Mercredi 9 octobre 1968
Désordre
Le Dr Michael Rossi a passé des heures, la veille au soir, à tenter désespérément d’arracher Marsha Russell à ses pensées. Il a échoué. Aujourd’hui, il veut essayer de reprendre leur relation là où elle s’est interrompue.
Il sort de sa décapotable rouge et se dirige vers la porte d’entrée des Russell.
Michael arrive au plus mauvais moment : il entre au moment précis où Marsha annonce à sa fille qu’elle a rompu avec lui pour la préserver. Carolyn accueille mal la venue de Mike et s’enfuit dans sa chambre.
Marsha et le médecin passent au salon. Mike lui dit qu’il l’aime et qu’il ne la laissera pas tomber. Marsha se jette dans ses bras. La scène est longue, touchante, faite d’embrassades et d’étreintes.
Marsha comprend qu’elle ne peut pas vivre sans lui. Mike, de son côté, lui dit que Carolyn aura besoin de temps pour accepter leur relation, mais qu’elle y parviendra.
Au moment où il s’apprête à partir, Marsha lui demande de l’appeler dès son retour chez lui. Elle ne veut pas avoir à attendre le lendemain pour avoir de ses nouvelles.
Le Dr Harry Miles et sa femme Alma sont dans leur voiture garée près de l’hôpital. Alma lui annonce que Lew rentre ce soir. Elle voudrait qu’Harry soit présent à l’aéroport de White River pour l’accueillir et qu’ils puissent dîner ensemble ensuite.
Harry rappelle qu’il est de garde, mais Alma le supplie de se faire remplacer : il travaille trop. Il promet d’essayer.
À l’hôpital, il donne ses instructions à Mlle Choate. Il demande à voir le Dr Rossi. Justement, Mike sort de son bureau, prêt à aller retrouver Marsha.
Harry lui demande s’il peut prendre sa garde, car son fils rentre ce soir et il aura peu d’occasions de le voir une fois les cours repris. Mike hésite : il a promis un dîner à Marsha.
Mlle Choate lui tend le téléphone : c’est une urgence.
Mike raccroche en disant qu’il vient immédiatement. Avant de s’élancer, il dit à Harry que c’est d’accord, il prendra la garde.
L’urgence s’appelle Susan. Elle a dit au Dr Rossi de venir : elle s’est blessée et perd du sang.
Mike pénètre dans le salon du presbytère et découvre une pagaille indescriptible. Les chaises sont renversées, des papiers jonchent le sol. Susan se tient debout, un verre à la main, totalement ivre.
Elle s’assoit sur une marche des escaliers.
— Que s’est-il passé ? demande le médecin.
— Je suis tombée et je me suis blessée.
— Vous m’aviez dit perdre du sang.
— C’est exact.
Elle montre sa main droite. Une petite goutte de sang perle à son index. Pendant que Mike soigne ce « bobo », il lui dit qu’elle devrait se faire admettre dans un sanatorium : elle a besoin d’aide si elle veut s’en sortir.
Comme toujours lorsqu’elle est ivre, Susan répond par le sarcasme.
— Pas aujourd’hui, docteur. Je dois d’abord nettoyer ce désordre. Le nouveau révérend et sa femme doivent s’installer bientôt.
— Quand arrivent-ils ?
— Quelle heure est-il ?
Mike comprend :
— Vous voulez dire qu’ils arrivent aujourd’hui ?
Il décroche le téléphone et appelle le Colonial. Il demande à Fred, le réceptionniste, de dire à Marsha Russell de venir immédiatement chez les Winter.
En attendant son arrivée, Mike tente de remettre de l’ordre, mais Susan repasse derrière lui pour renverser de nouveau le mobilier.
Marsha arrive. Michael lui confie la tâche de nettoyer et de veiller sur Susan, car il doit aller accueillir le nouveau pasteur.
Marsha pense qu’une douche ferait du bien à Susan. Mais Susan résiste, évoquant la liaison de Marsha avec Rossi :
— Dites-moi, quel effet ça fait de jouer au docteur avec un vrai docteur ?
Marsha ne relève pas et parvient à la convaincre de monter se doucher pendant qu’elle range le salon.
Sur le quai, Tom Winter et d’autres hommes déchargent des caisses de homards. Jill marche le long du quai. Tom s’arrête pour l’observer.
Depuis le Cider Barrel, Joe observe Tom… qui observe Jill. Elle monte les marches de la pension de famille. Un pêcheur rappelle à Tom qu’il doit se remettre au travail.
Joe sort alors du Cider et va rejoindre Jill. Tom s’interrompt encore pour regarder la scène.
Jill ouvre la porte. Joe constate des progrès : pas de chaîne, pas de porte claquée au nez.
Il remarque que la chambre est un véritable dépotoir. Jill repasse du linge. Il voit une photo de Kelly dans un cadre : c’est Eli Carson qui la lui a offerte.
Joe dit vouloir établir un planning de visites pour voir Kelly.
Pour la première fois, ils parlent sans se disputer. Il reconnaît qu’ils ont eu tort de se quereller devant l’enfant. Jill lui demande de ne plus l’appeler « la gosse » : c’est leur fille, et elle a un prénom.
Joe admet être un homme qui préfère se battre plutôt que parler. Il évoque sa bagarre avec Tom pour qu’il cesse de harceler Jill — ce qui semble la toucher.
Elle accepte que Joe voie Kelly. Avant qu’il ne parte, elle lui propose le négatif de la photo de Kelly. Il répond qu’il préfère prendre ses propres photos.
Rodney appelle Norman et lui demande si sa nouvelle employée est là. Norman lui passe Betty.
Il la remercie pour la tenue des comptes et lui dit qu’elle lui manque.
— Tu me manques aussi, soupire Betty.
Elle lui promet de venir le voir dès demain matin.
— Je t’aime, Betty.
— Je t’aime aussi.
Ils raccrochent. Norman remarque que Betty semble préoccupée.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Il ne me fait pas confiance.
— Comment ça ?
— Il a appelé ici pour être certain que j’étais avec toi. Il pensait que j’étais avec Steven.
— Il a appelé parce qu’il t’aime.
— Il ne me fait pas confiance, répète-t-elle. Il vérifie constamment où je suis.





