Episode 221

Lundi 23 mai 1966

Le temps des disputes

Ann Howard a passé beaucoup de temps près de la maison de la plage de Michael Rossi. Mais Michael Rossi n’est pas la seule attraction. Ici, où s’est déroulé l’accident dans lequel un garçon est devenu aveugle, elle a trouvé le lieu de sa culpabilité. Elle doit maintenant partir à la recherche de son innocence. 

Le Dr Rossi revient à la maison de la plage en voiture et découvre Ann se tenant debout devant la falaise. 


Michael sort de sa voiture. Lui et Ann entrent dans la maison pour parler. Ann essaie d’arracher des brides de son passé. Mike lui dit qu’elle ne les trouvera pas ici. 

Ann reparle de l’accident et des enfants autour d’elle. Michael voudrait qu’elle oublie tout cela. Le médecin souhaite qu’elle retourne sur les lieux du drame. Pour tenter de l’exorciser et d’outrepasser ses peurs. Ce qu’elle fait. 


Elliot conduit Allison à la librairie. Elle demande des nouvelles de la maquette du voilier que son père a acheté récemment. Il veut qu’Eli le répare pour lui. 

Ils entrent dans la librairie et parlent d’aller naviguer ensemble. Mais Elliot sent que sa fille est perturbée par quelque chose et il lui demande ce qui ne va pas. 

Allison n’arrête pas de penser à ce qu’a dit Martin Peyton l’autre jour. L’opinion du vieil homme l’ennuie. 

Elliot lui demande si elle et Rodney ont déjà parlé mariage. Allison avoue que ses sentiments sont confus.

Elliot s’en va. Il se rend à sa voiture et sort la maquette du bateau du siège arrière. Il l’emporte au magasin général. Norman est sur le trottoir et le rejoint. 

— Bonjour monsieur Carson. 

— Oh, salut Norman. Il est un peu tôt pour ouvrir, n’est-ce pas ?

— Eh bien, quand votre père m’a engagé, il m’a dit que je devais être ici chaque matin à 7 h 30. J’ai donc été obligé de lui montrer la Charte des Droits de l’Enfant sur le Travail. Et maintenant, je ne viens plus avant 8 h 30.

Elliot et Norman entrent dans le magasin. 

— Salut papa, claironne Elliot. Comment te sens-tu aujourd’hui ?

— Ça ne te regarde pas ! Si tu es venu pour le café, tu sais où il se trouve. Va te servir. 

— A-t-on reçu les cagettes de pommes rouges ? s’enquiert Norman. 

— Dix au total. Toutes pourries. 

— C’est donc pour ça que vous êtes de mauvaise humeur. 

— En partie, oui. 

— Bien, où sont-elles ? Je vais aller les jeter. 

— Je l’ai déjà fait, marmonne le vieil homme. 

— Bon, eh bien je crois que je reviendrai pour le déjeuner, annonce Elliot.

Eli secoue énergiquement la tête. 

— Tu restes et tu prends une tasse de café ! ordonne-t-il. 

— Qu’est-ce qui ne va pas, papa ?

— Rien ne va. Rien, rien, rien !

— Tu radotes comme une vieille bique. 

— Mme Montgomery m’a téléphoné pour me dire que le seau en cuivre que je lui ai vendu et promis qu’il ne rouillerait pas, a rouillé. Mme Seawall a acheté pour 500 kg de noix et elles étaient toutes véreuses. Mme Cooper voulait une cloche en cuivre et j’ai bradé la dernière pas plus tard qu’hier. En plus de ça, 10 cagettes de pommes pourries, et notre jeune voyou qui est supposé venir ici à 8 h 30 le matin pour alimenter les rayons et qui se pointe avec vingt minutes de retard. Voilà ce qui ne va pas. Et arrête de sourire bêtement comme ça. Qu’est-ce que tu apportes ? 

— Dans l’état d’esprit dans lequel tu te trouves, tu n’apprécieras pas, papa. Je ferai mieux de revenir plus tard. 

— Oh non de non ! Laisse ce Persis Howell ici. Regarde-moi ces superbes voiles. Je parie que tu ne connais pas son histoire. 

— Non. Toi si ?

— Bien sûr que oui. Tout le monde connaît l’histoire de ce baleinier. Un jour, ils ont capturé une baleine. La plus grosse jamais vue. Ils ont eu beaucoup de difficulté à la tuer. Et lorsqu’ils y sont parvenus, l’âme de la baleine est venue hanter le bateau et apporter la chance aux chasseurs de baleine. Oui, monsieur, pendant dix ans, l’âme de la baleine est restée sur le bateau et apportée de la chance aux baleiniers, car toutes les plus grosses baleines tournaient autour du bateau, ne demandant qu’à être harponnées. Et puis un beau jour, un mousse s’est glissé près de la figure de proue du bateau et il a enlevé une oreille de la figure pour la donner à sa mère comme porte-bonheur. Eh bien, deux jours plus tard, le bateau coulait. Tous les hommes du bateau se sont perdus dans la mer calme. On a dit alors que l’âme de la baleine se trouvait dans la figure de proue, et lorsque le garçon a enlevé l’oreille, l’esprit de la baleine s’en est allé.

— En voilà une histoire ! Tu es sûr de ne pas l’avoir inventée ? 

— Ingrat personnage ! Je suppose que tu veux que je raccommode cette chose, dit Eli en montrant la maquette.   

—  Si tu veux bien, oui.

— Très bien, je le ferais si tu me fais une faveur en retour. 

— Tout ce que tu veux. 

— Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler à Martin Peyton.

— Oh, c’est ce qui t’ennuie ?

— C’est ce qui m’ennuie et ce qui doit t’ennuyer aussi. 

— En fait, les opinions de Peyton importunent la plupart des habitants de Peyton Place. 

— Tu pourrais te permettre de dire cela si tu n’avais pas de famille à soutenir. 

— Je peux soutenir ma famille et mes idées. Merci beaucoup, Papa. 

— Il est parfois habile de se battre contre le pouvoir abusif. Mais la plupart du temps, c’est imprudent. 

— Si c’est imprudent de dire à un vieux tyran comme Martin Peyton que le temps de la dictature est terminé, alors on peut dire que je suis un imprudent. 

— Personne n’a encore osé te dire que tu n’étais qu’une vieille bique radotante ?

Elliot rit. 


Leslie gare sa voiture près du Shoreline Garage et entre dans le bâtiment. Rodney est content d’avoir de la visite pour pouvoir faire une pause dans son travail. 

Leslie lui demande comment se déroule sa nouvelle vie au manoir. Il demande également des nouvelles de Peyton. Rodney lui répond qu’il est maintenant presque à l’aise au manoir. 

Il demande à son père comment il va. Leslie lui répond que ça l’aiderait beaucoup si Rodney revenait travailler à la fabrique. Puis il lui dit qu’il a demandé à Mme Anderson de l’épouser. Elle n’a pas encore donné sa réponse. Il demande à Rodney ce qu’il ressentirait s’il se mariait avec Julie. 

Rodney admet que Leslie n’a pas besoin de son consentement. Ils commencent à se disputer. Rodney lui dit que sa mère est morte depuis peu de temps. Il rappelle à son père que la scène qu’il a vue à la fabrique (cf. épisode 1 : Leslie embrassant Julie, et surpris par Rodney) a ruiné sa relation avec Betty. 

Leslie le regarde droit dans les yeux, déterminé : 

— Si Julie Anderson veut de moi, je me marierais avec elle. 


Au manoir, Martin demande à Norman s’il joue aux échecs. Norman lui répond qu’il n’a jamais pris le temps d’apprendre à jouer. 

Peyton lui demande combien il se fait d’argent en travaillant pour Eli Carson. Norman lui répond par une autre question : combien Martin se fait-il d’argent avec ses actions ?

Martin est agacé par les réponses de Norman. Il dit qu’il veut l’aider à aller au collège. Norman n’a pas encore digéré le fait que le dîner qu’avait prévu Martin pour lui et Rita ait été annulé. Il lui demande pourquoi. 

— Parce que quelque chose est arrivé, lui répond-il simplement. 

Il lui dit qu’il est en train de se condamner à la médiocrité. Rodney se mêle à la dispute lorsque Norman lui demande ce qu’il a dû faire pour avoir les faveurs de Martin. 

Rodney pousse Norman et lui dit de sortir de cette maison. Norman frappe Rodney, qui tombe et se cogne contre la table du téléphone. 


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