jeudi 1er février 1968
Perte de contrôle
Aujourd’hui, pour la seconde fois, Constance Mackenzie Carson a vu une étrange jeune fille passer devant la fenêtre de la librairie. Cette fois, elle a pratiquement forcé cette fille, que se fait appeler Jill Smith, à converser avec elle. C’était une conversation perturbante, qui a profondément ébranlé Constance.
Constance marche dans la rue, du côté de la maison Carson, portant le petit Matthew. Elle ouvre le portail en bois blanc et traverse l’allée menant à la porte d’entrée.
Constance entre dans la maison et tend Matthew à Elliot. Ravi de voir son fils, Elliot commence à le chatouiller, mais Constance lui demande de ne pas l’énerver avant d’aller se coucher.
Elliot lui demande si elle est fatiguée. Constance admet qu’elle l’est. Elle informe son mari de sa conversation avec Jill. Elle pense que Jill est délibérément venue la voir, prétextant être à la recherche d’un emploi alors qu’elle en a déjà un chez Eli.
Elle ajoute que Jill parle ouvertement du fait que son bébé n’a pas de père. Elle sait aussi que Jill n’a pas vu ses parents depuis plus d’un an. Elle est bouleversée rien qu’en pensant aux parents de la jeune fille qui doivent être morts d’inquiétude. Elliot s’étonne de voir Constance si contrariée pour une fille qu’elle ne connaît pas. En réalité, Constance fait le rapprochement avec Allison et pense que leur fille a quitté Peyton Place pour la même raison.
— Es-tu en train de me dire que tu sais ? Que tu en es absolument sûre ? lui demande Elliot.
— Nous avons tous deux admit que c’était possible, rappelle Constance.
Elliot est surpris :
— Tu parles comme si tu savais qu’Allison était enceinte.
Elle lui rappelle qu’Allison s’était impliquée dans une relation avec Rodney avant de partir. Elliot pense que leur fille leur en aurait parlé, si elle était tombée enceinte. Constance lui dit qu’elle aurait eu peur de la réaction d’Elliot.
Elliot n’y croit pas. Il pense que sa femme croit en cette version parce que ça la rassure de penser qu’Allison est encore en vie.
Dans son bureau, Steven travaille tandis que l’interphone bourdonne. Mlle Nolan informe son patron que Jill Smith veut le voir.
— Faites la entrer, dit Steven.
Jill se présente et lui sert la main. Elle mentionne le fait que c’est le Dr Rossi qui l’a envoyée. Mlle Nolan prend Kelly et l’emmène au secrétariat pour que Jill et Steven puissent parler tranquillement.
Jill attaque de front. Elle dit qu’elle a dix-huit ans, qu’elle est mère célibataire, que Kelly n’a pas de père et qu’elle n’a aucun problème avec ça. Il lui demande ce qu’il peut faire pour elle. Jill veut savoir si quelqu’un peut lui enlever son bébé. Elle pense notamment aux services sociaux ou encore à ses parents. Steven lui dit que non, sauf si quelqu’un peut prouver qu’elle est inapte en tant que mère.
Cependant Jill étant encore mineure, alors ses parents ont toujours des droits sur elle. Steven lui demande ce qu’elle compte faire avec le bébé lorsqu’elle travaillera. Il ne lui cache pas qu’elle est dans une situation difficile du fait d’être mère célibataire.
Mais Jill lui répond qu’elle sait faire face à ce genre de situation. Elle semble déterminée à élever son enfant seule, tout en travaillant.
Eddie Jacks s’occupe du bar de la taverne et parle avec un des clients réguliers du cheval qu’il a acheté à Rita lorsque Norman entre.
Norman souhaite parler avec Eddie. Celui-ci dit en riant au client que Norman et le futur associé des « Étables Harrington Jacks ».
Cela ne fait pas rire Norman. Il lui dit qu’il souhaiterait simplement qu’Eddie grimpe sur ce cheval et s’en aille pour toujours. Eddie rétorque à Norman qu’il ne veut que le bonheur de Rita.
Mais le jeune homme sait très bien à quel point son beau-père est instable. Il sait qu’un jour où l’autre, il partira et fera souffrir Rita. Il ferait donc mieux de quitter la ville aujourd’hui même. Eddie rétorque qu’il veut avoir la chance de connaître l’enfant de Rita. Il aimerait pouvoir rattraper le temps perdu.
Norman lui répond qu’il est un escroc et qu’il le restera. Jamais il ne pourra s’entendre avec lui. Et si Rita les voit continuer à se déchirer, elle risque d’en mourir.
C’est l’électrochoc pour Eddie. Une fois Norman parti, il va voir le client et lui demande de garder la taverne, car il doit s’en aller. Le client lui demande où il va et il répond qu’il doit acheter un paquet de cigarettes (c’est ce qu’il avait dit à Ada lorsqu’il était parti la première fois).
Il se rend dans l’arrière-boutique et sort une valise d’une armoire.
Steven travaille à son bureau lorsque Betty entre pour signer quelques papiers. Il y a toujours la photo de Betty qui trône sur son bureau.
Steven annonce à Betty qu’il se passera presque un an avant la proclamation définitive du divorce. Betty lui dit qu’ils ne signifient plus rien l’un pour l’autre. Ils se disputent. Steven affirme qu’elle ne peut pas s’afficher avec Rodney, car elle est toujours marié à lui tant que le divorce n’a pas été prononcé. Il lui dit qu’elle ne peut pas simplement partir :
— Tu m’appartiens encore, de la même façon que tu m’as appartenu lors de notre nuit de noces, insiste-t-il. Tu es à moi.
Il perd le contrôle total et la fore à l’embrasser.
Elle ne répond pas à ses avances. Steven la gifle violemment. Elle ne répond pas et s’en va.
Eddie se rend dans la chambre d’hôpital de Rita tout doucement et enlève son manteau et son chapeau. Rita dort. Elle se réveille et lui demande pourquoi il est ici. Eddie lui dit qu’il a reçu un appel d’un ami qui lui offre un emploi. Une association dans un bar à cocktails.
Rita ne le croit pas. Eddie lui demande pourquoi elle pense qu’il ment. Rita lui rétorque qu’on ne propose pas une association à quelqu’un qui n’a pas de capital.
Eddie lui dit qu’il a laissé une note à Ada. Il ne veut plus traîner ici comme un bon à rien. Il va donc quitter la ville et promet de revenir pour le grand événement (il parle de la naissance de son petit-fils).
— On s’écrira, promet-il.
Rita sait qu’il n’a pas trouvé d’emploi ailleurs, qu’il part à cause de ses conflits avec Norman. Soudain, elle se crispe. Elle a une attaque. Effrayé, Eddie se précipite dans le couloir pour appeler une infirmière. Mlle Choate parvient à lui. Pendant qu’elle s’occupe de Rita, Eddie demande à une autre infirmière d’appeler le Dr Rossi.





