Episode 253

Jeudi 4 août 1966

La confrontation

Ann Howard vient juste d’apprendre que Steven Cord est son frère. Et elle est venue au manoir des Peyton pour confronter la femme qui doit être la mère qu’elle n’a jamais connue. Hannah Cord, la femme qui a gardé le secret dans cette maison depuis de nombreuses années.

Ann conduit sa vieille décapotable qu’elle a achetée à Lee Webber, une Tag 472J, à la maison Peyton, en sort et se dirige vers la porte d’entrée du manoir. Elle sonne.


Hannah descend les escaliers et ouvre la porte.  Ann Howard est plantée devant elle. 

— J’ai à vous parler. 

—  Je suis désolée, mais M. Peyton… 

Ann ne veut pas entendre les boniments d’Hannah et l’interrompt. 

— Et vous avez à me parler. Vous allez répondre à mes questions, parce que je connais la vérité. Steven et moi connaissons la vérité. 

Ann entre et Hannah ferme la porte.  

— Si vous savez la vérité, comme vous le dites, alors que voulez-vous de plus de moi ?

— Je connais les faits. Je veux savoir les raisons. Toutes les raisons. Mère, m’avez-vous détestée quand je suis née ?

— Oui. 

— Mais pas Steven ?

— Je vous haïssais tous les deux, depuis le début. Depuis le moment de votre naissance, je vous ai méprisé tous les deux. 

— Qu’est-ce que nous vous avions fait ?

— Je viens de vous dire que je ne voulais aucun de vous deux. Ça ne vous suffit pas ?

— Ce n’est pas possible. Comment pouvez-vous détester des enfants à leur naissance ?

— C’est possible. C’était nécessaire. 

— Nécessaire ?

— Oui, nécessaire. Je devais me débarrasser de votre père. Sans faire attention à vous, ce qui rendait les choses plus faciles. J’ai fait un arrangement avec votre père. Il vous prenait, et moi je gardais Steven.

— J’ai été vendue, comme une simple marchandise ?

— Vous pouvez appeler ça comme ça, si vous le voulez. 

— Pourquoi moi, et pas Steven ?

— Parce que votre père voulait Steven. Son fils. Et je ne voulais pas lui donner cette satisfaction. Je l’ai forcé à vous prendre, et j’ai gardé Steven. Il ne méritait pas d’avoir un fils. Il a détruit notre mariage. Je l’ai mis à la porte. 

— Mais il pouvait très bien partir sans prendre un des enfants. 

— C’est exact. Les enfants étaient une monnaie d’échange. 

— Qu’est-ce que mon père a fait ? Dites-le-moi. 

— Il est mort. Qu’importe maintenant.  

— Cela m’importe. C’est quelque chose d’énorme que de devoir renier Steven et moi. Il devait avoir fait quelque chose de grave. 

— Votre père était un homme de mauvaise réputation, malhonnête. Totalement sans valeur.  

— Mauvaise réputation, sans valeur ? Continuez… 

— Vraiment ? À votre avis, comment obtenait-il tout l’argent qu’il avait ? Combien de tableaux achevait-il en une année ? Combien de tableaux a-t-il vendus en cinq ans ? Un seul, avec un peu de chance. 

— Je n’en sais rien.  

— Votre père avait une maîtresse. 

— Et alors ? Vous voulez dire que vous l’avez mis à la porte parce qu’il avait une liaison. Une simple liaison ? 

— Il était professeur de dessin dans une école pour fille. Et elle était l’une de ses élèves. Simplement l’une de ses élèves jusqu’au moment où elle eut une idée ingénieuse. Elle l’a chargé de peindre son portrait. Un cadeau de Noël pour son père. Elle allait et venait dans son studio, jour après jour. Il n’a peint qu’un seul portrait d’une fille. Il a gardé ses croquis dans sa malle pendant toutes ces années. Elle était riche, et si jeune. Redoutablement jeune. Je l’ai détestée.  

— Catherine Peyton.  

— Oui. Catherine… Peyton.  

— Le tableau de mon père. Vous l’avez détruit !

— Il aurait dû être détruit depuis bien longtemps. Elle n’a même jamais aimé Brian. Il n’était rien d’autre qu’un jouet pour elle. Un homme marié. Et vous, vous me parlez d’une simple liaison. C’était vicieux, diabolique… Elle savait que son père n’accepterait jamais cette liaison. Martin Peyton a tout arrangé. C’est lui qui a payé Brian pendant toutes ces années, pour protéger la réputation de sa fille. 

— Comment avez-vous pu rester à son service après ça ? 

— Parce que M. Peyton me l’a demandé.  

— Il vous a payé ? Et vous êtes resté collé aux chevilles de ce vieil homme, pendant toutes ces années. Trop avide et trop égoïste pour prendre soin de vos propres enfants.  

— Je vous avais dit que vous n’aimeriez pas connaître la vérité. J’avais raison, n’est-ce pas ? Mais vous avez insisté. Satisfaite ? 

Ann s’en va. On entend le bruit du moteur.  

Peyton rejoint Hannah. 

— Hannah, qu’est-ce que tu lui as dit ? Qu’est-ce que tu lui as dit ? 

— Je ne sais pas, Martin. Je ne sais pas. Mais j’ai peur qu’elle aille voir Steven.  

Rodney apparaît en haut des escaliers.  

— Rodney…, murmure le vieil homme. Je suis fatigué, Hannah. Je prendrai mon dîner à l’étage.


Ann arrive à la maison de la plage et entend le téléphone sonner. Elle entre et répond. C’est le Dr Rossi qui appelle. Il lui dit qu’une urgence est survenue en dernière minute. Il sera en retard pour le déjeuner. 

Il lui ordonne de rester à l’intérieur de la maison et de l’attendre. Il lui dit qu’il l’aime. Elle lui dit qu’elle l’aime. 


Hannah marche sur le quai. Elle monte à l’appartement d’Ann. Elle frappe à la porte. Leslie la voit et l’appelle du quai. Elle retourne en bas de l’escalier lui parler. 

Leslie demande des nouvelles de Steven. Elle lui demande ce qu’il fait sur le quai. Ils se disputent en se rappelant le passé. 

Hannah lui dit qu’elle a toujours su que ce n’était qu’un opportuniste et un menteur. Leslie lui rappelle le marché qu’ils avaient conclu à l’époque.


Rita est dans l’appartement au-dessus du drugstore tandis qu’Allison frappe à la porte. Rita ouvre et Allison lui dit d’emblée qu’il est important pour elle de parler à Norman. 

Sandy Webber vient juste d’appeler au sujet du Chris. Ce dernier semble à nouveau s’être volatilisé. 

Norman lui dit qu’il a déposé Chris chez le Dr Rossi. Allison lui demande pourquoi Chris voulait se rendre chez le médecin. Norman lui dit qu’il n’en sait rien. Il a simplement fait ce que Chris lui demandait.


Steven ajuste des assiettes sur la table du dîner dans sa maison et celle de Betty. Il parle avec Betty de la nouvelle sœur qu’il a retrouvée. Steven et Betty s’étreignent. Ils sont enfin réconciliés. 

Steven a envie d’appeler Ann. Il prend le combiné du téléphone, mais Betty lui prend des mains et raccroche en lui disant qu’elle est prête à parier qu’Ann est avec Mike Rossi.


Pendant ce temps, à la maison de la plage, Ann attend. En dépit de la promesse qu’elle a faite à Mike, elle décide de sortir. 

Elle se promène le long de la falaise. Elle trébuche une ou deux fois. Elle s’approche de la falaise et regarde en bas.


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