Épisode 483

Mercredi 11 décembre 1968

Excursion nocturne

Ce soir, Marsha Russell se retrouve dans une maison qui lui paraît presque étrangère. En dépit de ses innombrables efforts pour gagner la confiance de sa fille, Carolyn, elle perçoit désormais une distance considérable entre le salon et la chambre de sa fille, à l’étage. Une distance qui ne cesse de s’accroître. Carolyn, de son côté, est elle aussi consciente de cette distance, ainsi que de son besoin de grandir et de s’épanouir dans le sillage de son père.

La boîte aux lettres des Russell. Dans la maison, Marsha éteint la lumière du salon et monte à l’étage.


Marsha entre dans la chambre de Carolyn. La jeune fille est installée dans son lit, un roman à la main. Marsha pose la main sur son front.

— Je ne pense pas avoir de fièvre, dit Carolyn.

Elle est enrhumée. Lorsque Marsha s’assoit sur le lit, celui-ci grince et elle remarque qu’il est vieux, désormais. Elle suggère qu’elles aillent toutes les deux à une vente à Haverhill pour acheter un nouveau lit.

Carolyn lui répond qu’elle aimerait bien discuter, mais qu’elle a besoin de dormir. Elle trouve toutes sortes d’excuses pour refuser la proposition de sa mère : elle doit travailler sur son projet scientifique, même le week-end. Marsha comprend parfaitement que sa fille la fuit.


Le projet scientifique des élèves, installé au sous-sol de l’hôpital, s’intitule Rodent Heights. Il s’agit d’une étude mesurant le développement des rongeurs.

Dennis et Pat ont terminé leur travail, mais doivent attendre l’arrivée de Carolyn et de Lew avant de partir. Carolyn arrive et s’excuse de son retard. Lew entre peu après, se plaignant des lumières infrarouges. Avant de s’en aller, Pat demande à Carolyn de ne plus arriver en retard la prochaine fois.

Pour leur expérience, ils utilisent également des rats, dont l’un a été baptisé Mr Ed, en clin d’œil à la série Monsieur Ed, le cheval qui parle, une sitcom des années soixante.

Carolyn dit à Lew qu’elle le trouve changé depuis son retour de New York. Il se confie à elle, en partie du moins. Il lui explique qu’à New York, il a rencontré des amis. De vrais amis, précise-t-il. Des gens qui le comprennent, comme il ne pourra jamais en trouver à Peyton Place.


Dans le couloir de l’hôpital, Rodney marche à l’aide d’un déambulateur. Il a fait de grands progrès. Chuck Atwell lui ouvre les portes. Tandis que Rodney continue à marcher, Atwell va voir le Dr Miles.

Il lui demande d’aller parler à Rodney, qui en fait trop. Lui-même n’arrive plus à le raisonner. Harry le réprimande en lui rappelant que c’est son travail de s’assurer que le patient respecte les consignes.

Alma, la femme d’Harry, arrive au moment où Chuck repart rejoindre Rodney, qui insiste pour continuer. Elle embrasse son mari et lui demande s’il est libre pour déjeuner. Il ne l’est pas, mais il a le temps d’aller boire un café à la « cafétéria ». Par cafétéria, il entend un marchand de café ambulant installé aux abords de l’hôpital.

Tout en sirotant leur café, Harry revient sur l’étrange appel téléphonique passé à New York. Alma lui dit qu’il n’est pas certain que Lew en soit l’auteur, mais Harry en est persuadé. Il précise qu’il ne l’a pas accusé et qu’il préfère attendre que son fils lui en parle de lui-même, sans pression.

Pendant qu’ils rendent leurs gobelets vides au marchand, Carolyn sort de l’hôpital et se dirige vers le square. Elle voit un bus s’arrêter en face de la banque et y monte. Le bus démarre.


Lew va voir Tom Winter, qui travaille, comme toujours, sur le bateau amarré au quai. Tom l’invite à monter à bord. Lew aimerait recevoir ses conseils.

— Je ne suis pas la meilleure personne pour ça, dit l’ancien révérend. Tu ferais mieux de te confier à ton père.

Lew le prend mal et se referme.

— Vous avez raison.

Il s’apprête à partir, mais Tom le retient.

— Tu crois que je ne voulais pas t’écouter parce que tu es noir et que je suis blanc ? Ce n’est pas ça, Lew. Je n’arrive simplement plus à donner des conseils.


Dans l’appartement situé derrière la taverne, Ada et Rita jouent aux cartes. Le téléphone sonne. Rita dit que si c’est Norman, elle ne veut pas lui parler.

Ada décroche. C’est un faux numéro. Elle revient à la table et se penche vers sa fille. Elle lui suggère de rentrer chez elle et de parler avec Norman. Mais Rita lui répond qu’elle a du mal à lui pardonner d’avoir pensé du mal de Betty et d’avoir voulu provoquer une rupture entre elle et Rodney. Elle remercie sa mère de la laisser dormir ici pour la nuit.


Carolyn sonne à la porte de l’appartement de son père, à Boston. Surpris de la voir, Fred lui ouvre et la laisse entrer. Il est heureux de la voir et la serre longuement dans ses bras. Il lui demande naturellement comment elle est venue jusqu’ici. Elle lui répond qu’elle a pris le bus.

Ils parlent de Marsha et de Jeff. Fred lui assure que sa mère l’aime profondément. Mais Carolyn lui répond qu’elle et Marsha n’ont plus rien à se dire. Elle aimerait venir vivre avec lui, car elle ne supporte plus vraiment sa mère en ce moment.

Le téléphone sonne. Fred répond. Charlie, son associé, souhaite obtenir quelques évaluations, notamment celle de River Road. Fred précise à Carolyn que cet appel concerne son travail.

Pendant que son père est au téléphone, Carolyn ouvre la porte d’une chambre et découvre une femme. Apparemment, ce n’est pas Donna Franklin, même si elle lui ressemble. Carolyn est surprise et profondément choquée.

Fred abrège la conversation et prend Carolyn par le bras pour la ramener au salon. Il referme la porte de la chambre. Il est très embarrassé que sa fille ait découvert la présence de cette femme.

Carolyn n’a plus qu’une envie : partir. Elle comprend enfin. Elle avait toujours pensé que sa mère était responsable du divorce. Ce soir, elle réalise que la faute incombe à son père, et non à Marsha.

Fred tente de la retenir. Il ne veut pas qu’elle reparte seule alors qu’il fait nuit. Mais Carolyn refuse. Elle veut partir immédiatement. Et c’est ce qu’elle fait, en claquant la porte.


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