Épisode 475 

Lundi 11 novembre 1968

Pas de visiteurs

Depuis quelque temps, Tom Winter semble incapable de se soucier de qui que ce soit. Mais quelques minutes plus tôt, il est entré dans la chambre d’hôpital de Rodney Harrington. À l’insu du patient, il a perçu la souffrance brute, le désespoir d’un homme qui ne veut plus lutter. Et Tom, presque malgré lui, a ressenti de nouveau une chose qu’il croyait perdue : l’empathie, l’attention portée à un autre être.

Il s’éloigne de l’hôpital et atteint le square. Norman et Rita sont près du pilori.


Norman l’interpelle en apercevant sa main bandée. Tom minimise : une simple coupure, un patron trop prudent, rien d’important. Rita n’est pas de cet avis et lui rappelle qu’on ne doit jamais prendre une blessure à la légère.

Norman lui propose de le raccompagner en moto jusqu’au quai. Tom décline : il préfère marcher.

Norman lui demande alors s’il a vu Rodney. Tom admet être passé devant sa chambre… mais sans entrer. Puis les trois se séparent.

Plus loin, Susan se tient devant le drugstore. Rita et Norman échangent quelques mots avec elle. Rita remonte ensuite à l’appartement, laissant Norman seul avec Susan. Elle lui dit que personne n’a encore compris que Tom veut souffrir. Qu’il s’impose une pénitence. Elle le sait, parce qu’elle connaît Tom mieux que quiconque.


Carolyn entre au Cider Barrel au moment où un couple en sort. Elle échange quelques mots avec Lew au sujet de Jeff, puis de Joe Rossi, qui a quitté la ville avec Jill. Lew lui sert le fameux breuvage de Charlie.

Alma arrive, et Carolyn la salue avant de filer.

Alma s’assoit au comptoir : elle veut parler à son fils. Depuis son retour de New York, quelque chose le ronge, et elle entend bien comprendre quoi.

Lew hésite, puis, voyant que sa mère n’abandonnera pas, il murmurera avoir découvert à New York ce que signifie être Noir dans une grande ville. À Peyton Place, il est protégé ; là-bas, il ne l’était plus. Il n’était pas prêt.

Alma sent qu’il y a autre chose. Lew finit par évoquer une fille rencontrée là-bas… mais Charlie surgit pour lui demander de venir préparer la pâte à crêpe. Il félicite Alma pour les qualités de son fils, fier de l’avoir derrière son comptoir.

Lew s’en va travailler, mais Alma le fait promettre d’en reparler rapidement.


À l’hôpital, Steven entre dans la chambre de Rodney. La réplique d’accueil est sèche :

— En repartant, ferme la porte.

Steven s’approche, déterminé à suivre les recommandations de Rossi. Il dit à Rodney qu’avant l’accident il voulait reconquérir Betty — mais que ce n’est plus le cas depuis des semaines.

Rodney lui répond qu’il les a vus ensemble dans le couloir.

Steven explique : elle venait d’apprendre qu’il était le donateur de la machine de rééducation, et il lui demandait de garder le secret.

Rodney accuse le coup.

— J’aurais dû m’en douter.

Alors Steven le provoque ouvertement. Il lui dit qu’il aime toujours Betty, lui avoue qu’il garde sa bague de fiançailles parce qu’il espère encore la revoir un jour. Il affirme aussi que Betty l’aime toujours, lui.

Et si Rodney n’est pas d’accord, il n’a qu’à faire ce qu’il faut : se lever de ce fauteuil et se battre.

— Tu vas jusqu’à la salle de rééducation, dit-il. Par toi-même, ou je te pousse.

— Me pousse pas.

L’avocat avance le fauteuil vers la porte. Rodney s’agrippe désespérément à la barre du lit… et finit par tomber lourdement au sol.

Steven le regarde, impassible.

— Lève-toi. Allez, lève-toi !

Le Dr Rossi entre à cet instant et découvre Rodney étendu.

— Que s’est-il passé ?

— Votre patient est tout à vous, docteur, coupe Steven avant de sortir.

Plus tard, Rossi convoque le Dr Miles. Il lui parle de l’état de Rodney, persuadé que Betty et Steven constituent le nœud du problème.

Mike dit qu’il a échoué, Betty aussi, Steven également. Pour lui, Harry est le dernier recours.

Mais Harry refuse : le dernier recours, dit-il, c’est Michael. Personne ne connaît Rodney comme lui.


Betty arrive à l’hôpital et se rend au bureau des renseignements, où Paula Dixon lui apprend que Rodney a demandé expressément qu’on mette le panneau PAS DE VISITEURS.

— Mais je suis sa femme !

— Justement… il a précisé que cela vous concernait aussi.

Betty blêmit. Paula tente d’atténuer le choc : il est fatigué, ce sera sûrement différent demain. Mais Betty chancelle. Elle se rend jusqu’à la porte de sa chambre, hésite la main sur la poignée… puis se détourne et quitte l’hôpital, bouleversée.


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