lundi 27 mai 1968
Le grand départ
Le jour est venu. Le jour que le Dr Michael Rossi ne pensait jamais voir. Le jour où la famille d’Elliot Carson quitte Peyton Place. Une fin abrupte et amèrement douloureuse pour une amitié qui a grandi et s’est épanouie pendant des années. Et le Dr Rossi se trouve impuissant face à cela.
Michael gare sa décapotable et sort du véhicule. Constance et Elliot l’observent. Puis ils rentrent à l’intérieur de la librairie sans lui adresser un mot.
Tandis qu’Elliot observe chaque recoin de la librairie, perdu dans ses pensées, Constance lui dit qu’elle ne pensait pas que cela irait aussi vite.
Elliot lui dit qu’un moment, il a cru que Michael allait rentrer avec eux pour s’expliquer, mais il ne l’a pas fait. Il lui dit qu’ils doivent aller superviser le déménagement de la maison, maintenant que le camion a chargé toutes leurs affaires professionnelles. Betty entre et Elliot dit à Constance qu’il l’attend dehors.
Betty demande une nouvelle fois à Constance de rester pour le mariage.
— Je vous demande de rester une demi-journée supplémentaire, pas plus. Je ne vous le demanderais pas si ce n’était pas important pour moi.
— Ta mère ne vient pas ? s’enquiert Constance.
— Non, elle ne vient pas. Juste une demi-journée, c’est tout ce que je vous demande, madame Carson.
— Elliot et moi devons partir. Nous avons expliqué déjà cela à Rodney.
— J’ai juste besoin de vous à mes côtés. En tant que la mère d’Allison.
— Je comprends, Betty. Et je suis flattée. Mais Elliot et moi avons décidé de partir. Nous ne voulons pas prolonger plus longtemps les adieux. Est-ce que tu réalises tous les gens qui nous poseraient des questions à l’église ? C’est déjà assez douloureux comme ça, Betty. Elliot et moi te souhaitons tout le bonheur du monde avec Rodney, tu le sais.
— Merci, madame Carson.
En sortant, Betty se tourne vers Elliot.
— Monsieur Carson… Au revoir.
Elle l’embrasse. Elliot est ému par ce geste.
— Au revoir, Betty.
Carolyn est dans le kiosque à musique, s’amusant à être le chef d’orchestre d’un orchestre imaginaire. Marsha lui dit qu’elles auront une conversation une fois à la maison.
Carolyn lui demande de quoi Marsha et Fred (le père de la jeune fille) ont parlé au tribunal. Marsha est désolée de voir sa fille tellement amère devant la situation du divorce.
Carolyn joue comme toujours la carte de la légèreté, alors qu’elle est blessée à l’intérieur. Elle dit à sa mère qu’elle ne va pas à New York. C’est comme ça. Elle en a plus assez que tout le monde décide pour elle.
Carolyn aperçoit Joe Rossi dans la décapotable rouge, court vers lui et monte dans la voiture, laissant sa mère sur place.
Jill entre dans la chapelle pour parler avec Tom Winter. Elle lui remet une copie du sermon qu’il a écrit. Sans le savoir, elle a interrompu l’heure de méditation du révérend, mais il n’en fait pas cas. Elle le saura pour la prochaine fois.
Susan entre et se joint à eux. Jill la salue et s’en va. Tom demande à sa femme comment était Boston. Tom mentionne la compagnie que possède le père de Susan. Il sait que le père de Susan voudrait qu’il vienne travailler avec lui, mais il est trop impliqué en tant que révérend.
Puis ils parlent de leur couple et de ce problème toujours permanent : Susan veut plus d’attention de sa part. Elle en vient à reprocher à Dieu de prendre trop de place dans leur vie, ce qui met Tom en colère. Il lui rappelle que son travail est très important pour lui, et qu’il en a besoin.
Carolyn et Joe sont assis dans la décapotable rouge, garée au beau milieu d’un parc de verdure. Elle parle de la possibilité de quitter Peyton Place en raison du divorce de ses parents.
Elle essaie d’en savoir plus sur lui, car il ne se confie guère. Elle se demande ce qu’un bourlingueur comme Joe fait dans une ville comme Peyton Place.
Joe minimise totalement les problèmes de Carolyn et, en plaisantant, il lui dit qu’elle ne veut pas partir d’ici à cause de lui. Vexée, elle sort de la voiture tandis qu’il rit et lui demande de revenir.
Elliot entre dans la maison presque vide et se prépare à partir. Constance se rappelle qu’ils ont eu des bons moments dans cette maison. Ils ont décidé de ne pas la vendre, mais de la louer.
Le Dr Rossi vient enfin les voir. Constance le laisse seul avec Elliot tandis qu’elle va chercher Matthew à l’étage.
Michael s’excuse pour leur avoir procurer tant de peine. Elliot lui dit d’oublier ça. Tout est fini. Mais il emploie un ton sarcastique. Cela ne convient pas au médecin, qui sent qu’Elliot est toujours en colère contre lui.
Elliot admet qu’il l’est toujours. Constance remercie Michael d’être venu. Michael n’arrive pas à croire qu’ils vont vraiment partir. Il aimerait qu’ils restent. Elliot perçoit une telle sincérité chez Mike qu’il en est touché. Il se radoucit et dit à Michael qu’il a toujours été un bon ami, et il le remercie pour ça. Ils font la paix en se serrant la main.
Constance les rejoint avec Matthew. C’est l’heure des adieux. Mike embrasse Constance, Matthew et serre de nouveau la main à Elliot.
— Vous allez me manquer, dit-il.
Elliot l’informe qu’Eli va s’occuper de la location de la maison. Peut-être va-t-il la vendre. C’est lui qui décidera. D’ailleurs, il devrait être là et les Carson s’étonne de son absence. Ils doivent partir.
Mike se propose de l’attendre dans la maison. Après un dernier au revoir, Elliot ferme la porte et ils s’en vont.
Elliot et Constance arrivent au square et aperçoive Eli seul sur un banc. La nuit est tombée. Ils sortent du véhicule et vont le voir.
Le vieil homme est abattu par leur départ. Cependant, il est content qu’ils puissent prendre un nouveau départ dans une ville que ne leur rappelle pas les drames vécus.
Il va dire au revoir à Matthew, resté à l’arrière du véhicule.
— Que Dieu te protège et te garde en sécurité, dit-il à l’enfant.
Eli leur souhaite un bon voyage.
— Prends soin de toi, lui dit Elliot.
Ils s’étreignent une dernière fois. Elliot aide Constance à entrer dans la voiture. Il fait le tour et s’installe sur le siège du conducteur.
La voiture démarre et quitte doucement la ville de Peyton Place, sous le regard du vieil homme.





