lundi 22 janvier 1968
L’ombre d’Allison
Une fille nommée Jill. Jill Smith. Du moins c’est ainsi qu’elle se fait appeler. Ce soir, elle cherchait quelque chose, ou quelqu’un. C’est presque comme si un aimant l’avait attirée près de la librairie du square. Elle est attirée par cet endroit depuis le moment où elle est restée dans l’ombre du restaurant sur le quai de Peyton Place à observer le Dr Michael Rossi administrer un traitement d’urgence à une toute petite fille. Plus tard, elle s’est montrée à l’hôpital pour clamer que cet enfant était le sien. Maintenant, l’aimant imaginaire continue de l’attirer, cette fois vers Constance Mackenzie Carson.
Jill, marchant sur la place.
Jill marche dans la neige, sur la square. Depuis la librairie, Constance la voit et instinctivement, cours après elle et l’appelle : « Allison ! Allison ! ». Jill se retourne.
Constance réalise qu’elle a fait une erreur.
— Oh, je suis désolée. Voulez-vous quelque chose ?
Jill se retourne et continue son chemin jusqu’au magasin général.
Au Clarion, Elliot tape à la machine tandis qu’entre Constance. Elliot veut aller faire du patin et a écrit un poème qu’il lit à sa femme :
Il y a trente centimètres de neige sur l’Indian Pond,
Et une pleine lune romantique prometteuse pour samedi.
Si votre éditeur peut persuader sa femme,
D’oublier les meurtrissures de l’année passée…
Constance dit à Elliot qu’elle a vu une fille dehors. Elle a vu Jill Smith et a cru un instant qu’il s’agissait d’Allison. Non pas qu’elle lui ressemble, mais elle avait cette façon de pencher la tête qu’Allison avait.
Constance est toujours très affectée par la disparition de sa fille. Cela lui fait mal de ne pas savoir où elle se trouve. Si elle savait qu’Allison est morte, au moins pourrait-elle faire son deuil et passer à autre chose.
Elliot lui dit qu’elle doit accepter le fait de ne pas savoir ce qui est arrivé à leur fille. Il n’y a que de cette façon qu’elle trouvera la paix. Mais Constance lui dit qu’elle n’y arrive pas.
Jill se dirige vers la maison d’hôtes, sur le quai, et voit une pancarte sur laquelle il est inscrit que des chambres sont libres. Elle monte les escaliers et entre dans le bâtiment.
Mme Hewitt nettoie un miroir tandis que Jill entre et demande à louer une chambre. Elle ajoute qu’elle donnera son nom au bureau de poste (un bureau de poste qu’on ne verra jamais tout au long de la série). Elle l’informe aussi qu’elle a une fille, Kelly, qui n’est encore qu’un bébé.
Mme Hewitt l’informe que la chambre coûte 50 dollars la semaine. Cependant, elle ajoute qu’elle n’aime pas trop avoir comme pensionnaire une fille avec un bébé, dont les cris risquent de déranger les autres locataires. Et lorsque que Jill lui demande de l’appeler « mademoiselle » et non madame, la propriétaire est plus que réticente à vouloir lui louer une chambre.
Tandis qu’elles parlent, Eli arrive et reproche à Mme Hewitt d’avoir déjà mis Eddie Jacks à la porte et de vouloir faire de même avec la jeune femme. Il la menace de partir si jamais elle ne loue pas à la jeune fille.
Mme Hewitt demande 30 dollars. 15 et 15 d’avance. Jill la paie en liquide. La propriétaire s’en va préparer la chambre tandis qu’Eli se présente à Jill.
Jill dit avoir déjà entendu le nom de Carson, ou plutôt lu dans un journal. Eli lui dit que son fils est le rédacteur en chef du Clarion et que sa belle-fille tient la librairie. Jill le remercie pour son intervention.
Sandy Webber sonne à la porte de la maison de Peyton et Mary vient lui ouvrir. Elle lui dit que M. Peyton n’est pas en ville.
Steven dit à Mary de la laisser entrer. Mary l’escorte au salon. Steven l’invite à s’asseoir et Sandy lui dit qu’elle « est la veuve de l’homme qu’il a tué ».
Elle doit partir bientôt, car elle a un train, mais avant, elle aimerait savoir si la mort de Lee était bien accidentelle. Steven le lui confirme.
— Je vous crois, répond-elle. Lee l’a toujours cherché. Mais je suppose que c’est ça qui le rendait passionnant, et qui l’a tué.
Elle parcours des yeux la pièce et dit qu’elle a toujours détesté cette maison, elle lui donne la chair de poule. Lorsqu’elle a appris la mort de Lee, elle n’en a pas été affectée :
— Vous savez, lorsque j’ai appris la mort de Lee, c’est comme si quelqu’un m’avait annoncé qu’un chat est tombé d’un toit. Rien. Je n’ai absolument rien ressenti.
Mais comme elle était sa femme, elle est obligée d’organiser des funérailles. Elle va vendre sa maison, qu’elle appelle une cabane, ce qui lui permettra de payer la pierre tombale. Elle glisse dans la conversation que le vrai nom de Lee était Leroy.
Steven n’est pas sûr que Sandy arrivera à vendre la maison et lui demande si elle a besoin d’argent. Sandy lui répond :
— Vous et votre grand-père avez un portefeuille à la place du cœur. La dernière fois que je suis venue dans cette maison, votre grand-père m’a donné une enveloppe remplie de billets de 50 dollars, pour laisser Rodney tranquille et disparaître pour de bon. Et vous auriez dû voir sa tête lorsque je lui les ai jetés en pleine figure.
Elle parle ensuite du divorce de Steven et Betty, et du fait que Betty a toujours été attachée à Rodney, et cela met l’avocat mal à l’aise. Il lui demande de partir.
Sandy est venue pour une chose bien précise : rendre à Martin Peyton une montre que Lee avait en sa possession. Elle la lui fait voir.
— C’est la montre de mon grand-père, s’exclame Steven.
Sandy lui apprend que le vieil homme en avait fait cadeau à Lee. Il la portait sur lui lors de son décès. Elle est cassée, les aiguilles se sont arrêtées à l’heure exacte de la mort de Lee. Sur la montre, il est gravé : « À Martin, à l’occasion de son 21ème anniversaire. 12 avril 1910. Affectueusement, ton père ».
— Les flics me l’ont donnée, dit Sandy. Elle faisait partie des effets de Lee. Et je veux la rendre.
Elle a d’abord cru qu’il l’avait volée, mais la police a demandé à Martin, qui a confirmé l’avoir donnée à Lee.
— C’est drôle, n’est-ce pas ? Votre grand-père a donné un objet de valeur familiale à Lee et pas à un de ses petits-enfants, ironise la jeune femme.
Sandy ne veut pas de la montre, comme elle n’a pas voulu de l’argent de Peyton. Elle pense que cela ne lui portera pas chance si elle acceptait ce cadeau. Elle donne la montre à Steven et lui souhaite bonne chance pour l’avenir.
Dans la chambre d’hôpital de Rita, Eddie donne à sa fille un jeu électrique de chevaux. Rossi les observe, amusé. Rita semble particulièrement heureuse avec son père, elle rit aux éclats à ses blagues.
Norman arrive et demande s’il devrait revenir plus tard. Il casse l’ambiance. Eddie lui dit qu’il arrive à point nommé, car il devait partir. Lui et le Dr Rossi laisse le couple ensemble.
Rita essaie d’expliquer à Norman qu’Eddie ne lui veut pas de mal. Il est son père et elle a besoin de lui. Il devrait mettre un peu d’eau dans son vin.
Betty et Rodney sont assis pieds nus en face de la cheminée de leur chambre dans leur pavillon de ski. Ils conversent tranquillement.
Ils se remémorent toutes les épreuves qu’ils ont passé, : la conception du bébé à l’étang de Tucker ; Rodney surprenant son père en train d’embrasser la mère de Betty ; la fausse couche de Betty suite à un accident ; leur mariage qui n’a été qu’une farce ; Rodney qui délaisse Betty au profit d’Allison Mackenzie ; le mariage de Betty et Steven…
Aujourd’hui, ils semblent avoir trouvé une sérénité et pensent qu’ils ont suffisamment muris pour être prêts à construire un avenir ensemble.
Dans le bureau du Dr Michael Rossi, le médecin s’entretient avec Jill au sujet du bébé, Kelly. Jill mentionne la ville de St Louis, mais insiste sur le fait qu’elle ne vient pas de là. Ni le père de l’enfant.
Elle lui dit dit qu’elle a trouvé à se loger chez Mme Hewitt et qu’elle a rencontré un vieil homme, très sympathique, Eli Carson.
Au cours de la conversation, elle mentionne le fait que cela doit lui faire bizarre de vivre dans une petite ville alors qu’il vient d’une grande ville comme New York. Michael se fige :
— Comment savez-vous que je viens de New York ? Je ne vous l’ai jamais dit.
Bizarrement, Michael la soupçonne d’en savoir plus sur lui qu’elle ne veut le prétendre. Jill quitte la pièce sans qu’il puisse avoir une explication.





