauvé la vie. 

— Quand le moment sera venu, je vous le ferai savoir, dit Steven.


Dans une autre chambre de l’hôpital, Elliot frappe à une porte. Il entre. Il fait sombre. Il demande à Rachel si elle dort. N’obtenant pas de réponse, il s’apprête à partir quand Rachel allume. Elle est étendue sur son lit, dans une chambre qui doit se situer dans les combles de l’hôpital. 

Elliot invite officiellement Rachel à venir vivre chez eux. Il ajoute que Constance a besoin d’aide avec le bébé. 

Cependant, il jette une ombre au tableau en lui disant qu’il émet des réserves sur elle parce qu’il pense qu’elle n’a pas dit tout ce qu’elle savait sur le bracelet d’Allison.

Rachel pense que l’invitation des Carson vient du Dr Rossi. Elle a dans l’idée qu’il veut se débarrasser d’elle, qu’il ne veut plus qu’elle reste à l’hôpital. Elle songe qu’en partant à New York, il l’a en quelque sorte abandonnée. Elle est en colère contre lui.

Elliot lui dit sèchement que Rachel n’a rien à voir dans le départ du médecin. Michael a traversé de nombreuses épreuves, dont la plus terrible, la perte de la femme qu’il aimait. Il n’a pas l’habitude de montrer ses faiblesses, mais il souffre intérieurement. Son départ pour New York est une façon de se reconstruire, de tirer un trait sur le passé. Il reviendra à Peyton Place quand il sera prêt, pas avant. 

Avant de partir, Elliot dit que l’invitation tient toujours. Si Rachel veut bien venir s’occuper de Matthew, elle pourra rester à la maison.


Lee ouvre la porte et entre chez lui. Il appelle Sandy et Chris, mais ne reçoit aucune réponse. Il enlève sa veste. 

Sandy se tient en face du vieux réfrigérateur. Lee se regarde dans le miroir et dit pour lui-même : 

— Bon retour à la maison, Lee. 

Il prend une assiette et se tourne vers Sandy : 

— Prépare-moi quelque chose de bon. 

En bonne femme au foyer, elle s’exécute. Il lui dit qu’il a vu Rodney fricoter avec sa nouvelle petite amie. Sandy lui répond que le nom de la fille est « Rachel » et ils ne sortent pas ensemble. 

Lee fustige Sandy du regard : 

— Je t’ai pardonné une fois parce que j’étais en prison et que tu étais seule, mais je suis de retour à la maison, maintenant.

Cela sonne comme une menace. 


À l’hôpital, Rachel se lève et commence à préparer ses affaires. Rodney frappe à la porte. Elle lui ouvre.

— Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Rachel, est-ce que tu pleures ? 

— Ça ne te regarde pas ! Pourquoi es-tu ici ? Tu es supposé être au côté de ton grand-père.

— Il n’y a rien que je puisse faire pour lui. Alors je suis venu te voir. Tu ne veux pas me laisser entrer ?

La voyant bouleversée, il force l’entrée, Rachel s’en offusque.  

Il lui demande pourquoi elle fait ses valises et elle lui répond que l’assistante sociale, Mme Franks, va venir pour lui procurer un nouveau foyer. Elle en veut au Dr Rossi d’être parti sans lui dire au revoir, en ne lui laissant qu’un vulgaire mot.

Rodney lui répond qu’elle agit comme une enfant gâtée. Ce n’est pas parce que le Dr Rossi est parti pour quelques jours qu’il va la laisser tomber. Le monde du Dr Rossi ne tourne pas autour d’elle et il faut qu’elle s’y fasse.

— Je crois que tu as le béguin pour lui, dit-il.

— Je n’ai pas le béguin pour lui, se défend-elle. 

Il voit que Rachel ne met pas dans ses valises ses nouveaux vêtements achetés récemment et il lui demande pourquoi.

— Parce que je ne veux pas qu’on me fasse la charité, explique-t-elle.

— La charité ?

— Je vais les retourner au magasin. C’est le Dr Rossi qui les a payés. 

— Qu’est-ce que tu as contre les gens qui veulent t’aider ?

— Il n’a même pas été capable de dire que c’est lui qui les a payés.

Rodney se fâche et lui dit qu’elle devrait se faire à l’idée que les gens veulent l’aider. 

— Les gens se sentent simplement désolés pour moi, dit-elle. Mme Carson m’a demandé de venir vivre chez elle et m’occuper du petit Matthew. Mais je ne le ferais pas. 

Cela étonne Rodney. Il se fâche de nouveau lorsqu’elle lui dit avoir refusé la proposition. Il veut qu’elle l’accepte.

— Je ne peux pas, dit-elle. M. Carson ne veut pas de moi. Il ne me fait pas confiance. Il pense que je sais des choses à propos d’Allison. Et Mme Carson veut simplement être gentille.

— Mme Carson ne fait jamais les choses pour être gentille. Maintenant, brosse tes cheveux. Je pensais que tu aimais bien Mme Carson.

— C’est le cas. 

Rachel se met à pleurer.

— S’il te plaît, Rachel. Ne pleure pas. 

Rachel dit du bien de Constance. Pour elle, c’est la personne la plus gentille au monde. Elle est belle et ressemble à sa mère. 

Rodney la console. 

— Brosse tes cheveux, et ensuite je t’emmène chez les Carson.

Elle ne s’y oppose plus.


Steven et Betty se rendent au manoir brûlé et regardent les dommages causés. 

— C’est horrible, souffle Betty. 

C’est surtout le petit salon, où l’incendie volontaire s’est déclenché, qui a été le plus touché. 

— C’est peut-être aussi bien, si cet incendie brûle le passé. Il y avait tant de mauvais souvenirs pour toi ici. 

— C’est ça que je veux, dit Steven.

— Quoi ?

— Quand M. Peyton m’a demandé ce que je voulais, eh bien, c’est ça que je veux.

— Cette maison ?

— Oui. Je ne le savais pas avant, mais maintenant j’en suis sûr. C’est la maison que je veux. 

Il regarde le salon et voit déjà comment il la rénovera. 

— Ça signifie voir M. Peyton tous les jours, c’est vraiment ce que tu veux ? demande Betty.

— Après tout, je suis un Peyton, répond Steven.

Betty est également emballée par cette idée. 


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