Épisode 479

Lundi 25 novembre 1968

Sensations

Martin Peyton est mort. Sa disparition était prévisible. Toujours est-il que la ville qui porte le nom de sa famille est sous le choc. Le corps est accompagné par Betty Harrington, appelée à devenir la principale héritière de l’empire Peyton. Tous ceux qui vivent depuis longtemps à Peyton Place connaissent l’impact qu’a eu Martin Peyton sur la ville. Et maintenant qu’il n’est plus, les habitants doivent trouver une nouvelle source de stabilité, ou peut-être une nouvelle source de rancœur. Betty a souvent eu l’habitude de trôner dans cette limousine lorsqu’elle était maîtresse de maison au manoir Peyton, à l’époque où elle était mariée à Steven Cord. Aujourd’hui, elle se retrouve à nouveau dans cet imposant véhicule, seule, se projetant dans une position d’autorité, dominant la ville, maniant avec aisance les subtilités du comportement humain qu’elle a apprises auprès de Peyton lui-même. Pendant ce temps, son mari l’attend à l’hôpital, pressant nerveusement le dernier cadeau qu’elle lui a offert : une balle de tennis sur laquelle est inscrit : La finalité, c’est l’amour.

Le corbillard avance lentement dans les rues de la ville, transportant le corps de Martin Peyton. La limousine de Betty Harrington le suit.


Betty se rend à l’hôpital pour voir Rodney. Elle l’informe qu’elle a parlé à Steven. Il était prêt à partir à Boston pour s’occuper des funérailles, mais elle a préféré prendre cette responsabilité elle-même.

Rodney dit à Betty qu’il est persuadé que Steven l’aime toujours. Elle lui rétorque qu’elle est enfin ce qu’elle a toujours voulu être : la femme de Rodney. Elle l’embrasse avant de partir.

Rodney jette la balle de tennis portant l’inscription : La finalité, c’est l’amour.


Nous sommes dans la salle de classe de sciences de Gladys Roberts. Une table périodique est accrochée au mur, indiquant clairement qu’il s’agit d’un cours de chimie.

Les élèves observent des animaux en cage avant l’arrivée de leur professeure. Lorsque madame Roberts entre, les élèves prennent place à leur bureau. C’est la première fois dans la série qu’une scène se déroule dans une salle de classe.

Madame Roberts annonce une excellente nouvelle : la classe a été sélectionnée pour participer au championnat régional de sciences. Si leur projet remporte la première place, il sera qualifié pour le championnat national. Les élèves accueillent la nouvelle avec enthousiasme, à l’exception de Lew, assis au premier rang aux côtés de Pat, une jeune fille aux cheveux roux.

Les élèves se lèvent tour à tour pour donner leur impression sur le projet. Dennis, assis à côté de Carolyn, commence, puis passe la parole à Pat, qui la donne à son tour à Lew.

Mais Lew ne se lève pas. Il annonce à madame Roberts qu’il abandonne le projet, que cela ne l’intéresse plus. L’enseignante est choquée par cette déclaration, d’autant plus que Lew est le meilleur élève de la classe et sans doute le plus investi dans le projet.

Pour éviter de l’embarrasser davantage, Carolyn se lève et prend la parole. À la fin du cours, madame Roberts souhaite parler à Lew et lui demande les raisons de son retrait. Il se contente de répéter que cela ne l’intéresse plus, puis s’en va. L’enseignante tente alors d’interroger Carolyn, mais celle-ci ignore pourquoi Lew agit ainsi.

À l’extérieur, Carolyn appelle Lew, mais il l’ignore et s’éloigne. Jeff rejoint Carolyn et lui demande ce qui ne va pas avec Lew. Elle lui explique qu’il abandonne le projet de sciences alors qu’il y tenait énormément avant son séjour à New York.

Carolyn lui confie que Marsha se pose des questions à leur sujet et pense qu’ils couchent ensemble. Elle aimerait que Jeff aille parler à sa mère, mais il refuse. Il dit ne pas être prêt pour le mariage et insinue qu’il fréquente Carolyn uniquement pour passer du bon temps, ce qui la met en colère.


Dans son bureau, le Dr Harry Miles a une conversation sérieuse avec son fils. Il lui explique combien il lui a été difficile d’atteindre la position qu’il occupe aujourd’hui. Mais tout ce que Lew perçoit, dans ce bureau élégant, c’est ce que son père a gagné de ses propres mains.

Occuper une position sociale élevée n’est pas facile lorsqu’on est Afro-Américain, et Harry tente d’encourager son fils à poursuivre ses études avec sérieux. Lew lui répond que ce n’est pas parce qu’il a abandonné le projet de sciences qu’il n’est plus intéressé par l’école. Il n’y voit pas matière à dramatiser.

Mais Harry ne parle pas du projet. Il veut comprendre pourquoi son fils semble moins enthousiaste à l’idée de devenir médecin. Il est persuadé qu’il s’est passé quelque chose à New York que Lew refuse de lui raconter. Il lui demande si cela a un lien avec la jeune fille qui a téléphoné chez eux récemment.

— Qui est cette fille ?

— Je ne sais pas, papa ! Elle n’a pas laissé son nom !

Harry souhaite que son fils lui parle honnêtement. Lew hausse les épaules.

— Les choses ont changé.

— C’est vrai. Les choses ont changé, et tu peux aider à les faire changer toi aussi.

— Comment ? En étant premier de la promotion ? En devenant médecin ?

— Et qu’y a-t-il de mal à être un bon médecin noir ?

Harry lui demande de l’accompagner. Il veut lui montrer quelque chose d’important.

Ils se rendent ensemble dans la chambre d’hôpital de Rodney. Le patient se trouve avec le Dr Rossi et Betty. L’ambiance y est plutôt bonne.

Mike informe le Dr Miles que Rodney ressent quelque chose au niveau de la plante des pieds. Il tend un stylo à Harry, qui l’utilise pour tester la sensibilité. Il constate que Rodney a retrouvé une sensibilité au niveau de son pied droit. Ce n’est que la plante du pied, mais c’est un excellent début.

Betty et Rodney sont ravis, et les médecins les encouragent. Harry présente Lew à Rodney. Ils se serrent la main. Rodney dit à Lew qu’il peut être fier de son père, car c’est un excellent médecin.

Les médecins et Lew quittent la chambre, laissant Rodney et Betty seuls. Rodney demande à Betty de lui rapporter une paire de pantoufles.

Exaltée, Betty se met à faire des projets. Elle aimerait aller vivre à Boston, voyager, parcourir le monde.

— Avec l’argent de grand-père ?

— Avec notre argent.

Betty lui confie qu’elle n’a désormais plus aucun scrupule à accepter cet héritage. Elle veut en profiter et faire profiter Rodney de cette nouvelle vie.


Marsha fait entrer Fred chez elle. Elle est nerveuse et le remercie d’être venu si rapidement. Fred espère que ce n’est pas pour rien, car il a manqué un rendez-vous important à Boston.

— Je ne t’aurais pas appelé si ce n’était pas important, plaide Marsha.

— Tu m’as dit au téléphone que ça l’était. Et Carolyn est notre fille à tous les deux. S’il y a un problème, je veux être là.

Marsha se tourne vers la cheminée pour éviter le regard de son ex-mari. Elle avale difficilement sa salive.

— Carolyn…

— Quoi ? Elle s’est mariée avec un homme qui a six enfants ?

— Carolyn a une liaison avec quelqu’un.

Ils s’assoient sur le canapé.

— Comment le sais-tu ? demande Fred.

— Parce que je suis sa mère.

— Commence par le début.

Marsha lui explique que leur fille s’est lancée dans une relation pour plusieurs raisons, aucune n’ayant trait à l’amour. La principale est la relation que Marsha entretient elle-même avec Mike Rossi.

— Que t’a-t-elle dit ?

— Rien.

— Avec qui crois-tu qu’elle a une liaison ?

— Est-ce important ?

— Oui.

— Jeff Kramer.

Fred se lève et fait les cent pas.

— Depuis combien de temps cela dure-t-il ?

— Je ne sais pas.

Il lui reproche de n’avoir aucune preuve tangible, mis à part son intuition maternelle. Marsha lui raconte alors qu’elle les a surpris ensemble sur le canapé, un soir où ils pensaient qu’elle n’était pas à la maison.

— Ils faisaient l’amour ?

— Ils s’y préparaient.

Fred tente de relativiser, suggérant qu’ils se contentaient peut-être de s’embrasser. Mais Marsha ajoute que Mike les a vus se rendre seuls au Shoreline.

Fred remarque que le nom de Mike Rossi revient souvent dans la discussion.

— Nous parlions de Carolyn, répond Marsha.

— Non. Nous parlions de ta version de Carolyn, et de celle de Mike Rossi. Mais tu n’as aucune preuve.

Fred s’emporte, estimant que Marsha réagit de manière excessive à de simples soupçons. Puis, voyant qu’elle est profondément bouleversée, il se calme.

— Marsha, je sais que la situation n’est pas idéale. Toi ici, moi à Boston. Mais tu ne peux pas m’appeler chaque fois que Carolyn rentre tard. Tu dois lui faire confiance.

— C’est facile à dire pour toi, qui vis ta vie à Boston.

— C’est toi qui as obtenu sa garde.

— Tu dis ça comme si c’était une punition. Tu ne vas pas lui parler, n’est-ce pas ?

— Si. Mais à ma manière.

— Merci.

— Je reste dans le coin et je te tiendrai au courant.

Fred attrape son manteau et s’en va.


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