Jeudi 21 avril 1966
Sandy
Il y a dix-sept ans de cela, une fille effrayée et hystérique a été accusée d’avoir délibérément poussé un garçon du haut d’une falaise, causant sa cécité. Ann Howard, une étrangère dans un endroit familier. Aujourd’hui, elle revient à Peyton Place. Il lui a fallu énormément de courage pour faire face une nouvelle fois à la scène de la tragédie : la maison de la plage occupée maintenant par le Dr Michael Rossi.
Le coursier du Colonial Post Inn amène une lettre au Dr Rossi. Ann est postée à l’entrée du Colonial. Le Dr Rossi se dirige vers Ann Howard.
Le Dr Rossi et Ann entrent au bar du Colonial Post Inn.
— Que diriez-vous d’un bon remontant ? propose le médecin.
— Pour un docteur ? s’étonne Ann.
— Le docteur n’est pas de service. Pourquoi ne pas nous asseoir ici ?
Il propose une place au comptoir du bar.
— Ce sera parfait.
Fred, le barman, s’approche d’eux.
— Bonjour Fred.
— Oh, bonsoir, docteur Rossi.
— Que désirez-vous ? s’enquiert Mike auprès d’Ann.
— Une Daïquiri glacée.
— Et pour moi, un martini dry avec deux olives.
— Je vous apporte ça tout de suite, sourit le barman.
Mike se tourne vers sa collègue.
— Êtes-vous déjà venue ici auparavant ?
— Où ?
— À l’auberge. C’est un point de rencontre obligatoire dans cette petite ville. Rustique et plein de charme.
— J’ai bien peur de ne pas être très observatrice.
— Il n’y a pas beaucoup de choses à voir à Peyton Place, déplore le médecin.
— Je veux savoir. Est-ce toujours de la même façon que vous rencontrez vos assistants : en les invitant à prendre un verre ?
— Il y a à peine une minute, vous disiez que c’était un bon remède.
— En fait, je suis très versatile.
Ann se penche vers lui et ajoute :
— Vous savez, vous aviez raison lorsque vous avez dit m’avoir déjà vue avant que l’on ne se rencontre à l’hôpital.
— Oh ?
— C’était très poli de votre part de ne pas m’avoir traitée de menteuse. J’étais effectivement sur la falaise, près de la maison de la plage.
— J’ai un peu peur de vous demander si vous avez vu ce que j’étais en train de faire.
— Vous étiez en train de cuire des œufs.
— Oh, oui, je m’en souviens. Je revenais d’un mariage. Les mariages me donnent toujours faim.
— J’ai toujours entendu dire que les célibataires étaient de bons cuisiniers.
— Ce n’est pas ce que vous pensez ?
— J’aimerais beaucoup goûter votre cuisine.
— Seulement si vous signez un papier me déchargeant de toutes responsabilités.
— Où dois-je signer ?
— Chez moi, avant le dîner.
— Oh.
Steven et Betty entrent au bar et rencontrent Michael. Le médecin se lève pour saluer le couple.
— Oh, Betty. Steven.
— Mike.
— Dr Rossi. Comment allez-vous ? s’enquiert Betty.
— Très bien.
Steven et Betty se rendent au bar.
— Qui est-ce ? demande Betty.
— Michael Rossi. Il travaille à l’hôpital, plaisante son mari.
— Très drôle. Si tu ne fais pas attention, on risque de te coller l’étiquette de sournois dans le dos.
— Elle s’appelle Ann Howard. Elle est passée au bureau tout à l’heure.
— Il semblerait que toutes sortes de jeunes femmes mystérieuses se présentent à toi.
— Par exemple ?
— Par exemple la femme qui a appelé lorsqu’on était en lune de miel.
— Allons, Sherlock. Je ne peux rien te dire. Secret professionnel oblige.
— Même pour la femme de l’avocat ?
— Surtout pour la femme de l’avocat.
— Ne crois pas t’en tirer comme ça, dit-elle en souriant.
Dans le salon des Carson, Allison se morfond en pensant à ses sentiments envers Rodney. Constance parle avec elle de ses relations avec le jeune homme.
Rodney sonne à la porte. Allison dit à sa mère qu’elle et Rod vont au Shoreline Cafe, puis elle va ouvrir la porte, salue Rodney et l’invite à entrer.
Elliot félicite Rodney pour avoir acheté le Shoreline Garage et lui offre quelques conseils gratuits.
Puis Allison et Rodney partent au Shoreline Cafe.
De la musique assourdissante est diffusée au Shoreline. Sandy Webber entre dans le café et commence à vouloir flirter avec Rodney. Elle l’identifie comme le beau-frère de Rita.
Sandy invite Rod à danser, mais il refuse poliment. À cet instant, il ne sait pas que la jeune femme n’est autre que la femme de Lee.
Sandy lui dit qu’elle n’était pas en ville pendant un certain temps, et qu’elle est revenue il y a peu.
Elle demande à Rodney si lui et Allison forment un couple. Il lui répond que oui. Excédé par la jeune femme, il la congédie.
Elle s’en va tandis qu’Allison la suit des yeux. Pendant qu’ils prennent place à une table, Sandy s’approche de Norman et danse avec lui. Puis elle renverse un verre sur Rita. Elle lui dit qu’elle est désolée.
— Tu parles ! répond Rita.
Embarrassée, Rita se rend aux toilettes afin de mettre un peu d’eau sur sa robe tachée. Sandy attrape Rodney et danse avec lui.
Lee entre dans l’établissement, aperçoit Sandy sur la piste de danse, s’approche d’elle et la gifle violemment.
Rodney crie à Lee d’arrêter, et ce dernier lui explique que Sandy est sa femme. La foule autour d’eux se tait et observe la scène.
Lee a jeté un froid dans l’assistance et la musique s’arrête. Rodney et Allison suivent Lee et Sandy qui sortent du café. La musique et les danseurs reprennent.
À l’extérieur du Shoreline, quelques instants plus tard, Rodney et Allison s’embrassent fougueusement dans la décapotable.
Allison est un peu froide bien qu’elle admette éprouver du désir pour Rodney, mais elle est perturbée par le manque de compréhension de sa mère. Rodney comprend la situation et ils se regardent amoureusement dans les yeux.
Le Dr Rossi cuisine pour Ann dans son cottage de la plage. Il admet cuisiner depuis qu’il a déménagé dans cet endroit. Lorsqu’il était à New York, il s’achetait souvent des sandwiches déjà préparés à trois cents.
Ann se glisse dehors et se rend une nouvelle fois au bord de la falaise. Elle se trouve prise d’un malaise.
Michael l’aperçoit et l’aide à la ramener au cottage. Ann revit l’horreur de l’accident survenu dix-sept ans plus tôt. Comment les enfants lui avaient passé le bandeau sur les yeux, comment ils l’avaient fait tourner. Les enfants avaient tourné autour d’elle et l’avaient poussé, jusqu’à ce qu’elle les pousse en retour. Soudain, elle a entendu un cri et a enlevé son bandeau.
Les enfants étaient devenus aussi pâles que des fantômes et avaient crié :
— C’est elle qui a fait ça !
Un jeune garçon, Chris Webber, gisait inconscient au pied de la falaise.
Ann devient hystérique et Michael la calme en lui administrant un sédatif. Puis elle se calme et s’étend sur le canapé.





