Épisode 481

Mercredi 4 décembre 1968

Le portrait

Fred Russell est revenu à Peyton Place. Il a été appelé par la femme dont il a divorcé quelques mois plus tôt, Marsha Russell, qui ne se sentait pas capable de gérer l’engagement — peut-être un peu trop mûr — de leur fille avec l’un des musiciens du Shoreline. Ce soir, Fred a décidé de prendre les choses en main. À sa manière, une manière froide.

Fred Russell est sur le quai. Il se dirige vers le Shoreline et y entre.


Au Shoreline, le groupe de Jeff interprète un morceau. Les adolescents bavardent entre eux. Une fois la chanson terminée, Jeff s’installe à une table avec quelques fans. Il porte son horrible costume de scène, qui le fait ressembler à un membre d’équipage d’un vaisseau spatial dans une mauvaise série de science-fiction.

Fred s’approche de lui. Il se présente et Jeff lui serre la main. Fred veut lui parler en tête-à-tête ; ils vont au comptoir. Le père de Carolyn lui paie un verre et dit au barman qu’il offre aussi une tournée à ceux qui sont avec Jeff.

Les amabilités terminées, Fred lui demande, de but en blanc, quel type de relation il entretient avec sa fille. Jeff parle d’une « relation insouciante ». Il se sent bien avec elle, mais il n’est pas engagé à fond. Fred lui répond que son ex-femme se fait du souci et pense qu’il y a plus, entre lui et Carolyn, qu’un simple flirt. Jeff suppose que cela vient du soir où Marsha les a vus sur le canapé en train de s’embrasser. Il précise qu’ils ne comptaient pas aller plus loin.

Cela suffit à Fred pour comprendre les intentions de Jeff. Il comprend surtout que le jeune homme n’est pas sincère. Il lui ordonne de ne plus voir Carolyn. Il hausse la voix lorsque Jeff proteste et se fait menaçant. Persuadé d’avoir été clair, Fred s’en va.


Norman se rend chez Betty. Elle demande à son beau-frère d’accrocher le portrait d’elle-même, celui qui vient du manoir Peyton. Elle lui dit qu’elle l’a laissé dans la voiture. Norman va le chercher et, lorsqu’il découvre le tableau, il lui demande si c’est une blague. Il lui dit qu’elle ne peut pas garder ça ici.

— Betty, c’est un cadeau que mon grand-père a fait à Steven.

— Il n’est plus à Steven. Il est à moi maintenant.

— Ce n’est pas sain. C’est comme une mauvaise blague.

Betty s’obstine et répète que cette toile lui appartient. Selon elle, l’accrocher chez elle, c’est rendre hommage à Martin.

Mais Norman pense qu’elle ferait mieux de mettre ce portrait au fond d’un placard si elle veut préserver son mariage. Que va penser Rodney en voyant, sous son nez, le cadeau de Martin à Steven ?

Betty entend l’irritation dans la voix de Norman, mais elle n’en fait qu’à sa tête. Elle lui dit qu’elle trouvera quelqu’un d’autre pour accrocher le tableau.

Norman ne demande pas mieux. Il laisse tomber le portrait au sol, puis s’en va en lui disant qu’il ne l’a jamais vraiment comprise… et qu’il ne la comprendra sans doute jamais.


Fred se rend chez Marsha pour lui parler de Jeff et de Carolyn. Elle est surprise de le voir à une heure aussi tardive et lui dit que Carolyn est au cinéma.

Fred entre dans le salon et lui annonce qu’elle avait raison : Carolyn a bien une liaison avec Jeff. Marsha est bouleversée. Même si elle s’en doutait, elle est anéantie d’apprendre que Carolyn lui a menti.

Fred lui dit que, de toute évidence, elle n’arrive pas à élever correctement leur fille. Selon lui, tout cela ne serait jamais arrivé s’il avait été là. Il affirme qu’il a déménagé à Boston justement pour que Marsha puisse refaire sa vie ici.

Marsha hausse la voix.

— Si quelqu’un a donné le mauvais exemple dans cette affaire, c’est bien toi. Comment crois-tu qu’elle réagirait si elle découvrait les vraies raisons de notre divorce ?

Ils se reprochent tout. Fred est persuadé que la liaison — connue de tous — de Marsha avec Michael Rossi a joué un rôle majeur dans le comportement de Carolyn.

Pour « protéger » leur fille, il annonce que Carolyn va venir vivre avec lui à Boston. Marsha refuse. Fred rétorque que le tribunal sera probablement d’accord avec lui. Il compte demander la garde de Carolyn. Et, selon lui, il n’en aura même pas besoin : Carolyn aura le dernier mot et choisira de venir vivre à Boston.

— Tu te fais des idées si tu penses que Carolyn ira vivre avec toi, souffle Marsha.

— C’est ce que nous verrons.

Il s’en va, furieux.


À l’hôpital, Rodney essaie de marcher en s’aidant de barres parallèles — le genre d’appareil qu’on associe aux champions de gymnastique. Il fait un aller, et Chuck Atwell lui dit que c’est un bon début : c’est suffisant pour aujourd’hui. Mais Rodney veut faire le retour. Il y parvient, sous les applaudissements de Betty.

Betty échange quelques mots avec le thérapeute et lui demande si ce « Golden Boy » — comme elle surnomme Rodney — lui donne du fil à retordre. Chuck avoue qu’il est d’une sacrée ténacité quand il s’y met. Sans s’en rendre compte, Betty utilise ce terme pour Rodney, un terme que Joe Chernak et Lee Webber employaient souvent à son sujet.

Elle embrasse Rodney et s’en va.

Rodney refait un parcours aux barres… mais il chute.

— Relevez-vous ! ordonne Chuck.

— Je ne peux pas, se plaint Rodney.

Il essaie tant bien que mal de se redresser.


Norman va voir Steven dans son bureau en forçant le passage devant Mlle Nolan. Il fait des reproches à son demi-frère au sujet de Betty. Steven lui répond qu’il dérange sa secrétaire en entrant comme ça, puis lui demande ce qu’il veut. Il comprend vite : le portrait.

Norman veut que Steven récupère le tableau. Steven rétorque que c’était l’idée de Betty de le ramener chez elle : c’est elle qui l’a voulu. Norman lui répond que Steven en est le propriétaire : il lui appartient, et il peut donc le reprendre à Betty.

Steven dit qu’il n’a pas le temps. Si Norman veut qu’il récupère le portrait, il n’a qu’à le faire envoyer ici : Steven se chargera ensuite de le rapatrier au manoir.

Norman lui dit que Steven est néfaste, qu’il cherche toujours à se glisser entre Rodney et Betty et ne manque jamais une occasion. Avant de partir, il ajoute que Betty et Steven se ressemblent : tous les deux aiment manipuler les gens.


Betty gare la voiture devant sa maison. Elle sort du véhicule avec un sac de provisions et remonte l’allée enneigée. Dans la cuisine, elle pose le sac sur le comptoir et appelle Eli Carson au téléphone — elle connaît par cœur le numéro de la pension de famille, semble-t-il.

Betty lui demande s’il peut venir accrocher un grand tableau chez elle et le prévient que la toile est lourde. Puis elle se tourne vers le salon… et découvre, stupéfaite, que le portrait est déjà accroché.

Elle remercie tout de même Eli et raccroche.


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